Harry Potter et la mémoire du dragon
Rating : M
Pairing : HPDM (progressif)
Disclaimer : Les personnages, les lieux ne sont pas à moi... et pourtant c'était pas faute d'essayer de convaincre J.K Rowling de me les laisser...
Note : les noms des lieux et de certains personnages sont dans leurs versions originales... désolée pour ceux que ça gêne... mais je trouve absolument horrible les noms comme Rogue... ou Drago.
Note 2 : J'essaye un maximum d'être cohérente avec les livres (d'ailleurs pour l es dialogues et quelques descriptions je dois avoir le bouquin à côté pour ne pas déformer certaines choses), mais je vous prie de m'excuser d'avances si je ne l'étais pas ! (même si je pense être d'un niveau acceptable de ce niveau là )...
#Petit rappel
- Draco et Théo sortent ensemble
- Blaise ne rentre que très tard le soir, car il doit "étudier"
- Draco, Severus et Sirius vivent dans u ne petite partie de Square Grimmauld.
- Harry et Draco ont une connection mentale, qui fait que lorsqu'ils se touchent , Harry peut entendre les pensées de Draco, et Draco peut ressentir les émotions d'Harry
- En deuxième année, Draco suspectait Harry d'être l'héritier magique de Voldemort
Résumé du chapitre précédent : Arrivé à Square Grimmauld suite à une vision concernant Arthur Weasley se faisant attaquer par Nagini, Harry fait part de ses inquiétudes à Sirius, qui se contente d'évincer le sujet. Du côté du présent, Harry a une explication quant à la raison pour laquelle il n'est pas jaloux de Théo.
Enjoy !
LIVRE CINQUIEME : Draco Malfoy and the Order of the Phoenix
Chapitre 84 : Hypothèses & Stabilité Mentale
Draco se dirigea d'un air las vers le bureau du directeur. Il ne savait pas si c'était parce qu'il ne s'était pas tout à fait remis de la vision de la nuit précédente, parce qu'il avait passé une nuit blanche et que les effets de la pimentine commençait à se dissiper, pare qu'il avait dû suivre les cours tout en surveillant d'un œil les faits et gestes de Potter, parce qu'il avait dû être alerte toute la journée dans le but d'éviter Severus, ou tout simplement parce qu'Ombrage ayant remarqué l'absence de plusieurs élèves , dont Potter, semblait être encore plus méfiante et insupportable que d'habitude, mais Draco était complètement crevé.
« Heureusement que c'est les vacances. » songea Draco, en passant la gargouille après avoir prononcé le mot de passe.
Arrivé devant la porte du bureau de Dumbledore, il leva la main, s'apprêtant à frapper, mais la voix du directeur filtrant à travers la pièce le devança.
« Entre, Draco. »
Le blond leva les yeux au ciel, n'étant même plus surpris du fait que Dumbledore savait qu'il était là. Il ouvrit la porte et la referma rapidement derrière lui. Jetant un regard circulaire à la pièce, il poussa un soupir de soulagement en se rendant comte que seul Dumbledore et Fawkes étaient présents. Il s'était attendu à trouver Severus.
« Au moins ça veut dire que je peux l'éviter encore un peu plus longtemps. »
Dumbledore lui fit un petit sourire, qui n'atteignait cependant pas ses yeux, et il manquait dans son regard le pétillement si caractéristique. Il était clair que Dumbledore devait lui aussi être fatigué.
« Assieds-toi, Draco. » invita le directeur, en montrant d'un geste de la main, la chaise présente devant lui.
Draco s'exécuta, songeant qu'un jour il devrait peut-être désigner cette chaise comme la sienne vu le nombre de fois où il s'y était assis durant les cinq dernières années. D'ailleurs il était certain qu'il avait battu tous les records de convocation dans le bureau du directeur, même les Marauders, les jumeaux Weasley et Potter n'avaient pas dû visiter le bureau de Dumbledore aussi souvent. Draco leva alors les yeux au ciel, ce n'était pas vraiment quelque chose dont il fallait être fier !
« J'ai cru comprendre qu'Harry était à St Mungos pour visiter Arthur… » entama Dumbledore, d'un ton faussement nonchalant, son regard bleu fixé droit sur Draco.
Ce qui permit au blond, d'en déduire qu'effectivement seul Potter était sujet à l'indifférence du directeur, et que ce n'était pas seulement une nouvelle lubie de sa part de ne plus regarder les gens dans les yeux.
Puis son regard se dirigea presque par reflexe en direction de la projection. Potter venait d'entrer dans la salle où se trouvait actuellement Weasley-père, en compagnie des autres membres de la famille Weasley.
Il hocha alors la tête pour confirmer les paroles de Dumbledore. Il se demandait si le directeur allait parler de la raison pour laquelle il évitait Potter du regard, ou s'il devait au contraire évoquer le sujet lui-même.
« Ce qui est arrivé à Mr Weasley est fâcheux. » décida finalement de commenter Draco. « Je me demande ce qui se serait passé si Potter n'avait pas été là pour assister à la scène. »
Il vit Dumbledore se tendre imperceptiblement, mais l'instant d'après il fit comme si de rien n'était, si bien que si Draco n'avait pas passé autant de temps au côté de personnes particulièrement inexpressifs par moment – Severus pour ne pas le citer – et que s'il ne s'était pas attendu à ce genre de réaction, il aurait pu mettre cette réaction pour le compte de son imagination.
« Ah… je suis certain que Arthur ainsi que toute la famille Weasley lui en sont très reconnaissants. » dit Dumbledore. « Et je ne peux qu'approuver sa capacité à convaincre son entourage sur la réalité des faits et sa grande réactivité. »
Draco plissa les yeux durant un court instant, il était évident que Dumbledore tournait autour du pot et évitait de parler de son indifférence à l'égard du Survivant.
« Potter semble penser que vous refuser de le regarder dans les yeux, ou même reconnaitre sa présence, professeur. » décida finalement de commenter Draco, songeant qu'une approche plus directe serait la meilleure solution.
Il n'avait simplement ni la patience, ni la force, en ce moment même, d'aborder les choses de façon subtile.
Les yeux de Dumbledore cessèrent de pétiller.
« Et qu'en penses-tu sur le sujet, Draco ? »
« Je ne peux pas nier l'évidence : il est clair que vous souhaitez éviter sa présence, professeur. » répondit prudemment Draco, en observant le directeur, jaugeant ses réactions. « Quant à la raison de vos agissements, je me garde d'exposer mes hypothèses. »
Dumbledore eut un petit sourire, mais le pétillement n'était toujours pas revenu dans ses yeux, signe qu'il était malgré tout sérieux. « Cela ne m'étonne pas de ta part, mais j'admets être curieux. Quelles sont donc tes hypothèses, Draco ? »
Draco se mordit la lèvre inférieure d'un air hésitant. Après tout il n'avait aucune garantie que Dumbledore confirme ses idées même si c'était la bonne hypothèse. Mais devant le regard insistant du directeur, Draco soupira.
