Colinou : Katryn c'est un peu le Maître Yoda de Merlin quelque part. C'est vrai qu'Arthur n'est pas doué pour viser...

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Chapitre 79 : L'Épée dans la Pierre ~Partie 5~

Les Southrons s'étalèrent en arc dans les bois, à deux cents mètres environ des murs de la forteresse, à un endroit où on pouvait à peine les apercevoir à travers les arbres.

Agravain observa cet aperçu de pierre au loin, et souffla avec dérision tout en parlant au commandant des Southrons à ses côtés.

« Que les hommes fabriquent des échelles et un bélier. Arthur a été stupide de venir ici. La Forteresse d'Ascétir est ancienne, et a seulement été réparée pour servir de garnison sur la frontière. Ses murs sont bas, et elle ne peut abriter que deux cents hommes, et c'est pourquoi elle a été abandonnée à l'origine. C'est à peine plus qu'un poste de garde, et même si les deux cents guerriers sont tous là-dedans, il y a seulement de la place pour un tiers d'entre eux sur les murs. Et il y a le fait que son précieux sorcier sera complètement inutile maintenant. »

Il eut un sourire narquois à cette dernière pensée, et se retourna pour aller s'asseoir sur une bûche à proximité en attendant que ses hommes finissent les préparations. Pendant ce temps, d'autres préparations étaient en cours dans la forteresse, qui à ce stade consistaient principalement à donner à Arthur une leçon rapide pour viser avec ses sorts.

Ce qui était en effet un problème pour lui. Les pouvoirs de Merlin lui obéissaient certainement quand il prononçait le sort qu'on lui avait montré, mais jusqu'à présent ses tentatives de briser les morceaux de bois, qu'on lui présentait, avaient eu pour seul résultat de briser la lance d'un soldat à proximité, des morceaux de bois qu'il n'avait même pas visés, et un sceau. C'était quelque chose que Sire Timothée trouvait plutôt amusant.

Il eut un petit rire, mais le tact de recouvrir son sourire de la main.

« Je crois que vous avez certainement prouvé que vous n'êtes pas né pour utiliser la magie. Attaquer avec elle n'est clairement pas votre point fort, à moins d'une large portée. »

Arthur fit courir ses mains dans ses cheveux avec frustration.

« Pourquoi est-ce que c'est si difficile ?! Merlin donne l'impression que c'est si facile ! Même Coillan donne l'impression que c'est facile. »

Il fit un geste vers le sorcier qui lui avait montré le sort d'explosion, cet homme étant actuellement sur les murs en train de monter la garde, prêt à commencer son œuvre quand Agravain et les Southrons arriveraient.

Timothée regarda dans la même direction, sourcils froncés.

« Eh bien, ils ont tous les deux beaucoup plus d'entraînement que vous, Votre Altesse. »

Arthur pointa du doigt un nouveau morceau de bois, qu'il fusilla du regard.

« Sciede anbroce ! »

Le morceau à côté explosa, et le chevalier haussa les sourcils.

« Presque, mais pas encore tout à fait. On va devoir vous mettre sur une partie du mur sans un seul de nos arbalétriers. Il ne faudrait pas que vous brisiez leurs armes par accident quand c'est seulement censé arriver aux arbalètes de nos ennemis. »

Plusieurs des morceaux de bois brisés commencèrent à se rassembler, et s'alignèrent tandis qu'une certaine semi-dryade s'avançait. Elle observait depuis un certain temps, depuis l'endroit où elle était assise à côté d'un Merlin présentement endormi.

« Vous essayez trop fort. Les sorts vont en ligne droite à moins de recevoir un ordre contraire. Ils ne se détournent pas sous le vent ou vers la terre comme le font les flèches. Arrêtez d'essayer de compenser pour quelque chose qui n'a aucun effet sur ce que vous faites. »

Elle poursuivit son chemin, pour aller vérifier son altération des portes, et déclara d'une voix neutre :

« De plus, les Southrons sont là-dehors. Les bois pleurent, des arbres se font abattre. Ils se préparent à l'attaque. »

Arthur s'immobilisa immédiatement, toute idée de s'entraîner avec la magie empruntée fuyant son esprit tandis que des inquiétudes et des préparations plus familières lui venaient en tête. Il se dirigea vers les murs, pour alerter les hommes de se préparer à l'attaque, aussi quand les Southrons sortirent des bois à cent mètres du fort, les défenseurs les attendaient déjà.

