Bon, je crois que ça ne sert absolument à rien de promettre une publication régulière, alors je vais juste essayer de pas trop vous faire attendre entre deux chapitres '

Merci beaucoup à tout le monde pour vos reviews, ça me fait vraiment super plaisir, j'adooore voir un message qui commence par [FF Review Alert] xD

Merci aussi infiniment à EveningConfidence pour la correction de ce chapitre, vous ne vous rendez pas compte tout le boulot qu'elle a avec mes chapitres ^^'

L'univers Harry Potter appartient à JK, l'histoire à Damian Cross, etc. etc.

Enjoy !


Le lendemain, Fred évita Hermione comme la peste. Au lieu de sourire narquoisement et de rire quand elle lui reprochait de prendre les autres élèves comme cobayes, il marmonnait à présent une de vagues excuses, lui jetait un regard mi-meurtrier, mi-effrayé, et traînait George et Lee Jordan plus loin avant qu'elle ne puisse rouvrir sa grande bouche.

Son attitude, tout comme sa traque de Harry la veille, ne passa pas inaperçue aux yeux de George, qui commençait à s'inquiéter sérieusement. Il était si désespéré à l'idée que Fred devenait lâche, en plus d'être gay, qu'il écrivit, en secret, à son frère Bill.

« Salut Bill.

Comment c'est Gringotts ? Est-ce que Maman veut toujours te couper les cheveux ? Est-ce que tu deviens lâche ? Est-ce que tu es gay ? Comment Fleur a pris la nouvelle ?

George

P.S : Je pense que Fred devient gay. Et il est de plus en plus lâche.

P.P.S : Je sais que tu n'es pas un lâche, ni gay. C'est juste que je ne savais pas comment amener le sujet. »

George n'avait rien contre le fait que son frère soit gay. Il n'avait pas de préjugés. Mais il était inquiet, très inquiet, parce qu'il était lui-même si beau (encore une fois, George, comme Fred, était très modeste et très humble) que Fred finirait par craquer sur lui. Ce ne serait pas une bonne idée, parce que ce serait de l'inceste, et cette seule pensée conduisit George à se précipiter hors de la classe de Potions pour aller droit à l'infirmerie, prétendant qu'il ne pouvait plus supporter l'odeur des cheveux graisseux de Rogue, et qu'ils le rendaient très nauséeux. Ce qui était en partie vrai, en fait.

- Vous êtes la deuxième personne à venir me voir aujourd'hui, pour exactement la même raison » l'informa madame Pomfresh en versant une potion tonifiante dans un gobelet.

George en but le contenu, avant de demander en s'étouffant à moitié :

- Qui était l'autre ?

Madame Pomfresh fronça les sourcils, tentant visiblement de rassembler ses idées.

- Il me semble qu'il s'agissait de cette jeune fille de Gryffondor, celle qui a été pétrifiée il y a quelques années... Il me semble que son nom est Grant... quelque chose.

- Granger ? Hermione Granger ? proposa-t-il en haussant un sourcil.

- Oui ! La jeune fille dont j'ai raccourci les dents ! acquiesça-t-elle en frappant dans ses mains.

George garda le silence. Ca ne ressemblait pas du tout à Hermione de sécher les cours, et il était encore plus bizarre qu'elle ait utilisé une excuse si minable (mais tellement drôle). Il se remémora le petit interrogatoire qui avait eu lieu hier, incapable de se débarrasser du sentiment qu'Hermione était la raison pour laquelle Fred agissait si étrangement.

- Hmm, bien, marmonna-t-elle en lui reprenant le gobelet des mains, vous pouvez y aller, monsieur Weasley. Ne retournez pas en cours de Potions aujourd'hui – voilà un mot d'excuse.

- Je vous en remercie, madame, dit George en rangeant le morceau de parchemin dans sa poche et en se glissant hors du lit.

Au moment où il allait refermer la porte, il entendit madame Pomfresh marmonner d'une voix très contrariée :

- Il faudrait vraiment que je prescrive du shampooing au professeur Rogue !


Ron se lissa les cheveux situés en bas de son cou. Le regard de Fred commençait, pour tout dire, à l'effrayer un peu. C'était le dîner, et Ron le considérait habituellement comme le meilleur moment de la journée, mais aujourd'hui, il ne parvenait pas à manger avec son appétit usuel.

