Coucou tout le monde ! Bon alors, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle... La bonne, c'est que comme promis voilà le nouveau chapitre, traduit avec amour pendant toute l'année et laissé mijoter cet été ^^ La mauvaise, c'est que comme je suis un peu dérangée je continue la prépa... Du coup même rengaine que l'an dernier, le prochain chapitre vers juin j'imagine . Sauf si vous êtes très chanceux et que j'arrive à poster après mes écrits, soit mi-avril ! (oui, c'est pitoyable de poster avec des délais pareils, je sais et croyez-moi je préférerais passer mes journées à avancer Critic plutôt que sur des sujets paaaassionnants comme "Les ouvriers au XIX° siècle" ou "L'avancée des techniques de production agricole de 1803 à 1848" *soupir désespéré*). Cela dit, quelle que soit la période de l'année je lis toujours les reviews et ça rebooste le moral, vous imaginez pas ! Donc un énorme merci à tous mes reviewers, vous êtes des amours les gens !

Breeef. Dernière chose, ce chapitre n'est pas encore passé par l'étape correction donc il sera édité (rien de drastique au niveau de l'histoire hein, simplement des changements d'expressions) une fois que j'aurai mis la main sur Evy ^^

Sur ce, enjoy ! (je me suis vraiment éclatée à traduire la première scène, je crois que c'est ma préférée de toute la fic ^^)


- Eh bien ?

Son doigt tapota impatiemment le bois dur de son bureau.

Les trois personnes assises en face d'elle ne prirent même pas la peine de lui jeter un regard. Deux d'entre elles fixaient l'un des chats du mur et la dernière avait les yeux rivés sur ses genoux.

Ombrage s'obligea à rester calme. Elle savait que la menace ne fonctionnerait jamais contre les trois personnes devant elle. Alors, elle prit l'air de celle qui était, elle l'espérait, à peine intéressée, au lieu de laisser voir qu'elle voulait les soumettre au sortilège Doloris jusqu'au prochain millénaire.

- Le professeur Rogue est très énervé de la tournure du match, dit Ombrage d'une voix douce, et il a toutes les raisons de l'être. Tous deux n'étions pas présents au match, mais vous trois, il me semble, y étiez du début à la fin.

Toujours pas de réponse.

Le sourire d'Ombrage vacilla pendant une seconde.

- Puis-je m'enquérir de la raison pour laquelle vous avez laissé le match se dérouler ainsi ?

La personne du milieu détacha enfin ses yeux du chat et la regarda froidement droit dans les yeux.

- Vous pouvez, dit-elle sèchement.

Ombrage tiqua devant le ton employé.

- Dans ce cas, fit-elle en inspirant profondément pour éviter de hurler des obscénités à cette femme obstinée, pourquoi avez-vous laissé l'équipe de Serdaigle blesser l'attrapeur de Serpentard ?

- Nous ne les y avons pas autorisés, répliqua fermement le professeur McGonagall, nous n'avions pas connaissance de leurs intentions.

Menteuse ! cria Ombrage, Menteuse ! C'est un complot pour me destituer !

Bien sûr, elle ne le dit pas à haute voix. Il serait contre-productif de montrer un quelconque signe de faiblesse – particulièrement devant les fidèles les plus extrêmes de Dumbledore.

- Mais lorsque le match a débuté, vous avez certainement remarqué que quelque chose n'allait pas chez Drago Malefoy ?

- Bien sûr que non, répondit le professeur McGonagall les narines pincées, il tournait en rond avec l'air idiot. D'après ce que je sais de lui, il n'y avait là rien d'anormal. Et depuis quand est-ce qu'être soumis au sortilège de Confusion est considéré comme une blessure ?

- Il n'a pas été soumis au sortilège de Confusion ! s'exclama Ombrage d'une voix stridente.

Un éclair de triomphe apparut dans les yeux du professeur McGonagall, mais disparut aussi vite.

- Oh ? demanda-t-elle en haussant un sourcil. Et que croyez-vous donc qu'il lui soit arrivé ?

