Bon, on va passer sur le (léger) délai, hein ? *regard innocent*

Comme d'habitude, l'univers est à JK, la fic à Damian Cross, je suis juste la traductrice ^^

Enjoy !


Et il la haïssait à cause deses mots détestables, il la haïssait parce que, sans le vouloir, elle s'était, à travers ses chapitres qui révélaient sa véritable personnalité, introduite dans son coeur et décrété qu'il était sien...

… Comme un tyran décréterait qu'une personne est sa victime.

Honnêtement, Fred s'était plutôt déçu. Il était censé ne pas connaître la signification du mot « peur », il était censé être brave, hardi, et tous les synonymes du mot « courageux »... Et pourtant, pourtant,il se surprenait à avoir peur d'Hermione Granger ! Le rat de bibliothèque ! La fille qui préférait écrire en cachette ses opinions sur les gens plutôt que les affronter !

C'était triste.

Fred s'engouffra dans les escaliers et s'arrêta, le regard absent, devant le portrait de la Grosse Dame.

- Le mot de passe ? demanda-t-elle, tentant (sans grand succès) de cacher sa curiosité.

Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on voyait Fred Weasley perdre le contrôle de ses nerfs. En fait, elle n'imaginait même que Fred puisse ne serait-ce qu'être agacé, lui qui semblait toujours si chaleureux, si malicieux... Bon, il était peut-être légèrement ennuyé lorsque quelqu'un (habituellement Percy) le réprimandait, mais il n'était jamais énervé au point que l'on pourrait faire cuire un oeuf sur son visage. Là, le pauvre garçon fumait littéralement.

- Héra, répondit-il sèchement.

La Grosse Dame attendit, mais à sa grande frustration, il ne lui ouvrit pas son coeur ; au lieu de cela, il la fusilla du regard quand elle ne bougea pas.

- Bon, bon, très bien, grommela-t-elle avant de pivoter. C'est comme ça. Nous autres portraits sommes toujours les derniers à savoir ce qu'il se passe – c'est tellement injuste ! Vous pensez que c'est amusant de n'entendre que des mots de passe toute la journée ? La moindre des choses serait de nous fournir des potins, ou de nous distraire avec votre pauvre petite vie, mais non... Vous me donnez juste le mot de passe et vous m'ignorez ! Eh bien, je proteste ! Nous avons le droit de...

Fred ne se donna pas la peine d'écouter ses jérémiades, et claqua violemment le portrait pour toute réponse.

- Punaise, est-ce que c'est vraiment trop demander d'avoir un soupçon d'intimité dans cette école ? marmonna-t-il rageusement.

Ah, quelle ironie, quelle hypocrisie... Depuis quand Fred se préoccupait-il de respecter le besoin de vie privée des gens ?

Il choisit sagement d'ignorer cette petite voix agaçante dans sa tête.

Fred s'écroula dans le fauteuil qui, depuis quelques jours, était devenu « le sien ». Sa colère s'était un peu dissipée lorsqu'il avait retrouvé Ginny, et découvert qu'elle ne s'arrachait pas les cheveux de colère mais trouvait cela follement amusant.

- Qui que ce soit qui ait fait ça, il lui manque vraiment une case, lui avait-elle dit, parce qu'ils ont vraiment écrit n'importe quoi ! Je lis des livres, plus que la moyenne des élèves même (à cause d'Hermione), et je ne me rappelle de personne qui m'ai conseillé de ne pas avoir de petits copains – l'auteur doit être simplement jaloux parce que je n'ai pas de problème à trouver des garçons qui m'aiment bien. Eux ne doivent sûrement pas avoir ma capacité spéciale, acheva-t-elle avec un petit sourire à la Weasley, avant d'enrouler son bras autour de la taille de Dean et de s'éloigner.

Ainsi, savoir que Ginny allait bien était pour le moins rassurant, mais Fred était toujours agacé de cette révélation – la réalisation qu'il avait peur d'Hermione.

Il ne savait pas exactement pourquoi il était si effrayé de l'humilier et de révéler sa véritable personnalité - après tout, il n'avait eu aucun scrupule lors de l'affaire Rogue/McGonagall. Il ne comprenait pas non plus pourquoi il l'évitait à certains moments, et ensuite ne se préoccupait pas de sa présence. Et il ne comprenait certainement pas pourquoi il était tellement énervé lorsqu'elle le traitait d'idiot (pour faire court... Enfin, ce n'était pas la peine d'épiloguer là-dessus). Fred n'en voulait jamais autant à quelqu'un qui se moquait de son intelligence, ou de son manque d'intelligence, parce qu'il se vengerait simplement en transformant sa peau en corn-flakes et en éclatant de rire.

