Harry Potter et la mémoire du dragon
Rating : M
Pairing : HPDM (progressif)
Disclaimer : Les personnages, les lieux ne sont pas à moi... et pourtant c'était pas faute d'essayer de convaincre J.K Rowling de me les laisser...
Note : les noms des lieux et de certains personnages sont dans leurs versions originales... désolée pour ceux que ça gêne... mais je trouve absolument horrible les noms comme Rogue... ou Drago.
Note 2 : J'essaye un maximum d'être cohérente avec les livres (d'ailleurs pour les dialogues et quelques descriptions je dois avoir le bouquin à côté pour ne pas déformer certaines choses), mais je vous prie de m'excuser d'avances si je ne l'étais pas ! (même si je pense être d'un niveau acceptable de ce niveau là )...
Enjoy !
Interlude 7 : Elizabeth Hearth
~PoV Théo~
Je tournai lentement la page de mon livre d'images, regardant avec attention les petits personnages bouger.
BOUM !
Je sursautai et levai la tête de mon livre. J'entendis alors des bruits dans la salle d'à côté. Je me glissai alors hors de mon lit et marchai rapidement vers la porte de ma chambre. En ouvrant la porte, je passai ma tête hors de la chambre pour voir ce qu'il se passait. J'haussai un sourcil en voyant la cause du bruit.
« Mère ? » j'appelai tout haut, la faisant sursauter.
En me reconnaissant, elle me fit un petit sourire contrit et se gratta la tête d'un air embarrassée, « Théo… Qu'est-ce qu'il y a ? »
« J'ai entendu du bruit. » dis-je.
L'intonation de ma voix était toujours la même, mais ma mère semblait toujours savoir ce que je voulais dire sans que je n'ai besoin de modifier ma voix… Comme maintenant, elle avait compris que j'attendais une réponse.
« Oh, ça… » dit-elle, en souriant, « Je suis encore tombée. J'ai trébuché sur le tapis. »
« Fais attention s'il-te-plaît. » décrétai-je.
« Ah ah… » rit-elle, de bon cœur, « Ne t'inquiète pas pour moi. »
J'hochai la tête et refermai la porte derrière. Je retournai sur mon lit et repris mon livre. Mais je regardai les images sans les voir parce que je repensai toujours à ma mère.
« Mère… » dis-je tout haut à personne en particulier, « … elle avait la joue rouge…»
Mère était vraiment maladroite. Elle avait toujours plein de blessures sur elle, et elle tombait très souvent, aussi. Mais elle avait toujours le sourire, et à chaque fois que j'étais près d'elle je me sentais toujours bien… je me demandais vraiment comment elle faisait…
Je refermai mon livre, puisque de toute façon je n'y faisais plus attention depuis un moment, et je regardais autour de moi, cherchant quelque chose qui pourrait m'occuper…Ma chambre était grande, plus grande que beaucoup d'autres héritiers de Sang Pur, mais pas aussi grande que celle de Pansy Parkinson, Draco Malfoy ou Blaise Zabini. Père m'avait expliqué que la taille du Manoir et des chambres servaient à montrer combien une famille était importante. « Les Nott font partis des plus hauts rangs des Sang Purs, cependant par rapport aux autres hauts rangs comme les Malfoy ou les Zabini, nous sommes faibles. » C'était ce que m'avait dit Père.
Il semblait en colère ce jour-là. Je n'étais pas sûr d'avoir bien compris ce qu'il voulait me dire, mais je n'avais pas osé poser la question.
Père… Il était vraiment très différent de mère… Parfois, quand il parlait avec moi, je le voyais lever le bras et le reposer immédiatement. Je ne savais pas ce qu'il voulait faire, mais dans ses moments là, j'avais peur… très peur. Surtout quand je croisais ses yeux. J'avais l'impression qu'il me regardait comme si j'étais une fourmi ou un insecte. Mais tout de suite après il me souriait, et même si j'avais toujours un peu peur, je faisais de mon mieux pour lui sourire en retour.
BOUM !
J'entendis un nouveau bruit assourdissant et je me redressai vivement. Je me demandais si Mère était encore une fois tombée… Mais je n'eus pas le temps d'atteindre ma porte, car elle s'ouvrit violemment. Je clignai les yeux de surprise, me figeant sur place, quand je vis que père était celui qui venait d'ouvrir la porte de ma chambre.
Il avait l'air furieux.
Ecarquillant les yeux, je reculai de plusieurs pas. Je ne savais pas pourquoi, mais je savais que je devais m'éloigner de lui.
« P-père ? » balbutiai-je. Ma voix tremblait.
« Il semblerait que ma patience ait atteint ses limites… » dit-il, d'un ton mauvais, en sortant sa baguette.
Je voulus reculer plus loin, mais je ne pouvais plus bouger.
« Voyons, Théo… » sermonna-t-il, « Tu ne viens même pas saluer ton propre père ? Où sont donc tes manières ? »
J'avalai difficilement ma salive, et je pouvais sentir mon cœur battre très fort contre mon torse. Un sourire mauvais apparut alors sur le visage de père, et je frissonnai en le voyant.
« Une punition s'impose… »
Un hurlement sortit de ma gorge quand je sentis quelque chose de brûlant se poser contre ma peau. Père avait posé sa baguette sur mon bras, ayant bien pris soin de relever la manche d'abord… Ça faisait mal… C'était brûlant. Des larmes commencèrent à couler de mes yeux, et j'implorais silencieusement père d'arrêter. Mais son sourire s'agrandit.
« Je me demande combien de temps elle va mettre pour arriver jusqu'ici… » susurra-t-il, en bougeant lentement la baguette le long de mon bras.
Un nouveau cri retentit. J'avais mal… Tellement mal… Pourquoi faisait-il ça ? Est-ce que j'avais fait une bêtise ? Je l'ai mis en colère ? Pardon… Pardon ! Mais, pitié que ça s'arrête ! Je ne pouvais plus voir que du noir autour de moi, et je n'étais même plus sûr d'être encore debout… La seule chose que je savais était que la douleur était toujours là et qu'elle empirait.
« Théo… Oh merlin ! »
La douleur s'arrêta… et je sentis quelqu'un me prendre dans ses bras… Et je me sentis immédiatement en sécurité, réconforté par cette présence. Ouvrant doucement les yeux, je vis ma mère. Elle me portait dans ses bras, et son regard était tourné vers père. Je n'osais pas regarder dans sa direction, j'avais peur que si jamais je le faisais qu'il me fasse mal à nouveau.
