Harry Potter et la mémoire du dragon

Rating : M

Pairing : HPDM (progressif)

Disclaimer : Les personnages, les lieux ne sont pas à moi... et pourtant c'était pas faute d'essayer de convaincre J.K Rowling de me les laisser...

Note : les noms des lieux et de certains personnages sont dans leurs versions originales... désolée pour ceux que ça gêne... mais je trouve absolument horrible les noms comme Rogue... ou Drago.

Note 2 : J'essaye un maximum d'être cohérente avec les livres (d'ailleurs pour les dialogues et quelques descriptions je dois avoir le bouquin à côté pour ne pas déformer certaines choses), mais je vous prie de m'excuser d'avances si je ne l'étais pas ! (même si je pense être d'un niveau acceptable de ce niveau là )...

Enjoy !


Interlude 8 : Théodore Nott

[ 5 ans plus tard]

~PoV Théo~

« Voilà qui est parfait, Mr Nott… » clama une femme d'un air satisfait en se levant. « Je suis contente d'avoir pu faire affaire avec vous. »

Je me tendis légèrement tandis que le regard de la femme se tournait vers moi.

« Vous avez vraiment un fils adorable, si je puis me permettre. » commenta-t-elle, alors avec un sourire, en se tournant vers mon père, « Il a l'air tellement sage et intelligent, j'ai moi-même un fils de son âge et Merlin sait à quel point il est turbulent. Il n'accepterait certainement jamais d'assister à une négociation avec moi. »

Je ne pus empêcher le léger reniflement moqueur qui m'échappa. Mais je repris rapidement contenance, jetant un regard à la dérobé vers mon géniteur, craignant qu'il l'ait remarqué, mais si ce fut le cas ce dernier n'en laissa rien paraître.

« C'est un honneur pour moi de pouvoir assister à ces négociations, Madame. » répondis-je d'un ton solennel, en inclinant légèrement la tête, « J'espère pouvoir en apprendre le plus possible, et ainsi être à la hauteur des espérances de mon père. »

« Qu'il est charmant ! » roucoula la femme, « Vous devez être très fier de lui, Mr Nott. »

Père esquissa un faux sourire tendu, tandis que son regard se tournait vers moi, « Oh oui, plus que vous pouvez le penser. »

Je déglutis discrètement en lisant l'avertissement dans ses yeux. Manifestement il avait dû avoir entendu mon reniflement moqueur de tout à l'heure. Je soupirai intérieurement. Cela devait faire à présent presque trois ans et demi, que père m'obligeait à assister à toutes ses négociations et réunions. Il s'était apparemment mis en tête de faire de moi le parfait hériter des Nott… C'était comme si la… disparition de mère, lui avait enfin rappelé qu'il avait un héritier. Personnellement, j'aurais préféré qu'il m'ignore comme avant.

Quoiqu'il en soit les consignes avaient été simples. Observe. Retiens. Reproduis. Et pense par toi-même. Je n'avais eu aucun mal à les respecter. Au contraire, pour quelqu'un qui aimait rester en retrait et observer de loin comme moi, ces consignes semblaient presque comme une seconde nature. Peut-être parce que j'avais fait ça toute ma vie, ou peut-être parce que je parvenais à ressentir les émotions des personnes en face de moi, si je me concentrais suffisamment, mais je n'avais aucune difficulté à percer aux jours les personnes qui m'entouraient.

« A présent je vais prendre congé. » annonça alors la femme, en souriant, « J'espère pouvoir continuer à faire affaire avec vous, Mr Nott. »

Je suivis du regard le parcours que fit la femme pour atteindre la cheminé qui était spécialement prévue pour les collaborateurs ou futurs collaborateurs de père. Je fermai alors les yeux au moment où elle disparut dans les flammes vertes, et comptai mentalement jusqu'à dix dans ma tête. Le coup arriva sur mon ventre avant même que je n'atteigne cinq, bloquant durant un instant mon souffle.

Je grimaçais, me recroquevillant sur moi-même pour essayer de reprendre – très difficilement ma respiration. Mes cheveux furent alors agripper, me forçant douloureusement à relever la tête et ouvrir les yeux. Mon regard plongea immédiatement dans ceux de père, ce dernier eut un rictus moqueur. J'écarquillai les yeux de surprise tandis que sa jambe rentrait en contact avec mon flan, m'envoyant littéralement de l'autre côté de la pièce. Je me cognai contre une table, la renversant au passage et faisant tomber au sol tout ce qu'il y avait dessus, c'est-à-dire une pile de livre et un vase, qui bien entendu se brisa en mille morceaux lorsqu'il entra en collision avec le sol.

