ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 3.2


Après avoir difficilement retenu un râle de surprise, j'avais ouvert la porte en grand en m'apprêtant à demander à Ayase pourquoi elle était venue mais elle ne me laissa pas le temps de prendre la parole.

« Je peux entrer ? »

« Euh … Je t'en prie … » répondis je en la laissant passer.

Ayase entra en étant un peu stressée tout comme les autres fois où elle était rentrée dans ma chambre. Une fois la porte fermée, elle m'avait regardé comme si c'était à moi de deviner ce qu'elle était venue faire ici.

« Euh … Alors ? » me questionna t'elle en me regardant un peu suspicieusement.

« Hein ? »

« Pourquoi tu voulais absolument que je vienne te voir aujourd'hui dans ta chambre ? » avait complété Ayase perplexe.

« Pourquoi je … »

Ah ça y est, j'avais compris. C'était sûrement Kirino qui était derrière tout ça ! Elle avait dû demander à Ayase de venir dans ma chambre en lui faisant croire que j'avais quelque chose à lui dire. Et moi bien sûr, j'étais censé lui dire que je ne voulais pas qu'on se mette ensemble. Aaaah ! Pourquoi me faisait elle ça ?!

« Euh … Eh bien … » avais je essayé d'improviser. « C'est … C'est à propos de ma réponse »

Ayase eut soudainement les yeux qui brillaient.

« C'est … C'est vrai ? » répondit elle en rougissant un peu.

« O … Oui. Il faut que je te le dise … » répliquais je en suant terriblement.

Ayase avait commencé à trembler un peu. Elle semblait presque aussi stressée que moi. Et encore, moi je n'avais pas eu le temps de me préparer à tout ça.

« Ayase, je … »

Le souffle de Ayase s'était accéléré.

« Je te demande de me laisser réfléchir encore un peu ! S'il te plaît ! »

Je m'étais alors incliné de toutes mes forces devant Ayase pour accompagner ma supplique.

« P … Pardonne moi mais … J'ai … J'ai besoin d'encore un peu plus de temps ! » ajoutais je en sanglotant légèrement.

Ayase n'avait pas réagi tout de suite à ma demande. J'étais resté incliné quelques secondes face à elle en attendant sa réponse. J'avais en fait surtout peur qu'elle réagisse violemment et m'envoie valser contre la porte.

« C'est d'accord »

« Hein ? V … Vraiment ? » avais je répliqué assez surpris en me redressant du ton calme qu'avait employé Ayase pour me répondre.

« O … Oui, ça me va moi aussi » enchaîna t'elle en paraissant reprendre de bonnes couleurs. Son stress s'était envolé.

« Merci ! » lui avais je adressé en souriant.

« Mais je voudrais que tu me donnes ta réponse avant de partir en Angleterre ! » avais rajouté assez fermement Ayase.

« Oh. Tu … Tu es au courant alors ? » avais je dit en baissant les yeux. C'est vrai que je n'avais pas encore informé Ayasé de mon départ.

« Oui. Kirino m'en a parlé. Alors, c'est vraiment promis hein ? » poursuivit elle la main sur sa poitrine.

« Oui, c'est la moindre des choses. Fais moi confiance ! » répondis je avec conviction !

Apparemment satisfaite, Ayase s'était alors rendu compte qu'elle n'avait plus rien à faire dans ma chambre et avait préféré s'en aller tout de suite en étant un peu gênée. Je lui avais ouvert la porte et nous nous étions salué avant qu'elle ne s'en aille. Je m'étais ensuite affalé dans mon lit en poussant un grand soupir de soulagement. J'avais encore réussi à retarder le moment de vérité avec Ayase. En y repensant, c'était sûrement la réponse à une déclaration la plus lente de l'histoire du Japon. Mais après tout, comme l'avait dit Saori tout à l'heure, ce genre de comportement me ressemblait plus après tout.

Après m'être remis de la visite surprise d'Ayase, j'avais repensé à ma sœur qui était sûrement derrière tout ça. Moi qui voulais la faire réagir, c'était raté. Du coup, ma belle énergie de toute à l'heure s'était dissipée. Je n'avais pas de plan de secours en poche pour recoller les morceaux avec Kirino. Merde ! Comment est ce que j'allais …

Puis j'eus d'un coup une idée !

Je venais de repenser à ce pourquoi Kirino devait venir dans ma chambre. Je voulais la titiller à propos de si oui ou non j'allais sortir avec Ayase. Bien sûr, j'avais perdu le pari que j'avais fait avec ma soeur et j'aurais dû repousser Ayase mais après tout, Kirino n'avait pas été très fair play non plus dans cette affaire.

La bonne excuse trouvée, j'étais sorti de ma chambre pour aller toquer à la porte de celle de Kirino. Evidemment, pas de réponse. Mais cette fois, j'avais un atout dans ma manche que je m'étais empressé de sortir.

« Eh Kirino ! Je viens de parler avec Ayase comme tu le voulais ! »

J'avais attendu une petite réaction, même de curiosité, mais rien. Alors j'avais continué mon manège.

« Nous sortons ensemble maintenant ! Ça y est ! Nous aurons notre premier rendez vous demain ! »

J'avais souri un peu bêtement en m'imaginant la réaction de ma sœur qui venait d'entendre ça. Cette fois, j'avais senti un petit écho dans sa chambre. Victoire ! Mais comme elle tardait à ouvrir, j'avais décidé d'en rajouter une petite couche.