Agravain leva les yeux vers les murs de la forteresse, où soixante guerriers s'étaient alignés dans l'espace disponible derrière les parapets. Ce qui aurait été une façade intimidante à l'époque disparue où cet endroit avait été construit, n'était qu'une ombre faible comparée aux murs impressionnants de la Cité de Camelot. Il y avait même des hommes sur les murs qui n'étaient pas en armure, et il en aurait peut-être ri si une chose étrange n'avait pas attiré son attention.

Les portes de la forteresse, remplacées par ce qui ressemblait à un enchevêtrement d'arbres vivants.

Le traître secoua la tête en voyant ça, supposant que les branches feuillues étaient simplement empilées là pour freiner les tentatives de faire une brèche dans la porte. Puis il éleva la voix, appelant les défenseurs du fort.

« Je vous donne une chance de vous rendre. Ouvrez les portes et donnez-nous Arthur Pendragon, et vous serez épargnés. La Reine Morgane n'a aucune querelle avec les hommes d'Escetia. Ceux d'entre vous qui sont loyaux au Roi Fyrendir seront libres de partir sans danger. »

Sire Timothée s'avança dans un trou du parapet, baissant les yeux vers le noble en bas.

« Dans ce cas vous ne réalisez pas que le Roi d'Escetia est aussi loyal à Arthur qu'un frère. Quand vous menacez Arthur, nous considérons que c'est aussi une menace envers lui. Jetez votre petite force contre nos murs, et voyez ce qu'il arrivera !

- Je suis navré de l'entendre, mais vous avez été prévenu. »

Il descendit tandis qu'Agravain faisait signe à ses hommes, jeta un regard aux divers sorciers pour leur dire de se préparer, avant de s'arrêter près d'Arthur et de désigner les archers Southrons qui se préparaient à tirer.

« Visez ce que vous voulez tant que ce n'est nulle part près de nos affaires. »

Du côté de la ligne des Southrons, les arbalètes étaient levées et Agravain leva la main, prête à l'abaisser pour donner le signal de tirer... Puis ce fut la panique.

Le craquement du bois qui se scindait et explosait, le clac de plusieurs cordes d'arc frappant la chair, et les cris d'agonies des hommes à qui c'était arrivé en plein visage remplirent l'air. Les incidents se répandirent tout le long de la ligne, déconcentrant les arbalétriers à leurs côtés assez longtemps pour que l'action soit répétée plusieurs fois.

Au sommet des murs du fort, Coillan, Arthur, et deux autres sorciers étaient responsables de ce désordre, bien que le roi ne réussisse qu'à frapper cinq arbalétriers et faire tomber trois arbres qui n'avaient rien à voir avec ça lors de ses tentatives... Même si les arbres écrasèrent plusieurs Southrons au passage.

Agravain ne put que rester bouche bée devant ce qui arrivait, totalement perdu quant à ce qui se passait, avant qu'une boule de feu ne fût lancée depuis le mur par l'un des hommes sans armure. Les défenseurs raillèrent leurs attaquants, tandis que d'autres boules de feu suivaient la première pour brûler la ligne de front des Southrons.

C'est alors qu'il réalisa ce qu'il devait affronter, et gronda dans sa barbe.

« Un fort tenu par des hommes de Camelot comme d'Escetia, un fort avec des sorciers parmi ses habitants... Escetia soutient la magie ! »

Arthur observa tandis que son oncle semblait aller chercher l'un des Southrons, probablement un commandant, pour essayer de réfléchir à un plan pour gérer ce nouveau développement. Réaliser qu'il y avait des sorciers ici lui avait clairement donné matière à réflexion, mais il était également vrai que Coillan et les autres qui venaient de prendre part à cette démonstration s'étaient retirés vers les marches des remparts pour reprendre leur souffle. Lui-même avait besoin de s'asseoir pour une raison entièrement différente, à savoir qu'il avait l'impression d'avoir reçu un coup de pied dans les côtes.

Il choisit de rester en haut du mur, se laissant glisser pour s'asseoir dos au parapet et prit une grande inspiration. Le conseil de Katryn l'avait aidé, mais il visait encore terriblement mal. Merlin allait probablement le taquiner à ce sujet quand tout serait terminé.

