Et oui, voilà enfin un nouvel OS, depuis le temps^^ Bon, il est un peu court mais j'espère qu'il vous plaira.

Je ne vais pas vous retenir longtemps sauf pour vous dire

ATTENTION SPOILERS CHAPITRE 100 (ET PRÉCEDENTS)

Voilà, à vous de voir si vous voulez toujours le lire.

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8 – Vivre (G)

La fin du chapitre 100 étant quelque peu frustrante, voici une des possibilités de suite. Que va faire Roy?

Les lèvres du scientifique s'étirent en un rictus moqueur, il avait d'abord craint que ses soldats ne succombent face à l'alchimie des flammes, mais il constatait avec une grande satisfaction qu'il s'était lourdement fourvoyé. La réputation du colonel Mustang était sans doute surfaite pour qu'il soit incapable de se libérer de ses deux assaillants. Son sourire s'élargit en pensant que ses marionnettes avait aisément pu le maitriser car il avait bêtement voulu venir en aide à sa subordonnée en difficulté, le confortant un peu plus dans son idée. Tout se passait selon leurs projets. Bien entendu, il ne s'attendait pas à ce que le cinquième candidat au sacrifice obéisse docilement, mais l'esprit humain était si faible et si prévisible qu'il ne pourrait finalement que céder à leur demande.

Comme il s'y attendait, le colonel avait refusé d'obtempérer, il avait été mis en garde contre la porte, peu lui importait, il avait un argument imparable. Une lueur de sadisme dansa dans ses yeux lorsqu'il évoqua feu Maes Hughes, son très cher ami perdu et qu'il ne retrouverait jamais. Toutefois, il ne voulait pas lui faire ramener le général de brigade, mais rallumer en lui la tentation de braver l'interdit et réaliser l'impossible transmutation humaine. Le visage du colonel se crispa dans une expression de haine intense, et bien qu'il refusât encore et encore, le scientifique savait qu'il aimerait malgré tout essayer si sa raison ne le retenait pas. Il fallait donc lui faire perdre sa raison, et pour cela, il n'avait qu'un seul argument, préparé avec soin depuis si longtemps déjà. Il regarda avec délectation l'épée de son esclave percer la chair de la subordonnée si chère à Mustang, laissant s'échapper un flot de sang. Un sourire triomphant étira ses lèvres alors qu'il enjoignait au colonel d'ouvrir la porte.

Le cri de Roy raisonna dans la vaste salle, il aurait du se douter que ce ne serait pas si simple, qu'ils ne se contenteraient pas de lui demander bien gentiment d'exécuter leurs ordres. Dès l'instant où il comprit que la lame levée allait s'abattre sur son lieutenant, il s'était senti étrangement faible et vulnérable. Tout s'était passé en quelques secondes, il n'avait pas réagi, il n'avait été capable que de crier, mais même malgré l'émotion il avait laissé entre eux les barrières de l'armée; ils étaient en guerre, captifs de l'ennemi, elle était son bras droit avant d'être son amie, et il ne l'avait plus appelé par son prénom depuis si longtemps que son grade était venu tout naturellement, comme si elle avait toujours porté cette étiquette. Pourtant, ce n'était pas un soldat qu'il voyait allongé sur le sol mais bel et bien une jeune femme dont la vie s'écoulait doucement. La voix du scientifique lui parut si lointaine, néanmoins, il s'y accrocha comme à une bouée de sauvetage, cet homme, responsable de l'état de sa subordonnée lui offrait un moyen de la soigner, mais pouvait-il se laisser emporter par une telle folie?

Le choix paraissait pourtant simple, quelle hésitation pouvait-il avoir, connaissant déjà le prix de l'acte insensé et désespéré qu'on lui demandait d'accomplir. Cependant, en cet instant, toute raison sembla l'abandonner, il ne pensait plus qu'au fol espoir d'être celui qui réussirait l'impossible. Le scientifique avait raison sur un point, il n'avaient plus beaucoup de temps et pourtant, il lui semblait comme suspendu. Les yeux rivés sur le flot rouge qui s'échappait de la blessure, seul témoin de l'insupportable écoulement des secondes, il avait l'impression de s'empêtrer dans un cauchemar et qu'il n'avait qu'à attendre son réveil pour que tout s'efface. S'il décidait d'obéir, il devait le faire avant que le sang ne s'arrête de lui-même.

