Harry Potter et la mémoire du dragon
Rating : M
Pairing : HPDM, past TNDM, SSSB, PPCD
Disclaimer : Les personnages, les lieux ne sont pas à moi... et pourtant c'était pas faute d'essayer de convaincre J.K Rowling de me les laisser...
Note : les noms des lieux et de certains personnages sont dans leurs versions originales... désolée pour ceux que ça gêne... mais je trouve absolument horrible les noms comme Rogue... ou Drago.
Note 2 : J'essaye un maximum d'être cohérente avec les livres (d'ailleurs pour les dialogues et quelques descriptions je dois avoir le bouquin à côté pour ne pas déformer certaines choses), mais je vous prie de m'excuser d'avances si je ne l'étais pas ! (même si je pense être d'un niveau acceptable de ce niveau là )...
#Petit rappel
- Draco est sensible à la magie, c'est à la fois une faiblesse - parce qu'il ne peut pas supporter de rester trop longtemps sous une trop forte pression magique - mais également un avantage, car cela lui permet de voir les points morts et les points d'origines
- Dumbledore avait personnellement enseigné à Draco, d'abord en essayant de l'habituant à de grandes pressions magiques puis en lui faisant "l'entrainement des tasses"
- Dray est la double-personnalité de Draco, qui vit dans sa magie instinctive.
- Draco possède une barrière mentale qui est représentée sous forme d'un iceberg
-Harry et Draco sont reliés par un lien du Phénix, ce qui permet à Harry d'entendre les pensées de Draco, et à Draco de ressentir les émotions d'Harry
Enjoy !
LIVRE SIXIEME : Draco Malfoy and the Half-Blood Prince
Chapitre 99 : A slow path to Hell
Passé : Début Juillet, Hogsmeade.
Hogsmeade était un village dynamique et vivant. De jour on pouvait toujours voir ses rues bondées de sorciers, sorcières, étudiants – durant certains week-ends– ou créatures magiques en tous genres, déambulant parfois sans autres buts précis que de descendre le long de la rue et se mêler dans l'agitation et l'excitation de la foule, parfois pour s'arrêter et jouir d'un rafraîchissement aux Trois Balais ou parfois –si la compagnie et l'atmosphère était propice – partager un tête à tête dans l'univers cosy de Madame Pieddodu, parfois salivant à l'idée de pouvoir manger les friandises de Honeydukes. Les plus courageux s'aventuraient jusqu'aux limites de la Cabane Hurlante, mi-déçus et mi-soulagés de ne pas entendre les hurlements qui étaient à l'origine du nom de cette demeure condamnée. Les plus mystérieux – ou ceux qui ne voulaient tout simplement pas se mêler à la foule – trouvaient leur bonheur dans ce pub vieillot qu'était la Tête du Sanglier.
En somme, l'animation était toujours présente dans ce petit village à proximité de la célèbre école de magie. Du moins ce fut le cas plus d'un mois de cela. Depuis la confirmation officielle du retour de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom l'effervescence naturelle propre à Hogsmeade avait considérablement diminué, malgré leur tentative de nier l'évidence et de vouloir continuer à faire comme si de rien n'était. Les rues étaient moins peuplées, les commerces diminuaient et les habitants ou simples voyageurs de passages étaient plus méfiants…
Le contraste était déjà évident de jour… Mais cela n'aurait pas pu être plus flagrant de nuit… Les personnes osant sortir de leurs demeures et traverser les rues vides aux allures sinistres étaient rares, non les habitants préféraient se terrer chez eux – ou parfois si l'extrême envie de socialiser leur prenaient, ils se donnaient rendez-vous aux Trois Balais que l'on pouvait accéder directement par Poudre de Cheminette ou en transplanant – essayant du mieux qu'ils pouvaient leur entourage.
Cependant si l'un d'eux avait pris la peine de regarder par la fenêtre cette nuit-là, il aurait remarqué une silhouette descendant la rue mais en prenant soin d'éviter les éclairages, son visage et sa tête dissimulés sous une cagoule sombre qui empêchait efficacement toutes identifications possibles – la taille et la corpulence de la personne pouvaient tout aussi bien appartenir à une femme qu'à un homme. Et si l'un d'eux était quelqu'un de particulièrement observateur, il aurait remarqué que même si au premier abord l'allure de la silhouette semblait ferme et déterminée, il y avait cependant parfois de très courtes hésitations dans ses pas comme si elle hésitait à faire demi-tour. Il aurait également remarqué que si la personne semblait nonchalante elle semblait lancer cependant bien trop de regard dans ses alentours, comme si elle avait peur d'être suivie par quelqu'un…
Heureusement pour cette personne, personne ne semblait avoir pris cette peine – du moins si quelqu'un l'avait fait, elle n'avait manifestement pas attiré leur attention.
La silhouette poursuivit sa marche jusqu'à la Tête du Sanglier. Arrivée à sa destination, elle ne rentra pas à l'intérieur comme l'on aurait pu le croire, non elle marqua une légère pause devant la porte du pub et contourna le bâtiment suivant un chemin composé d'énormes pierres, qui semblait être soudainement apparu de nulle part.
La silhouette s'arrêta lorsqu'elle arriva dans ce qui devait très certainement être l'arrière-cour ou du moins là où se trouvait la porte arrière du vieux pub. Mais elle n'était pas la seule présente. Quelqu'un se tenait non loin de la porte, regardant calmement le ciel étoilé et donnant l'impression qu'il était là depuis bien longtemps. Rien dans sa posture n'indiquait qu'il était l'un des sorciers les plus puissant du Royaume-Uni, et pourtant c'était bien le cas.
« Ah… tu arrives bien plus tôt que ce j'avais pensé. » commenta-t-il, en repérant le nouvel arrivant.
« Est-ce que vous avez la moindre idée de la frayeur que j'ai ressenti en voyant Fawkes débarquer soudainement dans ma chambre ? » siffla ce dernier, ignorant complètement son commentaire.
« Je pense que notre cher ami commun a assez de jugement pour ne pas apparaître dans un moment inopportun ou en… mauvaise compagnie. » répondit tranquillement Dumbledore.
Les yeux du vieux sorcier se firent alors subitement bien plus perçants, comme s'il essayait directement de voir au travers de son âme. « Il n'y a pas eu de problèmes, n'est-ce pas ? Tu as réussi à sortir sans te faire remarquer ? »
Il eut un court moment de silence dubitatif, comme si la personne se demandait à quoi rimait cette question, « Eh bien, je suis là, n'est-ce pas ? » répondit-elle, ne parvenant cependant pas à cacher la touche d'amertume dans sa voix, « Vous m'avez demandé de venir sans absolument aucunes explications, me condamnant à de longues et douloureuses séances de tortures et d'interrogatoires si quelqu'un avait surpris votre messager dans ma chambre, dans un endroit qui aurait attiré la suspicion rien que par la fait que je n'ai rien à y faire en pleine nuit durant les périodes de vacances scolaires. Rien que le fait d'être sorti de chez moi sans autorisation pourrait m'être fatal, mais si en plus on apprenait que la personne que j'allais voir était nul autre que le grand Albus Dumbledore que croyez-vous qu'il m'arriverait ?
La chose la plus raisonnable et sensé à faire aurait été de simplement vous ignorer.»
« Et pourtant tu es venu. » chuchota Dumbledore, presque d'un ton solennel, « Tout en connaissant les risques. »
Ce n'était pas une question, mais l'autre prit tout de même la peine de répondre.
« Mais n'est-ce pas là le pouvoir fantastique de l'homme à la tête du camp de la lumière ? Vous m'avez demandé de venir, alors je suis venu. Peu importe que je risque ma vie et celle de toute ma famille rien qu'en acceptant de venir vous voir, parce que vous m'avez appelé. Peu importe que j'avais décidé de plus du tout vous adressez la parole, vous m'avez demandé de l'aide, alors je suis venu, non j'ai accouru même… Qu'est-ce que cela vous dit sur ma personne ?» Cette fois, la personne ne prit même pas la peine de dissimuler son amertume et son irritation, « Est-ce que vous avez la moindre idée de combien je me sens stupide, faible et pathétique, en ce moment même ? »
« Je t'assure que si j'avais eu un autre moyen de faire ce que je compte accomplir ce soir, je ne t'aurais pas appelé. Tu es le seul auquel je puisse faire appel et qui serait à même de réussir cette tâche, Draco. » répondit sérieusement le vieux sorcier.
Draco, toujours dissimulé sous sa cagoule, eut un rire jaune, « Est-ce que je suis censé me sentir honoré, maintenant ? » Il soupira puis ajouta d'une voix lasse et fatigué, « Finissons-en au plus vite. Que dois-je faire ?»
« J'ai besoin que tu m'accompagnes à un endroit. » répondit Dumbledore, en tendant la main.
Draco était déchiré entre l'envie de lever les yeux au ciel ou se frapper violemment la tête contre le mur, bien entendu que Dumbledore n'allait pas le prévenir de ce qui l'attendait. Et lui, évidemment comme l'idiot foutument loyal qu'il était devenu sans même s'en rendre compte, prit la main en question et se laissa transplaner dans un lieu potentiellement dangereux sans avoir la moindre idée dans quoi il s'était lancé.
Après l'habituel instant de désorientation et l'inconfortable sensation d'avoir été forcé à passer au travers d'un tuyau particulièrement étroit, Draco jeta un regard méfiant aux alentours. Ce n'était pas qu'il ne faisait pas confiance au directeur – il ne serait pas là (peu importe où là était) en premier lieu si cela avait été le cas – mais avoir confiance en Dumbledore ne faisait pas de lui un idiot sans instinct de survie.
Ils étaient arrivés sur une route de campagne bordée de hautes haies touffues. La route était faiblement éclairée, mais Draco parvint à repérer un panneau indicateur en bois, composée de deux flèches, l'une pointant dans sa direction et indiquant « Great Hangleton, huit kilomètres » et l'autre « Little Hangleton, un kilomètre et demi. ». Ces noms ne disaient absolument rien à Draco, même si tous ses sens et instincts lui criaient que l'un de ses lieux aurait dû faire sonner quelques alarmes dans son esprit.
Dumbledore prit la direction de Little Hangleton et Draco le suivit sans commentaire, des milliers de questions tournoyant dans sa tête mais il les garda sous silence, sachant pertinemment que les chances d'obtenir des réponses maintenant étaient proches de zéro. Il espérait juste que la destination finale n'était pas Little Hangleton parce qu'il n'avait aucune envie de marcher un kilomètre et demi.
Mais tandis qu'ils continuaient à suivre le chemin déserté et peu éclairé depuis déjà une bonne dizaine de minutes et ne voyant absolument aucunes autres routes alternatives qu'ils pourraient emprunter, Draco dut se rendre à l'évidence qu'ils allaient manifestement se rendre à Little Hangleton. Il ne parvint pas à retenir une expression renfrognée de se glisser sur son visage. Pourquoi, par Merlin, devaient-ils marcher un kilomètre et demi ?! Dumbledore n'aurait-il pas pu simplement les transplaner directement devant la destination souhaitée ? C'était totalement ridicule de le faire marcher autant !
« Sauf s'il y a une raison qui l'empêche de transplaner directement là-bas… » contribua utilement son esprit, d'une petite voix, « Comme une barrière anti-transplanage… ou –»
« En fait, ce serait plus de l'ordre d'un système de protection qui avertirait le supposé 'propriétaire' des lieux si jamais quelqu'un essayait de transplaner à proximité de sa résidence… Si ma mémoire est bonne, le sort devrait s'étendre jusqu'à un kilomètre…» répondit Dumbledore, d'une voix pensive.
Draco sursauta, faisant presqu'un bond en avant sous le coup de la surprise, mais parvenant à se retenir à la dernière minute. La voix de Dumbledore n'avait pas été particulièrement forte, mais Draco s'était habitué au silence qui s'était instauré entre eux et qui avait été seulement légèrement brisé par le bruit de leur pas, sans compter le fait qu'il avait été perdu dans ses réflexions.
Draco fronça les sourcils pendant un court instant, avant de soupirer et de se traiter mentalement d'idiot lorsqu'il se rappela que le vieux fou pouvait parfois lire dans ses pensées sans passer par la légilimancie.
« Le supposé propriétaire des lieux ? » répéta Draco.
Dumbledore sembla méditer durant un court instant sur la question implicite, avant de répondre d'un air pensif.
« Ah… je ne suis pas certain qu'il puisse réellement être accepté comme le propriétaire des lieux étant donné les circonstances… Mais techniquement il devrait l'être, oui. »
Draco fronça les sourcils devant la réponse énigmatique qu'il avait reçue, la considérant en long, large et en travers pour essayer d'y trouver un sens. Il avait bien conscience que cela allait sans doute être la seule réponse qu'il aurait pour le moment – aussi vague soit-elle – et que Dumbledore avait très certainement abordé le sujet pour distraire Draco et l'empêcher de se plaindre de devoir marcher aussi longtemps… Cela ne l'empêchait cependant pas d'être curieux.
Comment quelqu'un pouvait-il ne pas être réellement accepté comme propriétaire mais techniquement l'être quand même ? Des dizaines de possibilités défilèrent les unes après les autres dans l'esprit de Draco, cherchant une qui correspondrait le mieux à la situation.
Avoir acheté la maison de force et mettre dehors les anciens propriétaires ? Non, dans ce cas la transaction avait été effectuée par Gringotts et de ce fait les nouveaux propriétaires étaient reconnus comme propriétaires légitimes.
Un vol ? Non… même dans le cas où les anciens propriétaires étaient absents ou morts, cela ne correspondait pas à la partie 'techniquement l'être quand même'.
Techniquement….Techniquement…
Soudainement ses yeux se voilèrent, tandis qu'une voix lointaine ressemblant étrangement à celle de Sirius résonna dans son oreille, « Je te signale que techniquement je suis encore chez moi ici alors je peux faire ce que je veux !»
Suivie d'une autre voix, bien plus grave qu'il ne reconnaissait pas et qui paraissait encore plus lointaine comme s'il entendait la voix à travers une vitre. Le bruit de fond semblait également différent comme si la voix provenait d'une toute autre scène. « Les sorciers… sont des créatures tellement intéressantes, ne penses-tu pas ? Nous sommes tellement imbus de nous-mêmes et possessifs… Plutôt que de laisser nos demeures retomber aux mains des gobelins ou d'une autre lignée nous préférons encore qu'ils reviennent à ceux même que nous avons autrefois rejetés, jugés indignes, méprisés et déshérités. Ce besoin de continuer d'exister et de perpétuer notre nom, notre lignée est inscrit, reflété et porté par notre magie même… »
Il tituba, manquant de tomber mais parvint à garder son équilibre au dernier moment tandis que sa vision redevint normale.
« Encore ! Mais qu'est-ce qui se passe bon sens ?! » ne put s'empêcher de songer Draco, sentant des gouttes de sueurs froides couler de son front. « D'où viennent ces voix ? Et pendant un instant j'ai même eu l'impression d'entendre Sir-»
« Draco, tout va bien ? »
Le blond sursauta, se rappelant soudainement de ce qu'il était en train de faire, l'endroit où il se trouvait et surtout avec qui il était. Une expression amère se glissa alors sur son visage avant même qu'il ne s'en rende compte. Quel genre d'idiot était-il ?! Moins d'une heure auprès de Dumbledore et voilà qu'il recommençait à baisser sa garde ! Il ne pouvait pas se permettre un tel moment d'inattention… S'il avait été au Manoir –
Draco serra les poings.
« Est-ce que cette personne avait été déshéritée ou n'était pas reconnue comme légitime par le chef de famille et a au final récupéré la maison parce que les propriétaires sont décédés et qu'ils n'ont pas nommé d'autres héritiers dans leur testament ? »
Draco retint une grimace, en se rendant compte que son ton avait été bien trop sec, mais si Dumbledore l'avait remarqué – ce qui était sûrement le cas – il ne lui en tint pas compte. « Hum… Je suppose que je ne devrais plus être surpris par ta perspicacité… » commenta le directeur d'une voix songeuse.
« Alors j'avais raison ? » ne put s'empêcher de demander Draco.
« C'est rare qu'il confirme quoi que ce soit, d'habitude il ne fait que sortir son petit sourire mystérieux et me laisse tirer mes propres conclusions… »
« Disons que tu es arrivé à l'une des solutions les plus proches de la réalité. » répondit Dumbledore, toujours sur le même ton songeur.
« Oui, je pensais bien que c'était trop beau… » songea Draco, avec ironie.
Il soupira longuement. « Je laisse tomber… Je suis trop crevé pour essayer de décrypter toutes ses paroles de toute façon. »
La route tourna brusquement vers la droite et Draco vit le directeur se diriger vers une ouverture de la haie. « Alors on ne va pas à Little Hangleton, finalement… »
Draco le suivit sur un étroit chemin de terre bordé de haies plus hautes et plus sauvages que celles qu'ils venaient de quitter. Le sentier, sinueux et caillouteux semblait mener à un bosquet d'arbres sombres, un peu plus bas. Il parvint à distinguer à l'entrée d'un petit bois, une maison à moitié dans l'enchevêtrement de la végétation.
Il se figea soudainement sur place, son souffle se bloquant dans sa gorge. Ce n'était pas tant la taille assez médiocre de la demeure, ni le fait qu'elle était dans un état misérable – les murs étaient couverts de mousses et des tuiles étaient tombées du toit en si grand nombre qu'on voyait la charpente par endroits, des orties avaient poussé tout autour de la bâtisse et atteignaient les fenêtres minuscules et couvertes de crasses – qui le perturbait tant… Non c'était l'énorme quantité de magie, oppressante, dangereuse et terrifiante qui entourait la maison.
Pourquoi ? Pourquoi y avait-il autant de magie à cet endroit ? Et surtout à qui appartenait cette maison ? Pourquoi quelqu'un aurait-il besoin de mettre autant de sorts de protection autour d'une maison qui tombait presque littéralement en ruine ? Ce n'était pas normal ! Et qu'étaient-ils venus faire ici ? Le propriétaire était-il toujours à l'intérieur ? Dumbledore voulait que Draco le rencontre ? Non ! Pas moyen ! Il ne voulait pas rencontrer une personne aussi dangereuse !
Draco recula instinctivement d'un pas. « P-professeur… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée… »
Dumbledore lui jeta un regard en coin, un regard à la fois songeur et calculateur.
« Si j'en crois ta réaction… Je suppose que je ne me suis pas trompé d'endroit… Je suis désolé, Draco, mais je vais devoir te demander de rester ici jusqu'au bout. C'est d'une importance capitale.»
« Rester jusqu'au bout ? » répéta Draco, d'un ton incrédule, « Au bout de quoi ? Qu'attendez-vous de moi, professeur ? » Puis son regard se tourna vers les nombreuses couches de protections magiques et la réalisation le frappa de plein fouet, « V-vous… vous voulez que je passe au travers ses protections ?! »
« En effet. »
« … »
Draco referma la bouche avec frustration en se rendant compte qu'aucun son n'en sortait, pourtant de nombreuses protestations tournaient en boucle dans sa tête. Avait-il perdu la tête ? Comment par Merlin, pouvait-il ne serait-ce qu'envisager que Draco parvienne à faire quelque chose comme ça ? Toutes ces couches de magies avaient l'air tellement complexes et dangereuses qu'elles lui donnaient un mal de tête et la nausée rien qu'en les regardant ! Et puis… Et puis cette horrible sensation qui l'imprégnait et lui donnait des frissons dans le dos était tout simplement insoutenable… Il avait l'impression d'être contaminé rien qu'en restant à côté… Qu'est-ce que c'était que cette maison à la fin ?!
« Draco. »
Il sursauta tandis qu'il reprenait pied avec la réalité. Son regard se glissa alors lentement vers Dumbledore. Le vieux sorcier n'avait pas parlé d'une voix particulièrement forte, ni grave… et pourtant elle avait immédiatement attiré son attention : Dumbledore était bien plus sérieux que jamais.
« Je dois t'avouer que si j'en avais vraiment pris la peine j'aurais réussi à trouver un autre moyen de passer ses protections… Une autre personne avec un talent comme le tien… ou peut-être aurais-je parvenu à le faire moi-même… Cependant… » Il marqua une légère pause, paraissant chercher ses mots, « Cependant, le temps nécessaire pour trouver une telle personne ou celle pour étudier de manière exhaustive ses protections est un temps que je ne peux me permettre de perdre… De plus cela requerrait des allers et venus fréquents, ce qui, je crains, risqueraient d'attirer l'attention de certaines personnes non souhaitables.
De plus, tu es l'une des seules personnes auxquelles je puisse me permettre de ne serait-ce que laisser entrevoir mes plans. »
Draco fronça les sourcils, laissant son regard dériver vers la maison et par extension les nombreuses couches de magies qui l'entouraient… Dumbledore le croyait-il vraiment capable de passer outre une telle magie ? Ne le surestimait-il pas un peu trop ?
« Et si je ne porte aucune intérêt à vos plans ? » demanda Draco.
C'était un mensonge… Ils le savaient tous les deux. S'il y avait une chose que Draco ne parvenait pas à contrôler depuis toutes ces années – qui était souvent sources de ces ennuies – et qu'il avait malheureusement en commun avec Potter, était sa curiosité.
Tout comme Potter et Dumbledore avaient leur sorte de traditions qui se déroulait en moyenne une fois chaque année – à savoir Potter ayant encore une fois regardé la mort entre les yeux et lui suggérant gentiment d'aller voir ailleurs suite à un acte stupidement héroïque et Dumbledore le félicitant/l'encourageant/clarifiants certaines choses – Draco et Dumbledore avaient également les leurs.
Il ne saurait pointer exactement du doigt quand cela avait commencé, mais leur rencontre pouvait se résumer à Dumbledore laissant ses yeux pétillés mystérieusement tandis que Draco faisait travailler son cerveau à vive allure pour essayer de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans la tête du directeur. C'était à la fois frustrant – étant donné qu'il ne recevait quasiment aucune réponse concrète – et stimulant, l'obligeant à utiliser ses capacités de déductions, d'observations et d'analyses au maximum.
« Quand bien même… » répondit tranquillement Dumbledore, « …je crains ne pouvoir me passer de ta contribution. »
Draco regarda de nouveau la maison et ne parvint pas à réprimer un long frisson.
« Q-que les choses soient claires, professeur… » clarifia Draco, «… je vous suis reconnaissant de tout ce que vous avez fait pour moi – même si le bienfait de tout cela reste à débattre – et c'est pourquoi je vous ferais une dernière faveur aujourd'hui… Vous m'avez bien entendu ? C'est la dernière fois que je peux me permettre de suivre vos plans… La dernière. »
Le directeur hocha la tête, « J'en ai bien conscience, Draco. De toute façon je ne peux me permettre de t'impliquer plus que cela, cela deviendrait bien trop dangereux pour toi et mes plans. Aujourd'hui sera la dernière. »
« Oui parce que la seule façon de m'impliquer encore plus serait de me coller un post-it 'toutou de Dumbledore' sur le front et me déposer en plein milieu d'une réunion de Mangemort. » répliqua sarcastiquement Draco, « Et puis vous êtes au courant que la tactique de parler de danger ne marche absolument pas sur moi, n'est-ce pas ? Je ne suis pas Potter, je n'accours pas dès que j'entends le mot 'danger' ou 'problème'… »
« Non mais 'mystère' ou 'plans' semblent être une bonne alternative. » fit remarquer Dumbledore d'un ton faussement songeur.
« Vieux fou manipulateur. »
« Et donc...Comment est-ce que je suis supposé passé à travers ça ?» demanda Draco avec dégoût en pointant la maison du doigt, « Les couches de magies sont tellement emmêlées que je n'arrive même pas à différencier le point mort du point d'origine. »
S'il y avait auparavant une quelconque trace d'humour sur le visage et le ton de sa voix, elle avait bel et bien disparu à l'instant même où il recommença à parler.
« Est-ce que tu as déjà observé des barrières de protections auparavant ? Celles qui sont autour de ton Manoir, du Square ou de Hogwarts, par exemple ?»
« Pas vraiment, non…»
« Les barrières de protections sont variées autant dans leurs formes, dans leurs exécutions, que dans leurs mises en places… Mais même dans leurs diversités elles ont des similitudes... Quel que soit la barrière que tu seras amené à rencontrer il y a trois façons de passer outre. »
Dumbledore leva alors trois doigts.
« La première et celle que tout sorcier serait tenté de faire est de tout simplement utiliser sa magie en continue pour attaquer la barrière… Le fait que la barrière soit détruite ou pas, dépendra alors de la complexité et de la puissance de la magie qui la compose… Les chances de succès sont assez faibles… Sauf si l'on a accès à un très grand nombre de sorciers, une très grande quantité de magie ou une capacité telle que la tienne…mais même dans ce cas-là, il y a des barrières qui arrivent à résister à une attaque directe… Même Voldemort ou moi-même, une armée de 500 personnes ou toi et ta capacité ne pourraient passer outre un Fidelius par exemple… C'est aussi l'une des raisons pour laquelle Hogwarts est considéré comme l'un des lieux les plus sûrs….
Quoiqu'il en soit une attaque directe contre la barrière ou même sa disparition avertirait immédiatement la personne reliée aux protections, ce qui dans notre cas n'est ni souhaitable ni envisageable. »
Il baissa un doigt.
« La deuxième méthode est d'étudier ou de réunir suffisamment de connaissances sur la barrière pour y passer outre… Chaque barrière possède une 'condition de passage' ou un 'setting' dirons-nous… Il y a toujours une manière de passer au travers des protections, dans le cas contraire la personne ayant placée la protection ne pourrait pas elle-même passer au travers, ce qui serait assez contre-productif… Pour le Fidelius par exemple la condition est que le Gardien du Secret en parle, pour une protection autour d'une maison ancestrale comme ton Manoir il faudrait l'accord du chef de famille etc…
Cette méthode est certainement la plus sûre étant donné qu'elle te permet de passer au travers sans déclencher d'alarme ou détruire la barrière. Cependant comme je l'ai déjà dit auparavant cela nécessite un travail en amont d'une ampleur proportionnelle à la complexité de la protection et nous ne pouvons nous permettre de perdre autant de temps…»
Il baissa un deuxième doigt.
« Et enfin la dernière méthode et certainement la moins connue de toutes et pour cause…» Là Dumbledore esquissa un sourire mi-satisfait, mi-amusé, « Puisque c'est une méthode que j'ai façonné exclusivement pour toi. »
~HPDM~
Présent, du côté de Draco.
Plonger profondément dans son propre esprit, décida Draco, n'était pas une activité si étrange que ça. Même s'il supposait que son point de vue sur la question devait être très légèrement biaisé, après tout se retrouver soudainement dans l'esprit de quelqu'un d'autre pendant que cette personne se faisait posséder par un mage noir et parvenir à expulser le mage noir, en utilisant une technique obscure et protégeant par la même occasion l'esprit de ladite personne, alors qu'il se trouvait à plus de quelques centaines de kilomètres de là, était définitivement plus étrange dans son opinion. Mais il supposait que pour un sorcier lambda plonger dans son propre esprit pouvait apparaitre étrange.
Comment pouvait-il décrire cette expérience ? Ce n'était pas exactement comme occluder son esprit. Pour Occluder il devait fermer son esprit et barricader ses souvenirs, ses pensées et ses émotions derrière de puissantes protections, mais là, même s'il avait conscience que quelque part dans ce monde entièrement recouvert de noir se trouvaient ses souvenirs etc, il ne cherchait pas à les trouver. Il devait les ignorer ne pas les laisser le distraire, il devait faire abstraction de tout ça et juste plonger…
Il supposait que méditer se rapprochait déjà un peu plus de ce qu'il était en train de faire, même si ce n'était pas tout à fait pareil… Certes, lorsque quelqu'un méditait il essayait de faire abstraction du monde qui l'entourait que ce soit physiquement ou spirituellement, cependant la méditation était trop… statique.
