Bonjour tout le monde!

voici la suite! En espérant que ça vous plaise : )

Je désire réitérer ma gratitude envers Jelly Bean Jenna qui me permet de traduire cette fabuleuse histoire.

Laissez moi savoir ce que vous en pensez.


Six mois s'écoulèrent rapidement. Les nuages lourds de neiges cédèrent leurs places à un soleil brillant au fur et à mesure que les froides nuits d'hiver laissèrent les chaleurs de l'été les remplacer.

Andy et Sam ont su relever avec brio les petits défis habituels qu'ébranlent les nouvelles relations. Mais ils étaient désormais au statut quo.

Sam dormait chez Andy, ou l'inverse, mais ce n'était plus suffisant, du moins pour Sam. Elle lui suffisait, elle était tout ce qu'il avait toujours voulu. Mais il commençait à s'impatienter.

Il avait alors tout planifié. Pour que les choses évoluent, il devait partager son secret avec Andy, il devrait lui montrer l'enveloppe de Sarah. Il s'était même préparé un discours. Tout allait être parfait.

Ils avaient un week-end libre tous les deux, ce qui n'arrivait pas si fréquemment. Il avait demandé à Andy de préparer un sac de voyage, sac qui attendait dans le camion de Sam que le quart de nuit du vendredi se termine.

Il avait mentionné qu'ils allaient quelque part pour le week-end, mais il n'avait pas précisé l'endroit. Il avait reconnu l'expression sur le visage de sa compagne quand elle assuma qu'ils allaient chez Sarah. Évidemment qu'elle en était venue à cette conclusion, c'était maintenant quelque chose de régulier pour eux de visiter la sœur de Sam. Mais il ne l'avait pas contredit.

Après leurs quarts de travail, ils dormirent chez Sam jusqu'à l'heure du lunch, alors que Sam réveilla Andy avec un café et un sandwich au jambon. Après un bon repas et une douche, ils étaient prêts à prendre la route.

Sam observa Andy alors qu'elle portait à peine attention à la route qu'ils prenaient. Ils avaient eu une nuit difficile, le genre d'enquête qui tourmente l'esprit et qui remet n'importe quel policier en question.

Une vingtaine de minutes plus tard, ils prirent un embranchement qui menait sur une route de terre. En quelques secondes, Andy fut frappée par la familiarité des lieux. Elle se retourna vers Sam, le visage teinté de rouge.

Il savait que c'était risqué de faire face à une McNally en colère. Il l'avait appris à la dure lors de leur première rencontre, mais il devait absolument poursuivre son plan.

« Sam, tu te fous de moi? » hurla Andy quand elle aperçut cette maison cachée derrière de grands arbres verts.

Le conducteur immobilisa son véhicule, tout en évitant le moindre contact visuel avec sa passagère.

« Quarante kilomètres ? Sam sérieusement ? C'est à peine quarante kilomètres pour se rendre à la route la plus proche? »

Andy détacha sa ceinture de sécurité et descendit du camion puis claqua la portière derrière elle. Elle ne put se résigner à faire avancer ses pieds plus loin. Elle se tenait près du camion, les bras sur les hanches à observer la maison.

Sam sorti à son tour, et plongea ses mains dans ses poches. Il ne pouvait que passer son regard entre la maison et Andy, et d'Andy à la maison. Cette maison où ils avaient cohabité sous de fausses prétentions.

« Sam ? » La voix de la jeune femme était plus douce, alors qu'elle s'approchait de lui, demandant mille questions avec un seul mot; son nom.

« Je sais, ok. Mais courir dans cette direction, c'est facilement quarante kilomètres. Je ne t'ai juste pas dit que la route était juste devant la porte avant. »

« Pourquoi Sam? Pourquoi tu ne me l'as pas dit ! »

Vraiment ? Ce bateau avait déjà navigué.

« Oublie ça. » ajouta Andy en prenant une grande respiration. « Pourquoi sommes-nous ici ? »

Elle remarqua Sam qui s'apprêtait à prendre leurs sacs. Ils allaient rester dans cette maison, c'était leur destination.

« Je vais tout t'expliquer tout à l'heure, je te le promets. » dit Sam en se dirigeant vers la maison.

Il savait qu'y inviter Andy était risqué, très risqué. Ça pouvait compromettre le fait qu'elle le laisse entrer dans sa vie, compromettre ce qu'ils avaient, compromettre toutes les incertitudes et les craintes qu'elle avait acceptées de laisser aller.

Andy le suivit à l'intérieur, à pas d'escargot. Elle ne voulait vraiment pas y entrer.

