Non, je ne vous avais pas oublié, mais disons que le huitième est pas encore écrit alors je voulais attendre mais comme je sais quelles souffrances vous endurez durant ces longs interludes, voici le septième one shot, votre patience est récompensée^^

Bon, alors vu le titre, je me dit qu'on va perdre des lecteurs en route, mais non! Il faut rester grouper! Vous n'avez pas vu le point d'interrogation? Et puis, vous me connaissez maintenant non? Comment ça vous ne me faites plus confiance depuis les deux derniers one shot? 0-0. *part bouder dans un coin en vous souhaitant tout de même bonne lecture*^^

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7 – Yaoi? (AP)

Roy se pose des questions, récemment devenu trentenaire, il s'interroge tout de même pour savoir pourquoi il ne trouve pas de fille à son goût, et c'est là que Maes Hughes intervient lançant une remarque des plus pertinentes... ou pas.

Roy poussa la porte du bar d'un geste nonchalant. Il arborait un air fatigué, lassé, mais de quoi? A peine une heure plus tôt il était encore en charmante compagnie, s'apprêtant à amener dîner une belle jeune femme aux longs cheveux noirs. Elle s'était faite belle pour lui, légèrement maquillée, elle portait une robe rose pâle dévoilant ses longues jambes qui semblaient si douces. Mais contre toute attente, les charmes de cette femme n'avaient pas opéré sur le brun ce soir. Alors qu'elle lui ouvrait la porte de son appartement avec un sourire qui se voulait envoutant, il avait été pris d'une grande lassitude, il allait revivre avec elle la même soirée qu'il avait vécu avec toutes les autres, alors à quoi bon? Il s'était vaguement excusé avant de partir errer à travers les rues de Central. Dans son esprit, les soirées qu'il avait passé avec ces femmes se ressemblaient toutes, à ceci près qu'il n'était jamais accompagné de la même jeune femme. Non, il n'avait jamais rappelé une seule femme pour un deuxième rendez-vous.

Il soupira en s'asseyant dans un coin du bar. Alors qu'il marchait, son chemin avait croisé celui d'une cabine téléphonique, sans réfléchir, il avait tout de suite appelé son ami Maes Hughes. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait besoin de lui parler de tout ça. Il avait récemment fêté ses trente ans, et il commençait quelque peu à s'inquiéter de ne pas trouver une seule femme à son goût parmi toutes celles qu'il avait fréquentée. Une serveuse vint prendre sa commande et s'en retourna lui chercher son whisky. Il la détailla un instant, c'était une très belle jeune femme malgré ses multiples tâches de rousseur. Roy soupira de plus belle, il n'avait même pas eu envie de flirter avec elle, il ne lui avait même pas adressé le moindre sourire.

Maes arriva rapidement, contrarié que son ami ait perturbé la petite soirée qu'il s'apprêtait à passer avec sa merveilleuse épouse, et son adorable fillette. Il s'assit en face d'un Roy à la mine sombre. Le voyant ainsi, le lieutenant-colonel comprit que son ami avait un problème et l'avait appelé à l'aide, comme il le faisait souvent. Il le regarda d'un air compatissant, signe qu'il pouvait se confier à lui, qu'il était là pour l'écouter. Roy gardait les yeux perdus dans son whisky auquel il n'avait pas touché, ce soir, même l'alcool lui paraissait insipide. Sans lever les yeux, il posa à son ami une question à laquelle il ne s'attendait pas.

« Comment tu trouve la serveuse? »

Maes cligna des yeux trois ou quatre fois, il était marié, pourquoi regarderait-il la serveuse? Il lui jeta un regard en biais et comprit en la voyant; c'était tout à fait le genre de femme avec lesquelles Roy aimait sortir. Il lui dit alors qu'elle était en effet très belle, mais qu'elle avait l'air légèrement niaise. Roy rit de cette remarque, il avait remarqué aussi, mais toutes les femmes qu'il côtoyait n'étaient que de simples coquilles vides, il en aurait fait ce qu'il voulait. Elles n'avaient pas de conversation, elles n'avaient d'autres intérêts que la mode et lui, elles lui étaient toutes entièrement soumises, et il ne voulait plus de cela.