Durant une seconde, il ferma les yeux à s'en fendre les paupières, espérant que tout cela ne fût qu'un rêve, mais lorsqu'il les rouvrit, elle était toujours là, allongée sur le sol, ses cheveux d'or rougis par le sang, la douleur déformant son visage. Ses pensées se bousculaient dans son esprit embrumé, il ne voulait pas réaliser que la scène qui se déroulait sous ses yeux était bel et bien réelle, mais il ne voulait pas non plus accepter de la laisser mourir, même dans son imaginaire. Il pouvait toujours faire mine d'être docile, feindre d'accepter d'ouvrir la porte mais tenter de la soigner dès que ses mains seraient libres, tant qu'elle respirait encore il avait le droit d'espérer que jamais son cœur ne s'arrêterait, et ainsi, cela relevait plus de l'alchimie médicale que de la transmutation humaine.

Des centaines d'images se rappelaient à lui comme autant de témoins plaidant pour la survie de la jeune femme. Il se souvenait parfaitement de l'adolescente timide mais pleine de vie qu'il avait connu et dont l'innocence avait rapidement été bafouée par les horreurs de la guerre. Elle avait quitté l'enfance trop tôt pour lui, pour lui permettre de vivre et de réaliser ses rêves au détriment des siens. Pour avoir sacrifié sa vie pour lui, elle aurait mérité d'avoir sa part d'honneurs, de bonheur, c'était elle qu'il aurait fallu mettre en lumière et non lui, lui qui ne serait rien sans elle. Il ne s'était jamais retourné, toujours certain qu'elle le suivrait, élément immuable de son entourage, soutient inébranlable, il n'avait jamais pris une minute pour s'arrêter sur les sacrifices qu'elle faisait. La mort de Hughes aurait pourtant du lui servir de leçon, il pouvait à tout moment perdre ce qu'il considérait comme acquis, pourtant après cette tragédie, il s'était cru à l'abri d'un autre retour de flammes, pensant avancer prudemment sans plus mettre d'autre vie en danger sans être capable de les protéger. Il avait voulu persévérer dans son entreprise, et avait ainsi causé la perte du sous-lieutenant Havoc. Ils étaient tous derrière lui, dans son ombre, mais c'était eux qui prenaient les coups à sa place jusqu'à ce qu'ils succombent. Il était resté aveugle à la véritable prise d'otages dont avaient été victimes ses subalternes. Désigné comme leur cinquième candidat au sacrifice, leurs ennemis avaient tenté de l'atteindre à travers ses hommes. A présent, il se demandait s'ils n'avaient pas tuer Maes dans l'espoir qu'il perde la raison et ne tente de le ramener. Par sa faute, il était mort, laissant derrière lui une petite fille de quatre ans qui avait encore besoin de son père, et une jeune veuve.

Pourquoi était-ce à son tour à présent? C'était elle qui avait donné naissance au flame alchemist, peut être payait-elle à présent le prix pour lui avoir dévoilé son secret, le prix de son dévouement. Roy se sentait perdu, comme un enfant abandonné dans les ténèbres, il ne savait plus quel chemin emprunter. L'échange équivalent exigeait-il qu'il atteigne son but sans les personnes qui avaient compté pour lui?

A côté de lui, il entendait le rire étouffé du scientifique, sûr de lui, fier de lui. La rage le submergea, comme s'il ouvrait enfin les yeux sur la funeste scène qui se jouait devant lui, comme s'il prenait enfin conscience qu'il ne rêvait pas. Fou de rage, il commença à se débattre avec véhémence, tentant vainement de se jeter sur l'homme à la blouse blanche qui attendait patiemment que les choses se passent. Toutefois, il dut rapidement se rendre à l'évidence; les hommes qui le retenaient étaient bien trop forts, jamais il ne pourrait se défaire d'eux. S'il voulait retrouver sa liberté de mouvement, il devait accepter d'ouvrir cette fameuse porte. Après tout, Liza n'était pas encore morte, s'il faisait la transmutation alors que son cœur battait encore, peut être aurait-il une chance de la sauver bien qu'il ne maîtrisât pas l'alchimie médicale. D'un autre côté, une voix lui criait de résister, il ne pouvait se permettre de donner à l'ennemi ce qu'il voulait, ce n'était pas seulement son combat, des dizaines d'autres personnes étaient aussi impliquées que lui.

