ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI
VOLUME FINAL
chapitre 1.4
Après que Ryuji ait refermé les portes du magasin derrière moi, je m'étais retrouvé dans la rue avec Manami. Il était tard, le soleil s'était déjà couché mais les rues étaient encore bien animées. Je m'étais mis en route pour suivre mon amie d'enfance qui m'amena dans un petit parc assez près de chez elle mais pas trop loin de chez moi non plus.
« Mettons nous là Kyo-chan » m'adressa Manami en s'asseyant sur un banc
Je n'étais pas vraiment chaud du tout pour m'expliquer avec Manami au sujet de ce purikura qu'elle m'avait montré et qui me compromettait maintenant pour la seconde fois. Mais je voulais régler ce problème une fois pour toute.
« Je vais rester debout » dîs je les mains dans les poches. Il faisait vraiment froid.
« Ecoute Manami-san » avais je enchaîné pour ne pas perdre de temps. « Ce n'est pas ce que tu crois »
« Ah bon ? » fit Manami d'un air dubitatif. « Alors qu'est ce que c'est ? Et pourquoi ce jour là vous vous teniez par le bras ?»
Je lui ai alors expliqué calmement dans quelles circonstances ce purikura avait été pris.
« Voilà, tu sais tout maintenant. Ce n'était rien d'autre qu'un simulacre » conclus je en rembourrant mon manteau.
« Hum … Si c'est vrai, pourquoi ta sœur l'a-t-elle gardé alors ? » me demanda Manami toujours sceptique
« Eh bien, en souvenir peut être » répondis je peu convaincu moi-même. « Et d'ailleurs j'y pense, comment es tu entrée en possession de ce truc ! »
« K … Kirino l'avait dans la poche de son manteau la dernière fois que vous êtes venus chez moi » déclara t'elle un peu gênée.
Ça alors. Je n'aurais jamais cru que Manami était du genre à fouiller dans les affaires des autres. Est-ce qu'elle avait appris quelque chose qui l'aurait poussé à faire ça ?
Le sens de la discussion me déplaisait un peu. J'avais l'impression que ma vie privée était mise à nue et que je devais obligatoirement tout déballer sous peine de passer pour un pervers douteux. Mais c'était Manami, une lointaine amie d'enfance. Et bien qu'elle ait fait de la peine à Kirino en faisant ce qu'elle a fait il y a trois ans, elle a quand même toujours était là pour moi. Je me devais donc de dissiper ses interrogations.
Pourtant, Manami me dévisageait encore du regard comme si elle attendait que je lui confesse autre chose.
« Et … C'est tout … » fis je pour relancer la discussion que Manami semblait avoir quitté.
« Kyo-chan, pourquoi tu ne me dis pas la vérité ? »
Je commençais à me sentir perdu. Qu'est ce que Manami s'attendait à ce que je lui dise ?
« Pourquoi tu ne me dis pas ce que tu ressens pour ta sœur ? » me lança t'elle tout d'un coup en élevant la voix.
Quoi ? Avais je bien entendu ?
« Que … Que veux tu dire par là ? » lui demandais je surpris.
« Qu'est ce que vous avez fait toi et ta sœur ?! » insista Manami en élévant encore plus la voix au point que quelques passants se tournèrent vers nous.
Je m'étais rarement senti aussi troublé. Est-ce que Manami faisait allusion à quelque chose d'indécent ? Elle aussi elle s'imaginait que parce que je m'entendais mieux avec Kirino, c'était parce que je l'aimais plus que comme une sœur ?
« M … Manami-san ! Je t'assure que tu t'imagines des choses là ! Il n'y a rien de sexuel entre moi et Kirino ! »
Sexuel ? Sans le vouloir, j'avais utilisé le mot le plus fort qui m'était venu à l'esprit. Au point que Manami et moi en avions rougit un peu. Mais je ne m'étais pas démonté pour autant et j'ai continué à parler sur la défensive.
« E … Ecoute Manami-san. Je sais qu'il y a pleins de rumeurs sur moi et Kirino. Mais ce sont des bêtises. Tu n'y as pas sincèrement cru, hein ? » renchéris je en souriant légèrement comme pour croire que le moment le plus dur était passé.
« Je … Je … Kyo-chan … » balbutia Manami qui n'avait pas l'air convaincue.
Je ne savais plus vraiment quoi faire pour la persuader qu'il n'y avait rien entre moi et Kirino. Mais alors que je m'apprêtais à m'en aller en lui disant de croire ce qu'elle voulait, elle me saisissa le bras avec force.
« Pourquoi tu as fait un tel scandale lorsque ta sœur a ramené son faux petit ami alors ? » me lança t'elle comme un avion aurait largué une bombe.
Argh ! Elle avait sûrement dû avoir une conversation avec maman. Et vu tout ce qui s'était passé, elle en avait sûrement conclu des choses fausses. Mais alors que j'avais tenté de reprendre la conversation, Manami ne me laissa pas le champ libre.