« Tu avais promis ! » cria alors mère, me faisant sursauter, « …que tu ne le toucherais pas ! C'est la raison pour laquelle je me suis laissée faire jusqu'à présent ! »
J'écoutais sans comprendre ce qu'elle disait… C'était la première fois que j'entendais mère crier, d'habitude elle était toujours joyeuse et insouciante.
« Il faut croire que j'ai trouvé un meilleur moyen de pression… » dit mon père, « … après tout le précédent n'était pas très efficace, tu es plus résistance que tu as en à l'air… Mais que feras-tu si c'est Théo, qui est jeu, Elizabeth ? T'obstineras-tu à refuser de m'aider malgré tout ? »
La prise de mère se resserra autour de moi, et je la vis serrer les dents.
« Tu es ignoble, utiliser ton propre fils – »
« Je serais prêt à tout pour élever le rang des Nott, même si pour ça je dois utiliser mon fils de six ans ! » coupa père, d'un ton sec, « Et cette capacité récurrente chez les Hearth pourrait m'être grandement utile… ça serait du gâchis de ne pas exploiter un don si rare, tu ne penses pas ? »
Mère commença légèrement à trembler et je levai la tête, l'observant attentivement, pour essayer de comprendre ce qu'il se passait… Mais je n'arrivais pas à voir grand-chose. Puis Mère plongea ses yeux bleus clairs dans les miens. Elle me fixa durant un court instant et une larme coula sur sa joue.
« Très bien. » dit-elle finalement. « Je ferais ce que tu veux. Mais en échange tu ne touches pas à Théo… »
« ça dépendra de la qualité de ton travail, chérie » rétorqua alors père, d'un ton amusé, avant de se diriger vers la porte, et la refermant derrière elle.
Mère resta alors immobile pendant un long instant après le départ de Père. Elle tremblait toujours un peu, et semblait perdu dans ses pensées. Je n'osais pas l'interrompre parce que j'avais peur d'être puni encore une fois… Mais au bout d'un moment, voyant qu'elle ne semblait toujours pas bouger, je rassemblais tout mon courage et l'appela.
« M-mère… » appelais-je.
Elle sursauta et son regard se tourna à nouveau vers moi.
« Est-ce que j'ai fait une bêtise ? »
Elle cligna des yeux, « Non pourquoi demandes-tu ça ? »
« Alors pourquoi est-ce que père m'a puni ? » enchaînai-je, « ça faisait très mal, ça veut dire que j'ai fait quelque chose de mal. »
« Non, Théo, tu n'as rien fait de mal… Au contraire… » chuchota-t-elle, elle caressa doucement ma joue, puis son regard se posa sur mon bras, « ça te fait encore mal ? »
J'hochai la tête. Même si ça ne faisait pas aussi mal que tout à l'heure, ma peau piquait encore comme si – je retins un frisson – comme si sa baguette était toujours sur mon bras.
« Je vais m'en occuper… » dit alors mère, d'une voix douce, en levant délicatement mon bras pour observer la blessure.
Elle posa alors ses doigts sur la marque de brûlure, et je fermai les yeux, me préparant à la douleur qui allait sans doute arriver… Mais il n'y avait rien… Au contraire… Je me sentais bien, la sensation de brûlure commençait à diminuer petit à petit, et quand j'ouvris finalement les yeux, je vis que la marque disparaissait aussi petit à petit.
« Comment – »
« C'est la capacité spéciale de maman… » répondit-elle, avec un petit sourire triste, « Avec ça, je peux guérir toutes les blessures que tu auras. »
Je voulais lui demander pleins d'autres choses, mais j'avais soudainement très sommeil et mes yeux se fermaient tous seuls.
« Dors, Théo… » souffla mère, en caressant tendrement mes cheveux. « Ne t'inquiète pas… Je vais définitivement te protéger. »
~Fin du PoV~
~Six mois plus tard~
Elizabeth sortit de sa chambre, un air frustré sur le visage. Cela faisait six mois depuis « l'incident », et Théodore avait étonnamment tenu parole et n'avait pas touché à Théo. C'est pourquoi en contrepartie elle avait dû assister à toutes les négociations de son mari, influençant la partie adverse pour la rendre plus conciliante ou plus en confiance, afin de faire pencher la balance du côté des Nott. Elle détestait devoir utiliser son don pour ça. C'était tout simplement ignoble.
Elle marcha lentement dans le couloir, sans destination en particulier, quand elle entendit des bruits de pas précipités derrière elle. Se retournant, elle haussa un sourcil surpris en voyant Théo courir à toutes vitesses, se dirigeant très certainement vers sa chambre qui était un peu plus loin. Mais en voyant sa mère, il écarquilla les yeux de surprise et s'arrêta net.
« Mère… » salua-t-il, d'un ton essoufflé.
Elizabeth soupira, « Franchement, combien de fois t'ai-je dis de m'appeler ''maman '' ?! »
Voyant que Théo ne répondait pas, Elizabeth soupira une nouvelle fois, se demandant pourquoi son fils était aussi sérieux, avant de l'étudier du coin de l'œil.
Il essayait toujours de reprendre son souffle, et il avait les joues rouges – sûrement dû au fait qu'il venait de courir – et était légèrement plus débraillé que d'habitude. C'était assez surprenant. Théo avait toujours été un enfant très calme, très intelligent et très mature pour son âge. Cela ne lui ressemblait pas de se mettre à courir dans les couloirs sans raison, et puis il était évident que son fils essayait d'éviter son regard.
« Ok… qu'est-ce que tu caches ? »
Théo écarquilla les yeux et se tourna si vite vers elle, qu'elle eut peur qu'il se fasse mal à la nuque.
« Je ne cache rien, mère. » répondit-il malgré tout avec calme, « J'étais juste pressé de retourner dans ma chambre. »
« Ah je vois… » répondit sa mère avec un grand sourire, « Comme si j'allais gober ça. »
« J'étais juste – »
Miaw…
Elizabeth se figea durant un instant se demandant, d'où venait se bruit, quand elle remarqua finalement que la robe de Théo bougeait de manière suspicieuse.
« Combien de fois t'ai-je dit de ne pas mettre de créature étrange dans ta robe ? » demanda-t-elle d'un ton exaspéré, en voyant la tête d'un chaton remonter.
« Jamais mère. » répondit avec sérieux son fils, tandis qu'une goutte perlait à l'arrière de la tête de sa mère.