En entendant cela, Maes se pinça la joue croyant qu'il rêvait, son ami avait enfin décidé de se caser avec une fille convenable pour faire sa vie avec elle. Avec un grand sourire, le lieutenant-colonel commença un interrogatoire dans les règles de l'art, assommant son ami de dizaines de questions sur l'idée qu'il se faisait de la femme parfaite. Cependant, Roy n'avait jamais de réponse, il ne savait pas ce qu'il voulait, ni ce qu'il préférait, bref, il semblait ne pas avoir d'idéal féminin. Hughes resta perplexe quant à cette révélation, comment pourrait-il trouver s'il ne savait pas ce qu'il cherchait?

Il poussa un soupir lourd de sous entendus, son ami était un cas désespéré. Il enleva ses lunettes pour les nettoyer avant de relever les yeux vers un Roy complètement dépité, affalé sur la table, les yeux perdus dans le liquide ambré, comme si celui-ci détenait l'absolue vérité qui lui permettrait de comprendre. La serveuse revint prendre le verre que Maes avait vidé en adressant à l'alchimiste un sourire qu'il remarqua à peine. Le lieutenant-colonel ne savait comment réagir, certes, le comportement de son ami lui donnait envie de rire, mais il semblait tellement perturbé qu'il suffisait à Maes de le regarder pour perdre tout sourire.

Il parlèrent encore des heures, ils en virent à rire des pantins avec lesquels il passait ses soirées. Aucune ne trouvait grâce aux yeux du beau brun. Dans un éclat de rire, Maes qui commençait à fatiguer envoya une remarque des plus incongrues à son ami.

« T'es p't être gay et tu l'sais pas. »

Les deux hommes se regardèrent quelques secondes pendant lesquelles ils parurent retrouver leur sérieux avant de repartir dans un fou rire. Le grand tombeur de Central, gay? Non, bien sur que non, même si ce soir ce n'était pas le cas, il avait été attiré par ces femmes. Ce n'était qu'une passade, pas de quoi dramatiser. Roy avait retrouvé sa bonne humeur, avec toutes les femmes qui étaient passées dans son lit, s'il était attiré par les hommes, il s'en serait aperçu plus tôt.

Il rentra chez lui vers 1h du matin, le cœur plus léger. Étrangement, il n'avait pas bu ce soir là, aussi se coucha-t-il avec les idées claires. Un peu trop même finalement. Il repensa à la remarque de son ami. Il eut un petit rire à cette pensée, non, il n'était pas gay, il le saurait sinon. Mais alors, pourquoi ne trouvait-il pas une femme à son goût? Durant la soirée, il s'était rendu compte qu'il n'avait pas d'idéal féminin, avait-il un idéal masculin?

Il était clairement attiré par la douceur de la peau des femmes, les courbes de leurs corps, et la longueur de leurs cheveux dans lesquels il aimait passer sa main. Il se demanda alors ce qu'il ressentirait s'il passait sa main dans la chevelure courte d'un homme. Il n'avait jamais prêté attention aux parfums que dégageaient les corps masculins, c'est donc qu'ils ne le gênaient pas, mais peut être pas au point de dire qu'il trouvait cela agréable. Mille questions l'assaillirent ainsi toute la nuit. Lorsqu'il étreignait une femme, il aimait sentir sa poitrine contre son torse, il s'interrogea alors sur la sensation que lui procurerait le contact d'un torse musclé contre le sien.

Jusque là, Roy devait bien avouer que rien ne le gênait dans les images qui défilaient dans son esprit. Pris de panique, il s'arrêta un instant de respirer, ses mains crispées sur ses draps, comme s'il voulait ainsi suspendre le temps. Il reprit son souffle, expirant lentement par la bouche, comme pour balayer de son souffle les pensées qui le traversaient. Il devait avoir besoin de sommeil, le lendemain, il n'y penserait même plus. Il prit une profonde inspiration avant de se déshabiller et de se glisser sous les draps.