Des dizaines de personnes se battaient à ses côtés pour délivrer le pays de l'emprise de ses monstres et sauver la vie de ses habitants. S'il ouvrait la porte et devenait le cinquième candidat au sacrifice, alors les homonculus auraient gagné, tout reposait sur ses épaules à présent, il pouvait décider de la vie ou de l'anéantissement de tout un peuple. Il était pris dans une véritable tempête intérieur, ces deux voix raisonnant pour prendre le dessus sur l'autre. Il ne pouvait mener à sa perte ce pays qu'il avait toujours voulu protégé, il ne pouvait sceller tant de destins par un vulgaire acte désespéré et égoïste, mais il ne pouvait pas laisser mourir cette jeune femme qui avait tout abandonné pour le suivre. Certes, c'était son travail de le protéger, mais il avait souvent espéré qu'il serait capable d'en faire autant si la situation l'exigeait. Il avait eu par deux fois l'occasion de la soustraire à une mort certaine, il s'était donc conforter dans son idée que tant qu'ils resteraient l'un près de l'autre, ils seraient comme invulnérables.

Si, plutôt qu'Havoc, il l'avait choisie elle pour poursuivre le corps de Barry dans les sous-sol, peut être qu'il n'aurait pas été si gravement blessé. Il avait été froissé par l'insolence de ses paroles lors de son affrontement contre Scar un jour de pluie, mais il devait bien admettre qu'elle n'était pas loin de la vérité. Elle était le plus sûr remède à son orgueil, elle réfléchissait souvent pour lui, elle était une partie de lui-même, comme si elle avait mis sa vie entre parenthèses pour vivre la sienne et devenir ce qu'il n'était pas. Elle était son exact opposé, calme, réfléchie, discrète et consciencieuse, des qualités nécessaires à un sniper, contraste créant un parfait équilibre avec son caractère enflammé, comme les deux moitiés du Yin et du Yang. Ils étaient nécessaires l'un à l'autre, il ne pouvait accepter de la laisser mourir ainsi sous ses yeux. S'il la perdait, le déséquilibre serait bien trop important pour qu'il puisse se relever seul, si elle n'était plus là, qui l'empêcherait de commettre des erreurs? Lui-même s'était bêtement laissé prendre, plutôt que de se concentrer sur son combat, il n'avait pu s'empêcher de jeter un œil en direction de sa subordonnée. Il était resté confiant tant qu'elle parvenait à se défendre, mais lorsqu'il l'avait vue au sol, il avait pensé pouvoir la protéger une fois encore. Bien sur, ses adversaires avaient profité de ce moment d'égarement pour l'immobiliser. Voilà que ce lien unique qui les avait rendus si forts les avait trahi. Plutôt que de se soucier de leur propre sécurité, ils ne pouvaient s'empêcher de penser à l'autre. Jamais Roy n'aurait pu imaginé que cela leur serait fatal.

Il bouillait de rage contre lui même autant que contre ces monstres qui lui avaient si bien démontré qu'il n'était finalement pas capable de protéger ne serait-ce qu'une personne. Il avait déjà échoué une fois, et par sa faute, Jean Havoc se trouvait en fauteuil roulant. S'il avait été là au moment de sa mort, aurait-il pu venir en aide à son meilleur ami? Et le gamin, où était-il à présent? Lui non plus il n'était pas capable de le protéger. Roy baissa la tête, honteux, ces gosses n'avaient rien à faire dans un conflit, et pourtant, c'était bien eux les plus impliqués. Il s'en voulait à présent de s'être autant reposé sur ses subalternes, abusant de leur dévouement, c'était eux qui avaient tout fait, lui n'était finalement que le pantin exposer sur le devant de la scène. Plutôt que se déplacer lui-même, il avait préféré envoyer Edward et Alphonse à travers tout le pays régler les problèmes à sa place. Il rêvait d'atteindre les sommets de la hiérarchie pour protéger Amestris, mais il avait causé la perte de ses subalternes, certes, il pouvait toujours se consoler en se disant qu'ils l'avaient suivi sciemment, mais jusqu'à présent, il était resté bien à l'abri derrière eux, comme derrière un bouclier, risquant leur vie et leur carrière pour sauver les siennes.

