ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 4.3


Je me tenais en face d'un véritable Yakuza. Et ma sœur juste derrière moi était tellement ivre qu'elle ne savait déjà plus ce qu'elle disait.

« E … Ecoutez … » avais je tenté de parlementer pour apaiser la tension qui venait de monter. « Je suis juste venu chercher ma sœur, c'est tout » avais je précisé en désignant Kirino.

« Oh ? Alors c'est toi son grand frère ? » m'avait il répondu en paraissant un peu moins menaçant et tout d'un coup curieux.

« Oui » avais je répliqué en essayant de regagner de l'assurance. « Donc je vais juste la ramener avec moi et on vous laissera tranquille. »

Le Yakuza avait froncé les sourcils en entendant ma réponse et m'avait soudainement prit par le col avant même que je n'ai pu esquissé le moindre geste pour me défendre.

« Ecoute moi bien, sale gamin. Celui qui décide qui va laisser tranquille qui ici, c'est moi. Kudo Nakamura ! Personne d'autre. C'est compris ? » conclua t'il en m'étranglant presque.

« O … Oui ! J'ai compris ! » avais je articulé entre deux suffocations.

Satisfait de sa mise au point, le yakuza nommé Kudo m'avait enfin relâché non sans grogner sur le manque de respect dont je venais de faire preuve à son encontre. En reprenant mon souffle, j'avais décidé de garder mon calme et de traiter le problème de faon diplomatique. J'avais donc prit sur moi en demandant à ce Kudo s'il voulait bien m'autoriser à m'en aller avec ma sœur. Je m'attendais à ce qu'il m'oppose un refus catégorique mais sa réponse fut étonnament tout autre.

« Ben vas y si tu veux. On est des gens honnêtes nous, on a jamais retenu personne. Pas vrai Kenji-kun ? Ha ha ! » fit il en s'adressant au barman qui acquiesça plus par crainte que par conviction.

« Bon … » avais je répliqué en voyant que ces voyous m'avaient autorisé à partir même si j'avais trouvé ça étrange. « Allez Kirino ! » avais je poursuivi en prenant ma sœur par le bras pour l'emmener à l'extérieur.

Mais je m'étais heurté à une résistance à laquelle je ne m'étais pas attendu.

« Heiiin ? » avait réagi ma sœur en maugréant. « Je v … vais nulle part, t'entends ! Je suis b … bien ici alors casse t … toi ! » conclua t'elle en demandant à ce qu'on lui serve un nouveau verre.

« Kirino ! » m'étais je écrié en voyant qu'elle refusait de me suivre en s'accrochant à son siège. « On doit s'en aller maintenant ! » l'avais je pressé en sentant que le danger dans ce genre d'endroit était tout proche. « Kirino ! » avais je répété.

« Ho. T'as pas bientôt fini de l'embêter cette demoiselle ? » m'avait adressé l'autre yakuza à ma gauche sur un ton menaçant.

« Hein ? Mais c'est ma … » avais je tenté de me défendre avant d'être coupé par Kudo.

« On sait bien que c'est ta sœur, sale merdeux. Mais ici, on n'aime pas les gars qui embêtent les demoiselles. Si elle veut pas te suivre, alors fous lui la paix » avait il répliqué en me regardant de manière à me faire comprendre que je n'avais pas intérêt à le contrarier.

Je n'avais pas osé répondre. Je voyais maintenant où ces bandits avaient voulu en venir en me laissant la permission de sortir d'ici avec Kirino. Ils savaient qu'elle ne voudrait pas me suivre dans l'état où elle se trouvait.

« Qu … Qu'est ce que vous lui avez fait ? » avais je fini par formuler en m'adressant à Kudo

« Hein ? » répondit il sur un faux air innocent. « On lui a rien fait à ta petite sœur chérie, nous. Au contraire. On l'a croisé tout à l'heure dans la rue qui errait seule sans parapluie. Comme on est des gentlemans, on lui a proposé de venir prendre un verre avec nous pour qu'elle puisse se réchauffer » s'était il expliqué en adoptant un ton plus amical mais dont la sincérité n'aurait pu tromper personne.