Cependant, à peine ferma-t-il les yeux qu'il s'imagina en compagnie d'un homme sans visage. Ils discutaient, tranquillement installés dans un salon, de prime abord on aurait cru à deux amis, certes très proches, mais seulement amis. Puis le brun approcha sa main de la bouche de son compagnon pour essuyer une goutte de thé qui s'échappait, celui-ci lui répondit par un léger baiser sur le pouce. Leurs visages se rapprochèrent doucement jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent. Roy sentait la langue de cet homme caresser la sienne avec douceur. Il sentait une main passer dans ses cheveux et une autre caresser amoureusement son dos. D'abord timide, Roy répondit plus ardemment au baiser, une main sur la cuisse de son compagnon, l'autre posée sur sa taille. Son parfum ne lui était pas inconnu, mais il ne sut dire où il l'avait déjà senti, il ne parvenait même pas à identifier s'il s'agissait réellement d'un parfum masculin tant il était raffiné.

Le jeune homme sentit une main passer sous sa chemise, des lèvres se poser sur son cou, un souffle chaud lui caresser la nuque. Une sensation de chaleur et de bien-être l'envahissait, si bien qu'il rendit ses caresses au jeune homme qui commençait à déboutonner sa chemise.

Roy se réveilla en sursaut alors que son « ami » défaisait la boucle de sa ceinture. Il souleva son draps pour voir avec soulagement que son corps n'avait pas réagi à cette scène incongrue. Il se leva pour se diriger vers la salle de bain et se passer de l'eau sur le visage. Maes allait l'entendre. Qu'est-ce qu'il lui avait pris à celui-là de lui mettre ces idées dans la tête? Il se rallongea sur son lit avec un soupir. Il fallait qu'il se rendorme pour oublier tout ça. Il ferma les yeux mais les rouvrit immédiatement, et si il refaisait un rêve du même genre? Pire, et s'il reprenait le cours de son songe précédent? Son cœur battait à toute vitesse.

Il repensa à son rêve. Il devait bien avouer que ce qu'il avait ressenti était très agréable, mais d'un autre côté, ce n'était pas réel, les rêves ne sont que des illusions qui déforment souvent la réalité, rien ne lui prouvait qu'il éprouverait la même chose si un homme l'étreignait de cette manière. Au contraire, il partirait très certainement en courant si cela devait se produire. Il n'avait rien contre l'homosexualité du moment que ça ne lui arrivait pas à lui. Mais d'où venait cette curiosité presque malsaine qui le rongeait depuis qu'il était rentré chez lui? Depuis que ces images s'imposaient à lui, il n'avait qu'une idée en tête: comparer le rêve et la réalité. Il voulait savoir si cela lui plairait autant que ça, si c'était si différent d'avec une femme, après tout, un baiser reste un baiser.

Il fronça des sourcils en se rendant compte que l'idée ne le contrariait pas plus que ça, non, ça l'intriguait. Oui, c'était cela, il était intrigué. Il ferma les yeux une seconde, inspirant une grande bouffée d'air, une silhouette se dessina dans son esprit, l'homme de son rêve, son « compagnon ». Il n'avait pas de visage, même pas d'yeux, même ses cheveux avaient une coupe incertaine, blonds s'il se rappelait bien, avec une grande mèche qui lui tombait sur le front. L'odeur avait disparue, mais il restait persuadé de connaître le parfum de cet homme. Les yeux clos, il tentait de se remémorer chaque détail, des lunettes posées sur la table basse à côté des tasses, une légère barbe, rien d'autre.

Une boule se forma dans son ventre, lui nouant l'estomac presque jusqu'à la nausée, il ne comprenait pas pourquoi il continuer de creuser dans ce sens. Il sentait que sa curiosité était mal placée, qu'il n'avait pas à s'intéresser à ça, mais pourtant, c'était plus fort que lui, à présent qu'il avait commencé, il ne parvenait plus à empêcher son imagination de tourner. Toutefois, il se rendit compte que les scènes qu'elle lui imposait restaient très sages, tout au plus, il se voyait embrasser un autre homme sans jamais voir son visage. Il ne s'imaginait avec personne en particulier et gardait toujours ses vêtements, l'étreinte en soi n'avait rien de dérangeante.

