ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI
VOLUME FINAL
chapitre 2.7
Même si je m'étais attendu à ce qu'elle me demande n'importe quoi, j'avoue que je n'aurais jamais cru qu'elle me fasse une telle requête.
« Tu … Tu veux que je repousse Ayase si je perds ? »
« O … Oui ! » me confirma ma sœur en baissant son regard vers le sol.
Je m'étais retenu de lui demander des explications. Et puis après tout, c'est vrai que Kirino et moi avions solennellement décidé de ne pas avoir de petits amis après ce qu'il s'était passé avec Kuroneko. J'avais donc accepté la demande de ma sœur qui avait semblé surprise que je n'aie pas cherché pas à en savoir plus. Mais elle s'était bien gardée de s'attarder elle même sur le sujet.
« Ah au fait, j'ai un truc pour toi » repris ma sœur en sortant une sorte de bandeau de sa poche à l'effigie de Meruru.
« Hein ? » fis je un peu décontenancé. « Qu'est ce que tu veux que j'en fasse ? »
« Ne … Ne soit pas aussi vulgaire ! » m'avait presque grondé Kirino. « C'est un bandeau qui contient toute la force et la passion de Meruru ! Je l'ai toujours avec moi quand je révise ou quand je fais un truc important. Vois ça comme un stimulant ! » ajouta ma sœur les yeux brillants d'excitation.
« Ah … » fis je en cachant difficilement mon manque d'enthousiasme. « Bon … Si tu insistes, je le prend. » déclarais je en saisissant le bandeau en question.
« Parfait ! » répliqua Kirino. « Si tu perds le pari, tu n'auras plus aucune excuse comme ça ! »
J'avais regardé ma sœur d'un air perplexe. Je m'étais vraiment demandé si elle souhaitais que je gagne pour que je puisse avancer dans la vie ou si elle voulait vraiment que je perde pour ne pas que je ne risque de me mette avec Ayase.
Alors que notre pari était conclu, Kirino allait sortir de ma chambre lorsqu'elle remarqua quelque chose sur mon bureau. Intriguée, elle me montra du doigt l'objet qui avait attiré son attention. Je m'étais retourné en me demandant de quoi elle pouvait bien parler lorsque …
Merde !
Elle avait vu l'épingle à cheveux que Ayase avait perdu lorsqu'elle était venue me réveiller en pleine nuit il y a deux semaines.
J'avais tenté de la prendre pour la cacher à ma sœur et jouer les innocents mais Kirino fut plus rapide et avait réussi à la saisir avant moi. Elle s'était vite rendu compte que cette épingle n'était pas à elle et m'avait demandé sur un ton suspicieux comment ça avait atterrit dans ma chambre.
« Ce … C'est à Ayase » avais je fini par avouer un peu gêné. « Elle est passée au moment que tu étais en shooting au Mont Fujiyama. »
« Hein ? » réagissa Kirino surprise. « Maman m'a dit que personne n'était venu pendant que je n'étais pas là. Tu l'as fait venir en cachette c'est ça ? » s'était un peu énervée ma sœur en me montrant du doigt tout en tenant l'épingle telle une pièce à conviction.
« Ce … Ce n'est pas ce que tu crois ! » avais je répliqué pour me défendre. « Elle est passée ici alors qu'il faisait nuit »
« Hein ?! »
Résigné, j'avais décidé de raconter en détail à Kirino comment Ayase avait fait un double des clés de notre maison en fouillant les poches de son manteau et comment elle avait attendu dans sa chambre qu'il fasse nuit pour venir me réveiller.
« Aaah ! » s'écria ma sœur après avoir entendu mon histoire. « Mais c'est répugnant ! Elle n'a rien fait d'étrange dans ma chambre au moins ? » s'inquiéta t'elle.
« Euh … Non rien du tout » l'avais je rassuré peu convaincant et surpris qu'elle ait pensé à la même chose que moi.
« Et vous n'avez rien fait de pervers ensemble dans la maison non plus ? » ajouta fermement ma sœur.
« Je … Je t'ai dit qu'il ne s'était rien passé d'autre que ce que je t'ai raconté ! » répondis je outré en rougissant un peu.
« Bon … » fit ma sœur peu convaincue. « Alors n'oublie pas notre pari ! » conclua t'elle en ouvrant la porte de ma chambre pour sortir.
« Attends ! » lui avais je lancé. « Je … Tu ne m'as pas rendu l'épingle à cheveux … » précisais je un peu gêné.
« Hein ? » déclara Kirino d'un air indigné. « Tu crois quand même pas que je vais laisser un pervers comme toi s'amuser avec l'épingle à cheveux de mon amie ?! Je le lui rendrai demain … Après l'avoir nettoyé ! » conclua t'elle d'un air dégoûté en prenant l'épingle à cheveux avec son autre main sous sa manche.
« Tu … Tu insinues quoi là ? » avais je protesté. Mais sans résultat. Kirino avait claqué la porte de ma chambre pour retourner dans la sienne.
