ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 1.3


Les vacances de Noël étaient enfin arrivées, quelques jours seulement avant le réveillon. J'étais soulagé de pouvoir enfin mettre mon cartable sous mon lit pendant quelques jours et d'avoir le temps de penser un peu à moi. Avec l'examen blanc où j'étais parvenu à obtenir un A, j'avais réussi à me remotiver pour repartir sur un bon pied avec mes études. Mais du coup, je n'avais plus eu beaucoup de temps à côté pour penser à moi. A mon père. A ma mère. A mes amis.

Et à ma petite sœur.

Malheureusement, ce premier jour de vacances n'allait pas me permettre de souffler longtemps. Avant-hier, papa m'avait dit pendant le dîner qu'il m'avait trouvé un job saisonnier dans un centre commercial pas trop loin de la maison. Je n'étais pas trop emballé mais je devais reconnaître que j'avais besoin d'argent. Surtout que une fois l'année finie, la vie d'étudiant allait commencer pour moi. Et ça allait engendrer une grande augmentation de mes dépenses.

Finalement, heureusement que je n'avais pas de petite amie à combler en ce moment.

« On y va, Kyosuke-kun. Je te montre vite fait, je te laisserai faire le prochain. »

Celui qui venait de parler, c'était mon boss. Enfin, un étudiant à peine plus âgé que moi mais plus expérimenté qui bossait aussi ici pour payer ses études. Il s'appelait Ryuji et j'allais être sous sa responsabilité pendant les deux prochaines semaines où j'allais travailler six jours sur sept.

Mon job était simple c'est vrai. Moi et Ryuji on avait chacun une table à l'entrée du centre commercial et nous étions chargé d'emballer les produits que les gens venaient d'acheter sous du papier cadeau. Le job typique à Noël. Et la semaine d'après normalement, je serai affecté dans les rayons pour gérer le passage de Noël au nouvel an.

« Très bien Kyosuke-kun, c'est parti ! Et surtout n'oublie pas, garde le sourire quoi qu'il arrive. C'est important pour l'image de l'entreprise. »

Et c'est ainsi en effet que se déroula la journée. De l'ouverture à 9h00 du matin jusque tard dans la soirée, j'avais emballé je ne sais combien d'articles. Des centaines peut être. Et je n'avais eu droit qu'à une heure de pause. Tout ça en gardant un sourire hypocrite sur les lèvres.

« Courage Kyosuke-kun, la journée est presque finie » m'adressa Ryuji en voyant que je commençais à en avoir vraiment marre.

« Ouais c'est vrai. » lui répondis je pour acquiescer

« La caféteria reste ouverte un peu plus tard pour les employés. Tu pourras rester prendre un verre avec nous si ça te tentes » rajouta t'il en finissant d'emballer un gros article.

« C'est sympa » répondis je en reprenant mon souffle. « Mais je pense que … »

En regardant du côté de Ryuji pour lui répondre, j'ai cru quelques secondes que je rêvais. Je venais de voir un groupe de filles que je connaissais bien. Saori, Manami, Kuroneko et … Kirino. Ces quatre là étaient ensemble ?! Je me frotta les yeux energiquement mais c'étaient bien elles. Elles avaient fait de gros achats apparemment. Et je ne savais toujours pas si c'était moi qui était trop fatigué mais elles s'étaient mises à venir vers moi.

« Ah, Kyosuke-shi ! » me lança Saori en me faisant signe de la main.

« S … Saori-san … » répondis je vraiment surpris mais en essayant de rester de marbre. « Qu … Qu'est ce que vous faites toutes ici ? »

« Kiririn-shi nous a dit que tu travaillais dans ce magasin. Alors on est venu pour te soutenir ! » répliqua Saori avec son enthousiasme habituel.

Je grommelais intérieurement. C'était un coup de Kirino évidemment. Pourquoi papa ne m'avait pas parlé de ce job en privé au lieu de le faire à table ? Enfin, ce n'était pas grave. Je regarda Kirino d'un sourire forcé, elle avait l'air d'aller bien. Par contre, j'étais surpris qu'elle soit en compagnie de Manami. Et pourquoi était elle avec le groupe ? Elle n'était pas devenue une otaku quand même elle aussi ?

« Je les ai croisées par hasard alors je me suis jointes à elles » déclara soudainement Manami en voyant que je la regardais d'un air dubitatif.

« Evidemment ! On allait pas la laisser toute seule. Après tout c'est Noël hein ? » renchérit hautainement Kirino, provoquant une légère gêne au sein du groupe.

Puis, sans attendre d'autres réactions, Kirino se présenta devant moi et sortit de ses cabas un paquet contenant un ordinateur portable. L'étiquette était encore dessus, on pouvait y lire qu'il avait coûté 95 000 yens.

« Alors ? J'attends. » me lança Kirino en croisant les bras après quelques secondes d'un silence hésitant où je n'étais pas sûr de savoir quoi faire.

« Quoi ? Tu veux que je … » répliquais je avant de me faire couper par ma soeur.

« Eh ! Où sont donc vos manières de vendeurs ? C'est comme ça que vous parlez à vos clients ? » m'avait elle sorti en prenant son air le plus hautain possible.

J'avais serré les dents devant le culot de ma sœur. Cette petite peste avait l'intention de profiter de la situation ! Saori et les autres ne purent s'empêcher d'afficher un petit sourire gêné. En entendant ça, Ryuji m'avait discrètement ramené sur Terre et je m'étais alors executé.