Je fus totalement incapable de bouger pendant un instant. Mon flanc me faisait mal. Mon dos, qui s'était cogné contre la table, n'était pas mieux. Quand je parvins enfin à relever la tête, père me regardait d'un air méprisant depuis l'autre côté de la tête.

« La prochaine tâche de bien te comporter. » grinça-t-il, « Enfin bon, tu as de la chance je suis de bonne humeur aujourd'hui. »

J'attendis que la porte de la salle se referme pour me redresser difficilement, clignant des yeux en me rendant compte que ma vision était légèrement floue.

« Est-ce que je me serais cogné la tête aussi ? » me demandai-je d'un ton songeur, en examinant mes autres blessures. A part mon dos et mon flanc, rien d'anormal. Je soupirai et me relevai.

« Aïe. » grimaçai-je tandis qu'en essayant de prendre appuis sur le sol pour lever, l'un des débris de verre s'enfonça dans ma main. Je regardai alors presqu'avec fascination le sang couler de ma main. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu mon propre sang.

Soupirant encore une fois, je me dirigeai tant bien que mal jusqu'à ma chambre.

J'avais vite compris comment les choses fonctionnaient avec père. Lorsqu'il était de bonne humeur, il n'allait pas plus loin que des coups – j'avais vite compris que je ne pouvais pas espérer ne pas recevoir de dommage… c'était devenu une sorte d'habitude je présume. C'est pourquoi j'essayai toujours de le rendre de bonne humeur. Ce n'était pas quelque chose de grandiose ni de très voyant… Influencer discrètement et très légèrement une personne, afin de lui faire accepter une alliance par exemple. J'étais conscient que je prenais des risques, après tout si je faisais un faux pas, père risquerait de se rendre compte de mes capacités. Mais j'étais prêt à les prendre, après tout il était plus facile de supporter les coups plutôt que les sorts. Ma tactique s'était avérée efficace jusqu'à présent. Et j'espère qu'elle le restera. Et puis…

J'ouvris la porte de ma chambre et la referma immédiatement après y être entré.

Et puis il y avait aussi le fait que depuis la disparition de mère, père essayait d'éviter au maximum de faire couler mon sang. Comme s'il craignait de perdre le précieux sang des Nott ou alors peut-être avait-il peur de perdre la tête à la vue de mon sang et finir par me tuer ? Je n'étais pas très sûr, mais dans tous les cas, il se limitait à des sorts ou des coups qui se contenteraient de me faire mal pendant des jours plutôt que de me faire saigner.

« Miaw ! »

Je sursautai tandis que je vis une boule de poils grise trottiner rapidement vers moi. Un sourire apparut sur mon visage malgré moi.

« Hey Silver. » saluai-je en me penchant, pour me mettre à la hauteur de mon chat. Je tressaillis cependant quand une douleur intense se fit sentir sur mon dos. Je demeurai immobile durant les quelques secondes craignant de réveiller d'autre douleur.

J'entendis alors soudainement une sorte de grognement, et ne put m'empêcher d'hausser un sourcil en voyant que Silver qui un instant auparavant faisait moins de 30 cm de longueur, avait au moins grandi d'un mètre.

« Tu sais que tu ressemble à une panthère comme ça ? » demandai-je d'une voix monotone, essayant de ne laisser paraître ni ma douleur ni mon épuisement.

Pour toute réponse, Silver émit un nouveau grognement, et mordit ma manche avant de m'entraîner doucement jusqu'à mon lit. Je clignai des yeux, mais obtempérai. Là je me laissai tomber délicatement dessus, me forçant à me détendre malgré la douleur lancinante sur mon dos. Je fermai un instant les yeux, mais les rouvrit immédiatement quand je sentis quelque chose lécher ma main – celle qui avait été blessée par les débris de verre et qui continuait toujours de saigner.

Mon regard croisa alors celui de Silver – qui Merlin ne savait quand avait repris sa taille 'normale' et avait bondi sur le lit – et je me sentis comme d'habitude, me détendre en sa présence. Il lécha une nouvelle fois ma main blessée. Je la levai alors lentement et y jeta un coup d'œil. Plus aucune trace de sang, ni de blessures. Elle était complètement guérie. Je soupirai.