C'était là toute la complexité de la chose, parvenir à se séparer suffisamment du monde réel, non du monde physique, pour pouvoir simplement et exclusivement se concentrer sur l'esprit, mais une fois cette étape achevée : parvenir à se représenter son esprit et tout ce qui le composait en quelque de suffisamment physique et palpable pour pouvoir se déplacer et manipuler le monde qui l'entourait.
Non… s'il devait juste choisir une seule chose qui se rapprochait le plus de ce qu'il était en train de faire, il répondrait sans hésitation que c'était la fois où il avait essayé littéralement de plonger dans sa propre magie pour essayer de repérer sa barrière mentale… Cette fois-là, il s'était représenté sa magie comme de l'eau, comme une rivière calme et profonde qui bougeait sereinement en lui, et il avait plongé… Mais de la même façon que s'il avait été réellement dans l'eau, il avait rapidement senti la pression de sa magie, oppressante et irrespirable, au fur et à mesure qu'il descendait… Et de ce fait il n'avait réussi qu'à entrapercevoir sa barrière mentale…
Mais à ce moment-là, cela lui avait suffi… parce qu'il avait eu la preuve que la barrière existait, qu'il était bien l'héritier Malfoy… Et puis il n'aurait pas pu rester plus longtemps même s'il l'avait voulu… Mais cette fois c'était différent… Il pourrait rester là aussi longtemps qu'il le voulait et ne ressentirait pas le besoin de remonter… Il pourrait étudier sa barrière mentale plus en détail s'il le souhaiter et –
Il secoua la tête, pouvant déjà presque voir au loin la forme floutée d'un iceberg commencer à apparaître… Non de la même façon qu'il devait essayer d'ignorer ce qu'il y avait à l'intérieur de son esprit, il devait également ignorer la barrière mentale qui était sans aucun doute présente…
Parce que le parasite lui avait bien précisé qu'il devait totalement s'isoler pour pouvoir ne serait-ce qu'espérer voir l'enfant, n'est-ce pas ? Mais comment pouvait-il faire une telle chose ? Est-ce qu'ignorer tout ce qui l'entourait et s'immerger dans ce monde peint de noir était suffisant ? Est-ce qu'il devait juste attendre là que l'enfant apparaisse devant lui, ou devait-il continuer à le chercher, plongeant toujours plus bas comme il l'avait fait pour la barrière mentale ? Peut-être devait-il l'appeler ?
C'était stupide… Il ne savait même pas quel était son nom – s'il en avait un – ni comment le désigner… Ce n'était pas comme s'il allait répondre si jamais Draco se mettait à crier qu'il cherchait l'enfant-train !
Il poussa un soupir, se préparant à descendre encore plus bas quand soudainement un mouvement dans sa vision périphérique attira son attention. Cela n'avait duré qu'un bref instant, si court que Draco n'était même pas sûr que ce ne soit pas l'effet de son imagination, mais il aurait pu jurer avoir vu quelqu'un ou quelque chose passer…
Il se mordilla la lèvre inférieure d'un air pensif, c'était le moment où il était supposé aller en direction de cette chose peu importe ce que c'était, n'est-ce pas ? Il sentait l'appréhension commencer doucement mais sûrement à prendre naissance en lui, tandis qu'il se dirigeait dans la générale direction où il avait vu le mouvement, scannant attentivement les environs à la recherche d'une autre brève apparition… Il changea de direction en repérant du mouvement sur sa gauche…
Il ne savait pas combien de temps avait duré ce petit manège, en fait il n'était même pas certain de comment le temps se déroulait dans ce monde en premier lui, il décida de s'y consacrer une autre fois, mais il s'arrêta net lorsqu'il se rendit compte de l'endroit où la chose l'avait entraîné…
Ce qu'il n'avait vu que brièvement et de manière flouté auparavant se tenait à présent devant lui, immense, immuable : un iceberg, dont il ne parvenait pas à voir l'étendu, sa barrière mentale.
Il vit alors la chose passer au travers et disparaître…
Draco déglutit, regardant à distance l'iceberg, avec hésitation, avant de lentement s'approcher. Cette chose était censée protéger son esprit, n'est-ce pas ? Ce n'était pas comme s'il risquait quelque chose en essayant de passer au travers. Il fronça les sourcils. Pouvait-il au moins passer au travers ?
Le blond était à présent suffisant proche pour étudier la paroi de la glace plus en détail… La paroi ressemblait plus à quelque chose que l'on aurait taillé, sculpté, que ce qu'on pouvait trouver dans la nature… Elle était totalement lisse par endroit et émettait de nombreuses nuances de bleus selon l'endroit où l'on regardait… Il regarda l'une des surfaces lisses d'un air pensif, se demandant si dans la réalité la glace était également capable de réfléchir les choses aussi efficacement que si elle avait été un miroir…
Sincèrement, il aurait pu passer des heures et des heures à observer la surface de la glace, tellement il était fasciné par elle… Mais il décida avec un remord de remettre ça à une autre fois, après tout la raison pour laquelle il était ici n'était pas pour admirer sa barrière mentale, aussi esthétique et fascinante qu'elle soit.
Draco leva tentativement sa main en direction de la paroi. Lorsque son index n'était plus qu'à un centimètre de la glace, son ongle frôlant presque la surface, il hésita, laissant sa main en suspens. Il leva la tête dans ce qu'il pensait être la générale direction où se trouvait 'la surface' de son esprit, là où se trouvait le parasite et Harry, là où se trouvait le monde physique… Il pouvait entendre un très faible bourdonnement à ses oreilles, et il était pratiquement certain que s'il tendait l'oreille il parviendrait à entendre ce qu'il se passait dans le monde physique…
Il était vraiment tenté de le faire… Il voulait savoir ce que manigançait le parasite... Pourquoi avait-il été si opposé à ce que Draco tente de contacter l'enfant ? Pourquoi sa voix avait-elle sonné si désespérée ? Que lui cachait-il encore ? Il pouvait sentir son estomac se nouer, il avait un si mauvais pressentiment à ce sujet, que l'envie de remonter à la surface et vérifier que rien ne s'était produit était presque plus forte que l'envie de rencontrer l'enfant… Il ignora immédiatement la voix à l'arrière de sa tête qui lui susurrait perfidement qu'il avait une autre raison pour ne pas être dans la surface en ce moment même…
Une lueur se refléta sur la paroi de la glace et attira de nouveau l'attention de Draco, comme si la barrière mentale en elle-même essayait de rappeler son existence.
« Je suppose que j'aurais mes réponses une fois que je verrais l'enfant-train, hein ? » chuchota Draco, prenant une profonde inspiration et se jurant intérieurement qu'il trouverait un moyen d'exorciser le fichu parasite s'il se révélait qu'il avait tenté quelque chose d'étrange sur Harry pendant son absence, et sa main fit finalement contact avec la glace, passant sans aucun problème au travers.
~HPDM~
Passé : Début Juillet, Manoir Malfoy
Draco traversa rapidement les couloirs du Manoir, évitant avec efficacité et dextérité les quelques Mangemorts qui étaient encore debout à une heure aussi tardive, son visage toujours dissimulée sous sa cagoule.
Il atteignit sa chambre sans aucunes complications et marcha alors droit vers sa salle de bain, jetant sa cape par terre d'un geste rageur, dévoilant une expression remplie de dégoût. Il avait les sourcils froncés et serrait tellement les dents qu'il ne serait pas surpris si quelqu'un se trouvant près de lui pouvait les entendre grincer, son teint était pâle –bien plus que d'habitude – et les cernes sous ses yeux accentuaient la lassitude et la fatigue que l'on pouvait lire dans son regard.
Il se déshabilla alors le plus rapidement possible. Une fois sous la douche, il ferma les yeux, laissant les torrents d'eau couler librement sur son corps et essayant de se relaxer le plus possible.
« Comme si je pouvais me relaxer dans ce Manoir. » songea amèrement Draco, tout en se frottant violemment le corps, comme pour essayer de retirer de la crasse que lui seul pouvait voir.
Il fronça les sourcils en repensant à ce qui s'était produit.
~ Quelques heures plus tôt~
« Ecoute-moi bien, Draco, jusqu'à présent je t'ai montré comment repérer les points morts et les points d'origine… Aujourd'hui, je te demanderai de trouver autre chose…Il existe un endroit spécial dans les barrières magiques qui peut s'ouvrir juste suffisamment et provisoirement pour laisser quelqu'un passer à l'intérieur lorsque la condition d'ouverture a été respectée… C'est ce que j'appelle la 'brèche'… »
Draco fronça les sourcils, « Et comment suis-je supposé voir quelque chose comme ça, professeur ?»
« De la même façon que tu as réussi à repérer les points morts et les points d'origines, bien sûr… Le point mort, l'endroit le moins concentré en magie. Le point d'origine, l'endroit contenant le plus de magie… Et bien la brèche est le juste milieu entre les deux, l'endroit le plus stable, l'endroit où se situe le parfait équilibre magique.»
« Ok…. Alors supposons que je parvienne à trouver cette brèche, comment est-ce que je fais pour l'ouvrir ? Ce n'est pas comme si j'avais les moyens de stimuler les conditions d'ouvertures. »
Dumbledore cligna des yeux. « Allons bon, Draco… Comment fais-tu pour ouvrir une porte ? En la poussant évidemment. »
« Est-ce qu'il est en train de se foutre de moi ?! »
« Le tout est une question de stabilité… et la seule manière d'ouvrir la brèche est de la 'pousser' tout en conservant cet équilibre. »
~L'instant présent~
Au final, il avait réussi à comprendre ce qu'avait essayé de lui expliquer le directeur. Même si les couches de magies avaient été emmêlées dans tous les sens, avec l'aide de Dumbledore, il avait réussi à séparer mentalement chaque couche et de se concentrer sur une seule à la fois. Et comme le directeur l'avait dit, étant donné que Draco savait déjà repérer les points morts et les points d'origines, il n'avait pas eu grand mal à trouver la brèche…
Non la tâche la plus difficile était de 'pousser'. En gros, cela consistait à poser sa main contre la brèche en elle-même et d'envoyer une très légère quantité de magie. Mais le problème était que la présence même d'une magie étrangère causait un déséquilibre… Cette instabilité était cependant la plus faible et la plus négligeable au niveau de la brèche…
Dumbledore avait donné comme exemple un jeu Muggles appelé 'équilibre'… Apparemment c'était une espèce de planche posée en équilibre sur un petit socle. Les joueurs devaient alors poser un par un des petits cubes sur la planche sans faire tomber le tout. La stratégie était de poser au maximum les cubes au milieu de la planche… Mais ce n'était toujours possible, alors si un joueur voyait que la planche penchait d'un côté, il mettrait le cube de l'autre côté de façon à rééquilibrer le tout.
Dans ce cas-là, la barrière magique serait la planche, la brèche serait le milieu et les points morts et d'origines les extrémités. Il devait donc envoyer une petite quantité de magie à chaque fois sur la brèche et dès qu'il sentait le déséquilibre être trop grand il devait compenser en envoyant la juste quantité de magie sur le point d'origine ou le point mort.
Cela avait nécessité un énorme contrôle de sa magie et une encore plus grande concentration, la moindre erreur aurait pu détruire complètement l'équilibre… Et il y avait eu 7 fichues couches !
Draco soupira, éteignant l'eau, il tendit le bras, tâtonnant pour trouver des serviettes propres. Il enroula une serviette autour de sa taille tandis qu'il s'essuyait les cheveux avec une autre… Ses gestes étaient ralenties par la fatigue et le fait qu'il était très clairement perdu dans ses pensées.
Dumbledore l'avait guidé du début à la fin, lui expliquant toutes les nuances et les différences entre toutes les différentes couches de magie… Le directeur avait dit qu'il n'avait pas le temps de les étudier mais il avait l'air d'en connaître assez pour se défaire des barrières lui-même… Avait-il réellement eu besoin de Draco ?
Non… c'était peu probable… Dumbledore avait voulu que Draco soit là… Mais pourquoi ? Il était vrai que suite à cette soirée Draco avait appris quelque chose de potentiellement dans le future mais cela était très certainement le seul point posi –
Attends une minute…
Maintenant qu'il y repensait, ce qu'il avait appris aujourd'hui semblait être le point culminant de tout ce que lui avait enseigné Dumbledore jusqu'à présent… D'abord le fait de parvenir à supporter l'énorme pression magique qui se dégageait des barrières de protection… Ensuite le fait de pouvoir repérer à la fois les points morts, les points d'origines et les brèches… Et la maîtrise de sa magie ainsi qu'une précision parfaite avec l'entraînement des tasses…
Etait-ce une coïncidence ? Non, c'était bien trop gros pour l'être… Ce vieux fou manipulateur… Alors tout ça n'avait été qu'une énorme leçon, la dernière étape de son entraînement… Et c'était ce que Dumbledore avait voulu dire par 'la dernière', il ne parlait pas du fait que cela allait être la dernière fois que Draco suivrait les plans du directeur… Non il avait voulu dire que ce serait la dernière leçon qu'il recevrait…
Il ne put retenir le rire amer qui s'échappa de sa bouche, « Enseigner une telle chose à quelqu'un dont on sait pertinemment qu'il sera dans le camp ennemi… êtes-vous stupide ? »
Mais était-ce vraiment l'unique raison ? Après tout Dumbledore était connu pour faire d'une pierre dix coups…
Son regard dériva alors sur le tas de vêtements qui trainaient toujours négligemment sur le sol, serrant les dents il récupéra sa baguette et grinça « Incendio ! »
Regardant les flammes danser avec dégoût, Draco ne put s'empêcher de repenser à ce que le directeur avait récupéré dans cette maison délabrée.
~Une heure plus tôt~
Draco s'écroula pratiquement au sol lorsqu'ils avaient réussi à passer la dernière couche avec succès. Etre au contact et manipuler une telle magie lui donnait la sensation de s'être rouler plusieurs dans la saleté, comme si la noirceur de cette magie s'était incrustée profondément dans sa peau. Il ne put réprimer un frisson de pur dégoût.
Dumbledore lui tendit alors une fiole remplie de pimentine que Draco prit avec reconnaissance.
« Est-ce que tu peux te lever ? »
Le blond secoua la tête, sa vision était devenue complètement floue à force de trop se concentrer sur un point en particulier et il avait la certitude que ses réserves de magies devaient être pratiquement épuisées.
« Dans une minute ou deux. » Il tenta de se redresser en position assise, mais se rallongea immédiatement en voyant le monde commencer à tourner, «… ou plutôt quinze. »
Dumbledore lui offrit un sourire indulgent, « Je ne suis pas sûr qu'il soit bon pour toi de rester ici trop longtemps…Pourquoi ne m'attendrais-tu pas ici, pendant que j'irai récupérer ce dont j'ai besoin ?» proposa-t-il gentiment.
Draco hocha mollement la tête et ferma les yeux, entendant les pas de Dumbledore s'éloigner en direction de la porte, puis le bruit d'une porte s'ouvrant difficilement et se refermant…
Il resta allongé silencieusement pendant un moment, il ne savait pas exactement combien de temps s'était écoulé… cinq, quinze peut-être vingt minutes avant qu'il n'entende un bruissement non loin de lui. Il se redressa lentement et ouvrit les yeux pensant que Dumbledore était finalement revenu mais son cœur manqua de bondir hors de sa poitrine lorsqu'il tomba nez à nez avec un Détraqueur…
Il retint avec difficulté un cri de surprise et de terreur, ayant instinctivement un mouvement de recul. Sa main se dirigea par réflexe vers sa baguette mais il se figea complètement en réalisant qu'il ne savait pas produire un Patronus et qu'il était donc totalement impuissant.
Deux choses lui vinrent alors à l'esprit lorsqu'il remarqua que le Détraqueur passa (ou glissa ?) à côté de lui en l'ignorant complètement… Premièrement, il se rappela qu'il était immunisé contre ces créatures et que cela avait été stupide de sa part de paniquer, puisqu'il ne risquait rien tant que Potter n'était pas dans les parages. Mais la deuxième chose était que Dumbledore, lui, ne l'était pas, ce qui signifiait qu'il devait le prévenir avant que le Détraqueur ne sente la présence du directeur.
Se relevant, les jambes légèrement tremblantes, Draco remercia Merlin d'avoir suffisamment récupéré pour pouvoir marcher à nouveau… Il contourna alors silencieusement la créature et se dirigea aussi rapidement qu'il le pouvait en direction de la maison en ruine…
Il était préparé à beaucoup de chose en pénétrant à l'intérieur mais il ne s'était absolument pas attendu à une telle concentration de magie noire qu'il aurait presque pu les confondre avec de la brume noire et le sol était jonché de cadavres de créatures en tout genre…Mais ce n'était pas ce qui l'avait littéralement tétanisé sur place… Non pendant un court instant il avait eu l'impression que le Seigneur des Ténèbres était présent dans la pièce…
« Draco ? »
Draco sursauta et pointa immédiatement sa baguette en direction de la voix, en sort sur le bout des lèvres mais il parvint à se détendre légèrement lorsqu'il reconnut la figure du directeur qui approchait vers lui.
A la limite de l'hyperventilation, Draco jeta un regard affolé autour de la pièce, la présence qu'il avait ressenti avait à présent complètement disparu mais il voulait tout de même vérifier au cas où.
« Je voulais vous prévenir qu'un Détraqueur était dehors. » marmonna le blond, essayant de convaincre son cœur de reprendre un rythme normal.
Dumbledore hocha la tête et rangea dans sa poche un écrin, « Allons-y, dans ce cas. »
~Retour à l'instant présent~
Après s'être assuré qu'il ne restait plus que des cendres de ses vêtements, Draco éteignit la flamme d'un mouvement de baguette.
Dumbledore n'aurait pas pu prévoir qu'un Détraqueur avait été laissé dans les environs, ni que Draco rentrerait dans le Manoir pour le prévenir… Mais cela ne voulait pas forcément dire qu'il n'avait pas prévu que Draco voit l'écrin, il aurait très bien pu le présenter négligemment et dire 'j'ai trouvé ce que je cherchais'…
Oui Draco était pratiquement certain que le directeur voulait qu'il voit cet écrin, mais pourquoi ? Que contenait-il de si important ?
Se séchant toujours machinalement les cheveux avec la serviette, il retourna dans sa chambre… Il écarquilla les yeux en se sentant tituber légèrement et il dût se maintenir contre le mur pour ne pas tomber.
« Ugh' peut-être que je n'aurais pas dû utiliser de magie finalement… » songea-t-il, commençant à regretter amèrement son geste.
Il parvint cependant après plusieurs pas tremblotants à atteindre son armoire où il commença à s'habiller lentement.
~Une demi-heure plus tôt~
Draco fronça les sourcils d'irritation tandis qu'il essayait de convaincre ses muscles récalcitrants de coopérer. Un pas après l'autre, ce n'était pourtant pas compliqué, pour l'amour de Merlin ! Et s'il pouvait marcher droit ce serait encore mieux.
« Surtout qu'on doit parcourir presque 1.3 km. »
Tournant la tête, il poussa un soupir de soulagement en se rendant compte qu'il ne parvenait plus à voir la maison de l'endroit où il se trouvait. Espérant et priant Merlin que plus jamais il ne devrait retourner dans un tel endroit… Même encore maintenant il avait l'impression de toujours sentir la présence de cette désagréable et oppressante magie sur lui… Et il avait la nausée rien qu'imaginer qu'une telle chose était encore sur lui…
Réprimant un frisson, Draco jugea plus sûr de ne plus y penser pour le moment…
« Je suis étonné que tu aies réussi à tenir aussi longtemps… » commenta alors soudainement Dumbledore.
Le blond fronça les sourcils, se demandant de quoi le directeur pouvait bien encore parler et espérait très sincèrement que ce n'était pas quelque chose de très compliqué parce qu'il n'était pas certain que son cerveau parvienne à comprendre qu'il était censé travailler en ce moment même… Heureusement pour lui, il parvint à faire assez rapidement le rapprochement.
« Oh… vous parlez de la pression magique ? »
Dumbledore hocha la tête, « Tu as été au contact de la magie oppressante de la barrière pendant plus de deux heures… Le toi d'un an auparavant se serait très certainement écroulé bien avant d'avoir atteint la troisième barrière. »
« Et pourtant vous m'avez quand même envoyé faire une telle chose, même si vous n'étiez pas certains que je tienne jusqu'au bout… »
Un sourire amer se dessina sur ses lèvres, tandis qu'il haussa les épaules d'un air faussement nonchalant, « Je suppose que vivre dans la même demeure qu'un puissant sorcier m'a obligé à supporter une bien plus grande pression tous les jours…Je ne dois être habitué à présent… »
Du coin de l'œil, il vit Dumbledore froncer les sourcils d'un air soucieux… Et il se demanda alors si le directeur était au courant du fait que les premiers jours qu'il avait passé au Manoir, il avait été obligé de se réfugier dans sa chambre plusieurs fois par jour parce que la pression magique était tellement grande qu'il avait peur de perdre connaissance en plein milieu du couloir… Etait-il au courant que dès que le Seigneur des Ténèbres était heureux ou en colère, la simple montée de sa magie était suffisante pour donner le vertige à Draco ? Etait-il au courant que parfois durant la nuit Draco se réveillait en sursaut et devait foncer droit dans les toilettes pour vomir, parce qu'il avait accidentellement baissé sa garde durant son sommeil et que son corps avait été assailli par la pression magique ?
Secouant la tête, Draco tenta de marcher un tantinet plus rapidement dans l'espoir d'en avoir finalement terminé avec tout ça…
« Severus n'était pas avec toi ? » demanda Dumbledore.
Draco se tendit à la mention du prénom de son parrain mais répondit d'une voix dépourvue d'émotion « Je ne l'ai pas vu depuis juin. »
« Je vois… »Le froncement de sourcil du directeur semblait s'accentuer et le blond se demanda alors si le maître des potions n'avait pas donné de nouvelles au vieux sorcier non plus.
Il serra les poings, était-il arrivé quelque chose à Severus, était-ce pour cela qu'il n'avait donné de nouvelle à personne ?
Non, non… Severus était un puissant sorcier il ne –
« Sirius l'était également. »
Draco secoua violemment la tête espérant déloger ses pensées indésirables… Peut-être devait-il tout simplement arrêter de penser, puisque chacune d'entre elle semblait se terminer par quelque chose qu'il voulait à tout prix ignorer.
« Comme si c'était aussi simple… »
Le reste du trajet jusqu'à l'intersection où ils avaient précédemment transplané fut, pour le plus grand soulagement de Draco, complètement silencieux.
« Draco… »
Le blond se tourna vers le directeur, il était conscient que son visage semblait las et fatigué, mais il espérait avoir réussi à transmettre assez de curiosité dans ses yeux, pour ne pas avoir à parler.
«… une dernière chose à dire ? »
Draco se figea complètement sur place. Il avait pleinement conscience des implications des paroles du directeur…
Dumbledore venait de lui tendre la main, lui proposant une échappatoire à l'enfer qu'était devenu son quotidien…
Et à cet instant, le blond était plus tenté que jamais d'accepter… Plus tenté que jamais de prononcer ces paroles 'Aidez-moi', 'S'il-vous-plaît, faîtes en sorte que je n'ai plus à retourner au Manoir', 'Je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir dans un tel enfer', 'Amenez-moi avec à Hogwarts', 'Ne m'abandonnez pas', 'Je veux encore apprendre de vous' …
Draco ouvrit la bouche.
Il lui suffisait simplement de dire ces quelques mots, même un 's'il-vous-plaît' était suffisant et ils le savaient tous les deux… Dumbledore attendait juste l'appel à l'aide de Draco pour intervenir… Quelques mots et Draco n'aurait plus jamais à retourner au Manoir, plus jamais à supporter tout ce qu'il avait vécu… Merlin, il savait que s'il le demandait, Dumbledore l'aiderait à se planquer dans un pays sous une toute autre identité. Demander… Juste demander…
Il baissa la tête.
« Je vous souhaite une bonne nuit, professeur. »
Draco ne se tourna pas pour voir la déception et la frustration sur le visage de Dumbledore, il se força à n'écouter qu'à moitié les paroles du directeur pour essayer d'ignorer l'inquiétude qu'il pouvait malgré tout percevoir. Il serra violemment les lèvres pour résister à la tentation de supplier son mentor à genoux de le sortir de là.
« Bonne nuit, Draco. »
Draco hocha la tête et actionna le portoloin qu'il avait autour du cou.
~Retour à l'instant présent~
Draco se laissa mollement tomber sur son lit, son regard fixé sur aucun point en particulier, dans sa vision périphérique il pouvait voir à travers l'énorme fenêtre de sa chambre filtrer les premiers rayons du soleil…
« C'est déjà le matin… » chuchota-t-il, d'une voix sans émotion. « Une nouvelle journée commence, huh ? »
A une certaine époque de sa vie, le levée du soleil ne lui inspirait absolu aucune émotion particulière, certes il admettait que c'était beau, mais il ne parvenait pas à comprendre comment certain pouvait considérait cela comme un signe d'espoir. Mais à présent…
A présent il en avait une toute autre vision… A présent il observait le soleil se lever, ses rayons doucement filtrer à travers l'horizon presqu'avec une fascination morbide… L'aube était aussi cruelle que magnifique, la chaleur des rayons du soleil lui laissant de désagréables frissons… Oui parce que le levée du soleil lui indiquait le commencement d'une nouvelle journée, le début d'un nouveau cauchemar… Non ou alors peut-être était-ce plutôt le rappel cruel et sans merci que les seuls moments de répits qu'il possédait prenaient fins…
Si seulement le soleil ne se levait plus jamais… Si seulement il n'avait plus jamais à se réveiller…
« Les choses auraient été différentes si j'avais accepté l'offre de Dumbledore… »
Cependant il n'y avait pas de regret dans sa voix, juste de la résignation.
Il tourna la tête sur le côté, vers l'endroit où il parvenait à voir de son lit, sa réflexion dans le grand miroir à pied… Un sourire à la fois triste et amer se dessina sur les lèvres.
« Je suppose, que c'était déjà trop tard de toute façon… »
A travers le miroir, il vit un adolescent blond allongé sur le lit, son visage semblait las et fatigué, ses yeux cernés et ternes, dissimulés à moitiés sous des mèches de cheveux blonds… Un sourire amer fleurissait ses lèvres, lui donnant l'expression d'une personne ayant déjà bien trop vécus pour son âge… Et juste au-dessus de sa tête, se trouvait une 'substance' noirâtre, cette chose semblait vivante et bouger aléatoirement sur la tête du blond… Si quelqu'un d'autre avait pu la voir, peut-être que cette personne aurait supposé que c'était une créature qui s'était simplement posée sur sa tête, ou le résultat d'une farce de mauvais goût…
Mais personne à part le blond lui-même ne parvenait à le voir… Et de ce fait personne à part lui non plus ne voyait que cette chose n'était pas simplement sur sa tête mais que de temps en temps elle entrait également dedans, lui murmurant des choses, envahissant son esprit comme bon lui semblait…
Draco ferma doucement les yeux, mais à quoi bon penser à ce genre de choses…
…après tout il était déjà trop tard…
~HPDM~
Présent : Du côté d'Harry et Dray.
Les sourcils d'Harry se froncèrent d'inquiétude tandis qu'il regardait impuissant le blond trembler violemment sur le sol, ses traits visiblement déformés par la douleur.
« Dray ? » appela Harry d'un ton incertain.
Harry tendit la main, tentant de toucher l'épaule du Slytherin, mais avant qu'il n'ait le temps d'atteindre Dray, ce dernier, qui avait vu le geste d'Harry, eut un violent mouvement de recul, tandis qu'un « NON ! » à la fois horrifié et terrifié s'échappa de sa bouche.
Harry laissa sa main en suspens, totalement pris au dépourvu face à la réaction du blond.