« Mais elle n'a pas l'âge de boire de l'alcool ! Elle n'a même pas 16 ans ! » m'étais je écrié même si je savais que ces brutes étaient déjà au courant.

« Eh mec, relax ! » m'adressa le second de Kudo sur un air de « faisons ami-ami ». « On est au Japon après tout non ? C'est un pays libre ici. Ta sœur un bu un verre et elle a commencé à commander les autres toutes seules comme une grande. Il fallait bien qu'elle commence un jour de toute façon non ? Alors autant que ce soit en compagnie de braves gars comme nous ! » avait il conclu avant de s'esclaffer suivi de son cher collègue.

Espèce de …

Je m'étais difficilement retenu de faire des vagues suite à la réaction de ces deux idiots mais il fallait que je fasse quelque chose. Si je laissais ma sœur entre les mains de ces deux yakuzas, elle ne serait plus jamais la même ensuite. Alors, j'avais pris mon courage à deux mains et j'avais trouvé la force de m'approcher de Kudo pour lui faire face sérieusement.

« Qu'est ce que tu veux, microbe ? T'as un problème ? » m'avait il lancé en voyant mon attitude qui était devenue agressive.

J'avais pris discrètement une profonde inspiration et j'avais sorti ma façon de penser à cette ordure.

« Je ne vous laisserai pas profiter de Kirino ! Vous n'êtes que de sales bandits qui n'hésitent pas à abuser de la faiblesse des autres. Si vous ne me laissez pas partir avec ma sœur, je la ferai sortir de force ! »

J'avais dit ça sérieusement comme si je pensais vraiment être capable d'un tel exploit. Kudo avait attendu quelques secondes avant de réagir comme si il pensait que j'allais me dégonfler tout de suite après pour lui demander pardon à genoux. Mais j'avais soutenu son regard en adoptant moi aussi une expression menaçante.

Et d'un coup, ce yakuza éclata de rire.

« Ah ah ah ! Elle est bien bonne celle là ! » avait il hurlé avant de vider un nouveau verre.

« C'est la vérité ! » avais je rajouté sans lâcher le morceau. « Si vous ne nous laissez pas … »

« Petit ! » m'avait crié Kudo en m'interrompant brutalement. « Tu as des tripes pour oser me parler sur ce ton tout en sachant qui je suis ! » avait il poursuivi avec force en se levant. « Ça me plaît ! » conclua t'il en souriant sarcastiquement.

« Hein ? » répondis je en me demandant où ce type voulait en venir.

« Je vais te faire un cadeau pour te récompenser de ta bravoure » avait enchaîné Kudo en entourant son bras autour de mon cou comme un vieux pote. « Tu vois les donzelles qui sont assises au fond ? » fit il en me montrant du doigt quatre femmes d'une vingtaine d'années installées au fond du bar. « Elles travaillent toutes pour moi. Va voir celle qui tu veux et dis lui que tu viens de ma part. Il y a un love-hotel tout prêt d'ici. Emmène la là bas et elle fera tout ce que tu lui demanderas gratuitement ! »

Une poussée d'indignation m'était montée d'un coup à la tête au fur et à mesure que ce bandit m'avait expliqué sa proposition. Sans attendre qu'il m'en dise davantage, je m'étais débarrassé d'autorité de son étreinte et je lui avais bien fait comprendre que je ne partirai pas d'ici sans Kirino.

« Oh ? Ah tu fais encore le dur hein ? » répondit Kudo en se rasseyant sans s'énerver par ma réaction. « Dis moi … Tu l'aimes beaucoup ta sœur on dirait ? » avait il poursuivit sur un ton neutre qui ne m'avait pas permis de voir où il voulait en venir.

« Evidemment ! » avais je répliqué sans attendre en serrant les poings. « C'est pour ça que je ne vais pas la laisser ici avec vous ! »

Les deux yakuzas s'étaient brièvement regardé en entendant ma réponse puis s'étaient échangé un mystérieux sourire complice. Et sans que je n'aie eu le temps de continuer à protester, le second de Kudo prit la parole tandis que Kirino était occupée à divaguer en jouant avec ses verres vides.