Finalement, ça s'était mieux passé que je ne l'avais espéré. Maman et papa semblaient être d'accord avec mes nouveaux projets et Kirino avait aussi l'air satisfaite malgré le pari un peu bizarre qu'on avait conclu ensemble. J'étais content, tout avait l'air de marcher comme sur des roulettes.
Maintenant, le plus dur restait à faire. Après avoir potassé toute la nuit ou presque, j'avais réalisé que je ne pourrais jamais m'améliorer tout seul si je voulais avoir 16 de moyenne à l'examen. A l'école, j'avais donc demandé à Manami de m'aider. Elle était parmi les premiers de la classe et connaissait des tas de méthodes pour bien étudier. J'avais eu peur qu'elle ait peut être un peu mal pris ce qui s'était passé entre nous le mois dernier mais elle m'avait accueilli avec un grand sourire et avait été d'accord pour m'aider.
C'est ainsi que pendant un mois, j'avais passé presque tout mon temps libre à préparer l'examen avec Manami. Cela se déroulait en général chez elle mais elle était aussi plus rarement venue chez moi. Néanmoins, on avait toujours étudié en restant dans le salon. C'était préférable avec Kirino à côté qui passait son temps à jouer à des eroges. Et au moins, on ne pouvait pas me soupçonner de faire quoi que ce soit de pervers. Lorsque je butais trop longtemps sur un problème, je regardais parfois en souriant le bandeau que Kirino m'avait confié et je retrouvais l'énergie pour reprendre mes efforts.
Le mois précédant l'examen était passé si vite que j'avais eu à peine l'impression de l'avoir vécu. Je m'étais sans m'en rendre compte déjà retrouvé devant le lycée pour la première journée des épreuves. Mon cœur battait comme si je m'apprêtais à faire une déclaration d'amour. Mais ce n'était pas le moment de se décourager. J'avais fouillé mes poches pour prendre ma carte de lycéen à montrer aux surveillants mais …
Horreur !
Mes poches étaient vides !
J'avais fouillé frénétiquement chaque endroit où j'aurais pu ranger cette fichue carte mais rien. Mon sac, mes poches de chemises, mon bento, même mes manches … Il n'y avait rien ! Et sans elle, je ne pouvais pas passer l'examen. Et il ne restait que dix minutes avant le début de l'épreuve.
« Ah ah ah … » avais je commencé à rire nerveusement. « Je … Je n'ai plus qu'à me suicider … » complétais je pour moi-même en pensant à la réaction de papa quand il apprendrait que j'ai raté l'examen parce que j'avais oublié de prendre ma carte avec moi.
« Eh ! Idiot ! » fit une voix qui m'était familière alors que quelqu'un venait de me pousser dans le dos.
Je m'étais retourné et évidemment, je vis à qui appartenait cette voix. Kirino bien sûr. Elle était toute essoufflée.
« P … Pourquoi es tu là ? » lui avais demandé un peu stupéfait.
« Tu n'as pas oublié quelque chose sur la table du salon en partant ? » me demanda t'elle un peu énervée
« Hein ? Pas possible, tu … »
« Tiens, crétin ! » répliqua t'elle fermement en sortant quelque chose de son sac qu'elle me tendit.
« Oh ! Ce … C'est … C'est ma carte d'étudiant ! » avais je réalisé les larmes aux yeux.
« Vraiment … T'es un cas toi ! » rajouta Kirino en regardant ailleurs d'un air de lassitude.
Alors que j'avais tenté de réprimer mes larmes qui commençaient à jaillir, j'avais pris la carte que m'avait tendu Kirino de mes deux mains et j'avais serré la sienne de toute mes forces.
« M … Merci ! Merci ! » lui avais je répété en larme tout en continuant de tenir fermement sa main.
« A … Arrête bon sang ! C'est répugnant ! » réagissa Kirino en m'arrachant de force sa main aux miennes tandis que quelques regards commençaient à se tourner vers nous.
« M … Merci encore ! » adressa je à ma sœur comme si je ne pouvais plus m'arrêter.
« Grouille toi d'aller aux épreuves au lieu de faire l'imbécile ! » s'était écrié ma sœur avant de repartir à son collège.
D'ailleurs c'était vrai. Ma sœur avait encore cours, elle. Et elle n'avais pas hésité à faire tout un détour juste pour m'amener ma carte que j'avais bêtement oublié, ce qui allait sûrement la faire arriver en retard. Je m'étais senti un peu coupable sur le coup mais d'un côté, j'étais aussi heureux. Ma sœur venait presque de me sauver la vie même si je savais qu'elle n'apprécierait sûrement pas trop que je puisse partir étudier à l'étranger. Bon certes, elle croyait probablement aussi que je n'arriverai pas de toute manière à avoir la moyenne suffisante demandée par mon père.
