ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 2.3


« A demain soir Kyosuke-kun ! Sois prudent sur la route ! »

Je salua Ryuji-san à mon tour avant de sortir du centre commercial par la porte de service que mon senpai ferma à clé ensuite. Je venais tout juste de sortir de mon petit job à temps partiel. La nuit était bien sûr déjà tombée et il faisait un froid ce canard. Heureusement, la maison n'était pas très loin.

Cela faisait maintenant une semaine que Kuroneko m'avait donné la fameuse photo qui à coup sûr allait me permettre de résoudre mon problème avec Manami. Le bon sens aurait voulu que je l'utilise le plus tôt possible mais j'avais encore perdu mon temps à hésiter pour savoir ce que je devais exactement faire. Les mauvaises habitudes étaient tenaces. Même si je voulais absolument les changer.

Alors que je m'étais enfin retrouvé dans ma rue, il m'avait semblé à ce moment que j'étais soudainement suivi. Il se pouvait que ce soit mon imagination, la nuit noire et l'heure tardive n'aidant pas. Mais pour en avoir le cœur net, je m'étais caché discrètement derrière une ruelle un peu avant chez moi et j'avais attendu que mon stalker soit à ma portée pour l'aborder avec surprise.

« Je peux vous aider ? » avais je sarcastiquement demandé alors que l'inconnu me tournait le dos

« Aaaah ! » fit surpris mon suiveur avant de se retourner vers moi. « Oh ? K … Kyosuke-kun ? »

« M … Mikagami ! » avais je crié en le reconnaissant. « Qu'est ce que tu fais ici ? » enchaîna je un peu en colère une fois la surprise passée.

« En … En fait Kyosuke-kun … » articula difficilement Mikagami en reprenant son souffle. « … C'est toi que je cherchais ! » fit il en me montrant du doigt.

« Eh bien tu m'as trouvé ! » répondis je agacé devant le ridicule de la situation. « Qu'est ce que tu me veux ? »

« C'est à propos de ta sœur, Kyosuke-kun. » reprit calmement Mikagami.

Mon attention se focalisa d'un coup sur ses paroles.

« Kirino ? Qu'est ce qui se passe avec elle ? »

« Elle a raté deux séances photos cette semaine. Misaki-san était très en colère car elle n'arrive pas à la joindre. Du coup, elle m'a demandé d'aller voir chez elle ce qui se passait »

« Elle ne va plus travailler ? » avais je réagi un peu inquiet. « Tu es allé la voir aujourd'hui ? »

« Oui, j'y suis allé cet après midi à l'heure où elle rentrait de cours » m'avait il répondu apparemment un peu inquiet aussi. « Elle m'a juste dit qu'elle était fatiguée et qu'elle reviendrait travailler bientôt. Mais elle ne m'a pas dit quand »

« C'est étrange » m'étais je contenté de répliquer. « Pourquoi est ce qu'elle … »

Hein ? Je venais de percuter. Il m'avait dit qu'il était allé la voir en fin d'après midi alors qu'il est plus de 22h00 ?

« Euh … Combien de temps vous avez parlé Kirino et toi ? » demandais je perplexe

« Oh, juste un quart d'heure environ » me répondit Mikagami en souriant comme pour dire de ne pas m'en faire, qu'il n'allait pas me piquer ma sœur.

« Et qu'est ce que tu as fait après ? » le questionnais je dans l'incompréhension.

« Eh bien j'ai attendu que tu rentres pour savoir si tu pouvais me dire quelque chose à propos de tout ça » répliqua t'il tout naturellement sur un ton sérieux.

« Tu m'as attendu tout ce temps dehors par ce froid juste pour me parler ? » lui avais je dit en soupirant.

Décidément, Mikagami restait toujours fidèle à lui-même.

Soucieux de ne pas que mes voisins me voient en compagnie d'un homme qui avait fait le pied de grue dans le quartier pendant des heures, j'avais pris congé de mon apprenti stalker sans pouvoir lui apprendre quoi que ce soit sur l'état de Kirino. Alors que je venais enfin de rentrer et d'annoncer mon retour, je reçu la réponse de maman au salon qui regardait la télé. Papa était parti se coucher, il commençait tôt demain. Quant à Kirino, elle était sûrement recluse dans sa chambre.