- Il a manifestement été ensorcelé par l'équipe de Quidditch de Serdaigle !

- Et vous avez des preuves pour soutenir votre accusation ?

- Je n'ai pas besoin de preuves ! s'exclama Ombrage, ayant perdu tout semblant de contrôle. Je suis la directrice de Poudlard !

Minerva ne lui lança qu'un regard indifférent.

- Oui, dit-elle lentement, je suis certaine que vous vous prenez pour la directrice. Dites-moi, Dolores, quand avez-vous donc occupé le bureau directorial pour la dernière fois ?

- Je… Je… Je suis très bien ici, Minerva ! Et le sujet n'est pas le poste qui me revient de droit, mais plutôt votre manque de contrôle sur les élèves !

- Je vieillis, soupira Minerva, ma vue n'est pas aussi bonne qu'avant. Je n'ai rien vu de mal, mis à part Malefoy en train de se ridiculiser. Cela étant, c'était lui qui avait eu l'idée de se déguiser en Détraqueur. Son attitude ne m'a pas étonnée.

- Et vous ne vous êtes pas demandée pourquoi le commentateur hurlait des actions de jeu qui ne se produisaient manifestement pas ?

- Comme je le disais, répondit McGonagall sans quitter le visage d'Ombrage des yeux, je vieillis. J'imagine que mon ouïe n'est pas aussi bonne qu'avant, elle non plus.

Ombrage décida que l'interrogatoire du professeur de métamorphose était une cause perdue. Elle scruta les deux autres personnes qui restaient et n'avaient pas encore parlé, et trouva que l'homme qui étudiait ses genoux était la cible la plus vulnérable.

- Flitwick ! aboya Ombrage. Votre équipe de Quidditch a enfreint les règles – je veux voir une punition !

- Les règles ? couina Flitwick. Quelles règles ? J'ai peur de n'avoir ni l'autorité ni le temps nécessaire, contrairement à vous, madame la directrice, pour lire entièrement le règlement.

- Je ne paresse pas, si c'est ce que vous dites ! s'emporta Ombrage.

- Mais je n'ai pas dit que vous paressiez, répondit Flitwick en clignant innocemment des yeux.

- Non, mais vous avez insinué que… Serdaigle a blessé Malefoy !

- Je pensais avoir établi que Malefoy était simplement sous le sortilège de Confusion, et non blessé ? interrompit McGonagall.

- On ne lui a pas lancé de sortilège de Confusion ! s'exclama Ombrage, à deux doigts de s'arracher les cheveux de frustration. Il a manifestement été ensorcelé par des membres de l'équipe de Serdaigle !

- Et je me rappelle clairement vous avoir demandé des preuves, Dolores, dit McGonagall, et vous ne me les avez pas encore montrées.

- Des preuves ? siffla Ombrage. Des preuves ? Je vais vous en donner, des preuves. Rusard ! appela-t-elle en claquant des mains.

Le concierge ouvrit la porte du bureau et entra, attendant ses ordres.

- Par Merlin, souffla McGonagall, Argus ! Ne me dites pas que vous aimez être son esclave !

Rusard l'ignora.

- Vous m'avez demandé, madame la directrice ? demanda-t-il en s'inclinant profondément.

- Confisquez les baguettes de tous les élèves de Serdaigle, lui ordonna Ombrage. Maintenant !

- A vos ordres, madame la directrice.

Après une autre courbette, Filch traîna les pieds hors de la pièce, une Miss Teigne miaulant joyeusement sur ses talons.

- Nous verrons qui a raison, maintenant, sourit Ombrage. Entre-temps, je crois que je vais interdire à Serdaigle de jouer au Quidditch.

- Bien sûr que c'est ce que vous allez faire, Dolores, je m'en doutais. Alliez-vous également priver Lee Jordan de son poste de commentateur ?

- Je…

- Pourquoi est-ce que je demande ? Bien sûr que c'est ce que vous alliez faire, continua McGonagall. Vous impliquerez également Potter là-dedans, d'une manière ou d'une autre, n'est-ce pas ?

