2 - Le cours de cuisine (G)

Pour séduire sa nouvelle conquête, le colonel Mustang demande des cours de cuisine au lieutenant Hawkeye, cours qui ne se passent pas forcément bien...

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Dans un bureau au deuxième étage du QG militaire de Central city, le silence régnait en maître, seulement rompu par le grattement de la plume d'un stylo sur une feuille de papier. Il était à peine 8h00 du matin et la petite pièce était encore déserte. Enfin presque, une jeune femme en uniforme, ses cheveux blonds attachés par une barrette était déjà occupée à remplir un dossier important qui avait été « oublié » la veille. Elle avait pris sur elle de le terminer, n'arrivant pas à joindre son supérieur pour lui demander de venir plus tôt. Elle lui avait téléphoné en arrivant chez elle, mais personne n'avait décroché, de même que lorsqu'elle avait réessayé plus tard dans la soirée. Avec une pointe d'amertume, elle avait pensé qu'il devait être en charmante compagnie, et que soit la téléphone ne l'intéressait pas, soit il n'était pas chez lui. Elle avait hésité à l'appeler vers minuit alors qu'elle ne dormait pas, mais elle ne l'avait pas fait, de peur de le réveiller, bien que ce fut le but initiale de l'idée, ce qui aurait constitué un vengeance personnelle tant pour le surplus de travail qu'il lui laisser que pour l'indifférence qu'il manifestait envers elle.

Elle se plaignait pour la forme, mais elle souhaitait toujours qu'il ne finisse pas son travail à temps, afin de pouvoir rester plus longtemps en sa compagnie. D'autant plus que lorsqu'il la faisait rester plus tard, il la raccompagnait toujours. Le trajet était assez court, mais à ses yeux ces dix minutes devenaient le plus beau moment de la journée. Les minutes défilaient, le reste de l'équipe arriva à 9h00 précise. Tous se mirent au travail dès leur arrivée. Alors que 10h00 approchait, elle appréhendait l'entrée du colonel, elle le voyait déjà avec son sourire de tombeur, racontant sa soirée de la veille passée en compagnie de sa nouvelle conquête.

Il n'en fut rien. Roy Mustang arriva en effet un sourire aux lèvres, mais ses premiers mots furent adressés directement à sa subordonnée, et non au sous-lieutenant Havoc. Il ne fit aucune allusion à sa nuit avec une quelconque femme, il se contenta de se planter devant le bureau de Liza, attendant qu'elle lève la tête vers lui, ce qu'elle fit avec un regard interrogateur.

« Lieutenant, vous êtes bonne cuisinière je crois, lui dit-il le plus sérieux du monde.

-Euh... »

Ledit lieutenant était un peu perdu. Elle ne s'attendait pas du tout à cela. C'était en effet elle qui cuisinait lorsque Roy Mustang n'était que l'apprenti de son père. A cette époque là, son père ne permettait pas à son élève et à sa fille de se voir, aussi ne s'étaient-ils rencontré qu'à sa mort. Ils ne s'étaient jamais croisés dans un couloir, et d'ailleurs Roy ne savait pas que son maître avait une fille. Il savait que quelqu'un faisait le ménage et les repas, mais il ne savait pas qui. Ainsi donc il avait apprécié sa cuisine. Elle ne lui avait jamais fait remarqué, mais elle ne s'était contentée de faire ses repas, c'était également elle qui rangeait et nettoyait sa chambre et lavait son linge. Elle préféra ne rien dire et attendre qu'il continue.

« J'ai besoin d'aide lieutenant, continua-t-il sur le même ton. J'ai vraiment besoin que vous m'appreniez à cuisiner. »

Liza le regardait toujours avec la même expression surprise, il vivait seul depuis des années et il ne savait pas cuisiner? Sans doute parlait-il de cuisiner des mets plus élaborés qu'un plat de pâtes. Elle ne répondait toujours pas, sa demande devait cacher quelque chose et elle voulait tout savoir pour ne pas accepter n'importe quoi. Elle voulait savoir pourquoi il avait tout à coup besoin de devenir chef pour savoir ce qui l'attendait. S'il devait faire un repas seulement pour quelques personnes, elle pourrait lui montrer comment faire, mais s'il s'agissait de vraiment l'aider à apprendre l'art culinaire, elle devait partir en courant.