« C'est intéressant dis moi. Tu vois, quand on a amené la fille ici, elle ne nous a même pas dit un seul mot. Mais quand elle a commencé à picoler, je peux te dire que sa langue s'est déliée ! Et pas qu'un peu ! » déclara t'il en commençant à rigoler avant d'être suivi par son chef.

« Qu'est ce que vous avez ?! » avais je protesté, agacé par ces ricanements provoqués par je ne savais pas quoi. « C'est quoi votre problème ? » m'étais je énervé.

« Eh bien tu vois … » avait commencé à m'expliquer Kudo avant de se servir un autre verre. « Quand elle est arrivée à son troisième ou quatrième verre, elle nous a dit un truc du genre : mon frère a commencé à sortir avec ma meilleure amie, c'est rien qu'un con ! » avait il poursuivi en imitant grossièrement ma sœur pour rendre sa déclaration ridicule.

« Hein ? » avais je réagi complètement interloqué. « Qu … Qu'est ce que vous racontez ? »

« Et arrivé à son cinquième verre … » avait reprit le second de Kudo entre deux rires. « Elle nous a sorti …. C'était comment déjà ? » s'interrogea t'il en mimant être en train de réfléchir. « Ah oui ! Elle a dit : pourquoi est ce que mon frère ne m'aime pas moi ? » conclua t'il avant de pouffer de rire à nouveau.

Mais je n'avais pas réagit à sa provocation cette fois là. Je m'étais retrouvé comme tétanisé face à ces paroles. Kirino avait cru que j'avais commencé à sortir avec sa meilleure amie ? Elle parlait d'Ayase ? Pourtant il ne s'était rien passé avec elle. A moins que …

Etait ce possible qu'elle ait pu nous voir pendant que j'étais dans la chambre d'Ayase au moment où on avait failli s'embrasser ?

Non, c'était impossible. Pourquoi elle serait venue chez Ayase d'abord ? Et à ce moment là ? Tout ça n'avait pas de sens ! Mais alors que je m'embrouillais l'esprit en essayant de comprendre la situation, Kirino participa soudainement à la conversation en se retournant vers moi.

« T … T'as entendu, esp … espèce de coureur de jupons ? C … C'est fini entre nous ! D … Dégage ! » avait elle vociféré en commençant à me jeter ses verres vides à la figure. Ce fut étonnament Kudo qui la calma.

« Allons allons » avait lancé cette brute sur un faux ton rassurant en empêchant ma sœur de continuer à balancer ses verres sur moi. « Tu ne vas pas faire du mal à ton grand frère quand même ? »

« Mais c … c'est rien qu … qu'un i … idiot ! » s'était lâchée ma sœur. « Il … il ne comprend rien à … à ce que je ressens ! » avait elle poursuivi à la limite de commencer à pleurer.

« Hein ? Ce que tu ressens ? » avait réagi cet enfoiré de Kudo intéressé par la dernière phrase que Kirino avait prononcé. « Eh bien, tu vas pouvoir nous le dire alors. Tu vois, tout le monde est là pour t'écouter » rajouta t'il en sommant le barman de servir un autre verre à ma sœur. « Et sers moi un café. Je m'en voudrais si je m'endormais avant la fin de l'histoire de la demoiselle ! » conclua t'il en dévorant ma sœur des yeux.

« Non ! Ca suffit maintenant ! Ne lui servez plus rien ! » m'étais je écrié pour protester contre cet abus de faiblesse dont ma sœur était victime.

Le barman m'avait brièvement regardé mais sous l'œil menaçant de Kudo, il s'était exécuté malgré tout et commença à remplir un nouveau verre pour Kirino.

« Epèce de … » avais je vociféré en m'approchant du bar à la hauteur de Kudo. Mais loin d'avoir peur ou même de se mettre en garde, il m'avait juste regardé d'un air méprisant pendant que le barman venait de lui servir son café et le nouveau verre à ma sœur.