« Tu ne peux pas faire ça, Silver. » le réprimandai-je doucement, « Si mes blessures guérissent trop vite, père pourrait se douter de quelque chose. »

Les oreilles de Silver s'aplatirent sur sa tête, tandis qu'il me jetait un regard de pure détresse.

« Je sais… » soufflai-je, d'une voix douce, en lui caressant la tête, « … Mais on n'a pas le choix… On a fait une promesse à mère, tu te souviens ? Père ne doit pas savoir. Jamais. Et puis…» continuai-je, « Je ne sais pas ce que je ferai si jamais par malheur, père découvrait ta présence… Je ne sais pas comment je pourrais m'en sortir sans toi… »

Et c'était vrai. Je n'osai même pas imaginer ce qui se passerait si jamais père découvrait Silver… Et plus particulièrement s'il découvrait ce qu'était Silver. Je frissonnai, il n'y avait aucun doute que père chercherait à se débarrassait de lui. Silver avait été mon support, mon ami, celui qui m'avait permis d'aller de l'avant même après la disparition de Mère.

~Flash-Back~

[Cinq ans auparavant. (Quelques jours après la mort d'Elizabeth)]

Je tremblai, cherchant désespérément à reprendre mon souffle à travers mes sanglots incessants. Des larmes coulaient de mes yeux, rendant ma vision brouillée. Je me recroquevillai sur moi-même. Incapable de faire quoi que ce soit d'autre.

« Miaw. »

« S…Silver. » hoquetai-je, en voyant le chaton se rapprocher de moi. Cela faisait trois jours que je ne l'avais pas vu… Trois jours… depuis la… disparition de mère.

Des images sanglantes revinrent de force dans ma mémoire, et je sentis un haut-le-cœur me prendre. Je vomis.

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je devais me rappeler précisément de chaque détail ? Pourquoi est-ce que je parvenais encore à sentir cette odeur horrible du sang ? Pourquoi est-ce que l'image de mère couverte de rouge ne cessait de revenir ? Pourquoi est-ce que les larmes ne cessaient pas de couler ?!

Je toussai, essuyant ma bouche avec le revers de ma manche. Je sentis alors un poids sur mes genoux et baissai la tête. Silver était assis sur moi, son regard ancré profondément dans le mien.

« C-C'est de ma faute. » sanglotai-je. « Si je ne m'étais pas… fait repérer… par père, elle n'aurait pas eu … besoin de me protéger… C'est de ma faute ! Je suis tellement désolé… Je suis désolé d'avoir été un mauvais fils… Si seulement je n'étais pas là ! Si seulement je n'étais pas né, mère n'aurait pas eu à souffrir autant… Si seulement père m'avait tué avant qu'elle n'arrive !»

Silver mordit soudainement mon doigt. Très fort. Me faisant pousser une exclamation de douleur et de surprise.

Je vis alors qu'il me regardait avec un regard si sévère que cela me donnait des frissons dans le dos. Puis il lécha délicatement le doigt qu'il venait de mordre, avant de pousser un miaulement. Il me grondait. Je le voyais à travers son regard.

Je reniflai bruyamment, puis je sentis la colère monter en moi. « Qu'est-ce que tu crois savoir ? Tu n'étais pas là ! Et puis tu n'es qu'un vulgaire chaton, tu ne pourras jamais me comprendre, jamais ! Tu n'as pas le droit de me dire quoi faire ! »

La tristesse était à présent visible dans les yeux de Silver. Ce dernier descendit de mes genoux et bondit hors de mon lit, se dirigeant sûrement vers la porte qui était entrouverte. Immédiatement une sensation qui me glaçait le sang, m'envahit.

« Non ! » criai-je, en me redressant si soudainement que je fus totalement déséquilibré durant un court instant, « Ne pars pas…. » soufflai-je d'une voix, rauque, toute trace de colère complètement volatilisé en un instant et les larmes recommençant à couler sans mon accord, « Je suis désolé… Tellement désolé, Silver. Je ne voulais pas crier sur toi… Pardon… Je ferais ce que tu veux… alors s'il-te-plait… S'il-te-plaît ne… ne pars pas… ne m'abandonne pas !»