Il tourna les yeux vers sa subordonnée, étendue sur le sol froid, ses mains crispées sur sa gorge dans l'espoir insensé de retenir le sang qui filait entre ses doigts. Au prix d'un effort surhumain, elle parvint à se déplacer légèrement de manière à pouvoir planter ses yeux caramels dans ceux de son supérieur. Roy eut alors la surprise de n'y lire aucun reproche, aucun remord, bien au contraire; la flamme de la détermination faisait encore briller son regard que la mort cherchait à voiler. Elle aurait voulu lui dire tant de choses, mais les mots ne sortaient pas, comme étouffés par le flot de sang. Elle secoua imperceptiblement la tête, priant pour qu'il comprenne le message qu'elle lui envoyait.

Elle aurait voulu hurler, l'implorer de ne pas abandonner: il n'avait pas le droit de tenter l'impossible pour la ramener, il n'en avait pas le droit car sa vie ne lui appartenait plus depuis qu'il s'était lancé dans l'ascension de la hiérarchie, il l'avait donné à tous ceux qui œuvraient pour lui et à présent, quelque soit le prix à payer, il devait vivre pour eux. Ouvrir la porte signifiait devenir le cinquième candidat au sacrifice, or, tant qu'il en manquait un, ils avaient toujours espoir de sauver la vie de leurs compatriotes. Elle voulait croire qu'elle n'avait pas vainement combattu ces monstres, que Maes Hughes n'était pas mort pour rien. Oui elle croyait encore en lui autant qu'elle avait cru en ce jeune homme idéaliste et naïf qui avait su donner un sens à sa vie après la mort de son père. Pour tous ceux qui l'avaient suivi aveuglément jusqu'ici au risque de devenir une cible pour l'ennemi, il devait remporter ce combat, et leur montrer qui il était.

Elle croyait qu'il pouvait encore changer les choses, qu'il parviendrait à se libérer et à purger Amestris et l'armée de ses branches pourries. Il devait continuer et atteindre son but. Elle n'était pas vraiment surprise de se retrouver dans cette position, à l'instant même où elle avait accepté de travailler pour lui, elle s'était préparée à mourir. En tant que sniper, elle n'avait jamais été envoyée en première ligne lors de la guerre d'Ishbal, aussi n'avait-elle pas été étonnée de survivre à cet enfer, mais elle n'avait jamais douté que cela arriverait un jour. En entrant dans l'armée, elle avait renoncé à vivre un longue vie heureuse, certes elle aurait pu trouver le bonheur si elle s'était donné la peine de le chercher, mais dans son esprit, il lui était inconcevable de passer sa vie loin de lui.

Comme elle, il devait faire des sacrifices et renoncer à ses rêves personnels, mais cela, il ne le comprenait que maintenant. Jusqu'alors, il avait toujours pensé qu'il pourrait avoir tout ce qu'il voudrait, même s'il devait attendre d'être au sommet, il avait toujours cru qu'il devait simplement se montrer patient. Ainsi il se retrouvait devant l'inéluctable fatalité, il était à présent à la croisée de deux chemins et prendre l'un signifiait nécessairement renoncer à l'autre. Au fond, il savait parfaitement ce qu'il devait faire, il ne pouvait pas faire passer ses sentiments personnels avant la vie de milliers de gens, mais il lui semblait pourtant qu'il n'avait pas le droit de la laisser mourir, qu'il avait une dette envers elle et qu'il était temps de s'en acquitter. Il se sentait minable, impuissant comme elle aurait pu dire, il assistait à la scène sans faire le moindre geste pour la sauver. Il aurait pu se dire qu'elle mourait pour sauver des milliers de vies, mais à quoi bon faire bonne figure en brandissant ces nobles idéaux moraux puisqu'ils n'étaient somme tout qu'une maigre consolation. L'insouciance des bienheureux survivants, ignorant jusqu'au danger encouru, ne comblerait jamais le vide laisser par sa mort. Il ne voulait plus atteindre les sommets de la hiérarchie si les deux personnes qui avaient eu le plus d'importance dans sa vie n'étaient plus là pour le voir et être fiers de lui.

Il se sentait coupable de ne pas pouvoir lui rendre ce qu'elle lui donnait. Quelques instants auparavant, alors qu'il déversait toute sa haine sur Envy, il avait été frappé de plein fouet par la révélation qu'elle lui avait faite; elle n'avait pas l'intention de vivre sans lui. Cependant, lui devait vivre sans elle, si elle mourait ici, il devrait continuer sans même penser à mettre un terme à ses jours, ses ambitions ne le lui permettaient pas. Jamais il ne pourrait, de lui-même, quitter cette vie qui lui avait déjà tant pris sans rien lui donner d'équivalent en retour pour sombrer dans un repos éternel. La loyauté de ses hommes, voilà ce qu'il avait de plus précieux, et à présent on les lui prenait un à un.