Après avoir mangé le plat que maman m'avait fait réchauffé, je lui souhaita bonne nuit et je monta en direction de ma chambre. J'avais hâte de me mettre au lit même si je devais encore faire mes devoirs. Avant de rentrer dans ma chambre, je jeta comme d'habitude un rapide coup d'œil à celle de Kirino. Elle était toujours debout apparemment. Ce que m'avait raconté Mikagami m'avait turlupiné et l'envie de demander des explications à ma sœur ne me manquait pas.

Mais ce soir, c'était trop. Ça pouvait bien attendre demain.

Une fois dans ma chambre, je m'affala avec jouissance sur mon lit en soupirant. Mais la journée n'était hélas pas finie avec les devoirs qu'il me restait. Je m'apprêtais à faire l'effort de me lever lorsque sans crier gare, la porte de ma chambre s'ouvrit.

C'était Kirino. Sans même m'adresser un regard, elle s'était dirigée vers les cartons qui étaient devant mon lit.

« Eh ! avais je réagi scandalisé. « Je t'ai déjà dit de ne pas rentrer comme ça sans frapper ! C'est ma chambre ! »

« La ferme » me répondit elle sur son ton dédaigneux habituel. « Je viens juste chercher un de mes jeux »

Car oui, pour ceux qui avaient oublié, ma chambre était devenue une annexe de celle de ma sœur. Elle avait profité du fait que je n'y avais pas habité pendant deux mois pour y stocker tous les eroges, figurines, accessoires et autres qui débordaient littéralement de ses placards. J'avais bien tenté de reprendre mes droits une fois revenu mais c'était trop tard, plus rien ne rentrait dans la chambre de ma sœur.

Tandis que Kirino s'attardait sur le contenu des cartons devant moi, j'avais repensé à ce que m'avait dit Mikagami. Au fond, pourquoi ne pas essayer de résoudre ce problème maintenant qu'elle était là ?

« Kirino ? » lui avais je parlé en me redressant de mon lit.

« Quoi ? » se contenta t'elle de réagir sans lever le nez de ses cartons.

Sa réponse sèche m'avait agacé. Je décida de ne pas tourner autour du pot.

« Pourquoi tu ne vas plus à tes séances photos ? »

Ma sœur se releva un peu surprise. Elle se demandait sûrement comment je pouvais savoir. Evidemment, peut être ne se doutait elle pas que Mikagami était du genre à jouer les stalkers des heures durant dans le quartier.

« Ça … Ça ne te regarde pas ! » finit elle par dire en prenant un jeu dans le carton.

Mais alors qu'elle s'apprêta à sortir, je me mis devant la porte pour l'en empêcher.

« Dégage ! » réagit elle agacée.

« Est-ce que ça a un rapport avec ce qui s'est passé la veille du nouvel an ? » lui avais je lancé sans ménagement.

« Je … Bien sûr que non ! » fit elle un peu gênée. « C'est juste que … » essaya t'elle d'enchaîner en baissant les yeux.

« Si tu as un problème, tu sais que tu peux m'en parler ? »

Kirino laissa échapper un pouffement de réprobation.

« Hein ? Tu voudrais que je parle de mes problèmes à mon frère siscon qui m'a crié – je t'aime ! – en étant sérieux ? » avait elle dit énervée en mimant bêtement la déclaration que je lui avais faite.

« Grumpf » avais je juste grommelé en grimaçant.

Evidemment, elle n'avait pas oublié. Comment aurais t'elle pu d'ailleurs ? Et puis les filles n'oubliaient pas une déclaration d'amour si facilement, surtout si elle venait de leur frère j'imagine.

« Désolé ! » avais je réagi soudainement en baissant la tête devant ma sœur.

Il était temps en effet de crever l'abcès.

« Désolé pour tout ce que je t'ai dit cette nuit là ! Oublie tout ça s'il te plaît ! » enchéris je en m'inclinant encore davantage.