« Je pense que votre soudaine indifférence à l'égard de Potter n'est pas le résultat d'une soudaine aversion envers Potter ou d'une perte d'intérêt. » commença le blond, d'un ton fatigué, « Je pense que c'est plutôt lié aux cauchemars ou plutôt aux visions de Potter. Le fait que Potter puisse voir à travers les yeux du seigneur des ténèbres ou de son serpent n'est pas normal. Ça signifie qu'ils sont connectés d'une façon ou d'une autre. » Là Draco s'arrêta, et poursuivit d'un ton hésitant, « Est-ce que vous vous souvenez de notre discussion sur les héritiers magiques, professeur ? »
Dumbledore haussa un sourcil, puis hocha la tête, « Il me semblait que tu suspectais Harry d'être l'héritier magique de Voldemort, ce qui serait la raison pour laquelle il puisse parler le Parseltongue, exact ? »
« Je me demandais si la connexion entre eux ne serait pas dû au fait que Potter soit l'héritier magique accidentel du Seigneur des Ténèbres. » poursuivit le blond, se forçant à rester impassible devant le regard perçant de Dumbledore, « Peut-être que la connexion s'est crée parce que, hum, les conditions normalement requises pour désigner un héritier magique n'ont pas été respectées. »
« C'est un point de vue intéressant, qui mérite réflexion. » dit Dumbledore, puis d'un geste de la main, il l'invita à continuer.
« Quoiqu'il en soit cette connexion est bien présente. Et même si pour l'instant Potter semble avoir un léger avantage (puisqu'il est conscient du lien) sur le seigneur des ténèbres. Il reste cependant très vulnérable. Potter n'a aucune défense mentale pour se défendre face au Lord, et ça pourrait être dangereux si le Seigneur des Ténèbres se rendait compte du lien.
Alors peut-être que vous évitez de regarder Potter dans les yeux, pour ne pas que Potter se fasse submerger par les émotions du Seigneur des Ténèbres – comme quelques instants avant qu'il prenne le portoloin – et ainsi éviter d'attirer l'attention du Lord. Mais peut-être aussi que vous craignez baisser votre garde devant Potter, et ainsi laisser au Seigneur des Ténèbres une opportunité de vous atteindre (j'ai cru comprendre que vous étiez un meilleur Legilimens qu'Occlumens exactement comme le Lord.). Le risque que le Lord, puisse voir également à travers les yeux de Potter est grand, c'est pourquoi, il est possible que vous essayez de lui faire croire que finalement vous n'êtes plus si proche de Potter que ça, qu'il se retrouve livrer à lui-même, alors qu'en fait vous l'aidez dans l'ombre, ça peut apporter un effet de surprise, non négligeable.
C'est peut-être même un peu des trois… » Draco s'arrêta de parler quand il se rendit compte que Dumbledore affichait une légère expression de surprise, et le fixait comme si soudainement une deuxième tête lui avait poussé sur la tête.
« Waw je ne pensais pas pouvoir le surprendre un jour. » songea le blond.
« Ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire en soit. » fit remarquer Dumbledore, en affichant un petit sourire amusé, « De nombreuses choses me surprennent tous les jours. »
Draco sursauta, mais reprit rapidement contenance. Pourquoi ne cessait-il d'oublier que Dumbledore pouvait lire ses pensées ?!
Fawkes s'envola de son perchoir et se posa délicatement sur l'épaule du blond.
« Je pense qu'il est surtout choqué par ton analyse, gamin. » caqueta Fawkes, d'un ton presque moqueur, « Malgré tout ce qu'il peut dire, il est aime bien le fait que personne n'arrive vraiment à savoir ce qu'il pense ou pourquoi il fait tel action. »
Dumbledore se racla la gorge, comme pour rappeler le Phénix à l'ordre, ce qui fit sourire le Slytherin.
« Bien… » dit finalement le directeur en se redressant de sa chaise, « Je suppose qu'après les derniers évènements, tu dois être épuisés… Il est temps que je te laisse te reposer. Je t'ai préparé un portoloin jusqu'au Square, à moins que tu ne préfères que je t'y amène moi-même.»
« Par portoloin, ça ira très bien. » répondit poliment Draco, en se levant, puis se tournant vers le directeur il demanda, d'un ton presque résigné « Vous n'allez ni confirmer ni réfuter mes hypothèses, n'est-ce pas professeur ? »
« Je te laisse le soin de différencier le vrai du faux. » répondit simplement le vieux sorcier avec un petit sourire en coin.
Draco soupira, n'ayant même plus la force de protester devant cette injustice. Non seulement il avait donné ses hypothèses, satisfaisant ainsi la curiosité de Dumbledore, mais en plus il n'avait même pas eu le droit à une réponse digne de ce nom !
Puis entendant de l'agitation du côté de Potter, Draco tourna naturellement sa tête vers la projection, où les jumeaux Weasley semblaient déterminer à faire subir à leur père un interrogatoire.
« Quand tu dis que tu étais parti en mission, qu'est-ce que tu faisais ? » demanda l'un des jumeaux.
« Tu étais chargé de la garder, c'est ca ? » enchaina l'autre à mi-voix, « L'arme. Celle que Tu-Sais-Qui essaye de se procurer ? »
« George, tais-toi ! » ordonna sèchement Weasley-mère, mais aucun des deux jumeaux ne semblaient lui prêter attention, au contraire le premier jumeaux, Fred ?, revint à la charge.
« Tu nous avais dit que Tu-Sais-Qui avait un serpent, Harry ? » demanda-t-il, en observant son père comme pour observer sa réaction, « Un très gros ? Tu l'as vu, la nuit de son retour, non ? »
« ça suffit ! » cracha leur mère avec colère, « Tonks et Fol-œil sont dans le couloir, Arthur, ils voudraient venir te voir. Vous autres, vous attendrez dehors. » ajouta-t-elle en direction de ses enfants et de Potter, « Vous pourrez revenir après pour dire au revoir. Allez-y. »
Draco prit une expression pensive. Est-ce que les jumeaux Weasley avaient réussi à deviner le fin mot de l'histoire ? Est-ce que Arthur Weasley était vraiment en train de surveiller l'arme que convoite le Seigneur des Ténèbres ? Possible, en vue de la réaction de Weasley-mère.
