ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 1.6


Je venais de retourner dans la chambre de ma petite sœur qui m'avait attendu assise sur la chaise de son bureau.

« C'est bon » lui dis je en refermant la porte. « Dis moi ce qui se passe. »

Ma sœur me fuyait un peu du regard comme si ce qu'elle allait avoir à me dire était très gênant. Mon inquiétude commençait à laisser place à la curiosité.

« Qu'est ce qu'il y a ? Une de tes amies a appris pour ton hobby ? » lui demandais je en me questionnant sur ce qui pouvait gêner ma sœur comme ça.

« Non. Ce … C'est un peu délicat … » reprit Kirino en rougissant un peu

Que pouvait elle avoir à me dire de si gênant ?

« Eh bien dis le moi. Je ne m'étonnerai plus du rien de toute façon maintenant »lui répondis je en pensant effectivement que ma sœur ne pouvait rien avoir de plus embarrassant que ses eroges.

« Ce … C'est … Quelqu'un m'a demandé en mariage au boulot ! » s'écria ma sœur

« Hein ? »

Le ciel était dégagé dehors mais c'est comme si le tonnerre venait de me frapper le crâne en deux.

« C'est un gars génial, un peu plus vieux que moi mais super gentil et avec une grande maison à Okinawa ! » reprit ma sœur toujours en rougissant un peu mais en parlant avec enthousiasme

« Et il a un super poste dans une agence de mannequin. On a fait de superbes photos ensemble ! » continua t'elle

Quant à moi, je n'avais toujours pas réagi. Je regardais ma sœur faire l'éloge d'un inconnu qui l'avait demandé en mariage et qui apparemment ne la laissait pas indifférente. J'avais l'impression que la voix de Kirino devenait lointaine comme si je refusais d'entendre la suite de ce qu'elle avait à me dire.

Merde ! C'était exactement comme lorsqu'elle m'avait présenté Mikagami. J'éprouvais le même malaise. Non, c'était pire encore.

« Il m'a aussi demandé si je pouvais vivre avec lui dès maintenant. Tu te rends compte ? Je pourrais avoir une piscine privée pour moi toute seule ! »

Plus Kirino parlait et moins j'arrivais à trouver mes mots pour lui répondre.

« Dis … Qu'est ce que je devrais faire … Aniki ? » conclu ma sœur un peu timidement en jouant avec ses doigts.

« Euh … Je … Je … » peinais je à articuler pour essayer de lui répondre

Kirino me regardait avec des yeux pleins d'espoir comme si elle attendait que je lui dise « C'est génial ! Vas y, saute sur l'occasion ! » Mais ce n'était pas du tout mon état d'esprit. J'étais plutôt sur le point de gueuler « Qu'est ce que c'est que ces conneries ! » Enfin, j'aurais bien aimé le faire.

Mais Kirino ne m'en laissa pas le temps. Elle me regarda encore quelques secondes puis se mit à partir dans un fou rire incontrôlable qui me figea encore davantage.

« Ah ah ah ! C'est pas possible ! T'es vraiment un idiot ! » articula ma sœur entre deux crises de rire qui me laissèrent pantois.

« C'était une blague crétin ! » ajouta t'elle.

Une blague ?

Alors qu'il y a encore quelques secondes, j'avais eu l'impression de me décomposer sur place, voilà que je retrouvais à nouveau comme par magie l'usage de mes sens.

« Ce … Ce n'est pas drôle ! C'est quoi ce genre de blague ?! » réussis je enfin à crier, honteux de m'être laissé avoir comme ça.

« Tu aurais vu ta tête pendant que je parlais, on aurait dit un caméléon ! Ah ah ah ! » me répondis ma sœur pour m'enfoncer encore plus.

« T'es vraiment un siscon niveau extrême hein ? » compléta t'elle pour m'achever.

« Fous moi la paix ! » répliquais je en rougissant légèrement et en détournant mon regard.

Néanmoins, j'étais soulagé. Le niveau d'anxiété que j'avais atteint était redescendu si vite que ça en avait été presque jouissif. J'avais été à deux doigts de m'évanouir. Déjà que je n'étais pas très en forme.

« Et . C'est pour ça que tu m'as fait venir ici ? Pour te moquer de moi ? » adressais je à ma sœur en essayant de regagner un peu de fierté.