Silver s'arrêta et son regard se tourna vers moi. Je poussai un cri de surprise, quand l'instant d'après Silver avait soudainement grandi jusqu'à atteindre la taille d'une panthère. Je déglutis quand il plongea ses yeux dans les mains. Je n'avais pas peur… Non comment pourrais-je avoir peur de Silver ? Mais j'avais honte… honte parce que je lui avais dit des choses horribles… honte parce que c'était de ma faute si Silver décidait de partir maintenant…

Je sursautai quand je sentis quelque chose me lécher la joue – et plus particulièrement mes larmes. J'écarquillai les yeux en me rendant compte que Silver s'était rapproché de moi. Puis il bondit avec agilité sur le lit et il ronronna tandis que sa tête se frottait contre ma joue. Je reniflai bruyamment puis le serrai contre moi, des larmes continuant de couler sur ma joue.

« Je suis désolé. » répétai-je, mais je continuai de le tenir contre moi. « Ne pars pas… Reste avec moi, s'il-te-plait. »

Et sans m'en rendre compte je m'endormis, serrant Silver contre moi, bercé par ses ronronnements et calmé par sa présence…

~Fin du Flash-Back~

Je souris quand le ronronnement de Silver atteignit mes oreilles. Je savais qu'il était inquiet pour moi à chaque fois que père me frappait… Et mon chat avait tendance à avoir une apparence proche de celle d'une panthère – ''proche'' parce que Merlin, ne savait pas pourquoi, Silver détestait quand je le comparais à une panthère – quand il était inquiet pour moi, ou quand il ressentait le besoin de me protéger…

J'avais été grandement surpris par son apparence dans le passé et m'étais demandé comment il parvenait à faire ça… Ma réponse à l'époque avait été que Silver devait très certainement être un animal magique ou quelque chose comme ça… Je n'avais pas totalement tord… Mais ce n'était pas tout à fait exact non plus.

Je serrai les poings en me remémorant le jour où j'avais appris la vérité, non seulement au sujet de Silver mais également à propos de mère.

~Flash-Back~

[Un an auparavant]

Je poussai un soupir de soulagement en refermant la porte de ma chambre, immédiatement Silver accourut vers moi, comme pour vérifier que je n'avais aucune blessure grave.

« Je vais bien. » le rassurai-je en me penchant pour lui caressant la tête, « Père est parti en voyage d'affaire aujourd'hui… En fait il ne rentrera que dans quelques jours d'après ce que j'ai compris… »

Silver miaula pour montrer son contentement, je souris mais mon sourire se fana quand mon regard se porta sur le calendrier qui était bien mis en évidence sur mon bureau.

« ça fait déjà quatre ans… » murmurai-je, d'une voix nostalgique, jouant distraitement avec le petit pendentif qui était attaché au collier de Silver, cela avait été un cadeau de mère.

Quand soudainement Silver miaula et le pendentif se mit à briller, puis se détacha du collier et s'agrandit.

« Que – » m'exclamai-je d'un ton surpris, regardant le pendentif s'ouvrir, et l'instant après une multitude d'objets tomba au sol. Et le pendentif reprit immédiatement une taille normale allant sagement se replacer sur le collier du chat. Fronçant les sourcils, je jetai à Silver un regard interrogateur, mais ce dernier se contenta de faire un mouvement de tête vers les objets parsemés par terre.

Je les observai alors plus attentivement. Il y avait beaucoup de livres, quelque chose qui ressemblait à un dossier, un vieux carnet ainsi qu'une lettre.

Silver s'approcha des objets et toucha la lettre de la patte, m'indiquant très certainement qu'il fallait que je la lise.

Ne sachant pas à quoi m'attendre, je la pris prudemment, et l'ouvrit. Mes yeux s'écarquillèrent et je froissai légèrement le papier tellement mes mains étaient agrippées à la lettre. J'avais immédiatement reconnu l'écriture… C'était une lettre de ma mère.

« Théo, mon fils,

Si jamais tu lis cette lettre, cela voudra dire que je ne m'en suis pas sortie, et je suis désolée d'avoir dû te laisser auprès de ton père. J'espère qu'un jour tu pourras me pardonner. J'ai confié cette lettre à Silver, je lui fais confiance pour te la remettre quand il sentira que tu seras prêt. »

« Quand je serai prêt ? » répétai-je, mes mains tremblant légèrement, «Prêt à quoi ? »

Silver me lança un regard impénétrable et fit un mouvement de la tête en direction de la lettre. Je poursuivi alors ma lecture, ignorant la boule qui venait de se former dans ma gorge.

« Prêt à quoi ? Je parie que c'était ce que tu es en train de te demander… Prêt à recevoir le lourd secret qui entoure ton père et moi.