Cependant, le simple fait d'y penser fit prendre un nouveau tour à ses réflexions. Il commença par se voir se réveiller près d'un homme, le serrer dans ses bras, l'embrasser pour le réveiller. Une grimace de dégout déforma le beau visage du colonel, il ne pourrait tout de même pas dormir à côté d'un homme complètement nu. Surtout que cela signifierait qu'ils avaient... la veille au soir... Il se redressa en poussant un petit grognement. Assis sur son lit, il se tourna vers son réveil, 3h27... Il soupira, il lui restait 2h33 avant qu'il ne sonne. Il se rallongea, les mains cachant son visage. Rien que d'y penser, il en avait des frissons, faire l'amour avec un homme, mais quelle idée! Le voilà à présent qui n'arrivait pas à se débarrasser de la vision de lui au lit avec un homme.

Il se leva pour retourner dans la salle de bain, il avait besoin de prendre une douche pour chasser ces pensées importunes. Il retira son caleçon pour se glisser sous le jet d'eau chaude. Il savait qu'il ne parviendrait pas à retrouver le sommeil, il allait passer une nuit presque blanche et il ne serait bon à rien d'autre qu'à dormir devant ces dossiers... « Hawkeye va encore passer une sacrée journée » pensa-t-il. Il posa sa tête contre le carrelage froid qui recouvrait le mur en face de lui. Il dirigea le jet de manière à ce que l'eau tombe dans un coin de la douche où il s'assit, les jambes ramenées contre son torse, la tête baissée sur ses genoux, ses bras les entourant. Sans s'en rendre compte, il s'endormit dans cette position, l'eau coulant toujours sur sa peau, le délassant, éloignant tous ses problèmes. Il ne rêva pas, la douce chaleur et la vapeur dans la cabine l'enveloppant comme un cocon, le protégeant du monde extérieur.

Ainsi endormi, il laissa l'eau chaude s'épuiser jusqu'à devenir glacée. Il redressa brusquement la tête, étouffant un cri de surprise. Il se redressa pour couper l'eau, son corps encore engourdi par la position peu confortable dans laquelle le sommeil était venu le trouver. Il s'étira puis se massa la nuque en sortant de la douche. Alors qu'il se séchait, il se demanda pourquoi il s'était endormi ici et non pas dans son confortable lit. Se remémorant les événements de la veille, il se gifla mentalement tout en se maudissant, il avait réussi à oublier et voilà qu'il cherchait à s'en rappeler. Une sonnerie métallique le ramena à la réalité. Déjà? Il ne serait pas en retard aujourd'hui. Cette pensée lui arracha un petit sourire, il pourrait toujours s'en servir contre son lieutenant s'il ne tenait pas éveillé, elle ne pouvait tout de même pas tout avoir. Il savait que ça ne suffirait pas, mais c'était lui le supérieur après tout. Après avoir bu son café, il mit son uniforme et passa la porte de son appartement.

En effet, il arriva tellement à l'heure qu'il était le premier. Il haussa un sourcil et regarda la pendule, vu qu'il arrivait toujours en retard, il ne savait pas à quelle heure arrivaient ses subalternes. Il referma la porte de son bureau sans y être entré, il avait deux mots à dire à un certain lieutenant-colonel qui se prétendait son meilleur ami. Il frappa deux coups puis entra sans attendre de réponse. Maes le regarda surpris, qu'avait donc encore son ami? Roy se planta devant son bureau, mais avant qu'il n'ai pu articuler un seul mot, une odeur familière vint lui chatouiller les narines, lui rappelant un vague souvenir qu'il voulait ensevelir: le parfum si particulier et si agréable de l'homme de son rêve. Roy resta un instant la bouche ouverte à dévisager son ami, il portait des lunettes ainsi qu'une légère barbe. Roy ne put articuler un seul mot, se rendant compte qu'il avait rêvé de son ami, mais alors pourquoi était-il blond dans son rêve? Et puis ce n'était pas exactement les mêmes lunettes. Pensée idiotes, n'avait-il pas dit lui-même que les songes déformaient parfois la réalité?

Le colonel cligna plusieurs fois des yeux, il devait bien avouer que Maes était un bel homme, mais tout de même. Son plus grand charme résidait dans son indéchiffrable regard émeraude, à la fois rieur et sérieux et son éternel sourire en coin.

