ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI

VOLUME FINAL

chapitre 4.4

Alors que j'avais enfin réussi à me relever tant bien que mal, je m'étais retourné à nouveau du côté de Kirino pour constater que le second de Kudo lui entravait toujours les poignets avec sa seule main gauche. Il avait lui aussi sorti un couteau de sa poche. Kudo avait légèrement grimacé en constatant que mes amies avaient débarqué mais en analysant rapidement la situation, il avait rapidement retrouvé son sourire dégoûtant.

« Ha ha ha ! Qu'est ce qu'on a là ? » s'était esclaffé Kudo en dirigeant son regard vers moi. « Ce sont tes autres petites sœurs peut être ? »

« Hé ! Je suis là moi aussi ! » avait protesté Sanada en voyant que Kudo le comptait manifestement parmi mes prétendues « sœurs ».

« Ah, allons ! Un microbe de plus ou de moins, qu'est ce que ça change ? » avait répondu Kudo d'un air méprisant.

« Toi … Tu vas voir ! » avait réagi Sanada en se mettant en garde.

Saori se tenait en première ligne avec un étrange bâton de cosplay à la main qui provenait sans doute de la camionette avec laquelle on était venu. Kuroneko et Sanada se tenaient à sa gauche et fixaient leur attention sur Kudo qui les prenait de haut. Ayase était un peu plus à l'écart mais elle n'en paraissait pas moins hors du coup. Son regard montrait qu'elle était choquée. Et pour elle, il y avait de quoi. En regardant où elle focalisait son attention, j'avais deviné qu'elle s'intéressait au second de Kudo qui était responsable des gémissements de douleurs de Kirino en lui serrant les poignets sans ménagement pour l'immobiliser.

« S … Saori ! » m'étais je exclamé en me rapprochant un peu d'elle. « F … Fais attention ! Ils ont tous les deux un couteau et ils savent se battre. Ce sont des yakuzas ! »

« Nous sommes au courant Kyosuke-shi » me répondit elle sans lâcher Kudo des yeux. « Un client qui sortait nous a tout expliqué quand on est arrivé. On a prévenu la police. Elle va arriver »

« Ha ha ha ! La police ? » avait ricané Kudo en nous entendant. « Elle ne pourra rien contre nous la police, bande de crétins ! On dirait que vous n'avez pas encore compris à qui vous avez affaire ! » conclua t'il en vociférant de plus belle.

« C'est ce qu'on va voir ! » s'était défendue Saori en se mettant en garde, imitée tout de suite par Kuroneko. « Nous sommes l'Otaku Girl United de Chiba ! Je suis Saori Bageena, la dirigeante du groupe ! Et elle, c'est Kuroneko, une de mes membres ! » s'était elle écriée en désignant Kuroneko à sa gauche.

« S … Saori » avait répliqué Kuroneko un peu gênée. « Ce n'était pas la peine de nous présenter à ces types »

« Oooh ! Mais j'avais toujours rêvé de faire une entrée comme ça ! » avait protesté Saori toute excitée en balançant son bâton dans tous les sens.

« Ah … Je vois … » avait réagi Kuroneko sans insister.

« Et à côté de Kuroneko, voilà son petit ami Shinya-shi ! Avant elle était en couple avec Kyosuke-shi ! » avait rajouté Saori dans son délire de mise en scène de son entrée.

« S … Saori ! » avait rougi Kuroneko qui n'avait pas l'air d'avoir apprécié qu'on déballe sa vie privée en public. « C … C'est bon maintenant ! »

J'avais eu un léger sourire en regardant la réaction de Kuroneko malgré la situation dramatique qui se jouait en ce moment. Même à des instants pareils, mes amies réussissaient à rester eux même. C'était vraiment admirable.

