Harry Potter et la mémoire du dragon
Rating : M
Pairing : HPDM (progressif)
Disclaimer : Les personnages, les lieux ne sont pas à moi... et pourtant c'était pas faute d'essayer de convaincre J.K Rowling de me les laisser...
Note : les noms des lieux et de certains personnages sont dans leurs versions originales... désolée pour ceux que ça gêne... mais je trouve absolument horrible les noms comme Rogue... ou Drago.
Note 2 : J'essaye un maximum d'être cohérente avec les livres (d'ailleurs pour les dialogues et quelques descriptions je dois avoir le bouquin à côté pour ne pas déformer certaines choses), mais je vous prie de m'excuser d'avances si je ne l'étais pas ! (même si je pense être d'un niveau acceptable de ce niveau là )...
#Petit rappel
- Draco ressent les émotions fortes d'Harry (comme une intense douleur par exemple) et partage les mêmes rêves (ceux concernant Voldemort seulement)
- Draco possède la capacité d'annuler/dissiper des sorts en envoyant sa propre magie dans un point mort et s'est entraîné dans la cabane hurlante avec l'aide d'Hermione et Blaise
-Draco et Dumbledore partagent une ébauche de lien du phénix qui leur permet de lire les pensées de l'autre sans utiliser d'Occlumencie
-Draco a développé à cause du sort, une barrière mentale infranchissable
-Draco est le Lord de Blaise à cause d'une malédiction qui a été lancée sur la famille Zabini
-Pansy peut voir Cedric dans ses rêves
Résumé du chapitre précédent : Draco assiste complètement impuissant à la mort de Sirius.
Enjoy !
LIVRE CINQUIEME : Draco Malfoy and the Order of the Phoenix
Chapitre 98 : Prophétie & Adieux
Draco tremblait de tous ses membres, il ne parvenait à retenir ni les larmes qui coulaient abondamment de ses yeux ni les cris d'agonies s'échappant de sa bouche. Une partie de lui – la partie la plus naïve et vulnérable – ne pouvait s'empêcher d'espérer que le voile n'avait pas été le Death's Veil et que certainement Sirius n'allait pas tarder à réapparaître de l'autre côté et poursuivre son duel. Mais de longues secondes s'écoulèrent et Sirius n'était pas réapparu.
Le blond ferma douloureusement les yeux, tentant tant bien que mal de contrôler les soubresauts de son corps. Jamais, Draco ne s'était senti aussi impuissant et désemparé. Une part de lui savait qu'il devait essayer de se reprendre, que Potter était toujours en danger tant qu'il était toujours au Ministère, que lorsque le brun réaliserait ce qui venait de se passer avec Sirius il pourrait essayer de faire quelque chose de stupide… Mais il n'arrivait tout simplement pas à s'en soucier… Non, Potter pouvait crever à la seconde qui suivait qu'il s'en foutrait complètement… Sirius n'était plus là… Il ne reviendrait pas…
Draco hoqueta, puis plaqua sa main contre sa bouche essayant désespérément de contrôler sa respiration. Qu'était-il censé faire maintenant ? Il ne savait pas… Il ne savait plus… Le blond leva alors doucement la tête et à travers sa vision floutée par les larmes, il se rendit compte qu'il n'était plus qu'à une vingtaine de mètre des appartements de Severus.
Severus ! Il devait aller Severus… Severus saurait quoi faire… Oui Severus parviendrait à trouver une solution…
Se maintenant contre le mur, Draco se redressa lentement, difficilement, douloureusement. Il avait l'impression que les murs n'arrêtaient pas de tourner autour de lui et sa respiration était devenue tellement erratique qu'il se sentait étourdi.
Lorsqu'il ouvrit la porte des appartements de Severus, ce fut pour tomber sur une scène assez inhabituelle. Severus semblait complètement tétanisé sur place, regardant avec effroi des débris de verres au sol et se tenant douloureusement la poitrine… Comme s'il avait instinctivement senti que Sirius –
Un geignement s'échappa de la bouche de Draco, lorsqu'il pensa de nouveau à ce qu'il venait d'assister. Le bruit sembla attirer l'attention de Severus, qui très lentement, presque avec reluctance, détourna les yeux des débris de verre pour les poser sur Draco.
Instantanément, il se précipita vers le blond, l'inquiétude et la peur palpable dans ses yeux. Mais avant que son parrain n'ait le temps de lui demander ce qui n'allait pas, Draco annonça dans un sanglot qui ne dépassait pas un murmure.
« S-Severus…. S-S-Sirius… i-il… »
Mais malgré le volume, Severus semblait l'avoir parfaitement entendu, parce qu'il se tendit soudainement.
« Que s'est-il passé ? » demanda Severus, d'un ton qui se voulait calme et rassurant, mais qui semblait bien plus paniqué et effrayé qu'autre chose.
Voyant que Draco ne répondait pas, Severus lui agrippa les épaules et le secoua doucement, « Que s'est passé ?! » insista le maître des potions, cette fois ne prenant même pas la peine de masquer ses émotions, « Qu'est-ce qui est arrivé à Black ? »
Draco tressaillit et balbutia. « S… Sirius est… il est…. m-»
Le blond poussa un couinement désespéré, il ne voulait pas le dire à voix haute… Le fait de devoir l'annoncer, ne faisait que rendre les choses plus réelles, il ne voulait pas… Il ne pouvait pas.
« Non…. Ce n'est pas possible… Non… » souffla Severus, en secouant la tête, reculant de plusieurs pas, « Non ! »
« Severus… » sanglota Draco, en tendant la main vers Severus, ayant besoin désespérément d'un quelconque réconfort.
Mais l'instant d'après, Severus agrippa quelque chose autour de se cou et il disparut dans un pop, semblant oublié complètement Draco.
Draco se laissa tomber sur le sol, se sentant horriblement seul et abandonné dans ces appartements beaucoup trop silencieux… Et Merlin, c'était tellement douloureux qu'il n'arrivait pas à le supporter…
Il ne prêta pas attention à la projection, s'il l'avait fait, il aurait vu Potter s'élancer vers le voile essayant à tout prix d'atteindre un Sirius déjà hors de portée. Il aurait vu Lupin agripper Potter, le visage reflétant la tristesse de la perte d'un être cher, l'empêchant ainsi de commettre l'irréparable. Il aurait vu Bellatrix s'enfuir hors de la salle. Il aurait vu Potter, aveuglé par la rage et l'envie de vengeance, se lancer à la poursuite de la Mangemorte, sans que personne n'ait le temps de l'arrêter…
Non, en fait, Draco ne semblait sortir de son état presque comateux que lorsqu'il entendit un 'Crucio' hurler avec désespoir et résonner dans l'atrium du Ministère. Il tourna le regard vers la projection… Alors Potter se sentait suffisamment en colère pour aller jusqu'à lancer un Impardonnable… Le blond sentit un étrange pincement au cœur ainsi qu'une frustration qu'il n'arrivait pas vraiment à expliquer…. Pourquoi était en colère, il voulait se venger, il devait haïr Bellatrix pour ce qu'elle avait osé faire à Sirius…. Et Draco comprenait tout à fait sa réaction… Mais dans ce cas, pourquoi Draco ne ressentait-il qu'un profond vide ? Pourquoi ne parvenait-il pas à ressentir de la fureur comme Potter ? Pourquoi ne ressentait-il pas le besoin de tuer sa tante pour avoir fait une telle chose ? Pourquoi devait-il ressentir à la place un si profond désespoir qui l'empêchait complètement de bouger ?
« C'est la première fois que tu lances un Impardonnable, n'est-ce pas, mon garçon ? » se moqua Bellatrix, le Doloris qu'elle avait reçu en plein fouet ne semblait lui avoir fait aucun effet, « Il faut vraiment vouloir la souffrance de l'autre, Potter ! Et y prendre plaisir. La juste et sainte colère n'aura pas beaucoup d'effet sur moi. Tu ne seras jamais de taille à rivaliser avec moi, pauvre petit… Mais je vais te laisser une chance ! Donne-moi la prophétie – fais-la rouler vers moi et je t'accorderai peut-être la vie sauve !»
« Dans ce cas vous allez devoir me tuer ! » rugit Potter, « Parce que la prophétie n'existe plus ! »
Draco poussa un sifflement de douleur en sentant son front le bruler intensément et une fureur qui ne venait ni de lui ni de Potter l'envahir. Et cela ne pouvait signifier qu'une chose, le Seigneur des Ténèbres était au courant pour la prophétie.
« Et il le sait ! » ajouta Potter, « Votre cher vieux copain Voldemort sait que la prophétie n'existe plus. Il ne va pas être très content de vous, j'imagine ? »
Le blond serra les dents, la douleur au niveau de son front devenait de plus en plus intense.
« MENTEUR ! » vociféra Bellatrix, mais ses yeux étaient remplis d'une véritable terreur. « Non ! Ce n'est pas vrai, tu mens ! MAÎTRE, J'AI ESSAYE, J'AI ESSAYE – NE ME PUNISSEZ PAS ! »
« Inutile de gaspillez votre salive. » grinça Potter, essayant manifestement de ne pas laisser transparaître l'intense douleur qu'il ressentait « Il ne peut pas vous entendre d'ici. »
Draco plaqua sa main sur son front, retenant tout juste un cri, il ferma les yeux essayant de lutter contre la douleur.
« Vraiment, Potter ? » demanda alors une voix aiguë et glacée.
Draco sentit son souffle se bloquer dans sa gorge et rouvrit les yeux, un air complètement horrifié sur le visage. Grand, mince, un capuchon noir sur la tête, son terrible visage de serpent blafard et émacié, ses yeux rouges aux pupilles étroites fixés sur Potter… Le Seigneur des Ténèbres venait d'apparaître au milieu du hall, sa baguette pointée sur Potter, qui semblait figé de stupeur, incapable d'esquisser un geste.
« Ainsi, tu as brisé ma prophétie ? » demanda le Seigneur des Ténèbres à mi-voix, « Non, Bella il ne ment pas… Je vois la vérité dans son esprit méprisable. Des mois de préparation, des mois d'efforts… Et mes Mangemorts une fois de plus ont permis à Harry Potter de contrarier mes plans…
Tu m'as exaspéré trop souvent et trop longtemps, Potter, AVADA KEDAVRA ! »
Draco regarda avec une fascination presque morbide le rayon vert sortir de la baguette du Seigneur des Ténèbres et fuser vers Potter. Potter, qui semblait avoir perdu toute volonté de vivre, sa baguette pointée inutilement vers le sol.
Mais soudainement l'une des statues qui se trouvait dans l'atrium s'anima et atterrit avec un grand bruit entre Potter et le Seigneur des Ténèbres, interceptant efficacement le sortilège de mort.
« Dumbledore ! » siffla le Mage Noir avec une rage à peine soutenue, en réalisant ce qui venait de se produire.
Le cœur battant, Draco repéra le directeur de Hogwarts qui se tenait à quelques mètres derrière Potter. Il avait une expression calme mais ferme sur le visage. L'expression de quelqu'un se lançant dans un combat de grande envergure. Draco déglutit, il parvenait à voir l'énorme quantité de magie que Dumbledore exultait à travers la projection et il remerciait mentalement Merlin de ne pas être actuellement présent au Ministère parce qu'il était pratiquement certain qu'il n'aurait pas tenu face à la pression magique.
Le blond fronça alors les sourcils… Pour l'espèce de chose noire – qui d'ailleurs était toujours autour de la tête de Potter, mais qui avait cessé de bouger – Draco aurait pu comprendre étant donné qu'il donné que ce n'était apparemment pas de la magie conventionnelle, mais comment par Merlin arrivait-il à voir la magie de Dumbledore à travers la projection ? C'était insensé !
Mais Draco n'eut pas l'occasion de se pencher très longtemps sur la question car à peine quelques secondes plus tard le combat entre le Seigneur des Ténèbres et Dumbledore avait commencé. Il remarqua cependant du coin de l'œil que Bellatrix était prisonnière d'une statue représentant une sorcière en or qui la maintenait contre le sol et que Potter quant à lui avait été mis à l'écart, protégé par la même statue qui avait bloqué l'Avada quelques instants plus tôt.
Il écarquilla les yeux, les deux puissants sorciers utilisaient leurs magies à une telle vitesse et d'une telle façon que Draco n'était même pas capable de nommer un seul des sorts qui avaient été utilisés – à part l'Avada Kedavra bien entendu. Il observa avec anxiété, Dumbledore parer les uns après les autres les rayons verts et les sortilèges très certainement mortels qui fusaient dans sa direction à l'aide des statues qui se trouvaient dans l'atrium. La façon dont il parvenait à les animer donner presque l'impression que les statues de pierre avaient acquis une conscience par eux-mêmes.
De son côté le Seigneur des Ténèbres avait érigé un bouclier en argent qui pour le moment semblait parvenir à dévier tous les sorts lancés par le directeur peu importe leurs puissances ou leurs complexités.
Leurs styles de combats, pourtant diamétralement opposés, étaient aussi impressionnant l'un que l'autre. Là où le Seigneur des Ténèbres exultait sa rage, ses envies de tuer et lançait ses sorts pour tuer, Dumbledore lui restait calme et aussi impassible qu'une montagne, utilisant des sorts non mortels mais pas moins dangereux.
« Tu ne cherches pas à me tuer, Dumbledore ? » lança le Seigneur des Ténèbres, ses yeux écarlates plissés au-dessus de son bouclier, « Tu ne t'abaisses pas à de telles brutalités, n'est-ce pas ? »
« Nous savons tous les deux qu'il existe d'autres moyens de détruire un homme, Tom. » répondit Dumbledore, « Me contenter de prendre ta vie ne me satisferait pas, je l'avoue… »
« Il n'y a rien de pire que la mort, Dumbledore. » gronda le Mage Noir avec hargne.
« Tu te trompes complètement. » répliqua le directeur, « En vérité ton incapacité à comprendre qu'il existe des choses bien pires que la mort a toujours constitué ta plus grande faiblesse… »
A ce moment-là, Dumbledore brandit sa baguette comme s'il agissait d'un fouet et une longue flamme mince en fusa, allant s'enrouler autour du Seigneur des Ténèbres et son bouclier. Pendant un instant rien ne se passa, mais la corde enflammée se transforma soudainement en un serpent qui relâcha son étreinte et se retourna vers Dumbledore avec fureur.
Le Seigneur des Ténèbres profita de la distraction pour transplaner derrière Dumbledore et tandis que le serpent se dressa prêt à frapper, le Mage Noir lança de nouveau le sortilège de Mort.
« Attention ! » hurla Potter.
Fawkes apparut soudainement derrière Dumbledore et fondit, le bec grand ouvert, sur le rayon vert, qu'il avala tout entier. Draco tressaillit en voyant le Phénix se consumer dans un jaillissement enflammé et tomber au sol en une petite boule de plumes. Au même moment, Dumbledore décrivit dans les airs un long mouvement fluide et le serpent qui était sur le point de planter ses crochets dans sa chair s'évapora en une fumée noire tandis que l'eau du bassin où se tenait le Mage Noir s'élevait brusquement pour l'envelopper comme un cocon de verre.
Puis soudainement il disparut et l'eau retomba avec fracas, déferlant sur les bords du bassin, inondant le sol.
« MAITRE ! » hurla Belattrix, en essayant de se débattre en vain.
Draco n'arrivait pas à en croire ses yeux, était-ce terminé ? Dumbledore avait-il réussi à vaincre le Seigneur des Ténèbres ? Puis Draco remarqua l'expression qu'arborait actuellement le directeur et il sut que non, ce n'était pas du tout terminé.
Potter tenta de contourner la statue qui le protégeait sans doute pour s'élancer vers Dumbledore mais ce dernier cria soudainement « Reste où tu es, Harry ! »
Draco sentit son corps battre à tout rompre contre sa poitrine, quelle était cette sensation de malaise qu'il ressentait ? Le fait que Dumbledore avait perdu son calme ne faisait qu'aggraver son mauvais pressentiment. Scrutant la projection d'un air paniqué, Draco essayait de déterminer par où la prochaine attaque viendrait.
La douleur, si intense qu'il avait l'impression que sa tête venait de se fendre en deux, au niveau de son front le prit totalement par surprise et il sentit ses jambes céder sous lui tandis qu'il s'effondrait au sol s'agrippant violemment la tête.
~HPDM~
Harry pouvait sentir son corps trembler, bien que dans l'état où il était, il ne saurait dire avec certitude si les tremblements venaient de son propre corps ou celui de Draco complètement collé au sien. Le brun avait eu conscience d'avoir agrippé désespérément la nuque du blond à un moment donné durant leur violent combat et de même il pouvait sentir les ongles du Slytherin rentrer dans sa peau au niveau du bas de son dos, là où Draco l'avait violemment tenu.
Il se rappelait encore de la rage et de la douleur qu'il avait ressentie face aux mots, aux coups et à la magie du blond. Il se rappelait encore de ce besoin de faire tout autant souffrir Draco et de lui mettre tous les derniers évènements sur le dos…
Maintenant Harry se sentait juste extrêmement vide et mal. Draco et lui avaient combattu jusqu'à épuiser leurs magies, ils s'étaient criés dessus jusqu'au point où les mots ne parvenaient plus à sortir de leurs bouches, ils s'étaient échangés des coups de toutes leurs forces jusqu'à s'épuiser mutuellement, ils avaient pleuré et hurlé à l'injustice de ce qui devait arriver et qu'ils avaient été forcé d'assister une nouvelle fois sans pouvoir y changer quoi que ce soit, jusqu'au point où leurs larmes ne pouvaient plus couler.
Et maintenant ils étaient là, tels deux pauvres types se noyant dans leurs tristesses, leurs culpabilités et leurs regrets d'avoir fait souffrir un être aimé.
Finalement ce fut Harry qui brisa ce silence pesant, il chuchota d'une voix cassée et rauque, « La vie peut-être tellement cruelle parfois… Alors même que je savais ce qui allait arriver, que j'essayais de me préparer mentalement…. » La voix du brun se brisa, « Pourquoi… pourquoi est-ce toujours aussi douloureux la deuxième fois ? »
Draco resta silencieux pendant un moment, se contentant de serrer fort le brun contre lui. Mais Harry pouvait entendre les pensées chaotiques du blond, il pouvait entendre les successions de phrases que le blond envisageait de dire… 'Je ne sais pas, Potter…', 'Je comprends ce que tu ressens…', 'Parce qu'aucun de nous n'a vraiment accepté sa mort, voilà pourquoi ça fait aussi mal…', 'Nous sommes humains Potter, bien sûr que ça fait mal…', 'C'est parce que tu te sens coupable…'.
Finalement le Slytherin murmura, « Peu importe le nombre de fois, la perte de quelqu'un auquel nous tenons sera toujours aussi douloureuse. »
Harry ferma les yeux durant un court instant, acceptant les paroles du blond. Il savait que dorénavant quelque chose avait changé entre Draco et lui… Ils ne pouvaient tout simplement plus agir comme avant, pas après toutes les merdes qu'ils s'étaient envoyés à la figure… Oh bien sûr, ils pourront faire comme si de rien n'était, mais le poids de leurs paroles resteraient à jamais comme une ombre derrière eux, les hantant chaque seconde et ressortant à chaque opportunité…
Harry se demandait si c'était ce que Sirius et Snape avaient ressenti à longueur de journée. Leurs passés communs, leur relation avait dû être parsemée de champs de mines si explosifs qu'Harry ne pouvait sans doute même pas commencer à imaginer. Maintenant qu'il y pensait, leur relation ressemblait beaucoup à celle de leurs parrains, est-ce que cela signifiait qu'ils allaient finir de la même manière ?
