Harry Potter et la mémoire du dragon

Rating : M

Pairing : HPDM (progressif)

Disclaimer : Les personnages, les lieux ne sont pas à moi... et pourtant c'était pas faute d'essayer de convaincre J.K Rowling de me les laisser...

Note : les noms des lieux et de certains personnages sont dans leurs versions originales... désolée pour ceux que ça gêne... mais je trouve absolument horrible les noms comme Rogue... ou Drago.

Note 2 : J'essaye un maximum d'être cohérente avec les livres (d'ailleurs pour l es dialogues et quelques descriptions je dois avoir le bouquin à côté pour ne pas déformer certaines choses), mais je vous prie de m'excuser d'avances si je ne l'étais pas ! (même si je pense être d'un niveau acceptable de ce niveau là )...

#Petit rappel

- Draco et Théo sortent ensemble

- Blaise ne rentre que très tard le soir, car il doit "étudier", il étudie dans une salle qui se situerait apparemment au-dessus de la salle commune des Slytherins

- En tant que chef de famille des Blacks, Sirius a une sorte de connexion avec la maison familiale qui est sensé lui permettre de savoir si quelqu'un s'introduit dans la maison... Mais ce lien s'est considérablement dilué avec le temps.

- Harry et Draco ont une connexion mentale, qui fait que lorsqu'ils se touchent , Harry peut entendre les pensées de Draco, et Draco peut ressentir les émotions d'Harry

- Draco est en possession d'une montre sorcière, ce qui lui avait permis de déterminer que malgré tout ce temps (13 ans) passer dans les souvenirs il ne s'était écoulé que 3 secondes dans la réalité (cf : chapitre 36)

- Draco, durant les vacances au Square, a travaillé ardemment sur un cadeau pour Sirius.

- Draco est sensible à la magie. Théo possède une capacité qui permet d'influencer l'état d'esprit des autres. Son don est particulièrement efficace sur Draco.

Résumé du chapitre précédent : Rentrant tout juste des vacances de Noël, Draco fait la rencontre de son père dans un des couloirs de Hogwarts. Blaise fait alors soudainement apparition pour l'aider... C'est alors que Lucius évoque une malédiction qui toucherait Blaise.

Enjoy !


LIVRE CINQUIEME : Draco Malfoy and the Order of the Phoenix

Chapitre 85 : Cadeaux, Reconnaissance & Dague

Draco sentit son sang se glacer dans ses veines et avait l'impression que son esprit venait de se vider presque entièrement. Bien entendu seules les paroles de son père semblaient être présentes et elles semblaient même résonner si fort que c'était totalement impossible pour lui de l'ignorer. Est-ce que Draco est au courant que la seule raison pour laquelle vous êtes ami avec lui est la malédiction qui coule dans vos veines ?

De quoi son père parlait-il ? Une malédiction ? Laquelle ? Pourquoi n'était-il pas au courant ?

« Je vous conseillerai de ne pas parler de ce dont vous ne savez pas, Mr Malfoy. » répliqua calmement Blaise, d'un ton toujours aussi anormalement calme, mais Draco pouvait voir que son meilleur ami avait les dents serrés signes qu'il était tendu.

« Mais au contraire, Mr Zabini… » susurra Lucius d'un ton mielleux qui donnait des frissons à son fils, «… je sais exactement de quoi je parle. J'ai pris la peine de faire quelques recherches. Après tout j'ai toujours trouvé la… particularité de votre famille fascinante. »

Les yeux de Blaise s'assombrirent alors considérablement, son animosité qui jusqu'à présent était subtilement suggéré, était à présent clairement visible.

« Dans ce cas, je pense que vous comprenez les risques encourus en persistant dans cette direction. » grinça-t-il, « Et nous savons tous les deux que le résultat ne vous sera pas forcément favorable, bien au contraire. »

Les deux s'affrontèrent du regard durant un instant qui s'assimilait à des heures aux yeux de Draco, la tension ambiante augmentant d'un cran, proportionnellement à leur magie respective qui tournoyait violemment autour d'eux.

Mais Draco réalisa, qu'étrangement leur magie ne semblait pas l'affecter. Oh, bien sûr il sentait toujours les picotements caractéristiques d'une activité magique, mais sans aucunes autres sensations néfastes. En fait, songea-t-il, c'était comme si un dôme s'était soudainement formé autour de lui, le protégeant de toutes attaques.

Puis la présence magique d'un des d'autres disparut soudainement, le faisant sursauter. Il écarquilla les yeux de surprise en réalisant que c'était celle de son père qui venait de se retirer. Est-ce que son père venait réellement de céder face à Blaise ? Venait-il réellement de perdre face au meilleur ami de son fils, dans un combat de volonté et d'intimidation ? Il n'arrivait pas à y croire.

« Je prendrais en compte vos conseils. » dit Lucius d'une voix faussement diplomatique, « Après tout il serait fâcheux et fort regrettable si quelque chose venait à se produire dans l'avenir, n'est-ce pas ? Mieux vaut prendre des … précautions. »

« Je suis content d'avoir pu vous être utile, Mr Malfoy. » susurra Blaise en retour d'un ton acide, qui retranscrivait bien ce qu'il pensait réellement à ce sujet.

Lucius eut un rictus mauvais, avant que son regard ne se tourne vers Draco – même son champ de vision était partiellement bloqué par Blaise, qui était toujours stratégiquement placé entre le père et le fils.

« Je te reverrai au Manoir cet été. » dit-il, avec un clair avertissement dans la voix, « Tâche de ne pas te faire remarquer d'ici là. »

Draco déglutit, mais parvint tout de même à répondre d'une voix sans tremblement « Oui père. »

Lucius commença alors à avancer dans sa direction, et le dépassa sans plus lui accorder la moindre attention. Blaise le suivit des yeux, la tension toujours présente dans son langage corporel et l'expression de son visage, et sa magie tournoyant toujours dangereusement autour de lui. Manifestement il était préparé à se défendre – ou à attaquer Draco n'était pas sûr duquel – au cas où Lucius aurait subitement décidé de changer d'avis.