« Quoi qu'il en soit. » poursuivit Elizabeth, en se raclant la gorge, « Tu ne dois pas recommencer. Pourquoi l'as-tu ramené d'ailleurs ? Cela ne te ressemble pas. »
« Je pensais qu'il voulait prendre l'air… » répondit Théo, en faisant un point d'honneur à regarder partout sauf vers sa mère.
Cette dernière cligna des yeux, tandis qu'elle comprenait l'implication des paroles de son fils, « Attends tu veux dire que ce chaton est là depuis un moment déjà ?! » demanda-t-elle, d'un air surpris.
Théo regarda soudainement nerveusement autour de lui, avant d'hocher la tête avec hésitation. Elizabeth quant elle fronça les sourcils en remarquant les agissements de son fils. Avait-il peur de se faire surprendre par son père ?
« Allons, dans ta chambre… » décréta-t-elle, en serrant les poings, « Tu pourras m'expliquer en détail ce qui s'est passé. »
~HPDM~
[Quelques semaines plus tôt]
Théo se baladait lentement dans le jardin, regardant d'un air absent les nombreuses fleurs que sa mère avait pris la peine de planter. A part sa chambre, le jardin était l'endroit que Théo préférait. Parce que cet endroit lui rappelait sa mère, et surtout qu'il était très peu probable que son père aille dans le jardin.
D'ordinaire, Théo, préférait restait dans son coin plutôt que bouger. Mais un jour, alors qu'il était dans sa chambre, sa mère était venue, et lui avait ordonné d'aller prendre l'air.
« A force de rester enfermer dans ta chambre tu vas finir par perdre des neurones. Va donc un peu te balader dehors ! »
Bien sûr, il ne l'avait pas cru… Mais il était quand même sorti… au cas où. Et c'était à ce moment là que sa mère lui avait montré son jardin. Et depuis, il était retourné tellement de fois dans le jardin, qu'il connaissait ses moindres recoins par cœur.
Théo s'arrêta quand il entendit un bruit étrange. Il tourna la tête dans tous les sens, pour chercher la source du bruit, mais lorsqu'il ne trouva rien, il mit ça sur le compte de son imagination, et allait continuer sa balade, quand il l'entendit à nouveau. C'était faible, mais pourtant il parvenait à l'entendre, non loin de lui… Et il avait l'impression que c'était douloureux aussi… que la chose à l'origine du bruit avait mal…
Suivant le son qu'il entendait, Théo sortit du chemin de terre et se fraya un chemin parmi les buissons. Un peu plus long, il trouva un chaton allongé par terre. Il était impossible pour lui de déterminer la couleur du pelage de l'animal, tellement il était sali par la boue. Le chaton tremblait et miaulait faiblement, ce qui sonnait comme un appel à l'aide dans les oreilles de Théo. Mais le son était si faible, que l'héritier des Nott se demandait vraiment comment il avait fait pour l'entendre de là où il était.
Quelques années plus tard et avec du recul, Théo se disait, que c'était sans doute la douleur du chaton qu'il avait ressenti plutôt que le miaulement et que c'était là les prémices de ses capacités.
S'accroupissant au niveau du chaton, Théo toucha son flanc dans le but de le porter, mais l'animal frémit et émit un son de douleur. Si bien que Théo retira immédiatement sa main.
« Tu es blessé…. » réalisa alors l'enfant, en prenant soin cette fois de ne plus toucher le flanc du chaton en le prenant délicatement dans ses bras, ne faisant pas attention au fait que ses vêtements étaient à présent tâchés par la boue dont le chaton était recouvert. Il grimaça légèrement, quand pris de panique et se sentant manifestement en danger, le chaton se mit à lui mordre faiblement la main.
Théo retourna alors rapidement dans sa chambre – ne marchant pas trop vite, pour éviter de bousculer, l'animal blessé dans ses bras – priant pour ne croiser personne et surtout pas son père. Heureusement pour lui, il parvint à atteindre sa destination sans encombre.
Il se dirigea alors rapidement vers sa salle de bain et déposa le chaton tremblant, délicatement sur le sol. Il envisagea durant un court instant d'appeler un elfe de maison. Mais se ravisa presqu'immédiatement. D'abord parce que Théo n'avait pas d'elfe personnel, ce qui voulait dire que l'elfe de maison qu'il appellerait risquerait de tout répéter à son père, et ensuite parce qu'il ne s'était jamais senti à l'aise autour de ces créatures.
Théo sortit alors une serviette propre de son armoire qu'il déposa sur une petite table non loin du lavabo. Il fit alors couler l'eau et attendit que le bac se remplisse pour l'éteindre. Il prit alors de nouveau le chaton dans ses bras et le déposa dans l'eau. Mais dès l'instant où le félin entra en contact avec l'eau, il se mit à paniquer et bouger dans tous les sens –même si ses gestes étaient limités par sa blessure – et Théo se retrouva complètement éclaboussé.
« Wah… » s'exclama-t-il, d'un ton surpris, luttant pour maintenir sa prise sur le chaton et ne pas le laisser tomber.
Il ne savait plus quoi faire ! Il avait voulu aider le chaton, mais est-ce qu'il empirait la situation ? Est-ce qu'il lui faisait mal, comme père lui avait fait mal?!
Théo se mit à trembler doucement tandis que des larmes se mettaient à perler aux coins de ses yeux.
« Je suis désolé… » dit-il, d'une voix tremblante, « Je ne voulais pas te faire peur… Je ne voulais pas te faire mal… Je suis désolé, promis je vais faire attention… alors s'il-te-plaît… calme-toi… »
Théo écarquilla les yeux tandis que le chaton arrêta de bouger, le regardant droit dans les yeux, comme s'il avait compris ce qu'il venait de dire. L'enfant laissa échapper une expression soulagée.
Encore une fois plus, plus tard en y repensant, Théo se disait qu'il avait dû manifestement influencer le chaton, et que ce fut la première fois qu'il utilisa ses capacités.
Théo allait reposer une nouvelle fois le chaton dans l'eau, mais en le voyant se tendre à l'approche du liquide, il le reposa sur la table près du lavabo, et sortit une nouvelle serviette plus petite qu'il trempa dans l'eau. Il tamponna alors doucement le pelage de l'animal avec la serviette mouillée, nettoyant doucement mais sûrement toute la boue qui s'y était collée.