« Tu sais… » souffla Harry, son regard se posant sur un point au loin, « Pour moi, Sirius était la personne qui se rapprochait le plus d'un père, je me sentais tellement accepté lorsque j'étais près de lui… J'étais content qu'il ne me voyait pas comme une obligation simplement parce que j'étais son filleul, et surtout pas juste comme un sosie de mon père, comme ce que de nombreuses personnes auraient pu croire...
Mais maintenant que j'ai un peu plus de recul, je me sens si horrible d'avoir cru que je méritais tout ça, que je méritais qu'il s'inquiète tant pour moi. Au final je me rends compte que je ne le connaissais pas autant que je pensais… Il y a tellement plus de facettes de sa personnalité que j'ai découvertes à travers tes souvenirs…
Tu étais la personne à l'aider lorsqu'il s'était caché dans la Cabane Hurlante, tu étais celui qui lui tenait compagnie, alors que moi j'étais bien trop préoccupé par mes petits problèmes durant notre quatrième année. Tu étais celui ayant remarqué à quel point il était encore hanté par le fait de rester seul enfermé au Square et tu lui as donné un moyen de s'échapper de tout ça.
Je ne mérite pas d'être la personne pour laquelle il a perdu sa vie et je me déteste tellement pour me sentir aussi mal et être incapable de te donner du soutien alors qu'il est évident que tu étais celui de nous deux qui était le plus proche de lui…
Sirius n'aurait pas dû aller au Ministère pour me sauver… S'il avait dû sacrifier sa précieuse vie, il aurait dû le faire pour quelqu'un qui le méritait plus que moi, il aurait dû le faire pour te sauver toi, l'une des personnes à laquelle il tient le plus… »
« Tu as raison… » souffla Draco, son expression indéchiffrable, « Il n'aurait pas dû aller au Ministère… Mais tu te trompes sur le reste… » le blond plongea alors ses yeux dans ceux du brun et poursuivit d'un ton étrangement solennel, « Si Sirius avait moins tenu à toi, s'il t'avait moins aimé, Harry, il serait toujours vivant à l'heure qu'il est. »
~HPDM~
Draco haleta, il ne parvenait plus à voir quoi que ce soit tellement la douleur était forte, il ne pouvait plus sentir le sol froid des appartements de Severus sous lui, il n'entendait même plus ses cris de douleurs. Tout était noir autour de lui, et il se sentait sombrer encore et encore.
« Que ça s'arrête… » voulut-il supplier, il ne savait même plus la cause de sa douleur, non tout ce qu'il voulait c'était que la douleur cesse.
Puis soudainement il sentit quelqu'un lui prendre la main. Le contact était chaud et rassurant et il sentit instantanément sa douleur diminuer à un niveau supportable sans pour autant disparaître. C'était comme si la personne venait d'aspirer sa douleur.
Reprenant à nouveau le contrôle de ses sens, il réalisa qu'il était toujours dans un endroit entouré de ténèbres, sans plafond ni sol. Quelqu'un fit une légère pression sur sa main comme pour attirer son attention. Sursautant et baissant la tête, Draco écarquilla les yeux en voyant un petit garçon brun qui dépassait à peine ses hanches le regarder avec de grands yeux verts remplis de détermination, d'espoir et de réconfort à la fois.
« Je te connais… » souffla Draco, il était certain d'avoir déjà vu cet enfant si familier quelque part, mais où ?
L'enfant sourit tristement. « Ce n'est pas grave si tu ne te souviens pas de moi. » murmura-t-il.
Puis soudainement un tremblement parcourut le corps de l'enfant et il poussa un léger glapissement de douleur.
Draco écarquilla les yeux et instinctivement s'accroupit à hauteur du garçon pour essayer de voir ce qui n'allait pas. « Qu'est-ce que tu as ? »
L'enfant secoua la tête, « J-je dois t'amener quelque part… avant qu'il ne soit trop tard. Je ne peux pas rester ici très longtemps. »
Draco ouvrit la bouche des milliers de questions en tête, mais le garçon se mit à marcher dans une direction qu'il ne parvenait pas à voir à travers la noirceur qui l'entourait et le blond se sentit suivre le brun. Il ne savait pas où il allait mais au fur et à mesure qu'il avançait, il sentit une chaleur rassurante se propager progressivement en lui.
Draco glapit. Soudainement, il n'était plus dans ses lieux entourés de noirs mais dans une pièce lumineuse, blanche et extrêmement familière.
« Tu es déjà venu ici. » souffla l'enfant avec un petit sourire crispé.
« Où sommes –» commença à demander Draco.
« Ce n'est pas important. » coupa doucement le petit brun, « J'ai besoin de ton aide. »
« Mon aide ? » répéta le blond d'un ton confus.
Mais avant que le brun n'ait le temps de répondre un long frisson parcourut Draco et son regard fut immédiatement attirer par un endroit sur sa gauche. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. Là, se débattant à même le sol – bien qu'il n'y avait pas de sol à proprement dit dans cet endroit – se trouvait un adolescent brun, approximativement du même âge que Draco. L'adolescent était prisonnier d'anneaux noirs, l'empêchant de bouger. Ces anneaux semblaient tous être reliés à une créature aux yeux rouges, lorgnant sur l'adolescent avec un sourire sadique.
La créature remua alors les lèvres et ses paroles résonnèrent alors comme un écho dans la pièce.
« Tue-moi, maintenant, Dumbledore… »
Draco écarquilla les yeux. Dumbledore ? Pourquoi est-ce que cette créature terrifiante parlait-elle de Dumbledore ? Et puis qui était Dumbledore ?
« Si la mort n'est rien, Dumbledore, tue ce garçon… »
Draco vit l'adolescent cesser de se débattre complètement comme s'il avait perdu soudainement toute motivation, toute volonté de continuer à combattre. Et sans qu'il ne sache pourquoi, Draco sentit son estomac se nouer, il ne comprenait pas pourquoi, mais il savait que l'adolescent ne devait pas s'arrêter de lutter, sinon, quelque chose terrible risquerait d'arriver.
« Que la douleur s'arrête. » chuchota alors l'adolescent, « Qu'il nous tue… »
Draco vit le sourire de la créature s'élargir et il sentit quelque chose commencer à remuer au fond de lui.
« Finissons-en Dumbledore… La mort n'est rien comparé à ça…» poursuivit l'adolescent, « Et ainsi je pourrais revoir Sirius. »
Draco écarquilla les yeux et tout lui revint comme un énorme coup de fouet en plein milieu de la figure. Il savait qui était l'adolescent agonisant au sol, il savait qui était la créature regardant de haut l'adolescent et qui n'avait pas encore remarqué la présence du blond, il avait une idée de l'endroit où il se trouvait et il était pratiquement certain de savoir ce qu'était ces fichus anneaux noirs. Puis tout aussi brusquement un autre sentiment qu'il n'avait jamais encore ressenti à une telle intensité jusque-là prit possession de lui : une rage noire et dévastatrice.
« Oh non, Potter ! » Draco hurla avec fureur, se fichant pas mal d'avertir la créature de sa présence, « Tu n'as pas intérêt ! Sirius a donné sa précieuse pour te sauver, espèce d'imbécile fini, alors tu n'as pas intérêt à mourir maintenant, tu m'entends ! »
Potter leva les yeux vers lui, sans vraiment le reconnaitre et murmura, « Qu'est-ce que je suis censé faire ? Je ne peux rien faire… Il est trop fort… ça fait mal… trop mal… »
Draco serra les poings, « Et alors ?! » s'époumona-t-il, « Tu es HARRY POTTER, pour l'amour de Merlin, ressaisis-toi, depuis quand es-tu devenu si faible et si lâche que tu ne peux même pas gagner une bataille de volonté ? Tu ne dois pas abandonner, tu m'entends ? Résiste jusqu'au bout ! Agis comme le putain de Gryffindor que tu es et ne laisse pas Sirius mourir en vain, parce que sinon je te jure par Merlin que tu me le paieras, Potter ! »
« Il suffit ! » siffla soudainement la créature qui bondit sur Draco, l'envoyant valser à plusieurs mètres plus loin. « Je ne sais pas ce que tu es, mais je ne permettrai à personne de contrarier mes plans. »
Draco déglutit, comment était-il supposé faire face au Seigneur des Ténèbres ? Le Mage Noir était indéniablement plus puissant que lui.
« Non… Draco… c'est faux. » chuchota une voix enfantine, il sursauta ayant complètement oublié la présence de l'enfant. « Ne me regarde pas… » ordonna alors le petit brun, « Il ne peut pas me voir, parce qu'il ne sait pas que je suis là et il ne doit absolument pas savoir… »
« Qu'est-ce que je suis supposé faire ? » demanda Draco, dans un souffle. « Ce n'est pas comme si j'avais une chance de gagner… »
« Tu peux. » assura l'enfant, « N'oublie pas où tu es… Ce n'est pas une bataille de compétence magique. »
« Où je suis… » répéta Draco, dans un murmure.
Puis la réalisation le frappa de plein fouet. « Potter ! » cria alors soudainement Draco, « Pense à Sirius… Tu m'entends ? Concentre-toi très fort sur Sirius et ne t'arrête surtout pas ! »
Il n'attendit pas la confirmation de Potter, pour fermer les yeux. Il savait que c'était un risque, si jamais il se trompait, le Seigneur des Ténèbres utiliserait cette opportunité pour l'attaquer, et il ne voulait même pas imaginer ce qui pourrait se passer s'il mourait dans cet endroit. Est-ce que son corps deviendra vide, comme pour un baiser de Détraqueur ?
Draco secoua la tête et se força à penser à son grand cousin. Sirius… Sirius… Sirius et son rire qui ressemblait plus à un aboiement qu'autre chose… Sirius et son sourire réconfortant qui parvenait toujours à le rassurer… Sirius et ses mains, qui ébouriffaient ses cheveux, qui lui tapotaient fièrement l'épaule… Sirius et son air arrogant, sûr de lui, qui donnait l'impression qu'il pouvait faire tous ce qu'il voulait du moment qu'il le voulait… Sirius et son regard furieux, lorsqu'il avait appris au sujet de Lucius… Sirius et sa présence protectrice…
Draco esquissa un sourire paisible, tandis qu'il le sentait se manifester sous ses doigts, presque comme si c'était quelque chose de matériel. Il ouvrit les yeux et il le vit. Ce dôme protecteur qui venait de faire fondre comme neige au soleil les anneaux autour de Potter. Le dôme d'une couleur vive mais qui avait des petites touches claires par endroit… C'était l'exact couleur de la magie de Sirius. Le dôme entourait à présent complètement Potter et continuait de grandir. Un autre bien plus petit se trouvait devant Draco.
Le blond vit le Seigneur des Ténèbres le regarder avec rage et sa magie bondit contre le dôme essayant sans doute de le détruire. Draco grimaça, l'impact se répercutait directement dans son esprit, mais il devait tenir bon. Bientôt le dôme protégera l'intégrité de la pièce et le Seigneur des Ténèbres n'aura pas d'autre choix que de s'en aller, s'il ne voulait pas se faire désintégrer comme les anneaux.
« Comment oses-tu ? » gronda le Mage Noir avec rage.
Draco haleta, essayant du mieux qu'il pouvait de ne pas lâcher sa prise sur le dôme protecteur, s'il lâchait maintenant, rien n'empêcherait le Seigneur des Ténèbres d'atteindre Potter !
« Je trouverais qui tu es… » menaça alors le Seigneur des Ténèbres, « Je sais que tu ne peux pas juste être une manifestation de l'esprit de Potter… Alors je te trouverais et crois-moi… tu me supplieras de te tuer quand j'en aurai fini avec toi. »
Draco écarquilla les yeux de terreur en entendant la menace du Mage Noir, est-ce que le Seigneur des Ténèbres avait un moyen de savoir qui il était ? Parce que si c'était le cas, il était un homme mort ! L'instant d'après une sorte de brèche s'ouvrit dans la pièce et la créature passa à travers disparaissant de l'esprit de Potter.
Draco poussa un soupir de soulagement, mais il sursauta en sentant le garçon lui prendre à nouveau la main et l'attirer vers la brèche.
« Qu'est-ce que tu fais ? » souffla le blond, d'une voix faible.
Il avait l'impression d'avoir été vidé de son énergie.
« Il faut boucher la brèche. » répondit le garçon, « Sinon, il pourrait essayer de revenir dans l'avenir et trouver un moyen de passer le dôme. »
« On peut faire ça ? » demanda Draco.
Le garçon mordit sa lèvre inférieure, « Je ne peux pas la boucher complètement, quelque chose m'en empêche… Mais je peux m'assurer que ce qui s'est passé ne se reproduira plus. »
« Tu veux dire la chose noire ? »
Le garçon hocha la tête.
Draco ouvrit la bouche s'apprêtant à demander comment il comptait faire ça et qui était ce garçon en premier lieu mais le brun lui fit un léger sourire d'excuse avant d'exercer une légère pression sur sa main. Instantanément, Draco sentit le peu de force qui lui restait se faire absorber et il sombra.
~HPDM~
Draco était conscience d'être allongé confortablement sur quelque chose de moelleux, était-ce un lit ? Il pouvait attendre de l'agitation au loin et des paroles brouillées… Puis au fur et à mesure que les secondes passaient il recommença à prendre conscience de son entourage et il parvint à présent à comprendre les paroles qu'ils entendaient, même si c'était distant comme si les personnes qui parlaient été en fait dans une autre pièce.
« Je comprends ce que tu ressens, Harry. »
La voix était douce, conciliante mais néanmoins remplie de calme et d'assurance. « Dumbledore. » reconnut Draco, dans son état de demi-conscience.
« Non, vous ne savez rien du tout ! » répliqua une autre voix, cette fois avec fureur, puissance et frustration.
« Potter. » identifia sans mal Draco.
« Il n'y a aucune honte à éprouver de tels sentiments, Harry. » poursuivit Dumbledore d'une voix toujours aussi douce, « Au contraire… Le fait que tu sois capable de ressentir une telle douleur constitue ta plus grande force. »
Draco ouvrit lentement les yeux légèrement désorienté. Il jeta par réflexe un regard circulaire à la pièce et fronça les sourcils en se rendant qu'il ne savait pas du tout où il était. Une chambre manifestement puisqu'il était sur un lit, mais à part ça…
« Ma plus grande force, vraiment ? » répliqua Potter, d'une voix tremblante, « Vous n'avez aucune idée… Vous ne savez pas… »
Draco écarquilla les yeux, quelques instants plus tôt lorsqu'il avait eu l'esprit embrouillé, cela ne lui avait pas du tout paru étrange d'entendre Potter parler, après tout il avait juste supposé qu'il avait laissé le Snitch activé et que cela provenait donc logiquement de la projection et il avait tout simplement mis cet étrange écho sur le compte de son état pas tout à fait éveillé.
Bon il devait admettre que même maintenant il n'était pas encore complètement réveillé, avait l'impression que le Hogwarts Express lui avait roulé dessus et avait un mal de tête horrible comme si quelque lui avait ouvert la tête en deux, mais il était tout de même assez lucide pour se rendre compte que l'écho était bien là et que cela ne pouvait signifier qu'une chose : Potter et Dumbledore était en train de parler dans la pièce d'à côté... Et, Draco jeta un coup d'œil à la projection, si l'on prenait en compte le fait qu'ils étaient actuellement dans le bureau de Dumbledore, cela signifiait logiquement que Draco devait se trouver dans les appartements privés du directeur.
Ce qui était assez perturbant pour de très nombreuses raisons… « Comment est-ce que j'ai bien pu atterrir ici ? Aux dernières nouvelles j'étais dans les appartements de Severus –»
Une image de Severus se volatilisant Merlin savait où lui revint en mémoire et il serra les poings.
« Qu'est-ce que je ne sais pas ? » demanda Dumbledore patiemment.
« Je ne veux pas parler de ce que je ressens, compris ?! »
« Harry, souffrir ainsi prouve que tu es toujours un homme ! Cette douleur fait partie de l'être humain –»
« ALORS JE NE VEUX PAS ETRE HUMAIN ! » rugit Potter, en prenant l'un des instruments argentés posés sur une table à côté de lui et le jeta à travers la pièce. L'objet se brisa en mille morceaux contre le mur.
Draco baissa la tête… Souffrir était humain ? Alors pourquoi est-ce que lui ne ressentait qu'un infini vide en lui ? Depuis la mo – disparition de Sirius, la seule fois où il s'était vraiment mis en colère était lorsque Potter avait voulu mourir… Est-ce que cela voulait dire qu'il n'était pas humain ?
« JE M'EN FICHE ! » cria Potter, en saisissant un autre objet sans très rare et précieux et le balançant contre la cheminée, « J'EN AI EU ASSEZ ! J'EN AI VU ASSEZ ! JE VEUX QUE CA FINISSE ! »
« Tu ne t'en fiche pas du tout. » murmura Dumbledore qui ne semblait pas du tout perturbé par Potter démolissant son bureau. « Tu t'en fiches si peu que tu as la sensation de mourir de douleur comme si on te vidait de ton sang. »
« CE N'EST PAS VRAI ! » dénia Potter, mais le désespoir que l'on pouvait entendre dans sa voix laissait comprendre clairement que le directeur avait une fois encore vu juste.
« Oh si c'est vrai. » reprit Dumbledore, « Tu as perdu ta mère, ton père et maintenant l'être qui pour toi tenait lieu de parent. Et tu ne t'en fiches pas du tout. »
« VOUS NE SAVEZ PAS CE QUE JE RESSENS ! VOUS ETES LA A PARLER … VOUS… VOUS… »
Les mots ne semblaient pas suffire pour expliquer ce que Potter ressentait à ce moment-là. Il semblait si furieux, contre lui-même, contre Dumbledore, contre le monde entier… Et plus Draco l'écoutait plus il avait l'impression de s'enfoncer dans un gouffre sans fond. Il se recroquevilla de telle sorte qu'il puisse passer ses bras autour de ses jambes et poser son front contre ses genoux. Peu importe de quel point de vue on se placer il était évident en entendant Potter parler qu'il souffrait atrocement de la perte de Sirius et qu'il tenait énormément à son parrain…
Draco aussi tenait à Sirius, il le savait… Et pourtant pourquoi lui ne ressentait-il rien du tout ? Pourquoi ne ressentait-il pas le besoin de détruire tout ce qui l'entourait et crier son injustice au monde pour lui avoir enlevé une personne extraordinaire ? Pourquoi était-il si insensible ?
« Laissez-moi sortir ! » ordonna Potter, en agrippant violemment la poignée de la porte qui manifestement refusait de s'ouvrir.
« Non. » répondit simplement Dumbledore.
« Si vous ne… si vous m'enfermez ici… Si vous ne me laissez pas –»
« Si ça peut te faire plaisir, continue donc à casser mes objets. » proposa Dumbledore d'un ton serein, « De tout façon j'en ai trop. Mais je ne te laisserai pas sortir avant que tu aies écouté ce que j'ai à te dire. »
« Et vous pensez que j'ai envie – vous pensez que je m'intéresse à – JE ME FICHE COMPLETEMENT DE CE QUE VOUS AVEZ A ME DIRE ! Je ne veux rien entendre ! »
« Tu m'écouteras quand même. » répliqua Dumbledore d'un ton ferme, « Parce que tu devrais être beaucoup plus en colère contre moi. Si tu m'attaquais, comme je te sens sur point de faire, je l'aurais totalement mérité. »
Draco leva la tête d'un air confus, de quoi Dumbledore parlait-il ?