« Non, attends »

Ma sœur se leva brusquement tout en gardant son sourire et alla ouvrir son placard pour y sortir un paquet. Il s'agissait du paquet cadeau que je lui avais emballé la semaine dernière.

« Tiens, tu l'as encore ? » lui dîs je en le remarquant. « Ce n'était pas pour offrir ? »

« Grumpf » fit ma sœur en durcissant un peu son regard.

« La personne à qui je voulais l'offrir en avait déjà un … » poursuivit elle. « Donc … Si tu le veux … »

« Tu … Tu me l'offres à moi ? » lui répondis je surpris.

« P … Prends le avant que je change d'avis ! » réagit elle agacée par mon hésitation en me plaquant le paquet sur la poitrine.

Je ne me fis pas prier et je saisis le précieux paquet des mains de ma sœur. Même si je n'étais pas très doué en informatique, ça pouvait toujours servir. Et puis j'avais internet dans ma chambre maintenant grâce à Kirino. Je pourrais aller sur des sites pornos sans risquer de me faire prendre maintenant.

« Eh bien, merci beaucoup » dis je pour rendre grâce à ma sœur. « Mais ça me gêne un peu, je ne t'ai rien offert moi » ajoutais je en me sentant un peu coupable.

« Ah ? Tu veux m'offrir quelque chose ? » me regarda soudainement Kirino d'un œil intéressé qui ne me disait rien de bon.

« Euh … Oui, dans la limite de mes moyens, si tu veux … » précisais je pour ne pas avoir à satisfaire de demandes extravagantes.

« D'accord. Alors … Je pourrai te demander quelque chose plus tard ? »

« Oui, pourquoi pas » répondis je en n'y voyant aucun piège.

« Ok ! J'y penserai le moment venu ! »

Je n'aimais pas trop ça. Devoir une faveur à ma sœur qui pouvait me la demander n'importe quand. Enfin, en contrepartie je retournerai dans ma chambre avec autre chose qu'un eroge à la main pour une fois.

« Bon. Tu n'as plus besoin de moi ? »

« Oui, tu peux t'en aller maintenant » me répondit ma sœur.

Alors que j'étais sorti de sa chambre pour aller vers la mienne, Kirino entrouvrit à nouveau sa porte pour s'adresser à moi.

« Ah au fait. Tu n'as pas une mine terrible. Repose toi bien ce soir pour être en forme demain au réveillon chez Mana-chan ! » dit elle en souriant avant de refermer sa porte.

En entendant ça, j'ai été tellement surpris que j'avais failli en lâcher mon paquet.

Kirino avait bien appelé Manami « Mana-chan » ?

Pourtant, elle ne l'avait pas appelé comme ça depuis l'école primaire. Depuis que ses relations avec elle s'étaient dégradées.

Ces deux là s'étaient réconciliées ? Pour de vrai ?

Les questions s'enchaînèrent dans ma tête. Déjà que je ne savais plus trop où j'en étais, ce nouveau détail ne m'aidait pas. En plus, elle avait l'air de tenir à ce que je sois chez Manami avec elle demain. Alors que je savais très bien que je n'y serais pas.

Je regarda l'heure sur mon réveil. J'aurais peut être pu encore me rendre chez Ayase. Mais avec le SMS que je lui avais envoyé, c'était mort. Pourquoi il fallait toujours que je sois aussi impulsif quand il s'agissait de ma sœur ? Les gens ont raison finalement, je suis vraiment un cas désespéré de siscon.

Une fois mis en pyjama, je sortis de mon sac le petit quartier de viande avarié que je devais ingurgiter pour être suffisamment en mauvaise forme demain pour garder le lit. Je repensa aux mots de ma sœur. Mais la scène où je giflais Manami n'arrêtait pas de me revenir à l'esprit. Finalement, je me décida à manger la viande que j'avais dans les mains en prenant ensuite une bonne gorgée d'eau pour faire passer le mauvais goût.

Ca y est, c'était fait.

J'eus de la peine à trouver le sommeil cette nuit là. En plus de mes maux d'estomacs, j'étais anxieux sur ce qui était arrivé avec Manami. Je repensais à Kirino et à son « Mana-chan » qui donnait l'impression qu'elle s'entendait à nouveau bien avec elle.