Dray sembla s'en rendre compte parce qu'il soutint maladroitement le regard du brun et tenta de le rassurer, « Donne... » Dray déglutit, fermant les yeux comme pour essayer de rassembler assez d'énergie pour poursuivre sa phrase, « Donne-moi juste une minute… s'il-te-plaît. »
Sa voix était faible et tremblante, comme le reste de son corps et il était évident que la double personnalité était en train de mener une lutte à la fois mentale et physique.
Harry ne put qu'hocher la tête, totalement désemparé par la situation. Mais tandis qu'il observait le blond prendre de profondes inspirations et expirations dans l'espoir de reprendre contenance et qu'il essayait maladroitement de se redresser malgré le fait que ses membres tremblaient tels des feuilles soumises au vent, Harry essaya de réprimer cette étrange sensation qui venait de s'insinuer en lui et qu'il ne parvenait pas à définir au moment où il réalisa que pour la première fois, Dray venait de le rejeter.
Après un moment qui semblait une éternité pour tous les deux, Dray parvint finalement à reprendre une respiration relativement normale, même s'il était évident dans sa manière de se tenir et les quelques grimaces d'inconfort qu'il laissait échapper ci-et-là, qu'il ne s'était toujours pas remis de ce qui venait de lui arriver – quoi que c'était.
« J'imagine que tu as des questions… » souffla finalement Dray, avec quelque chose dans la voix qu'Harry ne parvint pas à identifier.
Harry ouvrit la bouche, mais la referma lorsqu'il se rendit compte qu'aucun son ne semblait vouloir en sortir, sa gorge paraissant anormalement sèche. Alors à la place il hocha la tête.
« Quand n'en as-tu pas ? » se demanda le blond à voix haute.
Et cette fois Harry parvint enfin à nommer l'émotion palpable dans la voix de Dray : de l'amertume.
« Parce que c'est à ça que je sers n'est-ce pas ? » poursuivit-il, en regardant intensément un point de le vide, « Je suis la double personnalité, pervers, chiant et collant, mais qui malheureusement est doté d'une plus grande connaissance et qui ne sert donc qu'à répondre aux questions dont même ton très cher et bien aimé Draco n'a pas les réponses. »
« C'est faux ! » protesta Harry avec indignation.
Dray eut un sourire amer, « Ah oui, Harry ? Alors dis-moi… Quand m'as-tu adressé la parole, volontairement, juste dans le but de discuter avec moi et pas seulement parce que tu as une question à me poser ou parce que la vie de Draco est en danger ? »
Harry fut incapable de répondre.
« Tu vois ? » continua Dray sur un ton triste, « Mais ce n'est pas grave tu sais… Après tout je ne suis que la double personnalité, je ne suis pas le vrai Draco, donc pourquoi voudrais-tu parler avec moi quand tu peux le faire avec le vrai ? Peu importe que le vrai semble tellement indécis et a tellement d'insécurité qu'il finit par te blesser au final ! » Le blond ferma les yeux d'un air las et il vacilla légèrement en arrière, Harry crut pendant un instant qu'il allait s'écrouler mais il parvint à la dernière minute à se reprendre, « Mais ça ne me dérangeait pas tu sais… Peu importe que tu ne voulais me parler que pour avoir des réponses, après tout tu me parlais et c'était déjà plus que ce que j'espérais et j'étais heureux d'avoir les réponses à tes questions, heureux de pouvoir être en ta présence même si ce n'était qu'à travers Draco, heureux de pouvoir t'aider… »
Harry sentait comme une étrange boule dans sa gorge asséchée et son estomac commença à se nouer douloureusement tandis qu'il écoutait ce que lui disait Dray, mais il se força tout de même à demander d'une voix qui ne dépassait pas un murmure, « Pourquoi ? »
Dray, toujours les yeux clos, eut un petit sourire crispée, « Parce que je t'aime, évidemment, quelle question… Je suis né parce que Draco, cet imbécile, a refoulé ses sentiments avant même qu'ils n'aient le temps d'apparaître complètement… tu te rappelles ? Je suis né pour t'aimer, Harry. Alors bien sûr que je suis heureux d'avoir quelques moments en ta présence. Et c'est pour ça… » Il ouvrit les yeux, les plongeant droit dans ceux d'Harry, qui frissonna lorsqu'il remarqua à quel point le regard du blond était froid et dur, « Et c'est pour ça, que je déteste… non que j'exècre Draco, parce que non seulement il est en train de tout foutre en l'air mais en plus…A cause de lui… Je suis amené à te détester ! »
Harry sentit son souffle se couper presque littéralement et s'il n'avait pas déjà été assis, il aurait très certainement ressenti le besoin de le faire, ayant conscience que ses jambes ne parviendraient plus à soutenir son poids.
« Est-ce que tu réalises à quel point c'est douloureux, Harry ? » demanda Dray, s'agrippant violemment les cheveux et se recroquevillant sur lui-même, avec un rire amer qui donna au Gryffindor des sueurs froides et des frissons, « Etre forcé de ressentir quelque chose qui va à l'encontre même de sa propre existence. Etre forcé de détester la personne qui est la plus chère à nos yeux… »
Harry sentit une terreur et une panique sans nom prendre possession de lui. Dray… Dray était une représentation du lien du Phénix… la preuve que malgré tout ce qui s'était passé entre eux, Draco l'aimait toujours… Tant que Dray était là, Harry était certain que l'amour de Draco pour lui ne s'était pas estompé, peu importe à quel point il était devenu froid et indifférent à la surface, peu importe à quel point il avait prononcé des paroles blessantes et douloureuses… Mais maintenant… Dray le détestait ?
Que cela signifiait-il pour leur couple quand la preuve même de leur amour était venue à le détester ? Quand la personne qui était née pour l'aimer avait fini par le détester ? N'était-ce pas là le signe flagrant que leur relation était vouée à l'échec ?
« Pourquoi ? » demanda à nouveau faiblement Harry.
C'était apparemment la seule chose qu'il parvenait à dire… il espérait que Dray allait comprendre sa question parce qu'actuellement il ne se sentait pas capable de développer…
Dray sourit tristement. « La première fois que tu m'as demandé qui j'étais, te souviens-tu de ma réponse, Harry ? »
Harry fronça les sourcils, essayant ardemment de se rappeler de ce moment… Il… Il lui avait demandé qui il était, et –
«Je suis Draco Malfoy… » répondit Dray, répétant ses propres paroles presqu'avec nostalgie, «… du moins la personne qu'il aurait été si –»
« …S'il avait laissé libre court à sa magie. » compléta Harry, dans un souffle, la compréhension commençant petit à petit à s'insinuer en lui.
Les pièces du puzzle se succédèrent et s'assemblèrent alors à vitesse fulgurante dans sa tête.
L'identité de Dray –
'…s'il avait laissé libre court à sa magie… Libre court à ses émotions…'
Click !
L'étrange apathie du Draco du passé –
'Souffrir était humain ? Alors pourquoi est-ce que lui
ne ressentait qu'un infini vide en lui ?'
'Pourquoi lui ne ressentait-il rien du tout ? Pourquoi était-il si insensible ?!'
Click !
La réaction de Draco presqu'immédiatement après leur trêve –
'Mais Draco, lui, parvenait à faire comme si de rien n'était…'
'Et même si Harry était soulagé que Draco parvienne à se reprendre aussi vite
et aussi facilement, il ne pouvait s'empêcher de ressentir
un mauvais pressentiment à ce sujet.'
Click !
Les paroles étranges de Dray –
'A cause de lui je suis amené à te détester !'
Click !
Ce qu'avait dit Dumbledore au sujet du type de personnes qu'était Draco –
'... et d'autres se contentent de refouler
leur peine et leur sentiment… '
Click !
La raison sans doute pour laquelle Dray était encore là, alors que le blocage sentimentale était levé –
Click !
« Tu es le support mental de Draco… » souffla Harry, « Les sentiments qu'il essaye de refouler te sont directement transférés. C'est grâce à toi que Draco n'a pas complètement perdu la raison jusqu'à présent…»
« Inconsciemment. » tint à préciser Dray avec un sourire crispé, « Parce qu'il sentait instinctivement qu'il ne parviendrait pas à tenir la pression de tout ce qui allait suivre s'il ne refoulait pas ses émotions. C'était un mécanisme de défense en quelque sorte…Après la…» Dray ferma douloureusement les yeux et se força les mots à sortir de sa bouche, « Après la mort de Sirius… Après ta dispute avec lui… Il t'a dit tellement de choses horribles, il t'a tellement blessé, a lui-même ressenti trop de douleur après avoir été forcé de revivre tout ça, qu'il savait qu'il ne parviendrait pas à te parler correctement s'il continuait ainsi… »
Cette fois le blond serra les poings et cracha pratiquement la suite, « Colère… Ressentiment… Douleur… Impuissance… Culpabilité… Peine… Tristesse…Amertume… Toutes ses émotions sont actuellement en train de tournoyer en moi… et ça fait si mal… »
Un son pitoyable sortit de la bouche d'Harry, quelque chose à mi-chemin entre un sanglot et geignement, tandis qu'il enlaça fermement le blond, se forçant à ignorer la myriade de pensées incohérente.
« Désolé… Merlin, je suis tellement désolé… » souffla Harry.
« Pourquoi t'excuses-tu ? » demanda faiblement Dray, son visage enfouit dans le cou du brun, « Ce n'est pas de ta faute, Harry. »
Harry resserra sa prise, secouant la tête, « Dis-moi… Dis-moi ce que tu ressens. »
Dray se tendit visiblement contre lui, « Tu le sais déjà, tu peux entendre mes pensées. »
« Je veux l'entendre de ta bouche. »
Dray ferma les yeux de défaite et agrippa la chemise d'Harry, comme s'il s'accrochait à sa ligne de vie, avant de murmurer : « Je t'aime… Je t'aime tellement Harry, que je serai prêt à tout faire pour toi…
Mais c'est douloureux de tant t'aimer et pourtant ne plus pouvoir te regarder en face, parce que son ressentiment envers toi est si fort…
Il te déteste parce qu'au moment le plus important tu n'as pas réussi à t'en sortir – tu n'as pas réussi à résister à la compulsion – et à cause de toi Sirius est mort…
Pourtant je sais que ce n'est pas réellement ta faute et je suis tellement soulagé que tu ais réussi à t'en sortir vivant… C'est injuste de sa part de s'en prendre à toi alors qu'il est autant coupable que toi…
Il est en train de souffrir énormément à cause des mots que tu as prononcé, notamment parce que certains d'entre eux étaient justes… Et il a répliqué aussi durement… Redonnant coup pour coup, insulte pour insulte… Et il t'en veut parce qu'inconsciemment il s'attendait à ce que tu puisses le rassurer et à la place, la première chose que tu as fait était de le blâmer… Tu es celui qui a attaqué en premier.
Mais je n'aurais pas dû m'attendre à une telle chose, parce que je sais pertinemment que toi aussi tu as besoin de soutien… Et tu ne mérites pas tout ce qu'il t'a craché à la figure… même si tes paroles étaient douloureuses et blessantes.
Et Merlin, je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus quoi penser… Je suis tellement en colère contre toi et pourtant te voir aussi désemparé me fend le cœur… J'ai envie de te blesser, de te crier dessus, mais aussi de te prendre dans mes bras et de te rassurer… Une partie de moi retient désespérément ses larmes et me demande de la fermer immédiatement parce que t'exposer ainsi mes sentiments ne ferait que me rendre faible devant toi… L'autre partie a tellement besoin de tes bras autour de lui, de ta présence réconfortante… Je te veux et je t'en veux….
Je ne peux te regarder sans que ressentiment et affection ne s'entremêlent, l'un aussi fort que l'autre… L'un cherche à blâmer, l'autre à pardonner… L'un veut ignorer ses peines, l'autre faire son deuil… Tellement de sentiments contradictoires Harry, qu'est-ce que je suis censé faire de tout ça ?»
« Comment as-tu fais pour le supporter la première fois ? »
Harry se força à garder un ton dépourvu de sentiment – même s'il savait que Dray pouvait sentir ses émotions en ce moment même. Personne ne devrait avoir à gérer ce genre de choses ! Il essaya d'imaginer ce qui se serait passé si Dray n'avait pas été là –
La réponse lui vint comme un Bludger [vf : cognard] en plein ventre… Draco aurait complètement craqué, incapable de supporter autant de pressions et de responsabilités. Peut-être qu'il aurait fait quelque chose de complètement stupide et –
Jamais je n'aurais découvert qu'il y avait quelque chose de bien plus extraordinaire derrière ce masque d'arrogance… ou peut-être que si, mais bien trop tard…
Il ne put retenir un frémissement et le sentiment d'injustice qui s'insinua alors en lui. Pourquoi ?! Pourquoi ce genre de chose arrivait toujours à Draco, pourquoi avait-il dû subir tout ça ?! Et il n'était même pas encore majeur pour l'amour de Merlin ! Il n'était pas majeur et il avait dû surmonter déjà tellement d'épreuves...
Draco était vraiment extraordinaire parfois…
Et Harry se força à couper son train de pensées, il devait arrêter d'idéaliser Draco de cette façon il se souvenait que trop bien de la déception et la déchirure qu'il avait ressenti lorsqu'il s'était rendu compte que pour toute son intelligence, ses capacités d'adaptations et sa ruse, Draco n'avait pas réussi à sauver Sirius.
Parce que Draco est humain… comme toi, il a ses points forts mais aussi des faiblesses, ce serait une erreur fatale de penser le contraire. Après tout Dray était la preuve vivante d'à quel point Draco était brisé…
Non il ne ferait plus cette erreur, c'était une leçon qu'il avait apprise au détriment d'un bien trop grand prix… A force d'assister aux exploits de Draco, Harry s'était laissé prendre, s'était laissé charmer par ses actions… En quoi était-ce différent de ces filles qui aimaient – ou pensaient aimer – Harry juste parce qu'elles le considéraient comme une sorte d'héro ?
Non…
Harry n'aimait pas Draco juste parce qu'il avait été la personne à toujours l'aider dans l'ombre, il n'était pas tombé amoureux de lui juste parce qu'il l'admirait et enviait sa capacité à se sortir d'innombrables situations sans compter sur la chance ou la puissance magique pure comme l'avait fait bien trop souvent Harry… Il –
Dray agrippa la chemise du brun un peu plus fort, le ramenant à la réalité et lui rappelant qu'il avait posé une question. « Je… A… Bordel ! A la mort de Sirius… Je n'étais pas conscient… J'étais endormi depuis notre deuxième année et ne me suis réveillé que récemment… Alors c'était moins douloureux et moins difficile à supporter… Et puis…»
Là, Dray poussa un rire remplie de sarcasme et d'amertume, son visage toujours enfouie dans le cou d'Harry, « Et puis je les ressens moins lorsque je ne suis pas 'dehors'… Je pense que j'aurais pu trier et accepter tous ses sentiments de manière bien plus douce et subtile, et avec le temps… comme une personne normale. Mais m'obliger à sortir d'un coup de cette façon alors que les évènements étaient si récents… c'était comme me balancer toutes ses fichues émotions à la figure sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Je n'étais pas encore prêt pour les confronter…»
Harry fronça les sourcils. « Si, Draco n'avait pas inversé de force vos rôles, est-ce que tu m'en aurais parlé… de tout ça ? »
Il sentit Dray se tendre et sut presqu'immédiatement la réponse à sa question. « Je suis bien plus libre dans ma façon d'exprimer mes sentiments que Draco… mais ça ne veut pas dire que ça ne me dérange pas d'apparaître aussi faible aux yeux de la personne que j'aime. Et puis je ne veux pas t'inquiéter avec mes problèmes, Draco t'en cause déjà assez comme ça, sans que je ne t'en rajoute une couche. Alors non je ne t'en aurais pas parlé… et je te demanderai également de ne pas le dire à Draco. »
« Est-ce que je peux faire quelque chose pour t'aider ? »
Dray ferma les yeux et laissa reposer tout son poids contre le torse d'Harry, « Je voudrais juste rester comme ça encore un peu s'il-te-plaît… »
Harry hocha la tête et laissa le silence retomber entre eux. Il remarqua au bout d'un moment que la respiration du blond semblait s'être stabilisée, même si de temps à autre des tremblements prenaient possessions de son corps et des sifflements de douleurs passaient parfois la frontière de sa bouche. Et il pouvait toujours entendre les pensées désordonnés et contradictoires tourbillonner à l'intérieur de sa tête…
Il n'avait aucune idée de comment aider le blond, il ne savait même pas si ce qu'il faisait en ce moment était utile, mais il voulait montrer son soutien.
Cependant une autre question lui occupait l'esprit pendant un long moment et il pesa longuement le pour et le contre, mais Dray dut sentir son trouble car il demanda « Quelque chose te tracasse ? »
« Est-ce que tu as une idée de la raison pour laquelle Draco insistait tant pour rencontrer l'enfant ? » demanda Harry.
Dray ne dit rien pendant un moment, si bien qu'Harry crut qu'il n'allait pas recevoir de réponse, mais finalement le Slytherin chuchota, « Je le sais oui. Il… bien sûr il était curieux et intéressé au sujet de cette personne qu'il avait rencontrée auparavant et n'en avait gardé aucun souvenir jusqu'à présent… »
« Mais pas que. »
« Mais pas que. » confirma Dray, avec hésitation, même si apparemment parler de Draco lui permettait de focaliser ses pensées sur autre chose que ses sentiments contradictoires, « Il a quelques soupçons dont il pense que l'enfant possède les réponses… »
« Je pensais qu'il avait fait ça parce qu'il voulait m'éviter….ou quelque chose comme ça. » avoua le Gryffindor.
Il sentit le blond se tendre contre lui.
« Alors j'avais raison ? » souffla Harry.
« Non. » protesta Dray, « Ce n'est pas ce que tu crois, il cherche à t'éviter c'est vrai… Mais pas parce qu'il ne veut pas te voir ou parce qu'il ne peut plus te supporter… Il a peur. »
«Pourquoi devrait-il avoir peur ? »
« Parce qu'il n'a pas envie d'être présent lorsque tu assisteras à un certain souvenir, il craint plus que tout ta réaction et il espère qu'en plongeant dans son esprit il pourra y rester assez longtemps pour ne pas la voir...»
~HPDM~
Passé : 12 Juillet, Manoir Malfoy
Draco fronça intérieurement les sourcils en étudiant la scène qui se déroulait à travers la projection. Dumbledore était personnellement venu chercher Potter à Privet Drive – effrayant au passage avec flegme et un amusement bien dissimulé la famille de Potter – tandis qu'il lui annonçait les dernières volontés de Sirius.
Il avait ensuite entraîné Potter chez un ancien professeur de Hogwarts qu'il essayait de convaincre de revenir enseigner – utilisant Potter sans aucun scrupule pour le manipuler. Et même si le nom de Slughorn n'intéressait légèrement Potter que parce qu'il avait été le professeur de sa mère, pour Draco cela déclencha immédiatement toutes ses alarmes intérieures. Il avait déjà entendu ce nom quelque part, récemment… La réalisation lui vint comme un coup de fouet, Sirius avait dit que Slughorn avait été leur professeur de potions.
Mais si Dumbledore voulait que Slughorn revienne enseigner… qu'en était-il de Severus ?
Est-ce que ça voulait dire que quelque chose lui était arrivé ? Ou Slughorn était tout simplement une précaution parce que le directeur n'arrivait pas à joindre son espion ?
Même s'il ne m'a pas contacté jusqu'à présent… Severus sera là lorsque je devrais retourner à Hogwarts, n'est-ce pas ?
Draco secoua intérieurement la tête, se forçant à ne plus penser à son parrain, parce qu'il savait d'expérience qu'il finirait encore plus inquiet et frustré. Il se reconcentra sur l'instant présent – ils étaient actuellement dans la cabane à balais des Weasley (pourquoi Dumbledore avait choisi un tel endroit pour parler en privé avec Potter dépassait totalement Draco, mais il ajouta cette épisode à la liste des excentricités du vieux sorcier).
« Il est cruel. » souffla Dumbledore d'une voix douce, « Que Sirius et toi ayez passé si peu de temps ensemble. Une fin brutale à des liens qui auraient pu durer longtemps et vous apportez de grandes joies. »
« J'ai simplement du mal à me faire à l'idée qu'il ne m'écrira plus jamais. » répondit Potter.
Draco serra les poings, comprenant parfaitement ce que le brun ressentait en ce moment même. Combien de fois s'était-il réveillé dans son lit totalement perdu s'étant manifestement attendu à un seau de glace – ou peu importe quelle était la farce du jour – provenant de son cousin, simplement pour réaliser qu'il était au Manoir et que plus jamais il ne recevrait un tel réveil ?
« Sirius représentait pour toi ce que tu n'avais jamais connu auparavant. Cette perte est naturellement accablante. »
« Mais quand j'étais chez les Dursley… » l'interrompit Potter et Draco fut momentanément pris au dépourvu devant la fermeté de sa voix, «… j'ai compris que je ne pouvais pas me refermer sur moi-même ou me laisser briser par sa perte. Sirius ne l'aurait pas voulu n'est-ce pas ? D'ailleurs la vie est trop courte, regardez Mrs Bones, regardez Emmeline Vances… La prochaine fois, ce pourrait être moi, non ? »
Draco frissonna en voyant la pure détermination et la force derrière la lueur qui brillait dans les yeux de Potter, « Mais même si c'est le cas… Si jamais je venais à tomber, je m'assurerai d'emmener avec moi autant de Mangemort que possible et Voldemort aussi si j'y arrive. »
« Potter tu es si fort… Je me demande comment tu fais…C'est peut-être pour ça que tu es l'Elu, huh ? » songea Draco avec une triste admiration.
Il écouta le reste de la conversation d'une oreille distraite, Dumbledore suggéra à Potter d'informer Hermione et Weasley au sujet de la prophétie et annonça qu'il lui donnerait des cours privés durant l'année.
Il se demanda pendant un moment, avec un certain degré d'amusement et de compassion, si Potter allait devoir subir l'entraînement des tasses, mais son rare instant d'amusement fut de courte durée, son regard glissa par inadvertance vers la main noircie du directeur.
Son froncement de sourcil mental s'intensifia. Cela ne faisait qu'une semaine depuis sa petite escapade forcée dans cette étrange et glauque maison en ruine, comment le directeur avait-il pu se faire une telle blessure ? C'était clairement le résultat de la magie noire. Et Draco ne pouvait s'empêcher d'avoir un très mauvais pressentiment à ce sujet et à en croire par les regards furtifs de Potter, il n'en pensait pas moins.
« … ainsi que cet endroit… qu'en penses-tu Draco ? »
Draco retint de justesse un sursaut de surprise à l'entente de son nom et avança promptement vers la table, il toucha le Snitch du bout des doigts et le désactiva dans un souffle, voulant à tout prix éviter d'être distrait à nouveau. Son regard parcourut alors rapidement les nombreux plans qui y étaient étalées, essayant au mieux de masquer les frissons qui parcouraient son corps rien qu'en sentant ce regard glacial et perçant sur sa nuque.
« C'est une stratégie finement ficelée, maître. » répondit-t-il, d'une voix qui laissait assez de vénération filtrer pour satisfaire le Lord.
« Allons, Draco… » réprimanda le mage noir d'un ton faussement gentil, «… pas de fausses flatteries… dis-moi réellement ce que tu penses. »
Draco sentit son sang se glacer dans ses veines tandis qu'il tournait lentement la tête vers ces yeux rouges pénétrant. Il sentait la panique monter en lui, lorsqu'il crut que le Seigneur des Ténèbres avait réussi à passer sa barrière mentale, mais quand il ne sentit aucune présence de son esprit, il parvint à retrouver un semblant de calme. Déglutissant dans l'espoir d'avaler sa nervosité et de rendre sa gorge moins sèche, il inclina la tête et répondit avec révérence et diplomatie, « Maître, peut-être qu'il serait préférable de revoir l'ordre des attaques. »
Immédiatement après son commentaire, un flot de murmures indignés s'éleva derrière lui, mais il n'y prêta aucune attention, son regard ne quittant pas une seule seconde la figure du Seigneur des Ténèbres qui était assis majestueusement en bout de table.
Draco retint son souffle, à partir de là, les choses pouvaient aller dans deux sens différents, soit le Seigneur des Ténèbres allait, malgré ses précédentes paroles, se sentir insulté par son insolence et le fait que Draco venait de remettre en question l'un de ses plans, ce qui allait très certainement se terminer avec Draco tremblant de douleur sur le sol, soit le mage noir était d'assez bonne humeur pour écouter ce que Draco avait à dire.
Il vit le Seigneur des Ténèbres s'avancer très légèrement en avant, un rictus amusé sur les lèvres.
« Je t'écoute. »
Malgré son rictus, la lueur qui s'était allumée dans ses yeux indiquait clairement que Draco avait intérêt à dire quelque chose de pertinent sinon…
Draco poussa un très discret soupir de soulagement, il était vrai qu'il n'était pas tout à fait tiré d'affaire, mais au moins il ne recevrait pas de 'punitions' dans les quinze secondes à venir, ce qui était déjà une assez bonne chose.
« Si on considère la localisation des attaques... » commença Draco en désignant les cibles respectives du doigt, «… il est logique de penser que notre cible finale est cette demeure et que les attaques aux alentours ont pour but de se rapprocher de plus en plus d'elle… Mais étant donné le temps entre chaque attaque, je pense qu'aux alentours de la deuxième ou troisième, ils auront tiré les bonnes conclusions et commenceront à se préparer en conséquence. »
« Et alors ? » interrompit l'un des Mangemorts avec dédain, « Ils pourront se préparer comme ils veulent ce n'est pas comme si une seule petite famille dans le camp de la lumière pourrait faire quoi que ce soit contre nous. »
Draco vit les yeux du Seigneur des Ténèbres se plisser dangereusement, signe qu'il n'était pas particulièrement heureux de l'intervention impromptu de son sujet, mais le mage noir s'adossa plus confortablement sur son siège et lui fit signe de répondre à la question ou généralement se débrouiller, il donnait l'impression d'être en train de regarder un spectacle dont il n'avait pas encore décidé s'il était ennuyeux ou intéressant.
Draco inspira profondément et se tourna vers le Mangemort-qui-allait-très-certainement-se-recevoir-un-Impardonnable-dans-pas-longtemps.
« Je suis certain qu'en temps normal ils ne feraient pas le poids face aux puissants Mangemorts de notre camp. » dit le blond avec diplomatie, « Cependant ils auront l'avantage du terrain. » Il montra l'une des cartes du doigt, « Ils sont entourés de forêts, où ils auraient apparemment un accord avec des créatures magiques de toutes sortes pour les protéger, d'une falaise et d'un cours d'eau où les conditions de combats sont loin d'être optimales… Il serait d'une facilité déconcertante pour eux d'installer des pièges comme déclencher un éboulement pendant le combat sur nous après avoir préparé des barrières anti-transplanage par exemple.
Et puis, ils sont peut-être une petite famille mais ils ont de nombreux contacts il ne serait pas étonnant de voir de nombreux renforts arriver si nous leur donnions le temps de les appeler. »
« Rien ne nous dit que ce genre de pièges ne sont pas déjà en place dans leur système de protection. » commenta alors un Mangemort que Draco reconnut comme étant Evan Rosier.
Son ton ne donnait aucune indication que Rosier était en train de le prendre de haut à cause de son âge ou à cause de la 'disgrâce' de son père contrairement à l'autre Mangemort que Draco avait secrètement nommé 'l'Idiot'. Cependant, la lueur de défi qui était présente dans ses yeux montrait clairement que cette question n'avait que pour unique but de tester Draco.
Le blond eut un léger rictus intérieur, puis inclina très légèrement la tête en direction de Rosier pour indiquer qu'il avait compris le message.
« Je suis certain que des Mangemorts aussi puissants que ceux ci-présents n'auront aucun mal à se débarrasser de pièges dont ils sont conscients de la présence et qui n'ont été placés que par pures précautions et non dans l'optique d'une embuscade. » répliqua Draco avec un sourire innocent en jetant un regard général à l'assistance.