« Qu'est-ce que vous racontez ? » siffla hargneusement Potter, essayant toujours de tourner sans succès la poignée de porte.
« C'est ma faute si Sirius est mort… Ou devrais-je dire presque entièrement ma faute. Sirius était un homme courageux, intelligent et énergique, un excellent combattant. De tels hommes n'ont pas l'habitude rester chez eux à se cacher pendant que d'autres risquent leurs vies. Mais Sirius n'aurait pas eu à aller te secourir en premier lieu si j'avais été plus franc avec toi, Harry. Tu aurais su depuis longtemps que Voldemort essayait de t'attirer là-bas et tu ne serais jamais tombé dans le piège. C'est moi et moi seul qu'il faut blâmer pour cela.»
Après un moment de silence où Potter essayait très certainement de comprendre ce que le directeur essayait de lui dire, Dumbledore demanda « Assieds-toi, je t'en prie. »
Potter hésita, clairement tiraillé entre son envie de sortir de la pièce, sa fureur et son envie d'entendre la vérité. Mais finalement Potter s'exécuta, traversant lentement la pièce tout en évitant les débris de verres et de bois jonchés sur le sol.
« Harry je te dois une explication. L'explication des erreurs d'un vieil homme. Car je me rends compte à présent que tout ce que j'ai fait, ou que je n'ai pas fait en ce qui te concerne porte le sceau des insuffisances de la vieillesse. La jeunesse ne peut savoir ce que pense et ressent le vieil âge. Mais les hommes âgés deviennent coupables s'ils oublient ce que signifiait être jeune… Et il semble bien que je l'aie oublié, ces derniers temps…
Il y a quinze ans, lorsque j'ai vu ta cicatrice, j'ai deviné ce qu'elle pouvait signifier… J'ai deviné que c'était peut-être là le signe d'un lien qui s'était forgé entre toi et Voldemort. »
« Vous m'avez déjà dit ça, professeur. » coupa brutalement Potter.
« C'est vrai. » admit Dumbledore avec un sourire d'excuse, « Ne t'es-tu pas demandé pourquoi ce n'était pas moi qui t'enseignais l'Occlumancie ? Pourquoi je ne te regardais même plus dans les yeux depuis plusieurs mois ? »
« Si… » grommela Potter, « Je me le suis demandé. »
« Vois-tu, j'étais certain qu'il ne se passerait pas longtemps avant que Voldemort ne réalise qu'un tel lien existait entre vous et qu'il profiterait de l'occasion pour s'insinuer dans ton esprit et ainsi manipuler tes pensées. Je craignais qu'il t'utilise en essayant de te posséder et de se servir ainsi de toi contre moi. Je ne voulais pas qu'il réalise à que notre relation était plus proche que celles qui devraient y avoir entre un directeur et un élève.
Et je crois, Harry, que mes craintes étaient justifiées. Dans les rares occasions où nous nous sommes retrouvés ensemble, toi et moi, j'ai cru voir l'ombre de Voldemort remuer au fond de tes yeux.
Comme il l'a démontré ce soir, en te possédant, Voldemort ne cherchait pas ma propre destruction mais la tienne. Lorsqu'il s'est emparé de toi tout à l'heure, il espérait que je te sacrifierais pour essayer de le tuer. Tu comprends maintenant que si je prenais mes distances, c'était pour tenter de te protéger. L'erreur d'un vieil homme… »
Dumbledore poussa un profond soupir, rempli de regret et de tristesse. Mais visiblement Potter ne se rendait pas compte de l'accablement du directeur. Il ne se rendait pas compte à quel point tout cela semblait affecter Dumbledore. « Comme un gamin gâté qui ne se rend pas compte de la chance qu'il a d'avoir des parents s'inquiétant pour lui et se plaignant à chaque fois que lesdits parents font quelque chose pour son bien. »
« Il y a cinq ans… » expliqua Dumbledore, « Tu es arrivé à Hogwarts, sans doute pas aussi heureux, ni aussi bien nourri que je l'aurais souhaité, mais vivant et en bonne santé. Tu n'étais pas un petit prince gâté, mais tu me semblais dans un état aussi satisfaisant que possible, compte tenu des circonstances. Jusque-là mon plan avait bien marché. »
Draco écouta Dumbledore relater année après année les exploits de Potter, il l'écouta révéler à quel point il était fier de Potter durant toutes ses années, il l'écouta essayer de justifier à chaque fois pourquoi il n'avait jamais révélé jusqu'à présent de ce qu'il savait sur Potter et le Seigneur des Ténèbres.
Et tandis qu'il l'écoutait Draco ne pouvait s'empêcher de songer qu'il était étrange d'entendre Dumbledore parler autant et de volontairement partager ses pensées, son raisonnement, ses doutes… Jusqu'à présent Draco avait toujours dû essayer de deviner les raisons derrière chaque action du directeur et il n'était jamais vraiment sûr d'avoir raison ou pas… Et voilà que maintenant Dumbledore déballait tout à Potter…
« Tu vois Harry ? » souffla Dumbledore, « Tu vois le défaut de mon plan si brillant ? J'étais tombé dans le piège que j'avais prévu et dont je m'étais dit que je pourrais éviter : je te ménageais trop. Je me souciais davantage de ton bonheur que de t'apprendre la vérité, davantage de ta tranquillité d'esprit que de mon plan, davantage de ta vie que des autres vies qui seraient peut-être perdues si ce plan échouait. En d'autres termes, j'ai agi exactement comme Voldemort s'attend à ce que nous agissions, nous, les imbéciles qui éprouvons des sentiments d'amour.
Qu'est-ce que cela pouvait me faire si je ne sais combien de gens dont je ne connaissais ni les noms, ni les visages, trouvaient une mort violente dans un avenir indéterminé, du moment que toi, dans l'instant présent, tu étais vivant, en bonne santé et heureux ? Je n'avais jamais rêvé qu'un jour je serais responsable d'un être tel que toi.
Je t'ai vu affronter des épreuves que probablement aucun autre élève de cette école n'a jamais connues et je ne pouvais me résoudre à en ajouter une autre – la plus grande épreuve de toutes. »
« Je ne comprends pas. » admit Potter.
« Voldemort a essayé de te tuer quand tu étais bébé à cause d'une prophétie faite peu avant ta naissance. Il savait que cette prophétie existait mais n'en connaissait pas tous les détails. L'arme qu'il cherchait tant à obtenir, c'était celle-là : connaître le moyen de te détruire. »
« La prophétie s'est brisée. » dit Potter, l'air interdit.
« Ah cette sphère n'était qu'une simple copie destinée aux archives du Département des Mystères. » expliqua Dumbledore, en se levant lentement comme si le simple fait de bouger lui faisait mal et se dirigea vers sa Pensine, « La prophétie originale restera à jamais gravée dans mon esprit. »
Une silhouette s'éleva alors de la Pensine, enveloppée de châles, les yeux énormes derrière ses lunettes, se trouvait Sibylle Trelawney.
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… Il naîtra de ceux qui l'ont pas trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit… »
Draco sentit son souffle se bloquer dans sa gorge… Potter ?! Potter était le seul à pouvoir vaincre le Seigneur des Ténèbres ? La survie du monde sorcier dépendait d'un adolescent de quinze ans aux connaissances et capacités magiques pas encore développée ?! Potter n'avait absolument aucune chance face au Seigneur des Ténèbres…
Draco se laissa retomber lourdement sur le lit en poussant un petit rire amer, mais son visage ne reflétait qu'une extrême lassitude. Et quand Potter mourra, Draco allait également mourir, n'est-ce pas ?
« Ah ah, quel destin de merde. » souffla Draco.
« Ce qui est étrange, Harry. » murmura Dumbledore après un lourd silence pesant où Potter essayait manifestement d'encaisser la nouvelle du mieux qu'il pouvait, « C'est qu'une autre personne aurait pu correspondre à la prophétie. Et l'autre personne s'appelait Neville Longbottom.
Mais le fait est que tu es celui qu'il a 'marqué comme son égal', c'est toi qu'il a choisi, pas Neville. »
« Mais pourquoi a-t-il tenté de me tuer lorsque j'étais encore bébé ? Il aurait dû attendre que nous grandissions pour voir si c'était Neville ou moi qui lui paraîtrait le plus dangereux et essayer de tuer l'un ou l'autre. »
« Cela aurait pu être plus rationnel, en effet, mais Voldemort ne connaissait pas l'intégrité de la prophétie. Vois-tu ce jour-là, quelqu'un a surpris notre conversation, mais par chance cet espion fut repéré et jeté dehors avant que Sibylle ne termine la prophétie. Il n'a entendu que le début.
Voldemort n'a donc jamais su qu'il aurait pu être dangereux d'essayer de te tuer. Il ne savait que tu aurais 'un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore'. »
Draco se redressa brusquement, les yeux écarquillés. Les paroles de Dumbledore semblaient avoir remué quelque chose en lui, comme si c'était un souvenir qui essayait de ressurgir ou des paroles qu'il avait déjà entendues quelque part.
« Il ne sait pas que je suis là… et il ne doit absolument pas le savoir ! »
Draco s'agrippa soudainement la tête, sentant une douleur lancinante le submerger. Ces paroles, quelqu'un les lui avaient dites, mais qui ? Il avait l'impression que c'était extrêmement important mais pourquoi par Merlin ne pouvait-il pas s'en rappeler ?!
« Mais je n'ai pas ce pouvoir ! » protesta Potter, « Je n'ai aucun pouvoir que lui-même ne possède pas, je serais incapable de me battre comme il l'a fait la nuit dernière, je ne peux pas posséder d'autres êtres ou… ou les tuer… »
« Il existe un pouvoir qui contient une force à la fois plus merveilleuse et plus terrible que la mort, que l'intelligence humaine, que les forces de la nature. Et ce pouvoir tu le possèdes au plus haut point, Harry, alors que Voldemort en est totalement dépourvu. Et c'est ce même pouvoir qui a empêché Voldemort de te posséder. C'est ton cœur qui t'a sauvé. »
~HPDM~
Draco essayait de faire le tri entre tous les sentiments contradictoires qu'il avait ressenti durant ses dernières minutes – sans compter le fait qu'il devait également différentier ses émotions de celles de Potter.
Il avait mis un point d'honneur à ignorer les souvenirs depuis le début de sa dispute avec Harry, mais la phrase que Dumbledore venait tout juste de prononcée avait réussi à percer la petite bulle de protection imaginaire qu'il avait instaurée.
Parce que… sérieusement ? Son lui du passé à ce moment-là n'avait peut-être pas fait le lien ou peut-être qu'il s'était juste dit que Dumbledore avait essayé de masquer la participation de Draco tout en apportant sa petite touche de ''l'amour est ce qu'il a de plus puissant ect…'', mais maintenant avec le recul qu'il avait et le fait qu'il savait que Dumbledore était au courant depuis le début concernant le lien du Phénix et le petit sourire en coin que le directeur avait arborée en prononçant ses mots comme s'il avait plaisanté sur quelque chose que seul lui pouvait comprendre… Il ne faisait aucun doute que par 'ton cœur', Dumbledore avait en tête…
Merlin c'était tellement embarrassant !
Il entendit alors Harry pouffer et Draco devint écarlate, il avait complètement oublié qu'Harry pouvait entendre ses pensées !
« Pas un mot, Potter. » marmonna Draco.
« Ok, mon cœur. »
« Potter ! »
Harry lui fit un sourire qui n'atteignait cependant pas ses yeux. Il était évident que les choses étaient encore un peu délicates entre eux et que le brun ne savait pas comment se comporter avec lui sans empirer les choses.
Draco non plus n'avait absolument aucune idée de ce qu'il était censé faire…
« Je ne me rappelle pas du tout de ton intervention ce jour-là. » dit soudainement Harry, son regard fixé sur un point derrière Draco et un ton rempli d'incertitude avec une légère touche d'espoir.
Le blond se mordit la lèvre inférieure avec hésitation. Il pouvait clairement entrevoir le message caché derrière le ton du Survivant, 'Je n'arrive plus à le supporter, est-ce qu'on ne pourrait pas juste oublier ça pour quelques temps s'il-te-plait ?'
Etait-ce vraiment la solution ? De faire comme si rien ne s'était passé alors que ce n'était clairement pas le cas ? Non, la question n'était pas de savoir si c'était la solution ou pas parce qu'au final il n'y avait pas de solution à leurs problèmes, mais plutôt est-ce qu'il pourrait supporter de laisser traîner tout ça en longueur ? La réponse était assez évidente. Une partie lointaine de son esprit se demanda si c'était parce qu'ils avaient suivi le même raisonnement que Severus et Sirius avaient réussi à cohabiter relativement bien ensemble.
« Moi non plus. » répondit Draco, d'un ton pensif, il fit semblant de ne pas avoir remarqué le soupir de soulagement qu'Harry venait de pousser, et ajouta, « Enfin ce que je veux dire c'est que je me souvenais être arrivé dans la pièce lumineuse, avoir construit le dôme protecteur et rebouché partiellement la brèche… Mais étrangement je n'avais gardé aucun souvenir du petit garçon… Du moins jusqu'à maintenant. »
« Hm… » marmonna Harry, puis soudainement il fronça les sourcils, « Dray, tusais qui est ce petit garçon, n'est-ce pas ? Ce n'est pas la première fois qu'on le voit et il a clairement un rapport avec le lien du phénix. »
Il y eut un moment de silence comme si le parasite hésitait à répondre ou pas. Draco poussa un son d'irritation, « Si tu sais quelque chose crache le morceau, saleté de parasite. »
« La ferme ! » répliqua le parasite, avant de soupirer, « Oui, Harry, je sais qui il est… Mais plutôt que qui, j'emploierai le terme je sais ce qu'il est. »
« Oh Merlin ne me dis pas que c'est encore une double personnalité. » grommela Draco.
« Non. » grinça la double personnalité, « Tu te rappelles le pont mental que tu as terminé de construire il n'y a pas longtemps, Harry ? Et bien c'est en quelque sorte la représentation euh 'humaine' de ce pont… c'est la passerelle qu'il y a entre vos deux magies.»
~HPDM~
Draco regarda distraitement Potter quitter le bureau du directeur et se glissa alors du lit, se dirigeant vers la porte qui menait au bureau.
Dumbledore ne sursauta, ni n'avait l'air surpris d'ailleurs, de voir Draco soudainement apparaître de cet endroit. Non le directeur avait l'air complètement vidé d'énergie et profondément las. Ce qui n'était pas loin de l'état d'esprit de Draco en ce moment même… Par politesse, Draco ignora et ne commenta pas les quelques larmes qui coulaient des yeux du vieux sorcier…
Son attention fut immédiatement attirée par la petite boule tremblotante et faible qu'était devenue Fawkes. « Hey… » souffla tristement le blond en prenant précautionneusement le Phénix dans sa main, « Tu as l'air complètement pathétique. »
« Essaye de te prendre un Avada et on verra quelle tête tu auras. » répliqua l'oiseau, mais malgré ses paroles il se laissa caresser la tête par le blond.
Draco sourit, « Malheureusement je ne suis pas Potter, ni un Phénix, donc si je prends un Avada je n'aurai pas vraiment l'occasion de me relever alors encore moins regarder la tête que j'aurais… » le blond marqua une légère pause, « Je t'aurais bien donné le titre du Survivant, mais je pense que c'est déjà pris… Alors le 'Phénix-qui-a-survécu', tu en penses quoi ? »
« Gamin impertinent. » maugréa faiblement le Phénix, mais avec une claire touche d'affection.
« Draco… » appela finalement Dumbledore qui semblait avoir repris légèrement contenance, bien qu'il apparaissait toujours aussi fatigué. « Depuis combien de temps es-tu réveillé ? »
Draco hésita, mais finalement jugea qu'il n'était pas nécessaire de cacher le fait qu'il était au courant de la prophétie. « Approximativement au moment où Potter a décidé de ravager votre bureau. »
Dumbledore ferma les yeux, « Ah… J'aurais voulu que tu apprennes la nouvelle autrement. »
Draco se demanda durant un court instant si Dumbledore aurait essayé de le ménager en lui annonçant la nouvelle… Et sioui, comment aurait-il pu plus le ménager que ce qu'il avait fait pour Potter ? Le blond se réprimanda mentalement pour sa bêtise, bien sûr que non… Dumbledore ne l'aurait pas ménagé justement et cela aurait été un gain de temps énorme pour tout le monde.
« Ce n'est pas vraiment important. » répondit le Slytherin, d'un ton détaché. « Au final j'ai trouvé beaucoup de réponses aux questions que je me posais au sujet de cette prophétie. »
Les yeux perçants du directeur se posèrent sur lui, comme s'il essayait de trouver quelque chose dans le langage corporel de Draco, qui lui permettrait de confirmer une de ses hypothèses. Quoi, Draco n'en avait aucune idée, mais de toute façon il n'avait plus vraiment l'énergie d'essayer de comprendre ce qui se tramait derrière les actions de Dumbledore.
« Mais pas toutes. » fit remarquer le vieux sorcier, « Il y a encore des points qui te tracassent. »
Draco haussa un sourcil, bien sûr qu'il avait encore des questions, après tout peut-être que Potter ne l'avait pas remarqué mais il y avait encore quelques points d'ombres dans toute cette histoire. Mais cela ne ressemblait pas au directeur de faire remarquer l'évidence, est-ce que Dumbledore avait quelque chose en tête ?
Le blond soupira intérieurement, il était bien trop fatigué pour vouloir réfléchir, mais au final il semblerait qu'il ne pouvait pas s'empêcher de le faire… Et puis une partie de lui se disait que plus il gardait son esprit occupé moins il ne repenserait à la m… disparition de Sirius.
« Vous aussi, n'est-ce pas ?» répliqua Draco, d'un ton las en se massant les tempes, « Vous savez que j'ai quelque chose à voir avec le fait que Potter a réussi à éjecter le Seigneur des Ténèbres de son esprit, mais vous êtes curieux de savoir ce que j'ai fait exactement. »
Dumbledore parut surpris pendant un court instant avant de reprendre contenance, « En effet… j'avoue avoir une hypothèse de la manière dont tu as procédé, mais j'aimerais avoir une confirmation. »
« Donc c'est un échange d'informations ? » marmonna le blond.
« Si tu veux voir ça comme ça, oui. » répondit le directeur, « Je répondrais dans la mesure du possible à toutes tes questions si tu me dis comment tu as fait. »
Draco haussa un sourcil, le marché était clairement en sa faveur mais dans ce cas pourquoi avait-il l'impression de se faire avoir quelque part dans tout ça ?
« De toute façon… » songea Draco, d'un air résigné, « On se fait toujours avoir d'une manière ou d'une autre lorsqu'on a affaire avec Dumbledore. »
Il vit un micro sourire apparaître sur le visage du directeur, suite à cette pensée et Draco leva les yeux au ciel.
« Je savais qu'il était dangereux de laisser le Seigneur des Ténèbres dans l'esprit de Potter. » expliqua le blond, « Je ne savais pas vraiment quoi faire au début… Il était évident que niveau magie je ne faisais absolument pas le poids contre lui… Et même si j'avais cumulé ma magie avec celle de Potter cela n'aurait pas été suffisant pour rivaliser avec lui, sans compter le fait que Potter n'était pas vraiment fonctionnel à ce moment-là…
Mais ensuite j'ai réalisé que ce n'était pas un combat de magie mais d'Occlumancie/Legilimancie.