« Roy, qu'est-ce que tu fais? »

Il sortit de ses pensées à cette question, son ami l'observait, l'air inquiet. Il balbutia des excuses avant de sortir du bureau. Il s'adossa à la porte après l'avoir passée, mais enfin pourquoi diable s'était-il mis à détailler son ami? Cet espèce d'imbécile avait vraiment fait des dégâts avec sa remarque. En grognant, Roy reprit le chemin de son bureau, son ami avait juste voulu faire de l'humour et voilà dans quel état il se mettait. Au détour d'un couloir, il croisa le major Armstrong, montrant ses muscles saillants au sergent Broche, afin de lui prouver qu'il avait raison. Roy ne s'arrêta pas sur eux, Denny Broche était bien trop maladroit, et pas vraiment séduisant. De même que Alex Louis Armstrong lui faisait plus peur qu'autre chose. La vue des muscles qui se contractaient vaillamment lui noua l'estomac, difficile d'apprécier une telle chose. Non, il n'y avait vraiment pas à s'arrêter pour eux.

Quand il entra dans son bureau, cinq regards stupéfaits se tournèrent vers lui. Il s'assit sans rien dire pour se mettre au travail sous les regards de plus en plus ébahis des membres de son équipe. Se plonger dans les dossiers lui permit d'oublier un temps les doutes qui l'avait assailli. Cependant, ils se rappelèrent rapidement à lui: il comptait quatre hommes parmi ses subordonnés.

Il releva la tête afin de les observer un à un, discrètement pendant qu'ils travaillaient. Ses yeux se posèrent d'abord sur Fuery qui réparait une vieille radio. Il était bien trop petit, il devait bien avouer qu'il préférait être plus grand que sa, ou son, partenaire, mais pas à ce point. Ses lunettes, Roy s'arrêta un instant, c'était exactement les lunettes de son rêve. « Peu importe » se dit-il. Il gardait un air d'adolescent imberbe qui ne l'attirait pas spécialement, il était bien trop naïf et sensible, cela pouvait éventuellement lui plaire chez une femme, mais pas chez un homme.

Havoc. « Tient, l'homme de mon rêve avait exactement la même coiffure. » Décidément son inconscient avait fait un bel amalgame. Non, trop grand, bien qu'il fût le plus séduisant de l'équipe, après lui bien sur. Roy fit une grimace de dégout en pensant à l'odeur de tabac qu'il dégageait en permanence et qui le répugnait, il se demandait comment les femmes faisaient pour le supporter. Non, vraiment, rien n'attirait son attention sur son sous-lieutenant. Sa façon d'être ne lui plaisait pas non plus, toujours nonchalant, cherchant à se montrer le plus virile possible, toujours à vouloir prouver qu'il était un homme mais à pleurnicher tous les deux jours après une rupture.

Breda. Toujours, débraillé, pas élégant pour deux sous. Roy fit glisser son regard jusqu'au ventre arrondi de son collègue, non, non, non... Il remarqua alors un paquet de chips posé sur le bureau, « c'est vrai qu'Heymans mange à toute heure... » Il lui restait d'ailleurs des miettes au coin de la bouche et certaines ornaient même son tee-shirt qui devait, à l'origine, être blanc. Le sous-lieutenant leva un bras pour se passer une main grasse dans les cheveux, dévoilant une aisselle auréolée de sueur des plus repoussantes. Non, définitivement non!

Avec un soupir, il regarda Vato Falman, dernier homme de son équipe. Trop vieux, il pourrait être son père. Enfin, Roy ne savait pas quel âge avait son subordonné, mais c'était l'impression qu'il avait en voyant ses rides au coin des yeux, ou encore celles qui sillonnaient son front. Son visage creusé, trop maigrichon, et puis également plus grand que lui. Il n'aimait pas non plus cette manie qu'il avait de tout retenir, Roy avait toujours l'impression d'être passé à côté de quelque chose à chaque fois qu'il ouvrait la bouche pour relater un fait passé. De plus, il donnait l'impression d'être toujours austère, Roy l'avait rarement vu sourire. Non plus.