Hermione Granger avait le don déconcertant de lui faire expérimenter beaucoup trop d'émotions. Il jurerait avoir parcouru en long, en large et en travers tous les sentiments de la Palette d'émotions humaines existants à ce jour. C'était peut-être pour ça qu'il avait si peur d'elle (il avait répondu à la précédente question par la réponse passe-partout : elle l'effrayait, fin de l'histoire, pas besoin de se torturer à ce sujet), parce qu'elle dévoilait des facettes de la personnalité de Fred dont il aurait préféré qu'elles restent enfouies.

Le rouquin se leva, se servit un verre d'eau et décida que, comme il se sentait d'humeur pensive aujourd'hui, il pouvait tout aussi bien réfléchir encore un peu.

Quelque chose clochait dans le chapitre de la Grande Salle. Il ne savait pas exactement quoi, mais après que sa colère soit assez retombée pour lui permettre de réfléchir calmement, il avait remarqué plusieurs bizarreries.

Fred retourna vers son fauteuil, prêt à faire travailler son cerveau pendant encore cinq minutes. Il se remémora les analyses d'Hermione qu'il avait lues jusqu'à présent.

Il avait découvert qu'elle méprisait secrètement Harry, ou du moins son incapacité à faire quelque chose convenablement et sa dépendance totale à son amie, même s'il était évident que Harry considérait Ron comme son meilleur ami. Elle haïssait que Harry récolte tout le mérite de ce qu'elle avait fait, et elle détestait sa façon de courir après Cho.

Ca, au moins, c'était compréhensible. Fred n'aimait pas du tout que les gens croient que quelqu'un d'autre avait fait une farce à sa place. C'était vraiment exaspérant quand la personne qui n'avait rien fait récoltait les regards dégoûtés masquant un amusement secret, regards qui auraient dû être dirigés vers lui, alors qu'il ne pouvait rien faire d'autre que penser à de nouvelles façons d'humilier les gens. Il pouvait aussi comprendre la frustration d'Hermione devant l'attachement puéril d'Harry à une fille complètement hors de portée, et ses constantes démonstrations de stupidité à chaque fois que Cho se trouvait à moins de dix mètres.

C'était la même chose avec l'analyse de Ron. Fred savait d'où venaient les critiques d'Hermione – après tout, lui-même s'assurait toujours de rappeler à son frère son manque de vocabulaire et ses nombreux autres défauts. Tout comme l'analyse de Harry, celle de Ron était distrayante, pour ne pas dire très amusante.

Donc, Hermione Granger aimait écrire des trucs comme ça sur ses amis. Son ton était certes cynique, mais en même temps drôle et léger – avec juste une pointe de jalousie et de ressentiment.

Et là, le chapitre sur Ginny entrait en scène – celui qui avait été affiché publiquement. Il n'y avait plus aucune trace d'humour, et la « thérapie » qu'Hermione prescrivait n'était pas « légère » du tout. Dans les analyses de Harry et de Ron, elle avait commenté leur stupidité et les avait comparés à elle, comme pour s'assurer qu'elle était meilleure qu'eux, mais celle de Ginny différait totalement : Hermione avait critiqué la réputation de Ginny, et avait glissé beaucoup d'insultes personnelles et de mensonges. Fred se rappelait distinctement qu'Hermione était celle qui avait conseillé à Ginny de « passer à autre chose et d'oublier Harry », alors pourquoi affirmerait-elle avoir tenté de dissuader Ginny de sortir avec d'autres garçons ?

C'était tout simplement insensé.

Il y avait aussi l'habitude bizarre et effrayante d'Hermione d'être toujours très tôt dans la salle commune, pile au moment où il lisait le journal. Il savait qu'elle travaillait beaucoup, mais Hermione était également quelqu'un qui clamait haut et fort qu'il fallait dormir huit heures par nuit, manger trois fois par jour et boire huit verres d'eau.

Alors pourquoi était-elle debout si tôt ? Simplement pour, comme elle l'avait si habilement annoncé, le « surveiller », alors qu'en agissant ainsi elle prenait le risque de relâcher sa concentration le lendemain en classe, ce qui conduirait inévitablement à une baisse de sa moyenne ? Et chaque fois, Fred avait senti qu'elle savait où il cachait sa baguette et son journal, et pourtant elle n'avait récupéré sa baguette que lorsqu'il l'avait posée sans faire attention sur la table. Si Hermione était réellement honteuse et embarrassée d'avoir écrit ce journal, pourquoi ne l'avait-elle pas récupéré ? Pourquoi avait-elle juste repris sa baguette au moment où elle voulait lui lancer un sort, alors qu'elle en avait forcément eu besoin en classe ?