J'avais toujours pensé que ces deux domaines étaient intrinsèquement liés avec la puissance magique, mais j'ai réalisé qu'au final ce n'était pas le point le plus important dans un combat de l'esprit. Après tout vous êtes bien plus puissant que Severus, mais il est un meilleur Occlumens que vous.
Severus m'a expliqué une fois que l'Occlumancie nécessitait une plus grande volonté et une meilleure maîtrise de son esprit que son adversaire.
Je n'aurai pas la prétention de dire que j'ai une meilleure maîtrise de l'esprit que le Seigneur des Ténèbres, mais j'ai eu d'excellentes bases d'Occlumancie depuis mon enfance sans compter cette espèce de barrière mentale dû au sort.
Mais je savais que je manquais clairement de volonté face au Seigneur des Ténèbres… Mais il y avait une personne qui pouvait battre le Mage Noir dans ce domaine. »
« Harry. » dit Dumbledore, en hochant la tête.
« Potter. » confirma Draco, « Mais le problème c'est que Potter est un piètre Occlumens… Il ne pourrait pas réussi à vider son esprit même si sa vie était en jeu – ce qui d'ailleurs était le cas à ce moment-là.
Alors j'ai décidé de tenter une méthode d'Occlumancie plus complexe que de vider son esprit… Se concentrer uniquement sur une pensée en particulier. J'ai demandé à Potter de se focaliser uniquement sur Sirius. Et j'ai donc utilisé le fait que Potter considérait Sirius comme un père, quelqu'un présent pour le protéger afin de dresser un dôme protecteur face au Seigneur des Ténèbres.
De cette façon c'était presque comme si Sirius lui-même était en train de protéger l'esprit de Potter.»
« Ingénieux. » souffla le directeur, son esprit considérant et analysant manifestement les paroles de Draco à grande vitesse. « Mais il y avait le risque que tu ne puisses pas combiner ta maîtrise avec la volonté d'Harry. »
« J'ai utilisé Sirius comme un conducteur. » expliqua Draco, « Je m'étais dit que si Potter et moi-même pensions à la même personne, de la même façon peut-être que cela nous aurait permis de momentanément combiner nos forces... euh une sorte de résonnance de l'esprit. »
Dumbledore parut impressionné par ce que Draco venait de lui raconter. Bien sûr le blond se garda bien de dire que même lui n'avait pas été certain qu'une telle chose puisse fonctionner avant de voir le dôme protecteur apparaître.
Puis le directeur hocha la tête, avant de dire, « Bien… tu as répondu à mes questions, maintenant j'imagine que tu veux des réponses aux tiennes. »
Draco ferma les yeux, il avait plus d'une dizaine de questions en tête, cependant malgré la promesse du directeur de répondre à toutes ses questions, il ne voulait pas tenter sa chance. Mieux valait poser celles qui le perturbait le plus en ce moment.
« Mon père a dit à Potter… » commença Draco, «… que la raison pour laquelle le Seigneur des Ténèbres n'est pas allé chercher la prophétie lui-même était parce qu'il ne voulait pas se faire repérer par des Aurors ou le Ministre puisqu'il était censé être mort.
Mais cela me paraît étrange que quelqu'un ayant autant de ressources que le Seigneur des Ténèbres ne puissent pas s'introduire dans le Ministère en toute discrétion et s'emparer de la Prophétie. Après tout la sécurité du Ministère est médiocre au mieux et inexistante au pire.
C'est pour ça que je me suis demandé si la raison pour laquelle le Mage Noir ne voulait pas aller au Ministère était parce que vous avez fait quelque chose. »
Dumbledore inclina la tête, « Il est possible en effet que j'ai pu ajouter – derrière le dos de ce cher Ministre – un complexe sort de détection qui avertirait à la seconde près les Aurors et le ministre lui-même si quelqu'un d'une puissance magique équivalente à la mienne entrait dans le Ministère. Bien sûr Voldemort savait qu'un tel sort a été lancé c'est pourquoi il a préféré essayer d'attirer Harry au Département des Mystères.
Le fait qu'il soit lui-même allé au Ministère quelques heures plus tôt pourrait être expliqué par la fait qu'il était soit trop furieux d'avoir perdu la Prophétie, soit qu'il avait considéré peu important la nouvelle de son retour par rapport aux dommages qu'il aurait pu causer à Harry et à moi.
Bien évidemment… » ajouta Dumbledore avec un léger sourire en coin, «… tout cela n'est qu'hypothétique étant donné que jeter un tel sort serait considéré comme illégal. »
Draco sentit une goutte perler à l'arrière de sa tête, mais préféra ne pas commenter à ce sujet, à la place il demanda d'un ton hésitant. « L'espion qui a réussi à entendre le début de la prophétie… » Draco serra les poings et il vit du coin de l'œil Dumbledore se tendre très légèrement, ce qui en soi constituait déjà très largement la réponse à sa question, «… c'était Severus, n'est-ce pas ? »
Dumbledore hésita, « Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »
« La Pensine. » répondit le Slytherin, « Au lieu de faire entrer Potter dans la Pensine comme pour visualiser un souvenir normal vous avez préféré faire apparaître la forme de Trelawney au-dessus de la Pensine… De cette façon on aurait entendu uniquement ce qu'elle disait…
Si Potter avait plutôt décidé de plonger sa tête dans la Pensine, il aurait vu Trelawney énoncer sa prophétie certes, mais également le court moment où vous aviez remarqué que quelqu'un écoutait à la porte… Pour quelle autre raison auriez-vous voulu dissimuler l'identité de cette personne si ce n'est parce que Potter la reconnaitrait ?
Si cela avait été un Mangemort lambda ou même quelqu'un mort depuis le temps, vous n'auriez pas eu de problème à énoncer son nom, lorsque vous parliez de l'espion à Potter. Donc vous vouliez protéger les secrets de cette personne, potentiellement protéger la personne par extension.
La façon dont vous parliez de l'espion – avec regret presqu'avec tristesse – porte à croire qu'il y avait effectivement un lien affectif avec cette personne. Vous en parliez comme un parent regardant ses enfants aller dans le mauvais chemin. C'était donc une personne que vous connaissiez également personnellement.
Le fait que Potter connaisse cette personne signifie que l'espion s'est racheté entre temps, parce que peu importe votre niveau d'affection pour cette personne vous n'auriez jamais laissé sciemment un Mangemort dont les intentions sont incertaines s'approcher de lui.
Combien y a-t-il d'ex-Mangemort dans l'entourage de Potter pour laquelle vous accordez une certaine affection au point de vouloir le protéger de la rage de Potter ? La réponse est : un seul. Il n'y a que Severus. »
« Pourquoi me poses-tu la question si tu connais déjà la réponse, Draco ? » demanda gentiment le directeur.
Draco se mordit la lèvre, serrant les poings de frustration, « Parce que j'espérais avoir tort… j'espérais que vous trouviez quelque chose à réfuter dans mon raisonnement. »
Parce que si Severus avait vraiment été l'espion ayant entendu la prophétie, cela signifiait qu'il était en partie la raison pour laquelle les Potter avaient été pris pour cible. Si Severus n'avait pas reporté la prophétie au Seigneur des Ténèbres, les Potter n'auraient pas eu à se cacher, ils n'auraient pas eu à nommer un Gardien des Secrets, ils n'auraient pas eu à changer de Gardien, ils n'auraient pas été trahis par Pettigrew et le plus important de tout Sirius ne se serait jamais fait piéger et n'aurait jamais eu à passer autant de temps dans cette prison atroce.
« Malheureusement, je n'ai rien à redire. » soupira le directeur, « Tout ce que tu viens de dire est douloureusement exacte. »
Draco ferma les yeux essayant d'encaisser la confirmation de Dumbledore du mieux qu'il pouvait. C'était étrange… Plus il en apprenait sur le passé de Sirius et Severus et moins il arrivait à comprendre comment ils avaient réussi à arranger les choses entre eux.
« Ah… » songea amèrement Draco, « Peut-être que c'est parce que même maintenant ils n'ont toujours pas arrangé les choses… et… ils n'auront plus l'occasion de le faire. »
Draco secoua la tête, non il ne devait pas penser à ce genre de choses !
« Je pense… » souffla le vieux sorcier, « … que d'avoir reporté la prophétie à Voldemort ce jour-là est l'un des plus grands regrets de Severus et ce qu'il considère comme l'une de ses plus grandes erreurs. »
« Pas d'être devenu Mangemort ? » demanda le blond.
Dumbledore secoua la tête tristement, « Je ne suis pas le mieux placé pour te parler des circonstances entrainant Severus à emprunter cette voie. »
Le Slytherin hocha la tête, comprenant le message : si jamais il voulait des informations il devrait demander à Severus en personne. Il n'était pas sûr cependant de vouloir engager un sujet aussi sensible et dangereux et puis… Draco sentit un pincement au cœur, il ne savait même pas où était Severus en ce moment même alors de là à lui parler de quelque chose comme ça !
« Est-ce que Sirius savait pour –» le blond ne termina pas sa phrase mais fit un geste un vague de la main.
« Oui il le savait. » répondit Dumbledore d'un ton tranquille.
« Oh. » fut la seule réponse que le Slytherin parvint à trouver.
« C'est tout ce que tu avais à me demander, Draco ? » demanda gentiment Dumbledore, après un moment de silence.
Draco ouvrit la bouche.
Il avait voulu demandé si Dumbledore était au courant de la raison pour laquelle Lucius avait agi d'une manière aussi étrange aujourd'hui et ce qui lui était arrivé après que Draco ait perdu connaissance… Mais ce n'était pas quelque chose qu'il pensait pouvoir discuter avec Dumbledore, après tout c'était un problème bien trop personnel. Il y avait aussi ces étranges flash-back/visions/échos, qu'ils entendaient de temps en temps comme si un relativement vieux souvenir essayait de refaire surface, qui le perturbaient énormément. Mais encore une fois il n'était pas sûr de vouloir parler de ça à Dumbledore. Il voulait lui demander si c'était normal de se sentir aussi vide après ce genre d'évènement… Il voulait lui demander beaucoup de choses, mais au final il décida que ce n'était pas vraiment important.
« Comment est-ce que je suis arrivé ici ? » préféra plutôt demander le blond.
Dumbledore semblait plus détendu une minute plus tôt et Draco réalisa que c'était sans doute la première question que le directeur s'attendait à devoir répondre et qu'il avait donc préparé une réponse.
« Après que ta petite excursion dans l'esprit d'Harry… » expliqua Dumbledore, «… Voldemort s'est enfui du Ministère et j'ai demandé à Harry de retourner à Hogwarts et m'attendre ici. J'ai réglé quelques petites affaires avec ce cher ministre et avant de retourner dans mon bureau j'ai décidé de faire un détour par les appartements de Severus pour voir comment tu allais…
Je m'étais attendu à trouver Severus, paniqué, attendant des explications sur ce qui était en train de t'arriver – je savais qu'il était probable que ton combat contre Voldemort n'aurait pas été sans conséquences pour ton corps, ta magie et surtout ton esprit.
Mais à la place je suis tombé nez à nez avec Mr Zabini et Mr Nott s'agitant autour de ton corps inconscient. Il semblerait que la raison pour laquelle tu puisses te réveiller seulement quelques heures après ton combat serait due aux capacités extraordinaires de Mr Nott.
Tous deux auraient apparemment ressenti ta détresse depuis le bureau d'Ombrage et se sont précipités pour te retrouver. Mr Nott m'a expliqué qu'il t'avait trouvé au sol t'agitant violemment et tremblant comme si tu étais dans un cauchemar dont tu n'arrivais pas à te libérer.
Ils m'ont alors tous deux supplié de t'aider et c'est pourquoi je t'ai ramené dans mes appartements privés et me suis assuré que tu ne conserverais aucune séquelle mentale. »
Draco hocha la tête, étrangement il n'avait aucun mal à imaginer la scène. Il n'y avait qu'à voir la réaction de ces deux-là quand Draco faisait une crise. Il avait dû leur donner la frayeur de leur vie.
« Etrangement, Severus n'était nulle part en vue. » commenta Dumbledore, nonchalamment, ses yeux perçant dardés sur Draco.
Ce dernier se tendit et détourna le regard. Il ne pouvait s'empêcher d'avoir du ressentiment contre Severus pour être parti à un tel moment alors que Draco avait besoin de lui… Mais il savait aussi que Severus avait sans doute été la personne la plus touchée par cette nouvelle.
« Il ne pouvait pas rester. » se contenta de répondre vaguement Draco d'une voix morne.
Dumbledore hocha la tête et Draco tressaillit lorsqu'il croisa le regard du directeur. En apparence, le vieux sorcier semblait totalement calme. Mais ses yeux étaient sérieux, dur et menaçant. Draco ne savait absolument pas pourquoi, ni contre qui, mais le directeur était en colère. Et il se demandait alors s'il n'était pas temps pour lui de faire une retraite stratégique…
Mais finalement le directeur inspira profondément et ses yeux s'adoucirent de nouveau. « Avant mon départ précipité de Hogwarts, Sirius était venu me voir pour me confier son testament. » expliqua Dumbledore, d'une voix fatiguée et pleine de regrets en sortant une fiole scellée.
Normalement la lecture d'un testament était procédée à Gringotts par les gobelins en présence de toutes les personnes mentionnés dans ledit testament. Cependant il était possible de désigner une personne responsable de transmettre les dernières volontés de la personne sans passer par Gringotts, en utilisant un contrat spécial.
« Sirius m'a chargé… » expliqua tristement Dumbledore, «… d'informer toutes les personnes concernés dans son testament de ce qu'il souhaitait leur léguer mais qu'ils ne devraient en aucun cas voir le testament eux-mêmes. Cependant il m'a également dit que si tu souhaitais le voir, tu étais libre de le faire. »
Draco sentit une boule se former dans sa gorge et son estomac se nouer douloureusement, il ne voulait pas entendre le testament de Sirius, cela rendait les choses beaucoup trop définitives mais en même temps une partie de lui ne pouvait s'empêcher de le vouloir parce que cela signifiait qu'il pourrait entendre Sirius parler, qu'il pourrait le voir encore une fois…
Draco hocha la tête. « Montrez-le moi, s'il vous plait. » dit-il d'une voix rauque et remplie d'appréhension.
Dumbledore retira le sceau de la fiole et immédiatement une fumée en sortie. L'instant d'après Draco se retrouva face à face avec le visage souriant mais déterminée de Sirius et il serra violemment les poings pour s'empêcher de montrer à quel point il était affecté par cette vue.
Fawkes qui était toujours sur ses genoux poussa un son mélodieux qui se voulait réconfortant. Draco baissa les yeux et lui fit un très léger sourire reconnaissant, avant de lever à nouveau son regard vers le testament.
La figure de Sirius ouvrit la bouche et commença à parler, « Hey. Si tu regardes ce testament, cela signifie que je suis déjà mort. J'espère juste que ce n'était pas pour quelque chose de stupide parce que sinon Snape se foutra éternellement de ma gueule. »
Draco ne put s'empêcher de sourire face à ce commentaire, même si c'était un sourire atrocement peiné.
« Non plus sérieusement, si je suis vraiment mort alors il a certaines choses que je voudrais dire.
Premièrement en tant que Chef de la famille des Blacks, je souhaite désigner Harry James Potter et Draco Lucius Malfoy comme mes héritiers potentiels. Et en attendant que l'un de mes héritiers soit accepté par la Magie Ancestrale des Blacks et par la suite prenne ma place en tant que chef de famille, je souhaiterai que le Chef Régent reprenne la place qui lui ait dû.
En tant que tout simplement Sirius Orion Black :
A Nymphadora Tonks, chère cousine, ne crois pas une seule seconde que je n'ai pas remarqué les regards que tu lançais à Remus… Il est assez têtu en son genre et manque atrocement de confiance en lui, cependant si un jour tu décides de te lancer et parvient à la convaincre que oui, lui aussi a le droit d'être heureux alors sache que tu as mon complet soutien.
A Narcissa Malfoy, née Black, je sais que nous avons eu des différents notamment concernant ton cher et détestable mari, cependant je te remercie sincèrement d'avoir gardé foi en mon innocence malgré les preuves qui indiquaient le contraire. Si tu n'avais pas été persuadée de mon innocence je ne suis pas certain que Draco serait venu me parler. De ce fait je te suis reconnaissant d'avoir permis à Draco de rentrer dans ma vie. Tu as élevé un fils formidable, Cissa, et tu peux être fier de toi. Je n'ai pas grands choses à t'offrir, cependant si un jour tu en as besoin, sache que tu auras la bénédiction et le soutien de la Noble et Ancienne Lignée des Blacks pour te soutenir.
A Albus Dumbledore, oui je sais que je suis censé citer tous les prénoms mais sincèrement on devrait créer une loi interdisant l'utilisation d'autant de prénoms ! »
Draco vit le directeur secouer doucement la tête avec affection, ses yeux brillants de larmes retenues. Le blond détourna le regard, accordant au directeur un peu plus d'intimité et se focalisant à nouveau sur le testament.
« Bref… Donc je disais à Albus Dumbledore, je n'ai pas toujours été d'accord concernant vos décisions notamment au sujet de Draco et Harry, surtout à leur sujet d'ailleurs… Cependant je sais qu'ils comptent énormément à vos yeux. Alors je ne vous demanderai qu'une chose, protégez-les du mieux que vous pouvez. Je sais que vous avez tendance à voir Harry comme un enfant et vouloir le ménager, c'est une erreur parce qu'Harry est un adolescent, certes, mais il a vécu des choses pires que certains adultes ne pourraient imaginer et il a bien plus de tripes et de courages que la moitié de l'Ordre. Inversement je sais que vous considérez déjà Draco comme un adulte et pour être franc il doit être dix mille fois plus adulte que moi et j'ai également tendance à le faire… Mais s'il-vous-plaît n'oubliez pas qu'il est également un adolescent qui a besoin de soutien et qui malgré la façon dont il se comporte a le même âge qu'Harry. »
Dumbledore ferma douloureusement les yeux et Draco sentit extrêmement mal à l'aise et inconfortable d'avoir écouté une telle déclaration même si elle le concernait.
« A Remus John Lupin, mon vieil ami, je suppose que je dois te laisser la lourde tâche d'être le dernier Marauder – le rat ne compte plus depuis longtemps évidemment – et je compte sur toi pour soutenir Harry puisque je ne suis plus là. Je sais que tu doutes de toi, Moony, mais crois-moi tu pourras y arriver. Je te lègue l'une des demeures que tu voudras (sauf le Square) et une somme de deux milles gallions, non, Moony, ce n'est pas de la charité et tu ne peux pas refuser ! Ah c'est ça l'un des avantages d'être mort ! Et pour l'amour de Merlin arrête d'ignorer ma cousine alors qu'il est évident que tu en pinces pour elle !
Au bâtard graisseux, je n'ai pas besoin de le répéter ici, tu es déjà au courant… Mais il y a une chose que je vais répéter et tu as intérêt à bien l'enregistrer : je te fais confiance pour prendre soin de Draco et Merlin m'en préserve si jamais tu oses lui faire du mal ou si tu le négliges je te jure par Merlin que je trouverai un moyen de revenir et de te faire payer !
