Colinou : Pas de Arthur simplet et dans un sens je préfère. Même s'il n'y avait pas moyen de faire autrement, ça m'a toujours gênée que Merlin prive Arthur de sa volonté... Et la divergence avec l'épisode ne fait que commencer^^ J'en connais qui vont adorer...
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Chapitre 77 : L'Épée dans la Pierre ~Partie 3~
Quand l'aube arriva et que les gens de la caravane se préparèrent à remballer et repartir, c'est alors qu'elle sortit de nulle part... L'attaque. Leur premier avertissement fut quand l'un des hommes de Tristan reçut un tir d'arbalète, puis tout explosa.
Et la colère du contrebandier ne fit qu'augmenter quand Agravain fit son apparition et désigna Arthur aux Southrons avec lui.
« Voici Arthur ! Capturez-le et tuez le reste ! La Reine Morgane le veut vivant ! »
Trois autres membres du groupe de Tristan se firent tirer dessus, avant que lui, Iseult, Arthur et les autres n'aillent s'abriter derrière le wagon. Ce fut alors que l'homme d'âge moyen siffla de colère.
« Vous êtes le fichu Roi de Camelot ?! »
Arthur saisit l'une des arbalètes suspendues à la charrette, tirant à travers les ouvertures dans les côtés du véhicule et élimina l'un des guerriers en train de charger vers eux.
« Je l'étais jusqu'à il y a trois nuits. Nous sommes en route pour obtenir de l'aide et régler ça, et il se trouve que vous alliez dans la même direction. »
Merlin les regarda tous les deux, avant de secouer la tête et de tirer avec sa propre arbalète.
« Écoutez, vous pourrez vous disputer à ce sujet plus tard, mais pour l'instant je vais mettre le bazar pour qu'on puisse s'échapper. Je suggère de vous préparer à fuir. »
Arthur hocha la tête avec approbation.
« Fais-le. Occupes-en autant que tu pourras. »
Quand Merlin lâcha son arbalète, Iseult le regarda avec perplexité.
« Que peut faire un seul homme contre tant d'ennemis ? Il doit y avoir plus d'une centaine d'hommes qui viennent sur nous.
Une vouivre descendit en hurlant des cieux où elle avait volé en cercles dans les nuages, prête à venir si on l'appelait, avant que Merlin ne tende les mains devant lui en direction des attaquants.
« Astrice aet gesleccath ! »
Une onde de choc puissante traversa l'air à hauteur de poitrine, renversant les attaquants qui échouèrent à la voir arriver et les laissant en train de grogner sur le sol forestier. Pour ceux qui restaient, Merlin ajouta une distraction supplémentaire.
« Geleaffriou! Agaele thaet befylgest eac geapscipe ! »
La vouivre poussa un cri, prête à obéir à l'ordre, harcelant chaque Southron qu'elle pouvait voir bouger tandis que leurs épées et leurs flèches rebondissaient sur les protections de son harnais.
Voyant le chaos qui venait d'être semé, Arthur saisit Gwen par le bras et se retourna pour fuir.
« Voilà ce que peut faire un seul homme quand il est aussi doué avec la magie que Merlin. Venez ! Nous devons fuir ! La vouivre ne pourra pas les occuper pour toujours ! »
Tristan et Iseult suivirent les quatre amis, le premier bien plus réticent que sa compagne. Mais il devint vite apparent que d'autres Southrons avaient fait le tour, quand ils furent attaqués et Iseult blessée.
Elle tomba au sol suite au coup à la tête et à la blessure sur son bras, frappée par une botte brutale dans les côtes. Arthur transperça son attaquant au moment où Merlin aplatissait les Southrons restants qui se dirigeaient vers eux.
Tristan venait de la relever pour continuer à fuir, quand un Agravain seul et en colère apparut au sommet de la colline au-dessus d'eux. Il sortit le carreau noir de sa ceinture, et s'en servit pour armer l'arbalète qu'il tenait avant de viser et tirer.
Merlin entendit le claquement de la corde, tandis que lui et les autres se jetaient immédiatement et instinctivement au sol. Mais le carreau ne vola pas au-dessus de leurs têtes, mais plutôt se dirigea immédiatement vers lui.
Le magicien s'était à moitié relevé quand l'objet le frappa dans l'épaule, et il fut de nouveau jeté au sol avec un cri tandis qu'une vouivre très en colère plongeait sur Agravain.