- Je…

- Indubitablement, renvoyer Potter de l'équipe ne vous suffisait pas. Je suis certaine que Fudge sera enchanté de voir expulsé le garçon dont la simple existence pourrait le faire chuter de son poste de ministre…

- Comment osez -vous parler ainsi de ministre de la Magie ? hurla Ombrage en se levant.

- De la même façon que vous osez laisser des commentaires dégradants sur vos élèves être mis sur la place publique ! répliqua McGonagall en se levant également, dominant la petite sorcière. Et ne me dites pas que vous n'avez rien à voir avec toute cette histoire !

- Comment disiez-vous déjà ? fit Ombrage d'une voix douce. Ah oui, « et vous avez des preuves pour soutenir votre accusation ? »

- Bien sûr que oui, répondit le professeur McGonagall, j'ai des témoins – oui, Dolores – des témoins, ainsi qu'un bout de parchemin que vous avez par une heureuse coïncidence oublié à la bibliothèque. Voulez-vous que je le lise à haute voix ?

- Ce ne sera pas nécessaire, dit rapidement Ombrage. Et pour le moment, nous nous occupons du problème des Serdaigle.

- Oui, renifla dédaigneusement McGonagall en mesurant la petite sorcière du regard. Bien sûr. Eh bien, puisque vous avez la situation en main…

Elle tourna les talons et quitta la pièce. Le professeur Flitwick lança un sourire éclatant à une Ombrage fulminante avant de rejoindre McGonagall en-dehors de la salle.

Le professeur Chourave fixait toujours le chat, refusant d'accorder une quelconque attention à la présence d'Ombrage.

Ombrage soupira profondément.

- Vous pouvez disposer, Pomona, lui dit-elle d'un ton mordant.

Chourave cligna des yeux.

- Merci Merlin ! fit-elle. C'est une véritable torture de rester ici avec vous ! Comment est-ce que vous faites pour supporter ça tous les jours ?

Et sans attendre de réponse, elle se précipita hors de la pièce aussi.

Ombrage laissa la porte se fermer avant d'hurler tous les jurons qu'elle connaissait.


Fred jeta un œil dans l'autre couloir, traînant Hermione derrière lui.

- Je ne pense vraiment pas que… commença-t-elle avant d'être coupée par sa main sur sa bouche.

- Chut ! siffla-t-il. La furtivité est cruciale à notre mission !

Hermione renifla.

- Eurk, dégoûtant ! grimaça Fred en essuyant sa main sur son pantalon. Qui fait encore ça ?

- Et quelle est notre mission, exactement ? l'interrogea Hermione, refusant d'être distraite par sa comédie.

- Se venger, bien sûr ! Oh, et s'amuser, ajouta-t-il en souriant machiavéliquement. Qui voudrait laisser passer une chance de donner à Malefoy ce qu'il mérite ?

- Ce n'est pas que Malefoy, lui rappela Hermione. D'autres Serpentard sont impliqués aussi. Des septième années. Je leur en veux, mais je ne crois pas qu'agir avant de réfléchir est un bon moyen de…

- Agir avant de réfléchir ? balbutia Fred. Je n'agis jamais avant de réfléchir ! J'ai tout prévu. D'abord on le met à terre, on lui jette des maléfices, on récupère ton journal, on lui jette un peu plus de maléfices, on le met dans des toilettes, ensuite on prend une photo de lui et on l'affiche aux yeux de toute l'école ! C'est ingénieux !

- C'est absurde, répondit catégoriquement Hermione. Et comment est-ce que tu sais que Malefoy a le journal, de toute façon ? Il pourrait être dans le bureau d'Ombrage, pour ce qu'on en sait.

- Mais non, lui assura Fred. Fais-moi confiance.

Hermione soupira.

- Je ne pense pas que je puisse, lui répondit-elle honnêtement. Tu vois, la dernière fois que je t'ai fait confiance je pensais que tu n'allais pas perdre mon journal, mais ensuite…

- Comment est-ce que je pouvais savoir que quelqu'un allait mettre son bras dans le fauteuil ? protesta Fred. Et puis… il s'interrompit, les yeux écarquillés. Comment est-ce que la Brigade Inquisitoriale est entrée dans la salle commune de Gryffondor ? On doit avoir un traître parmi nous !