Les Mangemorts les plus idiots bombèrent le torse avec fierté, n'ayant manifestement pas compris la moquerie dissimulée derrière ses paroles, d'autres plissèrent les yeux devant l'insolence évidente du blond, la plupart se contentait de regarder la scène se produire avec indifférence. Mais Draco ne leur accordait qu'une moindre attention, non les réactions les plus importantes à prendre en compte était ceux des Mangemorts de haut rangs présents et surtout ceux du Seigneur des Ténèbres.
Rosier sembla intrigué par quelque chose pendant un moment, puis il esquissa un petit sourire coin, qui donnait froid dans le dos à Draco. Tante Bella le regardait avec des yeux grands ouverts qui luisaient de fierté et d'amusement mêlés, là encore Draco décida d'ignorer le sentiment d'inconfort qui s'insinua en lui à l'idée d'avoir accompli quelque chose que sa folle de tante approuvait. Le mage noir quant à lui semblait plus amusé qu'autre chose, ce qui amena le blond à se demander pour combien de temps la bonne humeur apparente de son maître allait durer.
« Continue, Draco. » invita le mage noir.
« Je pense que la première attaque devrait viser cet endroit. » dit-il en montrant une zone un peu à l'écart de la cible finale, « C'est assez proche de notre cible pour nous permettre de forcer un passage de ce côté, mais assez en retrait pour ne pas déclencher immédiatement l'alarme… Puis de là attaquer la cible par surprise... »
Le Seigneur des Ténèbres tapota pensivement sur l'accoudoir de sa chaise transformée en trône semblant considérer le plan de Draco pendant un moment.
« Si prendre cette famille par surprise est si importante que ça… » grogna Idiot, « Pourquoi est-ce qu'on ne les attaquerait pas directement ?! »
Draco retint une grimace compatissante, lorsqu'il vit les yeux du Seigneur des Ténèbres se focaliser soudainement vers l'Idiot. Du coin de l'œil il remarqua que ceux de tante Bella s'étaient éclairés comme un sapin de Noël et que ses doigts frétillaient en direction de sa baguette, et que ceux de Rosier s'étaient fermés d'exaspération tandis qu'il secouait lentement la tête, comme s'il n'arrivait pas à croire à la stupidité humaine.
« Crucio. » lança le Lord.
Sans réel surprise, l'Idiot se retrouva sur le sol, hurlant à se déchirer la voix. Le mage noir dut lui accorder au plus deux secondes d'intérêt avant que son regard ne se tourne à nouveau vers l'adolescent.
« Répond donc à la question, Draco… » ordonna-t-il, sa voix n'était pas plus forte que d'habitude, cependant elle n'avait aucun mal à se faire entendre au-dessus des cris de douleurs de l'Idiot, « Il est allé jusqu'à me contrarier, il devait très certainement y tenir à cette réponse.»
Draco déglutit, son visage était devenu bien plus pâle que d'habitude, il tenta d'ignorer les cris d'agonies de l'Idiot, « Attaquer cette zone au préalable permettra d'avoir une zone de retrait en cas de dernier recours, et même si je suis certain que nous n'en aurons pas besoin, c'est une précaution non négligeable… De plus… » Les hurlements semblèrent augmenter de volume, et jetant un rapide coup d'œil au Mangemort tremblant au sol, Draco fit de son mieux pour lutter contre la nausée qui montait en lui. « … il sera plus facile d'accéder à la cible par cette zone.»
Les hurlements cessèrent soudainement, cependant le Mangemort tremblait et sanglotait toujours sur le sol.
« D'autres questions ? » demanda le Lord, avec un rictus cruel.
Idiot secoua vivement la tête, essayant sans succès de se redresser, « N-non maître… par-pardonnez-moi maître. »
« Obtenir le pardon de Lord Voldemort n'est pas une chose aisée. » susurra le Seigneur des Ténèbres, « Que comptes-tu faire pour te racheter ? »
« M-maître, ce que vous voudrez, maître. »
Le rictus du mage noir s'accentua, tandis qu'il jeta un regard en coin en direction de l'héritier Malfoy, qui se tendit imperceptiblement « Dans ce cas… pourquoi ne commencerais-tu pas en te mettant sous les ordres du jeune Malfoy ? »
« O-oui, Maître… »
Draco regarda presqu'avec horreur le Mangemort ramper difficilement jusqu'à ses pieds et incliner la tête avec soumission. « Veuillez excuser mon impolitesse… et mon insolence. » balbutia-t-il, « Je serais dorénavant à votre service. »
Le blond se tendit en sentant les yeux perçant du Lord droit sur lui – non en fait toute l'attention de la pièce était sur lui en ce moment même.
« Est-ce qu'il vient de faire ce que je crois ? Mais… pourquoi ? Quelle était la procédure déjà dans ce genre de situation ? »
« Je vous remercie pour votre générosité, Maître. » souffla Draco, en baissant la tête avec révérence, n'accordant absolument aucune attention à l'Idiot.
Le Lord fit un vague mouvement de la main, son rictus moqueur et cruel toujours présent sur son visage. « Allons bon, Draco, c'est tout naturel, Lord Voldemort sait récompenser les personnes qui le mérite. »
Draco inclina la tête et s'éloigna de la table, se mêlant à la foule de Mangemort. Il nota avec dégoût que l'Idiot se traina piteusement jusqu'à qu'il soit derrière lui.
« Bien à présent revenons à ce plan… Evan qu'en penses-tu ? »
Rosier s'avança, « C'est un plan qui a du mérite, maître… Cette famille est le pilier protecteur de toute cette zone, si nous l'abattons, nous parviendrons sans réel problème à conquérir tout le secteur. Je recommanderais cependant une étude plus approfondie du terrain avant toute attaque… D'une part la géographie des lieux et d'autres parts l'exacte nature des créatures présentes dans la forêt, et –»
Draco ne fit qu'écouter d'une oreille distraite le reste de la stratégie, son regard voyageant par intermittence entre le Lord, Rosier, tante Bella et l'Idiot-dont-il-devrait-sans-doute-demander-le-nom.
Ses pensées s'entremêlèrent de façon désordonné et totalement aléatoire, accompagnées par une myriade de sentiments et émotions qu'il ne voulait pas prendre le risque d'analyser maintenant… Les quinze précédentes minutes semblaient complètement surréalistes à ses yeux… pourquoi le Lord lui avait-il demandé son avis sur le plan ? Draco avait-il laissé entrevoir quelque chose sur son visage qui indiquait qu'il était en désaccord ? Peu probable… Non toute cette histoire ressemblait atrocement à une sorte de test dont il n'était pas sûr de vouloir réussir… surtout si la réussite amenait littéralement à ses pieds des sorciers le double de son âge, tremblant, gémissant et sanglotant…
Mais ce serait totalement naïf et stupide de sa part de penser que le test était déjà terminé, n'est-ce pas ? Le test avait commencé lorsque son père avait eu la magnifique idée d'aller faire un séjour un Azkaban pour éviter la punition dû à l'échec de sa mission et allait très certainement s'achever soit par son ascension à un rang équivalent à celui de son père… soit par sa mort.
Draco n'était pas assez arrogant pour penser qu'il parviendrait à atteindre les plus hauts rangs, cependant il était assez réaliste pour se rendre compte qu'il était impossible pour lui de ne pas attirer l'attention du Seigneur des Ténèbres… Il savait également qu'au fur et à mesure que le temps passerait, les 'demandes' de son maître deviendront de plus en plus difficile à réaliser et il pouvait presque voir sa 'dernière' mission se profiler devant lui. Une mission qui était pratiquement irréalisable pour punir Draco des actions de son père.
Le blond ne sursauta pas lorsque le Lord annonça la fin de la réunion, ni lorsqu'il lui ordonna de rester pendant que les autres Mangemorts déguerpissaient aussi rapidement qu'ils le pouvaient sans paraître irrespectueux, ni lorsqu'il entendit le son surexcité qui ressemblait à s'y méprendre à un couinement d'écureuil provenant de sa tante qui, ainsi que Rosier, avait reçu la permission de rester, ni lorsqu'il sentit le regard curieux de Rosier lui brûler l'arrière de la nuque, ni lorsqu'il vit les yeux du Lord se focaliser droit sur lui.
A la place, il inspira discrètement se préparant mentalement pour la sentence.
« Draco Lucius Malfoy… » susurra Lord Voldemort, d'un ton désinvolte, «… je dois dire que je ne savais que penser de toi… Fils de Lucius, Filleul de Severus et neveu de Bellatrix… Un être affilié à trois de mes quatre généraux, une véritable mine d'or, en somme… Et pourtant je n'ai reçu presqu'aucun retour à ton sujet… curieux, n'est-ce pas ? »
Non… Draco s'y attendait, il savait que son père ne voulait pas qu'il attire l'attention du seigneur des Ténèbres… Craignait-il donc tant que ça que Draco prenne sa place ? Son père devait bien savoir pourtant qu'il n'avait pas l'étoffe pour être un bon Mangemort…
« C'est parce que père ne m'a pas encore jugé assez compétent pour vous servir, maître… Il craignait de vous décevoir avec mes piètres performances. » répondit-il, en baissant la tête.
« Ah… je me demande quand Lucius est devenu aussi strict… Il avait l'habitude de vanter tes exploits à tout vent à l'époque. » murmura le Lord d'un ton songeur.
« Mensonges… » songea le blond, avec amertume, « Père ne ferait jamais une chose pareille. »
« Quoi qu'il en soit… » reprit le mage noir, sa bouche s'écartant en un rictus cruel, «… les actions récentes de Lucius ne m'ont guère impressionné… et son incarcération est plus que regrettable… »
Draco posa un genou au sol, sa tête toujours baissée, « Permettez-moi de racheter les fautes de mon père, Maître.»
Il n'avait pas besoin de lever les yeux pour savoir que le rictus du maître s'était élargi, « Lord Voldemort n'a pas l'habitude de pardonner aussi facilement… Cependant, je veux bien faire une exception pour toi, puisqu'il semblerait que tu ais réussi à impressionner même notre tacticien aujourd'hui. Je vais te donner une chance de nous montrer ce que tu vaux réellement... une mission de la plus haute importance.»
« Nous y voilà. » songea Draco faisant de son mieux pour cacher son appréhension.
« Vois-tu, ton statut d'étudiant d'Hogwarts nous est plus qu'avantageux… C'est pourquoi ta mission sera composée de deux tâches… Premièrement trouver un moyen de permettre à tes camarades de s'infiltrer dans Hogwarts...»
Draco hocha la tête. Jusque-là, rien de surprenant… après tout, sa position à l'intérieur de Hogwarts lui permettrait d'accéder à des lieux impossible pour pratiquement tous les autres Mangemorts… s'il Et surtout, il serait assez proche d'une certaine personne.
« Et deuxièmement utiliser toutes les ressources et moyens nécessaires pour me débarrasser d'une personne qui sera à ta portée… »
Harry Potter. C'était logique, n'est-ce pas ? Aux yeux de Potter, Draco n'était pas véritablement une menace, juste une incroyablement énervante nuisance qui de temps à autres lui causait des pertes de points et des retenues… Potter ne savait pas à quel point Draco pouvait être dangereux, s'il le voulait vraiment… Après tout, il connaissait chacun des faits et gestes du brun, il n'aurait aucun mal à le coincer dans un coin isolé… Certes Potter était deux voire trois fois plus puissants que lui et si Draco essayait de le provoquer en duel sans préparation au préalable, il n'aurait qu'une faible chance de gagner… Mais la force de Draco ne résidait pas vraiment en sa quantité de magie de toute façon, non si jamais il devrait affronter Potter, il le ferait en utilisant sa tête – ce que Potter ne faisait quasiment pas du tout.
Une partie de lui – la plus compétitive – ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui se passerait si tous deux essayaient réellement de se battre sans se retenir…
La quantité monstrueuse de magie de Potter contre la quantité de sorts à la disposition de Draco…
L'instinct et les réflexes du brun contre l'intelligence et l'observation du blond…
La force brute du Gryffindor contre l'agilité du Slytherin…
Les attaques de front dévastateur du Survivant contre les coups bas vicieux du Prince des Slytherins…
Le complexe du héros de l'Elu contre les instincts de survie du futur Mangemort…
Harry Potter contre Draco Malfoy… qui gagnerait ?
Draco secoua intérieurement la tête, délogeant ces stupides pensées de son esprit. Il n'y avait rien à gagner et tout à perdre. Parce que Potter n'avait pas les fichus effets secondaires d'un sort… Parce que chaque foutu attaque qu'il lancerait contre Potter reviendrait à se frapper lui-même… Parce que Draco n'avait tout simplement aucune chance de s'en sortir…Vraiment c'était un coup de maître… Un dilemme qui n'en était qu'un en apparence… Refuser de suivre les ordres du maître et mourir, ou se suicider en tuant Potter et tout espoir de victoire avec…
Désobéir n'était pas une option… Désobéir reviendrait à condamner sa mère qui subirait la rage du maître… mais désobéir permettrait de laisser Potter vivre un peu plus longtemps, peut-être assez longtemps pour qu'il parvienne à tuer le maître et gagner cette guerre. Désobéir lui éviterait de lire la déception dans les yeux de Dumbledore, la trahison de ceux d'Hermione et la fatalité dans ceux de Severus. Désobéir… sacrifier sa famille pour la victoire, pour sauver la vie de centaines de milliers de personne… Mourir en ayant accompli quelque chose de noble…
Draco eut mentalement un rire jaune, ce n'était pas plus mal que le rôle du héros ne lui avait pas été attribué… parce qu'il se foutait pas mal que le monde tomberait sous la domination du Seigneur des Ténèbres, que peut-être demain un génocide se produirait… du moment que sa mère vivait.
Oui… il allait tuer –
« … Albus Dumbledore. »
Draco sentit son sang se glacer dans ses veines et il aurait pu jurer pendant un court instant que le sol s'était ouvert sous ses pieds.
« A-Albus Dumbledore, maître ?! » répéta-t-il, d'une voix faible et tremblante.
« Un problème, Draco ? Je suis certain qu'une personne aussi intelligente et pleine de ressource que toi pourra trouver un moyen de s'en sortir… Ah mais je t'accorde que le vieux fou n'a rien perdu de sa puissance malgré son vieil âge… C'est pourquoi je te laisserai jusqu'à la fin de ta sixième année pour accomplir ta mission. Et en récompense tu recevras la Marque.»
Draco, en auto-pilote, laissa la voix dans sa tête qui provenait très certainement de la chose noire, dicter sa réponse, « C'est un honneur d'avoir reçu une mission d'une si grande importance, maître. »
« J'attends beaucoup de toi, Draco, ne me déçois pas. » susurra le Seigneur des Ténèbres.
« Non maître. »
« Tu peux disposer. »
Il avait l'impression d'être soudainement un étranger dans son corps et se retrouver à être spectateur de ses propres actions sans absolument aucun contrôle. Il se vit baisser la tête avec révérence, un rictus déterminé et fier sur le visage, comme s'il n'avait attendu que cette occasion pour faire ses preuves et montrer au monde, au Seigneur des Ténèbres, à son paternel qu'il était capable d'accomplir une telle mission…
Il se vit sortir de la salle du trône qui durant un passé pas si lointain que ça avait été sa salle à réception. Il se sentit jeter un regard méprisant à l'Idiot qui était affalé sans aucune grâce ni décorum sur le sol. Il s'entendit murmurer d'un ton condescendant, « Qu'est-ce que ça fait de savoir qu'un gamin de seize ans a à présent un rang plus élevé alors qu'il ne possède même pas encore la Marque ? »
Il se vit fouiller distraitement dans ses poches et sortir un flacon de verre, contenant un liquide vert clair, qu'il déposa à côté de l'Idiot, « Je suppose que même un idiot pourrait être utile dans l'avenir, à partir du moment qu'il est bien dressé et fonctionnelle, n'est-ce pas ? »
Il se vit ne même pas prendre la peine d'observer la réaction de l'Idiot et se diriger vers sa chambre d'un pas assuré. Il se vit sortir sa baguette et la tournoyer autour de son poignet comme si cela le démangeait d'attaquer quelqu'un avec l'un de ses sorts les plus vicieux.
Il se sentit frémir d'anticipation tandis qu'il ouvrait tranquillement la porte de sa chambre.
Click.
Fut le son de la porte qui se refermait gentiment.
Schlack.
Fut le son des fils imaginaires qui maintenaient Draco debout se couper sèchement.
Swish.
Fut le son des vêtements de Draco se frottant contre la porte tandis qu'il se laissa glisser jusqu'au sol.
Wong.
Fut le son des jambes de Draco se repliant sur eux-mêmes, tandis qu'il enfoui sa tête entre ses genoux et son ventre.
Scratch.
Fut le son des mains de Draco s'enfouissant dans ses cheveux et maintenant une prise tremblante.
Grit.
Fut le son des dents de Draco si serrées qu'elles grincèrent bruyamment.
Ugh.
Fut le son des sanglots de Draco, indifférents à ses efforts désespérés de les taire, impitoyables pour sa pitoyable personne, si violents que son corps entier en trembla en répercussion.
« Sirius.»
Fut le son d'un appel à l'aide désespéré, d'un enfant perdu et impuissant à son gardien qui n'était déjà plus là pour l'aider.
« Severus. »
Fut le son d'un appel à l'aide désespéré, d'un filleul à son parrain qui l'avait abandonné sans explication.
« Professeur. »
Fut le son d'une plainte déchirée, d'un élève qui sera forcé de trahir son mentor.
« Fawkes. »
Fut le son d'un cri déchiré, d'un sorcier pour un phénix qui avait été ordonné de ne pas apparaître.
« Mère. »
Fut le son d'une plainte, d'un fils pour sa mère qui ne peut rien faire pour l'aider.
« Père. »
Fut le son d'un cri de rage, pour le connard qui l'avait mis dans cette situation en premier lieu, qui s'était barré en laissant sa progéniture récolter le fruit de ses erreurs.
«… Potter. »
Fut le son d'un dernier appel, pour un rival qui n'entendrait jamais et ne comprendrait jamais.
Clink. Crack.
Et à ce moment-là, Draco se demanda si c'était le son de sa morale et son humanité ou si c'était simplement celui de sa dernière once d'innocence et de sa foi en son entourage qui venait de… se briser.
~HPDM~
Présent, du côté de Draco
Draco retint son souffle tandis qu'il observait avec méfiance ses alentours. Cela ne ressemblait pas du tout à l'endroit lumineux et chaleureux qu'était l'esprit d'Harry…Et ce n'était pas non plus entouré de ténèbres comme son propre esprit…
Maintenant que j'y pense même la représentation de notre propre esprit est totalement opposée…
Cet endroit était complètement fermé, ses murs, sols et plafonds étaient constitués d'une matière lisse qui ressemblait énormément à la glace que Draco avait traversée à l'instant… Il frôla la surface du doigt s'attendant presque à ce qu'il traverse la glace, le ramenant de l'autre côté mais il fut surpris lorsqu'il sentit quelque chose de solide sous ses doigts.
« C'est froid. » murmura-t-il, presqu'avec étonnement.
« Est-ce que c'est vraiment surprenant ? Ta barrière mentale est sous la forme d'un iceberg après tout. » commenta une voix non loin de lui.
Draco sursauta et fit volte-face. Son regard tomba alors sur un visage à la fois familier mais qui lui semblait si lointain et des yeux verts perçants, en vue de ses traits et de sa taille, l'enfant ne devait pas avoir plus de sept ans. Le blond ne parvint pas alors à retenir l'élan de tendresse et de nostalgie qui s'insinua en lui à la vue du petit garçon.
On dirait vraiment un mini-Potter, les lunettes en moins... je ne me souvenais pas que Potter était aussi mignon à cet âge… Et Merlin est-ce que je viens réellement de penser ça ?!
« C'est la première fois que tu viens à ma rencontre. » dit mini-Harry, en levant les bras dans une demande implicite pour que Draco le porte, ce qu'il fit presqu'instinctivement. « Et c'est la première fois que tu te souviens de moi. »
Draco fut pris au dépourvu pendant un moment, se demandant ce qu'il était censé répondre… Il n'avait absolument aucune idée de comment interagir avec l'enfant, après tout, ses dernières rencontres avec lui s'étaient déroulées sous la panique et la précipitation. Son regard tomba alors sur de grands yeux verts brillants et quelque chose en lui, lui cria de juste être honnête.
« Je suis désolé. » souffla-t-il, « Je ne voulais pas t'oublier. »
Mini-Harry inclina la tête sur le côté, tout en scrutant le blond, manifestement en train de considérer sa réponse. « Je sais. » dit-il finalement, avec un sourire, « Ce n'est pas de ta faute après tout. »
Draco fronça les sourcils, il savait qu'une partie de lui voulait profiter de ce qu'avait dit mini-Harry pour rebondir sur le sujet –ou l'un des sujets – qu'il voulait aborder, mais avant qu'il ne put mettre forme à ses pensées, sa bouche décida de laisser échapper les premières pensées qui lui vinrent en tête.
« Est-ce que tu as fait exprès de prendre cette apparence ? »
Mini-Harry cligna des yeux, avant qu'un sourire amusé ne prenne place sur ses lèvres, « Pourquoi ? »
Encore une fois sa bouche sembla agir de son propre chef « C'est perturbant… A chaque fois que je te regarde j'ai des envies bizarres comme te prendre dans mes bras et te serrer fort contre moi, ou t'ébouriffer les cheveux ou encore dire tout ce qui me passe par la tête, comme en ce moment, sans pouvoir m'en empêcher. Et Merlin est-ce que je viens vraiment de dire ça tout haut ? »
Le brun pouffa, « Je ne sais pas pourquoi j'ai une telle apparence… peut-être parce que c'est celle avec laquelle tu es le plus confortable… Et la raison pour laquelle tu es si honnête…» Il laissa sa phrase en suspens pendant un moment, puis jeta un coup d'œil en direction de Draco, « Est-ce que tu sais où l'on se trouve ? »
« Profondément dans mon esprit. » répondit Draco presqu'immédiatement.
Mini-Harry sourit, « C'est juste, techniquement. Mais cet endroit est bien plus que ça… Nous sommes au 'cœur' même de ton esprit, l'endroit le plus sûr, le plus protégé qui soit… Où d'autre pourrais-tu te permettre d'être aussi sincère si ce n'est ici ? »
« Nulle part aurait été mieux. »
Draco entrevit un sourire indulgent se glisser sur les lèvres du brun, avant que ce dernier ne penche la tête, frottant sa joue contre celle de Draco dans un geste clairement affectif. « Parfois… » souffla l'enfant, « Nous n'avons pas droit choix que de dire la vérité… Cependant choisir d'être sincère alors que nous avons l'alternative de nous cacher derrière notre masque et nos règles se révèle souvent être bien plus gratifiant que l'on peut le croire.»
Le Slytherin se renfrogna, «C'est perturbant de voir quelqu'un de ton apparence dire quelque chose qui aurait tout aussi bien pu sortir de la bouche de Dumbledore… Et puis je ne suis pas venu ici pour que tu me fasses la morale… »
« Non c'est vrai… » consentit mini-Harry, d'un ton détendu et enfantin, « Tu es venu spécialement à ma rencontre parce que tu avais des questions à me poser, n'est-ce pas ? »
Pas besoin de tourner autour du chaudron, je suppose…
« La raison pour laquelle j'ai oublié ton existence jusqu'à présent malgré le fait que nous nous sommes déjà rencontrés plusieurs auparavant est Albus Dumbledore, n'est-ce pas ? Il a sciemment effacé ma mémoire te concernant. Cela ne peut être que lui… C'est la seule personne à avoir été systématiquement dans mon entourage après ou peu après chacune de nos rencontres… »
« Oui. » la confirmation fut donnée sans la moindre hésitation.
Draco fronça les sourcils, « Pourquoi a-t-il fait ça ? »
Mini-Harry inclina la tête et cligna les yeux, lui donnant la désagréable impression que la réponse était pourtant évidente et qu'il aurait déjà dû le deviner. « Parce que si tu te souvenais de moi, tu te serais posé des questions quant à mon identité et à ma présence dans ton esprit… Il ne voulait pas que tu sois au courant au sujet du lien du Phénix.»
« Je n'aurais pas forcément fait le lien entre les deux… » protesta le blond.
L'enfant haussa les épaules, « Il ne pouvait tout simplement pas prendre le risque, je suppose. »
« Est-ce que tu es déjà entré en contact d'une quelque façon qui soit avec Dumbledore ? »
Mini-Harry secoua la tête, « Le directeur est au courant de ma présence évidemment mais après la fois où j'ai failli disparaître, j'ai décidé de me réfugier ici pour que personne ne puisse me trouver… Je ne suis sorti que lorsque j'ai senti que la situation était critique. »
Draco hocha la tête, acceptant les informations que lui apportait l'enfant et les rangeant soigneusement dans un coin de sa tête. C'était encore un point sur lequel il allait devoir confronter Dumbledore lorsqu'ils rentreraient.
Je me demande quand j'ai arrêté de penser que cela allait être un 'si' plutôt qu'un 'lorsque'. Il faut croire que Potter et son optimisme ont fini par déteindre sur moi… songea le blond presque tendrement en secouant lentement la tête. Si Potter n'avait pas été là…
Le prince des Slytherin se tendit soudainement, resserrant inconsciemment sa prise contre Mini-Harry. « Lorsque nous étions dans l'esprit de Potter… tu as réussi à bloquer la compulsion, n'est-ce pas ? Est-ce que tu pourrais le refaire ou m'apprendre à le faire ? »
Mini-Harry écarquilla les yeux sous le coup de la surprise, puis son visage prit une expression peinée, « Je ne peux pas. »
« Pourquoi ? » demanda Draco d'un ton frustré, « Tu as bien réussi à le faire pour Potter, non ?! Alors pourquoi ce serait différent pour moi ? »
Mini-Harry baissa les yeux, « Je suis désolé. C'est différent. »
« En quoi ?! »
« Cette fois là, la compulsion venait de la vision d'Harry… passant par le lien qu'il partage avec Voldemort. » expliqua-t-il, à voix basse, « Mais dans ton cas, tu étais en contact direct avec lui, la compulsion ne vient pas juste d'un endroit précis mais de la totalité de ton esprit. Je suis désolé. »
Il serra les dents, laissant la frustration et la déception le submerger… Bien sûr qu'il n'y avait pas de moyen de s'en débarrasser, il avait été bien trop naïf de penser qu'il aurait pu trouver un moyen de la retirer.
C'est douloureux… Peut-être qu'avant d'arriver ici j'avais perdu toute mon enthousiasme et mon optimisme, mais au moins je savais que je n'avais aucune chance d'avoir de faux espoirs.
« Je comprends. » souffla Draco, en ébouriffant gentiment les cheveux de l'enfant, « Désolé de t'avoir demandé quelque chose comme ça. J'aurais dû deviner que ce n'était pas possible. »
Mini-Harry leva les yeux vers lui et le scruta intensément, lui donnant l'étrange sentiment que l'enfant pouvait voir son âme, « Tu devrais y retourner. »
« Tu me vires déjà ? » demanda Draco, sur un ton qu'il se força à rendre amusé, tandis que son corps se tendit imperceptiblement.
L'enfant secoua la tête, « Je suis heureux que tu viennes me voir… et je sais que tu as d'autres questions à me poser… Mais tu dois y retourner… »
« Je… Je l'ai déjà vécu une fois, n'est-ce pas suffisant ? Pourquoi devrais-je le revivre encore une fois ? » Cela ressemblait bien trop à un geignement à son goût, mais il continua tout de même à parler, « Je ne sais pas si je pourrais le supporter… Alors s'il-te-plaît, laisse-moi rester encore un petit peu… Au moins jusqu'à ce que ce moment passe. »
« Tout comme assister à nouveau à la mort de Sirius (Draco tressaillit) était nécessaire pour que tu commences à faire ton deuil, tu te dois d'assister à ce qui va suivre pour commencer à te pardonner et aller de l'avant. »
Draco eut un rire jaune et amer, « Me pardonner ? Comme si c'était possible ! Je ne pourrais jamais le faire et… et lorsque Potter le saura –»
Il ne put continuer sa phrase, sa voix se brisant avant la fin.