Puis quand il se concentra à nouveau sur la projection, il leva les yeux au ciel. Potter et ceux qui venaient de se faire mettre à la porte, étaient tous en train d'écouter aux portes. « Pourquoi est-ce que ça ne me surprends pas venant de sa part ? »
Draco tendit l'oreille et parvint à entendre : « … Ils ont fouillé tout le secteur, mais ils n'ont pas retrouvé le serpent. Il semble qu'il ait disparu juste après t'avoir mordu, Arthur… Mais Tu-Sais-Qui n'espérait quand même pas qu'un serpent puisse rentrer là, non ? »
« Je pense qu'il l'a envoyé en éclaireur. » grogna Maugrey, « Etant donné qu'il n'a pas eu beaucoup de chance, ces derniers temps. Il a voulu avoir une vue plus claire de ce qui l'attendait et , si Arthur n'avait pas été là, la bête aurait eu beaucoup plus de temps pour inspecter les lieux. Potter dit qu'il a assisté à tout ce qui s'est passé ? »
« Oui. » répondit Weasley-mère, d'un ton mal-à-l'aise, « Dumbledore semblait presque s'attendre à ce que Harry ait ce genre de vision. »
« Oui, oui. » dit Maugrey, « On sait bien que ce jeune Potter est un peu bizarre. »
« Un PEU bizarre ? »répéta mentalement Draco, n'en croyant pas ses oreilles, « Carrément dérangé oui ! »
« Dumbledore avait l'air de s'inquiéter pour Harry quand je l'ai vu ce matin. » murmura la mère de Weasley.
« Bien sûr qu'il s'inquiète. » gronda Maugrey, « Ce garçon voit des choses à l'intérieur même du serpent de Vous-Savez-Qui. Bien évidemment, Potter ne se rend pas compte de ce que ça signifie, mais si Vous-Savez-Qui a pris possession de lui –»
Draco se frappa le front avec la paume de sa main. De toutes les manières possibles et inimaginables, il avait fallu que Potter l'apprenne de cette manière. Génial. Franchement génial. Maintenant ce stupide Gryffindor allait encore faire quelque chose de stupide parce qu'il allait sûrement craindre d'être posséder par le Seigneur des Ténèbres, merci bien ! Draco espérait juste que le Survivant n'est pas la merveilleuse idée de quitter les protections du Square pour aller airer dans les rues de peur de blesser les autres habitants de la maison. Non, même lui ne pouvait pas être aussi stupi –
Comme un flash, une scène lui revint en mémoire. Potter en troisième année. S'enfuyant de chez son oncle. En pleine nuit. Alors qu'un supposé criminel était en liberté.
« Laissez tomber… Potter allait s'enfuir dès la première occasion. »
« Professeur. » appela alors Draco, en se tournant vers Dumbledore qui s'était contenté de l'observé, « Potter vient d'apprendre qu'il était possible qu'il puisse être possédé par Vous-Savez-Qui… Et connaissant le personnage, il est très probable qu'il fasse quelque chose de complètement stupide. C'était juste histoire de vous prévenir que votre précieux Survivant risquerait de se faire la malle d'ici ce soir.»
Dumbledore ferma les yeux, tout en soupirant, son visage reflétant une énorme fatigue. « Je prendrais des mesures nécessaires. » assura-t-il, tout en se tournant vers l'un des nombreux tableaux qui ornaient bureau, « Phineas. » appela-t-il.
Le directeur représenté, jeta un regard un regard ennuyé vers Dumbledore, mais lui porta tout de même attention. « J'aurais besoin que fassiez le nécessaire pour qu'Harry reste au Square. Vous avez bien compris ? En aucun cas, il ne doit sortir seul. »
Phineas fronça les sourcils pendant un instant, mais finit par hocher la tête et disparut de son portrait.
« Vous croyez que cela sera suffisant pour empêcher Potter de s'en aller ? » demanda Draco, d'un ton sceptique.
« Phineas peut être très persuasif quand il en prend la peine. » se contenta de répondre le directeur, en lui tendant un objet que Draco supposait être le portoloin.
Il le prit, remerciant le vieux sorcier à mi-voix. Quand soudain une réalisation le frappa.
« Professeur, vous ne vouliez pas regarder Potter dans les yeux à cause de la connexion qu'il partage avec le Seigneur des Ténèbres… Mais je ressens aussi les émotions fortes et ai également des visions du Lord, à travers Potter… Alors pourquoi est-ce que cela ne vous dérange pas de me regarder dans les yeux ? »
Dumbledore lui offrit alors un petit sourire mystérieux.
« Ah, je ne m'inquiète pas à ton sujet, Draco. Voldemort ne sera pas capable de t'atteindre réellement à travers Harry. »
Draco écarquilla les yeux de surprise. Mais avant qu'il n'ait eu le temps de demander à Dumbledore ce qu'il voulait dire par là le portoloin s'activa et il ressentit la sensation caractéristique d'être tiré par le nombril.
Atterrissant au Square quelques secondes plus tard, il se pinça l'arrête du nez d'un air agacé. Il était pratiquement certain que Dumbledore l'avait fait exprès !
~HPDM~
« Une hypothèse ? » demanda Draco, ne parvenant pas à dissimuler la curiosité de sa voix.
Harry hocha la tête.
« Dis-moi, Draco. Est-ce que tu as déjà été jaloux d'Hermione ? »
Le blond fronça les sourcils, « Bien sûr que non, Potter. Mais la situation est complètement différente ! J'ai toujours su que tu ne sortirais jamais avec elle. Que tu l'aimes. Mais uniquement comme une sœur. »
« Pourtant… » fit remarquer le Gryffindor, avec un petit sourire, «… tu étais jaloux de Ginny alors que jusqu'à très récemment je la considérais comme une sœur. »
« Ne sois pas stupide, Potter. » répliqua Draco, en levant les yeux au ciel. « Même si toi tu ne ressentais rien, ça se voyait comme un nez sur la figure que Weasel ne TE considérait pas juste comme un frère. »
« Alors est-ce que tu vas être jaloux de toutes les personnes qui sont soit disant amoureux de moi ? » demanda innocemment le brun.
Draco écarquilla les yeux, Harry marquait un point. Il soupira. « Quel est le rapport avec Théo, Potter ? »
« Tu ne vois pas ? Nott est en quelque sorte ta…euh Ginny ou Hermione. »
« Est-ce que tu es en train de suggérer que je ne le considérais que comme un frère dès le départ, Potter ? » demanda Draco, d'un ton doucereux, en plissant les yeux, une expression menaçante sur le visage, « Parce que je te rappelle que j'ai couché avec lui. »
« Je n'ai pas dit ça. » répondit calmement le rouge et or. « Je dis juste que Nott est une personne importante de ta vie. Tout comme Ginny et Hermione le sont dans la mienne. Quand j'ai vu comment tu le regardais, ou comment tu parlais de lui… Je me suis demandé… que se serait-il passé si Nott n'avait pas été là… Est-ce que tu serais comme tu es à cet instant ? Et la réponse est non… Parce qu'il a tellement eu d'impact dans ta vie, que sans lui tu ne serais pas le Draco que je connais. Alors dis-moi, Draco, comment pourrais-je être jaloux de lui, le détester, l'envier, alors que je suis tellement reconnaissant pour tout ce qu'il a fait pour toi ? »
Draco serra les poings. Il comprenait ce qu'essayait de lui expliquer le brun… Il comprenait mais –
« Et ça ne te fait rien ? » demanda le blond, sa voix ne dépassant pas un murmure, « De savoir que quelqu'un d'autre que toi a une place si importante, que tu n'es pas la seule personne sur qui je peux compter, que tu dois partager avec quelqu'un d'autre, que cette personne risquerait de me voler à toi– »
Tandis qu'il continuait de parler, il eut intérieurement un rire de dérision. Qui cherchait-il donc à berner ? Ne serait-ce pas ses propres insécurités qu'il venait d'énoncer ? N'était-il pas la personne qui avait peur de perdre Harry ?
