ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

Chapitre 3.1


La rue était animée en cette fin de matinée de semaine du mois de mai.

J'étais en train de marcher sur le trottoir les mains dans les poches en errant sans but particulier. J'avais pris un jour de congé aujourd'hui pour pouvoir m'aérer un peu l'esprit et avoir le temps de réfléchir un peu sur moi-même. Quinze jours s'étaient écoulés depuis que Kirino et moi avions eu une violente dispute qui avait finie en larme pour moi comme pour elle. Nous allions bientôt partir chacun de notre côté pour commencer à faire notre vie. Rien de plus normal en somme pour des frères et sœurs. Pourtant, cette nuit là, j'avais eu le sentiment que ce n'était peut être pas ce que je voulais.

Mais alors bordel, qu'est ce que je voulais justement ?!

Alors que je continuais de m'apitoyer sur moi-même, je m'étais retrouvé sans vraiment le faire exprès au café où Kirino, Kuroneko, Saori et moi nous étions arrêté juste avant de rentrer respectivement chez nous ce fameux jour. Comme je commençais à avoir faim, je m'étais installé sur une de leur table et j'avais commandé le menu du jour.

« Oh ! Kyosuke-shi ! »

« Hein ? » fis je surpris en entendant cette voix familière dans mon dos. « Saori ! Quelle bonne surprise ! » complétais je en lui faisant signe.

Saori venait d'entrer elle aussi dans le café. Elle ne portait pas ses vêtements d'otaku habituels mais elle avait quand même ses fameuses lunettes sur le visage. Sans elles, elle n'était d'ailleurs pas évidente à reconnaître.

« Quelle surprise de te trouver ici, Kyosuke-shi ! » m'adressa Saori en s'asseyant à ma table.

« Oh, je suis juste là par hasard. Tu viens souvent ici toi ? »

« Bien sûr ! Ce café n'est pas très loin de chez moi. Je viens presque tous les jours. C'est pour ça que je vous ai proposé de prendre des consommations ici la dernière fois » déclara t'elle en prenant le menu en souriant.

Saori et moi avions donc dîné ensemble ce jour là. Elle m'avait parlé de ses trucs d'otakus auxquels je ne comprenais pas toujours grand-chose mais c'était toujours un plaisir de discuter avec elle. Quoi qu'on lui dise, elle ne le prenait jamais mal. Fatalement, Saori avait fini par me demander comment ça allait entre moi et Kirino. J'avais poussé un léger soupir puis je lui avais raconté toute l'histoire.

« Hum … » avait réagi Saori à la fin de mon récit. « Alors Kirino-shi et toi n'allaient plus pouvoir vous voir alors ? »

« Oui … » répondis je un peu triste. « Je ne sais pas trop comment faire pour arranger les choses. »

« Kyosuke-shi ! » s'écria soudainement Saori après quelques secondes de silence. « Je pense que tu as voulu trop en faire. Pourquoi ne pas simplement rester toi-même ? C'est comme ça que Kirino-shi t'aime non ? » compléta t'elle pleine d'entrain.

« Oh ? Mais … Je faisais justement ça pour essayer de devenir quelqu'un de meilleur » avais je répliqué en pleine incertitude.

« Bien sûr. C'est bien d'essayer d'être meilleur. Mais ne brûle pas d'étape, Kyosuke-shi ! Tu as encore toute la vie devant toi ! »

« Tu … Tu le penses vraiment ? » déclarais je en terminant mon dessert.

« Oui ! » répondit Saori avec conviction. « Kyosuke-shi, tu es déjà quelqu'un de bien. Tu peux devenir encore meilleur bien sûr, mais n'oublie jamais de rester toi-même ! »

J'avais légèrement rougi en entendant les paroles de Saori. J'avais l'impression qu'elle me bombardait d'une aura positive d'une puissance inouïe. Alors que j'avais encore le moral dans les chaussettes il y a quelques instants, Saori venait de me redonner de la vitalité.

« C … C'est vrai. Tu as sans doute raison » répondis je finalement en souriant enfin à mon tour. « Merci Saori ! » lui adressais je sincèrement.

