Chapitre 82: L'Épée dans la Pierre ~Partie 8~
Les forces armées marchaient à travers les bois, étirées comme un ruban d'acier et de chair, d'hommes et de femmes qui avaient tous une lueur de détermination dans les yeux. Fyren, qui pouvait davantage se montrer libéral dans son utilisation de la magie, avait une armée soutenue par elle. La poignée de femmes dans les rangs était toutes des sorcières de force variable, la majeure partie étant des guérisseuses. Il y avait quelques mages également, mais la plupart étaient membres des Chevaliers d'Aering et entraînes principalement pour les sorts de combat. Chevauchant en tête de cette force, aux côtés de l'autre roi, Arthur ne pouvait pas s'empêcher de se sentir envieux.
La position de Fyren sur la magie n'était peut-être pas de notoriété publique dans son royaume, mais l'intégralité – certes modeste – de son armée était au courant. Ce qui leur manquait en nombre, ils les remplaçaient par une résilience totale, née de la certitude de pouvoir faire appel à la magie pour soigner les blessés et les renvoyer au combat.
Camelot, à l'inverse, avait seulement trois sorciers à demeure. Le premier était Gaius, qui était tout juste un guérisseur, le suivant était Liam, qui n'était en toute honnêteté pas réellement utile, et le dernier était bien sûr Merlin. Mais tous trois étaient entravés par la nécessité du secret et l'impossibilité d'agir ouvertement en raison des lois toujours en place. Oui, ils pouvaient également faire appel à Kalem et au Clan de la Tempête, mais même eux étaient limités par la nécessité de rester dans l'ombre. Toutes ces restrictions rendraient la reprise de Camelot bien plus compliquée...
Arthur soupira, passant une main dans ses cheveux avec frustration. En ce moment, et dans cette situation, il était de plus en plus tenté de juste jeter les secrets dans le vent, et d'abroger la loi sur l'instant. Il était fatigué des mensonges, des subterfuges. Comment pouvait-il espérer que son peuple lui ferait confiance le moment venu s'il continuait à garder secrètes ses véritables opinions ? Chaque mois, semaine, jour qui passait, ce serait plus dur de révéler la vérité. Et à chaque fois qu'une magie quelconque était utilisée pour attaquer Camelot, ça devenait encore plus difficile.
Sur le côté, observant le roi du haut du cheval qu'il avait emprunté, Merlin avait pris une expression plus triste et inquiète. Il savait à quoi Arthur était probablement en train de penser, et lui aussi espérait que le jour viendrait où ils pourraient être honnêtes. Il avait fait face au même dilemme, quand Arthur ne savait pas pour sa magie. Il avait su que jour qui passait était un autre jour à lui mentir, et une autre pierre dans le mur de méfiance qui aurait pu s'élever entre eux lorsque la vérité aurait enfin été révélée.
Merlin soupira comme Arthur l'avait fait, mais avec une tonalité plus sereine. Mais il avait gagné la confiance d'Arthur le moment venu, Arthur le connaissait assez pour que ce mur s'écroule à peine avait-il commencé à se former. La situation entre Arthur et son peuple n'était pas différente. Ils connaissaient son cœur, et savaient son désir de les protéger et de les garder en sécurité même au prix de sa vie s'il y en avait besoin, et ils lui rendraient cette confiance lorsque le temps viendrait.
Ils continuaient à chevaucher, maintenant bien enfoncés dans la forêt d'Ascetir, et approchaient des terrains d'urgence. Des volutes de fumée étaient visibles à travers les trous de la canopée, s'élevant dans les airs au-dessus des arbres. Le bruit lointain d'une population nombreuse commençait également à se faire entendre. Et lorsque les cavaliers franchirent le sommet du talus surplombant l'étalement de tentes et de feux de camp, il fallut quelques instants seulement pour que quelques-uns des chevaliers présents repèrent leur roi, avant que l'armée de soutien ne se mette en place autour de lui.
« C'est le Roi ! Le roi est revenu ! »
« Les hommes d'Escetia sont là ! »
Des cris de joie éclatèrent dans le camp, des centaines de personnes venant accueillir leur roi et ses alliés, Perceval et Leon parmi eux. La plupart étaient des civils, mais l'abandon des fourches et autres outils agricoles indiquait clairement qu'ils étaient venus ici pour rejoindre les soldats survivants de Camelot. Il y avait aussi une bande de guerriers arborant le rouge et l'orange d'Ulwin, Tarven ayant envoyé les hommes dont il pouvait se passer pour la défense de la cité commerciale. Morgane ne s'en était pas encore préoccupée, mais cela ne signifiait pas qu'elle l'ignorerait pour toujours.