« Je n'ai pas envie de prendre la place de Nott. » dit Harry, « Parce que quoi que je fasse je ne pourrais jamais être comme lui, je ne pourrais jamais le remplacer. Tout comme toi tu ne pourras jamais remplacer Ginny ou Hermione. »
Draco écarquilla les yeux durant un court instant, avant de se pencher en avant, laissant reposer son front sur l'épaule du brun.
« Draco ? » appela Harry, d'un ton surpris.
Le blond eut un petit sourire en coin.
« A-bru-ti. » lança-t-il finalement d'un ton trainant, sans pour autant changer de position « Pourquoi par Merlin est-ce que je voudrais remplacer Weasel ? Je n'ai pas envie de me transformer en groupie du Survivant, merci bien. »
Harry cligna des yeux, avant de finalement pouffer. « Tu serais une groupie déplorable de toute façon. »
~HPDM~
Draco jeta un rapide regard circulaire autour de la pièce, vérifiant que Sirius n'était pas là, puis se dirigea vers sa chambre. Il sortit alors le Padfoot's Time de sa poche.
« Thinking too much will destroy your brain. » chuchota Draco.
Aussitôt quatre ou cinq émeraudes sortirent du sablier.
« Dumbledore. » ajouta le blond.
Seule une émeraude resta tandis que toutes les autres retournèrent dans le sablier. Et l'émeraude restante se sépara rapidement en plusieurs images qui bougèrent rapidement pour entourer le blond. C'était une nouvelle fonctionnalité du sablier que Sirius lui avait rajouté. Cela lui permettait de trier ses souvenirs en plusieurs 'dossier'. Ainsi il lui suffisait simplement de rajouter un nouveau fait ou souvenir à chaque dossier, au lieu de tout remettre à chaque fois.
Les souvenirs de la discussion avec Dumbledore s'ajoutèrent à toutes les autres qu'il avait déjà rassemblés. Puis il fit la même chose pour les dossiers concernant 'Sirius', 'Severus' et 'Blaise'.
Il eut à peine le temps de désactiver le Padfoot's Time, s'allonger sur son lit et fermer les yeux dans l'intention de se reposer, que la porte s'ouvrit à la volée, le faisant sursauter.
« Hey gamin ! » salua Sirius d'un ton jovial, mais Draco pouvait clairement entendre que cela sonnait faux. « Wah… t'es aussi pâle qu'un mort ! »
Le blond grimaça, « Je me passerais de cette comparaison, merci bien. Entre autre, tu n'as pas l'air mieux que moi. »
Sirius se gratta l'arrière de la tête, d'un air légèrement embarrassé, « Ah, ah, on va dire que les derniers évènements ont été stressants pour tout le monde. D'ailleurs j'ai entendu de Snivellus… Tu nous ferais des cachoteries, hein ? »
Draco, qui s'était tendu à la mention de Severus, écarquilla les yeux en réalisant que Sirius devait très probablement parler de Théo. Le blond se renfrogna. « Commère. » marmonna-t-il.
Son cousin ricana et lui ébouriffa les cheveux, « Alala, petit Draco devient enfin grand… Dis-moi vous êtes allé jusqu'où ? »
« ça ne te regarde pas. » grinça le Slytherin, en se forçant à ne pas rougir. Non vraiment il ne voulait absolument pas parler de sa vie amoureuse avec son cousin.
« Hum… » fit Sirius, mais il ne rajouta rien à ce sujet, « Est-ce que toi et ton abruti de parrain vous êtes encore disputés ?» demanda-t-il finalement l'air de rien.
Draco écarquilla les yeux, ne s'attendant manifestement pas à cette question. Comment par Merlin est-ce que Sirius pouvait savoir ça ? Il était pratiquement sûr à 90% que ce n'était pas Severus qui lui en avait parlé…
« C-Comment tu sais ça ? » s'étonna le blond.
« Oh ça… » répondit l'évadé d'un ton désinvolte, « c'est parce qu'il faisait cette tête… tu sais celle où il a les sourcils légèrement froncés et les lèvres si pincés que tu as l'impression que ça ne forme plus qu'une seule ligne. En général cet abruti fait cette tête là quand il s'est engueulé avec quelqu'un qu'il tient. »
Le Slytherin cligna des yeux. Juste avec ça ? Sirius pouvait deviner ce qui s'était passé rien qu'en ayant vue durant un court instant l'expression de Severus, alors que ce dernier était justement réputé pour être indéchiffrable. Incroyable. Draco fronça les sourcils. Non, ce n'était pas la première fois, qu'il parvenait à faire ça… En fait s'il réfléchissait bien, c'était presque comme si Sirius parvenait parfaitement à déchiffrer Severus à chaque instant.
« Dis… Je me le suis déjà demandé, mais est-ce que Severus et toi – » commença-t-il, mais au même instant la porte s'ouvrit, le coupant dans sa phrase.
D'un même ensemble les deux cousins se tournèrent vers l'entrée de la chambre. Severus, qui avait l'air passablement irrité, se tenait actuellement sur le pas de la porte.
« Gh… » marmonna Sirius, « En parlant du loup. »
« Black dehors ! » siffla Severus, d'un ton menaçant.
« Quoi ?! » s'outragea immédiatement l'Animagus, « De quel droit –»
Mais il s'arrêta net dans sa phrase, son regard s'étant soudainement écarquillé, tandis qu'il observait le maître des potions. Draco ne savait pas ce que Sirius avait vu, mais manifestement cela fut suffisant pour le convaincre. « Bien !» grinça finalement son cousin, en sortant, mais non sans avoir dirigé un clair avertissement du regard à Severus.
Draco déglutit difficilement en se retrouvant seul face à son parrain.
« Je ne compte pas m'excuser pour mon comportement. » prévint alors immédiatement le blond, d'un ton buté.
Severus plissa les yeux, et Draco pouvait presque voir le peu de patience que le maître des potions avait à cet instant même, s'effriter. Mais étrangement, il parvint à garder son calme.
