ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI
VOLUME FINAL
chapitre 1.5
« Eh Kyosuke-kun. Fais attention avec les articles. C'est le dixième au moins que tu fais tomber aujourd'hui ! »
« Ah … Désolé, Ryuji-san »
J'étais au centre commercial où je travaillais. C'était la fin de la journée. Je ramassa un peu blasé les yaourts que j'avais fait tombé et je les mis machinalement en rayon. Je fis pareil avec les autres jusqu'à qu'il soit rempli.
Cela faisait dix jours maintenant que l'incident avec Manami s'était produit. Comme prévu, j'étais passé aux rayons pour les réaménager mais aussi pour gérer l'afflux plus important de demande que la moyenne. C'était un job chiant mais que ne ferait on pas pour gagner un peu d'argent.
Je n'avais pas revu Manami depuis notre discussion. Mes parents avaient prévu d'aller fêter le nouvel an là bas. Kirino y serait sûrement aussi bien qu'elle ne soit toujours pas en si meilleur terme avec Manami.
Mais moi, je ne pouvais pas. C'était impossible. Pas après ce qui s'était passé.
Alors, j'avais imaginé un stratagème tout simple, me faire porter malade. Evidemment, comment être sûr d'être malade le jour en question ? Eh bien depuis avant-hier, je m'étais mis à manger de la viande légèrement avariée que j'avais mis de côté en nettoyant le rayon boucherie. C'est un vieux truc qu'un ancien camarade de collège qui avait volontairement voulu éviter un examen m'avait appris. Je ne me sentais déjà pas très bien aujourd'hui. Comme le réveillon était demain, j'aurai ma bonne excuse pour rester à la maison.
Bien sûr, j'aurais pu aussi me rendre avec mes parents chez Manami et lui demander pardon devant tout le monde. Mais comment j'aurais pu justifier mon geste ? Si papa ou maman apprenaient qu'il s'agit encore de moi et Kirino, ils seraient capable de me demander de partir à nouveau de la maison. Et peut être sans billet de retour cette fois.
Il fallait donc que je sois prêt à me faire porter pâle demain. J'espérais juste pouvoir être suffisamment en forme pour tenir un maximum au boulot demain pour ne pas perdre trop d'argent.
« Ohé ! Onii-san ! »
Glup. Cette voix c'était … Alors que je me dirigeais vers la réserve les bras chargés de résidus de cartons, un ange venait d'apparaître à ma droite. C'était Ayase.
La meilleure copine de ma sœur. Et la plus belle aussi. Vêtue de façon hivernale mais pas moins élégante pour une jeune fille de son âge, elle se tenait juste à mes côtés à présent.
Petit rappel. Il y a un peu plus d'un mois, Ayase s'était déclarée à moi et je ne lui avais toujours pas donné de réponse. Je lui avais demandé d'être patiente. Elle m'avait répondu qu'elle attendrait ma réponse le temps qu'il faudrait. Mais un mois déjà, c'est vrai que ça commençait à faire long non ?
« Oh, Ayase » répondis je en étant quand même content de la voir. « Comment vas-tu ? »
« Bien, merci onii-san. Et toi ? Tu as l'air un peu pâle non ? » me lança t'elle en examinant brièvement mon visage.
« Ah … Eh bien c'est l'hiver … » essayais je de justifier bêtement avant d'essayer d'être plus crédible. « Et puis il y a le stress des fêtes, le boulot … »
« Oui c'est vrai » me dît Ayase avec son regard d'ange que je ne me lassait pas de regarder. « J'espère que tu prends soin de toi. »
« Oui, ne t'inquiète pas pour ça. Hé hé » lui rétorquais je avec un léger sourire.
Evidemment, je n'allais pas lui dire que je mangeais volontairement de la viande avariée depuis deux jours pour faire exprès de tomber malade.
« O … Onii-san … Je … » balbutia Ayase avec une légere gêne.
Ah, elle était tellement mignonne quand elle se comportait comme ça. Tout le contraire de quand elle se mettait à s'énerver quand on parlait de Kirino.
« Il s'agit de … » essayais je de compléter pour elle. Je me doutais qu'elle voulait me parler de sa déclaration.
« Onii-san je … Je voudrais savoir si … Si … »
Je m'apprêtais à répondre mais Ayase me coupa net.
« … Si tu avais eu le temps de finir tes devoirs de vacances ! » sortit elle courageusement d'un coup.
« Quoi ? »
J'étais un peu incrédule. Moi qui m'apprêtait à prendre mon air le plus sérieux … Alors qu'il était seulement questions des devoirs !
« Euh … Eh bien j'en ai fait un peu lors de mon jour de repos. Il doit m'en rester encore la moitié »
« F … Faisons les ensemble alors ! » réagit promptement Ayase
« M … Moi ? A … Avec toi ? » enchaînais je complètement surpris.
« Oui. Tu ne veux pas ? »
Ces mots venaient de m'emmener directement au paradis, comme si un ange était venu me délivrer de ce monde cruel. Pendant quelques secondes mon expression avait laissé un peu trahir mon bonheur, ce qui n'était pas des plus judicieux avec Ayase.
« Onii-san … J'espère que tu ne penses à rien d'indécent » me déclara t'elle d'un ton soupçonneux.