« Il comprendra. » souffla Mini-Harry. « Parle-lui de ce que tu ressens, en étant le plus sincère possible et crois-moi il comprendra… peut-être même qu'il t'aidera à te pardonner. »
Le rire qui suivi lui écorcha presque la gorge, tandis qu'il secouait la tête, désabusé « Après les choses horribles que je lui ai dit au sujet de Sirius ? Je sais qu'il a demandé une trêve, mais il est évident qu'il n'arrive pas à faire la part des choses… et tu crois vraiment qu'il se montrera compréhensif à ce point ?! »
Le brun se pencha alors doucement, un sourire peiné s'esquissant sur ses lèvres et ses yeux grands verts brillant de compassion, jusqu'à ce que son front s'accole à celui de Draco, qui cligna d'abord des yeux de surprise, avant de les fermer sentant une chaleur douce et réconfortante émerger des endroits où Mini-Harry le touchait.
« Oui, je le crois. » répondit le brun, d'une voix douce mais remplie de conviction, « Aie foi en Harry, Draco…Laisse-le voir à travers tes barrières, montre-lui ce que tu ressens et qui tu es vraiment… »
« Je –»
Mini-Harry eut un sourire indulgent et déposa un rapide baiser sur le front du blond avant de s'extirper habilement hors de ses bras, il atterrit gracieusement et sans bruit sur le sol, et fit plusieurs pas en avant, le dos tourné vers Draco.
Soudainement quelque chose se matérialisa devant lui et Draco dut prendre quelques secondes avant de réaliser que c'était un pont de glace, mais qui semblait presque translucide et qui commençait au pied du mini Harry, traversant le mur et s'étendant bien au-delà.
Mini-Harry laissa ses doigts glisser sur la surface du pont et lorsqu'il se tourna légèrement, Draco parvint à voir une expression pleine d'affection et de tendresse comme si l'enfant était en train de toucher quelque chose de très précieux et fragile.
Mini-Harry jeta alors un regard en arrière ses yeux plongeant dans ceux de Draco, et ce dernier se sentit alors soudainement tirer en arrière, comme si quelque chose derrière lui l'avait attrapé.
« Qu –»
« J'espère que tu pourras revenir un jour… » souffla mini-Harry, avec un sourire triste, « Je suis heureux que tu te sois souvenu de moi. Au revoir, Draco. »
Et Draco fut tiré hors du cœur de son esprit, passant à travers le mur de glace qui quelques minutes auparavant avait été solide, par cette force invisible dont il suspectait mini-Harry d'être à l'origine.
~ HPDM~
Passé : 15 Juillet, Manoir Malfoy
Draco accorda à peine un regard au hibou qui tapota à la fenêtre de sa chambre, d'un coup de baguette distrait il ouvrit la fenêtre, laissant l'oiseau rentrer à l'intérieur et déposer la lettre sur son bureau.
Du coin de l'œil, il nota que l'enveloppe était plus grande que le reste des lettres qui traînaient négligemment sur son bureau en attendu d'être lues, mais s'y désintéressa rapidement, son regard parcourant avec concentration le plan un peu brouillon de Hogwarts qu'il avait dessiné. Pianotant sur le rebord de son bureau tandis qu'il réfléchissait, se disant – pas pour la première fois – que s'il avait eu la carte des Marauders les choses auraient été légèrement plus simple. La carte, au moins, aurait eu le mérite de lui donner une vision précise de ce dont il avait affaire.
Mais ce n'était pas comme si elle montrait une faille lui permettant de faire passer incognito une bonne vingtaine voire trentaine de Mangemorts dans l'un des lieux les plus sécurisés de Grande Bretagne…
Les tunnels et les passages secrets sur la carte étaient très certainement surveillés de près et ce n'était pas comme si Draco espérait trouver un nouveau passage qui aurait échappé aux illustres Marauders d'ici la fin de l'année.
Peut-être que s'il utilisait un portoloin –non il avait besoin de l'autorisation de Dumbledore pour passer les protections de Hogwarts.
Son doigt qui allait encore une fois entrer en contact avec le bureau se figea en plein mouvement.
… passer les protections ?
Pourrait-il utiliser la même méthode que lui avait enseignée Dumbledore ? Mais après une bonne minute de réflexion il abandonna cette idée, le pianotemment recommençant de plus bel.
Non, non seulement Dumbledore n'était certainement pas assez bête pour apprendre à Draco une méthode qu'il pourrait utiliser pour le trahir, très certainement qu'il avait déjà pris des précautions à ce sujet… Et puis quand bien même, Draco pouvait les passer il ne pourrait absolument pas faire traverser une trentaine de Mangemorts, deux, trois tout au plus.
Sans compter le fait que Draco était réticent à montrer sa capacité après tout…
… il pourrait le garder comme atout et impressionner le maître plus tard !
… père et Dumbledore lui avait ordonné de garder ça secret.
Draco fronça les sourcils, son regard se tournant vers son reflet dans le miroir et plus précisément la chose noire. Il soupira, au moins il parvenait à faire la différence entre ce que disait la chose noire et ce qu'il pensait vraiment, c'était déjà ça de gagner.
Il s'ébouriffa les cheveux, un air rempli de frustration sur le visage, tandis que ses yeux ternes se tournèrent de nouveau vers le parchemin. Parviendrait-il vraiment à trouver un moyen de faire rentrer des Mangemorts dans Hogwarts ? Surtout droit sous le nez de Dumbledore ?
Comment le directeur faisait-il d'abord pour savoir tout ce qui se passait à Hogwarts ? Ou était-ce vraiment tout ? Existait-il des endroits qui passaient à travers la surveillance de Dumbledore ?
« Je suppose que je vais d'abord devoir trouver la réponse à ces questions avant de pouvoir réfléchir à comment les faire passer… Quelle plaie. » marmonna Draco, en se balançant légèrement en arrière sur sa chaise. « Ou alors, commencer à faire des plans pendant que je suis au Manoir et voir si je pourrais les appliquer une fois que je serais à Hogwarts… Mais je manque tellement d'informations que ça en devient navrant.»
Son regard glissa alors vers le tas de courriers qui prônait négligemment sur son bureau.
« Ils commencent vraiment à s'empiler. » commenta le blond, tendant le bras pour attraper le premier de la pile – la grosse enveloppe qu'avait apportée le hibou à l'instant.
ORDINARY WIZARDING LEVELS
RESULTATS
Le candidat est admis s'il obtient l'une des notes suivantes :
Optimal (O)
Effort Exceptionnel (E)
Acceptable (A)
Le candidat est recalés 'il obtient l'une des notes suivante :
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)
DRACO LUCIUS MALFOY A OBTENU :
Astronomie : O
Soin aux créatures magiques : O
Sortilèges : O (avec compliments du jury)
Défenses contre les forces du mal : E
Arithmancie : E
Runes : E
Botanique : O
Histoire de la magie: A
Potions : O
Métamorphose : O
Son regard parcourut rapidement le parchemin et le reposa sur son bureau, s'y désintéressant rapidement et il allait prendre la lettre suivante quand soudainement il sentit une pression sur épaule comme si quelqu'un venait tout juste d'y prendre appui pour regarder par-dessus son épaule.
« Oi, Draco, ne regarde pas tes résultats d'OWL's comme si ce n'était rien, pense à tous ceux qui ont dû bosser dur pour ça ! » se plaignit Sirius, d'une voix enfantine, puis s'approchant légèrement pour lire les résultats, il poussa un sifflement, « Six O, trois E et un A, pas mal, gamin. Et t'as vu ça, Snape, il a eu une mention en sortilèges, c'est bien mon cousin ça ! »
« Ne prends pas la grosse tête, sac-à-puce. » répliqua Severus d'un ton agacé, « Je te signale qu'il a quand même eu un O en potions ! »
« Ouep, mais il a eu la mention dans ma matière…» chantonna Sirius, d'un ton moqueur, puis se redressant tout en ébouriffant gentiment les cheveux de Draco, il souffla d'un ton chaleureux, « Je suis fier de toi, Draco. »
« SIRIUS ! »
Draco se retourna brusquement, mais ne put s'empêcher de ressentir un douloureux pincement au cœur en réalisant qu'il était toujours dans sa chambre au Manoir et que ni Sirius, ni Severus n'étaient présents et qu'il venait tout simplement d'imaginer cette scène.
« Je me demande s'il aurait vraiment réagi de cette manière… Cela lui ressemblerait bien… »
Il chassa furieusement d'un revers de manche les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux et dut se faire violence pour ne plus y penser, tandis qu'il fourra aussi rapidement qu'il le pouvait ses résultats dans l'un de ses tiroirs.
Son regard se tourna alors lentement vers le reste de la pile de les lettres et commença à les lire un par un. Il y en avait quatorze en tout.
Sept de Blaise – 'Il est au courant que nous habitons qu'à quelques centaines de mètres l'un de l'autre n'est-ce pas ?' – où il lui racontait généralement ses journées, demandant des nouvelles de Draco et parlant de tout et de rien, des lettres inoffensives, en apparence. Mais Draco pouvait y lire à chaque lettre sans exception des allusions au fait que Draco pouvait toujours venir chez lui s'il en ressentait le besoin et que Blaise le soutiendrait.
Il ne pouvait empêcher une expression attristée d'apparaître sur son visage, tandis qu'il rangeait soigneusement chacune des lettres de son meilleur ami. Il savait quel genre de personne était Blaise et il lui en était reconnaissant pour toutes les choses qu'il avait fait pour lui, cependant une partie de lui se demandait parfois ce que serait devenu Blaise s'il n'avait jamais rencontré Draco… Peut-être serait-il moins en danger, plus heureux ?
Il ne voulait pas que son tout premier ami s'implique dans ses problèmes, ou devienne un Mangemort uniquement pour Draco parce que –
… Blaise n'allait faire que le gêner dans sa mission et restreindre ses mouvements, à vouloir trop de le couver.
… Blaise ne devrait pas avoir à subir la présence du Lord.
Quatre de Théo – 'ces lettres étaient assez courtes et allaient très souvent droites au but' –, où il lui recommandait d'être prudent et d'éviter les problèmes au maximum, et qu'il avait hâte de retourner à Hogwarts où il pourrait au moins garder un œil sur Draco.
« Vraiment il s'inquiète trop… » murmura Draco, avec l'ombre d'un sourire sur le visage, « Il me manque…. »
Puis réalisant ses propres paroles, Draco secoua violemment la tête comme pour déloger ses pensées… Non, non, il devait arrêter de se reposer ainsi sur Théo, ce dernier était presque dans la même situation que Draco, sauf qu'il n'avait jamais eu l'honneur – LE MALHEUR – d'attirer l'attention du Seigneur des Ténèbres… Que se passerait-il si jamais le père de Théo ou pire le Lord découvrait la capacité de Théo ?
Il devait à tout prix empêcher ça, où Théo risquerait…
… de devenir plus intéressant que lui aux yeux du maître et de prendre sa place !
… de se faire torturer et exploiter pour son don !
Deux de Pansy – 'Elle a décidé de m'écrire des romans, ou quoi ?!' – où basiquement elle ne faisait que parler pour ne rien dire, sauf si on s'appelait Draco et qu'on pratiquait le langage-Pansy couramment. Elle continuait d'avoir ses 'rencards' avec Diggory et tout se passait bien pour elle, mais, comme Blaise et Théo, elle s'inquiétait pour Draco et exigeait de ses nouvelles rapidement.
Draco soupira, se massant les tempes d'un air las tandis qu'il rangeait les lettres de sa fiancée. Des trois, Pansy était très certainement –
… La plus faible d'un point de vue magique, la plus vulnérable émotionnellement, totalement inutile pour la mission.
…celle qui serait la moins à même de se défendre si jamais quelque chose devait arriver.
Et une lettre de –
Draco se figea en reconnaissant l'écriture et laissa échapper un juron tandis qu'il brûla la lettre d'un mouvement de baguette. Fermant les yeux de consternation, il pria tous les dieux pour que le Seigneur des Ténèbres n'ait pas surveillé son courrier et qu'il ne découvrirait pas qu'une née Muggles avait essayé de contacter Draco, malgré le fait qu'ils étaient supposément ennemies.
« Qu'est-ce que tu es en train de faire, Hermione ? » songea Draco avec irritation, tandis qu'il griffonnait un rapide message pour les trois autres, qui – il espérait –allait suffire pour les rassurer.
« Je ne peux décemment par leur dire la vérité… huh ? » murmura Draco, d'une voix peiné. « Arrivé à Hogwarts il faudrait que je trouve une façon d'attirer leur attention ailleurs… Et puis y'a pas moyens que je demande leur aide pour la mission, ce serait trop risqué… »
Draco se cala contre le dossier de sa chaise, fermant les yeux tandis qu'il réfléchissait à l'année à venir. Il ne pouvait très certainement pas réussir à tout faire tout seul, mais il faisait confiance à très peu de personnes et c'était justement eux qu'il cherchait à ne pas impliquer dans ses histoires… Dobby ? Il savait que l'elfe de maison lui était loyal – mais Draco ne voulait pas lui faire trahir Potter et Dumbledore, alors peut-être que s'il lui demandait de faire quelques petites choses ci-et-là cela ne lui attirerait pas d'ennui…
L'Idiot ne lui serait d'aucune utilité une fois qu'il serait à Hogwarts…
Les deux balourds ne servaient pas à grand-chose à part peut-être monter la garde et encore Draco n'était pas certain qu'ils sachent le faire correctement…
D'autres élèves de Slytherin alors…
Flint ? Non déjà diplômé…
Bulstrode ? Non, il ne la connaissait pas assez pour essayer de la manipuler…
Montague ? Ah non, lui aussi venait d'être diplômé, et puis il n'était pas particulièrement malin non plus… Franchement se retrouver mystérieusement coincer dans les toilettes du quatrième étages était particulièrement pitoyable et ridicule…Huh ? Mais comment s'était-il retrouvé coincé déjà ? Quelque chose avec les jumeaux Weasley…Ah oui, il faisait parti de le Brigade et avait essayé de leur enlever des points, mais ne faisait pas le poids face aux jumeaux qui l'avaient enfermé dans une armoire… Il aurait disparu pendant trois/quatre jours et seraient réapparus dans les… toilettes ?
Draco ouvrit brusquement les yeux, se redressant d'un coup, manquant par la même de faire tomber sa chaise, mais il ne s'en préoccupa pas le moins du monde. Avec une sorte de frénésie qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps, il attrapa un parchemin vierge et griffonna un rapide message dessus, qu'il ordonna un elfe de maison d'envoyer directement à la voilière, puis sortit précipitamment de sa chambre, marchant aussi rapidement qu'il le pouvait jusqu'à la bibliothèque énormément bien fournie des Malfoy.
~HPDM~
Présent, Du côté de Dray et Harry ~
Harry écarquilla les yeux de surprise et d'horreur mêlées lorsque Dray eut fini ses explications…
« Mais c'est –»
Il ne connaissait aucun mot assez fort pour définir ce qu'il ressentait en ce moment même, mais le blond semblait avoir compris l'idée générale car il hocha la tête d'un air grave.
« Les choses n'ont fait qu'empirer pour Draco depuis la m-mort de Sirius, toutes ces mauvaises choses se sont empilées les unes sur les autres, mais ce qui s'est passé à ce moment-là est l'une des pires choses qui lui soient arrivées… Et il n'a toujours pas réussi à le surmonter, il ne veut même pas y penser parfois. » souffla la double personnalité, « Le Draco qui venait juste d'atterrir dans ses souvenirs avec toi était un Draco au bord du gouffre, rempli d'amertume de frustration et de dégoût envers lui-même et le monde entier.
Mais au fur et à mesure que les souvenirs progressaient il a été forcé à se rappeler de ce qu'il avait été, ses erreurs autant que ses succès ses craintes et ses instants heureux ses doutes et ses convictions … et petit à petit il s'est redécouvert, petit à petit il avait recommencé à guérir, à s'accepter et se remettre en question… petit à petit il avait recommencé à vivre…
Et tout ça, c'est en partie grâce à toi. Parce que tu as été présent pour lui et même si tu n'étais pas toujours d'accord avec chacune de ses opinions ou chacune de ses décisions, tu as tout de même continué à l'accepter comme il l'était…
Je pense que lui-même ne s'était pas rendu compte du changement en lui, c'est seulement lorsqu'il a été confronté à ses souvenirs récents, à ceux qui le rapprochaient le plus de son état d'esprit de départ qu'il l'a réalisé…
Cependant la mort de Sirius et les souvenirs qui vont suivre risque de le faire replonger et je suis désolé de le dire de manière aussi brutale Harry, mais je pense que si jamais tu venais à le rejeter maintenant il risquerait de plonger encore plus bas qu'il n'était et ne pourrait sans doute pas s'en remettre. »
« Je ne compte pas le rejeter ! Pourquoi est-ce que je ferais une chose pareille ?! » s'indigna Harry. « Ce qui est arrivé est horrible mais – je – c'est –»
Il serra les dents et s'ébouriffa violemment les cheveux, frustré de ne pas parvenir à exprimer correctement ce qu'il pensait.
« Je le sais, mais que crois-tu que cet imbécile pensera lorsqu'il te touchera et sentira tes émotions ? Tel l'idiot qu'il est, il passera totalement outre l'indignation, la possessivité, l'affection, la compassion ou ton envie de le protéger, mais repèrera immédiatement ton dégoût, ta fureur et ton mépris… Et bien sûr – pas pour la première fois – il fera complètement fausse route quant à la cible de ses émotions. »
Harry fronça les sourcils et voulut argumenter que sûrement Draco ne pouvait pas mal interpréter les choses à ce point, mais le souvenir de Draco pensant qu'Harry le méprisait parce qu'il cherchait la reconnaissance de son père lui revint soudainement en mémoire et Harry gigota nerveusement sur place, « Qu'est-ce que je suis censé faire alors ? »
Dray poussa un soupir et son expression exaspérée ressemblait tellement à celle de Draco, que pendant un court instant il crut que son amant était revenu.
« Draco aura besoin de ton soutien… » Il marqua une légère pause, puis ajouta, « Il aura besoin du soutien d'un Harry capable de le comprendre et de lui pointer du doigt ses erreurs, d'être honnête avec lui et d'être son égal… Pas d'un Harry qui n'ose pas lui dire ce qu'il pense vraiment parce qu'il a peur de le briser ou de le blesser, pas d'un Harry qui a tellement peur de faire quelque chose de travers qu'il en a oublié d'être lui-même … »
Harry fronça les sourcils, cherchant quelque chose à nier dans cette absurde accusation, mais un sentiment d'impuissance prit place en lui quand il réalisa qu'il n'avait rien à redire. Dray sembla parvenir à lire la défaite dans ses yeux parce qu'il poursuivit avec un petit sourire…
« Ce n'est pas grave si tu le blesses, Harry… Ce n'est pas grave si tu as des opinions différentes… Ce n'est pas grave si tu penses parfois que ce qu'il fait est particulièrement stupide… Ce n'est pas grave s'il se brise parce qu'à partir du moment où tu sauras rester toi-même, tu pourras – comme tu l'as déjà fait au tout début – le ramener et lui montrer le bon chemin à suivre. »
« Et si j'ai tort ? Ou s'il n'est tout simplement pas d'accord avec moi ? Je ne suis pas sûr que je pourrais supporter une autre dispute d'une telle ampleur.»
« Harry. » Et le brun tressaillit en entendant le ton à la fois sévère et exaspéré de la double personnalité, « Ne sois pas stupide. Bien sûr qu'il y aura des fois où tu auras tort et vous ne serez pas du tout en accord… Mais c'est pour ça qu'il faudra faire des compromis, discuter, et se disputer ! Bien sûr que vous allez vous disputez à l'avenir c'est ce que font les couples… Ils se disputent et se testent à longueur de journée et c'est normal ! Et c'est aussi que veut dire être égaux. Tu comprends ?»
Harry hocha la tête par automatisme, bien trop sonné parce qu'il venait d'entendre pour vraiment prêter attention à ce qu'il faisait. Et une partie de lui hurlait à l'injustice, quand était-il devenu cette espèce de petite chose pathétique qui avait peur de la confrontation ? Il était un Gryffindor pour l'amour de Merlin ! N'avait-il pas sauté tête la première sous les méandres de Hogwarts pour essayer de protéger la pierre philosophale alors qu'il n'avait que onze ans ?! N'avait-il pas glissé – littéralement – vers le danger sachant pertinemment que la menace d'un Basilik lorgnait sur lui alors qu'il avait douze ans ?! Ne s'était-il pas élancé vers un lac entouré de Détraqueurs pour tenter de sauver son parrain alors qu'il avait treize ans ?! N'avait-il pas survécu à une confrontation contre des dragons, des créatures aquatiques en tout genre et Voldemort alors qu'il avait quatorze ans ?! N'avait-il pas foncé jusqu'au Département des Mystères en sachant qu'il aurait dû combattre Voldemort alors qu'il avait quinze ans ?
Et maintenant il avait seize ans, il était en couple et il avait peur d'une confrontation avec Draco ?! Comment était-ce possible ? Et la réponse lui vint presqu'immédiatement : parce que les coups venant d'une personne qu'on aime sont toujours plus douloureuses.
Et depuis quand la douleur avait-elle été une raison pour l'empêcher de continuer ?
Et avec ces mots, Harry sentit une barrière qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir élevé se brisa, lui permettant une bien meilleur vision du monde et de ses propres actions.
« J'ai été tellement stupide. » réalisa-t-il, avec incrédulité.
Il sentit plus qu'il ne vit Dray lui sourire. « Pas plus qu'une certaine personne, mais oui. »
Puis il fit quelque chose de complètement inattendu – non en fait c'était quelque chose qu'Harry aurait dû s'attendre mais qu'il avait simplement ignoré – il se pencha en avant, son front collé contre celui du brun, semblant chercher quelque chose dans ses yeux puis pressa ses lèvres contre celle d'Harry.
Harry ne se souvenait pas si Dray l'avait déjà embrassé auparavant, mais même s'il l'avait fait, Harry supposait que c'était la première fois qu'il l'embrassait de cette manière. Gentiment, délicatement et avec tendresse comme s'il essayait de le cajoler à répondre au baiser… Harry sentit des bouffées de chaleur monter en lui, frissonnant lorsqu'il sentit le doigt du blond frôler gentiment sa nuque et remonter doucement jusqu'à ses cheveux.
Mais juste au moment où Harry pensait que le blond allait approfondir encore plus le baiser, Dray s'éloigna légèrement et lui sourit avec toute l'affection dont il était capable, « Merci. » souffla-t-il, contre ses lèvres. « Merci de m'avoir écouté et d'avoir été là. »
Puis son visage prit une expression déplaisante tandis qu'il fronçait les sourcils, « Le voyeurisme est un passe-temps de très mauvais goût. » fit-il remarquer, d'un ton irrité.
Harry cligna des yeux, pensant durant un court moment que Dray s'était adressé à lui, mais quand il entendit une réponse résonner dans sa tête il comprit que le message était destiné à Draco.
« Tu peux parler. » siffla Draco, « En outre je voulais savoir pourquoi tu étais aussi proche de lui et ce que tu as bien pu lui faire. »
« Je pense qu'en voyant les rougeurs sur les joues d'Harry, ses yeux légèrement dilatés et ses lèvres, tu pourras deviner par toi-même… »Un rictus machiavélique apparut sur son visage. « Sans compter le fait que quelques secondes auparavant ses vêtements étaient éparpillés un peu partout et que nous avions tout juste le temps de jeter un sort de nettoyage avant que tu ne reviennes. »
Harry ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en entendant Dray provoquer consciemment Draco, sans compter le fait que Draco réagissait au quart de tour à chaque fois.
« Bref… » décréta Dray, d'une voix moqueuse, « Il est temps pour moi de retourner à l'intérieur… sauf si bien sûr tu admets enfin que ma place est bel et bien auprès d'Harry –»
« Dégage. »
Dray haussa les épaules et jeta un regard en coin en direction d'Harry, « Je ne serais pas disponible pendant un moment. » l'informa-t-il.
Harry hocha la tête, comprenant que Dray avait besoin de moments seuls pour pouvoir faire la part des choses et accepter les nouveaux sentiments que Draco lui avait transférés.
Le blond lui sourit et ferma les yeux, laissant Draco remonter tranquillement à la surface tandis que lui plongeait rapidement à l'intérieur.
~HPDM~
Passé, 3 Août, Diagon Alley, Boutique de Madame Malkins
« Je ne suis plus un enfant, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, maman. Je suis parfaitement capable de faire mes achats seuls. »
« Votre mère a tout à fait raison, mon petit. » intervint Madame Malkins, d'une voix condescendante, « Personne ne doit plus se promener seul, qu'on soit un enfant ou pas n'a rien à avoir avec ça. »
« De quoi je me mêle ?! »
Draco retint au dernier moment la réplique acerbe qui le démangeait et décida plutôt de se plaindre du travail de la couturière. Lorsqu'il se dirigea vers le miroir pour observer le résultat, il s'aperçut de la présence du Golden Trio derrière lui et poussa un juron intérieur et se morigénant pour ne pas avoir activé le Snitch depuis plusieurs semaines.
« Si tu te demandes quelle est cette odeur, maman, je te signale qu'une Mudblood vient d'entrer ici. » commenta Draco, d'une voix dégagée.
« Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de tenir ce genre de propos ! » protesta la propriétaire de la boutique, « Et je ne veux pas non plus qu'on se batte dans ma boutique ! » se hâta-t-elle d'ajouter après vous vu Potter et Weasley pointer leurs baguettes sur Draco.
Hermione, Draco remarqua, se tenait légèrement en retrait et regardait le blond étrangement, avec un mélange d'inquiétude et d'incompréhension.
« Arrêtez, franchement, ça n'en vaut pas la peine… » murmura-t-elle, d'une voix presque lointaine.
Draco soutint son regard pendant un moment, se demandant ce qu'elle pouvait bien voir de lui pour avoir une telle réaction, avant de lui-même commencer à la détailler. Elle semblait plus pâle et plus maigre que la dernière fois qu'il l'avait vue et… était-ce un œil au beurre noir qu'elle avait là ?!
« Ouais comme si vous alliez oser vous servir de vos baguettes en dehors de l'école. » ricana Draco, mais avec une véritable lueur d'avertissement sur le regard, ordonnant implicitement à la Gryffindor de faire profil bas, « Qui est-ce qui t'a collé un œil au beurre noir, Granger, que je lui envoie des fleurs ? »
« Rangez ça. » siffla soudainement Narcissa, qui venait d'apparaître au détour d'une rangée de vêtements, d'un ton glacial à l'égard de Potter et Weasley, pendant un moment Draco crut voir sa main tressauter vers sa poche là où se trouvait sa baguette et se tendit « Si vous recommencez à attaquer mon fils, vous pouvez être sûrs que ce sera la dernière chose que vous aurez jamais faîte dans votre vie. »
« Vraiment ? » répliqua Potter, d'une voix de défi, « Vous avez l'intention d'aller chercher quelques-uns de vos amis Mangemorts pour en finir avec nous ? »
Draco déglutit difficilement en voyant Narcissa plisser dangereusement les yeux, tandis qu'un sourire déplaisant apparut sur son visage « Je constate qu'être le chouchou de Dumbledore vous a donné l'illusion que vous étiez invincibles, Harry Potter. Mais Dumbledore ne sera pas toujours là pour vous protéger. »
A ces mots, son regard se tournant pendant un très court instant en direction de Draco, avant de se reconcentrer sur le Survivant.
Potter jeta un regard moqueur autour de la boutique et Draco se demandait s'il parviendrait à passer inaperçu s'il utilisait l'un de ses portoloins pour s'enfuir maintenant.