Et pourquoi est-ce que cette fille fière, forte et indépendante en était réduite à pleurer quand Malefoy se moquait d'elle ? Ce n'était pas comme si c'était la première fois, et ce n'était pas comme s'ils n'étaient pas habitués à de telles insultes, alors pourquoi ?

Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Quelque chose ne tournait vraiment, vraiment pas rond.

Fred s'appuya contre le dossier du fauteuil et regarda par la fenêtre, suivant du regard un hibou de l'école qui volait hors de la Volière. Il ignora les Gryffondor qui revenaient du dîner et les murmures lorsqu'ils remarquaient les cheveux roux et les taches de rousseur, la marque de fabrique des Weasley.

Il était plongé si profondément dans ses pensées qu'il ne réalisa pas que Ron et Harry l'avaient rejoint devant la cheminée.

Bien sûr, les deux garçons étaient furieux de l'article dans le Grande Salle, et avaient divisé leur discussion en trois sujets : insulter la personne qui avait écrit ça ("C'est un crétin fini, c'est tout", criait Ron), tenter de deviner qui en était l'auteur ("Je parie que c'est Malefoy, annonça sombrement Harry, on peut faire confiance à cette petite fouine pour faire un coup comme ça") et se demander où se trouvaient Hermione et Ginny ("C'est bizarre, commenta Harry, on ne les a pas vues depuis qu'elles sont parties en courant du petit-déjeuner"). Ils finirent par réaliser que le troisième fauteuil était occupé après la cinquième vague d'insultes, et se turent en voyant Fred aussi songeur.

- Tu crois qu'il va bien ? chuchota Ron à Harry.

- Il est sûrement en train de chercher qui a fait ça, répondit Harry sur le même ton. Tu sais, pour pouvoir lui lancer des maléfices jusqu'à ce qu'il tombe dans les pommes.

- C'est plutôt une bonne idée, rayonna Ron en souriant enfin. Hé, Fred ! Tu as une idée de qui a écrit ce truc ?

Fred reprit contact avec la réalité, se sentant honteux d'avoir été surpris à réfléchir sérieusement – c'était des choses comme ça qui pouvaient ruiner une réputation.

- Non, mentit-il. Aucune idée.

- Oh, répondit Ron, déçu. Nous, on pense que c'est Malefoy.

- C'est possible, acquiesça Fred.

A ce moment-là, le portrait s'ouvrit et révéla George et Lee, qui semblaient à la fois énervés et amusés.

- Tout va bien, Fred ? l'interrogea George en s'étirant devant le feu crépitant. Tu étais vraiment furieux, tout à l'heure.

- Et pas toi ? répliqua Fred en haussant un sourcil. Ginny est notre petite soeur, tu sais.

Le visage de George s'assombrit.

- Je sais, répondit-il, attends un peu que je mette la main sur cet espèce d'avorton... Mais au fait ! Tu as vu ça ? C'était tellement drôle !

- Vu quoi ? le questionna Harry.

- Ginny ! intervint Lee. Sérieusement, les gars, vous devriez être fiers d'elle !

- Arrête de tourner autour du pot, tu veux ? répliqua sèchement Ron. Qu'est-ce qu'elle a fait ?

- Hermione et elle étaient devant la Grande Salle, et quand tout le monde a commencé à sortir, Ginny a foncé droit sur Malefoy, l'a pris à part et lui a lancé le meilleur maléfice de Chauve-Furie que j'aie jamais vu ! Ensuite, Hermione a stupéfixé Crabbe et Goyle -vous savez, les deux gorilles – pour les empêcher de s'en prendre à Ginny ! Elles sont toutes les deux dans le bureau de McGonagall, mais je crois qu'elles vont s'en tirer, parce que l'article l'a joliment énervée aussi.

- Hermione a participé ? l'interrogea Fred, incrédule. Tu es sérieux ?

- Ouaip, répondit joyeusement George, un superbe sortilège de Stupéfixion ! Elle a sorti sa baguette, crié « Stupefix ! » et une seconde après, les deux imbéciles étaient hors-jeu, la langue pendante – je ne savais pas qu'elle pouvait faire ça !

- J'ai simplement eu un bon professeur, répondit la voix d'Hermione de derrière eux.

Elle souriait largement – elle était heureuse comme Fred ne l'avait pas vue depuis des jours – et, à côté d'elle, riant aux éclats, Ginny tirait Dean vers le petit groupe.

- Hermione ! s'exclama Ron en lui faisant signe de tête. Ginny ! Bien joué !

- Malefoy est à l'infirmerie, leur annonça Dean, dommage que McGonagall m'ait demandé de stopper Ginny.

- Pourquoi est-ce que tu as fait ça, Hermione ? l'interrogea Fred en se forçant à sourire.

