Et oui, ça faisait un moment que je n'avais pas publié, mais il faut dire aussi que ça fait un moment que je n'ai pas écris de one shot et donc je voulais attendre d'en écrire un autre pour publier celui-là, mais je vous sentais en manque... Non? je le publie pas alors? Si? bon, le voici.

Bon, là vous arrivez, vous vous dîtes: chouette un nouveau one shot. Halte là! On ne passe pas! Pas avant d'avoir lu ce petit avertissement qui pourrait bien vous donner envie de ne pas lire ce qui va suivre:

Attention, spoiles sur le tome 15 du manga, mais surtout, sur les chapitres 94 et 95 encore non parus en France!! Les dialogues de début sont extraits de ces deux chapitres, alors j'espère que vous savez ce que vous faîtes...

Dans la série des avertissements, je continue en vous signalant que cet OS est un peu morbide. Sur ce, bonne lecture à ceux qui liront quand même ce one shot.

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6 – Les flammes de la vengeance (AP)

Et si elle n'avait pas réussi à le calmer? Et si son désir de vengeance avait été plus fort que tout? Et si elle avait du tirer?

Envy la retenait prisonnière, son bras allongé enroulé autour de sa gorge, la plaquant au sol. Prise par la violence du choc, elle avait lâché son fusil, il lui restait bien une arme sur elle, mais elle savait parfaitement que rien ne ferait lâcher prise à l'homonculus. Il resserra son étreinte en riant. Elle avait manqué de vigilance, trop concentrée sur le corps du monstre, elle en avait oublié sa capacité à allonger ses membres et n'avait pas vu son bras se glisser sous l'une des dalles du carrelage. Elle était tombée brutalement sur le sol, se cognant la tête. Sous le choc, sa barrette s'était cassée, lui causant une horrible douleur à l'arrière du crâne. L'air commençait à lui manquer, elle n'arrivait plus à réfléchir à ce qu'elle pourrait faire pour se sortir de cette situation. Amèrement, elle se dit que pour une fois, elle aurait peut être du écouter son supérieur lorsqu'il lui avait interdit de le suivre, mais elle avait tant voulu le protéger. Elle serra les dents de rage, morte, elle ne pourrait plus rien faire pour lui.

Alors qu'elle luttait pour ne pas perdre connaissance, une détonation se fit entendre, et Envy fut pris dans un torrent de flammes. Le bras de l'homonculus desserra sa prise avant de voler en éclats, le visage de son propriétaire déformé par la douleur. Liza vit alors deux gants blancs brodés de cercles de transmutation rouges. L'alchimiste de flamme venait de la sauver. Elle s'en voulait pour s'être retrouvée dans cette position, c'était à elle de le protéger, et non pas l'inverse, mais cette fois, elle ne s'en serait pas sortit sans lui. Rampant, Envy se redressa comme il put aux pieds d'un colonel hors de lui. Non seulement ce monstre avait tué son meilleur ami, mais en plus il se permettait d'attaquer sa précieuse subordonnée. Liza vit l'homonculus trembler de peur devant cet homme que rien ne semblait pouvoir arrêter.

Lorsqu'il se tourna vers elle, Liza ne le reconnut pas. Ce n'était pas son colonel qui lui dit d'une voix éteinte qu'il voulait qu'elle le laisse régler cette affaire lui-même, jamais l'homme qu'elle avait connu n'aurait pu regarder, même le plus méprisable des êtres, avec tant de haine. Un regard si noir, si déterminé, dénué de toute lueur d'humanité et qui faisait trembler même un homonculus. Liza déglutit difficilement. « Si je fais un faux pas, n'hésitez pas à me descendre. » Non, il allait reprendre ses esprits, il n'était pas encore perdu, elle ne le perdrait pas de cette manière.

Effrayée par l'homme qui se tenait devant elle et perdue dans ses pensées, elle vit le corps de l'homonculus se décharner, puis son squelette partir en poussière, ne laissant plus qu'une larve gisant sur le sol, la forme originel d'Envy. Elle soupira intérieurement, pensant qu'il en avait fini et qu'il s'arrêterait là. Le monstre était à présent hors d'état de nuire, il n'allait pas abattre cette chose sans défense.