Et si …

Je venais de lier l'attitude insistante de Manami qui pensait que Kirino et moi étions amoureux au fait qu'elles pouvaient s'être réconciliées.

Kirino aurait t'elle pu encore se confier à Manami ? Est-ce qu'elle aurait pu lui dire quelque chose qui aurait pu faire croire à Manami que Kirino et moi pourrions …

Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Cette scène où Kirino pouvait avoir induite Manami en erreur me tourmentait.

« Mana-chan … Il … Il faut que je t'avoue quelque chose » dit Kirino très gênée

« Que t'arrive t'il, Kirino-chan ? » lui répondit Manami en souriant tandis qu'elle faisait la vaisselle

« C …C'est mon frère … Je … Je crois que je ressens quelque chose d'étrange pour lui … »

Je ne pouvais pas m'enlever de l'idée que la soudaine cordialité que ma sœur avait affiché pour Manami cachait ce genre de discussion. Cela voudrait dire que ma sœur … pourrait être amoureuse de moi ?

Cette idée s'imposa de plus en plus dans ma tête. J'avais beau me retourner dans mon lit dans tous les sens, je ne pouvais que voir Kirino dans toutes les situations étranges que l'on avait vécues qui renforçaient ma théorie. Son faux petit ami Mikagami, le fait qu'elle n'ait pas supporté elle non plus que j'ai une petite amie …

Et moi ? Même moi, je n'étais plus sûr de ce que je ressentais.

Et merde ! Il fallait que j'en ai le cœur net.

Je me leva difficilement de mon lit avec mon estomac qui m'en faisait voir de toutes les couleurs. Il était un peu plus de minuit. Je m'habilla vite fait et je fis un petit tour dans la salle de bain pour essayer d'être présentable. J'avais une mine encore plus affreuse que tout à l'heure. Mais tant pis, je voulais aller jusqu'au bout..

En me retrouvant devant la porte de ma sœur, j'avais remarqué qu'elle était toujours debout. Tant mieux, je me serais senti mal si j'avais dû la réveiller pour ce que je m'apprêtais à faire.

Car oui, je me voyais mal demander directement à ma sœur si elle était amoureuse de moi. Elle m'aurait viré illico presto de sa chambre en me traitant de pervers et de siscon. J'avais donc eu une idée pour lui demander indirectement. Même si ça allait probablement détruire le peu de fierté qu'il me restait ce soir.

Je toqua trois fois à sa porte. Elle m'ouvrit au bout de quelques secondes, un peu surprise de me voir debout à cette heure.

« Qu'est ce que tu veux à cette heure ci ? » me lança t'elle un peu agacée sans doute parce que je la dérangeais en plein eroge. « Je ne vais pas tarder à me coucher, là ».

« Il … Il faut que je te parle » lui répondis je d'un ton très sérieux.

« Hein ? Ça ne peut pas attendre demain ? »

« Non ! Maintenant ! » lui dis je sur un ton plein d'assurance

Surprise, ma sœur me laissa finalement entrer non sans râler quand même un peu. Elle avait déjà revêtu son pyjama blanc d'hiver qui laissait quand même entrevoir une partie de sa poitrine. Alors que je rentrais en fermant la porte, elle s'asseya sur son lit, prête à m'écouter.

« Alors ? Dépêche toi, de quoi il s'agit ? »

« Je … Je … » bégayais je en essayant de trouver mes mots.

J'allais devoir rassembler plus de courage que je n'en avais jamais fait depuis le début de ma vie.

« Eh bien ? Vas y, dis. » s'impatientait ma sœur.

« Je crois que … que je … »

J'avais l'impression d'essayer d'atteindre une partie cachée de mon cœur. Comme si je voulais y rentrer de force en y défonçant au bélier les barrières qui m'en empêchaient.

« C'est … Ça va te paraître bizarre … Mais c'est la vérité ! » répondis je tout rouge en essayant de gagner en crédibilité

« Alors dis le ! »

« Je … Je … »

Kirino aurait pu là encore manifester son impatience mais elle s'était abstenue. Comme si elle avait réalisé que je m'apprêtais à lui dire quelque chose de très important.

« Je … »

Les barrières qui me retenaient volèrent tout d'un coup en éclat.

« Je t'aime ! »