- Ginny et moi, hum, pensions toutes les deux que Malefoy semblait être celui qui a écrit tout ça, répondit Hermione, extrêmement mal à l'aise.

- Oh, vraiment ? continua Fred en haussant un sourcil. Et comment êtes-vous parvenues à cette conclusion ?

Les joues d'Hermione étaient cramoisies, à présent.

- Intuition féminine, bredouilla-t-elle, avant de leur souhaiter rapidement une bonne nuit et de s'enfuir vers les escaliers.

Ginny et Dean s'installèrent à côté de Lee et de George.

- Je ne pensais vraiment pas qu''Hermione allait participer, leur confia la benjamine Weasley, mais quand elle a lu cette chose au plafond, elle a craqué.

Harry lança un regard éberlué à Ron, qui semblait confus, lui aussi.

- Mais... Je croyais qu'elle l'avait déjà lue, ce matin ?

- J'imagine qu'elle l'avait parcourue en diagonale, alors, répondit Ginny en haussant les épaules. Bref, McGonagall a demandé à Dean d'emmener les trois crétins à l'infirmerie...

- Ce qui n'était vraiment pas simple, parce que les gorilles pèsent leur poids... marmonna Dean.

- … et nous a convoquées, Hermione et moi, dans son bureau. Et c'est là que ça devient bizarre : elle nous a dit de nous asseoir devant la cheminée, nous a donné des biscuits au gingembre et nous a félicitées pour la maîtrise des sortilèges que nous avons utilisés ! McGonagall ! Approuver qu'on enfreigne le règlement !

- Je commence à l'apprécier, cette vieille chouette, annonça Ron joyeusement.

- Elle nous a dit qu'elle était obligée de nous enlever des points, parce que sinon Ombrage allait commencer à fourrer son nez dans ses affaires, alors elle a retiré vingt points à Gryffondor, nous a donné une « retenue » avec le professeur Flitwick demain soir, et nous a fait partir quand quelqu'un a frappé à sa porte pour l'informer qu'Ombrage arrivait.

- Attends, elle a réussi à vous faire sortir avant qu'Ombrage ne vienne ? demanda Lee en défaisant l'emballage d'une Chocogrenouille que Ron lui avait donnée et en la fourrant dans sa bouche. Impréchionnant.

- Oui, répondit Ginny, appréciant visiblement que l'attention de tout le monde soit fixée sur elle, et Flitwick nous a dit de ne pas s'inquiéter pour demain, qu'il voulait simplement nous faire aider les elfes de maison, et tout le monde sait que leur donner un coup de main implique...

- … de la nourriture à volonté ! s'exclama joyeusement Ron. Aucune chance que je rate ça !

- Oh, dit Harry à voix basse, ça me rappelle, vous n'auriez pas un Gallion à me prêter ?

- Que... ? Oh, comprit George. Je sais pas, il faut que je regarde.

- Tu ferais mieux, acquiesça Harry avec un sourire, et demande aux autres pour moi, d'accord ? J'ai besoin du maximum de Gallions possible.

- Bien reçu, chef, répondit Fred en se mettant au garde-à-vous. Ah, j'ai un Gallion, ajouta-t-il.

- Moi aussi, renchérit Ron. Mais tu vas demander à Cho, Harry, non ? l'interrogea-t-il en se penchant vers son ami, un petit sourire aux lèvres.

Harry lança un regard furtif à Ginny, ce que ne manqua pas de remarquer Fred.

- Ah... C'est vrai, répondit Harry en tentant de paraître enthousiaste. Oui, je crois que j'irai la voir.

Ron ricana.

Fred fut le seul à voir l'expression de Harry quand Ginny embrassa Dean pour lui souhaiter bonne nuit.

Intéressant, pensa-t-il avec un léger sourire sur les lèvres.


La baguette de Fred vibra à quatre heures trente du matin précises.

Il se leva, se servit un verre d'eau et descendit sur la pointe des pieds dans la salle commune.

Ce matin, il était en mission. Il voulait absolument savoir pourquoi Hermione était debout si tôt, et où elle allait. Fred rangea sa baguette magique dans sa poche (bon, c'était celle du professeur Flitwick, mais tout ce qui était aux autres était à lui) et attendit, dissimulé par les ténèbres de la salle commune, qu'elle descende les escaliers de son dortoir.

Il passa le temps en tentant d'imaginer un moyen de s'introduire dans les dortoirs des filles pour récupérer sa baguette puis, quand il abandonna, il s'assit, fixa les escaliers...

- Fred ?

… et renversa accidentellement son verre d'eau sur son pyjama. Encore une fois.

- Hermione ! chuchota-t-il en se séchant rapidement. Comment as-tu... ? Je surveillais... Je veux dire, bonjour !