Pendant qu'Arthur saluait son peuple et le rassurait, Fyren mit pied à terre, s'adressant à ses troupes d'un simple geste de la main. Le résultat fut le rassemblement devant lui de tous ses guérisseurs, tous avec leurs fournitures médicales, avant qu'il ne se tourne vers le Chevalier de Camelot le plus proche et lui fit signe d'approcher.
« Nous allons installer une infirmerie près du ruisseau là-bas. Je veux que vous nous ameniez tous les blessés. Les blessures les plus graves en premier, mais je veux que toutes les personnes, même avec les plus petites blessures, aient été examinées avant la tombée de la nuit. »
Le chevalier s'inclina.
« Je vais faire passer le mot, Votre Majesté. »
Le chevalier s'éloigna à la recherche des blessés les plus graves. Fyren le regarda partir, puis les guérisseurs et lui commencèrent à monter l'infirmerie. Il était peut-être un roi, mais ses années passées sous les traits d'un serviteur l'avaient habitué aux travaux physiques. Il aida à rassembler le bois pour les feux qui feraient bouillir l'eau, avant d'aider à monter les grandes tentes et à assembler les petites tables pliantes apportées pour préparer les cataplasmes et les remèdes.
Merlin finit par atterrir là également, après avoir discrètement installé les trente Druides de la Tempête et Kalem de l'autre côté de l'infirmerie, où ils seraient moins visibles, du moins pour le moment. Il était un peu nerveux à l'idée de les avoir ici, même si avec leurs armes ils ne ressemblaient pas vraiment à des Druides. Il était juste inquiet qu'il puisse y avoir une mauvaise réaction une fois que les gens de Camelot auraient commencé à se demander qui ils étaient.
Fyren pouvait voir l'inquiétude inscrite sur le visage du sorcier, et il s'arrêta à côté de lui avec un sac de bandages, murmurant calmement.
« Ne t'inquiète pas de cela. Agis juste comme si leur présence n'était pas importante, comme si c'était normal, et les gens seront moins enclins à sur réagir à ce propos. Si tu agis comme s'il s'agissait une source de honte, les gens penseront au pire. »
Merlin jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, souriant.
« Merci. C'est bien d'être encouragé par quelqu'un d'autre, pour changer, au lieu d'être celui qui réconforte tous les autres. Gwen aide, mais c'est généralement moi qui dois régler les choses quand elles vont mal.»
Le Roi d'Escetia sourit.
« Hé bien, c'est donc une bonne chose que je sois là. Maintenant tu n'as plus qu'à espérer que tu n'en auras pas marre de moi. »
Les deux hommes se regardèrent, avant d'éclater de rire à la blague. C'était un rappel du temps où ils étaient tous les deux des serviteurs, avant que les nouveaux rangs et les changements de circonstances fassent que leurs rencontres comptaient bien moins de plaisanteries que les premières.
Ils gloussaient encore lorsqu'un des guérisseurs venait vers eux, la femme ayant l'air plutôt mécontente de quelque chose alors qu'elle se rapprochait de son roi.
Fyren se tourna vers elle, son sourire se transformant en sérieux.
« Que se passe-t-il, Jenani ? »
Jenani désigna un lit proche, sur lequel était allongé un chevalier gémissant de douleur et de fièvre, sa jambe exposée portant une entaille clairement infectée.
« Cette blessure est trop grave pour des traitements normaux, même pour les quelques cataplasmes spéciaux que nous avons apportés. » Elle jeta un regard aux différents soldats de Camelot à portée de voix, et baissa le ton. « Si nous ne pouvons pas utiliser notre magie, lui et plusieurs autres dans la même situation mourront ou, dans les cas où ce sera possible, seront amputés. Pour l'heure, avec ses restrictions, c'est sa jambe ou sa vie, et j'ai cru comprendre que nous aurons besoin de chaque guerrier disponible pour reprendre Camelot. »
Fyren jeta un coup d'œil à Merlin, qui les fixa tous les deux avant de commencer à secouer la tête.
« Non, non, vous me pouvez pas me demander de prendre cette décision. Je ne peux pas, de toute façon, pas sans la permission d'Arthur. Sa position sur la magie est son secret, et ce n'est pas à moi de le révéler à son peuple. Je n'ai pas le droit de décider pour lui. »
Le regard de Fyren retourna sur Jenani.