Elle roula des yeux.

- Rusard est dans le coup, tu te rappelles ? soupira-t-elle. Il peut entrer dans toutes les salles communes qu'il veut. Pas besoin d'être un génie pour savoir où est-ce que tu l'avais caché.

- Alors pourquoi est-ce que tu ne l'as pas repris ? demanda Fred en réalisant quelque chose. On aurait pu tout éviter si tu avais repris le journal !

- Je ne peux pas le toucher, admit Hermione. Dès que j'ai eu fini d'écrire sur toutes les personnes de la liste, le journal ne me laissait pas l'approcher. Je me brûlais les mains. Je voulais te demander de déchirer les chapitres (surtout ceux sur Harry et Ron, que j'ai écrits de ma propre volonté en quatrième année) quand je suis revenue sur terre et j'ai réalisé ce que je faisais, mais tu m'évitais, et ensuite le journal a été volé…

A la grande horreur de Fred, les yeux d'Hermione se gonflèrent de larmes.

- Je suis tellement stupide ! sanglota-t-elle. Pourquoi est-ce que j'ai fait tout ça ? Comment est-ce que j'ai pu laisser Ombrage me manipuler comme ça ? Je suis censée être intelligent !

Fred se mordit la lèvre, ne sachant pas comment la consoler. Il pensa lui offrir une Pastille de Gerbe (elles étaient plutôt bonnes) mais se dit que la faire vomir n'était probablement pas la meilleure forme de réconfort. A la place, il lui tapota maladroitement le dos.

- Tu es intelligente, dit-il bêtement avant de grimacer.

Hermione riait et pleurait en même temps.

- C'était une très mauvaise tentative, l'informa-t-elle.

- Oui, eh bien ce n'est pas comme si j'avais tout le temps des filles en larmes autour de moi, répliqua-t-il en fronçant les sourcils. Elles ont tendance à être heureuses d'être près de moi. Il y en a qui considèrent que c'est un privilège.

- Q-quoi ? hoqueta Hermione. Je te demande pardon, un privilège ? D'être près de toi ?

- Evidemment, sourit Fred, soulagé qu'elle ait arrêté de pleurer. Je ne sais pas pourquoi, cela dit – ça doit être grâce à mon charme et à ma beauté foudroyante.

- Oui, fit Hermione en roulant des yeux, ça et le fait que tu leur proposes de piéger leurs ex-copains si elles te payent dix Gallions.

Ils entendirent des pas approcher. Fred poussa Hermione dans le creu secret derrière la statue, ignorant son sursaut de protestation. Il sortit sa baguette, aux aguets.

- Ecoutez ça, dit quelqu'un, je ne crois pas qu'on ait besoin de changer quoi que ce soit à ce chapitre. Qui se serait douté que cette sale Sang-de-Bourbe pouvait écrire quelque chose comme ça ?

Fred se hérissa en entendant le ton et le choix de mots de Malefoy. Il serra sa baguette et se pencha en avant.

- Ca parle d'quoi ? fit une voix qui ne pouvait appartenir qu'à Goyle. C'est à propos d'qui ?

Malefoy marqua une pause dramatique. Puis il baissa la voix dans un faux murmure :

- Fred Weasley, répondit-il avec , sans doute possible, un sourire narquois sur les lèvres.

Fred se figea en entendant son nom. Il entendit Hermione inspirer brutalement derrière lui, horrifiée.

- Non ! murmura-t-elle.

L'attrapeur de Serpentard et ses deux gorilles approchaient des Gryffondor, mais Fred se découvrit incapable de bouger. Une part de lui voulait savoir ce qu'Hermione pensait de lui, et l'autre part le poussait à jeter des maléfices à Malefoy.

- Patient Numéro six : Fred Weasley, lit Malefoy d'une voix hautaine. Problèmes…

Avec un cri de rage, Hermione quitta sa cachette en courant et se jeta sur le Serpentard stupéfait.