Cependant, elle déchanta bien vite; le colonel se mit alors à avancer vers la misérable créature qui rampait dans le vain espoir de s'échapper. Cette expression de mépris et de dégout ne quittait plus son beau visage, mais alors que la jeune femme, toujours au sol, pensait le voir lever sa main pour en finir, il posa son pied sur la créature et le pressa contre le sol pour l'immobiliser sans pour autant l'écraser. Il voulait faire durer son supplice. Le cœur de Liza se serra, elle devait le raisonner avant qu'il ne commette l'irréparable. Il voulait que le monstre ait conscience de sa mort, il voulait qu'il souffre.

Il dépassait les limites. Jamais il n'avait été dans un tel état. Il semblait comme possédé, ce n'était plus le colonel Roy Mustang mais un monstre mué uniquement par son désir de vengeance. Dans ses yeux on ne lisait plus qu'une haine indéfinissable, une folie meurtrière, jamais sa main gantée n'avait paru si redoutable. Elle n'avait plus le choix. Elle avait tant redouté ce moment, tant souhaité qu'il n'arrive jamais, et pourtant, la voilà à présent au pied du mur. Elle avait accepté cette mission en toute connaissance de cause, mais à présent, elle doutait. Elle n'en était pas capable. Cependant, elle ne pouvait rester là à l'écouter et le regarder délirer sans rien faire. Non, elle ne pouvait pas le laisser sombrer sans rien tenter. Rassemblant tout son courage, elle se releva, son arme à la main, priant pour ne pas avoir à s'en servir. Elle arma son pistolet, juste au cas où, et visa l'arrière du crâne de son supérieur. Celui-ci se figea instantanément, elle n'avait pas le choix, elle devait l'arrêter, le sauver de lui même.

« Qu'est-ce que ça veut dire lieutenant? Demanda-t-il d'une voix dans laquelle ne perçait aucune émotion, si ce n'était de la lassitude.

-C'est assez colonel, ordonna-t-elle fermement. Je vais m'en occuper.

-Il est à une étincelle de disparaître à jamais, je n'ai pas besoin de votre aide et je n'en veux pas, rétorqua-t-il d'un ton dur. Baissez votre arme.

-J'ai bien peur de ne pas pouvoir faire ça. Ouvrez votre main je vous prie.

-Ne vous foutez pas de moi! Maintenant baissez votre arme! »

Trop occupé à s'énerver après la jeune femme, il ne remarqua pas l'éclat alchimique qui se dirigeait vers sa jambe pour la pousser, projetant Envy dans les airs. Comme sorti de nul part, le Fullmetal Alchemist le rattrapa au vol, suivit de près par Scar. Il resta toutefois à une distance raisonnable des deux officiers afin que le colonel ne puisse récupérer sa proie. Un profond soulagement s'empara de Liza, elle n'était plus seule à présent pour lutter contre la folie qui dévorait le Flame Alchemist. Toutefois, elle ne baissa pas son arme pour autant; ainsi tenu en joue, il ne pouvait tenter quoi que ce soit sans prendre le risque de recevoir une balle dans le crâne. Liza sentait la colère monter en lui malgré son ton relativement calme. Fort heureusement, Edward n'était pas du genre à se laisser impressionner, il resta ferme même devant la menace.

« Donne le moi Fullmetal ou je carbonise ton bras avec lui!

-Ramenez-vous connard c'est quand vous voulez! »

Ce n'était certes pas une manière de s'adresser à un supérieur, mais en de telles circonstances, c'était sans doute le ton le plus approprié, et Liza devait bien avouer qu'elle préférait que ce soit le Fullmetal qui use de ce vocabulaire. Elle n'en aurait pas été capable. La dispute prit rapidement une nouvelle direction. Edward venait de toucher un point important en rappelant à Roy le but qu'il s'était fixé. Oui, tous ces subordonnés et ses amis étaient derrière lui pour qu'il l'atteigne et aucun d'eux ne le laisseraient dévier de sa route. Non, il ne pourrait jamais arriver à la tête du pays de cette façon là, en se laissant consumer par son désire de vengeance. Un silence pesant s'installa. Il fallait laisser à Roy le temps de réfléchir à ce qu'il faisait, à ce qui venait d'être dit. Il devait lui-même prendre la décision de baisser sa main. Contre toutes attentes ce fut Scar qui brisa le silence pour ajouter un argument en défaveur de la vengeance. Cela pourrait paraître surprenant venant de lui, mais au contraire, Liza pensa qu'il était le plus à même à s'exprimer sur le sujet. Contrairement à Edward, l'ishbal ne chercha pas à le dissuader de tuer Envy, toutefois, ses mises en garde semblaient avoir un certain impact sur le colonel qui paraissait en plein conflit intérieur. Liza décida qu'elle était restée spectatrice trop longtemps, et qu'à présent, elle devait intervenir, pour lui rappeler qu'elle était également là pour l'aider à remonter la pente, et que c'était à elle de se salir les mains pour qu'il arrive au sommet.