« Et pourquoi aucun de vous deux n'avez de petits amis ? Pourquoi est ce que vous vous tournez autour comme ça ?! » avait elle crié tout en se levant.
« Je … Je … » babultiais je complètement sous le choc.
Manami était allée aussi loin dans notre introspection ? Je n'en revenais pas qu'elle puisse avoir de tels soupçons.
« Et pourquoi Kirino est tellement en colère dès qu'une fille te tourne autour ? Pourquoi ?! » avait elle continué de crier tout en s'agrippant encore à mon bras.
« Assez ! »
J'avais brutalement arraché mon bras à son étreinte. Je commençais à perdre patience. J'avais déjà une longue journée dans les jambes, et maintenant cette discussion surréaliste. Pourquoi Manami se mettait dans un état pareil ?
« D… Désolé » tentais je de m'excuser pour mon bref coup de colère. « Manami-san … Je ne sais pas comment te le dire pour que tu me crois mais Kirino et moi ne sommes pas amoureux. Je ne peux rien faire de plus pour te convaincre » ajoutais je du ton le plus rassurant que j'avais trouvé.
« K … Kyo-chan … » avait finalement répondu Manami après quelques secondes de silence. « Je ne peux pas … Je ne peux pas te laisser avoir ce genre de relation. Ce n'est pas bien »
J'aurais pu lui répondre mais je m'étais contenté de pousser un léger soupir. Après tout, tant pis si elle ne voulait pas me croire. Tout ce que je voulais à présent, c'était rentrer et me reposer.
J'étais alors loin d'imaginer ce que je m'apprêtais à entendre. Et surtout à faire.
« Kyo-chan, je veux que tu te trouves une petite amie. » ajouta alors Manami d'un ton plus calme.
« Hein ? »
« Tu es à l'âge où tu dois avoir une petite amie. C'est la seule façon pour que toi et ta sœur n'ayez plus de sentiments ambigues » compléta t'elle en me regardant droit dans les yeux.
Je n'arrivais pas à croire que Manami me demande ce genre de chose. Mais je ne pouvais pas avoir de petites amies pour le moment de toute façon. Pas depuis ce qui c'était passé avec Kuroneko. Je m'apprêtais à le lui dire quand, comme devinant ma réponse, elle reprit soudainement la parole.
« Je veux que tu aies une petite amie avant la fin de l'année scolaire, Kyo-chan. » venait elle de rajouter sur un ton toujours calme mais ferme.
Qu'est ce que ça voulait dire ? Les paroles de Manami avaient l'air d'être limites menaçantes. Et bien qu'il fasse froid, j'avais l'impression que c'était davantage elle qui me faisait trembler.
« Si tu n'en as pas une d'ici là … »
Le regard de Manami se durcit. Je voulais répondre mais ma bouche était comme tétanisée.
« Je dirai à tout le monde ce que je sais sur ta sœur et toi »
CLAP !
Le temps sembla s'être ralenti pendant quelques secondes.
Je pouvais voir l'élan de ma main sortie soudainement de ma poche revenir vers moi. Puis les lunettes de Manami s'écraser sur le sol. Et enfin la marque de ma main apparaître sur sa joue droite.
Je venais de gifler Manami de toutes mes forces.
Incrédule, je regarda la main avec laquelle je venais de frapper mon amie d'enfance. Je n'en revenais pas d'avoir pu frapper une fille, même sous le coup d'une colère passagère. C'était la première fois. Même ma sœur qui était pourtant une peste de première catégorie, je ne l'avais jamais frappé.
Alors pourquoi ?
Comme si elle n'avait pas vraiment été surprise de mon geste, Manami se contenta de se masser légèrement la joue avant de ramasser ses lunettes. Heureusement, elles n'avaient pas l'air cassé.
« M … Manami … san » bégayais je encore sous le choc de mon propre geste.
« Kyo-chan … » me répondit Manami d'un ton calme. « Une petite amie … Avant la fin de l'année … C'est notre marché »
Le regard de Manami s'était radouci. Elle avait l'air plus triste qu'elle n'était en colère. Mais elle n'avait pas pour autant changé d'état d'esprit.
« Sinon … Je dirais tout » se contenta t'elle d'ajouter avant de passer à côté de moi pour apparemment rentrer chez elle.
« Manami, attends ! » lui criais je alors qu'elle était dos à moi. « Je … Je suis … Je suis … »
Je voulais m'excuser bien sûr. Mais malgré tout, je ne réussis pas à le faire. J'étais comme bloqué psychologiquement.
Manami finit par disparaître hors de ma vue sans que je n'ai pu lui faire les moindres excuses pour l'avoir giflé.
J'avais perdu toute notion du temps. J'étais choqué. J'étais resté seul dans ce parc, assis sur le même banc ou Manami m'avait parlé sans me souvenir du temps que j'avais pu y passer.
Sauf que quand j'en étais parti, les rues n'étaient plus du tout animées.