C'est un fardeau, une information, que je voulais ne jamais avoir à te révéler. Mais je savais que c'était nécessaire, qu'un jour ou l'autre tu devrais savoir la vérité, même si elle est dure à accepter… alors une nouvelle fois je te demande de me pardonner. Mais avant que je te la dévoile, sache – et c'est très important, ne l'oublie jamais – que je t'aime et que malgré tout ce qui a pu se passer, je ne regrette absolument pas de t'avoir eu.

Ensuite j'ai plusieurs instructions à te donner. Je sais que tu es du genre prudent, et que tu ne risquerais pas d'agir sans réfléchir, cependant je te demanderai de ne pas agir de manière impulsive après que tu auras terminé cette lettre. Quoi qu'il se passe ton père ne doit pas être au courant de ça.

Ma famille, les Hearth, était une famille neutre depuis plusieurs générations. Nous avions hérité d'une capacité particulière, celle dont tu as toi-même hérité. Je ne m'y attarderai pas, tout ce que tu auras besoin de savoir dessus sont écrits dans les livres que j'ai mis à ta disposition.

J'étais particulièrement douée avec cette capacité, tellement douée que l'on m'appelait la « prodige » dans la famille. Mon père – ton grand-père – était extrêmement fier de moi. Jusqu'au jour où je fis la rencontre de ton père.

Le fait qu'il soit adepte de la magie noire était quelque chose que ma famille ne pouvait pas supporter. Ils avaient essayé de me convaincre de ne pas côtoyer Théodore, mais je ne les ai pas écoutés. Quelque chose me fascinait chez ce jeune homme ambitieux. J'aimais la façon dont il se mettait corps et âme pour quelque chose qu'il voulait… Et crois-le ou non, au départ, on s'aimait véritablement. Mais un jour la lignée des Nott est presque tombé en disgrâce à cause de ton grand-père paternel, et Théodore avait dû reprendre les affaires familiales. Bien évidemment Théodore avait réussi à faire remonter la réputation de la famille, mais c'était trop tard, le nom des Nott n'était plus ce qu'il était, et il voulait à tout prix changer ça…

Au départ je l'avais encouragé dans cette optique, mais un jour j'ai fait l'erreur de lui parler de mes capacités. Et je tremble rien qu'en me rappelant du regard qu'il m'avait jeté. Comme si j'étais de la nourriture qu'on tendait à un affamé. Il semblait bien trop intéressé par mes capacités, posant des questions les unes après les autres… J'aurais dû me douter qu'à ce moment là, tout allait changer… Mais j'avais été naïve et aujourd'hui j'en paye le prix.

Un jour une nouvelle horrible atteignit mes oreilles. La famille des Hearth avait été totalement massacrée. J'étais la dernière survivante de ma famille. Alors j'ai accouru vers ton père, lui suppliant de retrouver le meurtrier, je savais que ton père avait accès à de nombreuses informations. Il accepta à condition que je me marie avec lui et lui donne un héritier. J'étais désespérée à l'époque, de trouver le meurtrier, de me venger, alors j'ai accepté.

Et c'est ainsi que tu es né, un an et demi plus tard. Mais même après tout ce temps, Théodore n'avait toujours pas retrouvé le meurtrier et je commençai à désespérer, mais il m'avait assuré qu'il était sur une piste, mais que cela risquerait de prendre du temps.

Puis le temps est passé, et j'ai commencé à être obnubilé par toi, mon petit trésor, mon bébé adoré… Tu ne peux pas savoir la colère qui m'a envahi la première fois que j'ai surpris ton père en train de te faire du mal, tu étais encore trop jeune alors tu ne dois pas t'en rappeler. Ce jour là ton père a passé un autre accord avec moi. Si j'utilisais mes capacités pour l'aider dans ses négociations, il faisait la promesse de ne pas te faire de mal. J'ai accepté.

Mais après quelques années, cela ne suffisait plus, il recommençait à te faire du mal, et je ne pouvais rien faire contre ça. Bien sûr, j'avais envisagé de nombreuse fois de t'amener avec moi et de partir très loin, loin de lui. Mais je savais qu'il aurait fini par nous retrouver et j'avais peur de ce qu'il aurait pu te faire après ça, il y a ça, mais également le fait qu'une partie de moi-même attendait toujours de connaître l'identité du meurtrier de ma famille… C'était une très grande faiblesse de ma part, et je suis tellement désolée de ne pas avoir été assez forte pour être partie dès le premier jour.