- Tout va bien, Ron ? lui demanda Harry en se forçant à reprendre du poulet rôti et de la sauce.

Ron se pencha pour lui murmurer à l'oreille.

- Fred ne me quitte pas des yeux. Ca me file la chair de poule.

Harry pivota pour vérifier. Effectivement, le jumeau roux était assis trois sièges plus loin, ses yeux bleus plongés dans ceux de son frère, ses bras fermement croisés sur son torse. Près de lui, il y avait George, l'air plutôt agité. Ses yeux passaient de son jumeau à son petit frère.

Enfin, Ron parvint à trouver assez de courage pour lâcher :

- Tu veux arrêter ça ? Ca fait foutrement peur !

Fred cligna des yeux, ne semblant pas avoir réalisé ce qu'il faisait.

- Désolé, frangin, sourit-il avec un sourire en coin.

En temps normal, il aurait enchaîné avec une blague, mais ce soir il se détourna pour finir son assiette.

A présent, George fulminait vraiment. Comment est-ce qu'il peut croire que Ron est plus mignon que moi ? s'interrogeait-il, Pas que je veuille que Fred soit gay, mais quand même, il est aveugle ou quoi ? Je me préférerais, sans aucun doute!

Il remarqua Hermione, quelques places plus loin. Elle semblait avoir les joues rouges, et ses yeux étaient humides, gonflés et rouges. Il était évident qu'elle avait pleuré. Il attendit jusqu'à ce qu'ils soient en sûreté dans la salle commune de Gryffondor avant de demander à Fred s'il savait ce qui l'avait bouleversée.

Lorsqu'il entendit la question, la réaction de Fred fut très intéressante, et c'était le moins qu'on puisse dire. Il commença par détourner ses yeux de Ron et rougit fortement. C'était la première fois qu'il rougissait depuis leur arrivée à Poudlard. George était à présent officiellement inquiet pour son jumeau. Si ça continuait comme ça, il devrait se résoudre à envoyer un hibou à Percy pour avoir son avis. Percy, par les jambes poilues de Rusard (…et la voilà qui recommence -_-') ! Le seul de sa fratrie qu'il ait jamais détesté !

Même George commençait à se faire du souci pour sa santé mentale.

- Alors ? insista-t-il.

- Je pense que ça a un rapport avec un tour que je lui ai joué, admit-il finalement après s'être raclé la gorge. Je l'ai regretté, après coup.

George était ahuri ; depuis quand Fred faisait-t-il des farces sans lui ? Il devait admettre qu'il lui en voulait de l'avoir écarté d'une blague. Il avait toujours cru qu'ils seraient le Duo Farceur.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

- Je lui ai volé un... une sorte de journal. Elle l'a su, j'ai refusé de le lui rendre et maintenant, elle m'en veut à mort.

George était stupéfait.

- C'est tout ? Et tu as des remords ? Nous avons fait bien pire que voler un pauvre journal, ajouta-t-il en secouant la tête.

Fred hésita, se demandant s'il devait ou non tout révéler à George. Il jeta un coup d'oeil à son jumeau, qui montrait tous les symptômes de l'ennui le plus profond. Oui, pensa Fred, il pouvait faire confiance à George. Après tout, ils étaient jumeaux, et ils devaient tout partager.

- C'est plus qu'un journal, dit-il à voix basse, c'est... difficile à expliquer, il faut que je te montre. Je l'ai caché dans un fauteuil, et il y a quelqu'un dessus. D'habitude, je le lis tôt le matin.

Pas étonnant qu'il ait des cernes pareilles, pensa George.

- Très bien, montre-le moi demain matin, accepta-t-il à voix haute. »

Pendant ce temps, Harry et Ron tentaient de consoler Hermione, mais sans grand succès.

- C'est un pauvre con, affirma hargneusement Ron, ne le laisse pas t'atteindre.

- Oui, renchérit Harry, ce n'est pas comme la première fois où il t'a insultée. Ron et moi allons le coincer demain, on va arranger tout ça.

Ses yeux émeraude scintillèrent devant l'étendue des possibilités qui s'offraient à eux.