Il poussa un soupir de lassitude, soulagé de n'avoir rien trouvé d'attirant chez ses subordonnés. Il ferma les yeux avant de balayer la salle du regard comme s'il la voyait pour la première fois, survolant les quatre hommes affairés qui ne soupçonnaient rien des réflexions de leur supérieur. Dans un coin de la pièce, une blonde corrigeait un dossier, sa machine à écrire de côté, prête à être utiliser. Hawkeye. Ce n'était pas un homme, donc la détailler ne l'avancerait pas plus, inutile de s'arrêter à la regarder au risque de se faire prendre et de se retrouver avec une balle entre les deux yeux. Toutefois, alors qu'il se repenchait sur son dossier, il ne put s'empêcher de lui jeter des regards en coin. Il devait bien avouer qu'elle était belle et très attirante, même avec cet horrible uniforme. Il avait rarement eu l'occasion de la voir en civil, mais il savait que les jupes et les cheveux détachés lui allaient à merveille. Rien que de revoir l'image de ses longs cheveux dorés, il fut pris de l'envie d'y passer sa main. Se sentant observée, la jeune femme leva la tête et croisa le regard de son supérieur. Roy la vit écarquiller les yeux avant de baisser la tête, les joues rouges, pour se replonger dans son dossier. Roy eut un léger sourire à cette réaction, il ne s'était pas rendu compte de la manière dont il la regardait.

Cependant, il ne changea pas d'attitude, perdu à s'imaginer se plonger dans ses grands yeux ambres si envoutants. Si elle avait soutenu son regard, il se serait perdu dans le sien. Elle ne les maquillait pas pour travailler, mais en dehors du QG, une fois son uniforme quitté, une métamorphose opérait sur elle, transformant le soldat dur et sévère en jeune femme sensible et infiniment féminine. Son premier lieutenant était un papillon qui s'enfermait dans une chrysalide tous les matins, pour en sortir le soir, reprenant toute sa grâce et sa beauté. Certes, elle était pâle, de ne jamais voir le soleil, ses jambes toujours cachées par un pantalon bleu roi, ses bras couverts d'une veste assortie, mais cela rajoutait à son charme. Sa peau lui paraissait si douce qu'il aurait voulu pouvoir la toucher, en sentir toute la douceur tant avec ses mains qu'avec ses lèvres. A cette pensée, son regard s'embrasa, un léger sourire étira ses lèvres, indiquant clairement quel genre de pensées le traversaient.

Son manège n'avait échappé à personne, mais aucun de ses subalternes ne comprenait pourquoi leur colonel dévorait leur lieutenant du regard. Il n'avait jamais montrer d'intérêt pour elle mais ses yeux exprimaient clairement son désir. De son côté, Liza ne savait plus quelle attitude adopter; à chaque fois qu'elle levait la tête pour le renvoyer à son travail, les mots se perdaient dans sa gorge tant elle était troublée par l'intensité du regard qu'il posait sur elle. Elle sentait ses joues en feu, vainement, elle tentait désespérément de le cacher en baissant la tête mais elle savait qu'il l'avait remarqué. Alors qu'elle pouvait rester impassible en toute circonstance, la voilà qui rougissait et perdait tout ses moyens devant deux yeux sombres brulant de désir. « Désir? Mais qu'est-ce que tu raconte, pourquoi te désirerait-il? » Elle releva timidement les yeux. Ce qu'elle vit lui coupa le souffle et elle les rebaissa rapidement sur les pages du dossier sur lequel elle ne parvenait plus à se concentrer. Oui, c'était bien du désir. Elle sentait son regard sur elle, de plus en plus mal à l'aise, et elle se demandait ce qui avait pu lui arriver pour qu'il la regarde ainsi. Peut être avait-il rêvé d'elle, son malaise s'accrut à cette idée, son supérieur ne fantasmerait tout de même pas sur elle? Il avait toutes les femmes de la ville, il devait y avoir autre chose. Son cœur s'emballait tandis qu'il ne la quittait pas des yeux, alors qu'elle mourait d'envie de prendre ses jambes à son cou.