« Tiens… Vous avez vu… il n'est pas là pour l'instant ! C'est le moment de tenter votre chance, non ? Peut-être qu'à Azkaban, ils vous trouveront une cellule double à partager avec votre mari vaincu ! »
« Je pense que vous irez rejoindre ce cher Sirius avant que je ne retrouve Lucius, Potter. » répondit Narcissa d'une voix cruelle.
Draco sentit un long frisson, accompagné par un horrible sentiment d'effroi, prendre cruellement possession de son corps à la mention de son cousin, surtout lorsqu'il savait de qui venait cette remarque.
Il vit Potter lever sa baguette un peu plus haut, droit en direction du visage de Narcissa et sa magie crépita si violemment autour de lui que Draco pouvait sentir les cheveux à la base de sa nuque s'hérisser.
« Harry, non ! » le sermonna Hermione, son regard passant successivement entre Narcissa, Draco et Potter, elle semblait avoir compris que quelque chose n'allait pas du tout dans ce tableau et qu'il ne fallait en aucun énerver outre mesure la femme qui se trouvait devant elle. Intelligente fille. « Il ne faut pas… Tu aurais trop d'ennuis. »
Ce ne fut que lorsqu'il vit les doigts de Narcissa lentement glisser jusqu'à sa poche et l'étrange lueur de folie qui s'alluma dans ses yeux qu'il décida qu'il était grand temps d'intervenir.
« Maman… Je crois que je ne veux pas de cette robe finalement… »
Le regard de Narcissa glissa jusqu'à lui, l'étudiant pendant un court moment puis approuva, « Tu as raison, Draco… Maintenant que je vois quel genre de racaille vient se fournir ici… On trouvera mieux chez Tissard et Brodette. »
Draco fit de son mieux pour ne pas laisser son soulagement filtrer dans ses traits tandis qu'il enlevait la robe qu'il avait été en train d'essayer, la jetait aux pieds de la propriétaire de la boutique et sortait de la boutique… Et s'il avait bousculé violemment Weasley au passage c'était parce qu'il se désolait de la totale inutilité du rouquin et son manque de réactivité dans la scène qui venait de se dérouler et pas du tout parce qu'il avait affreusement besoin de se défouler sur quelqu'un et qu'il ne pouvait décemment pas frapper une femme qui avait déjà un œil au beurre noire et qui se trouvait accessoirement être son amie, ni celui dont la magie crépitait encore si violemment autour de lui que Draco en était venu à se demander comment personne d'autre ne parvenait à la sentir. Cela en devenait monstrueusement flippant.
Il se retrouva avec Narcissa dans les rues animés – bien que moins que dans les souvenirs de Draco – de Diagon Alley et jeta rapidement un coup d'œil en arrière pour s'assurer que le Golden Trio n'avait pas eu la stupide idée de le suivre.
« Je ne vois pas pourquoi il était nécessaire de partir maintenant, j'aurais pu lui donner une bonne leçon. »
Draco se tendit, retenant de justesse la réplique acerbe lorsqu'il se rappela à qui il avait affaire exactement et se maudissant intérieurement pour avoir été si distrait qu'il l'avait oublié en premier lieu. Il blâma son léger moment d'inattention sur Potter. Comment par Merlin avait-il réussi à devenir encore plus puissant que la dernière fois que Draco l'avait vu ? Et il ne semblait même pas s'en rendre compte, exposant sa magie au monde sans aucune considération pour ceux qui essayer de rester dans la même pièce sans se la recevoir en plein dans la figure.
« J'aimerais pouvoir faire profil bas pendant l'année… et je pourrais difficilement le faire si nous attaquons l'Elu en plein milieu d'une boutique de Diagon Alley… Et puis… » il se rapprocha légèrement d'elle, soufflant à son oreille, « Je pense que le polynectar commence à se dissiper, Maman. »
Il vit les yeux de Narcissa s'écarquiller pendant un court instant, avant qu'elle ne reprenne une expression de froide impassibilité. « Si tu veux bien m'excuser pendant un moment. » dit-elle en se précipitant vers une allée vide, remontant la capuche sur sa tête pour dissimuler le fait que ses cheveux blonds commencèrent petits à petits à devenir bruns.
Sans aucun doute que cela lui prendrait moins de quelques secondes de poser innocemment la main dans sa poche, sortir la flasque contenant sa réserve de polynectar et en boire une gorgée en toute impunité… du moins cela aurait été le cas, si jamais sa réserve de polynectar ne s'était pas soudainement renversée lorsqu'elle avait bu sa dernière gorgée – une heure de cela – quand un passant avait mystérieusement trébuché et l'avait bousculée. Bien sûr, Draco n'avait absolument rien à voir dedans. C'était un risque qu'il avait d'ailleurs longuement hésité à prendre et qui comptait notamment sur le fait que 'Narcissa' serait bien trop furieuse et distraite par le fameux passant en question pour remarquer que Draco avait sa baguette dans sa manche…
Il savait que l'alternative ne pourrait être que mauvais pour lui, mais il ne pouvait se permettre de l'avoir sur son dos, pas lorsqu'il savait que sa prochaine destination sera sans doute essentielle à la réussite de sa mission. Bien sûr, elle aurait pu ne pas comprendre l'utilité d'un tel objet – Draco, malgré les dernières semaines de recherches intensives passées dans la bibliothèque à feuilleter des livres plus poussiéreux les uns que les autres, n'était pas encore tout à fait sûr du bien fondé de ce plan. Cependant il ne pouvait se prendre le risque qu'elle comprenne, n'est-ce pas ? C'était son plan, sa méthode, sa manière de procédé et il n'allait certainement pas lui laisser l'occasion d'intervenir et s'en vanter les mérites plus tard.
Quoiqu'il en soit, sa 'mère' ne reviendrait pas de ci-tôt le déranger/surveiller. C'est pourquoi lorsqu'il la vit disparaître au détour d'une rue, il revint rapidement sur ses pas, se dirigeant vers Knockturn Alley.
Il n'arrivait pas à croire qu'après tout le mal qu'il s'était donné pour chercher cette fichue armoire – utilisant tous ses contacts à disposition et sacrifiant plusieurs nuits de sommeil– elle finirait par se trouver chez Barjow & Beurk, de tous les fichus endroits possibles. Vraiment, maintenant qu'il y pensait, il avait même dû l'admirer une fois lorsqu'il était venu avec son père aux alentours de sa deuxième année.
Il arriva sans encombre à destination, poussant doucement la porte et retenant une grimace d'irritation au son de la cloche qui y était accrochée. Vraiment ce son était bien trop joyeux pour se marier avec l'intérieur de cette boutique lugubre.
Barjow leva les yeux au son du tintement de la cloche, mais s'il y avait un quelconque enthousiasme sur son visage à accueillir un client, cela mourut rapidement dès l'instant où ses yeux se posèrent sur Draco. La condescendance et la mépris dans son regard n'aurait été plus visible que s'il avait décidé de l'écrire en lettre lumineuse sur son front. Il sous-estimait et prenait Draco de haut, parce que Lucius était actuellement à Azkaban… Mais cela ne dérangeait pas le blond outre mesure, non, il s'y était attendu… Barjow comprendrait bien rapidement son erreur et de toute façon, il était temps que Draco se procure ses propres contacts au lieu de simplement se reposer sur la réputation en chute libre des Malfoys.
Dans sa vision périphérique, il vit dans la projection – il avait activé le Snitch dès qu'il en avait eu l'occasion car Merlin savait qu'il n'était pas assez stupide pour faire la même erreur deux fois de suite – et retint un juron en se rendant compte que le trio l'avait suivi jusqu'ici…
Merveilleux. Il semblerait qu'il soit condamné à avoir constamment quelqu'un sur son dos… Mais ce n'était pas comme s'il n'avait aucune marge de manœuvre, il avait été dans pires situations.
« Qu'ce vous voulez ? » demanda Barjow d'un ton bourru, accordant à peine à Draco une demi-seconde de regard.
« Ah Mr Barjow… » dit Draco, d'un ton conciliant, « Je viens simplement en tant que messager. »
Barjow fronça les sourcils, « Messager ? »
« Hm. » acquiesça le blond « Voyez-vous je suis actuellement en contact avec une généreuse personne qui malheureusement n'a pas pu se déplacer pour des raisons qui lui son propre… Et cette généreuse personne abrite actuellement une autre généreuse mais dangereuse personne, qui lui a confié une tache importante. Nous ne voudrions pas risquer d'énerver cette personne n'est-ce pas ? »
« Ecoute gamin, si tu as quelque chose à acheter fais-le, mais je n'ai aucune intention de jouer ce petit jeu avec –»
Draco sourit. Ce n'était pas un sourire plaisant. Et il se demanda vaguement – dans une lointaine partie de son esprit, celle qui n'était pas censé se réjouir autant de 'jouer' avec un pauvre être inférieur – ce que l'on pouvait déduire de lui lorsque l'on considérait que le seul sourire qu'il avait eu depuis bien longtemps était tellement cruel et froid qu'il donnait littéralement des frissons aux pauvres hommes.
« Vous avez raison Mr Barjow, ce n'est vraiment pas dans votre intérêt de jouer avec moi… Surtout lorsque votre défaite serait l'inévitable résultat… » Il marqua une pause pour l'effet, laissant bien le temps à Barjow d'absorber ses paroles, avant de faire de grands gestes de bras – donnant l'impression qu'il parlait avec animation de l'extérieur – pour englober l'intégralité de la boutique. « Dîtes-moi, Mr Barjow, depuis combien de temps cette boutique existe-t-elle ? Deux ou trois générations dans mes souvenirs… Un temps considérable si nous considérons les choses douteuses que nous pouvons trouver ici… Vraiment, cela en est presqu'impressionnant… et pourtant il suffirait de deux secondes et une parole pour que tout cela soit réduit en poussière, regrettable n'est-ce pas ? »
« Voyons si tu auras le temps d'appeler cette 'généreuse dangereuse personne' pendant que je te jetterai dehors. » répliqua Barjow, qui avait le mérite de ne paraître que très légèrement intimidé.
Draco cligna des yeux exagérément comme si l'idée ne lui était jamais venue à l'esprit.
« Oh… non, non… Je ne dérangerai pas cette personne pour ça… Je parlais simplement de cette généreuse personne dont je suis le messager… Saviez-vous, Mr Barjow, qu'il y a exactement trente-sept façons de réduire cette boutique en cendre ainsi que les objets que vous avez sans doute durement collectés durant toutes ses années ? »
« Ridicule. »
« Ah vraiment ? Pourtant si l'on considère le fait que – dû à un manque de fond désolant de votre arrière-grand-père – cette boutique avait dû être construite sur un sol magiquement instable… il est surprenant qu'elle n'ait pas déjà explosé depuis… Encore plus surprenant quand on considère la résonnance et l'incompatibilité magique que l'on peut trouver dans rien que cinq objets dans mon champ de vision… Saviez-vous qu'il ne fallait pas les utiliser en même, ou était-ce simplement de la pure chance de votre part ? Oh et vous n'avez toujours pas réussi à revendre l'intégralité de ce que Père a apporté la dernière fois, n'est-ce pas ? Parce qu'il a certainement oublié de mentionner qu'ils sont imprégnés par une magie réagissant au sang des Malfoy et que – »
« J'ai compris. » interrompit Barjow, d'une voix paniqué, « J'ai compris, j'avais tort, que puis-je faire pour vous ? »
Draco se laissa une seconde pour savourer sa petite victoire, la première étape pour 'rallier' Barjow à sa cause était l'intimidation pure – mais la menace devait venir de lui et pas quelque chose d'intangible pour Barjow que le Lord qui se trouvait chez lui. Bien sûr tout cela avait été un bluff finement ficelé qu'il avait passé toute la veille à trouver – même s'il n'était pas tout à fait arriver à trente-sept, il était pratiquement certain qu'il aurait pu en inventer quelqu'un sur le coup – s'il était vrai que Barjow & Beurk avait été construit sur un sol magiquement instable, cela ne pouvait en aucun causer une explosion… De même pour tout le reste d'ailleurs… Mais Barjow ne s'y connaissait pas assez en théorie magique pour savoir que Draco lui mentait – du moins il ne s'en rendrait compte que très certainement bien plus tard…
« Allons, ne prenez pas cette air effrayé je ne suis que le messager après tout. »
Il était évident, cependant, dans la façon dont le propriétaire de la boutique le regardait qu'il avait très bien compris depuis le début que Draco était la 'personne généreuse' logeant quelqu'un de bien plus dangereux. C'est pourquoi il hocha la tête, mais ne paraissait pas moins intimidé pour autant…
« Ah ça ne va pas le faire… Si c'est juste de la peur pure et dure, il me tournera le dos à la moindre occasion… »
« Si seulement on pouvait entendre ce qu'ils se racontent ! » se plaignit Hermione, dans la projection.
« Crois-moi, Hermione, tu ne veux pas savoir. » songea-t-il.
« On peut ! » s'exclama Weasley, d'un ton surexcité. « Attendez…J'ai des Oreilles à Rallonge sur moi. »
Draco se retint de lancer un regard assassin vers la projection, de toutes les fois, il avait fallu que Weasley choisisse celui-là pour se rendre utile ! Et ce n'était pas comme s'il pouvait jeter un sort d'impassibilité sur la porte maintenant, sans attirer l'attention du trio ou de Barjow.
« J'ai actuellement en ma possession une armoire similaire à celle-ci. Et j'ai étais grandement intéressé par son fonctionnement…Peut-être pourriez-vous m'en dire plus… » décréta Draco, parlant bien plus rapidement qu'auparavant, mais si Barjow le remarqua il n'en fit aucun commentaire.
« Ah… C'est une Armoire à Disparaître. » répondit Barjow, sur un ton professionnel, « Comme son nom l'indique… Vous pouvez cacher un objet à l'intérieur, prononcer la formule correspondante et l'objet aura disparu aux yeux de tous… Une autre formule et l'objet réapparait…Une vraie petite merveille. Cependant il est surprenant que vous en ayez une… C'est un objet tellement rare, je pensais que la mienne était unique.»
Draco plissa les yeux pendant un court instant, Barjow ne mentait pas… Ce qui veut dire que même Barjow ne connaissait pas le potentiel de ces doubles Armoires. « Parfait… » En fait il connaissait déjà le fonctionnement de l'Armoire et les explications de Barjow n'étaient pas plus exhaustives que ce qu'il y avait dans les livres… Non, ce qu'il avait voulu savoir était si Barjow avait la possibilité de connecter les faits et de 'voler' le projet de Draco… (Dans le cas où c'était possible, il aurait dû utiliser une méthode d'intimidation bien plus élevé.)
« Ah le problème, c'est qu'il est évident qu'elle est déficiente… Savez-vous comment la réparer ? »
« Ecoutez, ça marche ! » s'exclama Weasley, tandis que Draco retint un juron.
« Peut-être… » répondit Barjow, sur un ton qui laissait deviner une certaine réticence à s'engager, son regard droit sur les quelques mots qui venaient d'apparaître entre lui et Draco, et que l'on ne pouvait pas voir de l'extérieur. 'On nous écoute, ne dîtes rien de compromettant.' . « Il faudra que je voie ça. Pourquoi ne l'apportez-vous pas au magasin ? »
« Je ne peux pas. » répondit Draco, « Elle doit rester là où elle est. Je veux simplement que vous m'expliquiez comment faire. »
Barjow s'humecta les lèvres d'un air préoccupé. « Si je ne la vois pas, je dois dire que ce sera difficile. Peut-être même impossible. Je ne peux rien vous garantir. »
« Non ? » répliqua Draco, avec mépris, « Dans ce cas, peut-être que ceci vous rendra plus sûr de vous. »
Il s'avança vers Barjow et caché par l'armoire, il tendit au propriétaire une petite fiole, les mots 'Je connais votre secret.' apparurent alors entre eux, tandis que Barjow affichait une expression de pure terreur.
« Si vous le dîtes à qui que ce soit… » dit Draco, en désignant l'Armoire du doigt, « Il y aura des représailles… Vous connaissez Fenrir Greyback ? » 'Je sais ce qu'il vous a fait'… « C'est un ami de la famille, il viendra vous rendre visite de temps en temps pour vérifier que vous consacrez à ma question toute l'attention qu'elle mérite… »
'Ce que vous avez entre les mains est une potion Tue-Loup. Pour la prochaine pleine lune. En échange de votre silence et de votre entière collaboration… Je m'assurerai que vous en receviez tous les mois sans exceptions… Avons-nous un accord ? Ou souhaitez-vous autre chose ?'
« Il est inutile de –»
Bien sûr, Barjow aurait pu ne pas comprendre que les paroles de Draco étaient uniquement pour leur observateur et qu'il fallait seulement prêter attention à ses mots. Cependant il était évident dans la manière dont ses yeux brillaient de reconnaissance que ce n'était pas le cas.
« J'en jugerais par moi-même. » coupa Draco, avec une lueur d'avertissement dans le regard, permettant à Barjow de se reprendre, « Bon il faut que j'y aille maintenant. Et n'oubliez pas de mettre celle-ci de côté, j'en aurais besoin. »
« Vous voulez peut-être l'emporter maintenant ? »
« Certainement pas, petit homme stupide, de quoi aurais-je l'air si je portais ça dans la rue ? Ne le vendez pas, c'est tout. »
« Bien sûr que non… Monsieur. »
Barjow le salua en se penchant aussi bas que lorsqu'il le faisait pour Lucius. Sauf que, cette fois ce n'était pas parce que Draco l'intimidait ou quelque chose comme ça, mais parce qu'il lui en était reconnaissant. Et ça, c'était le genre de respect qui allait durer.
« Pas un mot à quiconque, Barjow, y compris à ma mère, d'accord ? » dit Draco, faisant référence à la fois de l'Armoire et de la potion.
'Je reviendrais sans doute plus tard, d'ici septembre.'
« Naturellement, naturellement. » murmura Barjow, s'inclinant à nouveau.
La clochette tinta à nouveau lorsqu'il ouvrit la porte, sauf que cette fois cela ne le dérangeait pas le moins du monde… Au contraire une expression de satisfaction s'inscrivit sur son visage tandis qu'il passait droit à côté du Golden Trio, frôlant la cape d'invisibilité.
Une fois qu'il fut revenu à la rue principale, il alla s'adosser contre l'un des murs à proximité de l'allée où sa 'mère' s'était précipitée et regarda avec exaspération Hermione rentrer dans Barjow et Beurk pour essayer de voir quel objet il avait demandé de mettre de côté… Barjow, brave homme, mit moins d'une seconde pour comprendre qu'elle était la personne à avoir écouté leur conversation et la mit promptement à la porte.
Il venait de se faire son premier allié de 'confiance'.
~HPDM~
Présent, du côté de Dray et Mini-Harry
Enfoui profondément dans l'esprit de Draco Malfoy, se trouvait un espace fermement clos et protéger par des couches et des couches de glaces, vue de l'extérieur le cœur de l'esprit du Prince des Slytherins ressemblait à un iceberg inébranlable et inatteignable… Mais si toutefois quelqu'un parvenait à franchir la glace, il arriverait dans un endroit entouré par ce qui ressemblait à de la glace du sol au plafond et malgré le fait que l'espace était clos, on pouvait quand même y voir de la lumière…
Et habitant, ou plus précisément ayant pris refuge, dans cet endroit, se cachait un petit garçon aux cheveux bruns ébouriffés dont les deux grands yeux verts reflétaient parfois une sagesse bien plus grande que son âge…
Ce petit garçon qui n'avait pas de nom et que Draco Malfoy avait gentiment désigné comme 'Mini-Harry' dans son esprit, pouvait être trouvé dans plusieurs positions selon son humeur et ses préférences… Lorsqu'il était d'humeur paresseuse, il se matérialisait un lit sur lequel il s'allongeait et regardait distraitement le plafond qui reflétait ce qui se déroulait à 'l'extérieur'. Parfois il préférait plutôt s'assoir sur une chaise, laissant sa tête reposée contre la paume de sa main, son coude callé sur une table en verre tandis qu'il regardait tranquillement l'extérieur. Et parfois il n'avait tout simplement pas envie de s'imaginer quoi que ce soit, alors la pièce était vide de toute fourniture…
Aujourd'hui, il était adossé contre un pont fait d'une glace presque translucide et pour une fois son regard n'était pas tourné vers l'extérieur mais plutôt vers l'endroit où s'était tenu quelques instants plus tôt Draco Malfoy.
L'endroit était d'un silence solennel qui ne semblait absolument pas déranger l'enfant, au contraire il semblait paisiblement l'accueillir. Cependant même lorsque le bruissement caractéristique d'un vêtement se frottant contre le mur perturba le silence, l'enfant ne sursauta pas, il semblait même ne pas accorder une quelconque attention à la source du bruit.
Finalement son regard glissa lentement jusqu'à la source du bruit, détaillant paresseusement la personne du regard, la personne ressemblait en tout point à Draco Malfoy, si l'on essayait à tout prix de pointer du doigt les différences cependant, on devrait alors faire remarquer que cette personne donnait l'impression d'être plus 'relâchée' que Draco Malfoy. Une autre différence se trouvait dans leurs yeux, bien que tous les deux d'un gris perçant, ceux de la personne semblaient une teinte plus claire. Cette personne qui s'était lui-même nommé 'Dray' était actuellement assise par terre, adossée contre le mur de glace en face du brun. Il avait les traits fatigués et une respiration irrégulière comme s'il essayait de réprimer sa douleur.
Mini-Harry murmura d'un ton neutre, « Bon retour. » puis ajouta, « Tu as une mine effroyable. »
La personne eut un rire jaune étouffé et rétorqua avec une voix pleine de sarcasme, « Est-ce que Draco est au courant que derrière ce visage d'ange se trouve une personnalité exécrable ? »
« Je ne suis pas sûr que tu sois le mieux placé pour parler de personnalité exécrable. »
Un sourire ironique se glissa sur ses lèvres tandis qu'il laissa reposer sa tête contre le mur de glace, « Tu as parlé à l'autre abruti ? »
« Tu as parlé à Harry ? » fut sa réponse.
Dray ferma les yeux, un petit sourire en coin sur les lèvres, « Il est temps que ces deux-là soient plus honnêtes avec eux-mêmes. »
Son sourire se crispa légèrement à la suite d'un tressaillement de douleur qu'il ne parvint pas complètement à masquer et qui bien sûr ne passa pas inaperçu aux yeux du brun.
« Tu sais pour quelqu'un qui prétend vouloir prendre la place de Draco, tu te révèles être d'une aide affreusement utile pour leur couple… » fit remarquer Mini-Harry d'un ton qui aurait pu paraître parfaitement ennuyé si le léger tremblement à peine discernable dans sa voix ne trahissait pas son amusement.
Dray ouvrit juste un seul œil mais ce fut suffisant pour repérer le regard noir qu'il lança en direction de l'enfant, « Draco ne serait pas le seul à se briser s'ils en venaient à rompre maintenant, ils ne peuvent plus rompre maintenant que le lien du Phénix est si avancé… Et je considère la santé d'Harry plus important que ma propre personne, alors si je dois le pousser droit dans les bras de cet abruti pour le rendre heureux et entier, je le ferais sans hésitation. »
L'enfant adossa ses coudes en arrière contre le rebord du pont et les utilisa comme appui pour s'élever et s'assoir sur le rebord, « Ta dévotion envers Harry est telle que cela en devient presqu'infecte...Tu arrives à t'endormir la nuit sachant que tant de mièvreries s'échappent de ta bouche ? »
Dray haussa les épaules, dans un geste qui montrait clairement qu'il se fichait pas mal de ce que pouvait bien penser la version miniature d'Harry, mais il s'immobilisa complètement lorsqu'il sentit un élancement de douleur causé par son mouvement et tenta de se détendre le plus possible.
« Tu sais… » souffla Mini-Harry, d'un ton absent, « J'ai menti à Draco aujourd'hui. »
La double personnalité haussa un sourcil, « Si même dans le cœur de son esprit tu ne peux plus être sincère ou le pourras-tu ? »
Mini-Harry fronça les sourcils, une expression irritée sur le visage, « Je sais, mais ce n'est pas comme si j'avais eu le choix, il m'avait demandé si je pouvais bloquer la compulsion de Voldemort. »
Dray rouvrit brusquement les yeux en entendant cette information, « Et tu le peux ? »
« Quoi cette information ne fait pas parti de ta 'bibliothèque' ? » rétorqua l'enfant, mais son ton moqueur manquait clairement de panache, « D'après ce que je sais, la compulsion se force un passage dans l'esprit et se fond dans les pensées de la personne pour la manipuler… Donc schématiquement cela créerait un trou par lequel la compulsion pourrait rentrer et pour la bloquer il suffirait de 'boucher' le trou… C'est ce que j'ai fait pour Harry. »
Dray plissa les yeux son cerveau analysant les informations que lui avaient donné l'enfant et lorsqu'il fit l'analogie il comprit, « Dans le cas d'Harry il n'y avait qu'un seul endroit de passage : son lien avec Voldemort, mais pour le cas de Draco – et toutes autres personnes – ce n'est pas le cas, la compulsion attaque à trop d'endroit différent pour pouvoir tous les bloquer, c'est ça ? »
« C'est l'explication que j'ai donné à Draco. » répondit Mini-Harry, « En réalité il y a une alternative, il 'suffirait' simplement d'enrober l'intégralité de l'esprit de Draco. »
« Mais Draco a déjà une barrière mentale et la compulsion a tout de même réussi à passer au travers… donc même si tu rajoutes une couche ça ne changera rien, sauf si…» Il s'arrêta pendant un moment son regard se tournant lentement vers le mur de glace à sa gauche et la réalisation s'illumina sur son visage. « Je comprends mieux le problème… Tu as bien fait de lui mentir… »
Dray vit l'enfant froncer les sourcils et se renfrogner, « Qu'est-ce qui t'arrive encore ? »
« D'une certaine façon savoir que tu approuves mon choix me fait regretter de l'avoir pris. »
« Tu as vraiment une personnalité exécrable... » répliqua le blond, « Et puis de toute façon tu n'avais pas vraiment le choix, même si tu avais expliqué à l'autre abruti de première la situation il n'aurait pas compris la gravité de la situation…Il n'est pas encore prêt pour tout ça.»
Un sourire ironique s'esquissa sur les lèvres de Mini-Harry, « Tu parles comme si tu étais le grand frère protecteur de Draco.»
Dray fit une grimace de dégoût qui transmettait parfaitement ce qu'il en pensait à ce sujet.
Le sourire du brun s'élargit tandis qu'il s'élança de l'endroit où il se trouvait et atterrit souplement devant la double personnalité.
« Retire ta chemise. » dit-il.
Dray haussa un sourcil, « Même si tu as la même tête qu'Harry, je suis désolé mais je ne fais pas dans la pédophilie. Et puis ta personnalité n'a strictement rien à voir avec – Uggh ! »
Le blond ne parvint à retenir un grognement de douleur tandis qu'il agrippa sa chemise, se recroquevillant sur lui-même.
Au-dessus de lui et malgré sa taille d'enfant, Mini-Harry le regardait de haut, « Dis-moi, Dray, est-ce une normale occurrence de te voir t'écrouler pour simple pichenette ? Devrais-je m'inquiéter du fait que la 'personne' contrôlant la magie instinctive de Draco soit aussi faible ? Peut-être devrais-je te soulager de ton fardeau en te dérobant tes 'capacités' qu'en penses-tu ?»
Son visage tordu par une grimace de douleur, Dray leva faiblement la tête et fusilla l'enfant du regard avec toute la malveillance qu'il pouvait rassembler en ce moment – c'est-à-dire pas beaucoup.
« Ne prends pas la grosse tête parce que je t'ai délégué le contrôle des barrières mentales. » siffla-t-il.