« S'il vous plait lieutenant. Tout ce que je vous demande c'est de m'aider à préparer un repas. Enfin plutôt de me montrer, que je sois capable de le refaire moi-même. Et des orangettes, ajouta-il avec un sourire, c'est très important.

-Les orangettes ou le repas?

-Les orangettes, quelle question, répondit-il comme s'il s'agissait d'une évidence.

-Mais c'est pour quoi faire? Demanda Breda.

-C'est pour séduire ma nouvelle cible, annonça-t-il sur un ton triomphant. »

En entendant cela, Liza eut le plus grand mal à contenir sa colère. Il lui demandait à elle de l'aider à séduire sa prochaine victime. Elle qui était amoureuse de lui et qu'il ne voyait pas. Quand il avait complimenté sa cuisine et réclamé son aide, elle avait été heureuse qu'il remarque enfin qu'elle était aussi une femme, mais il avait seulement vu une autre qualité à exploiter à ses propres fins, à croire qu'elle devait être à son entière disposition. Elle lui répondit froidement qu'elle n'avait pas beaucoup de temps libre, à cause de lui bien sur, elle n'allait pas en plus lui sacrifier son dimanche. Devant cette réplique à laquelle il ne s'attendait visiblement pas, il ne sut que dire. Il resta à la regarder, à la fois surpris et déçu. Il bredouilla qu'il comprenait mais il insista tout de même. Elle lui lança qu'il n'avait qu'à demander à quelqu'un d'autre, que sa vie ne tournait pas autour de lui et qu'elle se fichait pas mal de savoir comment il mettait les femmes dans son lit. Contrarié par ce refus catégorique, il fit une moue boudeuse et alla s'assoir à son bureau les bras croisés comme un enfant capricieux. Voyant qu'il ne travaillait pas, elle le rappela à l'ordre mais il continua à regarder droit devant lui. Après trois tentative elle obtint enfin une réponse.

« Je travaillerai que si vous acceptez de m'aider. »

Elle resta bouche bée devant l'ultimatum, il ne reculait vraiment devant rien. A la fin de la matinée, elle dut céder pour qu'il se mette enfin à remplir ses dossiers. Avec un sourire radieux il lui dit alors qu'il l'attendrait dimanche chez lui à 15h.

Le dimanche après-midi arriva trop vite à son goût et c'est au ralenti que Liza Hawkeye se rendit chez son supérieur pour lui apprendre à cuisiner, ou plutôt pour l'aider à conquérir sa nouvelle cible. Elle ne pouvait pas croire qu'elle faisait cela, elle songea à l'étrangler une fois arrivée pour lui faire comprendre son état d'esprit, mais elle se dit que se serait bête de se retrouver en prison pour lui.

Une fois devant la porte, elle hésita un instant puis frappa deux coups, après tout, maintenant qu'elle y était, autant aller jusqu'au bout. Il lui ouvrit la porte avec un grand sourire, la remerciant d'être venue. Elle voulut lui balancer à la figure tous ce qu'elle avait pensé de lui et ses conquêtes depuis qu'il lui avait demandé son aide mais se retint craignant de se retrouver avec un rapport pour insubordination. Il lui indiqua la cuisine en lui disant qu'il lui laissait carte blanche pour confectionner un repas avec ce qu'elle trouverait. Elle ne lui rendit pas son sourire, mais un regard noir et lourd de reproches.