« Et à ma gauche … » avait rajouté Saori en désignant Ayase. « Voilà Ayase-shi, la meilleure amie de Kirino ! »

En ayant mon attention refocalisée à nouveau sur Ayase, j'avais voulu lui dire de faire attention à ce qu'elle faisait car le second de Kudo pouvait blesser Kirino à tout instant avec son couteau s'il le voulait. La haine qui transparaissait du regard de la meilleure amie de ma sœur ne me disait en effet rien de bon.

« Allons Ayase-shi » avait poursuivi Saori en voyant que Ayase ne réagissait pas. « Dites quelque chose »

J'allais dire à Saori de ne pas en faire trop avec Ayase étant donné son état mais j'avais été brutalement devancé.

« Toi … » avait elle commencé à dire avec un regard toujours aussi choqué en visant apparemment le second de Kudo. « Si tu fais du mal à ma Kirino, je t'arracherai les tripes une à une et je te les ferai bouffer ! » avait elle hurlé avec force en montrant toute sa haine sur son visage.

« A … Ayase … » lui avais je adressé un peu effrayé tout en étant compréhensif.

Je m'étais apprêté à demander à Ayase de faire attention car le second de Kudo tenait Kirino à sa merci lorsqu'un cri déchirant venait d'avoir été poussé dans mon dos. En me retournant, j'avais vu le second de Kudo se tordre de douleur en se serrant la paume de sa main.

« Oh ! Kiririn-shi l'a mordu ! » avait réagi Saori en voyant que j'avais raté la scène.

La situation venait soudainement de changer à notre avantage. Non seulement Kirino n'était plus menacée directement par le second de Kudo trop occupé à se remettre de sa morsure mais en plus, il avait lâché son couteau. Saori et les autres avaient alors brièvement échangé un regard avant d'adopter une posture offensive.

« A l'attaque ! » avait hurlé Saori en brandissant son bâton tout en se ruant sur Kudo, suivie par Sanada et Kuroneko.

A partir de cet instant, tout s'était passé très vite. Saori, Sanada et Kuroneko avaient foncé de toutes leur forces sur Kuro qui étaient encore sous la surprise de la réaction inattendue de Kirino. Elles avaient sûrement déjà compris que c'était lui le plus dangereux. En parallèle, Ayase avait foncé sans ménagement vers le second de Kudo. Arrivée à sa hauteur, elle l'avait attaqué en lui infligeant sa spécialité, un coup de pied latéral. J'avais eu du mal à le croire mais ce coup de pied avait été bien plus violent que tous ceux que Ayase m'avait donné dans le passé. Son adversaire avait heurté trois tabourets différents avant de s'écraser à proximité d'une table où se trouvait un client. Sans lui laisser de répit, Ayase vint le chercher en le prenant par le col pour le remettre debout et le frappa de toutes ses forces au niveau de l'entrejambe. J'avais presque eu mal pour lui tellement ça avait été violent.

« Crève, assassin ! » avait encore vociféré Ayase en s'acharnant sur son adversaire maintenant à terre.

La violence d'Ayase m'avait un peu mit mal à l'aise à cet instant. C'était clair que l'homme était hors d'état de nuire mais elle avait continué à le ruer de coup. Elle ne s'était apparemment pas remise de l'avoir vu brutaliser Kirino. Puis, alors que le second de Kudo gémissait à terre, Ayase l'avait délaissé. Cette réaction m'avait d'abord soulagé car j'avais fini par croire qu'elle voulait le tuer. Pourtant, son visage exprimait toujours une colère féroce. Ce n'était que quand je l'avais vu ramasser le couteau que son adversaire avait fait tomber tout à l'heure que j'avais compris quelles étaient ses intentions.

« Ayase ! Arrête ! » lui avais je crié en lui prenant le poignet de la main où elle tenait le couteau. « Ca suffit ! »

Pour être honnête, j'avais hésité une seconde avant d'intervenir. Je ne savais pas si j'aurais fait la même chose si ça avait été Kudo à la place de son homme de main. Mais je ne voulais pas que Ayase aille plus loin. Elle ne méritait pas de finir en prison pour avoir blessé quelqu'un à mort.