- Non, refusa sévèrement Hermione, je ne serai pas la raison pour laquelle vous deux allez enfreindre le règlement. Une fois de plus. Je vais bien, vraiment. C'est juste que j'ai déjà eu une journée difficile, et il l'a empirée.

- Tu es trop gentille, Hermione, annonça Ron en secouant tristement la tête. Tiens, prends une Chocogrenouille.

Il l'obligea à en prendre une, puis en fourra une autre dans sa bouche.

- Ahh, cha va tellement mieux ! soupira-t-il en mâchant.

Hermione fixa la confiserie dans sa main, puis en prit un petit bout.

- Merci, Ron, dit-elle, son visage s'éclairant un peu.

Elle leva les yeux juste au moment où Fred et George s'approchaient d'elle.

- Coucou tout le monde ! les salua joyeusement George. Super, merci pour la Chocogrenouille, Ron.

Il arracha le reste de la sucrerie des mains de Ron, ignorant ses protestations.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Fred à Hermione, prétendant ne pas voir son regard accusateur.

Elle ne répondit pas, préférant se concentrer à mordre brutalement dans la Chocogrenouille. Elle la décapita d'un coup de dents féroce, mâcha doucement et lentement, puis l'amputa de ses pattes, l'une après l'autre, fixant toujours Fred agressivement. Il frissonna.

Ce fut Harry qui répondit à sa question :

- C'est Malefoy, soupira-t-il. Il a, hum, dit des choses pas très gentilles, et Rogue l'a ignoré, et... voilà.

George se remémora soudain les paroles de madame Pomfresh, ce matin. Il fronça les sourcils.

- Tout va bien ? Ne t'inquiète pas, on va lui faire payer ça, à ce petit rat.

Son visage s'éclairait au fur et à mesure que les idées naissaient dans son esprit.

- On a vu les Animagi en cours, aujourd'hui. Peut-être qu'un petit rappel du magnifique furet bondissant le ferait tourner sept fois sa langue dans sa bouche ?

Fred renifla, soulagé maintenant qu'il savait ne pas être la cause des larmes d'Hermione.

- On plagierait Fol Oeil, répondit-il à son jumeau. Non, il nous faut quelque chose de mieux.

Ses yeux se plongèrent, une fois encore, dans ceux de Ron. Ce dernier tenta de contenir les velléités de révolte de son estomac puis s'exclama :

- Bordel de merde, arrête de me regarder comme ça ! Punaise, Fred, ça me file la chair de poule !

Fred sentit les commissures de ses lèvres tressauter en se remémorant les mots d'Hermione sur le manque de vocabulaire de Ron.

- Pourquoi est-ce qu'il fait ça, à ton avis ? murmura Harry à Ron.

- J'sais pas, répondit Ron en fixant Fred, qui se tenait à présent l'estomac en roulant littéralement par terre.

Hermione réalisa la cause de l'hilarité de Fred. Elle se mordit férocement l'intérieur des joues pour s'empêcher de glousser, puis se souvint qu'elle le haïssait et reprit son expression neutre.

Fred se calma enfin.

- Je t'expliquerai plus tard, chuchota-t-il à un George éberlué.

Hermione se leva, un oeil sur sa montre.

- Nos tâches de préfets, rappela-t-elle à Ron.

- Ah oui, c'est vrai. J'avais oublié, grommela-t-il.

- Attention, l'avertit Fred, on pourrait penser que tu ne mérites pas ce badge. Mais ne t'inquiète pas, je sais que tu le mérites.

- Je croyais que tu trouvais honteux d'avoir des préfets dans la famille ? Demanda son petit frère en fronçant les sourcils.

- Précisément, répondit-il avec un clin d'oeil.

Ron mit un bon moment à réaliser ce que cela voulait dire. Il fixa Fred mais, incapable de rétorquer, il suivit Hermione la tête basse.

Fred s'affala sur la chaise qu'avait occupée Ron ; ainsi, il était face-à-face avec Harry. Ce dernier se rappela soudain la conversation extrêmement embarrassante qu'il avait eue hier avec les jumeaux, et tenta de partir aussi vite que possible.

George, qui avait comme toujours compris les intentions de Fred, l'attrapa fermement par les épaules et le força à se rasseoir.