- Tu n'es pas fâché, si ? murmura-t-elle en se mordillant la lèvre. Par rapport à Ginny, je veux dire.

- J'étais fâché, la corrigea Fred. Mais je l'ai vue, après t'avoir quittée, et elle pensait qu'il s'agissait d'une farce. Tu as de la chance que Ginny soit si sûre d'elle, la réprimanda-t-il, parce que tu aurais pu te retrouver avec une pomme de terre géante à la place du nez, pour le reste de ta vie.

Hermione soupira et s'installa dans son fauteuil.

- Je voulais te dire quelque chose, Fred, annonça-t-elle d'un ton désespéré. Je n'ai pas écrit tout ça sur Ginny, je te le jure ! Je n'écrirais jamais rien d'aussi... d'aussi agressif ! Ginny est la seule amie fille que j'aie !

- Alors, pourquoi étais-tu si énervée hier matin ? Il me semble bien que tu pensais l'avoir écrit, l'interrogea Fred en s'asseyant à côté d'elle.

- Je n'avais pas tout lu ! gémit Hermione en fourrant son visage dans ses mains. Je croyais que c'était ce que j'avais écrit, mais après le dîner, je me suis aperçue que ce n'était pas le cas ! Quelqu'un a mon journal et détourne le sens de mes phrases !

- Bien sûr... Si tu le dis, répliqua Fred.

Il la croyait, mais il aimait beaucoup voir Hermione tenter de s'amender. Cela compensait pour l'expérience traumatisante de cette Palette d'Emotions qu'elle lui faisait subir. La vengeance était un plat qui se mangeait froid, non ?

- Je ne mens pas ! murmura Hermione. Crois-moi, s'il te plaît ! Tout ce que j'ai écrit sur Ginny, c'est qu'elle fait souvent des scènes pour rien, et que Harry ne méritait pas quelqu'un d'aussi gentil ! J'ai simplement mis que Ginny devrait devenir actrice, c'est tout !

- Donc, à la base, tu avais bien écrit que tu voulais "l'interner, et tous ceux qui sont comme elle, dans une émission de télévision à l'eau de rose, où ils appartiennent vraiment" ?

- Oui, c'est vrai ! répondit Hermione, à deux doigts de fondre en larmes. Mais p-pas dans ce contexte-là ! Pas avec ce ton-là !

- Prouve-le.

- Je ne peux pas ! Quelqu'un a mon journal – le vrai !

- Alors pourquoi est-ce que tu es debout si tôt ? Tu essayes de découvrir qui l'a pris ? la questionna Fred, espérant la prendre au dépourvu.

Malheureusement, Hermione n'était pas la sorcière la plus intelligente de son année pour rien.

- Je n'arrivais pas à dormir, mentit-elle, alors je suis descendue en espérant te voir ici... pour qu'on mette les choses à plat.

- Bien sûr, acquiesça-t-il, et c'est aussi pour ça que tu es descendue hier matin, et celui d'avant.

Les joues d'Hermione rosirent à nouveau, mais il faisait trop sombre pour que Fred puisse les voir.

- Je te surveillais, répondit-elle à voix basse.

- Bien sûr, répéta Fred, je te crois, ajouta-t-il ironiquement.

- Fred...

- Hermione, jusqu'à ce que tu me dises la vérité, j'ai toutes les raisons de croire que tu es celle qui a insulté ma soeur.

Et sur ce commentaire optimiste, Fred passa devant elle si près qu'il la frôla, et remonta dans son dortoir.


Plus tard ce matin-là, à une heure beaucoup plus raisonnable, George reçut la réponse de Bill.

George,

Tout va bien ? Qu'est-ce qu'il se passe avec Fred ? Et non, je ne suis pas gay. Et pour que tu ne doutes plus de mon courage : Fleur me répète tout le temps combien je suis fort, brave et courageux. Et toc.

Bill

PS : Envoie un autre hibou avec Coq, tu veux ? Il est vraiment agaçant.

PPS : Tu n'as jamais pensé que Fred pourrait être amoureux ?

George lâcha la lettre comme s'il avait eu une Bombabouse entre les mains. Puis il la ramassa, la relut, et éclata de rire. Fred ? Amoureux ? Bien sûr.

Et dire qu'il avait pensé que Bill pourrait lui offrir des conseils éclairés.

La journée s'avéra être magnifique pour George : Fred était redevenu normal, faisant des farces à droite et à gauche, et ils avaient même réussi à améliorer leurs Bonbons Brûlegorge et à les tester sur Malefoy, qui avait dû retourner à l'infirmerie pour la deuxième fois de la semaine.