« Euh … » s'était contenté de dire ma sœur avec un léger mouvement de surprise.

« Pardonne moi s'il te plaît ! » avais je a nouveau crié en notant l'absence de réaction de Kirino.

Quelques secondes s'écoulèrent encore puis Kirino finit par prendre la parole.

« C … C'est bon. C'est oublié »

« Merci pour tout » déclarais je en me redressant et en libérant le passage vers ma porte

Oui, c'était déjà bien d'avoir pu obtenir des excuses pour le malentendu qu'il y avait entre moi et ma sœur. J'avais préféré ne pas forcer les choses et permettre à Kirino de s'en aller sans m'avoir parlé de son problème avec les séances photos.

Mais elle ne quitta pas ma chambre.

Elle s'était assise sur mon lit en posant son jeu à côté d'elle tandis que j'étais resté debout.

« Je … J'ai appris pour toi et Ayase » finit elle par me dire en regardant vers la fenêtre qui donnait vers le ciel étoilé.

« Hein ? » réagissais je en rougissant. « Que … Que veux tu dire ? »

« Je sais qu'elle t'a fait une déclaration, idiot ! » compléta ma sœur agacée par mon incompréhension.

Ayase en a parlé à Kirino ? Je ne l'aurais pas cru.

« Ah … » fis je en rougissant. « Et donc … » me repris je après quelques secondes. « C'est pour ça que tu ne vas plus à tes séances ? »

« Elle … Elle me parle tout le temps de toi maintenant ! » s'enerva Kirino. « C'est infernal ! Et avec ce que tu m'avais dit … » conclua t'elle en rougissant.

« C'est donc ça le problème ? »

« Ne fais pas comme si ce n'était rien ! » fit ma sœur d'un air outré.

Effectivement, je pouvais comprendre le point de vue de ma sœur. Si à mon boulot, Ryuji-san me parlait tout le temps de Kirino, je crois que je serais déjà devenu fou.

Alors que ma sœur m'avait un peu invectivé, je lui avais promis de contacter Ayase pour régler ce petit détail et qu'elle pourrait retourner comme avant aux séances. Kirino avait fini par me remercier à demis mots avant de se lever de mon lit pour s'apprêter à rentrer dans sa chambre. Mais au moment de prendre la poignet, elle s'adressa de nouveau à moi.

« A propos … » déclara t'elle alors qu'elle était toujours face à la porte

« Hum … Oui ? » avais je répondu en grommelant alors que je n'avais même pas eu le temps de m'asseoir à mon bureau.

« C'était quoi cette déclaration ? »

« Hein ? » répondis je dans l'incompréhension totale.

« Je dis : qu'est ce que c'était que cette déclaration de merde que tu m'as faite l'autre jour ?! » s'écria Kirino en se retournant vers moi.

J'avais eu tellement de questions qui se précipitaient dans ma tête à ce moment là que j'étais resté bouche bée.

« Sans déconner ! » poursuivit Kirino. « Tu t'es pointé dans ma chambre à moitié malade, sans même un bouquet de fleur ni rien et tu ne m'as même pas invité au restaurant ensuite ! Tu crois qu'on se déclare aux filles comme ça ? » avait repris ma sœur d'un air outré.

« Euh … » avais je fini par sortir toujours un peu surpris.

« Si tu veux qu'une fille te dise oui un jour, tu dois suivre quelques règles de bases pour te déclarer. Sinon tu resteras seul toute ta vie ! » continua Kirino en remuant son doigt comme pour me donner une leçon.

A ce moment là, je n'avais pas pu m'empêcher d'éclater de rire devant le surréalisme de la situation.

« Eh ! Pourquoi tu rigoles ? C'est très important ce que je te dis ! Tout d'abord avant ta déclaration tu dois … » avait repris ma sœur un peu outrée face à ma réaction.

Alors que j'avais commencé à me forcer à écouter les bons conseils de ma sœur sur comment se déclarer à une fille, je n'avais pas pu m'empêcher de continuer à rire un peu.

J'avais retrouvé la Kirino que je connaissais.

Je m'étais enfin réconcilié avec ma petite sœur.