- On va t'aider à ranger tes affaires, dit-il d'un ton gentil, mais menaçant.

- Euh, non ça ira, merci, s'empressa de décliner Harry.

Fred passa immédiatement en Mode Interrogatoire :

- Alors, Harry, est-ce que tu penses que Ron mérite son badge ?

- Bien sûr que oui !

Mais Fred ne manqua pas l'intonation amère que Harry tentait de cacher.

- Vraiment ? Parce que je vais te confier un petit secret, répondit Fred en se penchant, George et moi estimons tous les deux que c'est toi qui aurait dû être préfet.

Harry garda le silence, mais les deux jumeaux remarquèrent l'éclat surpris dans ses yeux. Fred se cala contre le dossier de la chaise, puis continua :

- Je veux dire, regarde tout ce que tu as accompli ! Trouver la trappe, te débarrasser du Filet du Diable, résoudre l'énigme des potions et le mystère du déplacement du Basilic à travers le château, sans parler d'avoir maîtrisé le sortilège d'Attraction par toi-même, ni d'avoir monté toute l'Armée de Dumbledore... Merlin Harry, tu as fait tout ça ! Et Ron ? Il a remporté une partie d'échecs, douté de son meilleur ami et l'a ignoré tout l'été...

Il laissa sa phrase en suspens, baissant les yeux vers Harry.

- En fait, répondit Harry d'une voix très basse, la plupart des choses que tu as mentionnées n'ont pas été réalisées par moi.

- Oh, vraiment ? Mais qui d'autre cela pourrait-il être ? l'interrogea Fred, feignant la surprise.

Les yeux de Harry se tournèrent brièvement vers le trou du portrait, par où ses deux meilleurs amis venaient juste de sortir, avant de répondre d'une voix encore plus basse :

- Hermione.

Fred cligna des yeux, tout comme George.

- Ca alors ! Je ne savais pas !

Fred respira, s'amusant follement de la rougeur des joues de Harry, et de ses gigotements qui montraient son embarras.

Oui, décida Fred, je devrais vraiment devenir Interrogateur. Je crois que je suis plutôt fort à ce petit jeu-là !

- Je suis désolé, s'excusa Fred sans paraître désolé du tout, je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Mais dis-moi, Harry, est-ce que c'est moi ou bien est-ce que Ron oublie toujours ses corvées préfectorales ?

Sagement, Harry ne répondit pas, préférant concentrer son attention sur une bûche léchée par les flammes apparemment fascinante.

Le Radar à Frangins de George l'avertit que sa soeur venait d'entrer dans la salle commune. Il jeta un oeil, et la trouva collée à Dean Thomas, l'embrassant intensément. Il intercepta le regard maussade que Harry leur lança quand Ginny se détacha de son petit-ami et gloussa bruyamment à quelque chose que Dean disait.

Il échangea un regard avec Fred, et les jumeaux se sourirent machiavéliquement.

- Hé, Ginny ! l'apostropha George d'une voix forte, tu ne l'as peut-être pas remarqué, mais tu as quelque chose de bizarre qui est collé à tes lèvres depuis tout à l'heure !

La jeune fille se tourna vers lui avec une expression meurtrière.

- Mêle-toi de tes affaires, George ! lui rétorqua-t-elle. Oh, salut Harry, lui sourit-elle lorsqu'elle l'aperçut.

- Euh, salut, bafouilla Harry.

Ginny se retourna vers Dean, lui planta un dernier baiser sur la joue et vola jusqu'aux escaliers. Pendant ce temps, les yeux de Harry restaient fixés sur elle.

- Eh bien, c'était très instructif, affirma Fred à son frère, qui acquiesça.


La baguette de Fred vibra à quatre heures et demie du matin. Il se servit son verre d'eau habituel, puis fit un petit détour par le lit de George.

- C'est l'heure ? bâilla son jumeau. Je me lève.

Il suivit Fred dans la salle commune, où ce dernier lui montra le fauteuil dans lequel il avait caché la baguette et le journal d'Hermione.

- Attends un peu de l'avoir lu ! chuchota Fred, excité. Sérieusement, tu vas commencer à te poser des questions sur tout le monde.

- Arrête la parlotte, répliqua impatiemment George, et commence la lecture.