Un cri monta des hommes sur les murs, plusieurs désignant le ciel avec alarme tandis que quelque chose planait loin au-dessus de leurs têtes et descendait vers eux. Plusieurs hommes à la gâchette facile tirèrent dessus avec leurs arbalètes, mais les carreaux furent écartés par un souffle de vent apparemment fortuit.

L'étrange chose similaire à un oiseau se rapprocha, devenant reconnaissable comme un cadre de bois adorné d'un canevas qui portait un homme en robes longues, attaché sous l'engin par un harnais.

Arthur se leva rapidement et lança :

« Cessez le feu ! C'est un allié ! »

Il courut le long du mur et descendit les marches vers la cour, restant loin jusqu'à ce que le cerf-volant ait atterri et que son propriétaire s'en soit détaché.

« Kalem, vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureux de vous voir. »

Le Grand Prêtre se tourna vers lui, inclinant la tête pour indiquer les attaquants à l'extérieur.

« Je vois que vous avez des visiteurs. Eh bien ils vont avoir de la compagnie inattendue... A savoir trente Druides de la Tempête, menés par le toujours sanguinaire Alrik, qui sont en train de ramper pour prendre position derrière eux en ce moment. Ils attaqueront à votre signal, un éclair de lumière tiré vers le ciel. »

Arthur grimaça et prit Kalem par le bras.

« Alors il faudra que ce soit l'un des sorciers du fort qui s'en charge, parce que Merlin a vraiment besoin de votre aide tout de suite. Ce serait trop long d'expliquer pourquoi il a l'apparence qu'il a, disons que le sort qui a été placé sur lui a causé le problème qui a suivi. On a besoin de vous pour conjurer le sort. »

Les yeux de Kalem s'écarquillèrent.

« Merlin s'est fait jeter un sort ? »

Son expression se fit sérieuse.

« Emmenez-moi à lui. »

Arthur le guida, jusqu'à l'endroit où Katryn et Gwen étaient assises à côté d'une vouivre qui susurrait et d'un magicien à moitié enterré. Kalem ne dit pas un mot en voyant Merlin apparaître âgé, mais le souleva immédiatement un peu hors de la terre et enleva les bandages évidents sur son épaule. Il se mit ensuite à siffler entre ses dents.

« C'est l'un des maléfices les plus vils qui aient jamais été inventés pour verrouiller la magie. Au lieu d'utiliser des chaînes et des menottes comme la plupart des autres, il requiert seulement que le sang de la victime soit versé sur l'objet qui transporte le sort. »

Arthur se tint à ses côtés, profondément inquiet.

« Pouvez-vous le conjurer ? »

Le prêtre hocha la tête.

« Oui, ça ne me prendra pas longtemps. Je vous suggère de vous occuper de vos invités là-dehors pendant que je m'occupe de ça. On dirait qu'ils ont décidé de faire quelque chose de drastique. »

Arthur se retourna, prenant conscience du chœur de cris de guerre résonnant de l'autre côté des murs.

Il retourna en courant au sommet des remparts, regardant à l'extérieur pour voir que les Southrons avaient apparemment décidé d'abandonner les arbalètes et d'escalader à la place le mur avec des échelles. Ce fut rapidement sabordé quand lesdites échelles commencèrent à se briser comme l'avaient fait les arbalètes, et Arthur décida d'ajouter à leurs souffrances.

Il fit signe au sorcier le plus proche, attirant leur attention.

« Leoht afliehe ! »

L'éclair de lumière qui s'ensuivit fila vers le haut comme une étoile filante inversée, puis ce fut la panique pour la deuxième fois en moins d'une demi-heure.

Les Southrons à l'arrière et sur le flanc droit commencèrent à hurler de terreur, tandis que quinze Druides de la Tempête de chaque côté déchiraient leurs rangs avec une combinaisond'armes et de sorts. Agravain, dans sa position de commande près de la lisière des bois au milieu, ne put que rester bouche bée avec choc avant que son cri ne résonne au-dessus des autres de façon frénétique.

« Retraite ! Tout le monde bat en retraite ! »

Les Southrons n'eurent pas besoin de se le faire dire deux fois, ils couraient déjà vers lui, poussés dans cette direction par les druides. Alrik rassembla sa petite armée devant les murs de la forteresse, observant les attaquants fuir, leur nombre diminué presque de moitié.