Oui, George était convaincu que Fred venait de faire sa crise de la vingtaine et qu'il l'avait surmontée rapidement. C'était la seule explication possible pour ses changements d'humeur – même si Fred avait prétendu que c'était à cause d'une farce qu'il avait (regretté avoir) fait à Hermione.

Et puis, l'absence du journal signifiait bien qu'Hermione l'avait récupéré, et maintenant Fred attendait que la sentence soit rendue. Mais Fred, comme George, tuait toujours le temps de façon judicieuse c'est pourquoi, au lieu d'attendre sa condamnation les bras croisés, il avait doublé son nombre de blagues par jour.

En plus, vu le léger "incident" d'Hermione la nuit dernière, George estimait qu'elle n'avait aucun droit d'accuser Fred de puérilité.

Il brûla la lettre dans les flammes de la cheminée juste avant d'aller dîner, et sortit furtivement le Gallion dont Harry lui avait rappelé l'existence. Il diffusait de la chaleur, et sa surface lisse et dorée était perturbée par des mots ciselés ; on pouvait à présent lire sur la pièce "Ce soir, sept heures, S.s.D".

Il était impatient d'assister à une nouvelle réunion de l'armée de Dumbledore. En dehors de toute cette histoire avec Fred qui l'avait préoccupé, il avait également dû endurer les tortures interminables de ce monstre d'Ombrage, et stupéfixer quelqu'un en y étant autorisé était exactement ce dont il avait besoin.


Malheureusement, Harry avait décidé que tout le monde maîtrisait parfaitement le sortilège de Stupéfixion, et était passé au charme du Bouclier.

- Protego ! leur montra Harry, projetant un bouclier autour de lui pour repousser le sortilège de Désarmement de Lavande. Voilà, c'est comme ça que ça marche, ajouta-t-il modestement en rangeant sa baguette. Euh, et si vous vous mettiez par deux, une personne lance un sortilège de Désarmement ou n'importe quoi, et l'autre essaye de le parer ?

Comme d'habitude, Fred se mit avec George. Hermione et Ginny étaient à leur distribution de nourri – hum, retenue - , Michael Corner, Cho Chang, Terry Boot, Luna Lovegood, Marietta Edgecombe et Padma Patil, soit tous les Serdaigle, étaient occupés et ne pouvaient pas venir à la réunion, même si Fred avait l'intuition que leur absence avait plus à voir avec le prochain match de Quidditch Serdaigle contre Serpentard qu'avec l'excuse des devoirs qu'ils avaient tous donnée.

Une demi-heure plus tard, ils échangèrent de partenaire, et Fred se retrouva avec Parvati et George avec Lavande.

- Alors, Fred, commença Parvati sur le ton de la conversation (tout en lui lançant un Stupéfix), qu'est-ce que tu as pensé de l'article ?

Fred invoqua un bouclier et regarda le sort de sa coéquipière heurter la tête de Harry.

- Tu parles de celui sur Ginny ?

- Celui-là même. Tu sais qui l'a écrit ?

- Non.

Cette fois, Fred était honnête le déni d'Hermione cadrait avec le changement de style d'écriture et d'analyse, même s'il n'allait certainement pas le reconnaître et lui pardonner – pour le moment.

- En fait, nous on a une idée, lui annonça-t-elle, les yeux étincelants. C'est pour ça que les Serdaigle ne sont pas là. Padma est ma sœur, rappela-t-elle.

- Non, c'est pas vrai ! Est-ce que je t'ai déjà dit que George est mon frère ? ironisa Fred (ils formaient deux paires de jumeaux).

- Bref, on a pensé que Malefoy a fait tout ça, donc on veut lui rendre la monnaie de sa pièce, continua Parvati en roulant des yeux. Après tout, personne n'humilie un membre de l'AD sans recevoir quelques représailles.

- Exactement ! s'exclama Dean Thomas en lui tapant dans la main.

Seamus et lui avaient arrêté de s'entraîner et l'écoutaient attentivement.

- Alors, quel est le plan ? Ils n'auraient pas pu simplement nous le dire ici ? l'interrogea Seamus.

- Tu sais qu'il y a bientôt un match de Quidditch ?

Je suis vraiment un génie, songea Fred.

- Eh bien, toute la maison Serdaigle se réunit pour trouver le moyen d'humilier Malefoy pendant la partie.

- J'ai une idée ! intervint Ron (apparemment, personne ne s'exerçait plus). Il faut demander à Dobby d'ensorceler un Cognard encore une fois !

- C'est illégal, répliqua Angelina en fronçant les sourcils. Je ne crois pas que s'abaisser au niveau des Serpentard serait très satisfaisant.

- Ils pensaient leur mettre une vraie raclée, tu sais, quelque chose comme cinq cent à zéro, mais en faisant croire que tout est de la faute de Malefoy, continua Parvati.