« Hein ? Non bien sûr, que vas-tu imaginer là ? Haha » dîs je en me reprenant tant bien que mal. « Ce serait avec plaisir. On fait ça lors de mon jour de repos lundi ? »
« Tu ne peux pas ce soir ? » me répondis t'elle un peu déçue
« Ce soir ? Euh … Et bien … »
Je n'étais pas trop en grande forme aujourd'hui et demain, je savais que je serais réellement malade. Et le pire, c'est que c'était moi qui l'avait voulu. Merde ! Pourquoi est ce qu'il avait fallu qu'Ayase me fasse une telle proposition maintenant ?
« Si tu ne peux pas alors … »
« Je peux ! Je peux ! » avais je fermement répondu avant qu'Ayase ne finisse sa phrase.
Je n'allais quand même pas rater une telle chance de passer du temps avec elle. Oui je sais, si je voulais être avec elle, je n'avais qu'à accepter sa déclaration. C'était facile, je n'avais qu'à dire oui et le lendemain, on pouvait se promener enlacés dans la rue.
Mais je ne pouvais pas. Pas encore. Ma sœur ne l'aurait jamais accepté. Surtout avec sa meilleure amie.
Alors j'allais me contenter de faire mes devoirs avec elle pour le moment. C'était mieux que rien.
« Ah … Alors c'est parfait. » répondit Ayase un peu surprise par mon revirement. « Je t'attendrai chez moi à 20h00. Travaille bien » rajouta t'elle en rougissant légèrement avant de me quitter pour se diriger vers les caisses.
« D … D'accord. Alors à tout à l'heure » conclus je avec un air un peu mielleux après qu'Ayase m'ait tourné le dos.
Le reste de la journée n'était vraiment pas passé vite. Alors que je m'étais moqué jusque là du nombre d'heures où je travaillais, voilà que je m'étais mis à surveiller ma montre toutes les deux minutes.
« Eh bien Kyosuke-kun ?» m'adressa Ryuji en me voyant regarder ma montre. « Tu es pressé de partir aujourd'hui ? »
« Euh … J'ai un rendez vous après et je … »
« C'est avec la petite brune qui est venu te parler tout à l'heure, hein ? » me dit il avec un sourire complice.
« Euh … »
« Tu sais quoi ? Tu as le teint un peu pâle aujourd'hui et tu n'as plus qu'une heure à tirer. Sauve toi vite sans te faire voir par le boss. Je dirais que tu es dans le coin » rajouta t'il en parlant discrètement
« Oh … Je … Je … Merci ! Merci beaucoup Ryuji-san ! » lui répondis je reconnaissant en me courbant de toutes mes forces
Comme j'avais pu sortir une heure plus tôt, j'en avais profité pour passer chez moi prendre une douche et me changer. La maison était vide, une chance. Ça n'allait pas très fort par contre. Normal avec ce que je m'obligeais à manger. Il fallait d'ailleurs que j'en prenne une dernière ration ce soir pour être sûr d'être malade demain. Enfin, ça pouvait attendre la fin de mon rendez vous avec Ayase.
Alors que je m'étais retrouvé dans ma chambre après m'être douché et changé pour prendre mes affaires de classe, j'entendis la porte claquer en bas. Peut être maman qui rentrait du shopping. Je n'y fis pas attention et je continua de me préparer. J'apportais la touche finale en me parfumant avec un petit échantillon de parfum très coûteux que j'avais trouvé traînant dans la réserve.
Ce soir, j'allais enfin avoir l'occasion d'oublier un peu tous mes problèmes.
C'était sans compter le coup qui venait d'être donné sur ma porte.
« Kirino ? » avait je dit instinctivement, sachant bien que mes parents eux ne prenaient jamais la peine de frapper avant d'entrer.
Il n'y a pas eu d'autres coups. Et je n'eus pas davantage de réponse orale.
Intrigué, j'avais été ouvrir et effectivement, c'était Kirino sur le pas de ma porte.
« Oui ? Tu as quelque chose à me dire ? » lui adressais je
Le regard de Kirino était fuyant. Elle avait l'air préoccupée. Mais sur le moment, je pensais surtout à mon rendez vous avec Ayase et je n'avais pas envie de tourner autour du pot.
« Alors ? » repris je voyant que ma sœur ne me répondait pas. « J'allais m'en aller là. Alors si tu veux … »
« Je … J'ai besoin de conseils ! » me coupa Kirino en faisant un gros effort pour prendre la parole.
Des conseils ? Je n'en avais plus donné à ma petite sœur depuis l'incident où j'avais dû habiter seul pendant deux mois.
« Il s'est passé quelque chose ? » enchaînais je en commençant à être un peu inquiet.
« V … Viens juste dans ma chambre … » rajouta t'elle seulement en concluant par « S … S'il te plaît ».
Pour que ma sœur soit aussi polie, ça devait être vraiment grave ! Je suis allé posé le sac de cours que j'avais en main sur mon lit et j'ai suivi Kirino jusqu'à sa chambre.
« Mince ! Ayase … » avais je dit pour moi-même à peine entré.
« Hein ? »
« Attends, juste un truc à faire » répondis je à ma sœur en sortant pour retourner dans ma chambre.
Je pris mon portable et je tapa rapidement un SMS à l'attention d'Ayase. J'avais bien peur que ce qu'allait avoir à me dire ma sœur ne me prenne une bonne partie de la nuit. Et de toute manière, je ne me sentais vraiment pas bien pour sortir.
Une fois tapé, je l'ai envoyé et j'ai reposé mon portable sur le bureau avant de retourner voir Kirino.
« Ayase. Je suis désolé mais je ne pourrais pas venir ce soir. Ma sœur a un problème. Revoyons nous plus tard.
Kyosuke »