Il croisa ses bras tachés de sang sur sa poitrine avec un soupir.

« Et je commençais juste à m'amuser. »

Il jeta un regard vers les portes, remarquant la façon dont elles avaient été scellées avant de lever les yeux vers les défenseurs qui les regardaient.

« Alors, comment on entre ? Je croyais que Celui-qui-Appelle-la-Tempête avait besoin de nous. »

Arthur se pencha en avant pour regarder vers le bas.

« Il est un peu occupé avec un problème pour le moment. Kalem est en train de régler ça. Nous allons suivre la Route des Druides dès qu'il pourra bouger. Nous ne voulons pas rester dans ce fort et attendre que Morgane nous envoie une véritable armée, nous serons balayés si nous restons ici. »

Alrik haussa les épaules à ces mots, se tourna vers le sud et s'éloigna, suivi par ses camarades druides.

« Dans ce cas nous vous retrouverons sur la route, et affûterons nos armes en attendant. »

Arthur le regarda partir, conscient des nombreux regards étranges qu'adressaient bien des défenseurs à l'homme qui ressemblait à mais n'agissait pas comme un vrai druide.

« Aussi aimable que d'habitude... »

Il se retourna, descendit du mur et lança :

« Préparez-vous à partir. J'ai besoin que vous vous rendiez tous au point de rencontre d'urgence pré-arrangé à l'est de Camelot, mais n'oubliez pas que si d'autres guerriers du royaume sont là-bas, ils ne seront pas au courant de ma position sur la magie. Faites en sorte que l'utilisation des sorts reste discrète. »

Les occupants du fort commencèrent à bouger, tandis qu'il traversait la cour avant de vaciller sous l'effet d'un soudain vertige en cours de route.

Une voix tendue marmonna ensuite une excuse, tandis qu'un vieux Merlin marchait faiblement vers lui en traînant les pieds, soutenu par Kalem.

« Désolé, je n'ai jamais eu à faire ça auparavant. Mes fils ne voulaient pas lâcher. Je crois qu'ils vous aimaient bien, même si vous visez mal. »

Arthur vacilla un peu sur ses pieds, secouant la tête d'un air hébété avant de fixer le magicien.

« Tu vas bien ? »

Il cligna des yeux.

« Attends, est-ce que tu viens de...

- Reprendre le prêt de ma magie ? »

Merlin haussa un sourcil blanchi.

« Désolé, mais la sorcellerie et les sorts, c'est mon travail... Le vôtre, c'est de taper des choses avec un objet pointu et acéré en essayant de ne pas rendre mon travail trop difficile. »

Kalem regarda de l'un à l'autre, interprétant leur conversation.

« Donc vous avez pu vous amuser avec le pouvoir de Merlin pendant un moment. Ça doit être décevant, quand on considère que vous avez à peine eu l'occasion d'en avoir une impression. »

Merlin souffla.

« Eh bien, je suppose que je pourrais lui permettre de l'emprunter à nouveau à l'occasion. Maintenant que je l'ai vu faire une fois, je pourrais recommencer si je voulais, mais je ne pense pas qu'il serait tellement meilleur pour viser. Il serait une menace pour nos alliés autant que pour nos ennemis. »

Arthur regardait désormais son Sorcier de la Cour bouche bée, toute inquiétude pour lui remplacée par de l'irritation.

« Excuse-moi, mais je ne crois pas que je m'en suis si mal sorti. »

Merlin renifla.

« Dit l'homme qui a brisé un baquet à trente pieds de lui en visant une bûche à dix pieds de son nez. J'étais peut-être endormi pendant toutes ces histoires, mais je savais ce que faisait ma magie. »

Il donna ensuite un coup de coude dans les côtes de Kalem.

« Allez, rends-toi utile et aide un vieil homme à sortir des bois. J'ai besoin de m'installer sur une berge de rivière pendant que tout ce petit monde remballe et déménage. »

Kalem mena Merlin vers le cerf-volant abandonné, attachant le magicien et lui-même à l'objet avant de conjurer un souffle de vent qui l'envoya voler dans le ciel et tourner vers le sud.

Arthur les regarda partir, avant de sentir une main sur son épaule quand Gwen s'appuya contre lui.