En fait il ne se détendit que quelques minutes plus tard, quand Lucius eut disparu au détour d'un couloir et quand le bruit de ses pas n'atteignit plus leurs oreilles. Il poussa un soupir de soulagement, et les traits de son visage s'adoucirent en même temps que sa magie s'apaisait petit à petit, jusqu'à disparaître complètement. Son regard se tourna alors vers Draco, et le blond pouvait presque voir l'inquiétude briller dans les yeux de son meilleur ami.

« Tu n'as rien ? » demanda Blaise, dans un murmure, l'inspectant rapidement, et lui jetant un regard qui donnait la désagréable impression à Draco d'être une demoiselle en détresse, ce qui en soit était plutôt dérangeant comme idée.

« Je vais bien. » répondit Draco, « Il n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit. »

D'ailleurs il était soulagé de ne pas avoir été exposé assez longtemps à la magie oppressive de son père pour recevoir des dommages, parce que dans le cas contraire, il était certain, qu'une autre personne aurait rappliqué aussitôt. Et Draco n'était pas un expert en relation amoureuse, mais il était pratiquement certain, que le moment n'avait pas été idéal pour présenter son petit ami à son père.

Un raclement de gorge gêné le sortit de son état pensif, et son attention se tourna vers Blaise, qui le regardait d'un air mi-mal-à-l'aise, mi-inquiet.

« Ecoute… » dit Blaise, en détournant le regard, «… au sujet de ce qu'à dit ton père –»

Draco se tendit légèrement. C'était drôle de se rendre compte que l'homme avait une extraordinaire facilité à ignorer ou oublier ce qu'il ne voulait absolument pas faire face. « Je crois qu'on appelle ça le déni… »

« … je te dois des explications et des clarifications je suppose… » poursuivit Blaise, «… mais je ne pense pas pouvoir le faire tout de suite, j'ai quelques détails à régler avant… Mais donne-moi quelques jours et je te promets de tout t'expliquer dans le moindre détail.»

Le blond inspira profondément, avant d'hocher lentement la tête, tandis que Blaise poussa un soupir de soulagement.

~HPDM~

Draco ne s'attendit pas quelques heures plus tard en ouvrant la porte des appartements de son parrain, de se faire sauter dessus pas un gros chien noir qui aboya joyeusement. Il soupira en reconnaissant immédiatement l'animal et referma immédiatement la porte.

« J'aurais dû me douter que tu n'avais aucune maîtrise de soi… » dit-il d'un las, en regardant le chien sautillé, d'un air exaspéré.

« Tu aurais dû te douter… » confirma Sirius qui, avec un énorme sourire sur le visage, venait de reprendre forme humaine «… qu'en m'offrant un cadeau pareil j'aurais voulu le tester immédiatement ! »

Il leva fièrement son poignet où était attachée une montre scintillante.

Draco sourit malgré lui devant le comportement immature de son cousin. Au même moment, Severus sortit de sa chambre et s'arrêta net dans son mouvement, manifestement surpris par la présence de Sirius dans ses appartements, puis son regard se porta sur la montra que Sirius était toujours en train de mettre en évidence et soupira, comprenant rapidement la situation.

« Tu n'as pas intérêt à tourner mon filleul en un délinquant, briseur de règles et sans respects pour autrui, comme toi et tes semblables »

Sirius haussa un sourcil, un sourire amusé sur les lèvres.

« Est-ce que tu dormais durant ces cinq dernières années ? Parce que d'après ce que j'ai entendu dire, Draco aurait déjà brisé les règles une bonne cinquantaine de fois depuis sa première année. En fait Draco est déjà un Marauder accompli ! » clama Sirius, en regardant son cousin avec fierté. « Et puis, ceci, ( il pointa la montre du doigt) est sa première invention en temps que Marauder. »

« C'est faux. » rétorqua Severus, en levant les yeux au ciel, « Cette montre est juste la preuve que mon filleul est particulièrement avancé pour quelqu'un de son âge »

« Pfeu. » grommela l'Animagus, d'un ton rempli de dédain, « Tu es juste jaloux que sa première invention soit un cadeau pour moi.»

~Flash-Back~

Sirius cligna des yeux en observant la montre que lui tendait Draco. « Tu sais ce n'est pas parce que je t'ai offert une montre sorcière pour Noël que tu dois ressentir le besoin de faire de même quelques jours après. » signala-t-il, d'une voix remplie de confusion, « Surtout que tu m'as déjà offert un cadeau. »

Draco leva les yeux au ciel. « Ce n'est pas une montre ordinaire… En fait je dirais même qu'elle est unique. Faite spécialement pour toi. »

Cela eut le mérite d'éveiller la curiosité de Sirius, qui observait à présent beaucoup plus attentivement la montre.

« Dis-moi s'en plus. » demanda finalement le brun, d'un ton excité, presque comme un enfant qui venait juste de recevoir un nouveau cadeau dont il n'avait aucune idée du fonctionnement.

« Commence déjà par la mettre. » ordonna gentiment Draco.

Son cousin s'exécuta sans aucune hésitation, attendant avec impatience les prochaines instructions.

« Ensuite ? » pressa-t-il.

Un petit sourire narquois prit alors place sur le visage de Draco, tandis qu'il lui tendait un petit morceau de parchemin. « Le mot de passe. » informa le blond, d'un ton désinvolte, faisant un grand effort pour ne pas montrer son amusement.

Le regard de Sirius passa brièvement sur le parchemin et il fit la moue. « C'était vraiment nécessaire comme mot de passe ? » se plaignit-il.

« On va dire que c'est ma petite vengeance pour le Padfoot's Time. » se contenta de répondre Draco en faisant mine d'être absorbé par ses ongles.

Sirius soupira dramatiquement et bougonna « I always need to think before acting.»

Aussitôt sa montre s'illumina, et Sirius regardait avec curiosité, une petite sphère bleue qui était incrustée dans la montre, projeter plusieurs noms à la hauteur de ses yeux : Draco Malfoy. Severus Snape. Sirius Black.

Il cligna des yeux plusieurs fois, puis jeta un regard interrogateur à son cousin.