Le noble s'enfuit, protégeant sa tête de ses griffes, tandis qu'Arthur attrapait son ami et que la fuite reprenait.
Ils trébuchèrent à travers les arbres, Merlin essayant de ne pas grimacer devant l'étrange carreau noir qui sortait de son épaule. Il ne pouvait pas s'arrêter pour s'en occuper, ni se demander pourquoi il l'avait ciblé si précisément. Il entendait encore Friou obéir à son ordre de harceler leurs poursuivants, pour les retarder et les encombrer. Il espérait seulement que le harnais de protection qu'il avait fait pour elle resterait efficace jusqu'à ce qu'elle reparte.
Les bruits des Southrons s'éteignirent derrière eux, jusqu'à ce qu'enfin il semble sûr de s'arrêter. C'est alors que des battements d'ailes les fit regarder en l'air, pour voir la vouivre descendre vers eux, ayant fait de grands cercles rapides pour empêcher que quiconque la suive. Elle était revenue par un chemin de tromperie et de dupe, encore une fois selon ses ordres.
Tristan se tendit et porta la main à son épée quand elle atterrit, mais cessa de la tirer quand la créature commença immédiatement à donner de petits coups de tête à Merlin. Friou susurra avec inquiétude, sifflant un peu dans la direction du carreau, et son maître lui tapota le cou de son bras intact.
« Je vais bien, j'ai eu pire dans le passé. J'aurai juste besoin d'un peu d'aide pour l'enlever. »
Il faisait le brave pour Gwen et Katryn, tandis qu'Arthur venait derrière lui pour agripper le bâton et appuyer son autre main sur la chair à côté.
« Prêt, Merlin ? »
La réponse était irritée.
« Oui, oui, contentez-vous de l'enlever que je puisse me guérir. »
Le cri de Merlin tandis que le bâton était retiré, résonna dans la clairière avant qu'il ne plaque sa main sur la blessure de son épaule.
« Thuurhaele se licsar. »
Il n'y eut aucune lueur dans ses yeux, et il fronça les sourcils avant de réessayer.
« Thuurhaele se licsar ! »
Toujours rien, et en voyant le sang suinter dans l'épaule de son ami, Arthur commença à s'inquiéter.
« Merlin, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Thuurhaele se licsar ! Thuurhaele ! »
Merlin leva lentement les yeux vers lui, de la terreur dans le regard.
« Ma magie ne marche pas. Je ne peux plus tirer de pouvoir, c'est comme si toutes mes connexions avec la toile du pouvoir du monde avaient disparu ! »
Katryn et Gwen se précipitèrent, cette dernière arrachant des bandes de tissu de sa robe tandis que la première retirait brusquement la veste et la chemise du magicien. Elle ne jeta qu'un bref regard à la blessure, avant d'attraper une poignée de mousse et de la plaquer dessus.
« Meos thu becnyttest. »
Les fibres de la plante s'étalèrent, semblant se lier à la peau autour d'elles et s'y accrocher comme du lierre grimpant. Mais en-dessous une autre toile de fils, comme de la soie d'araignée noire, s'était étalée de la base de sa nuque jusqu'à sa taille et son coude.
« Le carreau était ensorcelé. Ta magie a été bridée, Merlin, et je n'ai pas la capacité de défaire le sortilège. Il est puissant, mais il ne te tuera pas. Sonbut est d'inhiber, pas de tuer. Quelqu'un te voulait impuissant, probablement Morgane. »
Elle prit quelques bandages de fortune tendus par Gwen, s'en servant pour entourer la blessure et maintenir la mousse en place.
Merlin demeura complètement silencieux tandis qu'elle faisait cela, son appréhension écrite sur son visage jusqu'à ce qu'il parle enfin.
« Il faut qu'on avance. Nous sommes encore à une certaine distance de la Forteresse d'Ascétir. Le Clan de la Tempête aura certainement quelqu'un capable de contrer cela, mais nous avons besoin de temps pour qu'ils nous rattrapent. Ils étaient à l'autre bout de Camelot par rapport à notre position actuelle, et devront éviter les forces d'Hélios dans les bois s'ils veulent avancer vite en les contournant. Ils seront au moins à une journée derrière nous. »
Arthur soupira.