Elle commença à fouiller dans ses placards et dans le frigo pour voir de quoi ils disposaient pour préparer le repas qui ferait tomber la demoiselle dans les bras du grand Mustang. A cette pensée, elle faillit partir en courant, elle n'avait aucune envie de le jeter dans les bras d'une autre. Elle se renferma encore un peu plus pour ne pas laisser libre cours à sa colère, cet après-midi promettait d'être assez désagréable. Sentant qu'elle était de mauvaise humeur, il ne dit rien et la laissa faire tandis qu'elle sortait ce dont elle avait besoin. Se sentant tout à coup coupable, il bafouilla une série d'excuses, ce à quoi elle répliqua froidement que plus vite ils auraient fini, plus vite elle pourrait profiter de son seul jour de congé.

Il regarda le plan de travail, pour voir ce qu'elle avait choisi, sans toutefois oser lui demander pour quel menu elle avait opté. Avec autorité, elle lui demanda de faire bouillir de l'eau pour les tomates, ce qu'il fit sans broncher. Une fois l'eau à ébullition, il y plongea les légumes sans vraiment savoir pourquoi il faisait ça, en attendant les instructions, il la regardait couper un poivron et un concombre. Il retira vite les légumes de l'eau lorsqu'elle lui hurla qu'il ne fallait pas les laisser trop longtemps, dans la précipitation, l'eau brulante l'éclaboussa. En entendant son grognement, elle le poussa violemment en murmurant;

« même pas capable de faire ça... mais qu'est-ce que j'fous là? »

Ce cours devenait de plus en plus pénible autant pour l'un que pour l'autre, d'autant que Roy ne comprenait pas bien ce qui arrivait à sa subordonnée. Elle lui ordonna d'éplucher les tomates pendant qu'elle cherchait le sel, le poivre et le persil. Sous le regard sévère de la belle blonde, il mixa les tomates de manière à ce qu'il n'en reste aucun morceaux. Une fois cela fait, elle ajouta de l'eau et les légumes qu'elle avait coupés en petits morceaux puis quelques glaçons et les ajouta pour refroidir la soupe.

Il plongea le bout d'une cuiller pour gouter. Délicieux. Il refit le même geste mais cette fois il porta la cuiller aux lèvres de sa subordonnée. Satisfaite du résultat, sa seule réaction fut de lancer la suite des opérations pour terminer au plus vite. Roy baissa la tête comme un soldat vaincu, il avait tant espéré passer un moment agréable avec elle et elle ne pensait qu'à lui faire sentir qu'elle serait mieux partout ailleurs qu'avec lui. Puisqu'il en était ainsi, il serait désagréable lui aussi. Elle n'aimait pas entendre parler de ses conquêtes, soit, il ne parlerait que de la prochaine. Toutefois, il n'avait pas fait attention à ce que faisait la jeune femme lorsqu'il dit avec un sourire.

« Je suis sure qu'elle va adorer, merci beaucoup lieutenant. Vous savez, elle est vraiment merveilleuse. »

Entendant un grognement, il regarda dans sa direction et il vit qu'elle venait de se couper avec le couteau qu'elle tenait. Il se dirigea vers elle pour l'aider mais elle le repoussa violemment en lui disant qu'elle pouvait se débrouiller seule. Elle passa sa main sous l'eau froide jusqu'à ce que le saignement s'arrête. Elle n'avait déjà pas envie de l'aider à préparer ce repas, mais il fallait en plus qu'il en rajoute en lui parlant de sa nouvelle pintade. Qu'est-ce qui l'empêchait de partir? Rien, après tout. C'est alors qu'elle se rendit compte de ce qu'il se passait dans son dos. Son supérieur s'était complètement collé à elle, les mains sur ses hanches, la tête sur son épaules, il regardait sa main blessée avec une moue coupable d'enfant puni. Cette proximité la troubla un instant, elle s'éloigna rapidement de lui, sentant son cœur s'emballer. Il lui prit le couteau des mains pour couper la viande à sa place en lui murmurant à l'oreille qu'il trouvait dommage d'abimer de si jolies mains. Surprise, elle le regarda un moment, essayant de comprendre pourquoi il faisait attention à elle tout à coup.