« Ah ah ! Ce n'est rien, Kyosuke-shi ! » répliqua Saori en rougissant légèrement devant la sincérité de mes remerciements

A la fin du repas, j'avais insisté pour payer l'addition malgré la gêne de Saori. Une fois dehors, avant de nous séparer, je lui avais promis que j'allais arranger les choses avec Kirino et que l'on ferait bientôt une nouvelle sortie tous les quatre. Alors que je m'apprêtais à partir, Saori me retint par le bras en disant qu'elle voulait faire quelque chose avant. Un peu surpris, je lui ai demandé ce que c'était. Et sans crier gare, elle avait enlevé ses lunettes pour laisser apparaître ses magnifiques yeux verts où le ciel paraissait se refléter. Surpris, j'avais rougi un peu en soutenant son regard. Et au moment où j'avais commencé à bégayer en lui demandant où elle voulait en venir, elle avait rapproché rapidement son visage du mien et m'avait embrassée.

Sur la joue.

« Un petit encouragement pour toi, Kyosuke-shi. » m'avait adressé Saori après son acte.

« Euh … Je … » avais je begayé en étant rouge pivoine.

« Bonne chance, Kyosuke-shi ! » s'était écriée Saori avant de remettre ses lunettees et de partir en courant dans la direction opposée à la mienne.

J'étais resté en plan quelques secondes le temps de me remettre de ce qui venait de se passer. Ce n'était que lorsque Saori fut hors de mon champ de vision que je pu à nouveau me retrouver maître de mon corps, plus motivé que jamais à arranger les choses avec ma sœur.

« Merci, Saori-san ! »

J'étais rentré presque en courant à a maison tellement j'avais peur que l'aura positive que m'avait transmis Saori ne s'échappe soudainement comme elle était venue. Une fois arrivé, je m'étais à peine déchaussé que j'étais monté à l'étage sans même prendre le temps de me rafraîchir à la cuisine.

« Ohé ! Kirino ! Ouvre, je dois te parler ! » avais je crié en tapant à la porte de la chambre de ma sœur.

Je savais qu'elle était là puisque ses chaussures étaient encore sur le palier. Papa était au boulot et maman était partie faire une course. Je pouvais me permettre d'être un peu bruyant.

« Kirinoooo ! Ouvre cette porte ! » continuais je d'hurler motivé comme jamais.

Mais pas la moindre réponse.

Sans me décourager, j'avais alors mis en garde ma sœur. Si elle ne m'ouvrait pas, elle allait devoir supporter de m'entendre chanter tout mon répertoire de chansons favorites. Et j'étais bien chaud pour le faire. Toujours pas de réponse néanmoins. Soit. Je m'étais mis à côté de sa porte et j'avais commencé à entonner mes chansons favorites à vive voix. Tout y était passé. Même des chansons complètement nazes que j'avais appris étant petit et que je n'avais plus chanté depuis un bail mais dont je me souvenais malgré tout. Au total, ce cirque avait dû durer maintenant depuis près d'une heure mais Kirino n'avait toujours pas réagi.

Puis d'un coup, sa porte s'ouvrit. Elle sortit enfin de sa chambre. J'avais voulu lui parler directement mais il fallait d'abord que je reprenne un peu mon souffle. Mais alors que ma sœur passait à côté de moi, elle m'avait volontairement jeté quelque chose aux pieds. Je m'étais demandé quelques secondes ce que ça pouvait bien être avant de regarder au sol pour voir que c'était … une pièce de 500 yens.

La petite peste ! Elle venait de me traiter comme un pauvre mendiant réduit à chanter son répertoire musical pourri pour gagner de quoi survivre ! Et alors que je reprenais toujours mon souffle, elle était descendue au rez de chaussée sans un mot ni un regard pour moi, exactement comme ces quinze derniers jours.

Mais cette fois ci, ça n'allait pas se passer comme ça. Après avoir ramassé la pièce par réflexe car ça ne se faisait pas de laisser traîner de l'argent, j'avais à mon tour descendu ventre à terre les escaliers et j'étais arrivé à portée de ma sœur qui s'apprêtait à sortir après avoir mis ses chaussures.

« Kirino ! Je dois te parler ! Ecoute moi ! »

Mais ma sœur semblait ne même pas m'entendre et ouvra la porte pour sortir. J'avais voulu aller à sa poursuite mais quelqu'un entra en même temps que Kirino sortit. C'était maman. Elle m'avait demandé ce qui se passait. Je lui avais répondu « rien » en essayant de dissimuler mon essoufflement.