Que faire ? Je m'étais senti tellement impuissant à cet instant. Ma sœur était ivre là, devant moi, et je ne pouvais rien faire pour l'empêcher de se ridiculiser encore davantage devant ces deux ordures. J'aurais pu appeler la police mais vu qu'il s'agissait du clan Nakamura, ils n'auraient sûrement rien fait tant qu'il n'y avait pas mort d'homme. Excédé, j'avais là en face de moi l'homme qui était responsable de tout ça. J'étais tellement furieux que j'aurais presque pu le tuer. Et il l'avait sûrement senti. Pourtant, non seulement il n'avait pas l'air effrayé mais en plus, il m'avait ignoré sans sourciller alors que j'étais à portée de lui donner un coup de couteau.

Est-ce qu'il sentait aussi bien la peur qui m'habitait ? Il savait déjà que je n'oserai rien faire juste en me regardant. Merde ! Est-ce que j'étais resté aussi lâche que ça ?

Alors que j'étais en train de me morfondre intérieurement sur mon impuissance, je m'étais souvenu des paroles de mon père lors du dîner du nouvel an.

« Arrête de penser que tu es faible ! »

Il avait été dans une colère noire ce jour là après que je lui ai causé du souci pour rien. Et il m'avait fait un sermon qui m'avait aidé à reprendre partiellement ma vie à main. A partir de ce jour là, je m'étais senti plus sûr de moi, moins impuissant.

Est-ce que j'avais déjà oublié tous les conseils que papa m'avait donné ce jour là ?

« Et fais ce qu'il faut pour devenir fort ! »

C'est vrai … Il avait aussi prononcé ces mots là. Ces mêmes mots qui avaient fait que j'avais pu résoudre les problèmes que j'avais eu avec Manami, que j'avais eu le courage d'avoir l'ambition de décider de partir étudier en Angleterre et plein d'autres choses encore. Est-ce que j'allais redevenir le couard que j'étais maintenant que c'était ma sœur qui avait besoin de moi ?

J'avais repensé à tout ce que m'avait dit papa ce jour là. La manière de trouver de la force en moi, la façon dont il avait protégé maman de voyous qui l'embêtaient alors qu'il était seul lui aussi. Comme moi aujourd'hui.

Mes poings s'étaient serrés comme jamais face à l'afflux de tous ces souvenirs qui m'étaient revenus de cette journée. J'avais fixé le visage de Kudo qui ne se préoccupait toujours pas de moi comme si j'étais un petit animal inoffensif. Mais l'animal venait à cet instant de sortir ses griffes enfouies au plus profond de lui-même.

Papa ! Je ne te décevrai pas cette fois !

Alors que la rage que j'avais accumulée jusqu'ici s'était soudainement libérée, j'avais pris Kudo par le col de sa chemise et sans lui laisser le temps de réagir, je l'avais frappé de toutes mes forces ! Il en était tombé de sa chaise pour s'aplatir sur le sol. Mais loin de jubiler sur mon acte, j'avais immédiatement après saisi la tasse de café de Kudo qui était restée sur le bar et je l'avais balancé sans réfléchir sur la figure de son second. Il était d'ailleurs sur le point de sortir quelque chose de sa veste en voyant ce que j'avais fait à son chef. Sa réaction ne se fit pas attendre, il s'était tordu de douleur en se tenant le visage que je venais d'ébouillanter.

J'avais alors voulu profiter de l'effet de surprise que ma réaction avait engendré pour m'enfuir du bar avec Kirino. Je lui avais saisi le bras et je l'avais tiré vers la sortie de toutes mes forces. Mais dans son état, elle n'était pas capable d'agir raisonnablement et elle s'était débattue avec force pour que je la laisse tranquille. Pressé par les évenements, j'avais tenté le tout pour le tour en essayant de la prendre dans mes bras. Mais à peine j'avais mis les mains autour de sa taille que je m'étais pris un grand coup de pied sur le dos qui m'avait envoyé au tapis. En relevant la tête, j'avais pu voir qui en était l'auteur.

« Sale petite merde … » m'avait il lancé en me regardant d'un air qui m'avait glacé le sang, me privant de toute l'assurance que j'avais ressenti en défonçant cette ordure.

Je n'en revenais pas qu'il se soit déjà remis du coup de poing que je lui avais assené. Je l'avais frappé si fort que j'en avais presque eu l'impression de m'être cassé la main. Mais c'est vrai que même pour un yakuza qui en a vu de bien pire, ce genre de coup avait dû avoir autant d'effet qu'un pétale de rose heurtant un brin d'herbe. Contrairement à eux, je n'étais pas du tout habitué à me battre.