Et puis une autre nouvelle m'avait bouleversé. Le fait que tu avais hérité des mêmes capacités que moi, non en fait je savais que tu étais encore plus puissant que moi. J'étais terrifiée, je n'osais pas imaginer ce que ton père aurait fait s'il l'avait découvert… Mais il y avait également le risque que tu utilises tes capacités sans le faire exprès devant lui, c'est pourquoi j'avais décidé de t'apprendre à l'utiliser en cachette.

Il y avait également le mystère autour de Silver… Pourquoi est-ce que mystérieusement ce chaton était apparu au moment où tu développais tes capacités ? Pourquoi semblait-il si intelligent ? Pourquoi était-il si attaché à toi ? Pourquoi grandissait-il en même temps que tu améliorais tes capacités ? Quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris la vérité… Silver… Il n'est pas un chat ordinaire… C'est un animal magique qui est directement lié à ta magie. En d'autre mot, c'est ton familier. (Si tu veux plus d'informations j'ai laissé des livres à ce sujet).

Quoiqu'il en soit Silver m'a été d'une grande aide lorsque qu'il t'a guidé jusqu'au bureau de ton père. Ah que j'avais été paniquée lorsqu'en courant hors de la salle de réception, je ne t'avais pas trouvé dans ta chambre. Vois-tu aujourd'hui j'avais atteint mes limites, je ne te dirais pas ce que ton père m'avait demandé de faire, mais c'était tout simplement trop. Alors je l'ai assommé et j'ai accouru vers toi. Je comptais t'emmener loin d'ici une fois pour toute… Mais vu que tu es en train de lire cette lettre, je suppose que mon plan a échoué.

Pendant que tu courrais vers le jardin, Silver m'a guidé à l'intérieur du bureau. J'avais des soupçons depuis un certain temps, que ton père savait qui était le meurtrier mais qu'il refusait tout simplement de me donner cette information, pour que je reste à ses côtés… Et je n'avais pas tord. Silver m'a indiqué le dossier que je cherchais… Le dossier qui révélait la vérité au sujet du meurtre de la famille Hearth – celui dont je t'ai donné une copie. Et figure-toi, que le meurtrier n'était autre que… Théodore Nott Sénior…

Ah, Ah, n'est-ce pas ironique ? Après tout ce temps à le chercher, et il se trouvait juste à côté de moi !

A présent, Théo c'est ici que se termine ma lettre. Je considère qu'en vue de la situation tu méritais de connaître la vérité. Cependant. Je me répète, ne fais rien d'impulsif. Et SURTOUT ne tente PAS de faire quelque chose contre lui. Je ne sais pas pourquoi mais on dirait que notre capacité ne l'atteint pas.

Je suis tellement désolée de ne pas t'avoir vu grandir Théo, mais je sais que tu es, et sera un magnifique jeune homme dont je peux être fier.

Je t'aime de tout cœur, et j'espère que tu pourras me pardonner,
Elizabeth Hearth.»

Mes mains tremblaient tellement que je dus lâcher la lettre, des larmes coulaient de mes yeux, et mes jambes cédèrent sous moi. J'étais complètement sonné, et je tremblai de tout mon corps.

« C-C-C'est une blague. » murmurai-je, d'une voix tremblante, « S'il-te-plaît Silver dis-moi que c'est une blague. »

Je n'arrivai pas à le croire… Mère était morte parce que père souhaitait JUSTE remonter la réputation de la famille ?! Je frappai le sol du poing, d'un air désespéré, mon regard se tourna alors vers les nombreux livres qui traînaient par terre.

Puis soudainement ce fut comme si toutes mes émotions s'en allait. Je n'avais jamais été aussi calme de toute ma vie. Je savais que je ne pouvais rien faire pour l'instant. J'étais impuissant face à père… Cependant… Cependant… Je me jurais intérieurement, qu'un jour, je lui ferai payer.

« Je lui ferai définitivement payer pour avoir pris mère comme un objet qu'il pouvait utiliser. » jurai-je, une énorme détermination dans les yeux, tandis que je serrais fortement les poings.

~Fin du Flash-Back~

Après cela, j'avais lu et relu tous les livres que mère avait mis à ma disposition, que cela soit au sujet des familiers ou de mes capacités. J'avais également étudié de fond en comble le carnet – qui s'était révélé être celui de mère, dans lequel elle détaillait tout ce qu'elle avait réussi elle à développer en se basant sur les capacités héréditaires des Hearth.