- Deux secondes, répondit Fred en fourrant sa main entre les coussins du fauteuil, cherchant le contact familier du journal en cuir. C'est quelque part par là... Il fronça les sourcils en ne sentant que la baguette. C'est peut-être le mauvais fauteuil ?

Il posa la baguette sur une table proche, et passa les dix minutes suivantes à fouiller chaque fauteuil de la salle commune, sans résultat.

- Et merde, soupira-t-il, il n'est pas là.

- Tu penses qu'Hermione l'a pris ? le questionna George, les yeux écarquillés d'horreur.

- Non, elle aurait aussi récupéré sa baguette, réfuta Fred en secouant la tête. A propos, il faut qu'on aille dans le dortoir des filles.

- Pas de problème, acquiesça immédiatement George, soulagé à la pensée que Fred n'était probablement pas gay, mais bisexuel.

C'était un début, se dit George, une chose à la fois.

- Elle a caché ma baguette là-bas... Je ne peux rien faire sans elle !

-Oh, alors c'est pour ça que tu as dit à McGonagall que tu avais adoré son cours théorique aujourd'hui ! Ca m'inquiétait.

- Et tu ne t'es pas inquiété quand j'ai volé la baguette de Flitwick, pendant qu'il regardait ailleurs ? renifla-t-il.

- Ben, ça, c'est normal. On fait ça à chaque cours de Sortilèges.

Fred réfléchit quelques instants, puis acquiesça.

- C'est pas entièrement faux.

- Je ne sais vraiment pas comment vous avez réussi à passer vos BUSE, tous les deux, dit une troisième voix.

Les jumeaux se figèrent, se regardant l'un l'autre. La silhouette émergea des ténèbres et se plaça devant la cheminée. George soupira de soulagement.

- Oh, salut Hermione. Pourquoi es-tu debout si tôt ?

- Je surveille, répondit-elle en fixant Fred.

Fred éclata d'un petit rire nerveux.

- Ah, salut Hermione, la salua-t-il en souriant faiblement.

Elle ne le lui rendit pas ; au lieu de cela, elle s'installa à sa place habituelle.

-Alors ? Vous n'allez pas lire le livre ?

Fred et George échangèrent un regard.

- Pas aujourd'hui, répondit Fred sans réfléchir.

- Et pourquoi cela ?

- Hum... Parce qu'on ne s'est pas levés pour ça, annonça Fred en se tournant vers George, qui acquiesça.

- Oui, je vois que tu as entraîné George avec toi. Tu aimes vraiment partager la joie révoltante que tu as à humilier les autres, hein ?

- Eh bien, répondit lentement Fred, c'est vrai...

- Vu que vous n'allez manifestement pas lire en ma présence, je n'ai aucune raison de perdre davantage de temps en restant ici. Bonne nuit.

Elle bondit sur ses pieds et leur lança son meilleur regard condescendant avant de monter les escaliers du dortoir des filles. Les jumeaux restèrent silencieux jusqu'à ce qu'elle soit partie, puis :

- Oh merde, jura Fred.

- Ca, tu l'as dit, soupira George.


- Toi !

Quelqu'un attrapa Fred par le col et le plaqua contre le mur. Il cligna des yeux, les baissa vers la petite sorcière brune dont les yeux lançaient des éclairs.

- H-Hermione ? balbutia-t-il. Qu'est-ce que...

- Es-Espèce d'infect... ignoble... arrogant... méprisant... salaud ! cria-t-elle, sortant sa baguette et l'appuyant sous son menton

Fred, ayant au moins vingt centimètres de plus qu'elle, se dégagea rapidement de sa poigne.

- Comment as-tu trouvé ta baguette ? la questionna-t-il, ignorant ses insultes.

- Elle était sur une table de la salle commune, cingla Hermione, ce pour quoi je dois vraiment te remercier, parce que maintenant je peux te vider de chaque goutte de sang !

- Est-ce que tu pourrais, s'il te plaît, m'expliquer ce qui se passe ? demanda-t-il, ébahi. Par contre, explique-moi à table. Je meurs de faim.

Hermione, étonnamment forte pour une fille de sa taille, enfonça plus profondément sa baguette sous le menton de Fred.