- A chaque fois qu'ils perdent, c'est à cause de son entêtement, marmonna Susan.

- Pas que ça te dérange, rétorqua Katie.

- Je ne sais pas vraiment comment ils vont se débrouiller, avoua Parvati, mais je veux juste que vous soyez prêts. Apparemment, une bonne partie de l'équipe de Serdaigle ne voulait pas participer, parce qu'ils estimaient que c'était aux Gryffondor de s'en occuper, mais Cho les a convaincu – elle a dit quelque chose comme "on a une chance de montrer à tout le monde à quel point nous sommes doués au Quidditch, de venger Ginny, qui est amie avec beaucoup d'entre vous, et d'humilier Malefoy, alors pourquoi est-ce que vous ne vous marchez pas dessus pour participer ?" Padma m'a dit qu'elle était très inspirée.

- Je n'en doute pas, dit Fred en donnant un coup de coude à George tout en fixant Harry, dont la bouche était grande ouverte.

- Je… Cho est géniale, non ? répondit faiblement Harry.

- Il vaut mieux que le plan soit parfait, annonça Neville, parce que je serai là avec l'appareil photo de Colin. Je ne manquerais la tête de Malefoy pour rien au monde !

- Est-ce qu'on n'a pas voix au chapitre, nous aussi ? demanda George. Vu que Ginny est notre sœur Gryffondor et tout.

- Je ne fais que passer le message. Pose la question aux Serdaigle, répondit Parvati en haussant les épaules.

Comme si elle l'avait entendue, Cho ouvrit la porte et entra dans la salle, suivie de Marietta.

- Le reste arrive, annonça Cho à Harry, qui commença à rougir violemment, on a pensé que ce serait une bonne idée d'arriver séparément pendant un moment.

- Alors ? questionna Lavande. Comment s'est passée la réunion ? Qu'est-ce que vous allez faire ?

- Je ne peux rien dire, désolée, répondit Cho avec désinvolture, parce que ça impliquerait de révéler des stratégies de l'équipe à des adversaires, sans offense bien sûr, ajouta-t-elle.

- Ne t'inquiète pas, on comprend ! s'exclama Harry sous le regard amusé de Fred et de George.

- Attendez simplement le match, leur conseilla Cho, et… Oh, Lee, il faut que je te donne ça, se souvint-elle en lui tendant un rouleau de parchemin. Il est vierge, mais je l'ai ensorcelé pour qu'il révèle son contenu une heure avant le match.

- Euh… D'accord, acquiesça Lee en mettant le parchemin de côté.

- Bon, coupa Marietta, visiblement ennuyée. Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?


Le match était prévu deux semaines plus tard, et il semblait que les Serpentard savaient que les Serdaigle mijotaient quelque chose. La tension entre les deux maisons était presque palpable. Harry avait dû nommer (à contrecoeur) Michael en tant que garde du corps de Cho, car l'attrapeur de Serpentard avait tenté de transformer ses bras en troncs d'arbres.

Pendant ce temps, Fred, George et Lee faisaient de leur mieux pour retirer le sortilège du parchemin – pour l'instant, la seule chose à laquelle ils étaient parvenus était de le colorer en vert.

Alors que les jumeaux mourraient d'envie de se venger de Malefoy (à présent, tout le monde était convaincu qu'il était le mystérieux auteur) pour ce qu'il avait fait à Ginny, clamant leur besoin de "s'échauffer" pour le match, Terry Boot leur ordonna plutôt sévèrement de ne rien faire qui puisse indisposer Malefoy pour le jour J.

Mais même les Serdaigle membres de l'AD trouvèrent difficile de ne pas lancer un sort à Malefoy quand ils arrivèrent dans la Grande Salle, trois jours exactement avant le match.

Suspendu au plafond magique, dissimulant le ciel étoilé, un chapitre du journal d'Hermione. Un autre.

Fred rentra dans Hermione quand elle s'arrêta brutalement devant lui. Elle s'était figée, incapable de détacher ses yeux du plafond. Il se redressa, lui adressa une moue renfrognée (il était toujours en colère d'avoir peur d'elle) et se pencha à contrecoeur quand elle le lui demanda d'un geste.

- Lis-le ! murmura-t-elle. Mes mots sont complètement détournés ! Encore une fois !

Elle semblait furieuse, et légèrement embarrassée.