Et je m'étais rendu compte que Mère était vraiment incroyable, elle n'était pas considérée comme un génie pour rien, et j'étais tellement fier de faire les mêmes choses qu'elle.

[Deux mois plus tard]

Je choisis un compartiment vide au hasard, et regardai le quai de la voie 9 ¾ d'un air absent. Je me demandai pourquoi je ne me sentais pas plus excité à la perspective d'aller à Hogwarts comme tous les autres ? De pouvoir enfin ne plus recevoir les coups de père ?

Mon sac remua soudainement, et Silver sortit curieusement sa tête, observant les alentours. « Tu ne peux pas sortir, Silver. » murmurai-je, « Quelqu'un pourrait te voir. »

Silver miaula de déception et retourna sagement se cacher dans mon sac. Je me demandai réellement comment je pourrais parvenir à cacher sa présence une fois arrivé à Hogwarts…

Mon attention fut alors attiré par quelque chose, ou plutôt quelqu'un sur le quai. Les Malfoy. L'héritier Malfoy, Draco Malfoy, avait mon âge, et commençait également sa première année à Hogwarts. Les Malfoys devaient être l'une des familles les plus riches d'Europe, et leur influence et leur réputation était incontestable. Ce n'était pas pour rien qu'ils avaient un rang aussi haut dans la société sorcière.

Je n'avais toujours vu Draco Malfoy que de loin, durant les réceptions auxquelles père était convié, et d'après ce que j'avais vu il me semblait être le parfait héritier. Mais je ne pouvais m'empêcher d'être curieux face à lui. Il semblait étrangement tendu à côté de son père, comme s'il craignait quelque chose. Bien entendu son regard restait impassible, et je n'aurais pas été capable de remarqué son inconfort si je n'avais pas appris à repérer ce genre de chose pratiquement toute ma vie.

~TNDM~

Je m'assis à la table des Slytherins, mon visage ne reflétant rien d'autre que l'ennui. Bien qu'intérieurement je ressentais de la curiosité envers les autres Slytherins de mon année.

Bien entendu il y avait Draco Malfoy, qui au moment même où il s'était assis s'était déjà vu réservé le rang du Prince des Slytherin. Mon regard s'attarda un moment vers lui. Il ne semblait ni fier, ni particulièrement expressif par rapport à sa nouvelle position. Non en fait il semblait même songeur. Je fus immédiatement interpellé par l'atmosphère qui l'entourait, c'était comme s'il était devenu soudainement bien plus âgé qu'un simple première année. Il donnait l'impression d'être un adulte, ce qui était surprenant parce que –

Je secouai la tête. Non je devais juste me contenter d'observer de loin, sans intervenir dans quoi que ce soit, c'était la stratégie la plus sûre à faire.

Mon regard se tourna alors vers Vincent Crabbe et Gregory Goyle. D'après ce que je savais ces deux-là avaient toujours été ensemble, on ne pouvait pas croiser l'un sans remarquer la présence de l'autre pas loin. Leur deux familles n'étaient ni réputés pour leur intelligence, ni pour leur ruse, mais plutôt par leur quantité de muscles. En eux-mêmes les Crabbe et Goyle n'avaient pas un si haut rang dans la société, en fait ils étaient loin derrière les Nott. Cependant leur alliance avec les Malfoy leur était suffisante pour leur donner une plus grande influence.

A côté de Malfoy se trouvait Pansy Parkinson. Les Parkinson possédaient de nombreuses galeries d'arts et avaient réussi à mettre la main sur des œuvres très rares qui dataient parfois de Merlin, personne ne pouvait reconnaître aussi vite et avec autant d'assurance une œuvre authentique que le père de Pansy Parkinson. Ce qui plaçait déjà leur famille dans une bonne position sociale, mais ce qui faisait des Parkinson l'une des plus puissantes et influentes lignée de Sang-Pur était leur étroite collaboration avec les Malfoy. La preuve Pansy Parkinson était la fiancée de Draco Malfoy.

Ensuite Blaise Zabini. Meilleur ami de Draco Malfoy. Mais malgré les relations amicales entre les deux héritiers Mme Zabini était la seule à ne pas être ralliée à la cause des Malfoy, préférant garder un statut neutre. Le fait que les Zabini étaient par eux-mêmes seulement légèrement derrière les Malfoy en termes d'influence et de richesse était quelque chose d'extraordinaire.