« C'est bon. C'est fini maintenant » avais je ajouté en voyant que Ayasa commençait à se calmer après avoir encore vociférer pendant quelques secondes.

« O … Onii-san … » m'avait elle dit en serrant les dents. « E … Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? » ajoute t'elle en regardant son malheureux adversaire toujours au sol.

« Oui » avais je répliqué sans hésiter. « Tu en as assez fait. Grâce à toi, Kirino est sauve »

Ayase avait hésité un court instant puis avait finalement laissé place petit à petit à un visage un peu plus serein avant de laisser tomber au sol le couteau qu'elle avait dans les mains. Elle s'était retournée alors vers moi en laissant échapper quelques légères larmes.

« M … Merci onii-san »

« C'est moi qui te remercie » lui avais je répondu en souriant avant de lui lâcher le poignet.

En voyant que Ayase ne risquait plus rien, le bruit d'un tabouret qui venait de s'écraser au sol m'avait rappelé qu'il y avait aussi un autre combat qui se jouait derrière moi. Je m'en étais moins inquiété dans l'immédiat car à trois contre un, je pensais que Kudo n'avait aucune chance mais ça ne m'avait pas empêché de sentir l'angoisse monter en moi avant de me retourner.

« Saori ! Kuroneko ! » avais je crié en découvrant la scène.

Kudo était aplati sur le sol tout comme moi il y a quelques minutes. Sanada et Saori se tenaient sur son dos tandis que Kuroneko s'était appliqué à le menacer avec son propre couteau au niveau du visage pour le tenir en respect. Mon angoisse était rapidement retombée en voyant que mes amis maîtrisaient la situation. Saori s'était relevé à la demande de Sanada qui lui avait dit que ça irait pour lui. Celle-ci le remercia avant de pousser un « ouf » de soulagement pour venir à ma rencontre.

« Ohé ! Ayase ! » avait soudainement crié Kuroneko. « Est-ce que tu en as une pour lui aussi ? »

« Oui ! Tenez ! » avait répondu Ayase en leur lançant ce qui avait eu l'air d'être … une paire de menottes !

En me retournant vers elle, j'avais vu que le second de Kudo était en effet menotté et que la fameuse paire de menotte qui l'entravait avait eu tout l'air de sortir du sac d'Ayase. De leur côté, sans plus attendre, Sanadaavait entreprit de menotter Kudo qu'il immobilisait toujours en étant assis sur son dos. Une fois ceci fait, Kuroneko et Sanada poussèrent un soupir de soulagement avant de se relever. L'image d'Ayase se promenant avec des menottes n'avait cependant pas eu l'air de les choquer.

« Euh … Ayase … Tu … Tu te balades toujours avec des menottes sur toi ? » l'avais je questionné en désignant les menottes entravant le second de Kudo.

« Hein ? » m'avait rétorqué Ayase un peu embarrassée. « Euh … Eh bien j'en prends toujours une ou deux sur moi quand je sors. On … On ne sait jamais avec tous ces obsédés qui traînent dans les rues » s'était t'elle justifiée en fuyant mon regard.

« Je … Je vois » fis je un peu décontenancé quand même.

Enfin, l'important, c'était que tout semblait s'être arrangé. Saori vint alors de se mettre juste à côté de moi en reprenant petit à petit son souffle. Elle avait l'air de s'être donné à fond dans son combat.

« Oh Kyosuke-shi ! On dirait qu'Ayase-shi a fait du bon travail elle aussi ! » s'était elle exclamée en souriant.

« Vous aussi vous n'y êtes pas allé de main morte » avais je répliqué en souriant en voyant que les vêtements de Saori et des autres étaient tout fripés.

