~(-)~
Chapitre 76: L'Épée dans la Pierre ~Partie 2~
Le tunnel était rempli de nombreux chevaliers et courtisans qui en avaient entendu parler, Arthur et les autres suivant le flot de réfugiés sous terre jusque dans les bois au-delà de la ville. Il se retourna pour regarder la cité quand il eut émergé dans la nuit, ses yeux s'attardant sur la fumée montant des flammes allumées dans la ville basse.
Merlin posa une main sur l'épaule du roi en guise de soutien.
« On la reprendra, je vous le jure. Si je dois ouvrir le ciel en deux pour le faire, je le ferai. »
Il se tourna ensuite vers Perceval, où le chevalier guidait les gens hors du tunnel et dans les bois. Il lui fit signe de venir et attendit qu'il l'ait rejoint.
« Je sais que je ne pourrai pas empêcher Gwen et Katryn de nous suivre jusqu'à la Forteresse d'Ascétir, Arthur et moi, mais il nous faudra l'aide du Clan de la Tempête. Liam sait où ils sont, mais il aura besoin de quelqu'un pour le protéger sur le chemin. Transmets-leur le message sur l'endroit où nous allons. »
Perceval fronça légèrement les sourcils, regardant vers les gens qui sortaient encore du tunnel.
« Mais les réfugiés ? »
L'expression de Merlin était solennelle.
« Léon était dans la ville basse, et il n'a pas été assommé. Ça veut dire qu'il a déjà évacué les civils de là-bas, et doit être dans les bois. Tout le monde à Camelot sait qu'il faut se rassembler près de la rivière en cas d'évacuation. Léon veillera à prendre soin de tout le monde. Fais-lui confiance pour ça, pendant qu'Arthur et moi allons chercher de l'aide à Escetia. Tout le monde doit jouer son rôle. »
Le chevalier soupira, puis hocha fermement la tête.
« Alors je défendrai Liam avec ma vie, et veillerai à ce que le Clan de la Tempête soit appelé à notre aide.
- Merci. »
Merlin retourna auprès d'Arthur, forçant le roi à se détourner du spectacle de Camelot.
« Venez, nous devons trouver un endroit sûr où passer la nuit. Je vais aller chercher Gwen et Katryn, et nous pourrons avancer. J'appellerai Friou dès que nous serons loin des civils. »
Arthur demeura silencieux, hochant simplement la tête une fois, et Merlin alla chercher les deux femmes. Il savait que pour l'instant Arthur avait l'impression d'être un échec, et c'était quelque chose qu'ils avaient tous les deux en commun.
Ce fut étrangement paisible le lendemain matin, loin dans les bois et cachés dans un bosquet entouré des protections de Merlin. Arthur ouvrit les yeux pour trouver Gwen et Katryn en train de faire cuire des champignons et des racines sauvages, qu'elles avaient déterrées, au-dessus d'un petit feu, et s'assit avec confusion.
« Où est Merlin ? »
Gwen regarda dans sa direction, le visage tiré par le stress de la nuit précédente et les inquiétudes d'aujourd'hui.
« Il a pris quelques pièces d'or dans la bourse à votre ceinture, et il est allé négocier quelques vêtements de rechange pour vous et moi avec les réfugiés de la ville basse. Ça lui permet aussi de prendre de leurs nouvelles, pour que vous sachiez qu'ils vont bien. »
Arthur poussa un soupir de soulagement et de gratitude à ces mots, acceptant sa part de nourriture et attendit que le bruit d'ailes parcheminées les atteigne.
Geleaffriou plongea à travers un trou dans la cime des arbres, se posant sur le sol de la forêt mais, étrangement, sans laisser d'empreinte les divers cristaux et runes engravées sur son harnais scintillaient dans la lumière matinale. Il avait été ensorcelé non seulement pour l'empêcher d'être touchée par les armes, mais aussi pour effacer toute trace qu'elle aurait pu laisser en se posant.
Merlin descendit de son dos, se dirigea vers eux avec un large paquet et déchiffra le regard inquiet sur le visage d'Arthur.
« Ne vous en faites pas, je l'ai laissée loin des réfugiés. Personne ne l'a vue ou entendue. »
Il sortit un objet du paquet, avant de le fourrer dans les bras d'Arthur.