« Combien de personnes exactement ont des blessures qui menacent leur vie ou qui nécessiteraient une amputation ? »
Son expression s'assombrit.
« Presque trente avec certitude, et une quinzaine de plus qui sont sur le fil. Et ça n'inclut pas la centaine d'hommes qui ne seront pas totalement aptes au combat lorsque nous nous mettrons en route dans deux jours. »
Le roi et le sorcier tressaillirent, le premier grimaçant.
« Presque cent cinquante, c'est plus que le dixième des soldats de Camelot présents. » Il se tut, fronçant les sourcils pendant qu'il réfléchissait, avant de se redresser et de prendre une profonde inspiration. « Utilisez tous les moyens nécessaires pour soigner ces gens, et les rendre aptes à se battre. »
À côté de lui, Merlin resta bouche bée, et se détourna des cataplasmes qu'il préparait.
« Vous ne pouvez pas faire ça ? Que…
– Ce n'est pas la position d'Arthur sur la magie que je révèle, mais la mienne. » Les mots de Fyren étaient calmes mais intenses, pendant qu'il désignait les hommes qui se faisaient soigner. « Et peut-être que cela rendra le retour de la magie à Camelot un peu plus facile lorsque le moment sera venu, d'avoir un royaume voisin et allié qui autorise son usage. Laisse Escetia être un exemple sur la manière dont la magie peut aider les gens. Arthur peut toujours garder les lois contre la magie en place à Camelot, mais garder l'alliance de bonne foi pour donner à la magie le bénéfice du doute. »
L'expression de Merlin revint illisible, plusieurs secondes de silence passant avant qu'il n'abandonne.
« Très bien, allez-y, mais attendez que j'amène Arthur ici avant de l'annoncer. Peut-être qu'il pourrait même faire un spectacle et regarder les premières personnes traitées par la magie. »
Fyern sourit faiblement.
« Je sais que je peux te faire confiance pour en arranger les aspects les plus théâtraux. »
Un roulement d'yeux accueillit cette remarque, avant que Merlin ne se traîne hors de la tente pour aller chercher Arthur. Puis il battit rapidement en retraite, se sentant trop nerveux à propos de tout cela pour supporter de rester là et d'assister aux protestations et aux accusations qui en résulteraient probablement.
Merlin s'assit au bord du ruisseau, près du campement des Druides de la Tempête, et attendit. Il était toujours assis là lorsqu'un Arthur légèrement agité vint le chercher.
Le roi se laissa tomber, s'asseyant à même le sol à côté de lui, laissant échapper un long soupir avant de s'allonger sur le dos pour regarder les arbres.
« Je suis tellement content que Fyren ait fait cela. Au moins, je ne suis plus celui qui serait le premier à faire changer son peuple. »
Merlin le regarda, toujours un peu anxieux.
« Alors comment est-ce que ça s'est passé ? »
Arthur grimaça.
«Quelques cris des personnes qui se faisaient soigner dans la tente à ce moment-là, quelques chevaliers portant la main à leurs épées avant que je leur ordonne de baisser leurs armes. Puis Fyren et moi avons eu toute une discussion politique sur le fait d'être bons amis et alliés, et sur la manière dont il ne préconise la magie que pour des buts louables. Il a désigné l'homme à la jambe infectée, qui devait soit la perdre soit mourir, mais qui pourrait avoir et sa jambe et sa vie sauvées si la magie était utilisée pour bannir l'infection de la plaie. Il a alors déclaré: 'Quel mal y a-t-il à utiliser la magie pour guérir les malades et les blessés? Quel mal y a-t-il à l'utiliser pour sauver des vies qui seraient perdues autrement? La magie est strictement réglementée dans mon royaume, sinon comment Camelot aurait-elle pu ignorer que nous l'utilisons, si nous ne faisions pas attention à son utilisation?' Il a été si sérieux à ce sujet, qu'à ce moment la plupart des protestations se sont arrêtées. Celles qui ont continué n'étaient que des grognements.
Merlin laissa échapper un soupir de soulagement.
« Et ensuite ? »
Arthur laissa échapper un soupir similaire.
« J'ai dit que notre alliance resterait valable, et que je donnerais à la magie le bénéfice du doute, et qu'Escetia serait d'exemple à observer. Tant que Fyren garde les choses sous contrôle dans son royaume, introduire la magie à Camelot sera bien plus simple le moment venu. À la lumière de cet accord, je lui ai aussi accordé la permission d'amener sa Sorcière de la Cour avec lui durant ses visites. Tant qu'elle se retient d'utiliser la magie durant ces moments-là, bien sûr. »
Merlin haussa un sourcil, son ton clairement sarcastique.