« Je ne peux pas vous laissez tuer Envy colonel, déclara-t-elle Mais je n'ai pas l'intention de le laisser vivre, je vais m'en occuper.

-Ça m'a pris tellement de temps mais je l'ai enfin sous la main!

-Je comprends. Mais il ne s'agit pas d'aider le pays ou de sauver un camarade! Vous voulez le tuer uniquement pour satisfaire votre propre haine! S'il vous plait colonel, ajouta-t-elle d'une voix tremblante, n'allez pas là où je ne peux pas vous suivre.

-Si vous avez l'intention de tirer alors tirez. »

Cette phrase fut comme un coup de poignard pour la jeune femme qui resta pétrifiée. Profitant de cet effet, Roy s'avança vers Edward, sa main toujours levée et avant que qui que ce soit ne comprenne une flamme se dirigeait vers l'adolescent. Il tomba à terre lâchant Envy qui s'écroula sur le sol. Scar voulut intervenir mais le Flame Alchemist claqua une fois de plus des doigts pour créer un mur de flammes afin de le tenir éloigner. Le Fullmetal se releva tant bien que mal pour tenir tête à son supérieur. Liza avait toujours son arme à la main, elle devait tirer avant qu'il ne blesse Edward. Pour la première fois, sa main tremblait. Elle devait se maîtriser sans quoi elle raterait sa cible. Devant elle les deux alchimistes continuaient leur combat. Elle sentait qu'Edward retenait ses attaques et Roy n'avait aucun mal à les esquiver ou bien les contrer grâce à son alchimie. Elle le vit alors claquer des doigts, encore et encore jusqu'à ce qu'Edward s'écroule, ses deux automails en morceaux.

Roy se retourna alors vers Envy qui essayait vainement de s'enfuir en rampant. Il leva alors sa main, prêt à claquer des doigts. Liza prit une grande inspiration, visa et pressa la détente. La détonation résonna longtemps dans sa tête, plus rien n'existait d'autre que son arme pointée sur son supérieur. Le temps s'était suspendu tout autour d'elle, seule la petite balle semblait épargnée. Comme toujours, elle atteignit sa cible et l'alchimiste des flammes reçut une balle dans l'épaule droite. Elle ne pouvait pas le tuer, mais elle pouvait le blesser, peut être cela le calmerait-il. Elle devait tout essayer avant de tirer un coup fatal.

Roy s'avançait doucement vers l'homonculus à terre, Edward ne pouvait plus l'empêcher d'agir dans l'état dans lequel il était et il savait que malgré sa menace Liza ne tirerait pas sur lui. Le jour où sa subordonnée devrait l'abattre n'était pas encore arrivé. Il était légitime qu'il tue de ses mains l'assassin de son meilleur ami, celui qui l'avait privé d'un soutient irremplaçable. Il allait lever sa main lorsqu'il entendit le bruit caractéristique d'un coup de feu. Il n'y prêta aucune attention, pensant qu'elle avait tiré en l'air, ou qu'elle ferait exprès de rater sa cible, en signe d'avertissement. Cependant, il ressentit une cuisante douleur lui transpercer l'omoplate droite, immobilisant son bras. Il se retourna alors vers Liza, fou de rage. Comment avait-elle osé tirer sur lui? Elle savait pourtant tout ce que Hughes représentait pour lui, elle savait à quel point sa mort l'avait anéanti, elle aurait également du savoir qu'il devait faire justice. Elle qui l'avait toujours compris ne comprenait-elle pas cela? Les belles paroles d'Edward et Scar n'avaient fait que renforcer sa détermination, pour sauver ce pays, il devait le débarrasser de ces monstres.