Alors qu'elle épluchait les légumes, l'atmosphère se détendit, il commençait même à la faire rire, plus par sa maladresse que par son humour, mais elle riait. Alors que la viande cuisait, il regarda ses mains un instant, elles étaient pleines de sauce au curry. Un sourire sournois se dessina sur le beau visage du colonel, il se tourna vers sa subordonnée qui, prise par surprise, n'eut pas le temps d'esquiver l'attaque. Elle se débattait alors qu'il lui badigeonnait le visage de sauce en riant. Pour se défendre elle attrapa la cuiller dans le plat pour lui rendre la pareille. Cherchant à éviter l'assaut, il lui attrapa les poignets et lui maintint les mains dans le dos, la collant ainsi contre lui. Une idée lui traversa l'esprit, voyant la trainée jaune sur la joue de sa subordonnée et qui mourait au coin de sa bouche. Il lui lâcha un poignet pour saisir la cuiller qu'elle tenait et la poser. Il prit une serviette et commença à lui essuyer doucement le visage, suivant les contours de son visage. Elle bégaya qu'elle pouvait le faire elle même mais il fit mine de ne pas l'entendre, d'autant plus, qu'il la tenait toujours contre lui. Perturbée par la situation, elle ne vit pas tout de suite que leurs visages se rapprochaient. Elle resta pétrifiée quand les lèvres de son supérieur se posèrent sur sa joue pour la débarrasser de la sauce. Toujours dans ses bras, elle le sentit se rapprocher dangereusement de sa bouche, léchant la sauce sur son passage.

Il s'arrêta à quelques millimètres de ses lèvres, le souffle court, ses yeux plongés dans son regard d'ambre qui trahissait son trouble. Reprenant ses esprits, elle se dégagea et finit d'enlever la sauce sur son visage avec de l'eau. De son côté, Mustang cachait sa déception derrière la serviette avec laquelle il se nettoyait le visage. Liza n'osait plus se retourner pour le regarder, mais le supplice touchait à sa fin, il n'avait plus que les orangettes à préparer. Pour reprendre contenance, Mustang se remit à parler de sa future petite amie. Liza reçut ses paroles comme autant de coups de poignard, il avait été à deux doigts de l'embrasser et maintenant il lui balançait à la gueule qu'il allait sortir avec une autre. Il ne tarissait pas déloges au sujet de cette femme, elle n'en pouvait plus de l'entendre c'en était trop pour elle. Elle l'écoutait parler de cette femme parfaite et crut qu'elle allait s'évanouir quand elle se rendit compte de son ton sérieux et amoureux. Elle se tourna vers lui, au bord des larmes, le cœur en lambeau, elle ne l'avait jamais vu ainsi, les yeux dans le vague, un sourire comblé sur le visage, il parlait d'elle comme de celle avec laquelle il passerait le reste de sa vie. Son cœur s'arrêta, il était tombé amoureux. Elle avait toujours souffert de le voir flirter à droite et à gauche mais jamais elle n'avait pensé que l'une d'elles puisse réellement lui plaire. Le monde s'arrêta de tourner. Il lui parlait mais elle avait l'impression de ne pas exister pour lui.