« Et nous sommes pourchassés par au moins une centaine d'hommes, et notre magicien est hors service... Merveilleux. »
Merlin se leva, laissant Friou le soutenir un moment avant de désigner Iseult du doigt.
« Vous pouvez chevaucher Geleaffriou. Il y a un risque que cette blessure à la tête provoque une commotion, donc il vaut mieux que vous ne marchiez pas jusqu'à ce que je sois certain. »
Avant qu'elle ne puisse bouger, Tristan bondit vers le magicien et lui adressa un regard noir.
« Et qu'est-ce qui vous fait croire qu'on aura confiance en vous ? Vous nous avez menti sur qui vous étiez, et mes gens ont été tués à cause de vous ! »
Merlin lui rendit placidement son regard.
« Et que fait un contrebandier sinon mentir pour gagner sa vie ? Nous avons menti parce que nous n'avions pas le choix, notre survie et celle de Camelot en dépendaient. Auriez-vous fait autrement ? »
L'autre homme ne répondit pas, et Merlin désigna Iseult.
« J'ai une formation de médecin, seulement basique, mais j'en sais assez pour savoir comment la traiter même sans ma magie pour la soigner. Maintenant, vous pouvez être obstiné, et rester dans ces bois remplis des guerriers d'Hélios, qui auront certainement trouvé et tué les gens de votre caravane de toute façon, ou vous pouvez venir avec nous dans un endroit où vous avez une chance d'être quelque peu en sécurité. »
Il commença à marcher vers l'est, Tristan le suivant des yeux avec un visage renfrogné avant d'aider sa compagne à monter sur le dos du reptile.
« Sachez que je fais cela pour elle, et pas pour un seul d'entre vous. »
Merlin ignora cette remarque, Arthur lui emboîtant le pas, suivi par Gwen et Katryn. Ce fut au bout d'un moment que le roi dit à mi-voix :
« C'est décourageant n'est-ce pas, de savoir que les négociations que nous avons menées avec Escetia, pour adoucir le fardeau des taxes sur les marchands, ont fait si peu de différence pour des gens comme ces deux-là. »
Son ami lui jeta un regard, toujours très secoué au sujet de sa magie mais sachant qu'Arthur avait besoin du réconfort de quelques mots de sagesse.
« Vous ne pourrez jamais plaire à tout le monde, tout ce que vous pouvez faire c'est continuer d'essayer même si vous savez que vous essaierez toute votre vie. C'est ce qui définit certaines personnes. S'ils essayent ou non puis renoncent, leur résolution de continuer ou de s'arrêter en chemin. »
Arthur soupira à ces mots, reconnaissant envers Merlin de le rassurer.
« Nous nous arrêterons pour camper dans quelques heures. Iseult a besoin de repos, et toi aussi. Ne prétends pas que la blessure sur ton épaule est moins sérieuse que l'entaille sur son bras. Tu as de la chance de pouvoir encore bouger le tien. »
Ils continuèrent d'avancer, un Tristan à l'air songeur, formant l'arrière-garde, ayant entendu leur discussion. Ils étaient prudents en marchant, s'assurant que Friou marchait sur leur route afin que les enchantements sur son harnais, qui l'empêchaient de laisser des traces de vouivre partout où elle atterrissait, effaceraient aussi les leurs.
Le groupe s'arrêta pour camper plus tôt que prévu à l'origine, quand un Merlin de plus en plus pâle commença à trébucher d'épuisement.
Ce fut Gwen qui resta près de lui quand il piqua du nez près du feu, tandis que Katryn prenait le temps d'utiliser son truc avec la mousse sur le bras d'Iseult pour éviter toute infection... Même s'il lui fallut plusieurs minutes pour convaincre Tristan de la laisser faire.
Le ciel s'assombrissait quand Merlin ouvrit de nouveau les yeux, étourdi, en proie au vertige, et nauséeux, et avec l'étrange impression d'être un étranger dans son corps quand il s'assit là où il avait été allongé près de Gwen et Katryn, qui dormaient maintenant. Il fut incapable de mettre le doigt dessus, jusqu'à ce qu'il lève une main pour essuyer de la température sur son front et frôle quelque chose dont il savait que ça ne devrait pas se trouver là.
Arthur entendit la brusque inspiration dans la direction de son ami, et se leva pour venir le rejoindre.