Ce dernier se racla la gorge et entama son explication. « La première petite sphère – bleue – a pour but de renforcer ton rôle en tant que chef de la famille Black. Elle amplifie en quelques sortes ton lien avec la demeure familiale. Les noms que tu vois apparaître sont ceux actuellement présents dans la maison. Ainsi tu pourras savoir exactement, à chaque instant, qui est présent à Square Grimmauld. »

« C'est un dérivé de la Carte des Marauder, mais pour le Square. » en déduisit Sirius, clairement impressionné, « ça a dû te prendre un temps fou pour faire ça… Ce n'est pas vraiment un sort qu'un sorcier n'ayant même pas encore ses OWLs pourrait réaliser. »

Draco se força à ne pas montrer son embarras devant les compliments de son cousin, et jugea plus sûr de continuer les explications, « En fait, la première sphère n'est pas l'élément principal de la montre… En fait ce n'est qu'un outil, qui éviterait certains désagréments. »

L'Animagus fronça les sourcils, mais ne commenta pas, préférant attendre que le blond développe.

« Comment est-ce que je vais réussir à expliquer ça, sans sembler être complètement Hufflepuff ? » se demanda Draco.

« Hum… » hésita-t-il, « J'ai remarqué que tu ne semblais… pas en forme, ces derniers temps… Et j'ai vu aussi que tu semblais détester être enfermé dans cette maison avec pour seule compagnie un elfe de maison désagréable… Et puis j'ai pensé que les seules raisons pour laquelle tu ne sortais pas étaient parce que Tu-Sais-Qui était au courant pour ta forme Animagus et qu'il serait dangereux pour toi de sortir, mais aussi parce que tu ne peux pas te permettre de laisser la maison vide, puisque tu dois accueillir les membres de l'Ordre qui viendraient de temps en temps…

Et euh… sans offense, hein ? Mais le rôle d'hôte de maison ne te va absolument pas, tu n'es pas une sorte de Molly Weasley… (Draco reprit son souffle, et fit en sorte de regarder partout sauf vers Sirius)

Donc… hum… c'est pour ça que j'ai pensé que tu apprécierais de pouvoir retourner à Hogwarts comme avant… enfin je veux dire, tu vivais quasiment dans les appartements de Severus l'année dernière… Donc la deuxième sphère – la verte – est un portoloin modifié, qui te donne accès aux appartements de Severus quand tu le souhaites. Il a un sort spécial qui te permet de passer les protections de Hogwarts sans problème…

La troisième sphère – la rouge – est évidemment un portoloin qui te ramènerait ici. Comme ça tu pourrais rester à Hogwarts et dès que tu vois quelqu'un entrer dans le Square, tu pourrais y aller et faire comme si de rien n'était…

Ah et la montre ne marche que avec toi… Et il y a un sort de protection autour, donc normalement elle ne devrait pas pouvoir se casser. Et enfin voilà… c'est tout… »

A la fin de sa tirade, Draco jeta un timide regard vers son cousin, jaugeant sa réaction, il écarquilla les yeux de surprise en remarquant que Sirius semblait complètement tétanisé sur place.

« Sirius ? » appela le blond, se demandant si la montre avait été une bonne idée finalement.

Mais il n'eut pas l'occasion de débattre à ce sujet plus longtemps car l'instant d'après il sentit deux bras forts l'enserrer.

« Merci, Merci, Merci… » ne cessait de chuchoter à son oreille Sirius, la voix remplie d'une myriade d'émotions.

Draco, dont les bras pendaient le long du corps, les leva pour répondre maladroitement à l'étreinte, sentant une étrange boule se former dans sa gorge. Il y avait tellement de gratitude et de joie dans la voix de Sirius, qu'il se sermonnait lui-même pour ne pas avoir pensé à faire quelque chose comme ça plus tôt. Même si la partie logique de son esprit lui rappelait qu'il n'aurait pas pu savoir quelque chose comme ça et qu'il devait absolument arrêter de continuer sur cette ligne de penser parce que cela le rendait beaucoup trop Hufflepuff.

« Il serait souhaitable que tu arrêtes d'essayer d'étrangler mon filleul pour qu'il puisse enfin aller faire ses valises. » intervint soudainement Severus, qui venait d'entrer dans la cuisine, les faisant sursauter tous les deux.

~Fin du Flash-Back~

« Pourquoi, par Merlin, serai-je jaloux de toi ? » demanda sarcastiquement Severus, en levant les yeux au ciel, puis décidant d'ignorer complètement l'Animagus, il se tourna vers Draco, lui jetant un regard inquisiteur, « Est-ce que tu es juste venu pour une visite de courtoisie ? »

Draco se tendit soudainement. Le fait de voir Sirius, lui avait complètement fait oublier la raison de sa visite. « Hum… » commença-t-il, d'un ton hésitant, « Père est venu à Hogwarts et –»

Il n'eut même pas le temps de terminer sa phrase que déjà les deux autres réagirent au quart de tour.

« QUOI ?! » cria Sirius, tandis que Severus avait traversé toute la pièce à toute vitesse, baguette levée prêt à l'ausculter.

Draco soupira, « En rentrant à Hogwarts, et voulant me diriger vers ma salle commune, je l'ai… euh… croisé en chemin. »

Severus plissa soudainement les yeux. « Cela fait deux heures, depuis ton retour à Hogwarts, Draco… Pourquoi n'es-tu pas immédiatement venu me voir ? »

« Parce que cette fois j'en étais sorti indemne alors je pensais que je pouvais attendre un peu avant de t'en informer… Et puis je devais laisser ma valise à mon dortoir… » se justifia Draco, « Arrivé à la salle commune je suis tombé sur Théo et Pansy qui s'inquiétaient de mon retard et donc j'ai dû les rassurer… Et avant que je ne m'en rende compte deux heures étaient passées. »

Il était évident que Severus n'était pas satisfait avec son explication, mais il ne fit néanmoins aucun commentaire là-dessus, se concentrant sur ses sorts de diagnostics. Une fois qu'il se fut assuré que Draco allait vraiment bien, il se détendit un peu, et d'un mouvement de la main, invita le blond à s'assoir sur l'un des canapés.

Draco s'exécuta et suite à la demande de Sirius, leur expliqua ce qui s'était produit. Il décida cependant de ne pas parler de la 'malédiction' qu'avait évoqué son père.