Elle déglutit difficilement avant de lui faire remarquer d'une voix tremblante qu'ils avaient encore du travail. Avec colère, elle lui ordonna d'éplucher les oranges pendant qu'elle s'occupait du chocolat. Il lui fit alors la remarque qu'elle n'était pas très agréable depuis le début de l'après midi et qu'il ne la retenait pas si elle avait mieux à faire. Ce fut la goutte d'eau de trop, combien de fois lui avait-elle répété qu'elle avait mieux à faire que cuisiner avec lui? Folle de rage elle mentionna que le général Hakuro essayait depuis un moment de la prendre dans son service et elle laissa sous-entendre que la place pourrait l'intéresser. Tout en pressant les oranges il lui rappela pourquoi elle l'avait suivi et par la même occasion sacrifié sa carrière. La casserole était à présent sur le feu, ils devaient attendre une heure et demi avant que les morceaux de peau ne soient confits. Le ton montait dans la petite cuisine où les deux militaires se disputaient, de plus en plus énervés. Mustang n'en pouvait plus, il supportait sa mauvaise humeur depuis des heures, depuis des années même, et à présent elle menaçait de partir à cause d'un simple petit dimanche perdu. En hurlant il souligna qu'elle ne lui était pas si nécessaire qu'elle semblait le croire et qu'il trouverait toujours quelqu'un pour la remplacer. Ces derniers mots finirent de l'achever, elle ne put retenir tout ce qu'elle gardait pour elle depuis le début de l'après-midi. Elle lui balança tous les reproches qu'elle n'avait jamais osé lui faire.

« Mais vous n'êtes qu'un incapable! Vous seriez pas allé loin sans moi, la preuve, je dois encore vous aider à séduire je ne sais qui. D'ailleurs vous croyez pas que j'vous vois assez tous les jours à supporter vos caprices?

-Mais puisque ma présence vous insupporte à ce point lieutenant, je vous en prie, rentrez chez vous, j'ai pas besoin de vous pour terminer. J'ai pas besoin de vous lieutenant Hawkeye! »

Sur ses mots elle posa ce qu'elle avait dans les mains en lui répliquant qu'il se débrouillerait aussi pour ranger et partit en claquant la porte. Roy prit un moment pour se calmer. Une fois l'orage passé, il regarda l'état de sa cuisine, non seulement l'évier était rempli de différents plats et couverts, mais en plus, le sol était couvert par endroit de sauce au curry. Il prit une profonde inspiration, réalisant ce qu'il lui avait dit;

« j'ai pas besoin de vous »

Il avait tant espéré que cet après midi se passe bien, il avait même cru gagner à un moment, mais il avait fallu qu'elle s'écarte avant qu'il ne l'embrasse. Comment lui expliquer à présent? Il se maudit lui même d'avoir parler d'une conquête, il aurait très bien pu dire des amis. Il était sensé la séduire au cours de la leçon, le repas n'était qu'un bonus. Jamais il ne s'y était aussi mal pris pour conquérir le cœur d'une femme. Il avait compris son erreur quand il avait vu la peine dans ses yeux quand il parlait avec amour de sa nouvelle cible, sans qu'elle sache qu'il parlait d'elle. Il avait médité cette stratégie pendant des mois sans oser lui demander, face à elle, il n'était qu'un adolescent qui a peur d'aborder son premier amour, craignant de se faire rejeter. Il avait tout gâché.

Une fois chez elle, Liza s'écroula sur son canapé et pleura toutes les larmes de son corps. Elle n'en pouvait plus qu'il la considère à son entière disposition, l'appelant à l'aide à tout bout de champ et la jetant dès qu'il n'avait plus besoin d'elle sans le moindre remerciement. Elle n'était pas sa chose, il fallait qu'il le comprenne. Elle s'était trompée sur toute la ligne, elle n'avait pas la moindre importance pour lui. Il s'était seulement moqué d'elle, l'aurait-il embrassé si elle ne s'était pas écartée? Elle ne comprenait pas quelle satisfaction il pouvait trouver à jouer ainsi avec elle. Elle prit rapidement une douche et partit se coucher sans diner.

Le lendemain, elle arriva au bureau la première comme toujours mais elle n'arrivait pas à se mettre au travail. Sa dispute de la veille avec son supérieur l'avait ébranlée, elle regrettait tout ce qu'elle lui avait dit mais repensa de façon sérieuse à la proposition du général Hakuro, après tout Mustang ne lui avait-il pas fait comprendre qu'il se passerait sans peine de ses services? Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas le nouvel arrivant qui se posta devant son bureau. Elle leva la tête et eut le plus grand mal à retenir ses larmes en voyant son supérieur qui la regardait. Sans rien dire il déposa une petite boite sur son bureau et alla s'assoir. Elle fixa l'objet avant de demander de quoi il s'agissait.