« Là, enfilez ça. Mettez votre cotte de mailles dans le sac quand vous aurez fini. Je l'enchanterai pour que ça ait l'aspect et fasse le bruit d'une couverture ou quelque chose de ce genre, comme ça si nous sommes dans une situation où nous devons discuter pour nous en tirer, vous ne porterez pas d'armure. »
Il se dirigea vers Gwen pour lui tendre les vêtements qu'il avait sorti celle-ci le déplia pour révéler une simple robe bleue en laine. Elle était aussi ordinaire que celle que Katryn insistait pour porter lors de ses devoirs de servante, ce qui signifiait que Gwen ne détonnerait pas avec l'apparence qu'ils visaient.
Arthur était beaucoup moins impressionné par sa tenue de rechange, cela dit, quand après avoir disparu derrière un buisson il ressortit pour révéler que les manches de la chemise étaient trop courtes, et le pantalon également de quelques centimètres, même si au moins la chemise était juste assez longue pour couvrir son ventre s'il la fermait avec sa ceinture. Le gilet de cuir n'aidait que marginalement ce problème.
« Merlin, ils sont beaucoup trop petits. Tu n'aurais pas pu trouver quelque chose de plus grand ? »
Le magicien croisa les bras sur sa poitrine, mécontent.
« Vous avez de la chance de ne pas avoir eu pire. J'ai dû parler à presque une vingtaine d'hommes différents avant de pouvoir négocier ce lot, et je n'ai obtenu la chemise qu'après avoir dit à son propriétaire, que son roi en avait besoin comme déguisement pour tromper les envahisseurs afin de pouvoir leur échapper et lever les alliés de Camelot. Quand je suis parti, les réfugiés discutaient tous entre eux pour savoir qui vous appelleriez à l'aide la Reine Annis, le Roi Bayard, ou le Roi Fyrendir. Ça forcera Morgane à faire des suppositions quand les civils retourneront dans la cité. Ils vont devoir y retourner, ils n'ont nulle part où aller, mais ils ne lui jureront jamais fidélité. »
Arthur baissa les yeux vers sa nouvelle tenue, toujours pas entièrement convaincu.
« Mais est-ce qu'il faut vraiment que je me déguise ? Il y a des chances que je sois reconnu par les hommes de Morgane quand même s'ils me voient. »
Merlin haussa un sourcil.
« Soit vous acceptez de prétendre que nous sommes des réfugiés ordinaires fuyant voir des amis en Escetia, soit je vous ensorcelle et nous partirons comme trois amis et un simplet... A vous de choisir, et je crois que vous savez qui sera le simplet. »
Arthur la ferma, et tous les quatre se dirigèrent vers l'est peu de temps après, tandis que Friou s'envolait dans le ciel pour se cacher dans les nuages jusqu'à ce qu'on la rappelle.
~(-)~
« Tous les quartiers de Camelot sont sous notre contrôle. Quelques chevaliers ont pu s'enfuir dans les bois, mais ceux qui ne se sont pas échappés sont soit dans nos cachots, soit morts. »
Agravain se dirigea vers Morgane, assise sur le trône dans la Salle du Conseil, la Reine Traîtresse. Elle sourit légèrement.
« Bonne nouvelle. Le peuple de Camelot m'accueille-t-il comme sa reine ?
- Il ne jurera allégeance à personne hormis Arthur. »
Morgane souffla avec dérision.
« Le contraire m'eut étonnée... Brûlez leurs récoltes. Et nous verrons quand leurs enfants mourront de faim. »
Hélios observa Agravain, appuyé contre l'arrière du trône.
« Qu'en est-il d'Arthur ? »
Morgane sourit à nouveau, et fit un signe de tête aux gardes au fond de la pièce, les incitant à amener l'un des chevaliers capturés.
Elyan fut poussé à genoux devant elle, et elle eut un sourire narquois.
« Nous trouverons Arthur bien assez tôt. »
Morgane sortit un petit serpent noir d'un bocal. Elle le tendit devant Elyan.
« Savez-vous ce que c'est ? Non ? C'est un Nathair, qui vient des montagnes d'Asgora. La plupart du temps il est inoffensif. Mais en insistant un peu il a la vertu de causer aux hommes qu'on lui oppose des douleurs inimaginables. Vous avez donc le choix. Dites-moi où Arthur compte aller, ou goûtez aux délices de ce serpent extraordinaire ! »
Elyan lui adressa un regard noir, refusant de céder sous la menace.