A Harry James Potter, Prongslet, je suis désolé de ne pas avoir pu tenir ma promesse envers toi. Mais tu es fort et je suis certain que tu parviendras à t'en sortir et faire mordre la poussière à ce bâtard de Voldemort ! Je sais que tu n'en voudras certainement pas, mais je te lègue la totalité de mes biens restants. J'aurais voulu que tu puisses voir ce testament, Merlin sait que tu le mérites, cependant je t'ai caché des choses que tu ne pardonneras certainement pas si tu l'apprenais : oui j'ai fraternisé avec l'ennemis. Mais si un jour tu apprenais tout de même ce que je t'ai caché et que tu regardes ce testament alors je souhaiterai que tu laisses une chance à Snape et je voudrai que tu viennes en aide à Draco si jamais il en a besoin.
A Draco Lucius Malfoy, Merlin j'ai tellement de chose à te dire que je ne sais pas par où commencer. Je n'aurais certainement pas imaginé en te voyant pour la première fois deux ans plus tôt que tu parviendrais à t'immiscer ainsi dans ma vie… Tu étais mon petit cousin et le fils de cet enfoiré de Malfoy, mais maintenant tu es bien plus que ça… Maintenant tu es devenu mon fils de tout sauf de nom et je suis fier d'être l'un des seuls adultes à qui tu fais confiance… Je suis désolé de devoir t'abandonner ainsi et peut-être qu'au final tu n'avais pas besoin de moi : je sais après tout à quel point tu es indépendant et débrouillard. »
Draco sentit ses yeux piquer et il serra les poings, se retenant de crier à la figure de Sirius, que bien sûr que si, il avait besoin de lui, qu'il aurait toujours besoin de lui.
« Mais j'aime à penser avoir une importante place dans ta vie. Et tu es la seule personne pour le moment à qui je fais assez confiance pour écouter ce testament. Comme tu as dû l'entendre j'ai légué tous mes biens à Harry, mais ça ne veut pas dire que je le préfère à toi. Je pense juste qu'officiellement et pour ne pas attirer l'attention de ton méprisable paternel, Harry devrait tout recevoir. Cependant, tu as la possibilité d'utiliser l'argent des Blacks et d'avoir accès à toutes mes demeures. Si un jour tu avais besoin de fuir ton père, la guerre, Voldemort, ou juste un endroit pour te sentir mieux sache que tout te sera toujours ouvert en particulier l'annexe du Square.
Je compte également sur toi pour veiller auprès d'Harry comme tu l'as toujours fait… Mais n'oublie pas également de vivre pour toi et de penser à toi. Parce qu'à mes yeux, Draco tu es aussi important qu'Harry.
Prends soin de toi. »
Draco ferma douloureusement les yeux, laissant plusieurs larmes couler contre son gré. Merlin, qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ?! Comment alors qu'il avait envie de pleurer, crier et détruire tout ce qui l'entourait, parvenait-il à se sentir soudainement aussi calme ?
« Draco. » appela doucement Dumbledore.
Le blond ouvrit ses yeux ternes et profondément fatigués.
« Je n'irais pas au Square cet été. » souffla le blond, anticipant la question du vieux sorcier.
Comment pouvait-il retourner à un tel endroit alors qu'il risquait de se faire submerger par les souvenirs de Sirius ? Comment pouvait-il rester là-bas sans espérer voir Sirius débarquer comme une tempête et déclarer que tout ceci n'était qu'une farce ? Non il ne parviendrait certainement pas à aller au Square, il ne pourrait pas le supporter. Et puis son père avait été clair sur la question, Draco devait retourner au Manoir.
« Ton père a été emprisonné après les évènements du Ministère. » lui indiqua le directeur. « Tu n'es pas obligé de retourner là-bas. »
Draco secoua la tête, d'un air profondément résigné, intérieurement il était soulagé que son père ne serait pas présent. « Je n'ai pas le choix, professeur. »
Après tout il savait ce qu'il l'attendait en rentrant, il savait qui l'attendait en rentrant et si jamais il essayait de s'y soustraire il n'avait aucun doute qu'on le lui ferait regretter amèrement une fois qu'on le retrouverait. Et peut-être même qu'ils essayeraient de s'attaquer à sa mère si Draco ne se présentait pas et ça, le blond ne pouvait absolument pas se le permettre.
« Je n'ai pas le choix. » répéta Draco, « Je sais ce qui m'attends cet été… et je sais également que je ne serai plus en mesure de le faire alors je souhaiterai vous demander une faveur maintenant. Je n'ai aucune chance d'échapper à tout ça… Mais je ne veux pas impliquer les personnes auxquelles je tiens dans tout ça. » Le blond leva les yeux et fixa le directeur droit dans les yeux sans ciller, « Si jamais un jour Blaise, Théo ou Pansy en avait besoin, je voudrai que vous les preniez sous votre aile, que vous leur accordiez votre protection qu'ils le veuillent ou non. S'il vous plaît assurez-vous qu'ils ne soient pas forcés de prendre la marqua. »
Dumbledore semblait avoir vu la détermination dans les yeux de Draco, car il hocha la tête. « Je leur accorderai volontiers ma protection Draco, après tout ils restent de précieux élèves de Hogwarts. Et si tu souhaites me parler de quoi que ce soit, que ce soit maintenant ou même plus tard, sache que ma porte te sera toujours ouverte. »
Draco parvint à lire entre les lignes, autrement dit, 'si j'avais besoin de parler de la mo – disparition de Sirius ou de ce que je subirais durant cet été, même si je deviens un Mangemort.'
Draco se leva doucement, tout en posant à nouveau Fawkes sur son perchoir, « Merci professeur, je garderai ça en tête.»
Mais ils savaient tous les deux, que les paroles de Draco signifiaient qu'il n'allait pas en parler, qu'il ne voulait pas en parler.
Draco se dirigea vers la porte, évitant les débris au sol, il avait la main sur la poignée quand le directeur l'appela.
Il se retourna lentement, lui lançant un regard interrogateur.
Dumbledore soupira et paraissait encore plus vieux qu'il ne l'était à cet instant même, « Chacun réagit différemment lorsqu'on apprend la perte d'un être cher. Certains ont besoin de s'isoler et d'affronter leurs démons par eux-mêmes. Dans ce genre de cas, il faut leur laisser de l'espace et le temps de réfléchir, les laisser avancer à leur rythme. Certains ont besoin de canaliser leur rage sur quelqu'un et de détruire tout ce qui leur tombe sous la main, de blâmer quelqu'un, quelque chose pour leur perte et leur douleur. La meilleure chose à faire dans ce cas-là est de les laisser déverser toute leur colère.» Dumbledore leva ensuite les yeux vers Draco lui jeta un regard perçant et éloquent, avant d'ajouter, « Et d'autres se contentent de refouler leur peine et leur sentiment. Ce type de personnes, Draco, est je le crains le plus douloureux et compliqué à aider, parce qu'en apparence ils ont l'air d'être ceux ayant parvenu à faire leur deuil et surmonter leurs peines en premier, certains donnent même l'impression qu'ils n'ont pas ressenti la peine… Mais ce type de personnes en réalité ne parvienne rarement à véritablement faire leur deuil et souffre silencieusement pendant bien trop longtemps. Il ne parvienne généralement pas à le faire seul et nécessite quelqu'un pour les confronter.»
Draco resta silencieux pendant un court instant, assimilant ce que venait de dire Dumbledore et n'ayant absolument aucun mal à faire le lien. Le blond lui offrit alors un sourire amer et répliqua, « Et qu'en est-il des personnes qui ne peuvent s'empêcher de justifier leurs actions précédentes parce qu'ils se sentent coupable de la perte de cette personne, même si au final ce n'est absolument par leur faute ? » Draco marqua une pause et il vit Dumbledore écarquiller les yeux, avant de reprendre, « Peut-être que ce type de personne devrait se rendre compte qu'ils ne peuvent pas protéger ni sauver tout le monde, malgré ce qu'ils voudraient croire, et qu'il serait temps pour eux d'arrêter de se torturer l'esprit et d'aller se reposer avant de s'écrouler de fatigue. »
Et sur ces mots Draco referma la porte, sans accorder un regard de plus au directeur.
~HPDM~
Harry écouta d'une oreille distraite les explications de Dray, et même s'il avait été celui posant la question au sujet du petit garçon, il n'arrivait tout simplement pas à se concentrer sur la réponse. Non, son attention était totalement focalisée sur Draco.
Selon Harry, le blond était vraiment incroyable. Même si Harry avait été celui ayant proposé de faire une trêve, il était encore mal-à-l'aise et incertain auprès du blond et il avait l'impression de devoir faire attention à tout ce qu'il devait dire de peur de froisser Draco ou de déclencher une nouvelle dispute. Mais Draco, lui, parvenait à faire comme si rien ne s'était passé, comme s'ils ne venaient pas d'assister à la mort de Sirius quelques instants plus tôt à peine…
Draco semblait se porter relativement bien alors qu'Harry ressentait toujours cette horrible pincement au cœur rien qu'en pensant à Sirius et à sa dispute avec Draco. Et même si Harry était soulagé que Draco parvienne à se reprendre aussi vite et aussi facilement il ne pouvait s'empêcher de ressentir un mauvais pressentiment à ce sujet, tous ses instincts lui criaient que quelque chose clochait dans cette histoire… mais –
« Harry tout va bien ? » demanda soudainement Dray.
Harry sursauta, « Oui, oui. » le rassura Harry, avec un petit sourire, essayant de masquer sa nervosité, « Tout va bien, j'étais juste perdu dans mes pensées. »
« A quoi ça sert de poser une question si tu n'écoutes même pas la réponses ? » marmonna Draco.
« Désolé… » s'excusa le brun, « Tu peux répéter ce que tu as dit, Dray s'il-te-plait ? »
« Je disais que le petit garçon était la passerelle entre vos deux magies. »
Harry fronça les sourcils, « Tu veux dire le pont mental qu'il y a entre Draco et moi ? »
« Pas exactement, non. »
« Je ne comprends pas. » avoua alors le brun.
« Hum… comment t'expliquer ça simplement… Imaginons que tu sois Hogwarts et que l'autre abruti soit la gare de King's Cross. Les élèves sont la magie, les émotions et les pensées circulant entre vous… Mais pour pouvoir aller à Hogwarts les élèves doivent d'abord passer la barrière de la voie 9 ¾. Cette barrière c'est moi, je filtre le passage ne laissant entrer et sortir que les personnes autorisées. Dans mon exemple le pont mentale serait les rails qui conduit jusqu'à Hogwarts et le petit garçon serait le train qui amène les élèves à destination. Tu comprends ? » expliqua Dray.
« Je pense… » répondit Harry, d'un ton incertain. « Mais dans ce cas pourquoi est-ce que je ne l'ai pas vu quand j'ai terminé de construire le pont ? »
Dray hésita un moment, avant de répondre, « Parce qu'il ne veut pas qu'on le trouve… Jusqu'à présent il n'est apparu devant l'autre abruti que lorsque c'était absolument nécessaire. »
« Pourquoi est-ce que je n'en ai conversé aucun souvenir jusqu'à maintenant ? » demanda le blond d'un ton irrité.
« Qu'est-ce que tu veux que j'en sache, ce n'est pas de ma faute si tu as une mémoire sélective. » grinça la double personnalité.
Harry vit le Slytherin lever les yeux au ciel d'un air profondément agacé.
« Dans ce cas, est-ce qu'il y a un moyen pour moi de le rencontrer ? » enchaîna le Prince des Slytherin.
« Pourquoi ? » demanda Dray avec suspicion.
« Parce que j'ai des choses à lui demander. » répliqua Draco sur le ton de l'évidence.
« Non. »
Draco haussa un sourcil, « Je suis sûr que si. »
« Ecoute-moi bien, il est caché profondément, très profondément à un endroit que tu ne peux absolument pas voir. »
« Que je ne peux pas voir ? » répéta le blond, arborant l'expression d'un animal sauvage venant de repérer sa proie, « Est-ce que ça veut dire que tu peux le voir ? »
Le silence qu'il y eut en réponse fut largement suffisant pour confirmer les soupçons de Draco.
« Est-ce que ça veut dire que si nous échangeons nos places je pourrais le trouver aussi ? »
« Non ! » siffla Dray, et Harry écarquilla les yeux en réalisant qu'il y avait une touche de panique dans sa voix, « Même si on échange nos places tu ne pourras pas le trouver ! Même moi je n'arrive à le voir que lorsque je m'isole complètement dans ton esprit. »
Draco eut un sourire de satisfaction, «Dans ce cas je n'aurais qu'à essayer de m'isoler complètement moi-même. »
Dray poussa un son de pur frustration et lança « Tu ne peux pas savoir si ça marchera ou pas ! »
« Non, c'est vrai. » admit calmement Draco, « Mais je le saurai une fois que j'aurai essayé. »
« Et ça ne te dérange pas de te laisser le contrôle ? » rétorqua la double personnalité, « Qui te dit que je ne profiterai pas de l'occasion ? »
Draco plissa les yeux de suspicion, « Pourquoi est-ce que tu ne veux absolument pas que je lui parle ? »
« Pourquoi est-ce que tu veux absolument lui parler ? » répliqua Dray.
« Je suppose que je devrai le découvrir par moi-même alors… » dit tranquillement le vert et argent avant de lever sa chemise révélant le tatouage, de prendre la main d'Harry et la poser de force contre le tatouage.
Draco inspira et plongea profondément dans son esprit.
Harry quant à lui regardait le blond avec une profonde inquiétude. Dray semblait complètement tétanisé sur place en réalisant qu'il avait été forcé à refaire surface. Puis l'instant d'après son corps fut pris de tremblements tandis qu'il s'écroulait au sol et se recroquevillait sur lui, plaquant une main contre sa bouche et ses yeux fermement clos. Sa respiration était haletante et de légers sons s'échappaient de sa bouche malgré la main qui se trouvait devant.
Harry le regardait avec horreur, ne comprenant absolument pas ce qui était en train de se passer.
« Dray ? » souffla Harry, « Qu'est-ce qui se passe ? Dray ! »
Mais Dray ne semblait pas l'écouter, il essayait tant bien que mal de se redresser, prenant appuis sur ses genoux et ses mains tremblantes. Maintenant que sa main n'obstruait plus sa bouche, Harry parvenait à voir que le blond serrait violemment les dents comme s'il essayait de faire de son mieux pour ne pas laisser échapper un son. Ses yeux toujours fermement clos et son expression se tordant en une grimace de douleur.
« Cet enfoiré… » siffla Dray, d'une voix haletant et à peine audible, « Est-ce qu'il a la moindre idée de –»
Mais il ne parvint pas à terminer sa phrase, ses bras ayant céder sous lui.
« Dray ! » paniqua Harry, « Qu'est-ce qui t'arrives ? Réponds-moi ! »
~HPDM~
Draco regarda le paysage défiler à travers la fenêtre du Hogwarts Express, essayant de faire le vide dans son esprit sans réel succès. Jetant un rapide coup d'œil à sa montre – il se mordit la lèvre inférieure en se rappelant que la montre avait été un cadeau de Sirius, mais décida qu'il valait mieux pour lui de ne pas s'attarder trop longtemps sur ce genre de pensée – et ferma les yeux. Le train n'allait pas tarder à arriver à Londres. Moins d'une quinzaine de minutes d'après les approximations de Draco. Dans quinze minutes….
Il effleura la poche de sa robe et se tendit légèrement en sentant un objet s'y trouver. Soupirant discrètement, Draco se tourna à nouveau vers la fenêtre, bien sûr qu'avait-il espéré ? L'objet n'allait pas disparaître comme ça juste parce que Draco le voulait.
Draco regarda avec suspicion la petite boîte qui se trouvait actuellement sur sa table de chevet. Il était certain qu'il n'y avait pas eu de boîte à cet endroit la dernière fois qu'il avait été dans son dortoir. Et si l'on considérait le fait que la boîte était fermée par deux rubans verts, cela ressemblait à s'y méprendre à un cadeau.
Si cette boîte provenait de Théo, Blaise ou à la limite Pansy, ils ne l'auraient certainement pas laissé en évidence de cette façon sur la table de chevet de Draco là où c'était si facile d'accès pour les personnes indiscrètes. Si cela avait été l'un de ces trois-là, ils auraient plutôt opté de lui donner le cadeau directement… Et puis quand bien même, ils auraient cherché à le surprendre, le choix logique aurait été sur le lit de Draco (étant donné que Théo et Blaise savaient comment passer outre le sortilège de protection que le blond avait installé autour de son lit).
Non cela signifiait que cela avait été déposé là par quelqu'un qui ne pouvait pas toucher le lit de Draco, c'est-à-dire bien entendu les deux balourds. Maintenant la question était, pourquoi feraient-ils une chose pareille ?
« Parce qu'ils ont été ordonnés de le faire, évidemment. Mais par qui ? Après tout, ces deux-là suivaient les ordres de père avant mais ce n'est manifestement plus possible maintenant puisque père est à Azkaban... »
Il se tendit… Il avait idée de qui pouvait être le destinataire du 'cadeau' et, il n'aurait jamais pensé dire ça à un jour, mais peut-être aurait-il préféré que ce soit son père.
Draco plissa les yeux, la boîte semblait tout à fait normal (à comprendre : il ne semblait pas y avoir de maléfice dessus), mais il tira tout de même sur le ruban pour ouvrir la boîte avec une énorme prudence, prêt à bondir à tout moment au cas où quelque chose arriverait. Mais rien ne se produisit à son plus grand soulagement.
Regardant à l'intérieur avec suspicion, il fronça les sourcils en avisant un objet qui ressemblait à une clef et un morceau de parchemin. Décidant d'ignorer la clef pour l'instant, il attrapa le parchemin du bout des doigts.
'Dracky, je dois t'informer que personne ne pourra se déplacer pour venir te chercher mais tu es un grand garçon maintenant tu sauras retrouver le chemin jusqu'à la maison tout seul, n'est-ce pas ? J'avais l'intention de te laisser trouver un moyen de rentrer par toi-même, mais une personne trèsgénéreuse a décidé qu'il valait mieux te donner un Portoloin. Le mot de passe est inscrit sur la clef.'
Draco sentit un long et terrible frisson le parcourir tandis qu'il lisait le message. Il ne reconnaissait pas l'écriture, mais il n'en avait absolument pas besoin pour deviner son identité, après tout, jusqu'à présent seule une personne l'avait appelé 'Dracky' auparavant et c'était tante Bella.
Le blond fronça alors soudainement les sourcils. Comment pouvait-il savoir une telle chose ? Tante Bella avait été incarcérée peu de temps après la défaite du Seigneur des Ténèbres, ce qui veut dire qu'il n'avait eu qu'un an à l'époque…Il ne se souvenait même pas avoir rencontré cette femme alors comment par Merlin pouvait-il savoir qu'elle l'avait appelé 'Dracky' ? Quelque chose de vague lui revint alors en mémoire et ses yeux s'arrondirent… Oh ! C'était l'un des 'flashs' qu'il avait eu et qui lui apprenaient des choses qu'il n'était pas censé savoir.
Il soupira, se demandant s'il parviendrait à trouver quelque chose à ce sujet dans la bibliothèque du Manoir. Il se tendit, rien qu'à la pensée du Manoir et de ce qui l'attendait. Tout comme l'identité de la personne lui ayant écrit, la 'personne très généreuse' n'était pas vraiment un mystère pour Draco, il n'y avait qu'une personne que sa tante écoutait fanatiquement et c'était –
Le blond serrant les dents et plaça la clef dans sa poche.