- Non, s'exclama-t-elle d'une voix perçante, j'en ai eu assez de ta stupidité et de tes farces et de ton besoin sans-gêne d'humilier les autres et de... de...

Elle était si furieuse qu'elle ne pouvait pas cracher les mots qu'elle voulait dire.

- Mon charme envoûtant ? tenta Fred, plein de bonne volonté.

- La ferme ! Suis-moi. Maintenant ! ajouta-t-elle alors qu'il ne bougeait pas.

Hermione le guida jusqu'à la Volière, qui était déserte et sentait horriblement mauvais. Elle écarta une tapisserie, révélant la même niche que celle où Fred s'était caché lorsqu'il avait ouvert son journal pour la première fois. Il était ébahi ; il avait toujours cru que seuls George et lui connaissaient cet endroit. Manifestement, il se trompait.

- Dedans !

Elle le poussa, d'une manière pas très féminine, à l'intérieur de la cachette.

- Maintenant... murmura-t-elle après avoir replacé la tapisserie et s'être retournée vers lui. Des étincelles sortirent de sa baguette, menaçantes. Je vais te faire payer.

- Attends ! s'exclama-t-il en regardant prudemment la baguette, laisse-moi au moins savoir la raison pour laquelle tu vas me tuer !

- L-La raison ? A part le fait que tu sois le sorcier le plus abject à avoir jamais mis les pieds sur Terre ? A part le fait que tu t'amuses à t'introduire dans la vie privée des autres ? A part le fait que tu aimes te pavaner et étaler les secrets de tout le monde ? Quelles autres raisons tu veux que je cite ? Celles-là ne sont pas suffisantes pour te convaincre ?

- Oh, doucement là, la stoppa Fred en s'applatissant contre le mur, reviens en arrière. Est-ce que tu as dit étaler tes secrets ?

- Tu es sourd aussi, maintenant ? railla Hermione en rangeant finalement sa baguette et en croisant les bras sur sa poitrine.

- Tu impliques donc que j'ai révélé l'existence de ton journal à tout le monde ? vérifia Fred en fronçant les sourcils. Parce que la seule personne à qui j'en ai parlé est George, et j'aimerais ajouter que je ne lui ai donné aucun détail.

- Ne mens pas, répliqua furieusement Hermione.

Elle avait un regard je-suis-vraiment-agacée que Fred trouvait plutôt mignon, n'en déplaise à son objectif initial de se montrer aussi terrifiante que possible. Il la poussa sur le côté, pour pouvoir se glisser hors du coin de la tapisserie.

- Je ne mens pas, répondit-il. Il se peut que j'aime faire des farces, lire les journaux des autres personnes, et même transformer les gens en canaris, mais je t'assure, il marqua une pause, la regardant droit dans les yeux, que je ne briserais jamais une promesse. Même si je ne l'ai pas dit à haute voix l'autre nuit, mais je me suis promis que je ne dirai rien à personne. Et je l'ai tenue.

- Tu l'as dit à George, l'accusa Hermione, mais elle ne le fixait plus. Au lieu de cela, elle semblait plutôt résignée et gardait la tête basse.

- Oui, mais bon, George est pratiquement moi, non ?

Il sourit largement avant de s'extraire de la niche et de tenir la tapisserie pour Hermione.

- Maintenant, dis-moi, Hermione, où est ton journal en ce moment ?

Elle haussa les épaules.

- J'ai juste vu le chapitre sur Ginny... I-Il était... Elle se mordit la lèvre et ses yeux s'emplirent de larmes. La, hum, l'analyse a été copiée sur un parchemin, et quelqu'un l'a agrandi pour que tout le monde dans la Grande Salle puisse la lire.

- Hum-hum... Et tu n'as aucune idée de qui pourrait avoir fait ça ? l'interrogea-t-il, appuyé sur une cage à hibou.

- Si, mais il vient de tout nier en bloc.

- D'accord, laisse-moi reformuler ma question : as-tu un suspect autre que moi ?

- Eh bien, je pensais que tu avais le journal, donc j'en suis naturellement venue à la conclusion que la seule personne qui aurait pu faire ça était toi. Ou George, ajouta-t-elle pensivement, avant de secouer la tête. Non, si ce n'est pas toi, je ne pense pas que ce soit George non plus.