Sam avait disparu quand les pensés d'Andy se remirent à fonctionner. Elle regarda pour la première où elle se trouvait, et remarqua les changements. Les murs frais peints, et l'absence de mobilier. Même l'odeur était différente.

Sam était accoté contre le cadre de porte qui donnait accès à la cuisine.

« T'es fâché contre moi ? » murmura-t-il à l'oreille de sa compagne.

« Oui. » répondit-elle sèchement, mais elle savait que c'était feint.

« Alors peut-être que ceci pourra m'aider à me racheter. » dit-il en se glissant derrière elle, l'enveloppant de ses bras, le menton appuyé contre son épaule.

Il ouvrit la main pour révéler les boucles d'oreilles qu'Andy portait le jour où ils s'étaient rencontrés.

« Les boucles de ma mère! » soupira Andy alors qu'elle les prit dans ses mains. C'était la seule et unique chose qui lui restait de sa mère. Son père lui avait remis le jour de son seizième anniversaire. Il les avait d'abord acheté en guise de cadeaux de mariage, mais Claire les avait laissé derrière quand elle avait fuit au milieu de la nuit.

« Devine où je les ai trouvés ? »

Andy rigola légèrement, elle savait exactement où elles étaient; cachées entre le matelas et le sommier du lit où il l'avait menotté. Elle avait complètement oublié jusqu'à cet instant.

« Quelque chose à boire? » demanda Sam soudainement en s'éloignant.

La jeune femme releva un sourcil avec un air de dégout, ce qui donna à Sam de la difficulté à contenir son fou rire. « C'est tout des choses fraiches que j'ai apporté du marché hier. »

« Alors tu avais planifié de m'amener ici ? »

Super, Andy-la-boudeuse était de retour.

Il se retira vers la cuisine, la laissant seule au centre du salon vide. Il alla chercher deux sodas. Il était trop tôt pour de l'alcool, et trop chaud pour du café.

Quelques heures plus tard, Sam invita Andy à sortir sur la galerie arrière, là où une balançoire les attendait. Le repas était terminé, mais les conversations étaient minimales. Elle était toujours fâchée contre lui, mais moins que ce à quoi il s'attendait.

« Alors, qu'est-ce que tu dirais si je te disais que j'avais envie de déménager ici ? » demanda soudainement Sam après qu'ils se soient assis à l'extérieur et avaient gardé le silence pour ce qui semblait être un très long moment.

Andy releva la tête tranquillement, jusqu'à ce que ses yeux rencontrent ceux de son compagnon.

« Tu aimerais vivre ici ? »

« Ouais. »

Elle rebaissa la tête, ses lèvres ne laissèrent pas échapper une seule syllabe.

« Toi, aimerais-tu ça ? » demanda Sam sans trop avoir réfléchi à la question.

Cette fois-ci elle releva la tête d'un mouvement, et son visage revêtait un air dont Sam ne pouvait deviner la signification.

Ses lèvres étaient pressées l'une contre l'autre en une mince ligne.

« Vivre ici, avec toi ? » Murmura-t-elle finalement, plus pour elle que pour lui.

Sam acquiesça, il ne voulait pas être trop insistant, il optât donc pour ne rien renchérir.

Andy semblait un peu confuse, comme si elle avait besoin d'y réfléchir. Sam se leva, Andy le suivi des yeux.

« Damian a donné à Sarah tout ce qu'il possédait, incluant cette propriété. »

Les yeux de la jeune femme s'agrandirent à cette déclaration.

« Et elle veut qu'… »

Pourquoi est-ce toujours aussi difficile de dire les choses comme elles sont ? Se questionna Sam.

Depuis le jour de leur premier rendez-vous, ils étaient sur la même page. Et maintenant il ne pouvait dire ces trois petits mots de nouveau. Il avait l'impression de devoir attendre qu'elle accepte ce que lui ressentait avant de pouvoir le dire encore une fois. Il essayait pourtant de lui démontrer à tous les jours.

« Sarah nous a donné la maison. Elle n'en veut pas, mais elle ne peut pas s'en départir non plus. »

Le souffle d'Andy resta coincé dans sa gorge. Sarah leur avait donné la maison. À eux.

« Et je ne veux pas rester ici sans toi, mais je ne m'attends à ce que tu répondre toute suite. Et je ne m'attends pas non plus à ce que tu laisses tout derrière, incluant ton condo, pour venir vivre ici. »

Elle était toujours silencieuse, c'était quelque chose que Sam n'avait pas vécu souvent.