« J'aime bien ce Blaise. » commenta finalement Sirius, une fois que Draco eut terminé, « C'est un brave petit. »

Severus leva les yeux au ciel et murmura quelque chose qui ressemblait à 'stupide Gryffindor', ce qui fit sourire Draco.

~ HPDM~

« Alors la montre sorcière dont tu m'as parlé et que tu es actuellement en train de porter était un cadeau de Sirius… » souffla Harry, avec une voix chargée d'émotions qu'il ne voulait absolument pas analyser.

Draco hocha la tête et remonta sa manche, dévoilant la montre en question.

Le brun s'approcha et effleura l'objet délicatement, comme si c'était un objet extrêmement fragile qu'il avait peur de casser.

« Tu sais… » dit le rouge et or, d'une voix qui ne dépassait pas un murmure, son regard toujours fixé sur la montre «…Je m'en suis toujours voulu de ne pas avoir pu faire quoi que ce soit pour aider Sirius… Je le voyais hanter par son passé, par sa vengeance et sa frustration de devoir rester enfermer seule dans une maison qu'il déteste… Après les vacances de Noël, j'avais été tenté de tout abandonner… de ne plus retourner à Hogwarts et rester auprès de Sirius… Et la seule chose qui m'avait retenu était que j'avais encore des responsabilités auprès de l'AD, je ne pouvais pas les laisser affronter ça seul…

Mais au plus profond de moi… Je m'étais toujours demandé… Que se serait-il passé si je n'avais pas été un filleul indigne et n'avais pas jugé comme moins important les problèmes de mon parrain ? Sirius aurait encore été en vie… Et bien des choses auraient pu être évitées…

Et puis quand bien même sa… mort, aurait été un évènement inévitable, alors j'aurais pu profiter des instants passés auprès de lui… Je l'aurais aidé à guérir… qu'il n'est pas à affronter ça tout seul… qu'il ne nous quitte pas en ayant l'impression d'être seul et incompris… »

Draco écoutait ce que disait le Survivant, sentant une étrange boule se former dans sa gorge. Sensation qui s'amplifia lorsqu'Harry détourna le regard de la montre et plongea ses yeux verts dans les siens. Le brun avait les yeux brillants de larmes retenus, et son expression laissait entrevoir un énorme désarroi. Si bien que Draco était complètement tétanisé sur place, ne sachant absolument pas comment réagir.

Mais avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, Harry reprit la parole.

« Mais maintenant que j'ai vu tout ça (il fit un mouvement circulaire pour désigner les souvenirs), que j'ai vu l'expression qu'il avait quand tu lui as expliqué pour sa montre… Je ne peux qu'être soulagé… Je suis tellement heureux que même si je n'ai pas pu être là pour lui, que quelqu'un soit parvenu à l'aider… que quelqu'un soit parvenu à lui faire oublier, même momentanément, son passé… Merlin, Draco, je te suis tellement reconnaissant de lui avoir offert une échappatoire à cet enfer… Même si je l'avais voulu, je n'aurais jamais pu faire la moitié de ce que tu as fait pour lui… Merci infiniment de lui avoir donné un sentiment de normalité, d'appartenir quelque part, après tout ce qu'il avait subi… Merci de l'avoir rendu heureux jusqu'à la fin… Et Merlin je suis tellement désolé d'avoir gâché tout ça… »

Cette fois les larmes coulèrent librement sur les joues d'Harry, et Draco sentait les siens commencer à piquer, mais fit de son mieux pour ne pas montrer à quel point il était touché par ce que venait de dire le brun. Il n'était pas sûr de faire confiance à sa voix pour parler, alors il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Il serra Harry contre lui, et sentit immédiatement tout le désarroi, la tristesse et la culpabilité du brun l'envahir, mais il se força à passer outre et l'embrassa. D'abord doucement, presqu'avec tendresse puis finalement en réponse aux émotions d'Harry, le baiser se fit désespéré, violent… Ils cherchaient tous deux le réconfort dans le bras de l'autre, essayant de ne pas perdre pieds… de ne pas se laisser submerger par le deuil qu'aucun d'eux n'avait encore réussi à faire…

Et tous deux ne pouvaient que redouter le moment où ils devront revivre l'inévitable cauchemar du Département des Mystères.

~HPDM~

Le lendemain, les cours reprirent et Draco se rendit vite compte que Blaise semblait l'éviter comme la peste, semblant éviter ses regards en classe, étant toujours le premier sorti pour la fin d'une heure de cours, le dernier arrivé pour le début d'une autre. Pansy et Théo avaient bien entendu remarqué cette soudaine distance entre Draco et Blaise et ne cessèrent de jeter des regards interrogateurs à Draco. Mais ce dernier se contenta de secouer la tête, leur faisant comprendre que c'était un problème uniquement entre Blaise et lui.

« Bonjour Harry. »

Cela fit sursauter Draco, qui perdit dans ses pensées, jeta un regard curieux vers la projection, se demandant si c'était encore l'un des membres du petit club de Potter qui voulait lui demander s'il y aurait une réunion ce soir.

« Ah… » songea-t-il, en reconnaissant la personne, « Chang. »

Draco ignora l'irritation qui l'envahit et tendit les oreilles pour mieux écouter.

« Tu as passé un bon Noël ? » demanda Chang.

« Oui pas mal. » répondit Potter.

« Le mien était plutôt calme… » poursuivit-elle, « Heu… Il y a une autre sortie à Hogsmeade le mois prochain tu as vu ? »

« Quoi ? Ah non, je n'ai pas encore regardé le tableau d'affichage depuis mon retour. »

« C'est le jour de la Saint-Valentin. »

Draco leva les yeux au ciel, se demandant si Chang pensait être subtile ou quelque chose comme ça… Après tout il était certain que tout le monde avait déjà compris ce qu'elle essayait de demander. »

« Ah très bien… » dit Potter, d'une voix blanche.

Le blond ricana. Ok, rectifia-t-il, mentalement, tout le monde sauf Potter avait déjà compris ce qu'elle essayait de faire. Le pauvre Gryffindor semblait complètement paumé se demandant manifestement pourquoi elle lui parlait d'une sortie qui n'aurait lui que le mois prochain.