Au départ, le chaton était toujours sur ses gardes mais au fur et à mesure que Théo le nettoyait, il finit par se détendre et se laissa faire, ne sursautant que lorsque l'enfant se rapprochait de sa blessure.
Théo ne sut combien de temps le nettoyage avait duré, mais il poussa un soupir satisfait quand il vit que le chaton était à présent propre. L'animal avait un pelage gris clair et quelques traits noirs-bleus sur le corps surtout au niveau de la tête.
Il grimaça quand son regard passa sur la blessure du chaton, tout le flanc était touché.
« ça doit faire mal… » dit-il d'un ton compatissant, tandis qu'il caressait distraitement la tête du chaton. « Je t'ai ramené avec moi, mais je ne sais pas comment te soigner… » continua-t-il, d'un ton désolé. « Si seulement je pouvais faire comme mère et te soigner –»
Théo écarquilla les yeux, et s'il essayait de faire comme sa mère… est-ce que ça marcherait ?
Regardant sa mère d'un air hésitant, il décida tout de même de la placer au dessus de la blessure du chaton. Essayant de se rappeler ce que sa mère avait fait.
« Je veux le soigner. Je veux le soigner. Le soigner. Le soigner… » se répéta-t-il en boucle, avant de poser délicatement le doigt sur le bord de la blessure.
Mais cela n'eut aucun effet et le chaton émit un feulement de douleur, ce qui refit paniquer le brun.
« Oh Merlin, je suis désolé, je voulais juste que tu n'es plus mal, je ne voulais pas – »
Il s'arrêta en sentant quelque chose d'étrange passer tout le long de son bras, dans sa main, puis jusqu'à son doigt, avant de toucher la blessure. C'était extrêmement faible – comme le miaulement que Théo avait entendu dans le jardin – mais tout comme cette fois là, Théo sut qu'il avait réussi à guérir une minuscule partie de la blessure.
~HPDM~
[Retour à l'instant présent]
« Mais comme je n'arrivais pas à tout guérir… je l'ai fait petit à petit. » expliqua-t-il, avec un peu de fierté dans la voix, ne se rendant pas compte du fait que les yeux de sa mère s'étaient écarquillés et que l'horreur avait pris place sur son visage.
Il caressa distraitement la tête de son chaton – qu'il avait fini par nommer Silver – qui se mit à ronronner, bougeant légèrement la tête contre la main de Théo, pour réclamer encore plus de caresses. Théo sourit, c'était la première fois qu'il prenait soin d'un animal, et il ne regrettait pas du tout de l'avoir ramassé. Mais quand il leva les yeux et vit l'expression de sa mère, son sourire se fana immédiatement.
« M-Mère ? Tout va bien ? » demanda-t-il, d'un ton incertain.
Cela sembla faire revenir sur terre, Elizabeth dont le regard se focalisa à nouveau sur son fils, bien que l'expression d'horreur soit toujours présente sur son visage.
« Théo. » dit-elle d'une voix sérieuse, « Tu as vraiment guéri ce chaton… par toi-même ? »
Théo cligna des yeux et hocha prudemment la tête.
Elizabeth serra les poings, son corps tremblant légèrement. « E-Est-ce que tu peux me montrer ? »
« Mais il n'y a rien à – » commença à protester l'enfant, mais il s'arrêta en voyant que sa mère lui tendait sa main.
« Je me suis coupée tout à l'heure. » expliqua-t-elle, en désignant une petite coupure au niveau de sa main. « Tu peux me montrer comment tu fais ? »
Elle tentait de faire de son mieux pour ne pas alarmer son fils, mais elle ne pouvait rien y faire, l'enjeu était beaucoup trop important. S'il se révélait que Théo pouvait utiliser les mêmes capacités qu'elle, il risquerait d'être en danger…
Théo fixa le doigt, et essaya de se concentrer sur la blessure, se remémorant ce qu'il avait fait quand il avait essayé de soigner Silver.
Elizabeth écarquilla les yeux en sentant la magie de Théo passer en elle, puis quelques minutes plus tard la coupure disparut.
« OH Merlin. » ne put-elle s'empêcher de s'exclamer, se forçant à ne pas pleurer.
Elle agrippa alors les deux bras de son fils et le força à la regarder, ignorant le miaulement plaintif du chaton qui avait été sur les genoux de Théo, « Ecoute-moi bien Théo. » ordonna-t-elle, d'un ton urgent et sérieux, « Tu ne dois jamais, jamais, tu m'entends, parler de ça à ton père. Ne soigne jamais rien, ni personne devant lui, est-ce clair ? Il ne doit PAS savoir. »
Légèrement effrayé, Théo hocha précipitamment la tête. Est-ce qu'il venait de faire quelque chose de mal ? Pourtant il n'avait fait qu'essayer de reproduire ce qu'avait sa mère ? Pourquoi était-elle si en colère ?
Voyant la terreur dans les yeux de son fils, Elizabeth s'adoucit. « Tu n'as rien fait de mal, Théo… Au contraire, c'est incroyable ce que tu as réussi à faire par toi-même. »
Elizabeth se mordit la lèvre inférieure. La capacité d'utiliser son don pour soigner, était quelque chose qu'elle avait mis personnellement au point. Aucun de ses ancêtres n'avait eu l'idée d'utiliser ça de cette façon… Elle-même n'avait réussi à l'utiliser que très récemment… Mais Théo… son fils avait réussi à utiliser cette technique, à seulement six ans… alors qu'elle ne lui avait montré qu'une seule fois. C'était tout simplement incroyable – et une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la fierté – mais c'était également effrayant. Effrayant parce que si Théo parvenait déjà à faire ce genre de chose si jeune, elle n'arrivait même pas à imaginer ce qu'il pourrait faire plus tard… Mais plus il s'améliora, plus il y aura de chance que cela attire l'attention de Théodore, et ça Elizabeth n'allait pas le permettre !
Théo la regarda alors avec des yeux pleins d'espoirs, « Dans ce cas, est-ce que vous allez m'apprendre, mère ? Comment utiliser ce don comme vous. »
Elizabeth se tendit, songeant durant un court instant à refuser, mais si elle le faisait, il y avait la possibilité que Théo essaye de l'apprendre tout seul par la suite, ce qui était beaucoup plus dangereux encore.
« Bien sûr. » répondit-elle, « Mais seulement quand on sera seul tous les deux, d'accord ? N'oublie pas ça sera notre petit secret. »
Théo hocha la tête, un petit sourire soulagé sur les lèvres.