Draco ferma les yeux, d'un air las. Bien sûr il aurait pu activer le portoloin et ne pas prendre la peine d'emprunter l'Hogwarts Express, mais son absence dans le train aurait été remarquée et il voulait à tout prix éviter les questions indiscrètes et attirer l'attention sur lui. Enfin ça, c'était l'excuse qu'il donnerait lorsqu'il arriverait au Manoir et devrait expliquer pourquoi il ne l'avait pas utilisé immédiatement pour rentrer.
En réalité, il voulait non seulement gagner du temps pour se préparer avant l'inévitable, mais il voulait également, dans une sorte de sentimentalisme qu'il ne se connaissait pas, terminer normalement son année scolaire. Parce qu'il savait qu'une fois qu'il franchirait le pas de sa porte, son statut d'étudiant relativement normal sera terminé, alors au moins il souhaitait pouvoir rentrer chez lui comme tous autres étudiants lambda. Il voulait profiter de son dernier trajet dans le Hogwarts Express, en tant que simplement Draco Malfoy, préfet de cinquième année.
Draco ouvrit les yeux et jeta un regard circulaire dans le compartiment, il voulait également profiter du dernier trajet pour passer du temps avec ses amis. Son regard se posa un moment sur Pansy.
Sa fiancée discutait de quelque chose avec Blaise. Elle avait un petit sourire aux lèvres et sa posture indiquait que même si elle ne se sentait pas au mieux de sa forme, elle était cependant détendue en leur présence. Il était évident qu'elle n'avait toujours pas surmonté la mort de Diggory, et Draco n'était pas certain qu'elle puisse y arriver un jour… Cependant elle n'était plus la fille qui n'était plus que l'ombre d'elle-même et qui se noyait dans ses cauchemars et sa peine. Le fait qu'elle puisse voir Diggory à travers ses rêves en était sans doute pour quelque chose.
CELUI-DONT-ON-NE-DOIT-PAS-
PRONONCER-LE-NOM EST DE RETOUR
Draco poussa un soupir et survola l'article, d'un air las, avant de jeter le Prophet sur le banc à côté de lui et de fixer la surface du lac.
« Ce 'scoop' a environ un an de retard. » commenta une voix amère derrière lui.
Le blond ne prit pas la peine de se retourner, son regard toujours intensément sur le lac.
« Mieux vaut tard que jamais. » répondit-il.
Il entendit les bruits de pas de la personne contourner le banc, puis la présence à côté de lui indiquait que la personne venait juste de prendre place également sur le banc.
« Non… » souffla-t-elle, d'une voix peinée, « Si le Ministère avait cru Potter dès la fin de l'année dernière, la mort de Cedric aurait été reconnue en tant que telle. Il serait 'celui qui est mort en faisant face au Seigneur des Ténèbres' et pas juste le 'garçon dont les circonstances de la mort sont atrocement douteuses et qui fait polémique'. »
« Mais toi tu savais la vérité et c'est tout ce qui compte. » répliqua Draco, avec une émotion dans la voix qu'il ne voulait absolument pas analyser, tandis qu'il pensait au fait que Sirius, lui, était vu en tant que 'criminel' aux yeux du monde sorcier.
« Oui je suppose. » répondit Pansy, d'une voix lente et hésitante.
Il pouvait sentir son regard sur lui. Elle l'observait d'une manière hésitante, presque nerveuse, comme si elle s'attendait à ce qu'il se mette soudainement en colère ou se fonde en larme devant elle. Draco inspira, ravalant son agacement et son irritation. Il était évident que Blaise lui avait parlé de Sirius… Peut-être pas de Sirius en lui-même – parce qu'aussi Gryffindor qu'était Blaise parfois, il savait garder des secrets et ne trahirait pas la confiance de Draco – mais c'était très certainement quelque chose du style 'Draco vient de perdre quelqu'un de très important pour lui, Pansy.'
Il s'humecta les lèvres et tout en lui jetant un regard en coin, il lui demanda d'un ton nonchalant, « Et que pense le Diggory de ton rêve de toute cette histoire ? J'imagine que tu lui en as parlé. »
Le regard de Pansy devint encore plus insistant et perçant, et elle ignora la question du blond pendant plus de deux minutes, préférant l'étudier du regard sans vraiment de subtilité. Mais alors que Draco pensait qu'elle n'allait pas lui répondre du tout, elle ouvrit la bouche, « Il dit que la presse n'a jamais vraiment été très utile de toute façon et que la véritable raison de sa mort n'avait pas besoin d'être reconnue par des gens comme ça. »
Elle avait parlé lentement et avec réticence, quoi qu'elle avait cherché lorsqu'elle l'avait fixé, elle n'avait manifestement pas trouvé la réponse qu'elle voulait.
Draco leva les yeux au ciel, à la fois à cause de sa façon d'agir et de ses paroles. « Tu vois, même le principal concerné te le dit, alors pourquoi est-ce que tu es toujours en rogne ? »
Et là, Pansy fit quelque chose de complètement mais alors complètement inattendue : elle fondit en larmes. Draco écarquilla les yeux, sa mâchoire se décrochant presque sous le choc. Ok, il ne l'avait absolument pas vu venir celle-là.
Repassant rapidement ses paroles dans sa tête, tandis qu'il la tapota maladroitement sur l'épaule, il se demanda ce qu'il avait bien pu dire pour la faire réagir ainsi.
« Euh… » fut la réponse extrêmement éloquente du blond, avant qu'il ne secoue mentalement la tête, se remettant les idées en place, « Tu te rappelles le jour où on a officialisé nos fiançailles ? »
Pansy continuait de pleurer mais hocha la tête, ne voyant apparemment pas où Draco voulait en venir.
« Tu m'as dit que même si on était fiancé que j'étais libre d'aimer et de sortir avec qui je voulais... » poursuivit Draco, fouillant distraitement ses poches à la recherche d'un mouchoir se disant que cela aurait dû être la première chose à faire «… à condition que tu avais une plus grosse part que cette personne dans mon testament. » ajouta le blond, avec amusement, «Et je t'ai dit qu'avec une fiancée aussi compréhensive et intentionnée, la moindre des choses était de faire payer à la future personne avec qui tu me tromperais si jamais cette personne osait te faire du mal… »
Sa fiancée eut un micro-sourire, mais les larmes continuaient toujours de couler de ses yeux.
« Et je comptais tenir cette promesse… » continua le blond, en lui tendant le mouchoir qu'il avait finalement trouvé «… alors j'espère vraiment que ta réaction n'est pas à cause de Diggory, parce que pour le coup j'aurais un peu du mal… Il faudrait que je trouve un moyen soit de rentrer dans tes rêves – ce que je n'ai absolument pas envie de faire, j'en ai un peu ma claque de ce genre de chose en ce moment – soit de trouver où le corps de Diggory a été enterré et ça fait vraiment, mais alors vraiment mauvais genre de faire quelque chose comme ça…»
Pansy pouffa et secoua la tête d'un air exaspéré tout en essuyant ses larmes. Elle se tourna vers la surface du lac d'un air mélancolique, « C'est juste que j'ai l'impression d'être une horrible personne en ce moment. »
Draco haussa un sourcil, mais se garda bien de faire un commentaire. Pansy quant à elle, poussa un soupir mi-amère, mi-moqueur, « 'Non, pas du tout Pansy, tu n'es pas une horrible personne', 'mais que racontes donc tu Pansy, tu es la personne la plus formidable que j'ai rencontré', 'Ne t'inquiète pas Pansy, moi, je ne te trouve pas horrible'. »
Le sourcil levé garda sa position bien en place et fut accompagné d'un rictus moqueur, « Si tu cherchais des compliments, je pense que tu as dû confondre ton fiancée avec ton petit-ami… » fit remarquer Draco, « … c'est lui le Hufflepuff après tout. Cependant, » ajouta-t-il, avec un haussement d'épaule, « je pourrais éventuellement te dire si tu es véritablement une horrible personne ou pas, si tu m'informes du contexte de la situation. »
La lèvre de Pansy tressauta d'amusement pendant un très court laps de temps, mais son expression redevint immédiatement sérieuse «En ce moment, Cédric et moi n'arrêtons pas de nous disputer… le plus récent sujet de dispute est évidemment… » elle ne termina pas sa phrase, mais le regard noir qu'elle lançait en direction du Prophet était assez explicite, « Il pense que je ne devrais pas me soucier de ce genre de chose et qu'au lieu d'en faire tout un foin je devrais me concentrer sur mes études, ma vie, mes amies et peut-être même trouver quelqu'un d'autre. »
Draco grimaça, la dernière partie avait définitivement été une très mauvaise chose à dire, surtout à Pansy.
« Ça m'a tellement mis en rogne, je lui ai crié dessus et… » là sa voix se brisa, mais après une profonde inspiration, elle parvint à reprendre d'une voix tremblante, « Je… je… lui ai dit qu'il n'avait aucun droit de me dire des choses comme ça et que de toute façon il n'était qu'un fragment de mon imagination. Et que si ça le déplaisait tant que ça, il n'avait qu'à s'en aller. » Des larmes recommencèrent à apparaître aux coins de ses yeux et elle renifla d'un air frustré, « Il y a un an, j'étais tellement heureuse de pouvoir ne serait-ce que le voir une petite seconde dans mes rêves, même si je savais pertinemment que ce n'était qu'un rêve… »
Draco hocha la tête, il comprenait ce qu'elle ressentait. Il donnerait tout pour pouvoir reparler à Sirius, même juste un peu…
« Et maintenant… Et maintenant... » grinça-t-elle, « Je n'arrive pas à croire que je puisse lui dire ce genre de chose ! Et j'ai tellement peur de m'endormir ce soir… je suis terrifiée à l'idée de me rendre compte qu'il ne sera plus là… j'ai tellement besoin de lui et pourtant…je me dispute avec lui alors que j'aurais déjà dû être satisfaite de pouvoir lui parler, que j'aurais dû profiter de chaque instant que j'ai avec lui… Je suis tellement horrible. »
Le blond soupira. « Pansy. » dit-il, très sérieusement, « Je sais que tu sors avec un Hufflepuff, mais dis-moi que tu es au courant qu'aucun couple ne peut être tout rose tout le temps et que se disputer est tout à fait normal, même moi je sais ça. »
« Mais c'est différent ! » protesta Pansy, « Mon petit ami est mort, Draco ! »
« Vraiment ? Et il est au courant ? » répliqua le blond, d'un ton tranquille avec un léger soupçon de moquerie.
« Quoi ? »
« Pansy, il vient te voir tous les soirs dans tes rêves, vous discutez de tout et de rien tout en vous serrant l'un contre l'autre, vous parlez également de ton avenir et Merlin il t'a même fait réviser tes OWL's et maintenant vous vous disputez… Vu la manière dont vous agissez tous les deux, on ne dirait pas du tout que Diggory est mort ! Et de c'est totalement normal que vous ayez commencé à vous disputer, ça montre que tu es suffisamment à l'aise avec lui pour affirmer tes opinions et ça montre que tu as déjà réussi à surmonter sa mort. Tu ne le vois pas juste comme une espèce de fantôme qui viendrait te voir tous les jours, pour toi c'est comme s'il était toujours vivant… Au fond vous êtes juste un couple très hors normes.
Et puis il a beau dire que tu devrais refaire ta vie, ça fait un an qu'il est là et il est toujours pas parti, alors ça veut dire qu'il compte bien rester avec toi…»
Pansy baissa la tête et Draco se leva, lui tapotant légèrement l'épaule. Il savait que maintenant sa fiancée allait ruminer tout ce qu'il venait de lui dire et qu'elle préférait rester seul dans ces cas-là. Et puis même s'il rajoutait quelque chose il savait qu'elle ne l'écouterait que d'une oreille. C'était peut-être d'ailleurs pour ça, qu'il décida de continuer à parler.
« Et puis je suis sûr que tu arriveras à trouver une solution à tout seul, prouve-lui que tu peux à la fois vivre et continuer de le voir toutes les nuits. N'oublie juste pas de prendre soin de toi. »
Il avait énoncé ces derniers mots tout en commençant à se diriger vers le château, de ce fait il ne vit pas Pansy lever brusquement la tête et le regarder s'en aller avec une expression étrange dans les yeux.
Draco eut un petit sourire, oui, même si Pansy avait énormément souffert – surtout durant l'année – elle était celle qui l'inquiétait le moins. Certes, le père de Pansy avait des relations proches avec les Mangemorts (il était en étroite collaboration avec Lucius et d'autres moins importants Mangemorts) mais il n'en était tout de fois pas un, ce qui éloignait déjà un peu plus Pansy de la menace du Seigneur des Ténèbres. Oui Pansy commençait déjà à parvenir à surmonter la mort de Diggory – ironiquement grâce à Diggory lui-même – et une fois qu'elle parviendrait à remettre ses idées en place, elle irait bien.
Son glissa ensuite vers la projection, où Potter perdait lamentablement aux échecs contre Weasley, pendant qu'Hermione lisait le Prophet avec un froncement de sourcil qui signifiait très clairement qu'elle n'aimait pas ce qu'elle lisait. Draco se pinça les lèvres, de tous ses amis, Hermione était très certainement celle qui était le directement en danger. Le simple fait qu'elle était amie avec Potter ne la plaçait déjà pas dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres mais si l'on considérait en plus le fait qu'elle ne comptait pas rester sagement derrière pendant que Potter combattre le Mage Noir, elle allait donc très certainement se retrouver en première ligne. Sans compter qu'elle était une née Muggles.
« Reducto ! »
Draco regardait d'un air ennuyé la chaise se briser en mille morceaux et poussa un soupir las tout en s'asseyant à même sur le sol poussiéreux et sale de la cabane hurlante. Il ne savait pas ce que Potter trouvait à tout détruire autour de lui comme ça, mais ça ne marchait définitivement pas pour Draco. Il lança un dernier sort pour faire bonne mesure et fit exploser un petit bibelot qui traînait par terre non loin de l'endroit où il se trouvait.
« Tu sais que si tu restes comme ça derrière moi j'aurais pu croire à une attaque ennemie et réagir au quart de tour. » dit-il soudainement.
Il entendit un bruissement derrière lui, suivit de courts bruits de pas dans sa direction. « J'étais juste curieuse de savoir ce que tu allais faire. » lui parvint la réponse sur un ton d'excuse.
Draco poussa un son de dédain et fit de grands gestes du bras pour englober toute la pièce, sans pour autant se retourner « Comme tu peux le voir, pas grand-chose. »
De nouveaux quelques pas dans sa direction. Draco supposait qu'elle devait être à moins d'un mètre de lui maintenant.
« Comment as-tu su que je serais ici ? » demanda le blond d'un ton calme.
« Je t'ai vu marcher vers le Saule Cogneur après ta conversation avec Parkinson… alors je t'ai suivi. Mais je pensais bien que tu allais être ici. » répondit Hermione, d'une voix égale. « Je suis d'abord allée dans les appartements de Snape, mais il n'y avait personne. »
Il eut un petit rire sans réel joie, « Moi non plus je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où se trouve Severus… Il s'est juste volatilisé. »
« Alors depuis que – » elle hésita, ne sachant manifestement pas si elle devait poursuivre sa phrase, « Tu es tout seul ? » demanda-t-elle finalement.
Draco se tourna finalement vers elle et leva un sourcil moqueur, « Nous sommes dans une école, Hermione, j'aurais dû mal à être tout seul même si je l'avais voulu. »
Il vit Hermione se mordiller nerveusement les lèvres et son regard ne cessait pas de parcourir la pièce, comme si elle voulait faire quelque chose mais hésitait à le faire pour x raisons. Et elle semblait assez pâle aussi…
« Tu viens de sortir de l'infirmerie non ? » demanda-t-il, « Tu es sûre qu'il est sage de te balader comme ça dehors ? Tu aurais dû attendre un peu pour récupérer.»
Il vit l'incrédulité apparaître sur son visage et elle le regardait comme si une deuxième tête venait d'apparaître sur ses épaules, ce qui – il était pratiquement certain – n'était pas le cas. Puis l'instant d'après elle bondit sur lui, parcourant avec une vitesse déconcertante le mètre qui les séparait, et passa ses bras derrière sa nuque s'accrochant à lui.
Par pur réflexe, Draco amortit le choc en plaçant ses mains sur son dos, mais il écarquilla les yeux en se rendant compte que le corps d'Hermione était parcouru de tremblements. Elle avait la tête enfouie contre son épaule. Et il parvenait également à entendre des sanglots à peine retenus contre son oreille et son épaule était devenue légèrement humide.
Pourquoi est-ce qu'il les faisait toutes pleurer aujourd'hui, se demandait piteusement Draco, en la serrant maladroitement contre lui.
« Euh… je peux savoir pourquoi tu pleures ? »
« Parce que tu es un idiot. »
« Ah… »
Hermione eut un léger rire entrecoupé de larmes et raffermit en peu plus sa prise autour de lui, « Avec tous les derniers évènements je pense que j'ai besoin de laisser couler mes larmes et d'affection. »
Draco écarquillant les yeux en se rendant compte que malgré le fait qu'elle parlait à la première personne ce n'était pas d'elle dont elle parlait.
« Oh… »
« Une fille en pleur dans tes bras et ça suffit à rendre le Grand Draco Malfoy incapable de parler autrement que par monosyllabes, si je l'avais su. » se moqua-t-elle gentiment, sans pour autant desserrer son étreinte.
Draco poussa un petit soupir, « Je vais bien, Hermione. »
« Non, tu ne vas pas bien. » répliqua la brune, « Tu ne vas pas bien et tu refuses de le montrer, c'est pour ça que je pleure à ta place… Maintenant tu dois me réconforter ! »
Draco ravala le commentaire sarcastique qu'il avait sur le bout des lèvres et leva les yeux au ciel. Franchement parfois il avait dû mal à comprendre comment pensait la Gryffindor. Mais il savait pertinemment qu'il devait se prêter au jeu, sinon elle ne le laisserait jamais s'en aller…
« Ok... » obtempéra-t-il, « Alors… pourquoi est-ce que je suis censé te réconforter ? »
« Parce que j'ai récemment perdu quelqu'un de très important pour moi. » souffla Hermione d'une voix douce.
Le blond soupira, « Peut-être que tu n'as pas besoin d'être réconforter… Je suis sûr que tu seras capable de te remettre sur pied par toi-même. »
« Sans doute. » répondit la brune, « Mais avoir besoin d'aide n'est pas un signe de faiblesse. Je pense que si je te parle de ce que je ressens en ce moment peut-être que j'irais mieux. »
Draco haussa un sourcil, c'était très sincèrement l'une des conversations les plus bizarres qu'il n'ait jamais eu avec la rouge et or, « Avant de pouvoir en parler à quelqu'un il faut déjà être capable de savoir ce qui se passe à l'intérieur de ta tête, tu ne peux pas en parler si tu n'as absolument aucune idée de ce que tu ressens. »
Hermione se tendit, « Je suis complètement perdue… Je ne sais pas ce que je suis censée faire, Draco. »
Le blond fronça les sourcils, se demandant si elle parlait vraiment d'elle-même cette fois ou si elle poursuivait toujours sa comédie.
« Je ne supporte pas de te voir comme ça, si indifférent… » poursuivit-elle, « Je voudrais tellement t'aider à surmonter tout ça…je ne sais pas comment faire… dis-le moi Draco ! Comment est-ce que je peux t'aider ? »
« Si seulement je le savais… » songea le blond, avant de pousser un soupir et gentiment se défaire de l'étreinte d'Hermione.