« Moi et Ayase allons même prévu de passer la nuit ensemble demain soir. Chez elle, rien que tous les deux ! »

Je dûs retenir un petit rire tant mon mensonge était grossier. Mais cette fois, ça avait l'air d'avoir marché ! La porte de la chambre de ma sœur venait de se déverrouiller !

Tant que j'y étais, pourquoi ne pas aller encore plus loin ?

« Nous regarderons peut être des films un peu osés ensemble, dans le noir et … » avais je commencé à déclarer en étant volontairement provoquant.

Mais je m'étais coupé tout seul en voyant la porte de la chambre s'ouvrir complètement.

« Onii-san … » avait formulé froidement une voix familière.

Alors que je m'attendais à voir le visage de Kirino excédé, c'était le regard froid d'Ayase qui m'avait fixé une fois la porte ouverte.

« Oh … A … Ayase … -chan ? Tu … Tu n'étais pas partie ? Hé hé … » avais je begayé comme un abruti complètement pénaud.

Ayase avait du mal à contenir sa fureur intérieur en me regardant.

« Onii-san … » me lança t'elle avec un regard qui commençait à faire froid dans le dos. « Tu sais ce que je pense à propos des mensonges n'est ce pas ? » rajouta t'elle avec une expression passée de l'ange au démon.

Je n'eus même pas le temps d'essayer de me justifier que sans m'en rendre compte, je m'étais retrouvé plaqué face au mur du couloir. Ayase venait de m'y envoyer voltiger via un de ses coups de pieds latéraux dont elle avait le secret. En retombant lourdement sur le sol, j'avais réussi à l'entrevoir quittant la chambre de Kirino très énervée.

« Onii-san tu n'est qu'un idioooot ! »

C'est sur ces mots qu'elle avait quitté en trombe la chambre de ma sœur pour dévaler les escaliers et claquer la porte de la maison. « Ouf » m'étais je dit. Après tout, ça ne s'était pas si mal passé.

En me relevant péniblement, j'avais pu jeter un coup d'œil furtif en direction de Kirino avant qu'elle n'ait refermé la porte de sa chambre. C'était peut être mon imagination mais il m'avait semblé qu'elle avait fait un petit sourire à mon égard. Pas le genre de sourire qu'on vous fait après que vous ayez été victime d'une mauvaise blague mais un sourire bienveillant comme si elle avait voulu me dire :

« Tu es toujours aussi bête, aniki »

Alors que ma soeur s'était renfermée dans sa chambre, je m'étais redirigé vers la mienne avec un petit sourire de satisfaction aux lèvres malgré tout ce qui s'était passé. Si j'avais pu faire en sorte que ma sœur sourit même l'espace d'un instant, alors je n'avais pas fait tout ça pour rien. C'était le premier pas pour me réconcilier avec elle.

Le jour d'après, sur le chemin pour aller au boulot, j'avais eu un appel téléphonique un peu particulier. Il s'agissait de Kuroneko. Je ne croyais pas aux coïncidences et je l'avais soupçonné de m'avoir appelé en sachant qu'à cette heure ci, j'étais en route pour le boulot. En effet, ma sœur n'aimait pas trop que Kuroneko m'appelle comme ça sans prévenir. Je me demandais même des fois s'il n'y avait pas des micros dans ma chambre car dès qu'elle m'appelait, ma sœur était toujours au courant.

« Et donc, tu vas bien alors ? On ne s'est pas vu depuis le jour de l'annonce des résultats. » avais je dit alors que j'attendais à un carrefour que le feu passe au vert.

« Oui, ça va bien, très bien même » rajouta t'elle un peu gênée.

« Et donc ? Tu voulais me parler de quelque chose ? Je dois aller travailler dans pas longtemps là » répliquais je en essayant d'isoler le téléphone à cause du bruit de la circulation.

« Oui. Est-ce que tu pourrais venir chez moi dimanche ? »

« Ce dimanche ? Eh bien … Je suppose que oui. Mais il faut que j'en parle à Kirino avant » complétais je un peu gêné d'avoir à faire cette précision.

« Tu me dois une faveur n'est ce pas ? »

« Hein ? » fis je un peu surpris avant de me rappeler de l'histoire de la photo que Kuroneko m'avait donné et où j'avais dit que je lui rendrais la pareille. « Euh, oui c'est vrai »

« Alors viens sans en parler à ta sœur. C'est la faveur que je te demande en retour »

La discussion prenait une tournure étrange. Me rendre chez Kuroneko sans en parler à Kirino avant ? Elle allait sûrement péter un câble si elle l'apprenait. En plus, vu comment nous étions en très mauvais termes en ce moment, je n'avais pas envie de rajouter de l'huile sur le feu.

Mais c'est vrai que sans Kuroneko, je serais sûrement avec une petite amie au bras à l'heure qu'il est. Même si je m'étais demandé un bref instant si au final, ça n'aurait pas été une si mauvaise chose.

« T … Très bien. Je viendrai chez toi dimanche alors »

« Parfait ! » répondit Kuroneko sur un ton enchanté.

« Est-ce que tu as prévu de faire quelque chose de spécial ce jour là ? » avais je demandé pour tenter d'en savoir plus.

« Je voudrais te présenter mon petit ami »