Kirino venait de partir. Maman m'avait coupé dans mon élan. J'avais complètement perdu ma motivation du coup. Et même si je voulais lui parler, je ne savais même plus quoi lui dire. Mon inspiration s'était envolée.

« Ah Kyosuke à propos, Ayase a appelé à midi pendant que tu étais sorti » avait commencé à me dire maman.

« Ayase ? » répondis je un peu surpris.

« Oui. Elle voudrait que tu … »

« Mais bien sûr ! Ayase ! » m'étais je écrié en coupant maman complètement stupéfaite.

Sans même que maman ait vraiment eu le temps de répliquer, j'avais enfilé mes chaussures et j'étais sorti pour partir à la poursuite de Kirino. Je venais de trouver le moyen de l'obliger à réagir.

Après avoir couru une petite minute, j'avais fini par la rejoindre. Je l'avais appelé au fur et à mesure que je me rapprochais d'elle mais encore une fois, elle fit comme si je n'existais pas. Un peu enervé, je m'étais mis à l'appeler nerveusement par son nom encore et encore pour la faire réagir même un petit peu. Soudain, Kirino dévia un peu de son chemin pour aller à la rencontre d'un agent de police qui passait à proximité.

« Qu'est ce qu'elle fait ? » m'étais je demandé en voyant alors Kirino me désigner du doigt en parlant au policier. « Non, elle ne va quand même pas oser … »

Kirino continua alors sa route tandis que le policier était venu à ma rencontre en voyant que je m'apprêtais à suivre ma sœur.

« Monsieur » m'a-t-il abordé calmement mais fermement. « Vous ennuyez cette demoiselle. Je vous prierai de bien vouloir faire demi tour »

Quelle vipère !

« Non vous ne comprenez pas » avais je tenté de me justifier. « C'est ma petite sœur. Je … »

« Monsieur. Si vous n'obtempérez pas, je serai obligé de vous emmener au poste !» rajouta le policier fermement en m'empêchant de poursuivre ma sœur qui commençait à s'éloigner.

J'avais alors décidé de jouer le tout pour le tout.

« Kirino ! » avais je crié de toute mes forces pour être sûr qu'elle m'entende. « Tu veux que je repousse Ayase pas vrai ?! »

Ma sœur s'était soudainement arrêtée, bien qu'elle continuait toujours à me tourner le dos. Mais j'étais satisfait. C'était la première fois en quinze jours qu'elle réagissait à l'une de mes paroles.

« Si tu veux que je le fasse, alors rejoins moi dans ma chambre quand tu rentreras à la maison ! » hurlais je sans me retenir, et tant pis pour la discrétion.

Ma sœur était restée figée encore pendant quelques secondes. Comme elle me tournait le dos, je ne pouvais pas savoir quelle expression elle avait au visage mais j'espérais avoir réussi à la faire réagir significativement. Puis elle avait repris sa route comme si de rien n'était. Voyant que j'avais apparemment obtenu ce que je voulais, j'étais enfin retourné sur mes pas à la grande satisfaction du policier auquel Kirino avait parlé qui était alors reparti faire sa ronde de son côté.

Le soir venu, je m'étais mis à attendre Kirino dans ma chambre, non sans ressentir un peu d'anxiété néanmoins. Je n'étais pas encore sûr de ce que j'allais lui dire mais de toute façon, ça n'aurait pas pu être pire que notre situation actuelle. Alors que je lisais un livre, il m'avait semblé reconnaître le pas de ma sœur qui montait les escaliers. Aucun doute, ça ne pouvait être qu'elle. Et comme pour confirmer mon intuition, quelqu'un venait de toquer à ma porte.

« Ah, elle prend même la peine de frapper avant d'entrer » m'étais je dit en souriant. C'était bon signe.

Je m'étais levé de mon lit et j'avais entreprit d'aller ouvrir la porte en préparant mon plus beau sourire. Il fallait que je soigne mon entrée. Me réconcilier avec ma sœur allait être délicat cette fois. Mais je me sentais prêt à le faire.

J'ouvris délicatement la porte en m'apprêtant à saluer Kirino lorsque …

« B … Bonsoir onii-san ! »

« Hein ? »

La fille qui se trouvait derrière la porte n'était pas Kirino mais Ayase !