« Hermione. » dit-il, avec fermeté, « Je n'ai pas besoin d'aide, d'accord ? Je peux tout à fait m'en sortir tout seul… Potter par contre… il risque de faire quelque chose d'atrocement stupide si sa meilleure amie n'est pas là pour le soutenir. Ecoute-moi bien, maintenant que le Seigneur des Ténèbres s'est révélé au public, la guerre va véritablement commencé, ça ne fait aucun doute là-dessus ! Et si Potter est toujours submerger par le deuil, il n'arrivera pas à faire face au Seigneur des Ténèbres correctement ! Alors tu dois t'assurer que Potter se concentre sur ce qui est important, tu dois t'assurer qu'il ne fasse pas de conneries plus grosses que lui et qu'il puisse survivre ! »
Hermione écarquilla les yeux et hocha avec hésitation la tête.
« Tu comprends n'est-ce pas ? La priorité absolue est de survivre alors assure-toi que Potter ne prenne pas de risque inutile, fais ce que tu as toujours fait et continue de le soutenir. » Draco hésita un instant puis ajouta, « Mais fais aussi attention à toi… »
Il vit les yeux d'Hermione s'agrandir encore plus et une étrange lueur apparut dans ses yeux. Mais avant qu'elle n'ait eu le temps de parler, Draco se dépêcha d'ajouter d'un ton bien plus léger.
«… parce que si tu te concentres trop sur Potter et oublies tes études, je risquerai de te piquer la première place du classement. »
Hermione émit un reniflement de dédain, dans une parfaite imitation du blond, « Humpf, comme si c'était possible, même en étant à moitié concentrée, j'arrive à te battre haut la main, Malfoy. »
« Si tu le dis, Granger. » ricana Draco, en lui faisant un signe de la main et traversant le trou qui menait au tunnel.
Draco soupira. Il savait qu'Hermione allait être en danger quoi qu'il fasse, mais il espérait juste qu'elle ait assez de bon sens pour ne pas foncer tête baissée dans la gueule du loup. Il se demandait vraiment comment elle réagirait quand Potter lui parlera de la prophétie – s'il lui en parle un jour –après tout cela lui ressemblait bien de vouloir ménager ses amis.
« Draco ? » appela alors soudainement Blaise, en bougeant sa main devant les yeux du blond pour attirer son attention.
Ce dernier cligna les yeux, plus lui lança un regard interrogateur.
« Euh… Le Hogwarts Express s'est arrêté… Donc il faudrait peut-être que tu descendes. » lui informa Blaise, « Sauf si bien sûr tu comptes retourner à Hogwarts. »
« Non pas vraiment, non. » répondit distraitement le blond, en prenant sa valise et suivant Blaise hors du compartiment.
Et tandis qu'ils avançaient, Draco regardait le dos de son meilleur ami d'un air pensif. La famille de Blaise était neutre et avait réussi à ne pas s'impliquer de la dernière guerre. Mais si l'on considérait le fait qu'à présent Blaise était Lord Zabini, il était probable que le Seigneur des Ténèbres essaye de le recruter.
Draco sortit des appartements de Severus et jeta un sort de verrouillage dessus. Certes, le sort n'était pas aussi puissant ou compliqué que celui que Severus utilisait habituellement, mais cela devrait suffire à éloigner les curieux. Il avait remarqué en rangeant un peu les appartements de Severus, que ce dernier avait laissé une potion sur la table de travail. Et c'était d'ailleurs cette même potion qui s'était retrouvé par terre au milieu des débris de verres, que Draco avait rapidement nettoyé d'un coup de baguette. Il n'avait pas réussi à identifier la potion, mais ce n'était pas vraiment surprenant en soi, Severus concoctait parfois des potions qu'il avait lui-même créées et qu'il n'avait pas encore partagé au public.
Le blond soupira, l'état des appartements de Severus avait été une preuve que son parrain n'était pas revenu depuis son départ précipité pour Merlin ne savait où.
Il commençait à se diriger lentement vers la salle commune des Slytherins quand des bruits de pas venant justement de cette direction lui firent lever les yeux, pour tomber directement sur le regard surpris de son meilleur ami.
Blaise sourit en le reconnaissant et lui fit un signe de la main, « Hey, je te cherchais justement ! »
Draco haussa les sourcils, tout le monde semblait le chercher aujourd'hui. Puis il lui jeta un regard méfiant, « Tu ne vas pas te mettre à pleurer, hein ? »
Son meilleur ami parut d'abord déconcerté par la question qui semblait pour lui complètement aléatoire, avant de décréter d'un air amusé, « Euh… ce n'était pas prévu dans le programme… Mais si tu veux je peux toujours essayer de me forcer… »
Draco secoua la tête d'un air mi-amusé, mi-exaspéré.
« Tu as dit que tu me cherchais ? »
« Ouais… » marmonna Blaise, « Hum… Je voulais te demander si tu voulais que je – euh… »
Le Prince des Slytherins haussa un sourcil, « Mais encore ? » incita-t-il Blaise à poursuivre.
Son meilleur ami semblait faire face à une espèce de bataille intérieure pendant quelques minutes, ouvrant et fermant alternativement la bouche mais aucun son ne semblait en sortir. Draco quant à lui loin de perdre patience, préférait plutôt s'adosser contre le mur le plus proche et d'observer le spectacle que se donnait sans le savoir l'autre Slytherin. Au bout d'un moment, Blaise semblait frustré à s'en arracher les cheveux – presque littéralement – et il s'écria, « Oh et puis merdre. Draco est-ce que tu veux que je te clame cet été ? »
Les yeux de Draco s'arrondirent. Ok, de toutes les choses que Blaise aurait pu dire, il ne s'attendait vraiment pas à ça.
« Clamer ? » répéta Draco, d'une voix blanche, n'étant pas vraiment sûr de ce que Blaise voulait dire.
Bien sûr, il savait ce que 'clamer' voulait dire, mais il était pratiquement sûr que ce n'était pas dans ce sens-là.
« Faire en sorte que tu aies les mêmes droits qu'une personne majeure, te mettre sous ma protection. » expliqua Blaise très vite, comme s'il se disait que plus il parlait vite plus tôt ça serait fini, « C'est… euh… je sais que tu n'aimes pas toutes ces histoires de Lord et Lady, mais euh… tu restes quand même mon Lord et si jamais tu ne veux pas retourner au Manoir pendant les vacances d'été alors je pourrais te clamer et comme ça tu pourras venir chez moi sans que personne n'ait quoi que ce soit à redire. »
Draco écarquilla les yeux de surprise, il était vrai qu'une fois Blaise lui avait parlé du fait que la protection des Zabini était absolu et que si Blaise le souhaitait il pouvait retirer l'autorité du chef de famille…
Le blond eut un petit sourire, passer l'été en sécurité avec son meilleur ami était tentant, vraiment tentant… Cependant, s'il laissait Blaise faire une telle chose, il risquerait d'attirer encore plus l'attention du Seigneur des Ténèbres sur lui. Ce dernier avait d'ailleurs été clair sur le fait qu'il souhaitait rencontrer Draco. Et puis il y avait toujours le problème de sa mère. Si jamais Draco décidait de déserter, cela ne faisait aucun doute que le Mage Noir se vengerait sur elle et ça Draco ne pouvait pas le supporter.
Draco secoua la tête avec un sourire rassurant, « Je sais que tu t'inquiètes pour moi, Blaise… Mais tu n'as pas besoin de faire ça… après tout mon père s'est fait arrêter après les évènements du Ministère, je n'ai donc rien à craindre à son sujet. »
« Sûr ? » demanda Blaise.
« Sûr. » confirma Draco, remerciant Merlin que Blaise ne sache pas qui étaient actuellement présents au Manoir Malfoy parce que sinon, il était certain que Blaise n'aurait pas abandonné l'idée aussi vite. « Et puis je voulais profiter de l'absence de mon père pour passer un peu de temps avec ma mère. »
« Ok…alors. » consentit l'autre Slytherin, mais qui n'avait pas l'air plus rassuré pour autant.
« Au lieu de t'inquiéter pour moi, tu devrais plutôt te trouver un truc à faire pendant l'été. » marmonna Draco.
« Ah oui et quoi par exemple ? »
Le blond eut un sourire en coin, « Je suis sûr que ta mère serait ravie si tu ramenais une futur Mme Zabini pour la lui présenter. »
La mâchoire de Blaise se décrocha, « Quoi ? » s'étouffa-t-il presque, « Où veux-tu que je trouve une fille ? Et puis c'est toi mon Lord ! »
Draco grimaça, « Je t'ai déjà de ne pas m'appeler comme ça. Et puis on a déjà déterminé le fait que notre cas est particulier, alors je ne vois pas ce qui t'empêche d'aller trouver quelqu'un. Je ne veux pas que mon meilleur ami soit tellement concentré sur moi qu'il en oublie de vivre.»
Blaise ne parut pas particulièrement convaincu, mais hocha de tout de même la tête.
« Oh en parlons de ça… Ton petit-ami te cherchait aussi… Enfin je dis 'chercher' mais il n'avait pas vraiment l'air de vouloir bouger… Donc ça serait plus correct de dire qu'il 't'attend' dans le dortoir. » informa Blaise, en haussant les épaules.
Draco haussa un sourcil, se demandant ce que pouvait bien lui vouloir Théo, « Ok… je comptais m'y rendre de toute façon… »
Et il commençait à se diriger vers la salle commune quand soudainement il s'arrêta et se retourna vers Blaise.
« Oh en fait, j'ai immédiatement supposé que tu pouvais trouver une fille, mais rien ne t'empêche de te trouver un mec… » lança-t-il, d'un air nonchalant.
« Lâche-moi avec ça ! » répliqua Blaise, d'un air complètement embarrassé.
Draco ricana, mais avant qu'il ne disparaisse au détour du couloir, son meilleur ami l'interpella.
« Hey, Draco… »
Le blond lui jeta un regard interrogateur.
« Tu n'hésiteras pas à venir me voir si tu as un souci, hein ? »
« Bien sûr. » répondit Draco du bout des lèvres.
Draco soupira. Blaise était loyal, beaucoup trop loyal pour un Slytherin, d'ailleurs. Il savait que si son meilleur ami apprenait qu'il allait très certainement être forcé à devenir un Mangemort il le suivrait dans le camp du Seigneur des Ténèbres sans se poser de questions, même s'il ne partageait pas du tout les mêmes opinions que le Mage Noir. Et il l'aurait fait même s'il n'y avait pas eu cette fichue malédiction que le forçait à protéger Draco.
Et ça, c'était quelque chose le blond ne pouvait pas du tout accepter. Il refusait que son meilleur ami se mette inutilement en danger par sa faute. Blaise ne devrait pas à avoir à faire ce genre de choix, juste parce que Draco avait été forcé à suivre les opinions de son père.
Cependant, Draco était déterminé à trouver un moyen d'éloigner Blaise de tout ça, quitte à se faire haïr par la suite.
Perdu dans ses réflexions, Draco sursauta quand quelqu'un le retint par le poignet. Se tournant il croisa le regard perçant de Théo, qui lui fit un signe de tête en direction d'un des compartiments vide.
Blaise, qui s'était rendu compte que le blond ne le suivait plus, se retourna et regarda curieusement le couple.
« Vous comptez rester camper là ? » demanda-t-il.
« Juste se dire au revoir. » répliqua Théo, avec amusement. « Tu es libre de regarder si tu veux. »
« Eurk… Je m'en passerai merci. » grimaça Blaise, avec dégoût, puis il se tourna vers Draco, « Je pars devant alors… Passe de bonnes vacances et n'oublie pas de m'écrire. »
« Toi aussi. » répondit Draco, avant de se faire entraîner dans le compartiment vide, que Théo avait précédemment montré.
Aussitôt qu'il eut refermé la porte du compartiment, il se sentit plaquer gentiment contre la porte et une paire de lèvres s'attaqua presque sauvagement aux siennes, lui coupant littéralement le souffle. Il ne put que gémir face à l'intensité du baiser et il dut se maintenir fermement contre son petit ami pour ne pas tomber.
« Ok… c'était pour quoi ça ? » demanda Draco, en essayant de reprendre son souffle.
Ses joues étaient devenues rouges, il était pratiquement certain d'avoir les yeux extrêmement dilatés et il avait les jambes tremblotantes. Il se sentait extrêmement embarrassé d'être dans un tel état juste à cause d'un baiser. Théo par contre semblait extrêmement fier du résultat.
« Se dire au revoir. » chuchota Théo, avec un sourire carnassier.
Draco leva les yeux au ciel, « Comme s'il n'y avait pas d'autre moyen pour – humpf ! »
Théo ne lui avait même pas laissé le temps de terminer sa phrase, prenant à nouveau possession de ses lèvres.
Draco se sentit perdre pied lorsqu'il reconnut les habituels picotements sur sa peau caractéristique de la magie de son petit ami. « Je déteste quand tu fais ça… » haleta le blond, entre deux baisers.
Le Slytherin solitaire parut plus amusé qu'autre chose, « Non c'est faux. » décréta-t-il.
C'était faux, cependant Draco n'allait certainement pas l'admettre devant Théo.
« Je trouve, Théodore Nott, que tu abuses un peu trop de tes dons en ce moment. » susurra le blond, d'un ton beaucoup trop tremblant à son goût. « C'est particulièrement…. Hmm… injuste. »
« Je trouve, Draco Malfoy… » souffla Théo, d'un ton taquin, ses bras entourant la taille de Draco et ses mains se glissant perfidement sous ses habits «… que tu lances beaucoup d'accusations injustifiées en ce moment… A aucun moment je n'ai abusé de mon don. »
Draco ferma les yeux, se mordant violemment la lèvre inférieure tandis qu'il essayait de réprimer les longs frissons que causaient les doigts de Théo en glissant très doucement et légèrement le long de son dos. « Ah oui ? Ce n'est pas – Ah ! Merlin – ce que tu es en train de faire en ce momeeeent ? »
Le blond jura intérieurement, en se rendant compte que sa voix était devenue impossiblement aiguë à la fin de sa phrase et que cela ressemblait bien trop à un couinement à son goût.
Théo haussa un sourcil et se pencher pour souffler dans l'oreille de Draco, « Est-ce que tu es en train de suggérer que je suis incapable de faire de l'effet à mon petit ami sans utiliser mon don, Draco ? Parce que tu m'as l'air bien excité en ce moment et j'ai arrêté d'utiliser mon don depuis quelques minutes, tu sais… »
Le Prince des Slytherin s'humecta les lèvres, « Peut-être… » murmura-t-il, en laissant ses mains se balader allégrement sur le corps du brun, d'un geste nonchalant « Mais… je te retiens encore pour le coup d'hier. »
Draco jeta un regard circulaire à la pièce et fut satisfait de constater que Théo était la seule personne présente dans le dortoir. Il s'avança lentement vers le lit du Slytherin solitaire.
Ce dernier qui avait été en train de lire avec une intense concentration, leva les yeux en remarquant l'entrée du blond et lui fit un petit sourire.
« Hey. » salua Théo, en faisant signe au blond de venir s'assoir près de lui.
Ce que Draco fit sans vraiment se faire prier. Il haussa les sourcils d'un air amusé lorsque Théo referma immédiatement les rideaux autour d'eux et jeta successivement un sort de silence et d'impassibilité.
« Tu ressens soudainement le besoin de t'isoler ? » demanda Draco d'un ton amusé. « Ou alors tu as des projets en tête ? »
Théo sourit et se pencha pour déposer un chaste baiser sur les lèvres du blond, « A ton avis ? »
En réponse, Draco haussa les sourcils d'un air suggestif. Mais alors que le Slytherin solitaire se penchait une nouvelle fois dans l'intention d'approfondir leur précédent baiser, un miaulement plaintif se fit entendre et l'instant d'après, Draco sentit un poids monter sur ses genoux.
Clignant des yeux de surprise, Draco baissa la tête et vit que le poids en question était en fait Silver et que ce dernier s'était dressé entre Théo et lui. Le blond pouffa en voyant Théo regarder son familier d'abord avec incrédulité puis ensuite avec ressentiment.
« Silver descend. » ordonna Théo.
Pour toute réponse, Silver lui fit un miaulement hautain – Draco n'avait aucune idée de comment un chat avait réussi à faire un son pareil, mais il décida de l'ignorer – et se tourna vers Draco, frottant sa tête contre son ventre, tout en ronronnant.
Draco sentit alors une chaleur réconfortante commencer à l'entourer, mais l'instant d'après Théo agrippa Silver par la peau de sa nuque et l'éloigna du blond tout en le fusillant du regard et la sensation disparut. Silver émit un miaulement plaintif et tenta de se débattre.
« Non. » réprimanda Théo, « Tu ne peux pas faire ça. »
Miaulement indigné.
« Je m'en fiche…Bien sûr que moi j'ai le droit. »
Miaulement moqueur.
Théo rougit légèrement avant de répliquer « Je n'allais pas faire ça, je ne suis pas idiot non plus ! »
Miaulement dubitatif.
« Bon ok… peut-être un peu et alors ? Depuis quand ça te regarde tu n'es pas le gardien de chasteté de Draco, non plus ! »
Draco haussa un sourcil amusé devant la dernière phrase mais ne commenta pas. Voir Théo se disputer avec son chat était assez étrange en soit, mais indubitablement distrayant. Il se demandait alors vaguement si lorsque quelqu'un le voyait se disputer ou tout simplement discuter avec Fawkes, cela leur donnait la même impression.
Miaulement à la fois satisfait et réprimandeur.
Théo poussa un soupir, « Ok… ça va j'ai compris. »
Miaulement victorieux.
« Je sais ! » grinça le Slytherin solitaire, « Mais ce n'est pas une raison pour que ce soit toi qui fasse ça. »
Miaulement outré.
« Non. » décréta Théo, « Et puis de toute façon, je voulais lui parler d'abord… à moins que tu sois capable de faire une telle chose à ma place aussi ? »
Silence.
« C'est bien ce qui me semblait. » conclut Théo en reposant le chat sur le lit.
Immédiatement après ça, Silver bondit à nouveau sur Draco sous le regard indigné de son propriétaire et sous celui amusé du blond.
« Silver ! Qu'est-ce que je viens de te dire ?! »
Miaulement insolent.
« Bien. » céda le brun, d'un air exaspéré, « Mais tu ne fais rien du tout, compris ? »
Pour toute réponse Silver s'allongea confortablement sur les genoux du blond et ronronna doucement lorsque ce dernier lui caressa la tête avec un air profondément amusé sur le visage.
« Et bien c'était intéressant… » commenta le Prince des Slytherins, puis après un léger moment de silence, il ajouta, « Et j'ai cru comprendre que tu voulais me parler de quelque chose ?»
Le visage de Théo qui un instant auparavant reflétait son exaspération redevint immédiatement sérieux tandis qu'il hochait la tête.