« Oui c'est vrai » me répondit elle en souriant. « Je suis contente que l'on soit arrivé à tant pour t'aider, Kyosuke-shi »

J'allais m'apprêter à me confondre en remerciements pour toute l'aide que Saori et les autres m'avaient apporté quand mon pied écrasa un éclat de verre un peu plus gros que les autres. Tiens ? Je ne me rappelais pas qu'un verre s'était cassé aussi près du bar. En regardant instinctivement à mes pieds, je m'étais rendu compte que ce gros bout de verre m'était familier. Ce n'était qu'en regardant sa provenance un peu plus loin que j'avais compris d'où il venait.

« Oh ! S … Saori … Ce sont … » m'étais je adressé à elle sur un ton saccadé par la surprise.

« Oui … » me confirma Saori sur un ton calme en se baissant afin de commencer à ramasser les éclats de verre qu'elle rangea dans un petit sachet.

Le bout de verre que je venais d'écraser provenait des lunettes de Saori qui gisaient au sol devant nous. Elle les avaient apparemment perdues pendant la bagarre et elles avaient dû se briser en tombant. Je savais à quel point ces lunettes étaient importantes pour elle. Son ancienne camarade Kanata les lui avaient donné quand elle était devenue une otaku pour qu'elle n'ait plus peur de se comporter naturellement devant les autres quand elle dévoilait sa vraie personnalité. Saori devait les avoir depuis trois ans maintenant. Grâce à ses lunettes, elle avait pu monter son propre groupe d'Otaku et rester elle-même malgré sa peur de montrer son vrai elle aux autres. C'était sans doute une des choses qui avait le plus de valeur pour elle. Mais maintenant, le plus grand symbole de cette vie venait d'être réduit en miette cette nuit. Et en grande partie à cause de moi.

« S … Saori ! » m'étais je écrié en la voyant ramasser ce qui restait de ses lunettes. « Je … Je suis vraiment désolé ! Je … Je ne sais pas quoi dire … » avais je poursuivi en m'inclinant alors que Saori venait de se relever en tenant en main son précieux sachet.

« Kyosuke-shi … » m'avait répondu Saori presque en chuchotant.

Je ne pouvais pas voir sa réaction puisque j'était toujours incliné face à elle mais j'étais prêt à m'excuser de toutes les manières possible pour essayer de réparer ce qu'elle venait de subir. Je m'étais préparé à ce qu'elle explose de rage ou en sanglots mais elle paraissait avoir garder son calme.

« Redresse toi » finit elle par me dire sur un ton amical, ce que je fis sans tarder.

Alors que je m'étais attendu à ce qu'elle soit triste ou en colère, Saori m'avait adressé son plus beau sourire en me fixant avec ses yeux verts qui étaient malgré tout un peu humide.

« Ce n'est pas grave » déclara t'elle en affichant une expression réjouie. « Je pense qu'il est temps pour moi à présent de me montrer sous mon véritable jour » ajouta t'elle en rangeant délicatement son sachet dans la poche de sa chemise.

« Saori … » avais je doucement chuchoté sous le coup de l'émotion.

« Allons Kyosuke-shi » avait réagit Saori en me donnant un petit coup de poing sur la poitrine. « Fais moi un beau sourire toi aussi ! Ta sœur est sauvée maintenant » conclua t'elle en jetant un coup d'œil à son ancien adversaire réduit à l'impuissance.

« Oui c'est vrai … » avais je répliqué en me forçant à sourire en voyant cet ordure de Kudo maîtrisé. « Merci à toi … » lui avais je adressé en retenant un sanglot d'émotion.

Saori me répondit avec un admirable sourire rayonnant avant de s'essuyer rapidement le visage. En voyant mon embarras, elle s'était justifié en disant que c'était pour réguler sa transpiration. Mais même si j'avais fait semblant de rien, j'avais bien remarqué que c'était surtout pour essuyer un début de larme qui venait de sortir.

« Plus important, Kyosuke-shi » s'était reprise Saori en adoptant maintenant un air sérieux. « Je pense qu'il te reste encore quelque chose à faire » ajouta t'elle en m'invitant à focaliser mon attention derrière moi.