« Je ne vous dirai rien ! »
Elle eut un sourire narquois.
« En fait j'espérais que vous me diriez cela. »
Elle attrapa le serpent par la tête, dirigeant son attention vers lui.
« Unmicel snacca, suge tha nothan…swilcnesse! »
Elle tendit brusquement la main tenant le serpent vers le chevalier, et les cris d'agonie d'Elyan résonnèrent à travers les couloirs autour de la Salle du Conseil.
Agravain en sortit peu de temps après, frissonnant en entendant les cris de torture tandis qu'à ses côtés Hélios était complètement indifférent. Les hurlements continuèrent pendant une heure jusqu'à ce qu'Elyan craque enfin, et ses cris laissèrent place au silence tandis que Morgane sortait de la salle avec un sourire satisfait.
« Arthur va se diriger vers la Forteresse d'Ascétir, le fort qu'il partage avec le Roi d'Escetia. Il espère lever l'aide du Roi Fyrendir afin de reprendre Camelot. »
Elle s'arrêta devant les deux hommes, adressant ses ordres à Agravain.
« Voici votre chance de vous racheter, après votre échec en vous faisant prendre et emprisonner. Prenez cinq cents hommes d'Hélios, et écrasez cette petite forteresse... Et ramenez-moi Arthur, mort ou vif mais de préférence vivant. Je veux le plaisir de le tuer moi-même. »
Agravain hocha lentement la tête, fronçant les sourcils.
« Et pour Merlin ? S'il interfère ? »
Elle sortit quelque chose de sa manche, un long carreau d'arbalète noir qui semblait irradier d'intentions sinistres.
« Prenez ça avec vous, et tirez-lui dessus avec à la première occasion. Ne vous inquiétez pas de viser, tant que vous tirez dans sa direction générale cela le frappera sans faute. Et même si vous ne faites pas un tir fatal, il ne vous ennuiera plus. »
Le noble traître accepta le carreau, avant de s'incliner et de se détourner.
« Alors je vais partir immédiatement, Ma Dame. »
Mais il n'avait pas fini de lui parler, pas encore, car il la chercha une fois de plus avant de s'en aller. Pour la prévenir de ne faire confiance à personne en-dehors de lui, lui qui ferait tout pour elle. Que même Hélios n'était pas digne de confiance...
… Mais quand il fut sur le point de lui dire qu'Arthur savait depuis longtemps qu'il était un traître, il hésita. Non, elle n'avait pas besoin de savoir ça, et il avait une mission à accomplir.
~(-)~
Deux paires d'yeux jetèrent un regard depuis la cachette de leurs propriétaires, observant un groupe de voyageurs de belle taille en train d'empaqueter du matériel de camping et de le charger sur leur charrette. Plusieurs avaient des armes, et cela suffisait à rendre le duo méfiant.
Merlin jeta un regard à Arthur.
« Qui sont-ils, à votre avis ?
- Je ne sais pas, mais nous ne pouvons pas supposer qu'ils sont amicaux.
- En effet. »
Le roi se figea quand il sentit le contact froid de l'acier contre la peau de sa nuque, et seul Merlin put se retourner pour voir la femme blonde tenant l'épée en question tandis qu'elle souriait, satisfaite de les avoir pris par surprise.
« Bonjour, et qui avons-nous là. Avancez. »
Elle inclina la tête en direction de la charrette, le duo suivant la directive. Quand ils approchèrent, un homme en train d'aiguiser sa lame leva la tête vers eux.
« Alors qui sont ces gens, Iseult ? »
Elle donna un nouveau petit coup à Arthur.
« Ils nous espionnaient cachés dans la forêt, Tristan. »
L'homme fronça les sourcils, méfiants.
« Vous avez vu quelque chose d'intéressant ? »
Les deux amis secouèrent la tête et Arthur déclara :
« Non, et nous ne cherchons pas les ennuis. Camelot a été attaquée il y a deux nuits, et envahie. Nous nous dirigeons vers Escetia avec ma fiancée et son amie. Nous avons des gens là-bas chez qui nous réfugier, et prendre un nouveau départ. »
La femme haussa les sourcils, sceptique.