L'enfant eut un sourire mauvais tandis qu'il s'accroupissait se mettant à la même hauteur que la double personnalité, « Et que penses-tu pouvoir faire pour m'en empêcher dans ton état, hm ? Tu aurais dû anticiper qu'une telle chose arriverait dès que les souvenirs s'approchaient de la mort de Sirius et te préparer en conséquence… Mais non à la place tu as préféré rester à la surface, répondant aux questions des deux autres et essayer d'arranger les dégâts entre eux – ce qui au final s'est révélé complètement inutile – et tu as été forcé à suivre le mouvement quand Draco a décidé de plonger me voir. Et voilà le résultat. »
D'un mouvement brusque il arracha la chemise du blond, ne cillant même pas lorsque cela permit de dévoiler une longue blessure qui courrait le long du torse de la double personnalité.
« Je pensais que ta petite discussion avec Harry permettrait au moins de guérir un peu tes blessures mais apparemment pas. Oh je vois… Au lieu de réellement essayer de guérir tu as juste décidé de les ignorer et ou de te concentrer sur quelque chose de 'plus important' ? Laisse-moi deviner… rassurer Harry peut-être ? Et lui, sachant pertinemment que tu souffrais l'a immédiatement oublié dès lors que vous avez commencé à discuter de ses propres problèmes.
Il te considère comme secondaire et comme déjà acquis, c'est pitoyable vraiment. »
« C'était ce qu'on avait décidé ! »
« Non. » répliqua calmement le brun, « C'est ce que tu as décidé à la dernière minute en découvrant que Draco voulait me voir… Moi, je n'ai fait que suivre le mouvement, cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec ta décision. »
Mini-Harry se pencha encore un peu plus, collant son front contre celui de Dray. Pendant un moment une image de lui-même faisant la même chose avec Draco lui revint en mémoire… Cette fois-là il avait voulu lui montrer son soutien, le rassurer et lui donner la force de continuer… Mais maintenant c'était différent, maintenant c'était un signe de défi et d'animosité…
Dray retint son souffle lorsqu'il sentit le front de l'enfant toucher le sien, le souvenir de lui-même agissant de manière similaire avec Harry bien trop frais dans son esprit pour ne pas remarquer l'ironie de la situation. Son geste avait été dans le but d'attirer totalement l'attention d'Harry sur lui et lui faire anticiper le baiser qui avait suivi – mais également lui donner assez de temps pour le rejeter s'il l'avait vraiment souhaité… Cette fois cependant, cela n'avait strictement rien à voir. Le geste du gamin suintait la condescendance et l'envie de montrer sa supériorité et de l'humilier… Et Dray n'avait qu'une envie : profiter de la proximité pour lui donner un douloureux coup de tête. Cependant ce genre d'action était indigne de lui – après tout s'il devait rappeler sa place au gamin ce serait via sa magie et/ou ses paroles et pas autrement – et il n'en avait pas la force de toute façon.
Mini-Harry susurra « Pourquoi continues-tu à persévérer et à t'accrocher alors que tu sais pertinemment que tu ne l'auras jamais ? »
« Parce que je l'aime. » souffla le blond, « Je suis né rien que pour l'aimer… Alors si je devais ne plus l'aimer, si je l'abandonnais que me resterait-il à faire de ma vie ? Quelle serait ma raison de vivre ? »
L'enfant se renfrogna et sans ménagement il laissa sa main glisser sur la blessure béante du blond. Ce dernier poussa un sifflement de douleur et perdit connaissance, sa tête tombant mollement sur l'épaule du brun.
Mini-Harry soupira, l'instant d'après un lit se matérialisa sous eux et il laissa retomber gentiment la tête de la double personnalité sur le coussin. « Quel idiot. » souffla-t-il avec une expression indéchiffrable sur le visage.
Du côté de Draco et Harry.
Draco ouvrit la bouche dans la firme intention de demander des explications mais Harry le devança.
« Avant que tu ne le demandes, oui Dray m'a embrassé, non il ne s'est rien passé d'autre et oui mes vêtements étaient bien sur moi il y a quelques secondes contrairement à ce que voulait suggérer Dray. »
Le Slytherin cligna des yeux, surpris par l'irritation qu'il pouvait entendre dans la voix du brun, « Tu as l'air sur les nerfs… » fit-il remarquer avec prudence, son regard se tourna brièvement vers les souvenirs et il ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou non de voir que le moment n'était pas encore arrivé.
« Je le suis. » répondit Harry avec brusquerie et une sincérité qui surprit le blond.
« Est-ce que le parasite a fait quelque chose ? »
« Non… enfin si, mais je lui en suis reconnaissant… »
« Ah… »
Draco ne savait pas quoi répondre d'autre, il y avait quelque chose de différent chez Harry, c'était évident dans la façon dont il parlait, dans la lueur dans ses yeux et même sa façon de se tenir était différente, mais Draco ne saurait pointer du doigt l'origine ou l'ampleur de ce changement… Et c'était plus que perturbant…
« Il m'a montré à quel point j'ai été idiot ces derniers temps… » poursuivit Harry, presqu'avec auto-dérision, «… et j'en suis venu à la conclusion que les choses ne pouvaient pas continuer de cette manière…J'en ai ras-le-bol de devoir toujours mâcher mes mots pour être sûr de ne pas dire quelque chose que je ne devrais pas, de toujours me faire marcher sur les pieds et suivre les mouvements de tes sauts d'humeurs… Il est tant que les choses changent parce que j'en ai assez de tout ça !»
Draco avait l'impression d'avoir reçu un énorme coup en plein ventre, sa respiration se bloquant dans sa gorge. « Est-ce que…. » il s'humecta les lèvres, forçant les mots à sortir, « … tu es en train de rompre avec moi, Potter ? »
Harry inclina la tête sur le côté, l'étudiant du regard avec un calme qu'était loin de ressentir Draco, « Le devrais-je ? »
« Tu ne peux pas ! » protesta le blond, refusant de prêter attention à la touche de désespoir qui filtrait dans sa voix.
« Pourquoi ? »
« On ne peut pas rompre parce que le lien du phénix est déjà tellement avancé que cela nous tuerait. » expliqua-t-il, essayant de lui faire voir raison.
« Oui tout comme l'Avada Kedavra était censé me tuer. » répliqua Harry avec ironie.
« Ne fait pas l'idiot, Potter, tu ne te rends même pas des conséquences que –»
« Oh j'en ai bien conscience et je compte tout faire pour passer au travers de cette obstacle.»
« Mais… tu… tu ne peux pas… » répéta-t-il faiblement.
Draco sentit son corps se mettre à trembler sous le coup de la panique. Harry voulait rompre avec lui. Harry voulait rompre avec lui ! Il ne savait plus quoi faire, comment était-il censé convaincre le Gryffindor de ne pas le quitter ?
« Merlin… Harry je suis désolé, je m'excuse d'accord ! Je sais que mes mots t'ont blessé et que c'était complètement irrationnel et hypocrite de ma part de te blâmer pour la mort de Sirius…. Et je n'aurais pas dû essayer de t'éviter en allant me réfugier dans mon esprit comme ça… Mais je ne savais pas quoi faire d'autre… Je sentais que je n'allais qu'empirer la situation si je restais là… Et même si je sais qu'on avait décidé de faire une trêve je pouvais sentir toutes tes émotions et je voulais du temps à moi pour pouvoir la part des choses… Je –»
« Draco… »
Il leva les yeux et ne put s'empêcher de sentir un sentiment d'injustice lorsqu'il croisa le regard du Survivant, comment Harry parvenait-il à rester si calme alors que lui était proche de l'hyperventilation ?! Et puis le brun n'était pas censé être en colère alors pourquoi par l'amour de Merlin était-il si calme ?!
« A quel moment ai-je dit vouloir te quitter ? »
« Quoi ? » son ton était incrédule, « Mais à l'instant tu viens de –»
Harry secoua la tête, « Non, j'ai juste dire que j'en avais assez et tu as tiré tes propres conclusions… J'étais curieux de voir comment tu allais réagir et n'ai pas nié. »
Draco avait l'impression que le sol venait de s'ouvrir sous lui et qu'il allait tomber dans un gouffre sans fond. « A quoi tu joues, Potter, est-ce amusant de me tourmenter de cette façon ? »
Il aurait dû être en colère et pouvait même sentir quelque part enfoui en lui l'indignation de voir Harry joué avec ses sentiments, mais il était tout simplement trop fatigué, trop las pour ramener ces émotions à la surface.
« Ce serait mal me connaître. » répondit Harry, puis ajouta, « Quoique je commence à croire que tu ne me connais pas du tout. »
« C'est absurde, bien sûr que je te connais. »
« Vraiment ? » Et cette fois Draco parvint à repérer la touche de colère dans sa voix, « Et qu'est-ce que je suis censé croire quand malgré le fait que tu puisses ressentir mes émotions tu tires une mauvaise conclusion deux fois sur trois ? Qu'est-ce que je suis censé croire quand la première chose à laquelle tu penses, lorsque je dis que j'en ai assez, est que je veux rompre avec toi ? Qu'est-ce que je suis censé croire quand la première raison que tu me donnes pour ne pas rompre avec toi est que je n'ai pas le choix et qu'on pourrait en mourir ?! Qu'est-ce que je suis censé croire quand la deuxième chose que tu fais est de sortir des excuses qui ne sont même pas sincère parce que je sais que tu n'es pas désolé pour ce que tu as fait ?!»
Harry s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. « Et tu sais ce que je crois en pensant à tout ça, Draco ? »
Le blond secoua doucement la tête, sa bouche incapable de laisser un seul son sortir.
« Je crois que tu connaissais très bien mon moi du passé… Le stupide Gryffindor avec un complexe du héros qui fonçait droit dans le danger et incapable de voir plus loin que le bout de son nez. » répondit-il, « Mais je suis différent de cette personne, j'ai changé… Voir tes souvenirs, être forcé de reconnaître que le monde est bien plus vaste et complexe que je ne le pensais, m'a fait grandir et évolué. Et je pense que si tu as vu ce changement en moi tu as préféré l'ignorer, te disant simplement que j'étais toujours ce stupide Gryffindor sans ouverture d'esprit.
La preuve, Draco, si mon moi d'un an auparavant venait à soudainement échanger sa place avec la mienne et entendant tes paroles, il en serait venu à la conclusion que tu n'accordes par vraiment d'importance à notre relation et que la seule raison pour laquelle tu sors avec moi est que tu n'as pas le choix.»
« Quoi ?! » siffla Draco, « C'est faux ! »
« Mais Draco, tu ne m'as même pas demandé la raison pour laquelle je voulais supposément rompre. » fit remarquer Harry, « Comme si cela ne t'atteignait pas vraiment et que tu te plaignais pour la forme et ton argumentation était faible au mieux. »
Draco avait l'impression que ses jambes allaient céder sous son poids dans quelques secondes… Ses actions sous-entendaient-elles vraiment une telle chose ? Donnait-il vraiment l'impression que ce n'était que par pur obligation qu'il entretenait une relation avec Harry ? Merlin, on ne pouvait pas être plus loin de la réalité ! Il était vrai qu'il ne montrait pas souvent ses émotions mais Harry devait le savoir n'est-ce pas ?
Et comment pourrait-il le savoir si tu ne le dis pas, crétin ?! Il n'avait que tes actions pour juger de ta sincérité alors bien sûr qu'il allait comprendre les choses de travers.
Draco sursauta, pensant durant un court moment que le parasite venait de lui parler, mais il se rendit assez vite compte que cela avait été le résultat de ses propres pensés.
Il entendit Harry soupirer avec irritation et exaspération mêlées et son attention se reporta brusquement vers le brun.
« J'ai dit si mon moi d'un an auparavant, Draco. » dit-il, « Je ne pense pas que tu considères notre relation comme une obligation, parce que je connais la raison derrière toutes tes actions… Et c'est ce que tu n'arrives pas à accepter, n'est-ce pas ? Parce que si tu devais accepter le fait que j'ai changé tu devrais également accepter le fait que je te comprends et te vois pour ce que tu es et ai véritablement envie d'être avec toi. »
« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, Potter. »
Harry lui fit un sourire indulgent, « Ce que tu refuses de voir Draco, c'est que je comprends et connais la raison derrière tes actions… Ce serait particulièrement obtus de ma part si je ne pouvais pas le faire après avoir passé seize ans dans tes souvenirs et en ayant la capacité de lire tes pensées, tu ne penses pas ? »
« Potter –»
« La raison pour laquelle tu as immédiatement pensé à la rupture est parce que tu as commencé cette relation en te disant que j'allais finir par rompre avec toi et que tu t'y attendais… Le fait que tu parles immédiatement du lien du Phénix comme raison pour ne pas rompre, c'est parce que tu penses que la seule raison pour laquelle je sors avec toi est le lien du phénix, n'est-ce pas ? »
Draco pouvait sentir son cœur battre plus fort que jamais… Sérieusement qu'était-il arrivé à Harry pendant son absence, qu'avait bien pu lui raconter ou lui faire le parasite pour qu'il soit aussi différent ? Depuis quand pour l'amour de Merlin, Harry était-il aussi perspicace ?
« P-potter c'est complètement –»
« Sois honnête, Draco. » ordonna gentiment le brun, « Ai-je tort ? »
Comment pouvait-il être honnête ?! Comment pouvait-il avouer une telle chose ?! Quel genre d'idiot commençait une relation en ayant déjà en tête la rupture ? Et surtout… quel genre d'ordure osait avouer tout ça à voix haute ?
Draco ouvrit la bouche, ses lèvres tremblants tandis qu'il réfléchissait à un moyen de nier ou juste détourner l'attention d'Harry…. Parce que Merlin s'il continuait à le regarder de cette façon de manière aussi compréhensive il allait –
« Qui tombe foutument amoureux à douze ans, Potter ? »
Huh ? N'avait-il pas décidé de se taire ?!
« C'est complètement absurde… A cet âge-là on ne fait même pas la différence entre l'amitié, l'amour et le désir ! »
Etait-il complètement stupide ? Pourquoi continuait-il à blablater ses pensées comme ça ?
« Mais c'est parfois possible… Et peut-être que c'était mon cas, mais toi ? Jusqu'aux dernières nouvelles tu étais amoureux de Weasel et te fichais pas mal de moi… D'un coup ce fichu parasite et le lien du phénix se pointent et pof tu es amoureux de moi ?! Tu ne crois pas que c'est un peu trop facile ?»
« Draco… Le lien du phénix ne peut se former que s'il y a déjà un sentiment fort réciproque c'est toi-même qui me l'a dit. » tenta de le raisonner gentiment Harry.
« Donc puisque ce lien s'est apparemment formé lors de notre deuxième année et est resté dormant jusqu'à maintenant… Est-ce que ça veut dire que tu étais déjà amoureux de moi à l'époque Potter ? »
Harry écarquilla les yeux ne s'attendant manifestement pas à cette question, «… peut-être… »
« Ne te fous pas de moi. » cingla Draco, « A ce moment-là je n'avais aucune importance dans tes autres, tu ne me voyais que lorsque je te donnais des ennuis ou te provoquais… »
« M-Mais je devais forcément l'être sinon le lien ne se serait pas formé ! »
« Ou peut-être que le lien du phénix n'a pas vraiment besoin d'un sentiment réciproque pour se former… peut-être qu'une seule personne ayant ce sentiment et que le lien ne fait qu'implanter ce sentiment chez l'autre pour qu'il devienne au final réciproque. »
« Et ? »
Draco fronça les sourcils, comment Harry parvenait-il à reprendre son calme aussi facilement ? Alors que quelques secondes auparavant il avait été pris au dépourvu parce qu'avait dit Draco…
« Tu ne vois pas ? La seule raison pour laquelle tu m'aimes est le lien du phénix, si ce fichu lien n'était pas là –»
Il s'arrêta net en entendant Harry pouffer.
« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle Potter ? »
« Draco… Si le lien ne s'était pas formé, on ne serait pas là en ce moment même… parce que si tu n'avais pas été là pour partager la douleur avec moi ou pour veiller sur moi, je serais sans doute déjà mort à l'heure qu'il est… Si le lien n'avait pas été là, jamais Hermione et toi ne seriez devenu aussi proche… Si tu n'avais pas partagé ta douleur avec moi lors des retenues avec Ombrage peut-être que tu n'aurais pas attiré autant la curiosité de Nott et tu aurais perdu un énorme support dans ta vie… Si le lien n'avait pas été là, Zabini et toi seriez en couple à l'heure qu'il est…
… et même dans l'hypothèse où le lien ne serait pas là et que miraculeusement j'aurais réussi à m'en sortir sans toi constamment derrière mon dos pour me sauver… peut-être qu'on ne se serait même jamais retrouvé dans tes souvenirs et que je n'aurais jamais remarqué à quel point j'étais aveugle te concernant toi et les autres Slytherins… ou si mais trop tard pour faire quoi que ce soit… peut-être que je ne serais jamais tombé amoureux de toi… que j'aurais continué à penser que Ginny était la personne idéale pour moi et qu'on se serait marié et aurait trois beaux adorables enfants… et peut-être que j'aurais été effectivement heureux avec elle… Mais tout ça ce ne sont que des suppositions, l'ombre d'une autre vie…
Ce genre de choses on peut les imaginer et les tordre dans tous les sens, mais ils n'arriveront pas, parce que le lien est là qu'on le veuille ou non. Alors à quoi bon ? »
« Et ça ne te dérange pas de savoir que tes sentiments ont été implantés par le lien du phénix ?! » explosa Draco, « Je sais que tu détestes le fait de ne jamais avoir la possibilité de choisir ce que tu veux faire… Alors que tu n'avais qu'un an, cette prophétie t'est tombée dessus, te désignant comme ennemi numéro un du Seigneur des Ténèbres… et toutes actions depuis ont été manipulées par Dumbledore dans l'espoir de gagner cette guerre… Alors au moins tu devrais pouvoir avoir le choix de la personne avec qui tu comptes être ! Mais même là… »
Harry poussa un long soupir exaspéré, le même genre de soupir que l'on utilisait lorsqu'on avait affaire avec un enfant particulièrement stupide, ce qui donna envie à Draco de le frapper.
« Peut-être que j'aurais été plus indigné si le lien du phénix était la seule raison pour laquelle je suis tombé amoureux de toi, ou si j'avais appris pour le lien avant de me rendre compte que je t'aimais… Mais ce n'est pas le cas et pour être franc je m'en contrefiche un peu. »
Il fit un grand pas en avant, envahissant sans aucune gêne la zone de confort de Draco, et plongea ses yeux dans les siens, ses lèvres si proches des siennes qu'il pouvait sentir son souffle sur ses lèvres « Dis-moi, Draco… » chuchota-t-il, «… est-ce vraiment si dur à croire pour toi que je t'aime pour ce que tu es ? »
« Tu n'as aucune idée de qui je suis vraiment, Potter. » répondit Draco, en fronçant les sourcils, « J'ai fait des choses qui te dégouteront tellement que –»
Il se tut soudainement lorsqu'il sentit les bras du Gryffindor venir se glisser autour de sa taille les rapprochant encore plus l'un de l'autre.
« Je suis au courant pour ce qui s'est passé avec ta mère. » souffla-t-il contre son oreille.
~HPDM~
Passé, dernière semaine d'Août, Manoir Malfoy.
Draco descendit lentement les marches qui le mènerait à sa cave la même cave où se trouvait 'son' cercueil et où son père l'avait puni et 'enseigné' de nombreuses fois. Le karma était vraiment un connard de première parfois.
Il ouvrit aussi silencieusement et doucement la porte que possible et s'approcha lentement du lit qui avait été placé au fond de la pièce.
« Mère ? » souffla-t-il, avec douceur, ignorant la douleur qu'il ressentait en voyant sa mère se tendre imperceptiblement à son approche. « Le maître a dit que vous pouviez sortir maintenant. »
Elle hocha la tête, son regard évitant clairement le sien. Il la vit tressaillir de douleur alors qu'elle essayait de se redresser et descendre du lit. Le drap servant à cacher sa nudité glissant à moitié, révélant son corps parsemés de blessures les unes plus profondes que les autres.
« J-Je vous ai apporté des vêtements propres… et des potions pour… » sa voix se brisa, le rendant incapable de terminer sa phrase.
« Dr… » commença Narcissa, mais sa gorge devait être si sèche qu'elle ne parvint même pas à parler correctement.
« De l'eau. » réalisa Draco, regardant autour de lui et trouvant un pichet non loin. Il versa un verre à ras bord et le lui tendit. Même boire, lui semblait douloureux.
Draco serra les poings, essayant désespérément d'écarter les souvenirs des trois dernières semaines qui menaçaient de remonter douloureusement à la surface de son esprit.
« F..faute… » souffla sa mère, ramenant Draco à la réalité.
« Huh ? »
« C… pas… faute… »
Il serrait à présent si fort les poings, qu'il pouvait sentir ses ongles rentrer douloureusement dans sa peau. Comment pouvait-elle dire une chose pareille ?! Alors qu'il était évident qu'à cause de lui –
« N'essayez pas de parler, mère. » conseilla le blond, avec un sourire crispé, « Cela risque d'aggraver votre gorge. »
Sa mère fronça les sourcils, se touchant la gorge d'un air frustré.
« Je devrais avoir quelque chose pour votre gorge, aussi. » le rassura son fils, d'une voix faible, « Mais d'abord nous devrons nous occuper de vos…bl-»
Il secoua la tête, déposant les vêtements qu'il avait amenés sur le lit à côté de sa mère, puis fouilla dans sa bourse sans fond, sortant plusieurs fioles de potions. Il lui en tendit une qu'elle but sans se poser de question.
Inspirant profondément, essayant de rassembler le peu de courage qu'il n'avait jamais eu, il commença à nettoyer les plaies béantes aussi doucement que possible, ressentant un déchirement à chaque fois que sa mère se tendait ou grimaçait sous le coup de la douleur.
Il appliqua ensuite consciencieusement un baume sur les blessures, son regard tomba alors sur des marques écarlates de fouets qui parsemées le dos de Narcissa et fut immédiatement assaillis par des images qu'il aurait préféré effacer à jamais de sa mémoire.
Il était dans cette même cave, deux semaines plus tôt, un fouet à la main… En face de lui, retenue par des chaînes parvenait à peine à se tenir sur des jambes tremblantes, Narcissa. Derrière lui, regardant la scène avec un plaisir malsain, se trouvaient Bellatrix et le Seigneur des Ténèbres…
Son bras se leva contre son gré, et se rabattit violemment, le fouet entrant en contact avec le dos de sa mère dans un bruit sourd, lacérant et peignant d'un rouge nauséeux la peau auparavant si pâle et douce de Narcissa.
Son regard était vide d'expression, totalement indifférent aux cris et gémissements de douleurs de l'autrefois si digne et fière Narcissa Malfoy.
Son bras se leva encore une fois, mais cette fois un tressautement à peine visible eut lieu, signe de son tourment intérieur, contre lui-même, contre l'Impardonnable, contre la chose noire.
« Ne fais pas ça ! N'obéis pas ! Ne bouge pas, ne bouge pas, ne bouge pas ! » hurlait-il intérieurement à son propre corps, luttant pour maintenir son bras en place…
Mais à chaque fois qu'il pensait parvenir à se défaire de l'environnement de plénitude et de détachement provoqué par l'Imperium, il pouvait sentir attaquer en traître la chose noire, sa voix ressemblant tellement à la sienne et si envoutante.
« Pourquoi lutter ? Tu ne fais pas le poids face à Tante Bella et le maître… Sois un bon Mangemort et obéis à ton maître… Mère a désobéi, il est normal qu'elle soit punie… Et il a été généreux de te donner cette tâche, imagine-la à la merci de ces autres Mangemorts, tu ne veux pas de ça, n'est-ce pas ? De cette façon tu peux la protéger…»
« Non, c'est faux, je –»
Un nouveau coup de fouet résonna dans cette cave froide, faisant écho aux cris de Narcissa. Impuissant, Draco ne pouvait que voir son propre corps, son propre bras, abattre encore et encore, et encore le fouet contre la peau de sa mère… A chaque coup, à chaque cri, il avait l'impression de sentir une partie de lui se briser.
« Quoi, Cissa, tu es encore là ? Je pensais que Dracky prendrait la première occasion pour te sortir d'ici. » commenta alors une voix amusée provenant de la porte de la cave.
Draco retint un sursaut de surprise, d'une part parce que cela risquait d'aggraver la blessure qu'il était en train de soigner et d'autre part parce qu'il ne voulait pas laisser sa tante voir son moment de faiblesse.
« Je pensais qu'il serait plus raisonnable de s'occuper d'abord de ses blessures. » répondit respectueusement Draco.
« Oooh tu es tellement responsable, Dracky. » roucoula faussement Tante Bella, en s'approchant d'eux, obligeant Draco à lutter contre tous les réflexes de son corps pour ne pas se placer entre sa mère et elle. Le visage de sa tante se radoucit légèrement, cependant, lorsqu'elle observait Narcissa, lui caressant doucement la tête, « Tu es dans un sale état, Narcissa… Tu sais, vu que tu es mon adorable petite sœur, j'étais prête à ne pas reporter ta petite escapade… Mais le Lord l'a appris, alors tu as dû être punie pour avoir sciemment interféré… Tu comprends, n'est-ce pas ? »
Narcissa hocha lentement la tête, sa gorge toujours manifestement trop douloureuse pour parler.
« Tu t'inquiètes beaucoup trop pour Dracky, Cissa… C'est un grand garçon maintenant… tellement intelligent… il a même réussi à me fausser compagnie lorsque je l'avais accompagné à Diagon Alley à ta place. »
Le blond se figea sur place en entendant les paroles de sa tante, mais elle ne semblait pas vraiment lui prêter attention.
« Je sais, une fois qu'il sera à Hogwarts je t'emmènerai quelque part ou tu pourras te détendre et –»
Draco ne fit qu'écouter sans essayer de comprendre ce que disait Tante Bella, son visage totalement dénué d'émotions tandis qu'il continuait à appliquer machinalement le baume sur les blessures. Cependant intérieurement, il ne pouvait qu'hurler d'indignation, comment pouvaient-elles faire comme si de rien n'était alors que Tante Bella était la raison détournée pour laquelle sa mère avait été punie ?! Comment pouvaient-elles faire comme si de rien n'était alors qu'il suffisait à Draco de voir ces marques sur la peau porcelaine de sa mère pour qu'un sentiment d'impuissance nauséeux et insupportable ne remonte en lui ? Alors qu'à chaque coupure, chaque bleu, chaque brûlure, chaque marque, il était forcé de revivre ces scènes atroces?
Il était toujours dans cette même cave… Il ne souvenait plus combien de fois il avait été forcé à descendre ses marches, à affronter le regard compréhensif de sa mère entremêlé de douleur et une légère touche de peur, tandis qu'il devait la 'punir' sous l'attentive surveillance du Seigneur des Ténèbres et/ou de sa tante.
Mais peu importe le nombre de fois où il essayait, il n'arrivait jamais à gagner face à l'Imperium…
« Ah… cela commence à devenir ennuyant… » commenta le Lord, sa voix semblant étrangement lointaine, alors qu'il ne se trouvait qu'à quelques pas derrière Draco, « Que dirais-tu d'arrêter l'Imperium et laisser Draco se débrouiller seul, ma chère Bella ? »
Et aussi soudainement que cela, Draco se retrouva face à la réalité… Il était dans cette cave, baguette pointée vers sa propre mère… Il était la raison pour laquelle elle se tordait de douleur sur le sol, la raison pour laquelle ses cris résonnaient dans toute la cave.
Balbutiant le contre sort, il fut tristement conscient de la manière dont sa main qui tenait sa baguette tremblait, de la façon dont son souffle était devenu si saccadé et erratique qu'il commençait à voir sa vision se brouiller dans les coins, de la façon dont les larmes coulèrent abondamment de ses yeux.