Mais je n'allais pas laisser ça arriver. Kirino venait de me remettre en selle, et j'avais l'intention de donner tout ce que j'avais. A peine entré dans la salle où allait se dérouler l'épreuve, j'avais mis ma carte sur ma table mais j'avais aussi sorti le bandeau que ma sœur m'avait donné comme une sorte de porte bonheur. C'était un peu la honte évidemment avec le surveillant venu me contrôler qui avait dû me prendre pour le dernier des otakus. Mais je m'en fichais. J'avais l'impression qu'une partie de l'esprit de ma sœur était présent avec moi par le biais de ce bandeau. Et avec la carte qu'elle m'avait elle-même amené, me sauvant du coup la mise, j'avais acquis l'intime conviction que je ne pouvais plus échouer.
J'allais forcément réussir.
La semaine où se déroula les épreuves était elle aussi passée très vite, même si elle j'avais éprouvé un niveau de stress que j'avais rarement ressenti. Kirino m'avait charrié de temps en temps sur la confiance que j'avais affiché quant à l'approche de l'annonce des résultats. Pour elle, impossible que j'obtienne plus de 16 de moyenne générale. Mais de mon côté, je me sentais serein. J'avais vraiment fait mon possible, plus que mon possible même. Il était impossible bien sûr d'être certain du résultat mais j'étais heureux d'avoir vraiment tout pu donner lors de cette fameuse semaine.
Puis vint le jour de l'annonce des résultats.
J'étais parti accompagné de ma sœur qui n'avait pas voulu que j'y aille seul car elle pensait que j'aurais été capable de truquer mon relevé de notes en revenant. Elle voulait voir mes résultats de ses propres yeux. Même si elle pensait toujours que je n'aurais pas la moyenne suffisante, j'avais pu sentir qu'elle était quand même légèrement anxieuse. Mais ce n'était rien à côté de moi.
« Alors, tu as décidé à quelle compagnie aérienne tu allais t'abonner pour me rendre visite en Angleterre ? » avais je lancé ironiquement à ma sœur alors que le lycée était en vue.
« Grumpf ! » grommela ma sœur avant de se reprendre. « Tu devrais plutôt penser à ce que tu vas dire à Ayase pour la repousser » déclara t'elle en souriant malicieusement.
« C'est ce qu'on va voir » lui avais je simplement répondu en sentant le stress monter.
« Tiens, tu était au courant ? Il paraît que le dernier garçon avec qui Ayase est sorti s'est retrouvé à l'hôpital après qu'il ait rompu avec elle. Etrange non ? » répliqua ma sœur avec une expression démoniaque.
« … Ah ah ah ! » avais je réagi après quelques secondes d'hésitation. « Tu … Tu ne sais plus quoi inventer hein ? »
« Oh ? Tu penses que j'invente ? » ajouta Kirino un sourire déplaisant aux lèvres.
« L … La ferme ! »
Alors que nous venions de franchir l'enceinte du lycée pour nous rendre au panneau où étaient indiqués les résultats, il y avait déjà beaucoup de monde massé devant. Apparemment, les surveillants venaient tout juste de les afficher. Ma sœur et moi avions commencé à nous approcher lorsque nous avions croisé Akagi. Sa sœur elle aussi l'avait accompagné. Je m'étais demandé à ce moment s'ils n'avaient pas non plus fait un pari stupide ensemble.
Soudain en me voyant, Akagi eu une expression choquée.
« K … Kyo … Kyosuke ! Tu … Tu as … » bégaya Akagi en me montrant du doigt tout en tremblant.
« Hein ? » lui répondis je en sentant que mon stress venait encore de monter d'un cran.
« Tu … Toi … Tu as … » avait continué Akagi sans réussir à finir sa phrase.
« Kyosuke-kun » reprit Sena. « C … C'est incroyable ! Va voir tes résultats ! Vite ! » conclua t'elle en souriant enthousiaste.
Pris d'une soudaine montée d'adrénaline qui s'était ajoutée à mon stress, j'avais planté Kirino sans voir sa réaction pour me précipiter aux panneaux des résultats. J'avais bousculé quelques personnes non sans m'excuser quand même puis j'étais enfin arrivé à portée de vue des tableaux. Les noms des reçus étaient classés selon leurs moyennes avec celui ayant eu la plus haute en premier. Juste à côté, la moyenne en question. Evidemment, je n'étais pas en premier même si en voyant la réaction d'Akagi, je m'étais presque dit que ça pouvait être possible. Le premier en question avait d'ailleurs eu 18,44. Un vrai génie qui devait bientôt partir étudier à l'étranger lui aussi.
J'avais commencé à lentement mais péniblement à lire petit à petit les noms plus bas tout en pensant que plus je descendais, plus la moyenne qui était liée s'affaiblissait. Je n'étais pas dans les cinq premiers. Ni non plus dans les dix. J'étais passé aux noms ayant moins de 17 de moyenne, puis moins de 16,5.
Mon regard s'était attardé de plus en plus sur les noms plutôt que sur les moyennes. Je n'étais pas parmi les vingt premiers non plus. Ni parmi les cinq qui suivaient. Mon stress commença à me faire limite vaciller.
Et puis c'est là que je l'ai vu. Il était en 34ème position. Mon nom.
Kousaka Kyosuke – Moyenne : 15,29 - Reçu
J'avais échoué.