« Merlin est juste fâché de ne pas avoir pu nous protéger. Il a juste besoin d'un moment de tranquillité pour se calmer. »

Le roi à côté d'elle soupira.

« J'aimerais juste qu'il ne se défoule pas sur moi. Il n'avait pas besoin d'être aussi malpoli. »

Gwen haussa les sourcils.

« Et vous n'en avez jamais fait autant avec lui ? Eh bien, maintenant vous savez à quoi cela ressemble de son point de vue. »

Elle leva les yeux, vers l'endroit où Friou s'envolait du fort pour suivre son maître, et Arthur soupira à nouveau, lui permettant de le mener vers les sacs de vivres qui commençaient déjà à être empilés dans la cour. Chaque homme ici porterait ce qu'il pourrait, laissant le fort presque vide pour le retour d'Agravain. Et quand il le fit, deux heures plus tard sous le couvert du crépuscule, il trouva un fort sombre et silencieux, dont les 'portes arbres' avaient été ouvertes de façon narquoise pour prouver à quel point une nouvelle attaque serait futile.

A ce moment-là deux cents serviteurs du fort, cinq amis, et deux observateurs légèrement hésitants campaient le long de la Route des Druides. Iseult et Tristan ne pouvaient pas la voir, du moins jusqu'à ce qu'un Merlin miraculeusement guéri soit apparu, ayant repris son âge véritable de vingt-six ans. Il leur avait accordé le 'passage' sur la route, puis s'était promptement recroquevillé près du feu de camp pour dormir.

Iseult avait rapidement suivi son exemple, toujours fatiguée et endolorie suite à ses blessures, laissant Tristan réveillé, assis près d'un roi également songeur. Même s'ils pensaient à des choses différentes.

Le contrebandier observa Arthur avec méfiance, la voix grincheuse.

« Autant pour la sécurité de ce fort. Vous venez de l'abandonner. »

Arthur lui rendit son regard, reniflant discrètement.

« Ce fort est 'alarmé'. Quand nous sommes partis, Sire Timothée a cassé une idole en argile gardée précieusement à l'intérieur du fort. Cette action aura déclenché une alerte destinée à la Sorcière de la Cour d'Escetia, Iunia. L'armée de Fyrendir sera en route vers la frontière de Camelot à l'aube. Ils passeront au sud de la Forteresse d'Ascétir, près du Village d'Ealdor, et entreront dans le royaume sous la couverture de la Forêt d'Ascétir. C'est notre prochaine destination, Ealdor, pour pouvoir les rejoindre. La route des Druides sur laquelle nous sommes en ce moment va au-delà du village, donc à moins que mon oncle ne devine où nous allons, il ne pourra pas nous suivre avec ce qu'il reste de ses hommes. »

Tristan demeura sceptique.

« Alors vous allez envoyer tout ce petit monde vers le point de rencontre, et continuer jusqu'à ce village avec juste deux femmes, votre magicien, ce type volant et ces druides fous ? »

Arthur haussa un sourcil.

« Vous ne vous êtes pas inclus dans cette liste, dois-je comprendre qu'Iseult et vous ne nous accompagnerez pas ? »

Il y eut un moment de silence, puis le contrebandier répondit à contrecœur :

« J'ai vu la façon dont votre femme, Gwen, vous regarde. Vous deux, vous êtes comme Iseult et moi. Vous avez toute cette folle collection de gens qui vous suivent, qui vous font confiance, et je ne sais honnêtement pas quoi en penser. »

Arthur commença à sourire à ces mots.

« Je ne suis vraiment pas ce à quoi vous vous attendiez, n'est-ce pas ?

- Disons juste que peut-être, je ne pense pas que vous êtes aussi inutile que je le croyais. »

Le roi hocha la tête pour lui-même à ces mots, souriant toujours.

« Alors je dirai maintenant que ce sera un plaisir de continuer à voyager avec vous. »

Tard le lendemain, ils arrivèrent à Ealdor, Kalem et les Druides de la Tempête restant avec tact hors de vue sur la route des Druides afin de ne pas perturber les villageois. Ce serait maintenant l'occasion de se reposer, de soigner les blessures, et que Merlin passe au moins un peu de temps avec sa mère. Et si tout allait bien, alors le surlendemain Fyren et son armée passeraient par là et ils se joindraient à eux... Et la marche pour reprendre Camelot commencerait.

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