« Merlin ? Tu es réveillé ?
- … Arthur, il y a quelque chose qui ne va vraiment pas chez moi. »
La voix qui répondit était et n'était pas celle de Merlin, ou plutôt semblait être une version plus âgée de la sienne. La légère nuance de rugosité qui vient avec l'âge moyen, quand la jeunesse est encore là dans une certaine mesure, mais que les tons de grommellement de la vieillesse commencent également à se rendre audible.
Arthur fronça les sourcils et contourna le feu, s'accroupissant à côté du magicien qui leva enfin la tête pour le regarder, puis il se figea devant ce qu'il vit.
« Depuis quand est-ce que tu as une barbe ? On dirait que tu as vieilli de dix ans ou plus. »
Merlin le regarda au-dessus d'une courte barbe sombre qui le faisait beaucoup ressembler à son père. Ses cheveux s'étaient aussi rallongés de quelques centimètres, et il y avait des rides au coin de ses yeux. Il avait vraiment l'air d'être plus proche de quarante ans que de ses vingt-six réels.
« Je ne me sens pas normal, c'est comme si quelque chose ... je ne sais pas, quelque chose manquait. Comme si j'essayais de l'atteindre mais que ce n'était pas là, et ce n'est pas ma magie. »
Arthur se déplaça pour secouer fermement Katryn, désignant le magicien au moment où elle ouvrit les yeux.
« Quelque chose ne va pas avec Merlin. Est-ce que c'est le maléfice qui fait ça ? »
Elle fixa Merlin un moment quand elle vit son état, avant de se précipiter à ses côtés tout en donnant un coup de coude à Gwen pour la réveiller au passage. Arthur et elle observèrent la semi-dryade placer sa main sur le côté du visage de Merlin, et tous deux aperçurent le regard de profonde inquiétude qui colora son expression quelques instants plus tard quand elle déclara :
« Ce n'est pas le maléfice qui fait ça, bien que ce soit la source du problème qui cause ça. Merlin, enfouis tes mains dans le sol. Vois si ça aide. »
Les yeux de Merlin s'écarquillèrent avec compréhension quand elle dit cela, mais ils prirent également une étincelle de parfaite terreur tandis qu'il suivait ses instructions et les fermait. Katryn laissa sa main en place, son expression ne se faisant que plus sombre.
Arthur regarda de l'un à l'autre.
« Que se passe-t-il ? Pourquoi fait-il ça ? »
Katryn hésita, voyant Merlin ouvrit les yeux avec l'air un peu nerveux.
« Eh bien c'est un peu personnel. Ce n'est pas vraiment à moi de dire quoi que ce soit. »
Le roi l'arrêta.
« Katryn, un petit conseil pour vous. Merlin est bien connu pour garder des secrets sur lui-même, pour lui-même, qu'il ne devrait vraiment pas. Quand il n'en parle à personne, ils lui attirent toujours des ennuis. Toujours... Dites-nous ce que vous savez. »
Merlin hocha légèrement la tête au coin de sa vision, et Katryn prit une grande inspiration.
« En tant que semi-dryade, j'ai pu sentir quelque chose chez Merlin que personne à part les fae ne pourrait remarquer. Il est lié à la terre de la même façon que les Dryades sont liées à leurs arbres, et pour une raison similaire. Son pouvoir de manipuler le temps habite en lui et découle de son esprit, mais sa force est si grande que sans une forme de protection pour son corps, il le détruirait... C'est là qu'entre en jeu le lien avec la terre. Il en tire de l'énergie de façon totalement inconsciente, et accumule cette énergie pour former une barrière entre son pouvoir et sa personne physique... Le sort qui a verrouillé sa magie, a interrompu cette connexion importante. Tout comme il ne peut pas tirer de la magie pour ses sorts avec ses fils pour l'instant, il ne peut pas non plus les utiliser pour tirer cette énergie. »
Gwen fixa sa servante, horrifiée.
« Tu veux dire que ça pourrait le tuer, à cause de ce sortilège ? »
Katryn hocha solennellement la tête, tandis qu'Arthur serrait le poing d'impuissance en regardant la position étrange de Merlin.
« Alors quel est le rapport avec le fait de plonger ses mains dans la terre ?