- Rends. Moi. Ca ! cria-t-elle, oubliant qu'elle était une sorcière et tentant de battre Malefoy à coups de poings.

Malheureusement, elle faisait la moitié de la taille de Goyle et Crabbe, et environ un tiers de leur poids. Elle se fit arracher, assez brutalement, de Malefoy et les deux gorilles s'esclaffaient alors qu'Hermione essayait de se relever.

En voyant Hermione agripper sa cheville tordue, Fred passa à l'action.

- Stupefix ! s'exclama-t-il, figeant les deux gorilles.

Malheureusement, Malefoy était prêt et avait déjà utilisé le Charme du Bouclier.

- Venu sauver ta petite copine, Weasley ? le provoqua Malefoy de l'autre côté de son bouclier. Je savais que tu étais un traître à ton sang, mais je n'aurais jamais pensé que tu voudrais sortir avec un de ces trucs crasseux.

Fred plissa les yeux.

- Boucle-la, crétin, l'avertit-il alors que des étincelles sortaient de sa baguette.

- Rends-moi le livre, Malefoy, ordonna Hermione depuis derrière Fred, évitant de regarder le roux et fixant Malefoy droit dans les yeux. Maintenant.

- Et louper une occasion de m'amuser ? Tu ne veux pas savoir ce que ta petite copine a écrit sur toi ?

Malefoy agita le livre devant Fred, qui hésitait entre le lui arracher des mains et le détruire une bonne fois pour toutes, ou laisser Malefoy lire le chapitre.

- Fred ! s'exclama Hermione. Qu'est-ce que tu fais ?

- C'est pas ma petite copine, répondit stupidement Fred (son cerveau était soudain aux abonnés absents).

- Bon, apparemment tu veux savoir ce qu'elle a écrit, pas vrai la belette ? fit Malefoy avec un sourire narquois.

- N-non, se défendit Fred en réalisant qu'il était à présent sous le contrôle de Malefoy – Malefoy quoi !

- Bien sûr que si, et je vais même t'aider. Je vais lire ça à haute et intelligible voix, rien que pour toi.

Hermione tenta de se lever, mais retomba par terre. Sa cheville lui faisait atrocement mal, et sa baguette était tombée de sa poche que Crabbe et Goyle l'avaient traînée sur le sol. Elle était complètement hors de portée. Hermione essaya de lancer un sortilège d'Attraction sans baguette, mais rien.

Elle ne pouvait rien faire d'autre qu'écouter Malefoy lire son chapitre, et regarder Fred blêmir de plus en plus, serrer de plus en plus son poing autour de sa baguette.

Problèmes :

Immature. Puéril. Gamin – peu importe le synonyme que j'utilise, rien n'est vraiment adapté pour décrire efficacement la personnalité de Fred Weasley. On ne peut pas trouver de mots pour essayer d'illustrer son caractère réel – on ne peut qu'en donner un aperçu, car leurs sens ne feraient que sous-estimer la mesure de son ignominie et de sa futilité.

Il blague sur les gens pour rigoler, c'est ce qu'il dit. Il joue des tours parce que c'est drôle, c'est ce qu'il dit. Donc c'est ce qu'il dit de tout ce qu'il fait. Il se cache derrière son petit sourire condescendant et son masque d'indifférence froide, alors que c'est évident qu'il cherche simplement à attirer l'attention. Attention que sa mère a sans aucun doute donnée à ses frères aînés, plus matures et plus responsables. Je ne la blâme pas pour cela – qu'y a-t-il à louer chez Fred ? Ses farces tellement créatives, qui ne sont là que pour son amusement mesquin aux dépends des autres ? Ses notes navrantes dont il ne fait même pas semblant d'avoir honte ? Son besoin malsain de critiquer ceux qu'il considère comme des inférieurs ?

Non. Rien de gentil ne me vient à l'esprit quand je pense à lui.