« Merci mère. »
Cette dernière lui sourit, en retour même si le sien était un peu forcé.
~HPDM~
[Un an plus tard]
Théo garda une expression impassible, mais Elizabeth pouvait voir que son fils était déçu.
« Ne t'en fais pas pour ça. » le consola-t-elle, en lui ébouriffant les cheveux.
« Mais je n'ai pas réussi à soigner complètement la blessure. » fit remarquer Théo. Derrière lui, Silver miaula comme pour signifier son accord.
« Tu feras sûrement mieux une prochaine fois. » assura Elizabeth, d'un ton qu'elle voulait convaincant.
Ce qu'elle avait oublié de lui préciser c'était le fait qu'il puisse soigner une plaie d'une telle ampleur sans avoir bénéficié du privilège des héritiers des Hearth était déjà incroyable. Théo avait vraiment un potentiel énorme, bien plus qu'elle, qui avait pourtant été considérée comme le prodige de la famille.
Son fils se contenta d'hocher la tête, la déception toujours présente malgré tout dans ses yeux.
« Quoi qu'il en soit ton chat a l'air d'avoir énormément grossi depuis un an… » fit-elle remarquer d'un air nonchalant en jetant un coup d'œil en coin à Silver qui paressait allégrement sur le lit de Théo, « Tu ne le nourris pas trop, j'espère ? »
Théo hocha une nouvelle fois la tête.
« Dans ce cas c'est peut-être ce chat qui est étrange… Tu devrais peut-être t'en débarrasser… » continua Elizabeth sur le ton de la plaisanterie.
Silver, comme s'il avait compris ce qu'elle disait, feula dans sa direction, et se releva, marchant jusqu'à Théo, il poussa alors miaulement plaintif.
« Non, je ne vais pas t'abandonner… » rassura Théo, en esquissant un léger sourire, « Silver est vraiment intelligent, parfois j'ai l'impression qu'il comprend tout ce que je dis. »
« Il n'est pas le seul à être beaucoup trop intelligent, ici. » bouda Elizabeth, en prenant son fils dans ses bras d'un air faussement désespérée, « Oh… tu étais tellement mignon quand tu n'avais qu'un an… avec ta petite bouille et tes petites mimiques… Maintenant t tu as grandi et tu es devenu tellement intelligent que tu corriges parfois ce que je dis… C'est pas juste ! Pourquoi est-ce que tu ne pourrais pas toujours avoir un an ? »
Théo cligna plusieurs fois des yeux, tandis qu'une goutte se formait à l'arrière de sa tête, « Mère… ça n'a absolument aucun sens. Et puis je ne peux pas toujours avoir un an, il est normal que je grandisse.»
« Tiens tu vois ! » s'exclama sa mère d'un ton dramatique, « C'est exactement de ça dont je parlais ! »
Théo sourit, secouant la tête d'un air amusé.
Mais il s'arrêta, se crispant tandis qu'il entendit le bruit caractéristique de l'apparition d'un elfe de maison.
« Maitresse Elizabeth, Maître Théodore requiert votre présence dans la salle de réception. » couina-t-il, en baissant la tête.
Théo jeta un regard en coin vers sa mère, et vit que cette dernière s'était tendue et qu'à présent il n'y avait plus aucune trace d'amusement ou de taquinerie sur son visage.
Elle hocha la tête. « Dis-lui que j'arrive. »
L'elfe disparut dans un pop sonore, et Elizabeth se tourna vers son enfant, son regard s'étant de nouveau adouci. « Je reviens bientôt. »
Théo hocha la tête, bien qu'avec reluctance. Il détestait les moments où sa mère devait rejoindre son père, parce qu'elle avait l'air si triste et même temps déterminée, que Théo ne pouvait que se demander pourquoi elle continuait d'y aller.
Au moment où Elizabeth passa la porte, elle se figea sur place en entendant derrière elle, Silver pousser un miaulement plaintif… Comme… Elle déglutit… comme s'il lui disait de ne pas y aller. Comme s'il savait que quelque chose allait se passer…
Mais ce n'était pas possible n'est-ce pas ? Silver n'était qu'un chat ordinaire que Théo avait trouvé par hasard dans le jardin… « Un chat ordinaire qui est apparu en même temps que Théo a développé ses capacités… Un chat ordinaire qui semble pouvoir comprendre exactement ce qu'on dit… Et plus particulièrement Théo… Un chat ordinaire dont la taille a énormément augmenté… Comme la magie de Théo…» ne put s'empêcher de lui rappeler une petite voix dans sa tête.
« Mère… tu vas être en retard. » lui rappela Théo, d'un ton qui se voulait monotone, mais Elizabeth pouvait sentir l'inquiétude qui se cachait dans sa voix.
Ils ne le savaient pas encore, que bientôt leurs deux vies allaient dramatiquement basculer… Mais, plus tard, en y repensant, Théo avait le sentiment… que peut-être, à ce moment précis, ils avaient eu tous les deux consciences que bientôt quelque chose se passerait.
~HPDM~
« Miiiaw… »
Théo qui avait eu les yeux fixés sur la porte que sa mère avait refermé depuis environ une demi-heure sursauta et dirigea son regard vers Silver, qui avait bondi du lit et trottiné jusqu'à la porte.
« Miaw. » miaula-t-il, à nouveau en donnant un coup de patte sur la porte.
« Tu veux sortir ? » demanda Théo, en se glissant hors de son lit et allant ouvrir la porte.
A l'instant même où il entrebâilla la porte, Silver se glissa à l'extérieure et partit si vite que Théo mit quelques secondes avant de réaliser que son chat était déjà loin dans le couloir. Blêmissant, Théo se dépêcha de le poursuivre. Il savait ce qui risquait de se passer si quelqu'un d'autre que sa mère trouvait le chat, et il ne voulait absolument pas que ça se produise !
« Silver. » appela Théo, en voyant au loin l'ombre de l'animal. « Reviens ! »
Théo ne comprenait pas pourquoi son chat agissait ainsi. D'habitude, il attendait patiemment que Théo le prenne dans ses bras et le cache sous une couverture, ou sous ses vêtements.
L'héritier des Nott blêmit encore plus en se rendant compte quelques instants plus tard dans quelle direction ils se dirigeaient. La demeure des Notts n'était pas énorme, mais elle était suffisamment grande pour que Théo sache exactement quelles zones il devait éviter pour ne pas croiser accidentellement son père. Et il avait fallu que Silver se dirige exactement dans l'une de ces zones !