« Vous êtes avec deux femmes ? Je n'ai vu personne d'autre. »
Merlin haussa les épaules.
« Eh bien, Katryn est très douée pour cacher les autres et elle-même dans les bois. On pourrait dire que ça lui vient naturellement. »
Il tourna la tête vers la direction d'où ils étaient venus.
« Vous promettez de ne pas leur tirer dessus ? »
Le regard d'Iseult à Tristan reçut un bref hochement de tête, et Merlin porta ses doigts à sa bouche pour pousser un double sifflement perçant. Ce n'était que pour le spectacle. En réalité, il avait utilisé les amulettes pour permettre aux deux autres d'entendre ce qu'il disait au chef manifeste du groupe.
Quelques instants plus tard Gwen et Katryn semblèrent apparaître de nulle part, leurs robes, qui avaient déjà été déchirées plusieurs fois durant les dernières heures, leur donnant l'air approprié de 'on fuit vers la sécurité'.
Les voir sembla adoucir les manières d'Iseult, quand le groupe rejoignit Arthur et Merlin, et l'homme d'épée les regarda.
« Pas de chevaux, pas de vivres, rien. On dirait que vous avez fui avec rien d'autres que les vêtements sur votre dos. »
Gwen lui adressa un regard désapprobateur.
« Quand votre maison brûle et qu'il y a des tueurs dans les rues, vous n'avez pas vraiment le temps d'attraper grand-chose. Vous prenez ce que vous pouvez, même si vous ne pouvez sauver que votre propre vie. »
Tristan sembla enfin se détendre un peu, et se détourna pour s'éloigner.
« Alors je suppose que vous pouvez partir. »
Arthur était sur le point de s'exécuter, quand Merlin remarqua la direction de la charrette.
« Vous allez aussi à Escetia ? »
Tristan se retourna et se renfrogna.
« Et alors ? Si vous croyez qu'on va vous prendre par charité, vous avez tort.
- Nous avons de l'or... Pas beaucoup, mais nous pourrions vous payer pour les vivres que nous utiliserions. »
L'homme se retourna, renifla et commença un peu à sourire.
« Alors je suppose que vous avez pris au moins une chose utile dans votre fuite... Très bien, mais vous nous quitterez au premier village de l'autre côté de la frontière. »
Merlin regarda Arthur et les autres Gwen semblait reconnaissante.
« Merci, nous apprécions. »
Ils se joignirent aux voyageurs, maintenant une certaine 'distance' mais aidant quand même à finir de charger la charrette. Gwen et Katryn furent autorisées à monter à l'intérieur avec Iseult et le chauffeur, tandis que tous les autres marchaient sur le côté ou derrière tandis que le véhicule progressait lentement à travers les bois sur l'une des routes les moins utilisées. La charrette était un bon camouflage pour les quatre membres de la Fraternité, et avec un peu de chance ils laisseraient les voyageurs juste avant la frontière et prendraient un raccourci au sud vers la Forteresse d'Ascétir.
Quand ils campèrent pour la nuit, Gwen se porta volontaire pour cuisiner avec l'aide de Katryn, ce qui valut à Iseult de se réchauffer encore davantage envers elle. Aussi heureuse qu'elle semble être, seule guerrière au milieu d'un groupe d'hommes, et dans sa relation avec Tristan, la compagnie féminine était manifestement un changement agréable.
Arthur les observa depuis l'endroit où il était assis avec Merlin sur le côté, l'air un peu coupable.
« Je déteste mentir à ces gens. Nous les mettons en danger en voyageant avec eux comme ça.
- Ils seraient en danger de toute façon, ils voyagent dans la même direction que nous. Vous croyez que les hommes de Morgane pendraient la peine de poser des questions s'ils les croisaient en nous pourchassant ? »
Merlin soupira, lançant un autre bout de bois dans le petit feu de camp qu'il avait construit pour chasser la fraîcheur de la nuit de printemps qui approchait.
« Au moins si nous sommes avec eux et que les Southrons nous trouvent, nous pourrons aider à les défendre. La sûreté dans le nombre.
- Quand même, ça n'a pas l'air juste. »
Merlin lui jeta un regard, pensant à un certain petit incident pendant que la charrette était déchargée.