En me retournant, j'avais en effet vu que tout ne semblait pas terminé. Ma sœur était toujours assise à sa place comme si rien ne s'était passé et n'arrêtait pas de se plaindre au barman que c'était inadmissible qu'on refuse de lui servir un autre verre. Ayase était à ses côtés et essayait de la raisonner mais c'était peine perdue. Ma sœur ne l'écoutait même pas.

« Oui tu as raison » avais je répondu à Saori en continuant de regarder ma sœur.

Voir Kirino dans cet état me déchirait le cœur et ne faisait que rajouter de la rage à ce que j'éprouvais à l'égard des deux salopards qui l'avaient aidé à se saoûler. Mais étrangement, j'avais eu l'impression que c'était aussi un peu de ma faute si la situation avait dégénéré à ce point. J'avais donc décidé de prendre mes responsabilités, aussi douloureux que cela allait pouvoir être.

« Kirino ! » avais je adressé à elle en me mettant à ses côtés, écartant légèrement Ayase.

« Hein ? » répliqua ma sœur en me regardant d'un teint livide. « T … T'es encore l … là toi ? Allez, d … dégage ! J'ai p … pas encore fi … fini ici ! » avait elle poursuivi en bégayant maladroitement.

J'avais serré mes poings face à la réaction de ma sœur. Je n'avais plus le choix. Jusque là, je n'avais pas voulu le faire. Mais c'était à présent la seule solution. Surmontant mon dégoût, j'avais forcé brutalement ma sœur à me faire face malgré sa désinvolture. Mon esprit bouillonait à l'idée de ce que j'allais faire mais j'avais l'intention de tenir bon jusqu'au bout.

J'avais alors giflé ma sœur de toutes mes forces. Devant tout le monde.

Quelques cris choqués fusèrent à côté de moi. Mais je n'y fis pas attention. Seul ma sœur existait encore pour moi à ce moment là. Quand son regard recroisa à nouveau le mien, elle avait perdu sa mine hagarde pour retrouver un peu de lucidité. C'était le moment ou jamais pour moi d'essayer enfin de la raisonner.

« Imbécile ! » lui avais hurlé dessus de toutes mes forces.

Kirino répondit par un léger râle de surprise. Ses yeux s'étaient d'un coup écarquillés. Comme si un lien de communication s'était enfin relié entre nous. Voyant que ma sœur m'écoutait enfin, j'avais laissé échappé tout ce que j'avais sur le cœur.

« Imbécile ! Imbécile ! Imbécile ! » avais je poursuivi sans ménagement en continuant de crier à l'attention de ma sœur.

Kirino paraissait hésiter entre exprimer son incompréhension et ses regrets. Voyant que j'avais l'air d'être sur la bonne voie, j'avais continué à invectiver ma sœur.

« Pourquoi est ce que tu as fait un truc aussi stupide ?! Qu'est ce qui t'as pris ?! » avais je crié en secouant légèrement ma sœur par les épaules pour l'aider à prendre conscience de la situation.

« Je … » avais enfin timidement réagit ma sœur en me regardant choquée.

« Tu n'as pas besoin de noyer tes problèmes dans l'alcool ! » avais je continué à crier. « Si tu as des ennuis, je suis là pour t'aider si tu en as besoin ! »

« Kyosuke … » avais répondu ma sœur en baissant son regard vers le sol.

« Et si je ne te conviens pas, alors regarde ! » lui avais je lancé en lui redressant son visage de la main. « Regarde les ! » avais je insisté en désignant Saori, Kuroneko et Ayase qui assistaient à la scène. « Elles sont toutes venues ce soir pour t'aider parce que tu en avais besoin ! Et elles se foutaient bien de savoir qu'elles allaient avoir affaire à des yakuzas ! Elles sont venues quand même pour te sortir de là ! » avais je continué à m'écrier en commençant à sentir les larmes déborder de mes paupières.