Patiente Numéro Quatre : Parvati Patil

La façon dont elle se pavane devant les membres du sexe opposé est hautement amusante, pour ne pas dire extrêmement révoltante. Le fait qu'elle se croit attirante constitue à lui seul une excellente raison de l'envoyer à Sainte-Mangouste – cela dit, il y aurait quand même une hésitation sur le département où l'envoyer : la reconstitution faciale ou le service psychiatrique ? Je crois qu'elle devrait visiter les deux. Cette femme aux mœurs plus que légères a de grandes chances de finir dans une maison close – si elle est assez chanceuse pour y être acceptée, bien sûr.

Dire que Parvati est laide est un euphémisme, car « laide » et « hideuse » sont deux mots qui sous-estiment énormément la toute nouvelle dimension que son apparence physique donne au mot « affreuse », apparence qui consiste en tout et pour tout… »

L'auteur continuait ensuite sur sa lancée, mais le tout décrivait grossièrement à quel point Parvati était repoussante.

- D'accord, tu m'as convaincu, marmonna Fred à Hermione, ça ne te ressemble définitivement pas.

- Ca ne ressemble pas non plus à la personne qui a écrit sur Ginny, répondit Hermione en fronçant les sourcils.

- Tu veux dire que ton journal circule dans l'école, réécrit par une personne différente à chaque fois ?

- C'est possible. En tout cas, ça explique pourquoi je n'ai pas pu le trouver sur Malefoy.

Fred la fixa étrangement tandis qu'ils s'asseyaient à la table de Gryffondor.

- Qu'est-ce que tu veux dire par tu n'as pas pu le trouver sur Malefoy ?

Par les chaussettes trouées de Merlin, elle l'avait tripoté ou quoi ?

Il tenta d'ignorer le drôle de goût, à la fois acide et amer, qu'il avait soudain dans la bouche.

- Tu te rappelles comment Ginny s'est jetée sur Malefoy ? En fait, c'est parce que je lui ai tout avoué pour le journal, mais je lui ai juré que je n'avais jamais écrit ces choses sur elle, alors elle a essayé de le trouver sur lui quand elle a pu. Je me suis dit que Malefoy avait suffisamment de bon sens pour l'avoir toujours sur lui, ou pour le cacher à un endroit vraiment secret…

- Tu peux arrêter de m'insulter, la coupa Fred, les gens vont commencer à croire que tu complimentes l'abruti en question.

Hermione lui lança son meilleur regard condescendant, mais ne s'étendit pas sur ce sujet.

- Bref, je commençais à croire que Malefoy ne l'avait pas pris ni lu. Mais… Il est vraiment du genre à faire étalage de choses secrètes, tu ne crois pas ?

- Il me semble aussi, acquiesça Fred.

Il avait décroché de la conversation à partir du moment où elle lui avait assuré n'avoir pas touché Malefoy, et commença à se servir des pommes de terre.

- Mis à part Ginny, tu es le seul à qui je peux parler de tout ça, donc est-ce que tu daignerais au moins m'écouter ? lui demanda-t-elle en le frappant légèrement sur l'épaule.

- Quoi, pour que tout le monde puisse entendre ? Allô la Terre, Hermione, on est dans la Grande Salle. En public, ajouta-t-il en insistant sur les derniers mots.

- Oh. C'est vrai.

Heureusement, elle saisit l'allusion et se tut, mais il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir qu'elle mourait d'envie de partager ses théories.

- Très bien, soupira Fred, quatre heures trente. A l'endroit habituel.

- D'accord, rayonna Hermione, mais pas de verre d'eau cette fois.

Fred lui jeta un regard furieux.


Parvati s'était cachée dans les toilettes des filles et pleurait toutes les larmes de son corps. Même Lavande, sa meilleure amie, n'avait pas le droit de rester de l'autre côté de la porte du cabinet où elle s'était cachée.

Hermione sortit des toilettes, trempée de la tête aux pieds.

- Ca ne sert à rien, annonça-t-elle en secouant la tête, elle ne veut rien entendre.

- Oh, si seulement Malefoy n'était pas si important pour le plan, je l'ensorcèlerais jusqu'au prochain siècle ! grinça Lavande entre ses dents.

- Ce qui ne fait pas si longtemps, lui rappela Fred. Mais on peut attendre jusqu'au match. Le plan des Serdaigle était pour Ginny, oui ? Je crois qu'on devrait réfléchir à quelque chose pour après le match, pour Parvati. On peut même demander aux Serdaigle de nous aider, vu que Padma est l'une des leurs.

- Tu crois qu'on peut ? demanda la voix de Parvati, provenant de derrière la porte verrouillée ils entendirent un cliquetis tandis qu'elle soulevait le loquet. A quoi est-ce que tu pensais ?

- Oh, sourit George, juste que Fred et moi avons un joli petit tas d'inventions qui n'attendent que d'être testées…


*ressort son vieux pendule* Vous vouleeez revieweeeer... Vous vouleeeez revieweeeer...