Il se pencha légèrement pour chercher un signe de réponse quelconque dans son visage.

« Sam … »

Et voilà, le fameux non silencieux était en suspend entre eux.

Andy se leva à son tour, et fit quelques pas pour s'éloigner. À mi-chemin, elle s'arrêta net et se retourna vers lui.

« Tu veux que MOI, je déménage ici avec Toi ? Comme un couple normal ? »

« Oui, je veux mettre toutes nos choses dans boîtes et les apporter ici. Je veux me réveiller près de toi à chaque matin, et me coucher près de toi à tous les soirs, même en sachant pertinemment que tu vas me voler toutes les couvertures. Je veux qu'on appelle cette bâtisse « maison ». Je veux tes vêtements dans la penderie, à côté des miens. Et je veux partager la salle bain avec toi quand tu chantes sous la douche. »

Andy resta bouche bée, la bouche littéralement en forme de « O », regardant l'homme devant elle comme s'il parlait un autre langage.

« Qu'est-ce que tu fais de ta maison? »

« Je la vendrai. »

« Non Sam, tu as cette maison depuis plusieurs années, tu as travaillé si fort pour pouvoir la payer. Pourquoi tu ferais ça ? «

« Je la donnerais, si ça me permettait d'être ici avec toi à tous les jours. »

Le souffle qu'elle avait de coincé dans la gorge semblait avoir triplé de grosseur devant cette déclaration.

« Sam, je ne peux pas te demander de faire ça. »

« Tu ne me demandes rien, je te l'offre. Je te veux toi, bien plus que je peux vouloir cette maison. Si tu ne veux pas rester ici, viens habiter chez moi. Ou fais de la place dans ta penderie et je vais chez toi. Ce … cet espace entre nous, ce n'est pas suffisant Andy. Je veux tout ça, toi au complet, tout le temps. »

Sam s'était approché suffisamment près pour prendre les mains de la femme de sa vie entre les siennes. Elle ne pouvait empêcher ses yeux de passer de ses mains au visage de Sam.

« Ça n'a pas d'importance où nous sommes et où nous vivons, je veux juste le faire avec toi. » Il n'avait vraiment rien d'autre à ajouter après cela.

Il savait que c'était beaucoup à prendre en même temps pour elle. Être là, avec lui qui veut venir y habiter c'était un gros morceau à digérer. Mais c'était la première chose qui lui était venu à l'esprit quand Sarah lui avait remis la clé de la maison. Elle avait été claire. Il ne pourrait jamais vendre la maison, et il devait s'assurer qu'elle reste dans la famille. Elle lui avait également mentionné que si lui et Andy n'avait pas d'enfant, il devait donner la maison à Lars, le gamin qui faisait partie de la bande de Damian.

« Sam … » Elle ne prit pas le temps de terminer sa phrase qu'elle le submergea de baiser.

Il se laissa envouter quelques secondes, puis se recula, une seule question dans le regard.

« Était-ce un oui ? Ou un peut-être? Un non ? »

Elle échappa un ricanement nerveux. L'habituel côté calme et composé de Sam avait laissé sa place à une nervosité palpable.

« C'était un oui Sam. Ici, chez toi, chez moi, je m'en fiche. »

Son cœur recommença à battre, l'angoisse que Sam ressentait quand il avait cru que le non était sur le point de devenir définitif se dissipa. Sa respiration reprit du service également. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait retenu son souffle.

« Ici ? »

Andy acquiesça. Elle s'en fichait réellement. Il aurait pu choisir une tente au milieu de nulle part qu'elle l'aurait suivi. L'important c'était qu'ils soient ensemble.

L'humeur d'Andy changea après ça. Elle était plus légère et spontanée. Elle avait laissé sa colère s'envoler.

Elle se laissa guider dans la maison. Sam lui montra les modifications qu'il avait l'intention de faire. Il lui demanda même où elle aimerait placer ses meubles quand ils seraient prêts à emménager.

Elle se surprit à observer Sam faire des plans comme s'il possédait le monde entier. Il n'était vraiment pas le genre de personne à faire des plans, mais il se laissa guider par la musique.

Il avait donné la majorité des meubles qui se trouvaient dans la maison à une œuvre de charité locale. Il ne voyait aucune raison de garder ce qui appartenait à Damian, mais il avait volontairement gardé le lit qui était dans « leur » chambre.

Ce soir-là, Sam était particulièrement heureux d'avoir fait des plans. De penser au futur plutôt que de se laisser porter par la vie comme il l'avait toujours fait.

S'il était resté fidèle à lui-même, ce soir-là, ils auraient dormi sur le plancher.