« Oh, je suis sûr que Iunia va adorer ça. Se faire dévisager avec peur et suspicion à chacune de ses visites. C'est mon propre pire cauchemar, et je peux assurer qu'elle ne l'aimera pas non plus. »
Arthur se rassit, avant de se relever.
« Oui, et bien pour le moment, je suis celui qui se fait dévisager par mon propre peuple. Bien qu'il soit accepté que mes raisons soient solides, c'est quand même un choc pour eux de m'entendre accepter de donner une chance à la magie. Surtout après que Morgane ait pris le royaume, et avec tout le mal qu'elle nous a causé avec ses pouvoirs. Pour certains, ça a diminué leur foi en moi, et je ne peux pas dire qu'il y ait une seule personne qui n'ait pas été énervée par tout ça. J'ai besoin de leur parler, de restaurer leur confiance en moi, avant que nous marchions sur Camelot. Se battre sans l'avoir pourrait se solder par un échec, même avec les soldats supplémentaires dont nous disposons grâce aux efforts des guérisseurs de Fyren. Perceval et Léon supervisent les choses à ma place. »
Merlin se leva également, morose.
« Certains doutent de vous ? »
Arthur secoua la tête.
« Pas complètement. Ils me connaissent trop bien pour perdre complètement confiance en moi, mais ils ne sont pas à l'aise non plus. »
Le sorcier derrière lui se tut, croisant les bras sur la poitrine et tapant des doigts pendant qu'il réfléchissait au problème. Et puis, sans un mot, il tourna les talons et s'éloigna.
Arthur l'appela avant d'abandonner quand il devint évident que son ami était parti s'occuper de quelque chose. Il ne savait pas que son Sorcier de la Cour était sur le point d'organiser une autre démonstration théâtrale à son profit… Mais avant, il devait trouver un certain rocher, qui se trouvait idéalement placé dans cette même zone de la Forêt d'Ascetir. C'était agréable quand le hasard apportait des opportunités comme celle-ci…
~(-)~
Les premières rumeurs semblèrent ne venir de nulle part et de partout à la fois, attirant l'attention des gens peu avant qu'un garde originaire d'Ulwin déclare qu'il en avait entendu parler. Alors que « l'ancienne légende » se répandait, d'autres gardes de la même origine, tous précautionneusement répartis sur l'ensemble du clan pour un meilleur effet, continuèrent de renforcer la légitimité supposée du conte. Une manière de prouver la foi en Arthur, de prouver qu'il était digne de les conduire, que sa volonté était digne de confiance en toute chose.
Et comme toutes les bonnes histoires, celle-ci avait germé à partir d'une graine de vérité.
Merlin souriait discrètement pour lui-même pendant qu'il se dirigeait vers l'endroit où Arthur et les autres campaient, écoutant les ferventes discussions qui s'élevaient ici et là autour de lui. C'était stupéfiant de voir à quelle vitesse une rumeur prenait vie, en une seule nuit, en un temps où chaque étincelle d'espoir placée devant les gens serait attrapée et solidement maintenue. Que lui-même ait mentionné qu'il connaissait la localisation de l'objet en question, donnée par rien de moins que Gaius, avait créé un puissant désir de voir la légende devenir réalité… Et maintenant, il allait donner aux gens exactement ce qu'ils demandaient.
Il atteignit Arthur, le poussant du pied pour le réveiller.
« Debout, la marmotte, nous avons une marche importante à faire. »
Sous lui, le roi ouvrit les yeux et fronça les sourcils avec confusion.
« Une marche ? Où ? »
Merlin s'accroupit, murmurant.
« Levez-vous, et je vous le dirai sur le chemin. »
Arthur continua de le fixer, avant de se lever et de le suivre lorsque le sorcier s'éloigna. Il nota rapidement que les civils, les chevaliers, et les simples soldats s'alignaient également derrière eux. Les gens de Fyren suivaient également, avec les guérisseurs, et même les Druides de la Tempête se glissaient discrètement parmi eux.
Il commençait à se sentir un peu mal à l'aise, restant silencieux pendant près de vingt minutes, jusqu'à ce qu'il ne tienne plus.
« Que se passe-t-il ? »
Merlin sourit pour lui-même, suintant la béatitude.