Cependant, elle ressentait une étrange chaleur s'emparer de son ventre pour se diffuser petit à petit dans tout son corps. « Il ne manquait plus que ça. » Elle inspira profondément, ses hormones ne l'avaient plus travaillée ainsi depuis longtemps, d'ordinaire, elle se maitrisait très bien tant qu'elle se cachait derrière son masque de femme militaire, mais là, elle avait l'impression que le soldat l'avait abandonné pour ne laisser place qu'à une femme pleine de désir pour l'homme qui la déshabillait du regard. Elle devait se concentrer sur son dossier et ne plus prêter attention à son colonel dont les yeux ne semblaient pas vouloir changer de cible, mais que lui voulait-il à la fin? Elle se faisait l'effet de redevenir une adolescente d'à peine seize ans qui n'ose pas croiser le regard du playboy au sourire ravageur dont elle est tombée amoureuse. Exactement comme elle à cet âge, lorsqu'il avait posé ses doigts sur son dos. Elle savait que c'était seulement pour mieux suivre les lignes du tatouage, mais son cœur avait battu à une telle vitesse qu'elle avait parfois eu du mal à reprendre son souffle après ce simple contact, les mains serrées sur le morceau de tissu qu'elles tenaient, les yeux fermés à s'en fendre les paupières, essayant vainement de penser à autre chose qu'à cette main qui caressait son dos. Il était si près d'elle, combien de fois avait-elle cru qu'il allait l'embrasser tant il approchait son visage pour mieux voir. Il fallait qu'il arrête de la regarder sans quoi, elle se jeter sur lui soit pour lui en mettre une, soit pour... « Non, mais t'es pas bien de penser à une chose pareil? » Elle se mordit la lèvre inférieure, il fallait qu'elle se reprenne pour pouvoir taper le dossier corrigé, sinon, elle recommencerait autant de fois qu'elle ferait d'erreur.

Roy retint un éclat de rire en la voyant ainsi perturbée. La statue de marbre pouvait donc prendre de jolies couleurs. Il sentait qu'elle voulait qu'il cesse son petit jeu, mais, bien que ce n'en fût pas un au commencement, il s'amusait à présent de la voir s'agiter comme une collégienne. Elle ne disait rien, il pouvait bien faire semblant de ne pas comprendre. Lorsqu'ils étaient gamins, elle détestait qu'il la fixe ainsi, le garçonnet ne pouvait donc résister à l'envie de faire enrager son amie qui cherchait par tous les moyens à se cacher. Certes, il n'avait plus huit ans, mais il devait avouer que leurs jeux, aussi puérils fussent-ils, lui manquaient. Leur complicité lui manquait. Elle s'était envolée au fur et à mesure que d'autres sentiments naissaient, rendant impossible toute relation amicale normale, en se découvrant, ils étaient devenus distants, tout en restant très proches malgré tout. Ils se faisaient confiance et ne se cachaient rien, sans toutefois immiscer l'autre dans sa vie privée.

Avec nostalgie, il se souvint du temps où il étudiait le cercle de transmutation tatoué sur son dos. A cette époque, son corps se changeait pour devenir celui d'une femme. Il l'avait vu grandir et donc, il avait pu voir se dessiner ses courbes, sa taille s'affiner alors que ses hanches et ses fesses se développaient, de même que sa poitrine poussait. Il se rappela le jour où il s'en était aperçu, son maitre lui avait demandé d'aller la réveiller, mais au lieu d'une fillette, il découvrit une jeune fille portant un simple débardeur moulant et un short. Il s'était alors rendu compte que le temps œuvrait aussi sur elle, il n'avait pas osé la toucher. Ses relations avec Liza avaient radicalement changé à compter de ce jour là. Avant, il aurait presque pu dire qu'il la considérait comme sa sœur, après cela, il n'osait plus la regarder, c'était à peine s'il lui adressait la parole et il rougissait dès qu'elle se mettait trop près de lui, comme elle en avait l'habitude. Elle n'avait pas compris et avait été attristée de le voir s'éloigner d'elle, en revanche son maitre l'avait durement sermonné, puisqu'il voulait être alchimiste d'état, il n'était pas assez bien pour elle. Le professeur Hawkeye était un parfait exemple de l'alchimiste perdu dans ses recherches jusqu'à en délaisser sa famille. En outre, être militaire en plus d'alchimiste laissait peu d'espoir pour une futur vie de famille, son disciple, lorsqu'il ne serait pas concentré sur ses recherches, serait en mission, mettant sa vie en péril. Pour lui, un alchimiste digne de ce nom n'avait pas de place dans sa vie pour une famille, il ne voulait pas d'un tel époux pour sa fille. Il ne voulait pas d'un homme qui la rendrait inévitablement malheureuse. Elle n'était pas pour lui.