« Des excuses qui ne sont pas sincères n'ont peu de valeurs de toute façon. » se contenta de répondre le directeur des Slytherins, « Après tout tu ne vois pas ce que tu as fait qui ait pu m'énerver, n'est-ce pas ? »
Draco plissa les yeux, sentant la colère et l'irritation monter en lui. Il était celui qui avait fait quelque chose de mal ?! Quelle blague !
« Ce n'est pas parce que tu te fiches complètement de ce qui peut arriver à Potter que tu dois forcer les autres à agir comme toi. Parce qu'il se trouve, je te signale, que si jamais je ne le surveillais pas constamment il est hautement probable que je meurs soudainement sans même savoir pourquoi, vu la fréquence à laquelle il s'attire des ennuis ! » lança le blond, d'un ton colérique.
« C'est justement ça le problème, Draco. » répondit Severus, d'un ton calme, ce qui déstabilisait légèrement le blond, mais attisait surtout encore plus sa colère, « Est-ce que tu te rends comptes que dernièrement ta vie tourne essentiellement autour de Potter ? »
« Quoi ? » s'indigna le plus jeune, « C'est faux ! »
« Vraiment ? » demanda le maître des potions, d'un ton qui laissait clairement comprendre ce qu'il pensait réellement sur la question.
Draco serra les poings. « Ma vie ne tourne pas autour de Potter ! »
« Dis-moi, Draco, sais-tu ce qui se passe avec Mr Zabini récemment ? Avec Miss Parkinson, ou Miss Granger ? Quand fut la dernière fois où vous avez discuté ensemble, et je parle d'une réelle discussion, pas juste ce qu'on appelle 'faire la conversation'. »
Draco ouvrit la bouche dans la firme intention de nier et de contredire ce qu'essayait d'impliquer Severus, voulant lui faire remarquer qu'il discutait régulièrement avec Pansy concernant ses rêves, qu'il parlait avec Blaise dès qu'il avait l'occasion sur tout et rien en particulier, et qu'il parlait également très souvent avec Hermione.
Draco écarquilla les yeux. Sauf que ça faisait quelques jours (voire semaines) que Pansy ne venait plus se confier à lui concernant ses rêves avec Diggory, que les conversations qu'il échangeait avec Blaise devenaient de plus en plus courtes, distantes et presque maladroites, qu'il ne parlait presque plus avec Hermione à part à l'entrainement.
Draco referma la bouche, et détourna le regard.
« C'est bien ce qui me semblait. » commenta son parrain, « Dans ce cas, dis-moi autre chose… Combien de temps passes-tu sur ce Snitch, Draco ? »
« Le temps nécessaire à ma survie. » répondit le blond, en serrant les dents, n'aimant vraiment pas la tournure des évènements. Il avait imaginé de la colère, des cris et tout ce qui suivaient, mais certainement pas à des arguments on ne peut plus logique !
« Laisse-moi deviner… » susurra alors son directeur de maison, « … Tu actives l'invention le matin dès que tu te lèves, là tu le laisses activer toute la journée, pour pouvoir jeter un œil sur lui, au cas où. Tu le désactives éventuellement quand vous êtes dans la même pièce, mais là encore tu es réticent à le faire, parce que tu veux écouter et voir exactement tout ce qui se passe, au cas où tu raterais un évènement important. Et je pense que tu dois le désactiver lorsque tu vas te coucher… Mais parfois tu le laisses allumer toute la nuit, au cas où. »
Draco écarquilla les yeux de surprise « Com –»
« Ce n'est même plus une précaution à ce stade, Draco. » coupa le brun, « Ce n'est ni plus ni moins qu'une obsession pour Potter. Est-ce que tu crois sincèrement que Potter risque de tomber dans la cuvette des toilettes et s'y noyer, ou s'étouffer dans son sommeil par son propre coussin, ou quelque chose comme ça ? Je pense que même Potter n'est pas assez stupide pour ça ! »
Le blond ne put s'empêcher d'émettre un reniflement moqueur, « Bien sûr parce que c'est tellement évident que Potter est en sécurité, ici, à Hogwarts… Après tout ce n'était pas comme s'il ne s'était pas fait systématiquement attaqué par un membre de l'établissement chaque année depuis qu'il a commencé sa scolarité, n'est-ce pas ? »
« Ce n'est pas une raison pour le surveiller vingt quatre heures sur vingt quatre, Draco ! » répliqua Severus, « Ecoute moi bien, si tu continues à t'obstiner à surveiller constamment Potter, tu vas finir par te perdre toi-même. Et avant d'essayer de me contredire à tout prix. » ajouta-t-il, d'un ton agacé en direction de son filleul, qui s'apprêtait à protester, « Réfléchis un peu… Ne trouves-tu pas ça étrange que tu sois incapable de dire ce qui se passe précisément dans la vie de tes meilleurs amis mais que tu n'aies absolument aucun problème à décrire les petites manies de Potter, ou ce qu'il préfère au petit déjeuner ? Ne trouves-tu pas ça anormale que la première chose que tu aies faite, alors que tu étais en plein choc et que tu venais d'assister à une scène traumatisante, comme tu me l'as si bien fait comprendre, était de vérifier si Potter allait bien ? »
« Et qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ?! » demanda le blond à la fois colérique et incrédule.
« Tu aurais dû t'inquiéter pour toi-même ! Voilà ce que tu aurais dû faire ! » explosa finalement le maître des potions, puis en voyant l'expression butée du blond, il se calma et soupira. Il ajouta alors d'un ton, qui montrait qu'il était clairement mal-à-l'aise, ce qui était rare en vu du personnage, « Ecoute, Draco… ce que j'essaye de te faire comprendre, c'est que tu ne dois pas négliger ta propre santé. Beaucoup de personnes sont prêts à perdre leur vie pour Potter, la sureté de Potter étant l'une des plus grandes priorités dans cette guerre. Cependant, je ne veux pas que ce soit ton cas… Je refuse de voir mon filleul – qui est obligé de voir les mêmes atrocités que Potter, de partager sa douleur et ses dangers – passer au second plan.
Tu peux continuer à l'observer autant que tu veux si cela t'apporte un quelconque apaisement, mais promets-moi, que jamais tu ne feras passer sa sécurité avant la tienne. »
Draco déglutit difficilement, en entendant les paroles de Severus, sentant une étrange boule se former dans sa gorge. Etait-ce normal de se sentir si bouleverser ? Après tout ce qu'avait dit Severus n'était rien qu'il ne savait pas déjà : Severus avait prouvé de nombreuses fois à quel point il s'inquiétait pour la santé de Draco.
Puis il se sermonna mentalement pour réagir de cette façon, oui il était touché par les paroles de Severus, oui il était encore plus touché parce que cela venait de Severus qui, il le savait, ne parlait que très rarement de ses propres émotions et sentiments, oui il se sentait stupide et coupable d'avoir inquiété Severus, mais non il n'était pas un Hufflepuff, alors en bon Slytherin il allait arrêté tout de suite cette effusion de sentiments qui les rendaient mal-à-l'aise tous les deux.
