ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI
VOLUME FINAL
chapitre 1.7
Les mots étaient sortis de ma bouche tels une bombe nucléaire dont on avait tant hésité à lancer.
« Je … Je t'aime de toutes mes forces ! » continuais je en regardant Kirino pour bien faire comprendre à ma sœur ce que je voulais lui dire
« Je sais que c'est étrange mais … Je pense à toi souvent … Très souvent. Tu me manques quand tu n'es pas là. »
Kirino me regardait toujours sans réagir. Elle donnait l'impression d'être si surprise.
« Je te déteste, déteste et déteste encore pour la sœur que tu représentes, et je te détesterai encore ! Même si tu comptes aussi beaucoup pour moi en tant que sœur ! Mais … Mais … Je t'aime … J'aime la femme que tu es ! Je devais te le dire ! » ajoutais je avec conviction. « Je t'aime ! » conclus je avec force pour achever ma tirade tout en m'écroulant sur les genoux.
Je repris difficilement mon souffle après ces paroles. Ça aurait été plus facile pour moi de lire le dictionnaire entier à voix haute que de dire ces quelques phrases à ma sœur. Je me sentais comme un orateur ayant passé la nuit à lire un discours dans un sauna.
Alors que je haletais encore, je porta à nouveau mon regard vers Kirino. Elle n'avait pas l'air d'avoir encore réagi. Son regard était concentré vers le haut comme si elle n'avait pas vu que je m'étais agenouillé.
« K … Kirino ? » lui adressais je en voyant qu'elle ne réagissait toujours pas. Ses yeux étaient néanmoins devenus ternes.
« Est-ce que … » essayais je d'ajouter encore avant de me rendre compte que Kirino sembla enfin réagir.
« … »
Elle avait parlé d'une voix si basse que je ne l'avais pas entendu.
« Hein ? » me contentais je de répondre.
« Toi … Tu … Tu … » commença à articuler audiblement Kirino qui semblait être devenue nerveuse.
« Kirino … Je … » tentais je de répondre en voyant l'embarras de ma sœur. Mais elle me coupa.
« C'est quoi ces conneries ? » s'exprima soudain Kirino d'une voix calme mais ferme.
C'est vrai que je ne savais pas à quelle réaction m'attendre de la part de ma sœur après une telle déclaration. Mais là, je ne trouva rien à dire.
« Euh … Ce que je veux dire c'est … Tu … » me repris je en essayant de développer la déclaration que je venais de lui faire.
« Tu entres dans la chambre de ta petite sœur en plein milieu de la nuit et tu lui dis que tu l'aimes ?! D'amour ?! » s'était soudainement exclamée Kirino en se levant de son lit. « Sérieusement ?! »
« Euh … Attends … Laisse moi m'… » répondis je en me relevant un peu péniblement pour faire face à ma sœur.
« Tu t'attendais à quoi sans déconner ? C'est quoi ton problème, sérieux ?! » me coupa net Kirino en élevant encore plus la voix.
« A … Attention … Papa et … » essayais je de l'avertir en ayant peur que nos parents ait pu nous entendre.
« Va te faire foutre idiot ! Dégage ! Dégage d'ici ! » avait malgré tout encore crié ma sœur en prenant un de ses coussins pour me frapper et me pousser vers la porte.
Je n'avais pas essayé de résister et j'avais décidé de sortir de la chambre de ma sœur tant que je tenais encore debout. Une fois dehors, elle me ferma violemment la porte au nez. J'étais resté là, figé par la situation qui m'avait complètement dépassé.
La tête encore rouge par la gêne que cette scène avait provoqué, je pris une grande bouffée d'air devant la chambre de ma sœur. Au moins, j'étais sûr qu'elle n'était pas amoureuse de moi à présent. Je n'aurais pas fait tout ça pour rien.
Tiens, je venais de me rendre compte qu'elle ne m'avait pas traité de pervers du coup. Pas même de siscon.
Mais si tout ça n'était qu'un simulacre … Puisque j'attendais juste qu'elle me rejette pour m'assure qu'elle ne m'aimait pas d'amour …
Pourquoi mon cœur me faisait si mal ?
Oui, les maux d'estomacs n'y étaient sans doute pas pour rien. Mais était ce vraiment tout ?
Un peu perdu, j'avais voulu retourner dans ma chambre mais ayant la bouche un peu sèche après ces évènements, j'avais décidé de descendre à la cuisine boire un peu. Je me sentais vraiment très mal. J'avais descendu une marche, puis deux …
Et j'avais commencé à sentir mon corps se dérober sous moi.
Je m'étais agrippé par réflexe à la bordure de l'escalier. Mais je n'avais pas réussi à retrouver mon sens de l'équilibre. Tout se mit alors à tourner autour de moi de plus en plus vite jusqu'à ce que je me retrouve étendu sur le sol, probablement au rez de chaussée. Je ne sentais ni n'entendais plus rien ou presque. Ma vue s'était brouillée mais je pu avant de perdre conscience apercevoir ma sœur qui vint à ma rencontre, complètement paniquée.
Son visage terrifié était la dernière chose que j'avais vu cette nuit là.