« Ouvrez le, vous verrez. »

Il avait l'air complètement abattu, aussi, ne posa-t-elle aucune autre question. Elle prit la boite et l'ouvrit. Des orangettes. Elle sourit de cette attention, sans doute était-ce en guise d'excuses pour la veille. Elle lui dit alors qu'elle appréciait qu'il en ait également fait pour elle mais que ce n'était pas nécessaire. Il leva vers elle un regard désespéré, comme si elle venait de dire une bêtise.

« Honnêtement lieutenant, regardez le contenu de la boite et dites moi si vous pensez que j'ai pu en faire plus. »

Elle s'exécuta, il était vrai qu'elle était bien remplie et que rien que cela représentait déjà un énorme travail, mais il en avait forcément fait plus pour la femme qui faisait briller ses yeux. A cette pensée son morale retomba au plus bas. Elle lui fit par de ses pensées. Il poussa un long soupir et se passa les mains sur le visage avant de dire d'une voix éteinte.

« Bon sang, Liza, quand est-ce que vous allez comprendre?

-Pardon? Lui répondit-elle surprise. Qu'est-ce que je dois comprendre colonel?

-Vous êtes désespérante, vous savez. J'avais espéré que l'après midi d'hier se passerait mieux, vous auriez surement compris. D'ailleurs le diner nous attend toujours, si ça vous tente pour ce soir. »

Elle le regarda avec de grands yeux ronds, ne comprenant toujours pas, il n'était pas pour elle ce diner alors pourquoi l'invitait-il? Quand elle lui posa la question, elle le sentit s'énerver de nouveau. Il n'arrivait pas à lui dire et elle ne comprenait pas, ils n'iraient pas loin de cette manière. Avec son plus beau sourire, il s'excusa de ne rien lui avoir dit la veille, mais il l'avait trouvé magnifique les cheveux détachés avec ses vêtements civils. Il semblait mal à l'aise tandis qu'il s'excusait de s'être emporté. Son cœur manqua un battement alors qu'il murmurait maladroitement qu'elle était loin d'être inutile et qu'au contraire, il ne pourrait pas se passer d'elle. Il se lança dans une description hésitante de la manière dont il la voyait, de ce qu'elle représentait pour lui. Il n'osait pas la regarder, et bafouillait comme un adolescent pas sur de sa déclaration. Elle l'écoutait de plus en plus stupéfaite, surtout que cette liste ressemblait point pour point au portrait qu'il lui avait brossé de la femme qu'il aimait. Elle lui adressa un sourire hésitant.

« Donc si j'ai tout compris, vous vouliez me séduire avec un repas que j'aurai moi-même préparé? »

Reprenant espoir, il éclata de rire, la chose pouvait en effet être tournée de cette manière. Il posa son menton au creux de sa main et la regarda avec des yeux remplis d'amour et un sourire rêveur, il arborait la même expression que la veille, alors qu'elle croyait qu'il parlait d'une autre. Leur bulle éclata brutalement avec l'entrée en scène du reste de l'équipe dans un concert de bâillements. Le sourire de Roy s'effaça, elle ne lui avait rien dit, pire encore, elle s'approchait du bureau avec une monstrueuse pile de dossiers. Avec un soupir il prit le premier et l'ouvrit. Il releva alors la tête vers son lieutenant qui le regardait avec un léger sourire et lui fit un imperceptible clin d'œil en guise d'acquiescement. Discrètement, un sourire jusqu'aux oreilles, il enleva du dossier le petit morceau de papier glissé à son attention sur lequel était simplement écrit « 20h »...

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Voilà le deuxième, j'espère qu'il vous a plu. J'en ai plein d'autres en réserve, mais il faudra les mériter^^, si vous voulez que je continue ce recueil, tapez review ;).

Merci d'avoir lu, Jaamatane!

S-LH