« J'imagine que tu veux –» commença Potter.

« Seulement si tu le veux aussi. » s'empressa d'ajouter Chang.

Potter écarquilla les yeux, et la regardait d'un air étonné. Manifestement quoi qu'il s'apprêtait à dire, n'était pas une invitation à sortir…

« Comptez sur Potter pour être totalement hors de la plaque… »

« Je… Heu… » balbutia-t-il, totalement perdu, pour le grand amusement de Draco, qui trouvait ça extrêmement divertissant.

« Oh ce n'est pas grave… » dit Chang l'air mortifié, « Ne t'inquiète pas… A… à un de ces jours. »

Potter la regarda s'éloigner, avec un froncement de sourcil, faisant manifestement travailler frénétiquement ses méninges. Quand tout à coup il semblait avoir une illumination et fonça après Chang.

Draco leva les yeux au ciel, devant la stupidité du Survivant.

~HPDM~

A dix-huit heures, Draco monta dans son dortoir, regardant la projection avec appréhension : c'était l'heure du cours d'Occlumancie de Potter. Le blond se demandait sincèrement comment il allait réagir face à l'intrusion de l'esprit de Potter. Est-ce que cela allait être comme les rêves ? Pires ?

Il secoua la tête et sursauta en entendant des bruits de pas derrière lui, se retournant il eut un petit sourire en reconnaissant Théo.

« Est-ce qu'il y a une raison particulière pour que tu ailles te coucher à six heures du soir sans même avoir encore diner ? » demanda Théo avec curiosité en refermant la porte du dortoir.

« Peut-être que j'ai vraiment sommeil. » proposa sans conviction Draco, écoutant d'une oreille discrète les explications de Severus à Potter concernant l'Occlumancie.

Théo haussa un sourcil, mais ne commenta pas. Se dirigeant simplement vers son lit, piochant un livre dans sa malle et commençant à lire sans poser de questions.

Draco se dirigea également vers le sien, et s'assit en tailleur dessus, regardant d'un air concentré la projection.

« Pourquoi dois-je apprendre l'Occlumancie ? » demanda Potter.

Severus dévisagea Potter, comme s'il se demandait pourquoi ce garçon était aussi stupide. Mais il lui répondit néanmoins.

« Les règles habituelles ne paraissent pas s'appliquer à vous, Potter. Le maléfice qui a failli vous tuer semble avoir établi une sorte de connexion entre vous et le Seigneur des Ténèbres. L'observation laisser penser qu'à certains moments, lorsque votre esprit est le plus détendu et le plus vulnérable – quand vous êtes endormi par exemple – , vous partagez ses pensées et ses émotions. Le directeur estime qu'il n'est pas souhaitable que cette situation se prolonge. Il désire donc que je vous apprenne à interdire l'accès de votre esprit au Seigneur des Ténèbres. »

Potter fronça les sourcils. « Mais pourquoi le professeur Dumbledore veut-il y mettre fin ? » demanda-t-il, « Je ne peux pas dire que ça me plaise beaucoup mais c'est quand même utile, non ? J'ai vu ce serpent attaquer Mr Weasley. Si je n'avais rien vu du tout, le professeur Dumbledore n'aurait pas pu le sauver à temps, vous ne croyez pas Monsieur ? »

Draco cligna des yeux, se disant pour une fois que Potter semblait utiliser sa tête avant de parler et que ce qu'il disait avait du sens.

Severus sembla penser la même chose car il observa Potter pendant quelques instants. Et quand il reprit la parole, il s'exprima lentement, posément, comme s'il pesait le pour et le contre.

« Il apparaît que le Seigneur des Ténèbres n'a pris conscience de cette connexion entre vous et lui que très récemment. Jusqu'alors, il semble que vous éprouviez ses émotions et que vous partagiez ses pensées sans qu'il en ait connaissance. Cependant, la vision que vous avez eue peu avant Noël a représenté une intrusion si puissante dans les pensées du Seigneur des Ténèbres –»

« J'étais dans la tête du serpent, pas dans la sienne ! » coupa Potter.

« Ne m'interrompez pas Potter. » siffla Severus, d'un ton agacé, « Il semble que vous vous soyez trouvé dans la tête du serpent pare que c'était là qu'était le Seigneur des Ténèbres à ce moment précis. Il avait pris possession du reptile et c'est pourquoi vous avez rêvé que vous étiez à l'intérieur.

Le point important, c'est que le Seigneur des Ténèbres sait maintenant que vous accès à ses pensées et à ses émotions. Il en a déduit que le processus pouvait sans doute s'inverser, c'est-à-dire que lui aussi avait la possibilité d'accéder à vos pensées et vos émotions.»

Potter semblait comprendre l'ampleur de la situation car il interrogea d'un ton tendu, « Et il pourrait essayer de me faire faire des choses ? »

« Il pourrait en effet. » confirma froidement le Maître des Potions, « Ce qui nous ramène à l'Occlumancie. »

Il sortit sa baguette et retira plusieurs souvenirs qu'il déposa dans la pensine que Dumbledore lui avait visiblement prêtée. Draco était pratiquement certain que les souvenirs étaient au sujet de Sirius, James Potter et Lily Evans. Le blond se tendit soudainement en entendant les instructions de Severus.

« Levez-vous et sortez votre baguette Potter. Vous pouvez utilisez votre baguette pour essayer de me désarmer ou de vous défendre de la manière qui vous conviendra. »

Draco retint son souffle tandis que Potter s'exécutait. C'était stupide, pourquoi était-il celui qui était nerveux alors que c'était l'esprit de Potter qui se faisait envahir ? Quoi que, reconsidéra Draco, en remarquant l'inquiétude dans les yeux du Survivant.

« Qu'est-ce que vous allez faire ? » demanda Potter, d'un ton nerveux.