« Silver ! » appela à nouveau Théo, mais d'une voix qu'il essayait de garder basse, pour ne pas attirer l'attention sur lui.
Il parvint enfin à le rattraper en voyant que Silver s'était arrêté devant une porte, entrouverte. Théo devint pale comme un linge quand il la reconnut.
« Silver. » appela-t-il, d'un ton presque désespéré, « On n'a pas le droit d'aller là-dedans ! C'est le bureau de père. S'il nous trouve –»
« Théo ! » entendit-il quelqu'un l'appeler au loin.
L'interpellé sursauta, et se figea complètement terrifié. Faite que ce ne soit pas père… Faite que ce ne soit pas père… Continuait-il de se répéter en boucle dans sa tête. Il jeta un nouveau regard suppliant en direction de Silver, mais ce dernier n'avait pas bougé d'un pouce, fixant toujours la porte du bureau de son père.
« Théo ! » appela-t-on, à nouveau, et ce dernier se détendit en reconnaissant la voix de sa mère.
« Mère ! »
Il y eut un moment de silence, puis il entendit des bruits de pas précipités. Sa mère paraissait extérieurement calme, mais il pouvait sentir que quelque chose n'allait pas. Qu'elle était stressée et paniquée.
« Merlin, Théo, qu'est-ce que tu fais ici ?! » s'exclama-t-elle, d'un ton grave, « Pourquoi n'es-tu pas resté dans ta chambre. »
« C'est Silver. » répondit piteusement Théo. « Il s'est enfui de ma chambre et il ne veut pas bouger quoique je fasse… »
« Silver ? » répéta Elizabeth, son regard se tournant vers l'animal, dont les yeux se détachèrent durant un court instant de la porte pour se porter vers elle.
Leurs yeux se croisèrent brièvement. Avant que Silver ne se tourne à nouveau vers la porte du bureau.
Elizabeth écarquilla les yeux. « Il y a quelque chose dans le bureau ? » demanda-t-elle.
Pour toute réponse le félin se leva et poussa la porte d'un coup de tête, l'ouvrant encore un peu plus et entra à l'intérieur.
« Théo. » ordonna Elizabeth, en fixant la porte ouverte, « Va dans le jardin. Cache-toi à l'endroit où tu as trouvé Silver… Je t'y rejoindrai plus tard avec lui, d'accord ? »
Théo cligna des yeux, s'apprêtant à protester, quand il perçut l'urgence qu'il y avait dans sa voix. Il finit par hocher la tête et courut.
~HPDM~
Elizabeth inspira profondeur, avant de pousser la porte du bureau, cherchant des yeux le chat gris. Elle finit par le trouver, assis en face d'une bibliothèque, où étaient entreposés des centaines et des centaines de dossiers.
Elle sentit son cœur battre un peu plus vite. La partie rationnelle de son esprit lui rappela que ce n'était pas possible qu'il ait pu laisser trainer un tel dossier à un tel endroit. Mais l'autre partie, celle qui prédominait à l'heure actuelle, sentait, non savait que ce qu'elle avait cherché depuis très longtemps était là.
Elle fit de son mieux pour retenir les tremblements de sa main. Elle n'aurait certainement pas le temps de vérifier tous ces dossiers un par un, mais comment savoir où se trouvait celui qu'elle voulait ?!
Silver miaula.
Elizabeth écarquilla les yeux, puis eut un rire nerveux. « Je suis vraiment tombée bien bas, hein ? » se dit-elle, à voix haute. « Ok… Vas-y… » soupira-t-elle, en levant le chat au niveau des étagères de la bibliothèque, « Tu sais où il est, non ? »
Elle n'eut pas le temps d'être surprise ou perturbée par le fait qu'un chat avait réussi à trouver le dossier, car son regard se porta immédiatement sur le dossier.
Ses mains tremblaient quand elle l'ouvrit.
« ….Ce salaud… » murmura-t-elle, ses yeux étaient plissés sous le coup de la colère. « Comment a-t-il osé ?! »
Elizabeth sursauta, en entendant un cri strident, au loin.
Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur, « Théo ! »
~HPDM~
Théo atteignit le jardin avec soulagement, reprenant son souffle. Il ne comprenait pas pourquoi sa mère avait réagi de cette façon, ni pourquoi Silver s'obstinait à aller dans le bureau de son père. Mais il savait que c'était important.
Il se figea cependant en entendant un bruit de pas derrière lui. Il n'avait même pas besoin de se retourner pour savoir qui était derrière lui.
Son père lui agrippa violemment l'épaule et le força à se tourner vers lui. Son visage était tordu de rage.
« Alors elle pensait qu'elle pourrait délibérément saboter les négociations et empêcher une excellente alliance de se former, et s'en sortir comme ça ? » susurra Théodore. « Quoiqu'elle avait bien pensé à te mettre à libre. Dommage que pour atteindre le jardin tu as dû passer sous la fenêtre de la salle de réception, n'est-ce pas ? »
Théo commençait à trembler de peur, il ne comprenait pas ce que son père voulait dire. Mais il comprenait, il savait qu'il allait être puni. Encore une fois.
« Dis-moi, Théo… où est ta mère, en ce moment ? » demanda Théodore, d'une voix faussement aimable. « Est-elle aussi cachée quelque part dans les environs ? »
L'enfant secoua la tête.
« Non ? Où est-elle alors ? » redemanda son père, puis voyant que Théo gardait obstinément le silence, « Dans ce cas peut-être qu'il faudrait l'attirer ici ? Qu'est-ce que tu en penses ? En combien de temps crois-tu qu'elle mettrait pour accourir ici, si elle t'entendait crier ? »
Théo tenta de reculer quand il vit son père sortir sa baguette. Mais la prise sur son épaule était trop forte pour qu'il puisse bouger.
« Crucio ! »
La douleur l'envahit immédiatement, il n'arrivait plus à penser, il n'avait plus conscience de rien autour de lui. Il avait mal, si mal… Jamais il n'avait ressenti ça auparavant. Il voulait que ça s'arrête… Pitié… il ferait n'importe quoi, mais que ça s'arrête. Il hurlait fort… tellement fort, qu'il sentait sa gorge brûlée.
Quand la douleur s'arrêta enfin, il se rendit compte qu'il était allongé par terre. Il avait dû tomber sur le sol sous le coup de la douleur. Son père le regardait, intransigeant, une expression cruelle et méprisante sur le visage.