- Le contact physique avec le sol contourne les fils qui me connectent à la toile de la magie, et me permet de me connecter directement avec la terre, dit Merlin en relevant la tête. Je reçois un peu d'énergie de cette façon, mais pas assez pour restaurer mes réserves de pouvoir, je le sens. Je suis presque à égalité, mais je ne peux pas bouger pendant que je fais ça. Ça me fait gagner du temps, mais nous ne pouvons pas rester ici. Je vais juste devoir espérer ne pas mourir de vieillesse avant d'atteindre la forteresse, où je n'aurai plus besoin de bouger pendant que nous attendrons mon clan. »
La semi-dryade à ses côtés demeura solennelle.
« Quand l'énergie qu'il lui reste s'épuisera, sa propre magie intérieure le tuera. Et cela, en supposant que l'effort tandis que la protection s'affaiblit ne le tue pas avant. Ce qui arrive maintenant a l'air d'être un effet secondaire de son pouvoir qui commence à fuir. Son corps fait cela pour épuiser le pouvoir afin qu'il ne le blesse pas, mais ça ne marchera que pendant un certain temps. Il a l'air stable quand il peut communier physiquement avec la terre, mais nous ne pouvons pas rester ici. Nous devons le déplacer. »
Ils échangèrent tous un regard, Arthur sombre.
« Il faudra environ une demi-journée avant d'atteindre la Forteresse d'Ascétir, mais nous pourrions diminuer d'une heure ou deux si je porte Merlin. »
Le magicien commença à protester, mais Arthur le fit taire en fronçant les sourcils.
« Même assis là, je peux voir que tu tiendras à peine debout. Et si tu n'arrêtes pas de vieillir, je ne peux pas me permettre que tu nous ralentisses quand tes articulations commenceront à craquer.
- Quelqu'un peut me dire ce qui se passe ici ? »
Les quatre membres de la Fraternité tournèrent la tête, pour découvrir que Tristan s'était réveillé et les regardait maintenant avec mécontentement.
Merlin détourna le regard, laissant Arthur essayer de calmer les choses.
« Ce sortilège semble interférer davantage avec la magie de mon Sorcier de la Cour que nous ne le pensions. Nous devons nous dépêcher d'atteindre la Forteresse d'Ascétir, afin qu'il soit sans danger pour lui de s'arrêter et se reposer en attendant que quelqu'un capable de contrer le sortilège nous rattrape. »
Tristan continua de les fusiller du regard, jusqu'à ce que Gwen soupira avec exaspération et se mette debout.
« Vous ne pouvez pas mettre de côté votre fierté obstinée et vos soupçons pour une seule journée ? Iseult est blessée, Merlin est blessé, et ils ont tous les deux besoin d'aide. Chacun a une meilleure chance de s'en sortir si nous atteignons la forteresse, et critiquer Arthur ne va pas aider. »
Elle lui lança un regard noir.
« Vous affirmez qu'Arthur est un mauvais roi, que ses taxes vous ont forcé à vous résoudre à la contrebande, mais vous n'avez jamais vécu au cœur de Camelot et vu tout ce qu'il a dû affronter. Vous n'avez pas vu les bêtes qu'il a combattues, les défis auxquels il a fait face. Vous le jugez sans même le connaître. »
Tristan se tendit, sur le point de répliquer, quand une main sur son bras l'arrêta. C'était Iseult, et elle secoua la tête.
« Elle a raison, nous ne le connaissons pas comme ils le connaissent. Comme les gens qui le voient tous les jours le connaissent. »
Elle jeta un regard à Merlin, qui était toujours à genoux avec les mains enfouies dans la terre.
« Et je pense que c'est une preuve de son bon cœur, qu'un sorcier aussi puissant que l'est clairement Merlin a choisit de le protéger et le servir même après tout ce que son père, Uther, a fait à ceux qui avaient des pouvoirs magiques. Arthur est roi depuis moins d'un temps, et n'a pas encore eu le temps de vraiment laisser sa marque sur le pays. Il est trop tôt pour le juger de cette façon. »
Son compagnon se détendit enfin, se retournant d'un air grincheux après avoir jeté un œil au ciel vers l'est.