Elle gardait son arme levée, signe qu'elle pouvait encore tirer. Ainsi donc elle le trahissait également. Il ne le permettrait pas, il le lui ferait comprendre. Celle en qui il avait le plus confiance venait de lui tirer une balle dans le dos. Ainsi donc, elle aussi voulait l'empêcher d'atteindre ses objectifs, elle se rangeait du côté des homonculus. Bien sur, Bradley avait certainement réussi à la convaincre. Soit, il se débarrasserait de tous les obstacles qui se dressaient sur sa route. Il devait la punir. Il claqua des doigts.

La jeune femme ne pouvait plus contrôler ses tremblements, son tire n'avait pas eu l'effet escompté et à présent il la regardait, une lueur démente dans le regard, un regard assassin. Elle restait pétrifiée par ce regard rempli de mépris qu'il lui adressait. Elle n'avait plus la force de tirer sur lui. Elle le vit relever sa main, mais ne pouvait se résoudre à imaginer ce qu'il allait faire, non, il ne lèverait pas sa main gantée vers elle, il ne claquerait pas des doigts contre elle. Et pourtant, le claquement raisonna dans sa tête, mais elle ne réalisait toujours pas. Les flammes s'abattirent sur elle. Projetée par le souffle de l'explosion, elle retomba un peu plus loin, tête la première, se brisant la nuque, sans jamais réaliser ce qu'il s'était passé.

Mustang regarda son œuvre, il y avait été un peu fort, il avait juste voulu lui faire peur, pas la projeter de la sorte. Avant de se retourner vers Envy, il adressa à son lieutenant un avertissement; il n'hésiterait pas à recommencer si elle avait le malheur de s'opposer de nouveau à lui. Il prit son silence pour un acquiescement, mais un rire attira son attention. Envy était à sa merci si faible, pourtant, il riait.

« Hahaha! Je crois que tu n'auras pas besoin de lui dire deux fois! Hahaha! On dirait bien que tu l'as tué. »

La larve continuait de rire tandis que Roy se retournait pour constater que sa subordonnée n'avait pas bougé d'un millimètre. Il l'appela sans succès. La peur s'empara de lui. Non, il n'aurait jamais fait ça, elle devait être simplement inconsciente. Il se précipita vers elle, oubliant complètement l'homonculus qui riait encore. Edward se redressa comme il put pour voir son supérieur tomber à genoux près du corps de son lieutenant. Tâtant sa gorge à la recherche d'un pouls, il continuait de l'appeler. Cependant, il dut se rendre à l'évidence, elle ne respirait plus. Il prit le cadavre dans ses bras, retenant ses larmes. Voilà, il était calmé à présent, peu lui importait de tuer la misérable larve responsable de la mort de son meilleur ami. Dans sa folie, il n'avait pas su faire la différence entre ses alliés et ses ennemis. C'était pourtant bien lui qui lui avait demandé de l'abattre s'il s'écartait de sa route, elle ne l'avait pas fait. Elle lui avait laissé une chance de revenir en arrière, un simple avertissement. Il l'avait tué.

Beaucoup de sang s'échappait de sa blessure, sa tête tournait, il ne voyait plus très clair. Il tomba lourdement en travers du corps de sa subordonnée tout en murmurant son prénom, bien qu'elle ne pût plus l'entendre. Il laissa ses larmes couler devant la fatale erreur qu'il avait commis, n'admettant toujours pas d'être coupable de la mort de la femme qu'il aimait. Il la tenait fermement contre lui, espérant que la mort le fauche et l'emmène rejoindre les deux personnes qui comptaient le plus pour lui.

Edward ne pouvait plus bouger, sinon ramper. Il regardait son supérieur délirer et murmurer d'inaudibles « pardon » qu'il adressait tant à Maes et Liza qu'à son maître d'alchimie. « Pardon maître, je n'ai pas su la protéger. » Allongé sur le sol dur et froid, il ne ressentait plus la douleur, il entendait seulement la voix de son maître répéter sans cesse ses derniers mots.