« Il y a un conte que Gaius m'a raconté, une fois… À propos d'un homme, qui, bien avant l'apparition des cinq Royaumes, mit un terme au cycle de bains de sang et de guerres qui étaient la norme dans ces temps-là. Cet homme était le premier Roi de Camelot, l'ancêtre de tous ceux qui ont suivi, et le vôtre également. »
Arthur acquiesça.
« Le Roi Bruta. Merlin, chaque enfant à Camelot connaît cette histoire. Je peine à voir en quoi elle pousse tous ces gens à nous suivre. »
Merlin continua à sourire.
« Et bien… Il y a une autre partie à cette histoire. Une qui est de manière très pratique connue par certains gardes d'une certaine origine, qui l'ont confirmée. » Il murmura la seconde partie, avant de reprendre une voix normale alors qu'il continuait. « Quand Bruta fut sur son lit de mort, il demanda à être conduit au fin fond de la forêt. Et là, avec ses dernières forces, il planta son épée dans un rocher. Si sa descendance était remise en question, cela serait une épreuve décisive, car seul un authentique Roi de Camelot pourrait la libérer.»
Arthur fronça les sourcils en le regardant.
« Tu inventes tout cela, n'est-ce pas ? »
Merlin secoua innocemment la tête, s'arrêtant avec de désigner quelque chose à leur droite.
« Si c'est le cas, alors qu'est-ce que cela ? »
Arthur regarda dans la direction indiquée, son souffle se coupant dans sa poitrine devant le spectacle qu'il avait sous les yeux. C'était l'épée de Kilgharrah, celle que Merlin avait cachée après qu'elle ait joué son rôle dans la défaite de l'armée immortelle. Et elle était bien évidemment profondément enfoncée dans un rocher.
Incidemment, reconnaître la lame signifiait qu'il savait aussi que Merlin avait inventé tout cela, manipulant les rumeurs de sorte que les gens croient qu'elles étaient vraies.
Le roi prit la parole à voix très basse, impressionné.
« Merlin, il y a des fois où tu es vraiment un génie. Pas beaucoup, mais celle-ci est définitivement l'une d'entre elles. »
Tous deux approchèrent lentement du rocher, le peuple et les chevaliers se rassemblant autour de la clairière pendant que la lumière du petit matin les baignait d'une lumière dorée, tombant à travers la canopée comme une bénédiction. Merlin s'arrêta à quelques pas du rocher, laissant Arthur terminer le chemin seul, haussant la voix pour se faire entendre de tous.
« Arthur, vous êtes le vrai Roi de Camelot. Laissez ceux qui doutent de vous revenir dans le droit chemin. Laissez les gens voir votre droit à les guider vers un nouvel âge. »
Sur un des côtés se tenaient Tristan et Iseult, l'homme fronçant les sourcils avec scepticisme face à ces paroles. Merlin continua de parler.
« Vous et vous seuls pouvez libérer cette épée. »
Arthur tira son épée actuelle, la jetant sur le côté et attrapant la poignée de l'épée à deux mains. Il tenta de la retirer, tirant avec chacun de ses muscles, et se demandant à quoi Merlin pouvait bien jouer, lorsque le sorcier parla à nouveau.
« Vous devez vraiment y croire, Arthur. »
Un instant de tension passa, l'épée toujours dans la pierre ne bougeant pas, puis Arthur relâcha sa prise pendant que Merlin l'observait.
« Vous serez le plus grand Roi d'Albion. Tel est votre destin. Rien, pas même ce rocher ne pourrait se dresser en travers de votre chemin. Ayez la foi. »
Quelque chose dans la manière dont il parla atteignit Arthur, qui comprit alors comment il voulait que l'épée soit tirée. Cela devait apparaître simple, comme s'il ne rencontrait aucune résistance.
Arthur changea sa prise, tendant la main pour attraper la garde correctement, comme il tirerait une épée d'un fourreau porté à la taille. Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration, se redressant et relevant la tête avec fierté. Derrière lui, Merlin, content de l'image qu'il donnait, jeta un coup d'œil au rocher, ses yeux tournant à l'or. La lame se libéra avec un crépitement d'étincelles, et Arthur put la brandir vers les cieux.
Leon et Perceval observaient les choses à quelques pas de là et sourirent largement à cette vue, avant que le premier ne hausse la voix.
« Longue vie au Roi ! »
La population reprit le chant, les doutes balayés devant cette glorieuse image de légende. Arthur avait été conforté dans son titre, ils le suivraient maintenant n'importe où. Et demain à l'aube, ils marcheraient pour reprendre leur royaume.