Andy sourit quand elle aperçut que le lit était toujours là, fait avec des draps qui sentaient la lavande et le printemps. Sam quitta la chambre pour s'assurer que tout était bien fermé au rez-de-chaussée. Andy en profita pour enfiler son pyjama et se glisser sous les draps.

Cet instant de solitude lui permit de réfléchir.

Des papillons déployèrent leurs ailles dans le creux de son ventre, alors que les souvenirs refirent surface. Elle se remémora que les meilleurs moments, ceux qui mettaient un sourire sur ses lèvres et son cœur sauté un battement.

Sam la trouva callée au creux du lit, elle avait laissé la lampe de chevet allumée, en attendant son retour.

Il retira ses vêtements et s'installa près d'elle.

« Tu n'as pas changé d'idée? » demanda-t-il, lui laissant l'opportunité de se rétracter.

« Non ! Je suis … Je suis juste vraiment heureuse tu sais. C'est comme si tout avait un sens maintenant. Et ça valait le coup, tout ce temps où je voulais te détester et qu'être ici semblait être une punition. »

Elle se redressa, et balaya l'air entre eux avec ses mains.

« C'est comme si c'était comme ça que c'était supposé de se dérouler, comme ça que c'était supposé de se terminer, et je suis désolée de ne pas l'avoir vu avant. »

Sam se redressa sur son coude, la tête appuyée dans le creux de sa main. Il l'écoutait défiler ses mots à une vitesse impressionnante.

« C'est juste que… Je prends la bonne décision Sam. Je veux le faire, et tu sais que je t'aime. C'est définitivement la prochaine étape entre nous, mais j'ai juste peur de tout foutre en l'air encore une fois. Mais ça en vaut la peine. »

Sam était complètement abasourdi par le discours d'Andy. Il connaissait le sentiment.

Il portait attention à ce qu'elle disait, parce que c'est ce qu'il faisait ; il écoutait. Mais les trois mots si attendus sortirent de la bouche de la jeune femme sans qu'elle ne s'aperçoive les avoir prononcés.

« Quoi ? » demanda Andy en voyant l'expression de Sam changer vers une expression qu'elle n'avait jamais vue.

« Tu le penses vraiment ? »

Il était maintenant assis face à elle. Sa langue se promena sur ses dents, démontrant une certaine anxiété.

« Oui je le pense, nous sommes rendus là n'est-ce pas? »

Sam sentit un morceau de son bonheur se détacher et s'envoler. Elle n'avait pas eu l'intention de lui dire qu'elle était amoureuse de lui.

Elle s'arrêta un instant et rejoua les derniers cinq minutes dans sa tête. Elle lui avait « Tu sais que je t'aime ». À ce moment, tout se figea au tour d'eux. Elle releva les yeux à la recherche des siens. Il semblait perdu, quelque part entre la dévastation et le déni.

« Sam … »

« C'est correct. » répondit-il avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase.

« Non Sam ce ne l'est pas. Je ne te l'avais jamais dit, et ce n'est pas comme ça que je voulais te le dire. »

C'était au tour de Sam d'être estomaqué, il n'était pas tout à fait en mesure de comprendre ce qu'elle essayait d'avouer.

« Arg » grogna Andy en redéposant sa tête sur l'oreiller.

Sam s'installa confortablement, s'assurant de pouvoir la regarder. Elle se passait la main dans les cheveux, les yeux fermés, trop honteuse pour le regarder en retour.

« J'ai vraiment gâché le moment. » laissa-t-elle échapper.

« Non, c'est totalement toi. »

« Ce n'est pas drôle Sam. Je voulais le dire, mais pas comme ça. »

Ça c'était nouveau. Elle admettait qu'il y avait plus que des « sentiments » entre eux.

Il attendit qu'elle poursuive, tout en retenant son souffle pour être certain de ne pas éclater de rire.

Elle attendit, ça ne lui semblait pas adéquat de le répéter, et essayer de couvrir sa gaffe. De toute façon, elle était persuadée qu'il le savait déjà.

« Bonne nuit Sam. » dit elle en déposant un baiser sur sa joue, avant de se retourner et de se caler un peu plus au centre du lit.

Il éteignit la lumière et se colla contre elle, l'enrobant de ses bras. Il déposa à son tour un baiser sur le sommet de sa tête.

D'une certaine manière, il était heureux qu'elle ne puisse pas voir le sourire qui refusait de quitter son visage. Ça l'aurait déclenché une rafale de questions et il était content de pouvoir simplement vivre le moment.