« Je vais essayer d'entrer de force dans votre esprit. » expliqua Severus à mi-voix, « Nous verrons si vous parvenez à résister. On m'a dit que vous aviez déjà montré certaines aptitudes à combattre le sortilège de l'Imperium. Vous verrez qu'il faut faire appel à des pouvoirs similaires dans le cas présent… Préparez-vous... Legilimens ! »

Draco grimaça, sentant un désagréable élancement se manifestant presqu'immédiatement quelque part dans sa tête. Ce n'était pas spécialement douloureux – non Draco avait déjà dû subir bien pire – mais ça se rapprochait de la sensation que l'on avait lorsque quelqu'un ne cessait de nous tapoter la tête avec un doigt : c'était horriblement dérangeant et irritant.

Il ne savait pas quels souvenirs Severus était en train de découvrir dans la tête du Survivant, cependant en vue dans la tête de Potter, cela ne devait pas être très plaisant.

Puis soudainement un rayon sortit de la baguette du Gryffindor filant droit sur la main de Severus, qui grimaça imperceptiblement, avant de sortir de la tête de Potter. Ce dernier tomba par terre se cognant violemment le genou contre un pied de table dans le processus, puis ses yeux semblèrent se focaliser à nouveau dans la réalité, se rendant compte de la position dans laquelle il était.

« Vous avez fait exprès de lancer un maléfice Cuisant ? » demanda Severus, avec froideur.

Draco fronça les sourcils. Quelque chose clochait dans le temps de son parrain…

« Non. » répondit Potter, d'un ton amer en se relevant.

« C'est bien ce que je pensais… » dit le maître des potions, avec mépris, qui aux oreilles du blond manquait clairement de conviction, « Vous m'avez laissé entrer trop loin. Vous avez perdu tout contrôle. »

Le visage de Potter se décomposa légèrement, « Vous avez vu tout ce que j'avais dans la tête ? » s'inquiéta-t-il.

« Par éclairs. » répondit Severus, la lèvre retroussée et le ton crispée, comme s'il essayait à tout prix de ne pas montrer ce qu'il ressentait face aux souvenirs de Potter. Etait-ce du regret ? De la colère ? Draco n'était pas vraiment sûr, peut-être était-ce même un mélange des deux. Mais une chose était sûre, quoique Severus ait vu cela l'avait grandement perturbé…Du moins assez pour ne pas parvenir à rester totalement impassible. « A qui appartenait le chien ? »

« A ma tante Marge. » dit Potter, avec haine.

Potter pensait manifestement que Severus voulait se moquer de lui. L'imbécile ! Ce n'était pas parce que Severus détestait Potter qu'il allait forcément l'enfoncer à chaque occasion qui se présentait à lui ! Surtout que – si les souvenirs concernaient bien ce à quoi Draco pensait, c'est-à-dire l'enfance guère aimante de Potter – cela concernait un sujet assez sensible.

Mais Draco ne put pas profiter bien longtemps de cette occasion pour disserter de la stupidité légendaire de Potter car bientôt Severus plongea à nouveau dans la tête de Potter, rappelant de plein fouet bien entendu la sensation désagréable à l'arrière de la tête du blond.

Puis ils recommencèrent à de nombreuses reprises, jusqu'à ce que l'inévitable arriva : la sensation était devenue telle, que cela attira l'attention d'un certain Slytherin.

« Draco ? » appela Théo, en parcourant les quelques mètres qui séparait son lit de celui de Draco, « Est-ce que tout va bien ? »

Draco envisagea brièvement la possibilité de faire comme si de rien n'était, mais décida rapidement que cela serait très contre-productif.

« Un léger mal de tête. » répondit le blond, en haussant les épaules, « J'ai connu pire… »

« Je n'en doute pas… » commenta le Slytherin solitaire, marquant une courte pause devant le lit de Draco, avant de finalement décider de s'y assoir faisant face au blond, « Est-ce que c'est à cause du sort ? »

Là encore, mentir serait contre-productif, il hocha la tête, se demandant si cela avait été une bonne idée de lui parler du sort après tout. Non, décida-t-il, après réflexion, lui parler du sort avait été la meilleure chose à faire… S'il ne l'avait pas fait, Théo aurait continué de lui poser des questions encore et encore, et peut-être qu'il aurait découvert la vérité par lui-même, toute la vérité. Ce qui n'était certainement pas souhaitable.

Il sursauta en sentant une main toucher délicatement l'arrière de sa tête.

« Laisse-moi t'aider. » chuchota Théo, le regardant d'une telle manière, que Draco sentit son estomac se retourner et papillons virevolter dans son bas-ventre.

Un nouvel élancement dans sa tête, lui rappela assez désagréablement que ce n'était pas de cette manière que Théo voulait l'aider. Se rendant compte que sa gorge était étrangement sèche, il se contenta d'hocher la tête en réponse. Il n'était pas sûr d'aimer les réactions qu'il avait en présence du Slytherin solitaire… C'était juste totalement étrange et nouveau…

Il sentit le matelas bouger, signe que Théo venait de se déplacer, s'attendant presqu'à sentir la main du brun le toucher, il cligna des yeux en se rendant compte qu'en fait le Slytherin solitaire s'était juste éloigner.

« Allonge-toi… » souffla alors Théo, en désignant ses genoux d'un geste de la main.

Draco le regarda sans comprendre durant un long moment, et un silence stérile s'installa dans la pièce. Avant que finalement le blond comprenne ce que voulait dire Théo. Et sa mâchoire manqua de se décrocher sous le choc, tandis que ses yeux s'étaient tellement arrondis qu'ils ressemblaient à des soucoupes.

« Q-quoi ? » balbutia Draco, d'un ton incrédule, « Pourquoi ? »

« ça sera plus confortable pour toi de cette façon. » expliqua calmement le brun, loin de se sentir gêné par sa demande.

Draco regarda les genoux de son petit-ami, avec tellement de méfiance et d'embarras – comme si ils s'étaient soudainement transformés en animal dangereux – que cela en devenait extrêmement comique.

Il s'exécuta avec hésitation et beaucoup de gêne, quelques instants plus tard, quand Severus eut la bonne idée de rentrer à nouveau dans la tête de Potter, et que la sensation désagréable refit surface dans sa tête de plein fouet.

Draco posa maladroitement sa tête sur les cuisses de Théo, sentant ses joues rougir affreusement. Il ne se rappelait pas avoir déjà été dans cette position auparavant et il se sentait complètement stupide et vulnérable. Mais il devait quand même admettre que c'était effectivement confortable.