Les yeux baignés de larmes, Théo essaya de se relever, mais la douleur avait été si forte, qu'il ne pouvait plus bouger d'un pouce.
« Hum… Elle n'est pas encore là… » commenta Théodore, d'un air ennuyé, « Peut-être que je devrais recommencer une nouvelle fois ? »
« NON ! » sanglota Théo, « Pitié…. Non…. »
« Tu as quelque chose à redire ? » rétorqua Théodore, d'un ton menaçant, « Je devrais te punir pour ton insolence. »
Théo écarquilla les yeux d'horreur, mais il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit, à nouveau la douleur l'envahit. Il avait l'impression que des milliers d'aiguilles lui perçaient le corps à la fois. Quand Théodore leva le sort, Théo reprit désespérément son souffle, se forçant à ne pas faire de bruit. Peut-être que son père voyait qu'il ne protestait pas, il arrêterait de le punir ?
Malheureusement pour lui, son père ne semblait pas l'entendre de cette oreille.
«Tu me sembles bien silencieux tout d'un coup… ça veut dire que tu en redemandes plus ? » susurra-t-il.
Levant légèrement la tête, Théo pouvait voir la lueur de folie qui s'était allumée dans les yeux de son père.
« Je me demande jusqu'où ton frêle corps pourrait tenir… » dit-il, « Tu crois qu'elle comprendra la leçon, si je te tue devant ses yeux ? »
Théo déglutit. Tuer ? Il allait mourir... ? Pourquoi ?
« Hm… Mais en même temps il serait problématique si je perdais mon héritier… » réfléchit Théodore, son visage s'éclaira alors soudainement, « Tiens tu l'entends, voilà ta mère qui arrive… Alors qu'est-ce qu'on fait ? »
Quand Elizabeth arriva dans le jardin, la première chose qu'elle vit fut Théodore. Ce dernier était debout, sa baguette pointée vers le sol. Se rapprochant rapidement, les yeux d'Elizabeth s'écarquillèrent, lorsqu'elle vit l'état de son fils allongé piteusement aux pieds de Théodore.
« Théo. » suffoqua-t-elle, presque, puis la colère prit rapidement place sur son visage. « Espèce de salaud ! Eloigne-toi de lui, tout de suite ! »
Théodore esquissa un sourire sadique. « C'est ta punition pour avoir volontairement saboter les négociations, chérie. »
Elizabeth serra violemment le poing. « Eloigne-toi. » répéta-t-elle, les dents serrées, se rapprochant de plus en plus des deux autres. Elle n'était plus qu'à quelques mètres à présent.
Le sourire de son mari s'élargit, tandis qu'il restait sur place et gardait obstinément sa baguette pointée sur Théo. « Peut-être devrais-je lui lancer un autre crucio ? » se demanda-t-il à voix haute.
Théodore eut tout juste le temps d'éviter le rayon rouge qui sortit de la baguette de sa femme, le forçant ainsi à reculer de plusieurs pas, s'éloignant légèrement de Théo. Elizabeth en profita pour s'approcher encore plus.
« Voyons… Elizabeth. » sermonna Théodore en secouant la tête, « C'est dangereux tu sais… Qui sait, si tu oses recommencer peut-être… que par simple réflexe –bien entendu – un sort très douloureux pourrait s'échapper de ma baguette pour atterrir sur Théo. Tu sais par exemple… ce maléfice si ingénieux qui te fait perdre ton sang comme si tu avais été poignardé de toutes parts… Ce maléfice si efficace que si bien visé, pourrait tuer quelqu'un en dix minutes, dans une mort douloureuse ? Dis-moi tu me feras un autre héritier si celui là meurt, n'est-ce pas ? »
Elle se figea, terrifiée à l'idée que Théodore puisse faire encore plus de mal à Théo. Pourquoi… Pourquoi devait-il tant souffrir… ? Tout ça simplement parce qu'il avait eu le malheur de naître dans cette famille ? Elle serra les poings, des larmes coulant sur son visage. Elle devait faire quelque chose… Elle devait absolument le protéger… Elle devait –
Ses yeux s'écarquillèrent quand elle songea à une solution. Elle se tourna vers son fils toujours au sol. Et leurs regards se croisèrent durant un court instant. Je suis tellement désolée Théo… Pardonne-moi… Pardonne-moi de n'avoir pas pu te protéger correctement… Pardonne-moi de t'avoir fait subir tout ça….
Puis ses yeux bleus clairs n'affichaient plus qu'une intense détermination, tandis qu'elle se tournait à nouveau vers Théodore. Elle leva lentement sa baguette. Prononçant les formules nécessaires dans sa tête. Les répétant encore et encore… Concentrant une énorme partie de sa magie. Puis soudainement un filet noir sortit de sa baguette et se dirigea droit sur Théodore l'entourant immédiatement.
Poussant un cri de surprise, le visage de Théodore fut ensuite déformé par la colère. « Pétasse ! » cria-t-il, parvenant à tout juste lever son bras pour pointer sa baguette sur Théo. Aussitôt un rayon bleu en sortie, et Elizabeth savait exactement quel sort ou plutôt quel maléfice venait d'être lancé. Sans réfléchir elle bondit, pour s'interposer, utilisant son corps pour protéger son fils.
~HPDM~
Théo écarquilla les yeux d'horreur, laissant échapper une exclamation de pure terreur quand il vit le rayon bleu foncer sur lui. Il savait de quoi il s'agissait. Il avait compris que c'était le maléfice dont avait parlé son père quelques instants plus tôt… Celui qui… des larmes coulèrent de ses yeux… celui qui allait le tuer.
Mais l'instant d'après, quelque chose obstrua sa vue. Il mit un moment avant de comprendre que c'était parce qu'Elizabeth s'était interposée entre le sort et lui. Elle avait le dos tourné au rayon, et ses yeux remplis de douceur plongèrent dans ceux de Théo, elle avait un léger sourire triste aux lèvres.
« NON ! » cria-t-il.
Mais il était trop tard. Le rayon la toucha de plein fouet, lui transperçant le dos. Immédiatement du sang commença à couler, et Elizabeth esquissa une grimace de douleur, luttant pour rester debout.
Derrière elle, Théodore se débattait toujours avec le filet noir qui se resserrait de plus en plus autour de lui.