Draco eut le sentiment qu'il savait déjà de quoi le brun voulait parler et il poussa un soupir las, « Pas toi aussi… Je n'ai pas besoin d'en parler ok ? Je vais bien. »
« Non, tu ne vas pas bien. » le contredit Théo, « Tu es mort de fatigue depuis quelques jours et je peux sentir ta douleur aussi fortement que si j'avais été à ta place. Sans compter le fait que je peux voir que tu es préoccupé par énormément de choses à la fois… Ce n'est pas sain, Draco… Surtout aussi tôt après… »
Il s'arrêta en voyant Draco se tendre, mais lorsqu'il remarqua que le blond gardait résolument le silence, il soupira et décida de changer son approche, « Ecoute… je sais ce que ça fait de perdre quelqu'un de très cher à nos yeux… et je ne vais pas dire que je comprends ce que tu ressens parce que tout le monde réagit différemment à ce genre d'épreuve…mais… »
Il s'arrêta à nouveau et le blond leva avec une certaine appréhension les yeux vers le Slytherin solitaire. Il savait que si le brun s'était arrêté cette fois ce n'était pas parce que cela rendait Draco inconfortable mais parce que le rendait inconfortable.
Théo inspira profondément et poursuivit bien que difficilement, « Lorsque j'ai perdu ma mère… je me sentais atrocement mal… Je ne savais absolument pas quoi faire, je ne savais pas si j'étais capable ou pas de vivre avec ce monstre qui me servait de père… et je ne pouvais que me blâmer pour sa mort… et à un moment j'ai même pensé à… à abandonner et aller la rejoindre. »
Draco écarquilla les yeux, ne sachant absolument pas quoi répondre face à ça, ni comment réagir. Mais la boule de poils sur ses genoux, elle, semblait savoir, car Silver leva la tête vers Théo et poussa un miaulement réconfortant.
Théo lui offrit un petit sourire et ajouta, « La seule raison pour laquelle je suis là aujourd'hui… c'est parce que Silver était là pour me réconforter… » Théo plongea alors son regard dans celui de Draco, « Je sais que tu n'aimes pas parler de tes problèmes… Mais au moins, laisse-moi alléger un peu l'énorme poids qu'il y a sur tes épaules. »
Draco eut un sourire peiné, « Ce n'est pas –»
Mais il n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase car soudainement Théo déposa sa main contre sa joue et la lui caressa doucement. Draco ne put s'empêcher de pousser un soupir de bien-être quand il sentit la magie du brun se manifester. La chaleur réconfortante qu'il avait senti quelques instants auparavant semblait bien plus forte à présent et l'entourer complètement.
« Théo… » tenta de protester Draco, mais il y avait tellement peu de conviction dans sa voix que même un enfant de cinq ans n'aurait pas trouver ça convaincant.
« Chut… » fit Théo, d'une voix rassurante.
Draco avait l'impression de flotter, n'arrivant plus à se concentrer sur quoi que ce soit à part la main de Théo qui continuait à lui caresser doucement le visage et sa présence à côté de lui si chaleureuse et accueillante. Puis il se sentit tomber en avant, n'ayant absolument plus aucune force pour se maintenir assis. Il ne tomba cependant pas sur le lit mais contre le torse de Théo qui s'était placé en conséquence.
Théo le serra alors contre lui, tandis qu'une de ses mains vint lui caresser affectueusement les cheveux.
« Théo… » chuchota Draco. « Non… je dois encore… faire… faire…. »
Sa voix lui paressait faible et inarticulée, comme s'il luttait pour prononcer chaque syllabe, ce qui songeait Draco était le cas. Il sentait ses paupières devenir de plus en plus lourde tandis qu'il clignait furieusement les yeux pour essayer de lutter contre le sommeil.
« Dors… Draco. » répliqua Théo, d'une voix qui lui paraissait soudainement très lointaine, « Tu en as besoin. »
« N-non… » marmonna le blond, en sentant ses yeux se fermer contre son gré. « Je –»
Il eut vaguement conscience que Théo changeait de position, s'allongeant sur le lit et entrainant Draco avec lui. Il entendit au loin, Silver pousser un miaulement rassurant et Théo murmurer des paroles incompréhensibles dans ses oreilles. Puis il s'endormit paisiblement dans un soupir, se blottissant inconsciemment un peu plus dans les bras de Théo.
Il vit Théo pâlir soudainement et ouvrir la bouche d'un air paniqué, « Merlin, je suis désolé… Je sais que tu ne voulais pas… Mais je sentais que tu avais atrocement besoin de dormir et je pensais que –»
« Tout va bien. » le rassura Draco. « Je… ça m'a fait du bien de pouvoir me réveiller aussi détendu… et j'en avais besoin…Merci.»
Théo poussa un soupir de soulagement. Et Draco ne put s'empêcher de sourire, même si c'était un sourire plus tendu qu'il ne l'aurait voulu. Théo était très certainement celui qui allait avoir le plus besoin de la protection de Dumbledore, après tout son géniteur était un Mangemort et il ne faisait aucun doute que tôt ou tard Théo serait amené à suivre la même voie que lui.
Il y avait tellement de chose qui pourrait lui arriver… Si son géniteur apprenait qu'il avait hérité des dons de sa mère, si son géniteur découvrait la présence de Silver, si son géniteur apprenait que Théo ne suivait pas du tout les mêmes opinions que lui ou qu'il avait une relation avec Draco. Théo avait dit qu'à l'instant même où il sera majeur, il partira de chez lui… Mais Nott sénior devait très certainement se douter des plans de son fils, est-ce qu'il n'essayerait pas de tenter quelque chose avant le dix-septième anniversaire de Théo ?
« Mais je t'en veux parce que du coup je me suis endormi sans avoir eu le temps de faire ce que je voulais. » dit Draco, d'un ton qu'il espérait être léger.
« Ah ? »
Draco lui fit un petit sourire et s'attaqua à ses lèvres, essayant de transmettre successivement chacune des émotions qu'il ressentait dans ce baiser. Désir : il voulait lui montrer à quel point Théo lui faisait de l'effet. Plaisir : il voulait parvenir à lui faire perdre pied en revanche pour toutes les fois où Théo le faisait avec facilité. Réconfort : il voulait lui crier que tout irait bien, qu'il trouverait une solution pour le faire sortir des griffes de son géniteur. Reconnaissance : il voulait tellement le remercier pour toutes les fois où Théo avait été là pour lui. Regret : Merlin, il regrettait tellement d'avoir embarquer Théo dans tous ses problèmes. Désespoir : Il voulait rester ainsi pour l'éternité, ne jamais s'arrêter, il ne voulait pas revenir à la dure réalité... Tristesse : cela allait très certainement être leur dernier baiser.
Draco lécha doucement la lèvre inférieure de Théo, déposa un chaste baiser sur ses lèvres et se recula, observant avec satisfaction les yeux extrêmement dilatés du brun et son souffle haletant. Théo avait l'air complètement époustouflé.
« Maintenant il serait peut-être temps de descendre, je n'ai absolument aucune envie de repartir pour Hogwarts. » annonça Draco, d'un ton machiavélique, tout en ouvrant la porte du compartiment et se dirigeant nonchalamment vers la sortie.
Il dut attendre plus de trente secondes avant d'entendre les bruits de pas de Théo derrière lui. Draco se permit un micro sourire de satisfaction, à l'idée que son petit ami avait mis autant de temps avant de se remettre de ses émotions. Draco s'apprêtait à descendre quand Théo lui agrippa le poignet.
Il se retourna et vit que les yeux de Théo luisaient d'appréhension et d'autres émotions que Draco ne parvint pas à reconnaitre.
« Oui ? » demanda innocemment Draco, le cœur battant.
Théo ouvrit la bouche, mais après un léger moment de flottement, il se ravisa et relâcha le bras de son petit ami, tout en détournant le regard. « Non rien… passe de bonnes vacances. »
Draco hocha la tête, se retenant de demander ce qui n'allait pas et descendit du wagon. Il sortit alors son portoloin et prononça le mot de passe, presqu'avec dégoût. « Home, sweet home. »
Immédiatement il se sentit tirer par le nombril et l'instant d'après il n'était plus sur le quai de la voie 9 ¾ mais devant l'énorme porte d'entrée du Manoir Malfoy.
Il regarda les alentours avec appréhension et se demanda amèrement quand il avait arrêté de penser que le Manoir était chez lui. Ironiquement, le seul endroit qu'il considérait comme tel avait été le Square Annexe, et maintenant il ne pouvait même plus supporter d'y retourner.
Tandis que Pansy observait Draco s'éloigner au loin, elle ne put s'empêcher de laisser en sentiment d'effroi s'emparer d'elle. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'elle pensait l'avoir près d'elle, se rendait-elle compte qu'il était en fait si loin ?
Draco remit la clef-portoloin dans sa poche et parcourut les quelques marches qui le séparaient de l'énorme porte.
Tandis qu'Hermione regardait Draco passer à travers le tunnel qui lui permettrait de revenir à Hogwarts, elle ne put arrêter le sentiment de malaise qui montait en elle. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'elle pensait pouvoir lui venir en aide, il finissait par être celui qui la réconfortait à la place ?
Draco ferma les yeux et inspira profondément se préparant mentalement pour ce qui allait suivre. Il ouvrit alors la porte et franchit le seuil du Manoir Malfoy.
Tandis que Blaise voyait Draco disparaître autour du couloir, il ne put s'empêcher de serrer violemment les poings. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'il pensait avoir percé l'un des secrets de Draco, il se rendait compte qu'il y avait encore tellement de chose dont il n'était pas au courant ?
Immédiatement, Draco se fit submerger par l'énorme pression magique qu'il y avait dans le manoir. Il sentit son souffle se bloquer dans sa gorge mais parvint à garder une expression de marbre tandis qu'il se retournait pour refermer la porte.
Tandis que Théo fixait Draco activer son portoloin et disparaître dans un pop, il ne put s'empêcher de ressentir un énorme pincement au cœur. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'il pensait avoir réussi à comprendre Draco, il réalisait qu'il y avait encore tellement de choses derrière ce masque de marbre ?
« Ah, jeune Malfoy… » susurra une voix glaciale derrière lui.
Draco se tendit immédiatement, son sang se glaçant dans ses veines, en sentant la pression magique l'écraser presque littéralement. Merlin, il était en train de suffoquer, il était terrifié... Il avait envie de se rouler en boule et supplier que ça s'arrête…
« J'attendais avec impatience de pouvoir enfin te rencontrer. »
Et à cet instant tandis que Pansy, Hermione, Blaise et Théo regardaient Draco s'en aller, ils eurent tous l'horrible sentiment…
Draco inspira profondément, luttant contre les tremblements de son corps et il se tourna lentement en direction de la voix. Il baissa alors ensuite la tête et s'agenouilla.
…qu'ils ne le reverraient jamais…
« C'est un honneur de pouvoir vos rencontrer, Maître. »
TO BE CONTINUED !
~ La Pensine de Severus
Souvenir n°4 : Des histoires de pancakes et de cafés ~
[Le premier jour des vacances d'été de leur cinquième année]
Severus fixait avec incrédulité ce qui se trouvait devant lui, ne sachant pas s'il était censé en rire, fuir à l'autre bout de la pièce et faire comme s'il n'avait rien vu ou tout simplement espérer que tout ça n'était qu'un mauvais rêve et qu'il allait bientôt se réveiller.
Là devant lui, se trouvait un Sirius qui le regardait avec un air de défi, avec une assiette dans les mains, contenant…. Une chose noire ?
« Merlin sait que je vais le regretter… » marmonna Severus, en pointant la chose du doigt « Mais qu'est-ce que c'est que ça ? »
Sirius le fusilla du regard. « Ton petit déjeuner. »
Severus retint un grognement exaspéré. Bien sûr il aurait dû se douter qu'en acceptant de vivre avec le clébard, quelque chose de ce genre allait se produire, il avait juste naïvement pensé que cela n'allait pas être dès le premier jour.
Le Maître des potions allait l'envoyer paitre quand finalement il remarqua le désordre du coin cuisine qui semblait être infestée de substances étranges et les nombreuses poêles et casseroles sales qui se trouvaient pêlemêles dans l'évier. Un rapide regard sur la poubelle montrait de nombreux déchets et manifestement des tentatives ratées. Beaucoup de tentatives ratées. Les mains de Sirius étaient également couvertes de blessures en tous genres : brûlure, coupures, éclaboussures… Et maintenant qu'il y prêtait attention, il pouvait voir que la lueur d'appréhension dans les yeux du Gryffindor, ainsi que la nervosité dans sa façon de se tenir. Et si l'on considérait le fait qu'il n'était que six heures quinze du matin, Sirius avait dû se lever atrocement tôt pour préparer le petit déjeuner…
Non… Severus n'était pas touché par les intentions du sac-à-puces, pas du tout. Et si le maître des potions avait pris la fourchette et avait commencé à porter prudemment une petite portion de la chose noire dans sa bouche, c'était uniquement parce qu'il était affamé et qu'il aurait pu avaler n'importe quoi en ce moment même.
Il dut se retenir pour ne pas recracher immédiatement la chose tellement s'était infecte, il n'était même pas sûr que ce soit comestible. Mais Sirius dût voir son expression de dégoût parce qu'il reposa l'assiette et poussa un profond soupir. « Laisse tomber… On aura qu'à aller manger dehors… Tu m'as dit qu'il y avait un café qui ouvrait assez tôt près d'ici, non ? »
« Pas la peine… » répliqua Severus, en se retroussant les manches et se dirigeant vers le désastre qu'était devenue la cuisine. « Je vais faire quelque chose… »
« Tu sais cuisiner ? » s'étonna le clébard.
Severus leva les yeux au ciel, « La cuisine c'est comme les potions. »
« Les potions ont un goût infects. »
« Libre à toi de bouffer ta chose noire, alors. »
Il vit le visage de Sirius se décomposer et ce dernier quitta la pièce sans un mot. Severus s'adossa contre le comptoir de la cuisine et se pinça l'arête du nez en soupirant. Et Merlin ce n'était que le premier jour.
~SBSS~
Sirius se jeta sur son lit et frappa son coussin avec frustration. Merlin qu'il était stupide, il avait voulu faire quelque chose pour le maniaque des potions, pour marquer le coup comme c'était le premier jour où ils habitaient officiellement ensemble… Mais bien sûr il n'avait pas anticipé le fait qu'il ne savait absolument pas cuisiner… Et maintenant Severus allait se foutre de sa gueule à cause de ça.
Si seulement il était parvenu à faire quelque chose de mangeable cela aurait pu lui clouer le bec à l'autre abruti !
Sirius se redressa soudainement et bondit hors de son lit pour prendre son miroir à double-sens.
« Remus Lupin ! » cria-t-il presque.
Quelques secondes plus tard le visage à moitié endormi de Remus apparut. « Si'rus ? » bailla-t-il, « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as vu l'heure qu'il est ? »
« Mooony… » se plaignit Sirius, « Apprends-moi à préparer quelque chose… »
Il y eut un moment de flottement.
« Hein ? »
Sirius se lança alors vivement dans le compte-rendu de ce qui venait de se passer. Et lorsqu'il eut fini, Remus avait un regard mi-amusé, mi-incrédule, « Je n'arrive pas à croire qu'il en a quand même mangé un bout… »
« Tu te focalises sur ça ?! » se plaignit Sirius, « Faut que tu m'aides ! Tu sais cuisiner, non ? S'il-te-plaît ! »
Remus leva les yeux et s'ébouriffa les cheveux d'un air mi-amusé, mi-exaspéré, « Ok… Tu n'as qu'à venir chez moi… Je t'apprendrai à faire un truc facile… »
~SBSS~
Remus regardait d'un air mi-fasciné, mi-dépité le résultat… « Tu sais… C'est tellement raté que mine de rien ça requiert du génie. »
Sirius poussa un son dépité.
« C'est la première fois que je vois quelqu'un rater des œufs aux plats… » poursuivit Remus, «… après la trentième tentative. Mais ça expliquerait peut-être comment tu peux être aussi doué dans pratiquement tous les autres domaines… Le fait que tu sois une calamité en cuisine doit être un moyen de contrebalancer tout ça…»
Sirius le fusilla du regard, « Moony, ça ne m'aide absolument pas. »
« Oui… Oui… » répliqua le loup-garou en essayant de trouver autres choses, mais il avait épuisé tout son stock de plats faciles et aucun n'était arrivé à un meilleur résultat.
Son regard tomba alors sur un bocal qui traînait sur le plan de travail de sa cuisine et son regard s'illumina, « AH ! Je sais ce que tu peux faire ! Ce n'est pas forcément de la nourriture, à partir du moment que tu participes un peu, non ? »
Sirius hocha la tête, se demandant ce que son ami avait en tête.
~SSSB~
[Le lendemain]
Severus sortit de sa chambre avec méfiance tandis qu'il entendait de l'agitation en cuisine. Le fichu clébard avait été absent toute la foutue journée et la veille, et même s'il ne s'était pas du tout senti coupable pour son commentaire ou inquiet de l'absence du Gryffindor, il avait quand même était profondément irrité. Surtout que le seul message qu'il avait eu était un petit morceau de papier avec écrit 'Parti chez Moony' dessus.
Alors maintenant il se demandait ce que le sac-à-puce pouvait bien avoir en tête, en espérant qu'il avait appris de ses erreurs et qu'il ne tenterait pas une nouvelle fois de faire la cuisine. Il fut surpris, cependant lorsqu'il franchit le seuil de trouver un Sirius souriant lui tendre une tasse fumante de café.
Sous le choc, Severus la prit sans vraiment se rendre compte de son geste. Puis réalisant ce qu'il venait de faire il regarda la tasse avec suspicion.
« Je ne l'ai pas empoissonné. » dit Sirius, d'un ton amusé, « C'est ton domaine après tout. »
Severus haussa un sourcil, mais but quand même une gorgée, prêt à recracher s'il sentait un goût bizarre. Mais à son agréable surprise, le café était complètement normal avec une petite touche de lait et un peu de sucre.
Il en reprit une gorgée et loupa le soupir de soulagement qui s'échappa des lèvres de Sirius tandis que ce dernier prit place sur la table, une tasse de café similaire posée devant lui.
Severus déposa alors sa tasse sur la table et il se dirigea en direction du coin cuisine. Une dizaine de minutes plus tard, il déposa deux assiettes de pancakes sur la table. Sirius sourit et commença à déguster son petit-déjeuner sans un mot, appréciant le goût de la confiture qu'il y avait sur la pâte. Severus lui de son côté, sirotait tranquillement sa tasse de café.
Et ainsi une nouvelle habitude se forma entre eux.
[Le première jour de la sixième année, petit déjeuner]
Sirius discutait joyeusement avec James des nouvelles idées de farces auxquelles il avait pensé durant les vacances et se servit sans vraiment y prêter attention des pancakes. Il prit l'un des pots de confitures et l'étala dessus, tout en continuant à parler.
James par contre n'avait pas raté ce détail et commenta, « Je croyais que tu mettais du sirop d'érable sur tes pancakes ? »
Sirius écarquilla les yeux, regarda son assiette et eut un petit sourire.
Au même moment à la table des Slytherins, Severus se versait une tasse de café fumante et ajouta distraitement une petite touche de lait et un peu de sucre, sous le regard étonné de Regulus. « Je croyais que tu buvais ton café noir. »
Severus haussa les épaules.
« Je préfère ça comme ça, maintenant. » répondirent Sirius et Severus.
Remus, qui était au courant de la situation, cacha son sourire derrière sa tasse de chocolat chaud… Sincèrement il n'arrivait pas à décider si ces deux-là étaient totalement exécrables ensemble ou atrocement mignons…
~Fin du Souvenir ~
Merlin, que ce chapitre était long... En tout cas j'espère qu'il vous a plu !
Merci beaucoup pour vos reviews et d'avoir lu jusque là !
See Ya !