Puis Théo commença à délicatement passer les mains dans ses cheveux, lui massant expertement la tête. Bientôt toute trace de malaise, de honte ou même de tension disparut du visage de Draco, qui ferma les yeux poussant un léger soupir de bien être…

Une pression à l'arrière de sa tête, lui vida presque littéralement l'esprit, une immense sensation de plénitude et de confort l'envahissant. Et pour la première fois depuis un long moment il parvint enfin à se détendre complètement. Toutes ses préoccupations et tous ses derniers soucis s'envolant miraculeusement… Le Seigneur des Ténèbres et ses plans obscures … Ombrage et son ambition morbide pour le ministère… Son père, qui semblait toujours mettre un point d'honneur à faire de sa vie un enfer dès qu'il commençait à être heureux… Potter et sa fichue tendance à s'attirer des ennuis et les uns après les autres à chaque seconde de son existence… Hermione et son insistance à toujours connaître la vérité… Pansy et ses étranges 'rêves' avec Diggory… Théo et les étranges réactions qu'il semblait provoquer chez Draco dernièrement…. Blaise et cette foutue malédiction, dont le blond ne connaissait toujours pas l'ampleur… Dumbledore et les informations capitales qu'il semblait dissimuler, ou refuser de divulguer… Severus et son obstinée fixation sur la santé et la sureté de son filleul… Sirius et son passé noire qui semblait toujours revenir le hanter…

Tout cela fut écarté… Seule restait la sensation de ses doigts passant dans ses cheveux, malaxant sa nuque, faisant une légère pression sur cette partie de son crâne, caressant affectueusement, presque tendrement sa tête. Et il avait l'impression de flotter littéralement sur un nuage…

Puis Draco sentit une légère pression sur ses lèvres, et il ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire contre celle de Théo.

« Je ne savais pas que m'embrasser faisait parti du lot pour ''m'aider''… » chuchota le blond, en ouvrant paresseusement les yeux et plongeant dans le regard clairement amusé du Slytherin solitaire.

« Je suppose que c'est un bonus qui va avec… » répondit-il, avec un petit sourire en coin.

Soudainement la porte s'ouvrit à la volée, laissant passer un Blaise passablement furieux, sa magie tournoyant violemment autour de lui tandis que son regard se posa sur le couple.

Draco se redressa doucement, puis haussa un sourcil, se demandant ce qui avait bien pu causer la colère de son meilleur ami. Il l'avait rarement vu aussi furieux.

« Il faut qu'on parle. » dit Blaise, d'un ton crispé, en faisant tout pour ne pas regarder en direction du blond.

Draco cligna des yeux, son cerveau prenant un peu plus de temps que d'habitude pour redémarrer et enregistrer ce que venait de dire son meilleur ami. Mais lorsque cela fut finalement le cas, il hocha la tête, amorçant un mouvement pour descendre du lit, quand il fut stoppé en plein mouvement : Théo lui avait attrapé le poignet dans un geste dissuasif, jetant un regard suspicieux en direction de Blaise.

Mais après un long regard insistant et d'avertissement de la part du blond, il le lâcha finalement avec une moue réticente. Ce qui eut pour résultat de faire lever les yeux au ciel à Draco.

« Oh pour l'amour de Merlin. » s'agaça Draco, « J'apprécierai que vous arrêtiez, tous autant que vous êtes, de me traiter comme une petite chose fragile qu'on doit protéger. Je sais encore me défendre tout seul, merci bien. »

Blaise n'attendit pas une de seconde de plus pour détourner les talons. Draco suspectait que son meilleur ami craignait de perdre le contrôle s'il restait plus longtemps dans la pièce. La raison de cette perte de contrôle par contre était assez floue. Même si… songea Draco, en jetant un regard à la dérobé à la pièce – et plus particulièrement à Théo, qui affichait une expression inquiète – il avait bien une petite idée de la raison. Il se dépêcha de suivre Blaise…

Ce dernier l'attendait avec une expression impassible dans la salle commune qui était vide. « L'heure du dîner. » en déduisit rapidement le blond.

Blaise se rapprocha alors de la cheminée, et murmura quelque chose d'inaudible aux oreilles du blond. Soudainement le feu, qui ronflait confortement dans la cheminée s'éteignit et le foyer s'agrandit laissant place à un escalier. L'autre Slytherin disparut immédiatement dans les escaliers et Draco l'imita calmement, étudiant le dos de son meilleur ami.

Le Prince des Slytherins écarquilla les yeux, en arrivant à la dernière marche de l'escalier. Il jeta un rapide regard circulaire à la pièce. Elle faisait la même taille que la salle commune, et était aménagé comme une librairie – l'effet était encore plus accentué avec les nombreuses piles de livres qui étaient entreposés un peu partout. Mais au fond il n'y avait pas grand-chose d'extraordinaire dans cette pièce… Sauf une chose. Une unique petite chose, qui avait une énorme importance.

« Cette pièce est entièrement entourée de magie… » commenta Draco, d'un ton qui se voulait nonchalant, « Une protection ou quelque chose comme ça ? »

« C'est une protection de très haut niveau. Peu importe la quantité de magie utilisée ici, personne pas même le directeur, ou toi, si on considère le fait que j'ai pu m'entraîner ici pendant je ne sais combien de temps sans que tu ne le saches, ne pourra le détecter. » expliqua Blaise, d'une voix égale, même si on parvenait toujours à y sentir la tension.

Draco retint l'envie de demander pourquoi Blaise aurait besoin d'une pièce comme ça, à la place, il demanda, « De quoi voulais-tu me parler ? »

Ses paroles eurent comme l'effet d'un détonateur, car immédiatement le masque de calme que Blaise essayait de maintenir s'effrita pour laisser place à une expression anxieuse.

« J-Je… » commença-t-il, d'une voix rauque et légèrement tremblante, « Je ne voulais pas arriver à ça… Pas maintenant…. Je pensais avoir le temps pour me faire à l'idée… Merlin… Pour me convaincre qu'au final ça serait mon unique option… »

« De quoi tu parles ? » demanda Draco, en fronçant les sourcils.