Théo se redressa doucement les membres tremblants. Il n'était pas sûr de pouvoir tenir debout, ni être efficace, mais il devait absolu faire quelque chose… Il devait l'aider… Elle souffrait tellement.
« Mère… » sanglota-t-il, en tendant les mains vers la plaie, « J-Je vais –»
« Non. » ordonna Elizabeth d'une voix qu'elle essayait de maintenir ferme, puis elle se laissa tomber sur les genoux, avant d'entourer la petite forme frêle de Théo entre ses bras, ne faisant pas attention au fait que son sang continuait à couler. « Quoiqu'il arrive tu ne dois pas me soigner, est-ce clair Théo ? » chuchota-t-elle à son oreille.
« Mais… » protesta Théo, « Sinon, vous… vous allez... »
« Non Théo… Il ne doit pas savoir. Tu entends ton père ne doit jamais savoir ce que tu sais faire… Tu me l'as promis, tu as oublié ? » rappela sa mère d'une voix douce, ses paroles cependant entremêlés de toux.
Les larmes coulaient à présents à flots. C'était de sa faute. Si jamais, il ne s'était pas fait attraper. Si jamais il n'avait pas été aussi faible, sa mère n'aurait jamais eu le protéger…
« Promet-le moi Théo. » insista encore une fois Elizabeth.
« P-promis. »
Elle hocha la tête, et se tourna légèrement pour pouvoir faire face à Théodore, gardant toujours son fils dans ses bras.
« Pétasse ! » jura Théodore, d'un air mauvais, « Attends un peu pour voir. Quand tu crèveras enfin, ce maudit filet disparaitra et je te jure que je vais lui faire payer au centuple ! »
Elizabeth secoua la tête. « Tu ne comprends pas n'est-ce pas ? » souffla-t-elle, « Ce filet… Ce n'est pas juste un filet. C'est une malédiction Théodore. Un haut sortilège de magie noir. »
Les yeux de son mari s'écarquillèrent d'horreur mais avant qu'il n'ait eu le temps de vociférer d'autres menaces et insultes, Elizabeth enchaîna, « C'est quelque chose que je n'aurais jamais voulu avoir à utiliser. C'est un sortilège de stérilité, Théodore. Oui tu as bien compris. Dès l'instant où ce filet disparaîtra tu seras à jamais incapable de procréer à nouveau avec qui que ce soit d'autre. Cela t'empêchera également de nommer un autre héritier peu importe de quel ordre. » Elizabeth reprit difficilement son souffle, sa respiration commençant à devenir haletante et sa vue se brouiller.
Elle secoua la tête. Non… Pas maintenant… Elle avait encore quelque chose à faire, elle devait tenir… encore un peu… Juste un peu…
« La seule personne capable de retirer cette malédiction est le lanceur lui-même. Ce qui veut que quand je mourrais plus personne ne pourra t'aider. »
Elle put alors voir que d'après l'horreur dans ses yeux il avait compris les implications de son geste. Pour Théodore la lignée des Nott impliquait plus que tout. Si elle lui retirait la possibilité de nommer ou concevoir un autre héritier que Théo, alors ce dernier sera protégé. Son père n'osera pas lui faire de mal.
Elizabeth ferma douloureusement les yeux, et se tourna à nouveau vers Théo.
« Allons plus loin là-bas d'accord ? » souffla-t-elle.
Théo dont les larmes continuaient désespérément à couler, hocha la tête. Ils s'éloignèrent de Théodore qui était toujours immobilisé par le filet, et quand Elizabeth fut assurée qu'ils avaient pris assez de distance, elle s'autorisa enfin à se relâcher.
Elle leva alors une main tremblante caressant doucement les joues baignées de larmes de son fils.
« Je ne veux pas que tu meurs. » pleura Théo.
« Je suis désolée. » fut tout ce qu'elle parvient à dire, des larmes commençant à perler au coin de ses yeux, « Je suis tellement désolée Théo… »
Désolée de devoir te laisser avec lui. Désolée de n'avoir pas pu mieux te protéger. De ne pouvoir m'assurer que du fait que tu pourras rester en vie… Je suis désolée de ne pas pouvoir empêcher ton père de te blesser à l'avenir… Je suis désolée de t'avoir fait subir tout ça… Je suis désolée de ne plus pouvoir te soutenir dans les moments difficiles que tu auras sûrement… Je suis désolée de ne pas avoir été une assez bonne mère. Je suis désolée de t'avoir fait pleurer… Alors que tu le fait que si rarement d'habitude…
Elle le serra fortement contre lui.
Je suis désolée de ne plus pouvoir t'offrir de chaleur et de réconfort. Je suis désolée de ne plus pouvoir te soigner. Je suis désolée de ne pas avoir pu te communiquer autant d'amour que j'aurais souhaité.
« Mère… Ne me laisse pas… S'il-te plait. » supplia Théo , « Je… Je ferais tout ce que tu veux… je serais un bon garçon promis… alors… S'il-te-plaît…»
« Tu es déjà un bon garçon, Théo… » murmura-t-elle, d'un ton fière… « Un si… bon et intelligent garçon… Je suis tellement… fière de toi… »
Même pour elle le son de sa voix était effrayamment bas et faible.
J'aurais tellement voulu te voir grandir….
Elle avait si froid et si mal… La douleur devenait de plus en plus atroce et sa vue se brouillait de plus en plus.
Ah il est donc temps…
Elle força ses yeux à rester ouvert. Voulant, une derrière fois, voir le visage de Théo. Marquant chacun de ses traits scrupuleusement dans sa mémoire. Mais il manquait quelque chose.
« So..Souris… pour moi… une dernière fois… » supplia-t-elle.
Théo écarquilla les yeux d'horreur et un nouveau sanglot le prit. Mais il força un sourire à apparaître sur son visage. C'était dur… Tellement dur…
Elizabeth esquissa alors un sourire.
Oui c'était ça…C'est mon fils… que je n'oublierais jamais… Théo…Théodore Nott… non… Théodore Hearth.
Et elle ferma les yeux.
«Mère ? » appela Théo, d'une voix paniquée, « Non ! Non ! Mère ! Mère… MAMAN ! »
TO BE CONTINUED !
Voilà j'espère que ça vous aura plu...Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je me sens déprimée après avoir écrit cet interlude... -_-
La prochaine publication sera également un interlude sur Théo.
Merci beaucoup, beaucoup pour vos reviews ! (Je n'aurais malheureusement pas le temps d'y répondre cette semaine, j'en suis désolée)
See Ya !