« Humpf. » dit Draco, d'une fois faussement méprisante, « Le jour où je considérerais la vie de Potter plus importante que la mienne, tu finiras marié avec Sirius. »
Severus haussa un sourcil et au même moment un son suspect se fit entendre à travers la porte. Comme si quelqu'un venait de s'étouffer avec sa propre salive, d'indignation.
« J'ai du mal à voir la logique de tes propos, Draco. » susurra en réponse Severus, d'une voix dangereuse, « Surtout la fin. »
Draco eut un rire jaune, il pouvait clairement voir ou plutôt entendre le sous-entendu dans le ton qu'avait utilisé son parrain. Comment oses-tu même, pour renforcer tes propos, utiliser mon nom et celui du clébard dans la même phrase avec le verbe 'se marier' ?!
Il sursauta en sentant une main lui ébouriffer affectueusement les cheveux, avant qu'un sourire ne se forme sur son visage. C'était le signe que Severus n'était plus vraiment en colère contre lui.
Puis son parrain, se tourna vers la porte fermée ou avait retenti le son suspect et d'un coup de baguette l'ouvrit brusquement, faisant tomber, tête la première, la personne qui s'était collée contre la porte pour écouter la conversation… à savoir Sirius.
Ce dernier émit un léger glapissement, se redressant tout en touchant son nez qui manifestement avec cogné le sol, lors de sa chute, et fusilla le maître des potions du regard, qui actuellement arborait un rictus suffisant.
« Bordel, Snivellus tu l'as fais exprès ! » accusa Sirius, d'un ton furieux, « ça fait mal ! »
« Peut-être que tu devrais y réfléchir à deux fois avant d'écouter aux portes. » rétorqua Severus, avec un sourire narquois, puis observant le nez de l'Animagus, il afficha une moue déçue, « J'avais espéré qu'il se soit cassé. »
« Si tu continues comme ça c'est le tiens qui va bientôt se casser, bâtard graisseux ! »
« Stupide Clébard ! »
Draco retourna s'allonger sur son lit. Il ferma les yeux. Et, bercé par les chamailleries incessantes de Severus et Sirius, il s'endormit avec un sourire paisible sur le visage. Il était enfin de retour de chez lui et rien n'avait changé…
~HPDM~
Draco fut réveillé quelques heures plus tard par Severus.
« C'est l'heure de manger. » lui informa-t-il, tandis qu'il laissait le temps au blond d'émerger correctement du monde du sommeil.
Le blond cligna des yeux, puis hocha lentement la tête. « J'arrive. » répondit-il.
« Je ne me rappelais pas que tu avais autant de mal à te reconnecter avec la réalité d'habitude. »
Draco sursauta et se tourna immédiatement vers le côté, puis croisant le regard moqueur de Fawkes, il se détendit légèrement. Merlin, depuis combien de temps le Phénix, était-il là ?
« Essaye de faire une nuit blanche et passer une journée stressante, et tu verras si tu parviens à agir normalement après. » bougonna-t-il, en étouffant un bâillement.
« Albus m'a demandé de venir pour t'informer que tu avais raison. » l'informa alors Fawkes, en ignorant les paroles du blond.
« J'ai toujours raison. » répondit alors hautainement le blond, sur le ton de l'évidence, « Sur quoi ? »
« Harry a essayé de s'enfuir du Square, quelques instants après être rentré de l'hôpital. C'est Phineas qui l'a persuadé de rester. »
Draco soupira, tout en se pinçant l'arrête du nez, « Tellement prévisible. » marmonna-t-il, en sortant de sa chambre, se dirigeant vers la cuisine où Severus l'attendait pour dîner.
Il cligna alors des yeux, en se rendant compte qu'il manquait quelqu'un. « Sirius n'est pas là ? » demanda-t-il, d'un ton curieux.
« De l'autre côté. » se contenta de répondre Severus d'un ton indifférent, ordonnant à Draco, d'un geste de la main, de s'assoir.
« Oh… » fut la réponse du blond, en s'exécutant.
Le repas se déroula en silence, Draco jetant de temps en temps des coups d'œil du côté de la projection. Hermione venait d'arriver au Square par Magicobus et essayait actuellement de convaincre le stupide Survivant que ce qu'il faisait – à savoir s'isoler et refuser de parler à tout le monde – était totalement ridicule.
Draco eut un rictus, s'il y avait bien une personne capable de le sermonner comme ça, c'était bien Hermione. Et tandis que le trio de Gryffindor descendit dîner, le regard de Draco se tourna vers Sirius. Il semblait avoir meilleur mine et être beaucoup plus heureux que lorsque Potter était arrivé hier soir.
Le blond fronça les sourcils, en se rappelant de l'état de Sirius.
« Est-ce que… » demanda Draco, d'une voix incertaine, se demandant intérieurement s'il faisait le bon choix en demandant à Severus, «… tu as remarqué quelque chose d'étrange avec Sirius dernièrement ? »
Il vit son parrain se tendre durant un court instant, avant de répliquer d'un ton détaché, « Comment pourrais-je le savoir ? »
« Je sais que vous discutez souvent ensemble. » rétorqua le blond.
« L'état de santé du clébard ne me regarde en rien. » répliqua Severus, puis après un léger temps de pause, il ajouta d'un ton neutre, « En outre, cela ne me concerne absolument pas que cet abruti d'évadé soit mentalement instable. »
Draco fronça les sourcils, « Mentalement instable ? » répéta-t-il, d'un ton confus.
« Il a passé douze ans à Azkaban, constamment exposé aux Détraqueurs. » rappela son parrain, d'un ton rempli de dédain, « Bien sûr qu'il est mentalement instable. La moyenne des sorciers deviennent fous en moins de trois ans. »
« Mais pas Sirius ! Enfin tu l'as vu, non ? Il est parfaitement sain d'esprit ! Quand il est avec nous il –»
Draco s'arrêta net, une lueur de compréhension s'allumant dans son regard. Bien sûr ! Comment avait-il pu être aussi stupide ?! C'était évident ! Pourquoi ne s'était-il jamais posé la question ? Pourquoi avait-il trouvé ça parfaitement normale, que Sirius, qui avait passé douze ans en prison, puisse agir presque normalement comme si rien ne s'était passé ? Ce n'était pas que Sirius avait réussi à oublier Azkaban, ou qu'il n'avait pas été traumatisé par ça… Non c'était juste parce qu'avec tous les évènements qui s'étaient déroulés après son évasion, il n'avait pas eu le temps d'y songer. Et puis il était constamment en présence de Draco, Severus, ou même Potter, ce qui permettait de le distraire efficacement.