« Les filles … » leur avait adressé Kirino presque en chuchotant en commençant à être embarrassée.

« Tu as des tas d'amis qui sont là pour toi et qui ne te laisseront jamais tomber ! Et même si tu me détestes et si tu les détestes elles, moi je resterai toujours ton frère et elles, elles resteront toujours tes amies ! » avais je crié avec colère.

Ma sœur avait l'air de commencer à vouloir pleurer elle aussi. Mais je n'avais pas voulu m'arrêter et je l'avais prise par les épaules en lui criant encore dessus une dernière fois.

« Tu as compris hein ?! Ne refais plus jamais une chose pareille alors ! » avais je conclu en laissant enfin exploser mes larmes.

Cette fois, Kirino avait réagi de manière claire en voyant que j'avais fondu en larme devant elle. Au bout de quelques secondes, elle s'était levée en essayant de me dire quelque chose mais elle devint soudain toute verte et ouvrit en grand la bouche avant de vomir bruyamment sur mes chaussures. Voyant qu'elle était en train de tituber, je l'avais prise dans mes bras pour l'empêcher de s'écrouler. Kirino avait encore tenté de me dire quelque chose mais elle mit d'un coup sa main devant la bouche et s'était retourné devant le bar pour vomir à nouveau derrière le comptoir.

Sans que je n'aie le temps de réagir, Ayase prit alors Kirino dans ses bras et attendit une accalmie pour l'aider à se rendre aux toilettes. J'étais resté dans la pièce principale avec Saori et les autres, un peu désolés par ce qui venait de se passer. Je m'étais alors laisse choir à genoux sur le sol, mal à l'aise que je m'étais trouvé en voyant l'état dans lequel se trouvait ma sœur. Je n'avais pas pu m'empêcher à ce moment de me dire que c'était de ma faute, même si je n'étais pas encore vraiment sûr de savoir si c'était parce que Kirino nous avait vus Ayase et moi qu'elle était venue se saoûler ici.

« Ah ah ah ! » avait d'un coup vociféré une voix que j'avais déjà appris à détester. « On dirait que ta petite sœur chéri ne tient vraiment pas l'alcool. Dommage. Encore un peu et je suis sûr que tu aurais pu te la faire, vu ce qu'elle a dit ! »

Le type qui venait de ricaner en disant ça était bien évidemment Kudo. Toujours affalé sur le sol avec des menottes le liant les pieds aux poings, il n'avait pas pu bouger mais il avait assisté à toute la scène et n'avait pas pu s'empêcher de me narguer. En entendant ça, une rage soudaine avait explosé dans ma tête et j'avais serré les poings à m'en faire rentrer les ongles jusqu'au sang. Puis sans hésiter, je m'étais relevé pour me jeter en direction de Kudo, prêt à me défouler sur lui de toutes mes forces. Mais Saori et Sanada m'avaient retenus juste à temps.

« Kyosuke-shi ! Arrête ! » m'avait supplié Saori en me retenant par le bras.

« Kyosuke ! Ca n'en vaut pas la peine ! » s'était adressé à moi Sanada sur un ton ferme mais non moins compréhensif.

Après avoir secoué mes amis dans tous les sens en insistant pour passer, j'avais fini par me calmer à leur grand soulagement. Puis, alors que je reprenais mon souffle, j'avais vu un tabouret qui traînait à mes côtés. J'avais entrepris de le remettre sur pied pour pouvoir m'y asseoir et m'accouder au bar. Et avant que mes amis ne comprennent mes intentions je m'étais emparé d'un verre plein d'alcool abandonné par un client et je l'avais vidé d'une traite.

« Kyosuke … » m'avait adressé Kuroneko sur un ton triste.

Je venais cette nuit là de boire du vrai alcool pour la première fois de ma vie. Exactement comme Kirino