« Ma fille... mes recherches... Elle sait tout. Elle te les révèlera si tu promets d'utiliser l'alchimie pour le bien. »

Le vieil alchimiste n'avait alors pas cherché à combattre sa mort imminente, ses derniers mots avaient été pour sa fille unique qu'il avait presque abandonnée pour se consacrer à l'alchimie. « Prends soin d'elle. » Oui, Roy le lui avait promis, toutefois, il était parti en l'abandonnant à son tour. Après Ishbal, les rôles s'étaient retrouvés inversés, et c'était elle qui veillait sur lui depuis tout ce temps. C'était elle qui lui avait livré les secrets de l'alchimie du feu afin qu'il l'utilise à des fins justes et il avait retourné contre elle le pouvoir qu'elle lui avait donné. Il était né grâce à elle, elle était morte à cause de lui.

Il entendit une petite explosion, comme lorsque l'on lance une masse molle contre un mur. Il sentit deux bras le soulever. Il s'accrocha comme il put au cadavre, avec les dernières forces qui lui restaient. Il savait que rester avec elle ne la ramènerait pas, mais il ne voulait pas l'abandonner ainsi, il ne pouvait pas accepter l'horreur de son geste. On le hissa sur des épaules, à demi-conscient, il regarda le corps de son lieutenant s'éloigner puis disparaître avant de perdre connaissance.

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Il entendait des voix indistinctes, il ne comprenait pas ce qu'elles disaient. Tout était noir autour de lui, il ne voyait rien, il ne ressentait rien non plus. Était-il mort? Mais alors que ressentait-il dans son bras? Parmi le brouhaha, il parvint à distinguer un mot; « perfusion », ainsi donc c'était une perfusion qui était plantée dans son bras. S'il ne ressentait rien, c'était probablement du aux analgésiques, et s'il ne voyait rien, c'était que ses yeux étaient fermés. Il était donc bien vivant et à l'hôpital.

Il ouvrit difficilement les yeux. A son chevet se tenait Falman, Fuery et Breda. Ses amis l'entourèrent dès qu'ils remarquèrent son réveil, l'assommant de questions sur son état. Il avait mal à l'épaule droite, mais à part ça, il allait bien. Ils arboraient une mine sombre et fatiguée. La bataille était terminée, tous les homonculus avait été tué, même le « père » Il demanda pour Envy, se rappelant qu'il se battait contre lui avant de perdre connaissance. Scar l'avait abattu. Il sourit tristement à cette nouvelle, au moins l'un d'eux avait pu se venger de l'ignoble créature qui avait détruit leurs vies. Des images lui revinrent, des images d'un rêve qu'il avait fait alors qu'il était inconscient, une explosion, un corps qui tombait, une vie qui s'éteignait, mais il ne parvenait pas à se rappeler le visage du mort. Il chassa ces pensées, ce n'était q'un rêve, inutile de s'attarder sur le sujet.

« Qu'est-ce que je fais ici?demanda-t-il

-Edward n'a rien voulut nous dire, il est resté muet depuis son arrivé ici. C'est Scar qui vous a porté juqu'ici, vous aviez pris une balle dans l'épaule et les deux automails d'Edward avaient été détruits, résuma Falman. Colonel...il se tut, tremblant, ne parvenant pas à formuler la question qui lui brulait les lèvres

- Est-ce vrai que le lieutenant Hawkeye est... morte? Acheva Breda »

A cette question, Roy se pétrifia, ses souvenirs l'assaillirent comme autant de doigts accusateurs pointés vers lui. Ce n'était pas un rêve mais bel et bien la réalité qu'il revoyait encore et encore. Il se prit la tête entre les mains tant elle lui faisait mal. Il revécut alors toute la scène; la balle qu'elle avait tiré puis sa réaction démesurée et meurtrière. Ses subalternes comprirent que son air abattu était sa manière de confirmer cette horrible nouvelle. Alors que les questions fusaient les « comment? », les « qui? », Roy avait l'impression que sa tête allait exploser, il était pris de vertiges et respirait avec difficulté. Sans comprendre, il se mit à rire. Si Envy n'avait pas tué Maes, il ne se serait jamais mis dans cet état, et il n'aurait jamais tué sa subordonnée, tout était donc une fois de plus de la faute d'Envy.