Mais maintenant que Dumbledore avait décidé d'utiliser le Square comme le QG de l'Ordre, Sirius ne pouvait plus se permettre de sortir comme avant… Il était seul dans cette maison, avec très peu de chose pour le distraire. Bien sûr que les souvenirs d'Azkaban allaient revenir le hanter ! Livré à lui-même, seul face à ses démons intérieurs ! Quiconque sombrerait face à cette situation !
Draco serra les poings si fort que ses jointures blanchirent. Il s'en voulait, il en voulait aussi à Potter, de ne pas avoir remarqué à quel point Sirius était mal en point sans eux. Il en voulait à Dumbledore pour avoir placé Sirius dans cette situation. Il en voulait à Severus pour avoir remarqué le malaise de Sirius et l'avoir ignoré. Draco s'arrêté net dans ses pensées. A moins que –
Levant les yeux, en direction de Severus, il vit que ce dernier continuait de manger tranquillement, comme si Draco ne s'était pas arrêté soudainement dans sa phrase, presque comme s'il s'y était attendu. D'ailleurs le blond, avait même presque l'impression d'avoir vu durant un très court instant l'ombre d'un petit sourire satisfait sur le visage de son parrain.
Une lueur de détermination s'alluma alors dans les yeux de Draco, tandis qu'un plan commençait déjà à se former dans sa tête.
~HPDM~
Le jour de Noël arriva et Sirius semblait plus heureux que jamais, allant même jusqu'à chanter des quantiques, tandis qu'il aidait les autres à décorer Square Grimmauld.
Draco eut un petit sourire amusé en voyant son comportement, et son sourire s'agrandit quand il remarqua le tas de cadeaux qui se trouvaient au pied de son lit. Mais il n'y toucha pas – Sirius ayant réussi à les convaincre, Severus et lui, de l'attendre pour ouvrir les cadeaux. Comment Sirius avait réussi à convaincre Severus était un grand mystère. Mais Draco décida que pour sa santé mentale, mieux valait ne pas se poser de question là-dessus.
Son regard se tourna finalement vers un énorme livre qui trônait sur son bureau. Il avait demandé de l'aide – et l'autorisation, pour faire bonne mesure – à Dumbledore pour l'aider à réaliser ses plans. Et pour toute réponse, le directeur lui avait envoyé via Fawkes, cet énorme bouquin, accompagné d'un petit mot 'Bonne chance et joyeux Noël'.
Draco soupira, et commença la lecture.
Quelques heures plus tard, il tomba finalement sur ce qu'il cherchait et il manqua de pousser un cri de joie, mais se retint de justesse ne voulant pas alarmer Severus qui l'aurait très certainement entendu. Il se mit alors attentivement les instructions plusieurs fois, pour être sûr de ne rien oublier d'important, et finalement se mit au travail. Apprendre à réaliser ce sort allait très certainement lui prendre du temps. Il espérait juste pouvoir le finir avant son retour à Hogwarts.
Il fut cependant interrompu deux heures plus tard par un Sirius, surexcité, qui venait de rentrer. Profitant apparemment du fait que Potter et les autres étaient partis rendre visite à Weasley-père pour revenir ici ouvrir les cadeaux.
« Cadeaux ! » cria-t-il du salon.
Draco leva les yeux au ciel, bien qu'un sourire amusé était présent sur son visage, tandis qu'il entrait dans le salon « Encore pire qu'un gosse. »
« Black, je te jure que si tu n'arrêtes pas de gigoter dans la seconde qui suit je t'attache à ta chaise. » menaça Severus, entrant à son tour dans la pièce.
Pour toute réponse Sirius lui tira puérilement la langue.
Ils se mirent alors à ouvrir leurs cadeaux en silence.
~HPDM~
Draco plissa les yeux de concentration, tandis qu'il tapotait les objets devant lui, murmurant plusieurs formules à la suite. Puis avec précaution il réduisit les différents objets qu'il inséra avec précaution à l'endroit où ils devraient être. Quand le dernier objet prit sa place, Draco poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber sur son lit, sentant sa tête tourner légèrement à cause de la grande quantité de magie qu'il avait dû utiliser.
Cela avait demandé plus de magie qu'il ne l'avait pensé… Mais il ne regrettait pas de l'avoir fait. Après tout il avait remarqué qu'au fur et à mesure que la date de son retour à Hogwarts approchait, Sirius devenait de plus en plus taciturne et grincheux, se réfugiant pendant plusieurs heures d'affilés dans sa chambre de « ce » côté. Draco avait vu que Potter avait également remarqué le comportement de Sirius, et le blond pouvait voir que le Survivant mourrait d'envie de rester au Square avec l'Animagus.
« S'il n'avait pas eu des responsabilités à Hogwarts avec son petit club de défense, il l'aurait certainement fait. » songea Draco.
Il entendit alors quelqu'un frapper à la porte, le tirant de sa réflexion.
« Entrer. » dit-il, en faisant de son mieux pour ne pas laisser paraître sa fatigue.
Severus ouvrit la porte mais n'entra pas dans la pièce.
« Je vais de l'autre côté. » lui informa-t-il, d'une voix neutre. « Je n'en ai pas pour longtemps, alors arrange-toi pour ne pas t'attirer d'ennui d'ici là. »
« Très drôle. » marmonna Draco, d'un ton sarcastique, « Tu y vas pour quoi au fait ? »
Severus se renfrogna légèrement, « Tu le sauras bien assez tôt. »
Et sur ces paroles énigmatiques, il s'en alla. L'attention de Draco se tourna alors immédiatement sur la projection, se demandant si la réponse à ses questions se trouvait du côté de Potter. Il ne fut pas déçu quand une dizaine de minutes plus tard, alors que Potter jouait aux échecs avec Weasley, il fut interrompu par Weasley-mère.
« Harry, mon chéri. » dit-elle en passant la tête par la porte entrebâillé de la chambre, « Pourrais-tu descendre dans la cuisine ? Le professeur Snape voudrait te parler. »
La mâchoire de Draco manqua de se décrocher. Severus voulait parler à Potter ?!
« Snape ? » dit Potter, l'air interdit.
« Le professeur Snape, mon chéri. » le reprit Mrs Weasley, sur un ton de reproche, « Viens vite, il a dit qu'il ne pouvait pas attendre très longtemps. »
Une ou deux minutes plus tard, Potter poussa la porte de la cuisine et Draco vit Sirius et Severus assis à la table, se lançant tous deux des regards noirs. Il régnait un silence lourd d'hostilité réciproque. Et Draco poussa un soupir exaspéré, pourquoi sentait-il que ces deux-là allait encore se battre ? En plus le ''sujet Potter'' était l'un des sujets qui avait le don de les mettre tous les deux très rapidement sur le qui-vive.
« Fantastique. » songea Draco, avec ironie.
« Euh… » dit Potter pour signaler sa présence.
« Asseyez-vous, Potter. » ordonna Severus, en tournant les yeux vers le Survivant.