« B … Bien sûr, mademoiselle. Veuillez accepter mes excuses » avais je alors adressé à ma sœur sur mon ton et mon sourire le plus hypocrite. « Je vous mets ce papier ci ? »

« Beurk » s'était contentée de réagir ma sœur. « Vous n'avez rien de mieux ? »

Après quelques tractations où Kirino avait pris plaisir à me faire tourner en bourrique, elle daigna finalement accepter le dernier modèle de papier cadeau que je lui avais présenté.

« Et donc, c'est pour offrir alors ? » déclarais je à ma sœur tout en finissant d'emballer le paquet contenant le portable. « Votre grand frère va vraiment être content » avais je conclus hypocritement en lui tendant le paquet.

Ma sœur me regarda quelques secondes d'un air surpris puis se mit à pouffer de rire en me tendant une pièce de 500 yens pour le papier cadeau.

« Mon grand frère est trop idiot pour savoir se servir correctement d'un ordinateur. La seule chose qui lui ferait plaisir, ce serait une poupée gonflable avec des lunettes ! »

Mes traits se raidirent en un instant en entendant la réponse de ma sœur alors que le groupe derrière elle pouffa lègérement de rire. J'aurais voulu répliquer mais j'aurais sûrement perdu mon job et j'avais préféré prendre sur moi plutôt que d'affronter la colère de papa. Il aurait été capable de me trouver un job encore pire que celui-ci.

« Eh bien, on ne remercie pas les clients ? » enchaîna alors ma sœur en prenant faussement un air outré.

« M … Merci de votre achat ! Passez une bonne journée ! » avais je finalement lancé à ma sœur en m'inclinant.

« Ah … » soupira ma sœur « Le service n'est vraiment pas terrible ici » rajouta t'elle pour enfoncer le clou avant de s'en aller. Enfin !

Alors que je reprenais difficilement mon calme, Saori me demanda si j'allais bien tout en me faisant aussi emballer un de ses article.

« Ah Kyosuke-shi. Je suis vraiment jalouse de voir que vous et Kiririn-shi vous vous entendiez aussi bien ! » me dît Saori alors que je lui rendais son paquet emballé.

« Ce … Ce n'est pas du tout le cas ! » lui avais je lancé fermement.

« Ah la la. Dire qu'on est venu à l'heure de pointe juste pour ça » avait soudainement renchérit Kuroneko en me tendant à son tour un de ses paquets.

C'est vrai. Ma sœur avait vraiment bien calculé son coup. Ce n'était pas par hasard si elle était venue un quart d'heure avant la fin de ma journée. Elle savait bien que c'est là qu'elle m'ennuierait le plus. Ah, pourquoi ce job ne comportait il pas une prime spéciale pour les grands frères qui doivent emballer les cadeaux de leur petite sœur ?

Néanmoins, j'étais quand même content de voir Kirino enfin comme d'habitude. C'est comme si le malaise qu'il y avait entre nous depuis la semaine dernière n'avait jamais existé. Mais est ce qu'elle sera encore comme ça quand je rentrerai ce soir ?

« Merci, mon frère » me lança Kuroneko avec un de ses airs déstabilisants dont elle avait le secret alors que je lui rendis son article. Kirino qui était toujours en retrait derrière avait un peu tiqué en entendant ça.

« Je … Je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça ! » lui répondis je très gêné alors qu'elle se mit à l'écart pour laisser la place à Manami.

« Oh, on va devoir y aller ! » déclara d'un coup Saori en regardant sa montre. « Le film animé que l'on doit voir en avant première commence dans un quart d'heure ! »

« Aaah ! » avait réagit Kirino sur le qui vive. « Pas moyen qu'on le loupe ! Vite, on y va ! »

« Manami-shi, vous voulez nous accompagner ? » ajouta Saori alors que ma sœur et Kuroneko avaient ouvert la marche.

« Euh … Non, c'est gentil mais il faut que je rentre » répondit Manami avec son ton délicat habituel.

Sur ce, Saori disparu à son tour, me laissant seul avec Manami.

« Kyosuke-kun, c'est l'heure de fermer » m'adressa alors Ryuji. « Occupe toi de la demoiselle et après, aide moi à ranger le matériel » conclu t'il en désignant Manami.

J'acquiesçais avec un soulagement que je ne chercha même pas à dissimuler. En même temps, Ryuji lui-même avait l'air d'en avoir plein les bottes. Avec un sourire réel cette fois, je m'adressa alors à Manami en m'attendant à ce qu'elle me tende elle aussi un paquet à emballer. Mais elle se contenta de me fixer un peu gênée.

« Manami … san ? » lui dîs je un peu interloqué après quelques secondes en me demandant pourquoi elle ne réagissait pas.

« K … Kyo-chan … Je … Je … »

« Il y a un problème ? » enchaînais je un peu inquiet.

Alors que Manami n'avait pas pu sortir un seul autre mot, elle se mit à fouiller dans son sac à main pour en ressortir un petit truc. Elle le tint délicatement entre ses doigts non sans trembler légèrement. Curieux, mon attention s'était focalisée sur ce que Manami tenait. Elle me le montra alors du bout des doigts.

Ma gorge se noua en voyant de quoi il s'agissait.

C'était un exemplaire du purikura que j'avais pris lors de mon faux rendez vous amoureux avec Kirino.

« Je … Je voudrais te parler sérieusement, Kyo-chan ! »