Il s'en était convaincu lui même, mais après la mort de son maitre, il commença à voir les choses différemment. Surtout durant les quelques jours où elle s'était dévoilée à demi nue devant lui. Alors qu'elle se déshabillait, se pensant à l'abri du regard de l'élève de son défunt père, il avait eu l'occasion de l'observer. Il gardait en mémoire chaque détail qu'il avait vu. Il la revoyait s'installer devant lui en rougissant, lui tournant le dos, cachant sa poitrine comme elle pouvait avec sa chemise. Un sourire en coin, il essaya de se remémorer la douceur de sa peau. Mal à l'aise de se présenter dans cette tenue devant un jeune homme, elle s'était crispée au contact de sa main sur son dos, ne s'attendant visiblement pas à ce qu'il la touche. Il avait été tellement près d'elle qu'elle avait même du sentir son souffle, elle ne s'était détendue qu'après plusieurs jours. Durant le temps de cette étude, elle évitait soigneusement son regard, rougissant quand elle le croisait, elle ne lui adressait pas un mot, sinon pour lui annoncer que le repas était servi. Étrangement, alors qu'elle passait de longues heures torse nu devant son ami, elle avait pris conscience que l'élève de son père était aussi un jeune homme. Parfois, il l'avait senti frissonner, mais il ne savait pas si c'était de froid, de malaise, ou autre chose. Plusieurs fois, il avait été tenté d'embrasser sa nuque offerte à ses lèvres qui l'appelait presque.

Il regarda ses doigts fins s'afférer sur la machine à écrire pour taper le dossier qu'elle avait réussi à terminer malgré tout. Il s'imaginait déjà lui enlever sa barrette pour caresser sa longue chevelure, la serrant contre lui, s'enivrant de son parfum. Les lèvres rosées de la jeune femme devenaient de plus en plus attirantes, il se voyait y poser les siennes. D'ailleurs, il n'avait aucun mal à l'imaginait à la place de l'homme de son rêve, certes elle n'avait ni barbe, ni les cheveux courts, mais elle les avait blonds, et puis, elle avait également une mèche qui lui tombait sur le front, pas de la même manière qu'Havoc, certes, mais tout de même. Toujours en la regardant il se rappela que lors d'une mission, elle avait emprunté les lunettes de l'adjudant Fuery. Il prit une grande inspiration pour sentir son parfum. Il se redressa, surpris de l'odeur qu'il sentait, cela ressemblait un peu au parfum de Maes, mais en plus féminin, plus délicat. C'était exactement celui de son rêve. Il s'était fourvoyé le matin puisque celui de son ami devait être le même pour homme, difficile de se rappeler précisément une odeur sentie en rêve.

Il n'avait aucun doute sur son songe, il était avec un homme, mais cet homme ressemblait étrangement à Liza. Il soupira, s'il avait rêvé d'elle, il ne se serait surement pas réveiller alors qu'elle lui sautait dessus pour lui enlever son pantalon. Il arrêta soudainement le cours de ses réflexions, voilà une demi-heure qu'il la regardait avec insistance, fantasmant presque sur elle. Il la sentait mal à l'aise, toujours aussi rouge qu'une pivoine. Comme en guise d'excuse, Roy lui adressa un sourire tendre, qui la fit rougir de plus belle. Au fond, il savait qu'elle n'était pas si différente de la jeune fille qu'il avait réveillé un matin de juillet. Avec un sourire, il se repencha sur son travail, non il n'était pas gay, son cœur était simplement déjà pris...

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Je tiens à présenter mes excuses aux fan du RxR pour vous avoir présenter un Roy presque gay, et vous l'avoir fait imaginer avec un homme. Je veux aussi préciser que, même si certaines réactions de Roy sont plutôt homophobes, je ne le suis pas du tout, ne prenez pas mal ce que j'ai écrit^^

Voilou, j'espère qu'il vous a plu, j'ai la pression moi maintenant... Mais bon, je vous remercie de l'intérêt que vous portez à mes one shot, que vous soyez de simples lecteurs, ou que vous laissiez des com. Merci aussi à ceux qui ont mis ce recueil dans leurs favoris, ça fait plaisir^^, j'espère rester à la hauteur de vos attentes.

A la prochaine.

S-LH