« Je vais te faire regretter ce que tu as fait … » avait enchaîné Kudo avec une expression qui faisait bien comprendre à celui qui était visé qu'il n'allait pas faire de cadeaux.

Arrivé à ma hauteur, il avait profité que je sois encore à terre pour m'immobiliser en s'asseyant sur mon dos. Après m'avoir bien parqué au sol, il s'était saisi brutalement d'une de mes mains.

« Tu connais les traditions des yakuzas, petit ? » m'avait il demandé en ricanant sombrement. « Ouais, tu as sûrement dû voir ça dans les films pas vrai ? » poursuivit il en me tenant encore plus fermement la main, m'arrachant un cri de douleur.

« V … Va te faire ! » avais je lâché difficilement pour répondre à Kudo, bien que je sache en effet où il voulait en venir cette fois.

Soudain, j'avais entendu le crissement d'une lame qu'on sortait de son étui. Pas de doute, cet enfoiré venait de sortir un couteau de son blouson.

« Tu as une préférence ou bien tu veux que je suive la tradition et que je te coupe le plus petit de la main gauche ? » m'avait questionné Kudo en ricanant.

Puis, alors que je m'apprêtais à l'envoyer balader une nouvelle fois, j'avais entendu un verre se briser à ma hauteur.

« Sale petite garce ! » avais je entendu crier Kudo qui s'était soudainement levé, me laissant enfin respirer à nouveau normalement.

Kudo s'était apparemment fait jeté un verre sur la tête. Et la responsable n'était autre que ma sœur.

« Je … Je veux pas qu'on … qu'on fasse de mal à mon f … frère chéri ! » avait bégayé Kirino sous l'emprise de l'alcool.

Le second de Kudo venait lui aussi tout juste de récupérer du café bouillant que je lui avais balancé et en voyant la scène, il avait pris les deux bras de ma sœur pour la maîtriser.

« Tu vas voir ce qu'il en coûte de balancer des verres sur la tête de Kudo Nakamura, sale garce ! » avait vociféré Kudo en s'approchant de Kirino qui se débattait inutilement pour essayer de se dégager de son agresseur.

En voyant ce qui s'apprêtait à ce passer sous mes yeux, j'avais voulu intervenir tout de suite mais les coups que m'avait donné Kudo me faisaient encore souffrir et m'avaient empêché de me relever tout de suite. Je n'avais pu que rester assis là à regarder cette ordure de Kudo s'approcher de ma sœur pour lui faire subir je ne sais quel supplice. Je ne pouvais plus rien faire pour la sauver dans l'immédiat. Un goût amer me traversa la gorge à cette pensée.

Papa … Je suis désolé mais … Je ne suis pas aussi fort que toi !

C'est ce que je m'étais dit en rageant en essayant desespérement de me relever. Je ne pouvais même pas m'aider en m'appuyant sur la main avec laquelle j'avais frappé Kudo tellement elle me faisait souffrir.

« Alors … » s'était réjouit Kudo en se retrouvant devant ma sœur. « Est-ce que je dois lui couper un doigt à elle aussi ou bien … Peut être prendre une autre sorte de compensation … » avait il marmonné d'un air dégoûtant en sentant l'odeur que dégageait les cheveux de Kirino.

« Non ! » avais je hurlé en étant presque à nouveau sur pied.

C'est à ce moment là que j'avais cru entendre comme un éclair qui venait de tonner. En réalité, c'était les portes du bar qui venaient de s'ouvrir brutalement.

« Bas les pattes vous là bas ! » avait hurlé à destination de Kudo une voix qui m'était familière.

En me retournant, j'avais ressentiment un grand soulagement intérieur en voyant que j'avais deviné juste. Il s'agissait de Saori ! Elle avait à ses côtés Sanada, Kuroneko et Ayase. En me voyant mal en point, Saori m'avait adressé un petit sourire en me faisant un signe.

« On est arrivé à temps n'est ce pas, Kyosuke-shi ? »