Je ne pus m'empêcher d'esquisser un léger sourire. Les prochaines années allaient se révéler intéressantes.

~TNDM~

Je m'assis sur mon lit et refermai les rideaux d'un air las. Quand soudainement quelque chose tomba à grande vitesse sur moi.

« Wah ! » ne pus-je m'empêcher de m'exclamer, mais je me détendis presqu'immédiatement en me rendant compte que ce n'était que Silver, je soupirai, « Il faut vraiment que tu arrêtes d'apparaître de nulle part comme ça… Je sais que je t'avais demandé de ne pas te faire repérer par les autres à tout prix, mais ça ne veut pas dire que tu peux me surprendre moi. »

Silver semblait étrangement fier de lui, et je soupirai une nouvelle fois en secouant la tête. Il me jeta alors un regard curieux.

« Rien ne t'échappe, hein ? » marmonnai-je en lui caressant distraitement la tête, « Tu sais je m'étais donné comme instruction de ne pas me mêler des affaires des autres Slytherins, et de toujours rester en retrait et les observer de loin… Mais plus le temps passe, plus je commence à trouver ça dure… Il attire ma curiosité plus que j'aurais cru possible… »

Habituellement je n'avais aucun mal à déterminer quel genre de personnalité quelqu'un avait en très peu de temps. Mais Draco Malfoy restait pour moi un grand mystère. Plus je l'observais et moins j'arrivais à le comprendre, et par conséquent plus j'avais envie de le connaître. Je pouvais voir qu'il avait très manifestement des problèmes, mais je parvenais aussi à en déduire que ce n'était pas juste quelque chose qu'un première année pourrait résoudre… Pas avec cette atmosphère tendue et parfois désespérée qu'il tendait parfois.

A ce moment là, j'aurais pu l'aider, intervenir. Mais je ne l'ai pas fait. Je me tenais strictement à ma règle de ne pas me mêler des affaires des autres.

Cependant j'aurais dû me douter que ma volonté ne parviendrait pas à tenir durant les sept années que je passerais à Hogwarts.

C'était durant ma troisième année, Draco Malfoy et moi étions les premiers à attendre l'arrivée du professeur d'arithmancie. Ce fut lui qui entama la conversation. Cela aurait été impoli de ma part de ne pas répondre. Et puis ce n'était pas comme si une simple conversation allait changer quelque chose… C'était ce que je pensais.

Mais après cette première véritable discussion, je commençais à l'observer encore plus et à vouloir discuter avec lui. Et petit à petit. Sans que je ne m'en rende compte, je commençai à l'aider… Puis arriva le jour où il me tendit le baume après qu'il ait vu mes blessures dans le dos. Ce n'était probablement qu'un geste de pitié de sa part… Mais c'était suffisant pour le rendre encore plus intéressant à mes yeux. Une nouvelle pièce du puzzle…

Je me rassurais alors en me disant que si je continuai à lui parler c'était tout simplement parce que je voulais résoudre le mystère qui l'entourait au plus vite et une fois que cela serait fait, tout redeviendrait normal.

Mais le temps passait, et Draco semblait s'attirer encore plus d'ennui chaque année. Ce fut un véritable choc pour moi de me rendre compte que je pouvais savoir quand il était blessé ou au bord du gouffre. Mais j'essayai toujours de me persuader que cela ne voulait rien dire, que c'était tout simplement une phase. Après tout Draco avait attiré mon attention depuis plusieurs année, il était normal qu'au bout de toutes ses années d'observation, un semblant de béguin apparaissait.

Et puis le fait que je flirtais plus ou moins ouvertement avec lui au début de la cinquième ne signifiait rien du tout, de même que le fait que je me précipitais pour aller le soigner à chaque fois que je sentais une trop forte douleur en lui, n'avait pas particulièrement d'importance.

J'eus alors un petit rire. Qui pensai-je pouvoir tromper ? Moi, qui voulait définitivement passer ma scolarité à Hogwarts à l'écart de tous, moi qui voulait absolument pas me mêler des problèmes des autres, moi qui m'étais juré de ne jamais me lié émotionnellement avec quelqu'un d'autre de peur de reproduire le même scénario qu'avec mère… J'étais définitivement et irrémédiablement tombé amoureux de Draco Malfoy.


Voilà j'espère que cet interlude vous aura plu ^^ La prochaine publication sera un chapitre 'normale' !

Merci beaucoup pour vos reviews et d'avoir lu jusque là !

See Ya !