« Tu sais. » dit immédiatement Sirius, d'une voix forte en se balançant sur les pieds arrière de sa chaise, le visage levé vers le plafond, « j'aimerais bien que tu évites de donner des ordres quand tu es ici. C'est ma maison je te le rappelle. »
Draco pouvait voir dans le regard de Severus, que ce dernier mourrait d'envie de donner un petit coup dans les pieds arrière de la chaise de Sirius, pour le faire tomber, mais manifestement parvint à se retenir.
« J'étais censé vous voir seul, Potter. » dit Severus, avec un rictus méprisant, qu'il mettait très souvent en place, lorsqu'il s'adressait à Potter, « Mais Black – »
« Je suis parrain. » rappela Sirius.
« Je suis venu ici sur ordre de Dumbledore. » répliqua Severus, avec irritation. « Mais reste donc avec nous, Black, je sais que tu aimes bien… participer. »
« Qu'est-ce que ça veut dire ? » rétorqua l'Animagus, en laissant sa chaise retomber sur ses quatre pieds avec un grand bruit.
« Tout simplement que tu dois te sentir… disons frustré de ne rien pouvoir faire d'utile pour l'Ordre. »
Draco esquissa un petit sourire. C'était la première fois qu'il voyait Severus et Sirius interagir ensemble en présence de Potter, et il pouvait clairement voir que leur insulte manquait de conviction.
« Le directeur m'a chargé de vous dire, Potter, qu'il souhaite vous voir prendre des cours d'occlumancie dès le début de ce trimestre. »
« Des cours de quoi ? » demanda Potter, interloqué, tandis que Draco écarquilla les yeux de surprise.
« Des cours d'Occlumancie ? Est-ce que Dumbledore compte réduire les visions comme ça ? » se demanda distraitement Draco, en écoutant attentivement la suite de la conversation.
« D'occlumancie, Potter. La défense magique de l'esprit contre les tentatives de pénétration extérieure. Une branche obscure de la magie mais très utile. »
« Et pourquoi faut-il que j'étudie l'occlu…chose ? » balbutia Potter.
« Parce que le directeur pense que c'est une bonne idée. » répondit Severus, d'une voix doucereuse, « Vous aurez des cours privés une fois par semaine mais vous n'en parlerez à personne, et surtout pas à Dolores Ombrage. Compris ? »
« Oui. » assura Potter, « Et qui me donnera des cours ? »
Severus haussa un sourcil, tandis que Draco traitait mentalement Potter d'idiot.
« Moi. » répondit le maître des potions.
~HPDM~
Draco poussa la porte d'entrée de Hogwarts, avec un soupir. Les vacances venaient tout juste de se terminer, et il était déjà mort de fatigue.
Il marcha lentement jusqu'à sa salle commune, tirant sa valise derrière. Mais il s'arrêta net, son corps se tétanisant sur place, en sentant et reconnaissant une présence derrière lui. Se retournant lentement, priant Merlin, pour que cela ne soit que son imagination, il croisa le regard de son père.
« Bonsoir père. » salua Draco, étant mentalement soulagé de ne pas avoir laissé paraître de tremblement dans sa voix.
« Draco. » susurra Lucius, en s'avançant d'un air menaçant vers son fils.
Draco par pure instinct recula de plusieurs pas, sentant le sang se glacer dans ses veines, et son cœur battre la chamade contre sa poitrine. Pourquoi son père était-il ici ? Est-ce que Draco avait fait quelque chose ?!
Lucius jouait distraitement avec sa baguette, son regard froid tourné vers Draco, et sa magie tournoyant d'un air menaçant et oppressant autour de lui.
« J'ai entendu des rumeurs… » commenta Lucius, d'un ton faussement nonchalant… « Sur toi et un de tes camarades… Comment s'appelle-t-il déjà ? Ah oui… le jeune Nott. »
Draco blanchit. Comment ? Comment son père pouvait-il être au courant ?!
« Il semblerait que vous soyez très proche. » poursuivit son père.
« C-ce n'est qu'un ami, père. » dit Draco, d'une voix tremblante.
« Vraiment ? Je n'apprécie pas vraiment que l'on me mente, Draco. » siffla dangereusement Lucius, en pointant sa baguette sur son fils, « Cela mérite une petite punition. »
Draco déglutit difficilement, sentant la panique le prendre. Incapable de bouger, il ne pouvait que regarder le rayon sortir de la baguette de Lucius, pour filer droit dans sa direction. Mais au moment où le rayon allait le toucher il rebondit soudainement, comme s'il avait touché un bouclier invisible. Ecarquillant les yeux, Draco, recula de plusieurs pas sous le coup de la surprise.
Aussitôt il entendit des bruits de pas résonnèrent à ses oreilles, et l'instant d'après, se plaçant précisément entre Draco et son père, dans une posture protectrice, se tenait son meilleur ami.
Draco écarquilla les yeux de surprise en le reconnaissant. Blaise avait changé durant ses vacances. Il dégageait à présent une énorme puissance autour de lui, et il fixait avec calme Lucius en face de lui.
« Je ne ferais pas ça, si j'étais vous, Mr Malfoy. » dit-il, d'une voix posée, mais l'on pouvait clairement entendre l'avertissement dans sa voix. « Je ne vous laisserai pas blesser Draco. »
« Mais je ne comptais pas le blesser, Mr Zabini. » contredit Lucius, « Juste le remettre à sa place. »
« Je crains que ça ne soit pas possible non plus. » répliqua Blaise, ne bronchant pas en voyant la baguette de Lucius pointé vers lui.
Lucius Malfoy plissa les yeux de colère, mais soudainement son visage s'éclaira. Une lueur de compréhension prenant place dans son regard.
« Oh… » commenta-t-il, son regard voyageant de Blaise à Draco « Alors c'est ça, hein… ? », puis ses yeux plongèrent dans ceux de Draco, un rictus méprisant et moqueur prenant place sur son visage, « Il semblerait que tu aies beaucoup de succès auprès de la gente masculine, Draco. »
Draco fronça les sourcils, d'un air confus, tandis que Blaise se décala légèrement sur le côté de telle sorte que Lucius ne puisse plus voir totalement le blond. Bien que ce dernier pouvait encore voir la partie inférieure du visage de son part.
« Dîtes-moi Mr Zabini… » susurra alors Lucius, un rictus mauvais se formant sur son visage, « … est-ce que Draco est au courant que la seule raison pour laquelle vous êtes ami avec lui est la malédiction qui coule dans vos veines ? »
TO BE CONTINUED !
Voilà, j'espère que cela vous aura plu ! j'ai l'impression que ce chapitre était vachement guimauve, ça m'a fait un peu bizarre ^^
Enfin au prochain chapitre, vous saurez ENFIN le secret de Blaise, et aussi ce qu'a trafiqué Draco pendant les vacances pour aider Sirius !
Merci pour vos reviews et d'avoir lu jusque là !
See Ya !