Les trois hommes présents se figèrent. Sans s'en rendre compte, Roy avait parlé à voix haute et venait de confesser son crime. Il continuait de rire, malgré la profonde blessure que lui laissait ce souvenir. Il souffrait de n'avoir pas pu sauver son meilleur ami, de n'avoir pas pu le venger, et d'avoir tué celle qu'il aimait, mais il riait. Lorsque son hilarité fut passée,il poussa un long soupir puis il leva les yeux vers un coin vide de la pièce et sourit gentiment. Il commença alors à discuter avec Maes Hughes sous les regards perdus de ses amis. Breda se précipita dans le couloir pour appeler un médecin, mais Roy ne l'entendait plus, il ne voyait plus les trois vivants qui lui tenaient compagnie. Il ne voyait plus que les morts qui venaient lui rendre visite. D'abord Maes, puis son maître qui lui reprocha de s'être engagé, s'en suivit alors un long débat où il argumentait pour tenter de convaincre son maître qu'il agissait pour le bien. Alors qu'il dialoguait avec les morts, un médecin l'examinait, aucune douleur physique, ni même la fatigue ne pouvait être à l'origine de son délire. Le problème était incontestablement d'ordre psychologique.

Dans les jours suivants, son état ne s'arrangea pas, il parlait seul toute la journée, persuadé que ses interlocuteurs lui répondaient. Un matin, il leva son regard vide vers ses trois subordonnés qui lui rendaient toujours visite, même s'il ne faisait plus attention à eux. Il leur fit un petit sourire en leur disant que s'ils étaient venus dix minutes plus tôt, ils auraient croisé Maes qui lui apportait de nouvelles photos de sa fille pour l'aider à se rétablir. En disant cela, il tapota le tiroir de la petite table de nuit dans lequel il avait, selon lui, rangé l'album photos. Il se tourna alors vers la fenêtre restée ouverte. Une légère brise s'engouffrait dans la pièce, amenant des pétales des cerisiers en fleurs dans la cour de l'hôpital. Il arborait en permanence un petit sourire innocent qui lui donnait un air enfantin malgré ses trente ans. Sans reporter son regard sur eux, il s'adressa aux trois hommes qui se trouvèrent désarmés devant sa question.

« Comment va Liza? Pourquoi ne vient-elle jamais me voir? »

Aucun d'eux ne sut quoi répondre, devaient-ils lui répondre la vérité ou lui mentir? Ne supportant pas son acte, il l'avait tout simplement occulté. Il ne représentait un danger ni pour lui ni pour les autres, mais il vivait en permanence dans un délire où il côtoyait chaque jour les morts qui avaient eu une importance pour lui. Alors que le pays se relevait doucement, celui qui aurait pu être à sa tête fut placé dans un établissement spécialisé où des médecins pouvaient garder un œil sur lui. Dans son état, il ne se rendait pas compte de ce qui lui arrivait, et ne pensa pas une seule fois à se plaindre de la situation. La frontière entre ses rêves et la réalité était tombée et il ne distinguait plus ce dont il rêvait de ce qui se produisait réellement. Cependant, la visite qu'il attendait le plus ne vint jamais, ni en rêve, ni en hallucination, jamais il ne revit cette jeune femme aux longs cheveux blonds et aux grands yeux caramels qui lui manquait tant. Ainsi à chaque fois qu'il reprenait un semblant de conscience, il reposait toujours la même question, question qui était toujours suivit d'un silence pesant. Inconscient de ce qui l'entourait, il ne sentait pas la gêne de son interlocuteur, il ne remarquait pas le froid que jetait son interrogation, ni les visages s'assombrir à l'évocation de la défunte. Personne n'osait lui répondre de peur de sa réaction, mais il oubliait vite et retournait dans son monde sans chercher à savoir pourquoi personne ne lui répondait...

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Et là vous vous dîtes, mais elle devient folle! Ça s'arrange pas depuis le chapitre 5! non en effet, ça s'arrange pas ^^. Du royai toujours tout beau ça lasse, je suis navrée de vous avoir fait un coup pareil. Pardon pardon pardon!!!! j'espère quand même que ça vous a plu. Si vous laissez des commentaires je vous promets de publie bientôt le prochain OS qui est un peu spécial c'est vrai, mais c'est promis, personne ne meurt dedans.

(N'hésitez pas à me faire part de vos suggestions pour des thèmes, même si pour le moment, j'ai du mal à écrire sur le thème de Kratos67, mais c'est promis je vais le finir)

Merci d'avoir lu malgré tout.

S-LH