- Euh, j'avais bien le journal, mais je l'ai... égaré, avoua honteusement Fred. C'est pour ça qu'on ne l'a pas lu ce matin, on ne le trouvait pas.

Les yeux d'Hermione brillèrent d'un éclat dangereux.

- S'il te plait, ne me dis pas, Fred Weasley, que tu as laissé ce journal dans la salle commune ?

Il prit une énorme inspiration.

- Hum... Peut-être ?

Elle le bouscula sur le côté.

- Tu es incroyable ! s'indigna-t-elle. Je pensais que toi, au moins, tu avais assez de bon sens pour ne pas laisser quelque chose de si important exposé à tous les regards ! Etais-tu vraiment aussi naïf que ça pour penser que personne ne finirait par le trouver ?

- Hé ! s'impatienta Fred, Ce n'est pas moi qui ai écrit des commentaires mesquins sur mes amis !

- Ce journal était une manière d'extérioriser mes sentiments ! hurla-t-elle. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un d'autre que moi le lise ! Comment j'étais supposée savoir qu'une personne le prendrait et l'utiliserait pour ses propres plans tordus ?

- Et c'est moi que tu traites de naïf ? rétorqua froidement Fred. Tu pensais vraiment que personne ne l'aurait découvert, tôt ou tard, avec ta manière de le cacher sans cesse au milieu de tes livres ? Tu devrais me remercier d'être celui qui a tout découvert, et personne d'autre !

- Te remercier ? La voix d'Hermione était devenue un murmure aux intonations meurtrières. Te remercier de l'avoir pris ? Et pourquoi donc ? Rien de bon n'en est sorti, si ? Ce matin, tout ce que je voulais faire était de prendre mon petit-déjeuner, mais au lieu de ça j'ai été humiliée au-delà de l'imagination ! Si tu ne l'avais pas pris, rien de tout ça ne serait arrivé ! Je ne serais même pas en train de te parler de mon plein gré !

- Alors pourquoi tout changer ? répliqua froidement Fred en fulminant hors de la Volière. Tu méprises manifestement l'essence même de ma personne, alors pourquoi te forcer à être en ma présence ?

Il claqua la porte derrière lui, laissant une Hermione furieuse et stupéfaite.


La mauvaise humeur de Fred persista durant toute la journée. Même George l'évitait, parce qu'il semblait que la moindre petite contrariété lui vaudrait le poing de son frère jumeau. Fred n'avait jamais été un garçon violent, préférant faire une farce sournoise à la personne haïe, mais aujourd'hui, il semblait capable d'assassiner n'importe qui par de la violence physique.

A cause d'Hermione, il avait raté le petit-déjeuner. Quand il fut l'heure du déjeuner, il évita la Grande Salle parce qu'il savait qu'elle y était, mais au moment du dîner, il ne pouvait plus se priver de nourriture.

Pour la toute première fois depuis qu'il était à Poudlard, Fred Weasley entra dans une Grande Salle totalement silencieuse. L'attention générale était fixée sur le plafond, et la nourriture sur chaque table demeurait intouchée. Fred se faufila jusqu'à la place entre George et Lee et suivit leur regard. Il leva lentement les yeux, vit ce qui retenait l'attention de son auditoire, et le regretta immédiatement.

Patiente Numéro Trois : Ginevra Weasley

Problèmes :

Cela me chagrine grandement lorsque je vois une personne avec un potentiel certain se transformer volontairement en quelque chose de si artificiel et de si faible. Même si, bien sûr, je n'ai jamais considéré Ginny comme une fille avec de merveilleuses perspectives, cela me dégoûte toujours autant lorsque je vois des filles tout faire pour accomplir leurs buts inutiles. La médiocrité de tout cela me donne envie de l'interner, et tous ceux qui sont comme elle, dans une émission de télévision à l'eau de rose, où ils appartiennent vraiment.

Ma première impression d'elle a été celle d'une fille faible, sans aucune confiance en elle et inutile, qui ne négligerait jamais l'occasion d'avoir un nouveau petit ami. Mais une relation plus poussée avec elle m'a prouvé que je me trompais. Ginny accomplira bientôt son objectif ultime – son but était, sans doute, de conquérir le coeur de chaque mâle de l'école. Les félicitations sont de mise, étant donné qu'elle est en très bonne voie pour réaliser cet objectif très demandé. Quand son béguin de collégienne a rejeté ses avances, qui consistaient en rester près de lui et rougir, elle a changé de tactique et a opté pour la jalousie. Puis-je vous rappeler l'extrême maturité de cette technique ?