« Eh bien, si ça peut vous consoler, dans d'autres circonstances vous seriez moins inquiet à ce sujet. »
Il baissa la voix jusqu'à murmurer.
« J'ai senti quelque chose de familier pendant que j'aidais à décharger, et j'ai ouvert la boîte tout à l'arrière de la charrette. Ce sont des contrebandiers ils ont un large chargement d'encens dans cette boîte. Tristan et Iseult m'ont chassé avec un avertissement, mais n'ont pas insisté. En-dehors du fait qu'ils fuient les taxes, ils ont au moins l'air d'être décent. »
Arthur s'était fait rigide à cette révélation, avant de pousser un soupir d'exaspération.
« Génial, je voyage avec un groupe de criminels. »
Merlin commença à sourire avec ironie.
« Hey, si ça peut vous consoler, en ce qui concerne les lois officielles je suis un criminel et vous voyagez avec moi. »
Il adressa un sourire de côté à Arthur, qui poussa fermement mais gentiment ce visage pour éloigner le sourire insolent de lui. Il avait l'air un peu plus amusé désormais, et eut un petit rire.
« Et je suppose, que par la même définition, je suis un criminel aussi... Je romps mes propres lois sur la magie. Il faut vraiment que j'en change un peu plus, ça fait assez longtemps depuis que j'ai adouci les punitions pour l'achat de remèdes magiques par désespoir. C'est juste dommage que la nouvelle invasion de Morgane ait frappé un nouveau coup contre l'acceptation graduelle de la magie. »
Merlin lui tapota le bras, compréhensif.
« J'ai déjà attendu sept ans, depuis que tout cela a commencé. Je peux continuer à attendre, ne vous en faites pas pour ça. »
Il regarda dans la direction de Gwen, qui riait à quelque chose qu'avait dit Iseult.
« Mais si vous avez envie d'être généreux, peut-être que vous pourriez laver la marmite de soupe après le souper. Gwen nous a portés volontaires pour faire le ménage, donc on doit aussi bouchonner les chevaux. Mais hey, au moins comme ça vous n'avez pas besoin de faire le simplet. »
Arthur roula des yeux, avant de donner un coup sur l'épaule de son ami.
« D'accord, je saisis l'allusion. Je vais faire les deux. Tu peux prendre des vacances pour une fois, tu les as méritées. Ne me taquine juste pas à ce sujet quand nous aurons repris Camelot. »
Le magicien se vengea d'un coup de coude, ce qui lui valut d'être pris dans un étau par la tête tandis qu'Arthur frottait ses phalanges sur sa crinière.
Depuis l'autre feu, Iseult regarda leurs singeries avec amusement.
« Ils ont l'air d'être de bons amis. »
Ses yeux se portèrent vers l'épée plantée dans le sol à côté d'eux.
« Et c'est une épée impressionnante. On ne trouve une qualité pareille nulle part sinon chez le Forgeron Royal de Camelot. »
Gwen faillit avoir un mouvement de recul à ces mots, mais Katryn demeura bien plus détendue tandis qu'elle ajoutait des herbes à la soupe.
« On courait dans les rues pour fuir la ville. Il a vu l'épée tombée par terre dans le chaos, et l'a attrapée. Une arme est une arme dans une situation pareille. Vous ne demandez pas d'où elle vient. »
Iseult se tut, puis hocha la tête.
« Vous avez raison, et c'est aussi bien. Tristan ne serait pas content de penser qu'un Chevalier de Camelot voyageait avec nous. »
Elle se leva et alla s'asseoir avec Tristan, se blottissant contre lui avec un sourire sur le visage, aussi contente que lui. Gwen la regarda partir, avant de soupirer et de se remettre à travailler sur la soupe.
« On devrait quitter ces gens après-demain. Je n'aime pas les mettre en danger, et nous serons près de la forteresse à ce moment-là. »
Katryn plaça une main sur son bras, gentille et rassurante.
« Ne vous inquiétez pas pour ça. Nous faisons ce que nous devons, pour le bien de tout le monde. »
Elle se remit à touiller la marmite, et peu de temps après servit la première portion à sa maîtresse. S'inquiéter ne résoudrait rien, et ne leur dirait pas ce que la nouvelle journée apporterait.
~(-)~