« L'aube est presque sur nous. S'il est si urgent d'atteindre cette forteresse, on ferait mieux de se mettre en route. Il ne faudra pas longtemps avant que nos poursuivants soient aussi après nous. »
Il s'éloigna, les autres l'observant se diriger avec Iseult vers leurs quelques possessions avant de commencer à les ramasser. Et pendant ce temps, Katryn dit doucement :
« Il porte encore le deuil de ses amis perdus, et cherche quelqu'un à blâmer. Donnez-lui du temps. »
Elle se leva alors, commençant à rassembler les quelques affaires de Merlin.
« Je vais porter ça. Arthur, ne le bougez pas avant que nous soyons sur le point de partir. Il devra rester en contact avec le sol à chaque fois que nous ferons une pause pour nous reposer, à partir de maintenant... Comment vont vos côtes ? »
Arthur appuya la main contre son flanc, testant ses côtes supposément cassées avant de hocher la tête.
« Le sort de Merlin a fait son travail. J'ai juste un peu mal. Au moins il a pu faire ça avant que nous quittions Camelot, et qu'il soit ensorcelé.
- Je suis tellement inutile. »
Tous les yeux se portèrent vers le Merlin d'âge moyen, dont l'expression semblait aussi déprimée et découragée que celle de son père l'avait été avant qu'il ne lui redonne espoir.
« Enlevez-moi ma magie et je ne suis qu'un fardeau. Je ne peux protéger aucun d'entre vous. »
Gwen posa une main sur son épaule, réconfortante.
« Tu nous as déjà tellement protégés, Merlin. Maintenant c'est à notre tour de te remercier en te protégeant. Ne sois pas si dur avec toi-même. »
Il sourit un peu mais ne dit rien, son désir de les protéger toujours fort dans son esprit quand le moment vint pour Arthur de le soulever et de le porter sur son dos. Cela s'avéra une sage décision, car deux heures seulement après leur départ, Merlin vieillit de dix ans de plus et devint tellement faible qu'il ne pouvait même pas tenir debout.
Il tomba à genoux dès qu'il fut reposé, frissonnant de soulagement tandis que ses doigts de plus en plus ridés s'enfonçaient dans la terre.
Arthur baissa les yeux vers son ami aux cheveux désormais grisonnants, profondément inquiet tandis que Friou s'enroulait de façon protectrice autour de son maître.
« Il devient de plus en plus malade. Nous risquons de ne même pas atteindre la forteresse à ce stade, avant qu'il ne devienne incapable d'aller plus loin quand nous serons au milieu de nulle part. Est-ce que ça pourrait être pire ? »
Il y eut un cri de guerre derrière eux, plusieurs éclaireurs Scouts chargeant vers eux en brandissant leurs armes.
Tristan tira son épée, poussant Iseult derrière lui à côté de Merlin, Gwen et Friou afin que la vouivre puisse les protéger.
« Il a fallu que vous demandiez cela. »
Arthur et lui se jetèrent sur leurs ennemis en train de charger, les lames s'entrechoquant et les hommes hurlant tandis qu'ils repoussaient et frappaient. Mais ils étaient en sous-nombre, et une partie des attaquants contourna les deux hommes.
Merlin put tout voir arriver, écarquillant les yeux tandis qu'un Southron se préparait à transpercer Arthur par derrière. Désespéré de savoir que s'il avait sa magie il aurait pu arrêter ça.
« Arthur ! »
Le roi se retourna, voyant la lame se précipiter vers lui mais sans avoir le temps de la bloquer avec la sienne. Il voyait sa mort se rapprocher, mais dans l'espace entre un battement de cœur et le suivant quelque chose sembla claquer et frapper à travers lui de l'intérieur.
Merlin resta bouche bée avec choc tandis que le Southron était brutalement jeté en arrière à travers les airs, mais il ne regardait pas l'attaquant. Il fixait Arthur, dont les yeux avaient brièvement brûlé de la couleur de l'or fondu.
Le roi sembla également réaliser ce qui s'était passé, car il se retourna vers les autres Southrons et brandit la main vers eux avec une intention silencieuse. Encore une fois, il eut la sensation de quelque chose en train de claquer et une montée de pouvoir, tandis que les attaquants restants s'écrasaient contre les arbres autour d'eux.
Tristan observa tout cela avec choc, avant de se retourner lentement vers l'homme qui venait de les sauver. Un homme qui semblait aussi stupéfait que le reste d'entre eux.
« Vous pouvez utiliser la magie ? »
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