« Je pensai avoir plus de contrôle sur moi-même que ça… Mère m'avait pourtant prévenu de ne pas essayer de combattre les effets, que ça ne ferait qu'empirer la situation… » poursuivit son meilleur ami, d'une voix déchirée.

Draco inspira profondément, entendant son cœur battre à tout rompre à ses oreilles. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenaient les évènements… Et encore moins, quand il ne savait même pas de quoi l'autre Slytherin pouvait bien parler ! Quand soudainement il eut le déclic.

« Est-ce que ça a un quelconque rapport avec la malédiction ? »

Blaise se tendit encore plus en entendant les paroles du blond, il faisait exactement la même tête que quelqu'un à qui on aurait annoncé la fin imminente du monde. Donc ça concerne la malédiction, en déduisit logiquement le Prince des Slytherins. Mais ce n'était pas bon signe, songea-t-il, en étudiant un peu plus en détail l'expression de son meilleur ami.

Pas bon du tout, décida-t-il, en voyant Blaise sortir d'une main tremblante une dague tranchante. Et Draco n'avait même pas besoin de s'approcher pour remarquer que la lame suintait presque littéralement de magie.

Il sentit son sang se glacer dans ses veines, mais se força à rester calme. Paniquer ne ferait qu'empirer les choses. Son esprit travaillait à toutes allures pour essayer de donner une explication logique à la situation.

Imperio ? Nan. Les yeux de Blaise n'étaient pas vitreux. Ces paroles étaient cohérentes. Et puis les tremblements de sa main n'étaient pas assez marqué pour être le signe d'un combat intérieur contre l'impardonnable.

Etait-ce la malédiction dans ce cas ? Très probable. Mais le problème était que Draco n'avait absolument aucune idée, de quel genre de malédiction cela pouvait être ! Une malédiction qui contrôlait Blaise ? Mais ce n'était pas logique, pourquoi dans ce cas est-ce que l'élément déclencheur de tout ça serait Théo ? A moins que…

Draco déglutit très difficilement, sentant la respiration se bloquer dans sa gorge, tandis qu'une idée lui vint en tête. Et si l'élément déclencheur n'était pas Théo, mais quelqu'un qui durant toutes ses années avaient pu lancer à loisir une malédiction sur Blaise, quelqu'un qui était au courant de cette fameuse malédiction, quelqu'un qui avait vu récemment Blaise, quelqu'un que Blaise semblait haïr… Lucius Malfoy.

Le blond secoua la tête, s'assurant encore une fois de ne pas céder à la panique. Si, son père était vraiment responsable de tout ça, alors Draco devait à tout prix essayer de libérer Blaise de cette malédiction. La pensée que son père pouvait avoir un quelconque contrôle sur l'esprit de Blaise était tout simplement dérangeante et nauséabonde.

« Ecoute, Blaise… » commença Draco, d'une voix qu'il força à être calme et conciliante. « Je ne sais pas précisément comment marche cette fichue malédiction… Mais, j'ai besoin que tu tiennes encore un peu plus longtemps, je trouverai un moyen de te libérer. »

« Tu es sous l'emprise d'un sort depuis ta première année et tu espères pouvoir parvenir à le libérer d'une malédiction ? » songea-t-il, avec dérision, mais préféra l'ignorer, ce n'était pas le moment d'être pessimiste. Aussi longtemps que Blaise était sous l'emprise de cette malédiction, il serait en danger !

Blaise sembla pris un instant au dépourvu par les paroles de Draco. Mais il laissé finalement échapper un rire étranglé, qui se transforma ensuite par un fou rire sans joie. Avec la main qui ne tenait pas la dague, il s'ébouriffa les cheveux d'un geste nerveux, dissimulant une partie de son visage.

« Ce n'est pas quelque chose dont je – ou tu – peux me libérer, Draco… » souffla-t-il, d'une voix tremblante, puis il ajouta d'une voix mi-admirative, mi-désabusé, « Tu es vraiment incroyable parfois… Je suis avec une dague en main. Alors pourquoi est-ce qu'au lieu de te préoccuper de ta propre sécurité, tu t'inquiètes pour la mienne ? C'est amusant comme quoi tu as tout de suite supposer que j'étais manipulé ou contrôlé… Tu n'as même pas envisagé la possibilité que peut-être je pouvais te blesser de mon plein gré, que notre amitié n'était qu'un mensonge depuis le début… »

La panique qui auparavant menaçait de submerger le blond, se dissipa rapidement, au fur et à mesure que Blaise parlait, jusqu'à laisser placer à une sérénité qu'il était légèrement surpris de ressentir.

« C'est vrai. » admit Draco avec une confiance immuable dans la voix, « Cette possibilité ne m'a même pas effleuré l'esprit pendant une seule seconde… Mais c'est parce qu'elle a été écarté avant même de pouvoir s'être formée. Il est impossible que tu veuilles me blesser volontairement.»

Un rictus amer s'esquissa alors sur les lèvres de Blaise.

« Je ne mérite pas une telle confiance… » chuchota-t-il, « Mais tu as fait fausse route, Draco… » ajouta-t-il, son rictus se transformant en un petit sourire triste.

Il s'avança vers Draco d'une démarche assurée, s'arrêta à moins d'un mètre de lui, son regard ne quittant pas une seule seconde celui du blond, qui était resté immobile pendant tout ce temps, une sorte de résignation visible dans ses yeux argent.

« Cette dague… »

Blaise leva la dague.

«… ne t'étais jamais destiné… »

Et avant que Draco n'ait pu réagir ou même réussi à comprendre le sens de ses paroles. Blaise apposa la dague contre son propre poignet, le lacérant d'un geste expert et rapide.

TO BE CONTINUED !


Voilà j'espère que ça vous a plu ! Qui a cru que Blaise allait vraiment blesser Draco ? xD Je sais que j'avais dit que j'allais donner plus de détail sur cette fameuse malédiction, mais finalement je préfère le faire au prochain chapitre.

Merci beaucoup pour vos reviews et d'avoir lu jusque là, et j'espère que la suite vous plaira !

See Ya !