Ginny vogue de petit ami en petit ami plus que de livre en livre. Je me dois de remédier à cela, car cette fille va inévitablement vers un travail indigne, avec une telle réputation. Mais dois-je vraiment perdre mon précieux temps à tenter vainement de la conseiller ? J'ai certainement mieux à faire, surtout alors qu'elle ne tient aucun compte de mes avertissements, et continue à faire l'exact contraire de ce que je lui suggère.

Thérapie recommandée :

- La forcer à passer du temps avec le professeur Rogue, qui repousse plutôt qu'attire l'attention du genre opposé

- L'enfermer dans la bibliothèque, et plus précisément dans la partie Aide à soi-même.

C'était définitivement le pire chapitre que Fred ait lu. Alors que les deux autres étaient durs, mais honnêtes, celui réservé à sa petite soeur était franchement blessant. Il était très court, beaucoup moins long que les deux précédents, mais Hermione avait clairement résumé ses opinions.

Fred s'écarta de la table et se leva soudain et, sans un mot à personne, il sortit précipitamment de la Grande Salle, son appétit envolé.

Il avait toujours su, depuis le tout premier chapitre, qu'Hermione Granger était une cynique très dure et cruelle. Mais alors qu'il avait éclaté de rire à la fin de l'analyse de Harry et de Ron, celle de Ginny le laissait froid et tremblant d'une fureur qu'il ne savait même pas pouvoir ressentir. Quelle que soit la sympathie qu'il avait pu ressentir pour la sorcière, elle s'était envolée très loin, maintenant ; il se permit un petit rire revêche et sans joie à la pensée de sa propre stupidité, de sa propre idiotie.

Il avait compatit à ses malheurs, s'était même senti désolé pour elle, parce qu'il savait ce que cela faisait de se sentir seul au milieu de ceux que vous aimez. George et lui avaient abandonné depuis longtemps leurs tentatives de gagner les félicitations de leur mère, même si Fred se sentait inévitablement déçu quand sa mère noyait ses frères aînés sous des compliments sans fin, et lui réservait les sermons sévères et les regards exaspérés. Mais il avait réussi à transformer ses sentiments amers en quelque chose de plus tolérable : se réjouir de posséder le talent rare d'humilier les gens sans devoir faire face à leur fureur, parce qu'il se débrouillait toujours pour amadouer sa victime dans l'opération.

Il tourna à l'angle du couloir et s'arrêta brusquement, parce que l'objet de ses pensées, la cause de sa colère, était blottie contre le mur, sanglotant sans retenue.

- Pourquoi est-ce que tu pleures ? Non, parce que je pensais que c'était le nom de Ginny, pas le tien, qui est si affreusement affiché en public !

- Fred...

- Oh, tais-toi ! la coupa-t-il sèchement. C'est Ginny qui mérite qu'on la réconforte, pas toi ! Je n'ai vu ton nom nulle part au plafond, si ? Je regrette vraiment de ne pas t'avoir révélé comme celle que tu es véritablement, parce que maintenant tu as entraîné Ginny là-dedans ! Tu n'aurais pas pu garder tes opinions amères et désagréables pour toi ?

Et, sans même lui laisser la possibilité de se défendre, Fred tourna les talons et s'éloigna.

Il la détestait ; elle était arrogante, venimeuse, calomnieuse et manipulatrice. Ses écrits l'avaient fait pleurer de rire, rester bouche bée et fulminer.

Et pourtant, pourtant, il ne pouvait pas se résoudre à dire à tout le monde que c'était elle qui avait écrit tous ces mensonges abjects sur sa soeur. Il avait le pouvoir de retourner tout Poudlard contre elle, de l'humilier, de venger sa soeur, mais il s'en trouva incapable.

Et il la haïssait malgré ses mots détestables, il la haïssait parce que, sans le vouloir, elle s'était, à travers ses chapitres qui révélaient sa véritable personnalité, introduite dans son coeur et décrété qu'il était sien.


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