Rien que devoir penser à tous ses exploits affligeants – rien que devoir me les rappeler – me rend nauséeuse. Pourquoi devrais-je gaspiller de l'encre précieuse, du parchemin et, encore pire, mes réflexions en pensant à lui ? De tous les gens à propos desquels j'ai écrit, Fred Weasley est probablement le seul sur lequel je refuse de m'étendre, d'écrire. Mais il le faut, et à présent je vais m'arrêter.

Solutions :

Pas besoin. A ce niveau-là, on ne peut plus rien pour lui.

Malefoy referma brutalement le journal avec une immense satisfaction. Les têtes de la belette et de la Sang-de-Bourbe étaient magiques.

- Pour le coup, je suis entièrement d'accord avec toi, Sang-de-Bourbe, lança-t-il à Hermione, qui s'était figée et regardait d'un air désespéré le dos de Fred. On ne peut vraiment « plus rien pour lui ».

Un sourire méprisant sur les lèvres, Malefoy jeta le livre vers Fred qui le laissa rebondir sur son torse, et il s'éloigna à grands pas en laissant ses deux gorilles derrière.

Hermione essaya de parler. Elle ouvrit la bouche, mais rien ne sortit. Elle observa Fred se pencher lentement et ramasser le journal, le visage impassible et les yeux anormalement froids.

Puis soudain, il balança le livre contre le mur. Le vacarme qui s'ensuivit réveilla Hermione.

- Fred ! l'appela-t-elle avec encore une fois les larmes aux yeux. Je ne voulais pas…

- Tu ne voulais pas quoi, Hermione ? la défia Fred avec un regard si glacial qu'un iceberg ne paraissait rien à côté. Dis-moi, quelle partie tu ne voulais pas écrire ? Et ne me ressert pas la salade comme quoi Malefoy aurait réécrit ça, parce que ce n'est pas vrai. J'ai reconnu ton écriture.

- Je…

- Tu sais quoi ? Laisse tomber. Je n'arrive pas à croire que j'aie rééellement oublié à quel point tu es cruelle. Je me suis bercé d'illusions en croyant que tu était simplement agacée que Ron et Harry ne se parlent plus en quatrième année, que tu te sentais coupable de ce que tu avais écrit, que… que…

Il ne savait plus quoi dire.

- Mais c'est vrai, Fred ! chuchota Hermione en levant la tête pour le regarder, essayant de lui faire comprendre. Je me sens coupable ! Je voulais brûler tout ça après l'avoir écrit ! Mais je ne pouvais pas !

- Mais tu l'as écrit, pas vrai ? l'accusa Fred. Tu aurais pu n'avoir rien écrit du tout. Tu aurais pu faire confiance à tes amis et sauver Pattenrond sans passer par là.

- Je sais, répondit doucement Hermione. Je regrette de ne pas vous l'avoir dit. Je regrette vraiment. Je…

- Mais bon, tu ne nous considères pas vraiment comme des amis, hein Granger ? l'interrogea Fred en lui tournant le dos comme si rien que la vue de son visage strié de larmes le dégoûtait. Parce que si on était vraiment tes amis, tu n'aurais pas écrit toutes ces choses.

- Mais on est amis ! protesta Hermione. Simplement… Tu ne peux pas t'imaginer comme je me suis sentie coupable après avoir écrit ça…

- Oui, après l'avoir écrit, l'imita Fred. Je parie que tu t'amusais bien pendant l'écriture, non ? Tu rigolais bien derrière notre dos, pas vrai ?

- Non, pas du tout ! dit Hermione entre deux sanglots. Je me sentais horrible ! Je n'étais pas…

- Eh bien, félicitations, la coupa Fred d'un ton sarcastique, tu as ce que tu voulais. On ne se connaît plus. En fait, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi.

- Fred…

- Je laisse le journal ici. Fais ce que tu veux avec. Continue bien à écrire sur tes « amis ».

Et sans un regard en arrière, Fred la laissa là – assise sur le sol dur et froid, agrippée à sa cheville tordue, en larmes.

Et le journal resta également. Il paraissait aussi innocent que d'habitude.


Une petite review pour soutenir Fred et Hermione ? =D