Bien sur, elle ne voyait pas les choses de cette manière, elle l'avait toujours suivi, en silence, sans jamais rien attendre en retour, ni un mot, ni un regard. Elle était devenue son ombre, discrète mais toujours présente près de lui, comme une partie de lui même dont il ne pouvait se défaire. De plus, elle n'était pas seule derrière lui, des dizaines d'autres personnes plus ou moins anonymes croyaient en lui, d'autre encore lui apportaient leur soutient inconsciemment, par le simple souhait d'un futur meilleur. Elle étira péniblement ses lèvres en un sourire heureux, elle voulait lui montrer qu'elle ne regrettait aucun de ses choix, qu'elle avait malgré tout mené la vie qu'elle voulait et qu'elle ne rêvait pas mieux que de rester près de lui. Plusieurs fois elle avait été tentée de quitter l'armée pour se jeter dans ses bras, mais alors elle n'aurait pas mieux valu que ces pintades qui gloussaient sur son passage, au moins, elle avait mérité son respect. Bien que ce fût imperceptible pour un œil extérieur, elle savait que par le rôle qu'elle avait joué en tant que son bras droit, elle lui était devenue indispensable à tel point qu'il n'avait jamais imaginé pourvoir se passer d'elle. Elle ne demandait rien de plus, même pas une réelle reconnaissance de sa part tant qu'il désirait la garder près de lui.

Sentant sa respiration devenir de plus en plus difficile, Liza prit une grande inspiration pour effacer toute trace de douleur sur son visage, elle voulait que la dernière image qu'il ait d'elle soit celle de son sourire serein et plein de gratitude jusque là inexprimée. Jamais elle n'avait eu la chance de le remercier pour la vie qu'il lui avait offerte et qu'elle aimait malgré les contraintes qu'elle avait du s'imposer. Jamais elle ne l'avait remercié de lui avoir donner une raison de vivre après la mort de son père. Son seul regret à cet instant fut de n'avoir jamais pris le temps de lui parler, de lui dire tout ce qu'il représentait pour elle, de lui dire qu'elle ne lui reprochait pas l'usage qu'il avait fait de son pouvoir alchimique durant la guerre d'Ishbal.

Le temps s'était suspendu pour Roy qui fixait d'un air hagard le visage souriant et confiant de sa subordonnée. Il comprit; une fois encore elle venait à son secours pour le remettre dans le droit chemin alors qu'il était sur le point de se perdre. Il n'avait pas le droit de s'écarter de sa route, il n'avait pas le droit de succomber aux menaces de l'ennemi. Son cœur se serra, il fut soudainement pris de vertiges à l'idée de l'ignoble crime qu'il allait commettre, la laisser mourir revenait à la tuer lui-même, se planter un poignard en plein cœur, douloureuse blessure dont le saignement ne s'arrêterait pas sans pour autant lui être fatal. Les yeux toujours rivés sur le doux visage qui lui souriait, il sentit des larmes couler le long de ses joues, pour elle, pour tout ce qu'elle représentait, pour tout ce qu'elle avait accompli, il pouvait se permettre de verser quelques larmes, maigre retour en récompense de sa loyauté. Sa respiration ne devint plus qu'un râle pénible, sa poitrine se levant avec difficulté mais elle souriait toujours, heureuse et rassurée de savoir qu'il irait jusqu'au bout malgré tout, que sa mort n'anéantirait pas tous les efforts qu'ils faisaient depuis si longtemps. Malgré le désespoir évident qui se lisait dans ses yeux, l'alchimiste parvint rendre à la jeune femme un sourire bienveillant, avant de murmurer, entre deux sanglots étouffés, ce qu'il n'avait jamais pris le temps de lui dire, trop occupé pour s'accorder une seconde pour regarder derrière lui. Dans un dernier effort, elle capta le son presque inaudible qu'il lui adressait avant de fermer les yeux, libérée.

« Merci »

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Et là, ceux qui me connaissent doivent se demander ce qui m'est passé par la tête après la crise que j'ai faite quand j'ai lu le chapitre 100. Ben voilà quoi... rien d'autre à dire...

J'espère que ça vous a plu.

Lâchez vos com et à la prochaine.

S-LH