« Allons, Draco… » souffla une voix glaciale à son oreille, « Ne me déçois pas, montre-moi de quoi tu es capable… »
Espérait-il vraiment que Draco soit capable de faire une telle chose ? Comment Draco pourrait-il ne serait-ce que songer à torturer sa propre mère, celle qui l'avait élevé, protégé, soutenu ?! Il devait réfléchir… trouver un moyen pour se sortir de là sans aggraver les choses…
« Mais… » murmura traitreusement une voix dans sa tête, « … si elle t'avait réellement protégé et soutenu, pourquoi n'a-t-elle jamais rien fait pour empêcher père de te punir ? Pourquoi n'a-t-elle pas cherché un moyen de te défaire de la prise de père, comme Sirius et Severus essayaient désespérément de faire ? Elle n'était pas là lorsque tu avais des crises, n'était pas là lorsque tu étais complètement perdu et ne savait plus quoi faire, n'était pas là lorsque tu avais dû subir l'EPC… Elle ne comprend pas tout ce que tu as dû traverser et c'est même à cause d'elle que tu es dans ce genre de situation… Si elle n'avait pas fait quelque chose de stupide, elle ne serait pas faire punir, et tu n'aurais pas eu à le faire… »
Draco secoua la tête, non, non, c'était faux, il savait pourquoi mère n'avait rien fait, c'était parce qu'elle savait pertinemment qu'elle ne valait pas le poids face à Lucius et il ne pouvait pas lui reprocher de ne pas être là alors que tout c'était produit à Hogwarts ou sans qu'elle ne le sache !
« Mais tu n'as jamais eu à demander ce genre de chose à Sirius ou Severus… Et pourtant, ils étaient là, même lorsque tu ne leur disais rien, même lorsque tu leur cachais des choses… Mais, elle, n'a jamais cherché à le faire, elle se contentait de rester sagement au Manoir… Ne crois-tu pas qu'elle mérite cette punition ? »
Non… non… Elle ne méritait pas cette punition… Elle méritait de pouvoir vivre dans un endroit paisible où elle n'aurait rien à faire avec cette guerre… où à cause des fautes de son connard de mari elle n'aurait pas à héberger un mage noir… où elle n'aurait pas besoin de cacher ce qu'elle ressentait vraiment…C'est pourquoi Draco devait trouver un moyen de la sortir de là… S'il refusait maintenant, il allait très certainement être lui-même puni et un autre Mangemort bien plus cruel que lui allait la torturer à sa place…
« Fais-le ! »
Est-ce qu'il n'avait vraiment pas d'autre choix ?
« Fais-le... après tout, tu veux la protéger n'est-ce pas ? De cette façon, tu peux contrôler à quel point elle aura mal, à quel point elle devra crier…»
Sa main plus tremblante que jamais, commença lentement à se lever…
Il devait la punir… parce que c'était le seul moyen de la protéger… parce qu'elle avait interféré dans les plans du maître…
Il devait la faire hurler de douleur… parce qu'un autre que lui, lui ferait hurler encore plus fort… parce que de cette façon le maître verrait à quel point il avait du potentiel…
Il devait la faire souffrir… pour qu'elle comprenne ce que Draco avait subi jusqu'à présent, qu'elle se mette à prier, espérer que quelqu'un viendrait pour arrêter tout ça, pour la sauver et qu'elle comprenne durement que… personne ne viendrait.
Il devait la faire payer pour ne pas l'avoir protégé alors qu'il avait le plus besoin d'elle, pour n'avoir jamais été une véritable mère pour lui, pour être encore vivante alors que Sirius lui, l'un des véritables parents qu'il n'avait jamais eu, n'était plus là… pour l'obliger à faire ce genre de chose…
Les tremblements de sa main s'arrêtèrent et lorsque le bout de sa baguette pointa droit sur Narcissa, il n'y eut aucun tremblement non plus dans sa voix tandis qu'il jetait le sort qui donnait l'impression que deux mains serraient lentement mais sûrement autour de sa gorge, il n'eut aucune lueur de remord dans ses yeux tandis qu'il la vit suffoquer piteusement sur le sol…
Draco reposa le baume lorsqu'il réalisa qu'il avait terminé de couvrir toutes ses blessures, Narcissa lui jeta un regard rempli de reconnaissance, de douceur et de compréhension, que Draco ne pouvait supporter de rencontrer… Tante Bella était toujours là, inspectant le travail de Draco avec un air détaché.
« Et doué en potion en plus. » siffla-t-elle faussement d'admiration, avant de commenter d'un ton songeur « Tu as l'esprit de manipulation de Lucius, l'esprit tactique d'Evan et une aptitude en potion qui te vient certainement de Severus… Peut-être devrais-je également te prendre sous mon aile, qu'en dis-tu ? »
« Ce serait un honneur. » répondit respectueusement Draco, puis se tournant vers sa mère, il lui tendit les vêtements, « Vous devriez vous habiller, mère. »
Elle hocha doucement la tête. Draco tourna la tête, lui offrant un moment d'intimité. Lorsqu'elle eut terminée, il lui jeta un sortilège de poids-plume et la prit dans ses bras dans l'intention de l'accompagner jusqu'à sa chambre, puisqu'il était évident qu'elle n'était même pas en état de se mettre debout alors de là à marcher.
Et tandis qu'il montait les marches de la cave, Tante Bella sur ses talons, ses bras se serrèrent un peu plus sur la silhouette frêle de Narcissa et il se demanda depuis quand elle avait commencé à lui semblait si fragile et si faible… Comme si le moindre coup pouvait la briser ? Depuis quand avait-il cessé de penser qu'elle pourrait le protéger mais qu'au contraire c'était à lui de la protéger ? Depuis quand avait-il cessé de se sentir en sécurité dans ses bras ?
Ses questions résonnèrent en boucle dans sa tête, même lorsqu'il eut atteint sa destination, déposé délicatement Narcissa sur le lit, regagné sa chambre et écouté ce que Potter trafiquait à travers la projection.
« Oui, Harry je t'ai déjà répété que moi aussi, je trouvais ça louche. » dit Hermione, avec impatience.
« Vous vous souvenez quand il a dit 'N'oubliez pas de mettre celle-ci de côté ? » demanda Potter, « Pour moi, ça laisse entendre que Barjow a un autre objet comme celui qui a été cassé et que Malfoy les veut tous les deux. »
« Tu crois ? » marmonna Weasley, avec scepticisme.
« Oui. » assura Potter, puis marquant une légère pause il reprit avec un air songeur sur le visage, comme s'il flirtait avec une toute nouvelle idée, « Le père de Malfoy est à Azkaban. Vous ne croyez pas qu'il chercher à se venger ? »
L'expression de pure incrédulité sur le visage d'Hermione, reflétait presque parfaitement celui de Draco en ce moment même.
« Malfoy, se venger ? Qu'est-ce que tu veux qu'il fasse ? »
« Juste, je ne sais pas ! » s'exclama Potter, d'un ton frustré, « Mais il mijote quelque chose et nous devrions prendre ça au sérieux. Son père est un Mangemort –»
Potter s'interrompit, bouche bée, la réalisation mêlée à l'horreur sur son visage. Draco pouvait presque voir les rouages de son cerveau tourner.
« C'est un Mangemort… » réalisa-t-il lentement, avec hésitation, son esprit travaillant manifestement à vive allure pour connecter tous les éléments, « Il a remplacé son père comme Mangemort ! »
« Malfoy ? Il a seize ans, Harry ! Tu crois que Tu-Sais-Qui voudrait de Malfoy dans ses rangs ? »
« Chez Madam Malkins, il a protesté et retiré son bras quand elle a voulu relever sa manche ! C'était son bras gauche ! Il porte la Marque des Ténèbres ! Et il a montré à Barjow quelque chose qu'on n'a pas pu voir… Quelque chose qui a sérieusement effrayé Barjow. C'était la Marque, j'en suis sûr, il voulait que l'autre sache à qui il avait affaire et vous avez remarqué comme Barjow a eu l'air inquiet ! »
Weasley et Hermione échangèrent un regard dubitatif. Draco quant à lui ne put s'empêcher de pousser un rire lugubre… Vraiment, comment Potter, de toutes les personnes, avait réussi à le démasquer aussi facilement ? Bon certes, Draco n'avait pas encore la Marque et Potter avait rassemblé les mauvais indices mais sa conclusion était juste. Draco était fondamentalement un Mangemort.
« Tu me feras chier jusqu'au bout, hein, Potter… » souffla Draco, puis en se dirigeant vers son lit, il passa devant son miroir…
Oui, ses questions précédentes continuaient de tournoyer dans sa tête, ne lui laissant aucun répit, mais la plus dominante et la plus dérangeante de toutes alors que ses yeux gris glissèrent vers son reflet, était…
… depuis quand avait-il cessé d'être capable de différencier les choses que lui murmurait la chose noire et ses propres pensées ?
~HPDM~
Présent, du côté de Draco et Harry.
Pendant un court instant le cerveau de Draco sembla court-circuiter, son corps se figeant comme s'il était soudainement devenu prisonnier de la glace.
Potter était au courant… Potter était au courant… POTTER ETAIT AU COURANT !
Puis la panique prit possession de lui, tandis qu'il se débattait pour se défaire de la prise des bras d'Harry autour de lui.
« Lâche-moi ! »
« Non. »
Draco continuait à se débattre violemment mais en vain, car à chaque mouvement Harry semblait raffermir sa prise sur lui, restreignant de plus en plus ses mouvements. Son agitation extérieure semblait clairement reflétait son tourment intérieure, ses pensées tournoyant violemment dans sa tête.
Harry sait –
Comment ? Qui ?
Non ! Peu importe…
Maintenant Harry sait à quel point horrible je suis –
Que suis-je censé faire ?
Je pensais m'être préparé mentalement pour tout ça, mais –
Et il continue à me serrer si fort contre lui…
...pourquoi ?
« Parce que parfois Draco Malfoy tu es horriblement stupide et que malgré le fait que tu ne peux pas courir ou t'enfuir bien loin dans cet endroit, j'aimerai économiser du temps et ne pas avoir à te poursuivre. » répondit Harry sur le ton de l'évidence.
Draco sursauta violemment, avant de se mettre à rougir, il avait complètement oublié qu'Harry pouvait l'entendre mais ce rappel ne servit qu'à le pousser à se débattre de plus bel. Il ne voulait pas qu'Harry puisse entendre ses pensées, ses doutes, ses craintes –
« Pourquoi ? »
« C'est évident. » siffla Draco, en fusillant Harry du regard.
Parce que ça me rend tellement plus vulnérable par rapport à toi et je déteste ça… Parce que le simple fait que tu sois au courant me donne envie de me cacher quelque part dans un endroit où je n'aurais pas à t'affronter et – Bordel, il peut m'entendre – arrête de penser, arrête de penser…
« Qu'est-ce que ça change que je sois au courant ? »
« Tout ! Maintenant que tu sais à quel point je suis horrible, maintenant que tu sais quelle faible et exécrable personne je suis… tu… tu –»
Tu ne voudras plus de moi.
« Pourtant je suis toujours là… »
« Pourquoi ? »
Est-ce de la pitié ? Est-ce parce que le lien du phénix t'oblige à rester avec moi ? Je peux sentir ton dégoût et ton mépris tu sais… Ils sont enfouis très profondément mais ils sont là… Est-ce que tu te forces à les ignorer à cause de moi ?
« Pourquoi est-ce que je te mépriserai ? » demanda gentiment Harry et son ton était tellement doux qu'il donnait l'impression d'être en train de consoler un enfant en pleurs.
Ne me prends pas de haut !
Draco tenta de le frapper, mais il n'avait tout simplement pas assez de liberté de mouvement pour pouvoir le faire, ce qui eut le don de le frustrer encore plus.
« Ne te fous pas de moi Potter ! Tu le sais très bien ! Comment pourrais-tu ne pas me mépriser après ce que j'ai fait à ma propre mère ?! Tu… Ta mère est morte pour te protéger et je sais à quelle point tu la respectes et l'aimes, malgré le fait que tu ne l'as pas vraiment connu… Mais moi ? Moi au lieu d'être capable de la protéger et l'aimer comme j'aurais dû… Je lui ai fait toutes ses horribles choses… L'amour de ta mère pour toi lui a permis de te protéger du putain d'Avada alors que mon amour pour ma mère ne m'a même pas permis de résister à l'Imperium et à la compulsion! Qu'est-ce ça en dit sur moi ? »
« Que bien trop d'horreurs ce sont déjà produits dans ta vie… Que j'aurais voulu avoir été là pour te prendre dans mes bras et te consoler comme je le fais maintenant… Que Voldemort est un putain de bâtard pour t'avoir fait subir tout ça… Que la prochaine fois que je vois ta pétasse de tante j'aurais une raison de plus pour lui faire mordre la poussière… »
Draco frissonna, lorsqu'il sentit la magie du brun crépiter autour de lui et eut un brusque mouvement en arrière, « Arrête de raconter n'importe quoi Potter… Je n'ai pas besoin de ta pitié ! »
Harry qui ne s'était pas attendu à un mouvement aussi violent mais qui avait maintenu sa prise sur le blond, perdit l'équilibre les entrainant tous les deux dans une chute retentissante. Mais sa surprise fut de courte durée, car il profita de sa nouvelle position – sur Draco – pour plaquer ce dernier au sol.
« Ah y'en a marre ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! J'essaye d'être compatissant et c'est de la pitié ? Je te dis sincèrement ce que je pense et ce serait des mensonges ?! Pourquoi pour l'amour de Merlin mentirais-je pour quelque chose comme ça ?! Qu'est-ce que je dois faire pour que tu me crois ?! Qu'est-ce que je dois faire pour te prouver que je t'aime réellement malgré ce que tu penses devrais me dégoûter ?! Mets de côtés tes insécurités pour une fois dans ta vie et REGARDE-MOI ! Regarde-moi dans les yeux et pointe du doigt la partie de moi qui suis en train de te mentir ! Après tout tu es Draco Malfoy, non, quelque chose comme ça devrait être un jeu d'enfant pour toi !
Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu te plantes à chaque fois lorsque ça me concerne ? Je suis un putain de livre ouvert ! Es-tu aveugle à ce point ?
Tu peux sentir mes putains d'émotions, bordel ! Si même ça n'est pas suffisant alors qu'est-ce qui le sera ? Est-ce que tu veux que je crie haut et fort chaque raison pour laquelle je suis tombé amoureux de toi ? Est-ce que je devrais te dire encore et encore que non tu ne me dégoûtes pas et que sauf si tu faisais quelque chose comme te créer sept horcruxes et t'inscrire sur la liste des prochains Mages Noirs, ce ne sera sûrement jamais le cas ?!
Ou est-ce que les paroles ne suffisent pas ? »
Harry attrapa violemment les épaules de Draco, et écrasa ses lèvres contre les siennes sans aucune retenu, sa langue envahissant la bouche du blond, explorant chacun de ses recoins et engageant sa comparse dans un combat sans répit…
Qu'est-ce que je suis en train de faire ? Je devrais le repousser mais… mais c'était comme s'il était en train d'aspirer toutes mes forces… J'ai beau lever les bras dans l'intention de le pousser mais je finis par m'agripper à lui… Merde ce n'est qu'un baiser, alors pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? Pourquoi…Ah… sa magie, elle tournoie et crépite autour de nous…
Ses yeux se fermèrent de leurs propres accords… Le battement de son corps augmenta de manière considérable, se répercutant si fort contre sa poitrine qu'ils résonnèrent jusqu'à ses oreilles... Ses mains s'agrippèrent un peu plus fort, comme s'il craignait de s'écrouler s'il venait à lâcher prise… Son corps se mit à trembler, incapable de supporter autant de pression….
Je suis en train de céder…aussi facilement… Est-ce qu'il a la moindre idée de ce que ça fait d'être aussi vulnérable face à lui ? Comment peut-il avoir un tel contrôle sur moi qu'un simple baiser parvient à me faire fondre ? Jusqu'à quel point compte-t-il me faire sentir inférieure ? Jusqu'à quel point compte-t-il aller avant d'être satisfait ?
Harry stoppa brutalement le baiser et se redressa légèrement, ses yeux verts s'écarquillant d'incrédulité tandis qu'il fixait le blond.
« Tu… »
Il poussa un grognement frustré lorsqu'il sembla incapable de trouver ses mots.
Draco de son côté tenta désespérément de reprendre son souffle, son regard évitant soigneusement celui du brun.
Parfois j'ai envie de me donner des baffes en regardant la pathétique créature que je deviens à cause de toi… Je suis Draco Malfoy pour l'amour de Merlin ! Comment fais-tu pour faire ressortir au grand jour aussi facilement chacune de mes insécurités ?! Est-ce que tu te rends compte à quel point je me sens inférieure à toi parfois ? A quel point je me sens impure face à toi ? A quel point je me sens horrible de t'avoir blâmé pour la mort de Sirius alors que je sais que ce n'était pas le cas ?
« Je suis terrifié… » souffla Harry d'une voix si basse que pendant un moment Draco n'était pas sûr de l'avoir entendu.
« … Quoi ? »
« Je suis terrifié à l'idée que tu mettes fin à cette relation… que tu t'éloignes de moi, que tu dresses une barrière entre nous… J'ai tellement peur qu'à la seconde même où je te relâcherai tu trouverais un moyen de t'enfuir… Très franchement ta place dans ma vie est devenu tellement importante que j'ai peur de ce que je pourrais devenir pour toi, à cause de ton influence… Si tu me demandais de tuer quelqu'un… Si tu me demandais d'aller me rendre à Voldemort dès que nous sortirons de tes souvenirs… Si tu me demandais de changer de camp… Si tu me demandais d'aller me cacher quelque part dans un trou perdu… est-ce que je le ferai ? J'aimerai croire que la réponse est non… que j'ai assez de volonté et de bon sens par moi-même pour savoir refuser quand il le faut et ne pas faire n'importe quoi juste par amour… Mais… si quelqu'un a le potentiel de faire une telle chose c'est toi…»
« Potter qu'est-ce que tu fais ? » demanda faiblement Draco.
« Puisque tu sembles incapable d'interpréter correctement mes émotions… » répondit Harry, « Alors je n'ai pas d'autre choix que de tout mettre à nu… Mes craintes, mes atteintes, tout ce qui me passe par la tête… Parce que je ne peux pas arrêter d'entendre tes pensées, mais je peux dire les miennes à voix hautes pour qu'on soit à égalité. Parce que c'est ça, n'est-ce pas ? C'est une question d'égalité…
Je n'avais aucune idée que tu te sentais inférieure par rapport à moi… Pourquoi le serais-tu ? J'ai toujours pensé que c'était le contraire, parce que Merlin Draco tu es si intelligent parfois que ça fait peur, tu as connu et traversé déjà tellement de choses horribles, tu as tellement plus d'expériences du monde que moi… Lorsque je t'entends parler du monde sorcier, je réalise à quel point je suis ignorant… Lorsque je te vois lutter contre tes maux intérieures, je réalise à quel point mes propres problèmes pouvaient parfois être insignifiants…
En ce moment je ressens presqu'autant d'amour que d'irritation pour toi, parce que Merlin, Draco tu me fais chier parfois à douter de moi de cette façon ! Est-ce que pour une fois tu ne pourrais pas croire en moi au lieu de toute suite assumer que je te quitterai pour quelque chose comme ça ?! Quand est-ce que j'ai bien pu te donner l'idée que je réagirai de cette façon, hein ?
Et oui, je ressens du dégoût et du mépris… Mais est-ce qu'il ne t'est pas venu à l'esprit que si ces deux émotions étaient enfouis autant en profondeur c'était parce qu'ils ne te concernaient pas ?! Pourquoi ignores-tu toutes ses émotions à la surface ? Ce n'est pas comme si mes émotions pouvaient mentir !
Et je suis en colère… oui contre toi, pour être aussi stupide, contre moi-même pour ne pas avoir cette discussion plus tôt, contre Voldemort, contre Bellatrix et beaucoup d'autres personnes.
Et je suis blessé aussi parce qu'elle genre de personne penses-tu que je suis, si alors même que mon petit ami était victime d'une telle chose je voudrais rompre au lieu de le rassurer ? Est-ce que ton opinion de moi est si basse que ça ?
Et est-ce que tu sais à quel point ça m'excite de te voir comme ça sous moi ? J'ai–»
« C'est bon arrête. » coupa Draco, « Merlin Potter, tu es vraiment en train de blablater tout ce qui te passe par la tête ? Comment est-ce que tu peux… »
Comment peux-tu dire tout ça sans te sentir gêner ? Comment parviens-tu à être aussi sincère, comment peux-tu supporter de te rendre aussi vulnérable volontairement ?
« Parce que je te fais confiance… » répondit sincèrement le brun, « Si je ne peux pas être vulnérable avec toi, avec qui le pourrais-je ? Et puis en entendant tes pensées, je t'ai rendu vulnérable, donc il est normal que je fasse quelque chose pour nous mettre sur un pied d'égalité… j'avais pensé que ce pont mentale aurait été suffisant, mais j'ai l'impression que je n'ai fait qu'empirer les choses… Alors peut-être que je devrais tout simplement le détruire…»
« NON ! »
Harry sursauta, ne s'attendant manifestement pas à une telle intervention.
« Ne le détruis pas… » souffla le blond.
Je n'aime pas le fait que tu puisses entendre mes pensées et que je sois incapable d'interpréter tes émotions correctement… Mais… Je sais qu'il aura des moments où je serais trop lâche pour dire certaines choses à voix hautes, comme maintenant... et… j'aime pouvoir ressentir tes émotions, même si pour le moment je comprends tout de travers… il faut juste que je m'habitue au fait que tu es différent du Potter dans les souvenirs… Se retrouver ici, t'a changé… nous a changé tous les deux… et… et il est temps que je m'en rende compte. Et… je suis désolé d'avoir douté de toi…mais j'ai juste besoin de temps, d'accord ?
Harry ne put retenir le sourire victorieux qui se dessina sur ses lèvres… Il savait que tout n'était pas parfait, que tout ne s'était pas encore arrangé, au contraire, qu'il était fort probable que les doutes de Draco remontent à la surface de temps en temps… Mais il était prêt à avoir cette discussion autant de fois qu'il le faudrait pour que l'information rentre finalement dans le cerveau du Slytherin.
« Arrête de te sentir aussi stupidement heureux Potter… c'est perturbant. » marmonna alors Draco, ce qui fit sourire encore plus le brun.
« Ah… mon petit-ami vindicatif, sarcastique et arrogant est revenu. » commenta-t-il, en baissant la tête jusqu'à ce que leur front se touche.
Draco écarquilla les yeux, en se rappelant que Mini-Harry lui avait fait quelque chose de similaire… Il se rappelait de la chaleur et du réconfort qu'il avait ressenti alors, comme si l'enfant avait essayé de lui transmettre son soutien et sa conviction…
C'était similaire, mais à la fois si différent… Cette chaleur était présente mais elle était agrémentée de quelque chose qui envoyait presque des étincelles dans tout son corps… Harry était tellement proche qu'il parvenait à sentir son souffle sur ses lèvres et il pouvait voir chacune des nuances de vert dans ses yeux… C'est pourquoi il n'eut aucun mal à repérer la lueur de défi que c'était allumé dans ses yeux, cette lueur qui voulait clairement dire 'Est-ce que tu comptes vraiment me laisser faire tout le travail ?'…
« Je t'emmerde, Potter. » souffla-t-il, en redressant légèrement la tête et allant à la rencontre des lèvres du rouge et or.
Harry sourit contre les lèvres du blond, il s'était demandé quelques instants plus tôt si mimer les actions de Dray avait été une bonne chose, mais à présent il était certain d'avoir pris la bonne décision… Parce que si la double personnalité avait fait ça dans le but de focaliser l'attention d'Harry, le séduire et en profiter pour lui voler un baiser… Harry, lui, avait obtenu de Draco qu'il vienne à lui…
C'était un geste dans le but de conforter …
C'était un geste dans le but de séduire ….
C'était un geste dans le but de provoquer…
C'était un geste qui était tout ça à la fois, mais qui en même temps était bien plus que ça… C'était ce qui un jour serait la base même dans leur relation… L'un n'avait pas besoin d'être plus conforté que l'autre, l'un n'allait pas se laisser aussi facilement emporté par l'autre, l'un n'allait pas se soumettre à l'autre… l'un n'était pas supérieur ou inférieur à l'autre…
Parce que lorsque l'un amorçait un geste…
….l'autre le rencontrait à mi-chemin…
… et c'était suffisant…
… c'était eux, aussi simplement que ça…
~HDPM~
Passé, 1er Septembre, Manoir Malfoy,
Draco vérifia que tout ce dont il avait besoin était parfaitement en place dans ses bagages – à savoir dissimuler derrière des tonnes de sortilèges qui lui permettront de passer l'inspection de Hogwarts – jeta un dernier coup d'œil circulaire à cette chambre dont il ne gardait absolument aucun lien affectif et attrapa l'un des portoloins qu'il gardait autour du cou.
« Dernière chance de te défiler, Draco… » chuchota-t-il, son regard s'attardant pendant un moment sur son reflet dans le miroir et la chose noire qui pulsait à rythme régulier sur sa tête, « Quelle blague. »
Et activa le portoloin qui le mènerait droit sur les quais de la voie 9 ¾ et un aller simple pour une année en enfer.
TO BE CONTINUED!
~La Pensine de Severus
Souvenir n°5 : Le plaisir d'être parent ~
[Durant la cinquième année de Draco, avant que Severus ne cesse de donner des cours d'Occlumencie à Harry]
Sirius retint un bâillement tandis qu'il apparaissait dans en plein milieu des appartements du maître des potions grâce au cadeau que lui avait offert Draco.
Son regard scanna rapidement la pièce par pure habitude et se stoppa en repérant son cousin allongé sur l'un des canapés, profondément endormi, un livre de potion ouvert sur son torse. Sirius s'approcha avec un sourire, retirant délicatement le livre de la prise relâchée du blond et le déposa sur la table basse… Puis regardant le visage paisible de Draco, il murmura d'un ton amusé, « Quoi, ce que racontait ton parrain était si ennuyeux que ça ? »
« Si seulement une certaine personne ne l'avait pas épuisé au préalable il ne se serait pas endormi en plein milieu de ses révisions. » fit remarquer une voix mi-exaspérée, mi-irritée, à voix basse quelque part à sa gauche.
Il n'avait même pas besoin de lever les yeux pour identifier le nouveau venu. Haussant les épaules, Sirius répondit, « Ce n'est pas comme s'il avait réellement besoin de réviser pour exceller ses OWL's de toute façon. C'est mon cousin après tout. »
« Pour une fois qu'il fait quelque chose comme un adolescent de son âge, je ne m'en plains pas. » rétorqua Severus, puis remarquant que Sirius était juste à côté de son filleul, il ajouta, « Si tu le réveilles, je t'empoisonnerai à la première occasion. »
Ignorant la menace – ou la considérant tout simplement comme un fait habituel – Sirius se tourna vers son cousin avec un sourire peiné sur le visage, « Il devrait avoir la liberté d'agir comme un adolescent de son âge… Ne pas avoir à se soucier des problèmes des adultes, uniquement se concentrer sur ses études… s'amuser avec ses amis… sortir avec quelqu'un sans se soucier de mettre cette personne en danger… faire des bêtises, s'attirer des ennuis et causer l'inquiétude de ses parents à chaque fois. »
« Je pense qu'il a déjà bien maitrisé l'aspect « s'attirer des ennuis et causer de l'inquiétude », pas besoin qu'il en rajoute une couche. » marmonna Severus, en se massant les nez tempes, « Et concernant le reste cela revient aux parents de s'en assurer, n'est-ce pas ? »
Sirius n'avait même pas besoin de demander pour savoir que le bâtard graisseux ne pensait pas à Malfoy ou Narcissa lorsqu'il parlait des parents de Draco.
« Oui. » répondit-il, en dégageant doucement une mèche de cheveux qui tombait sur les yeux de Draco.
Ce dernier papillonna légèrement les paupières mais ne se réveilla pas, poussant un léger soupir et essayant dans son sommeil de se rapprocher de la main de Sirius.
« Il parait tellement plus innocent et jeune quand il dort. » commenta-t-il, « Je parie qu'il était adorable lorsqu'il était petit. »
Le ton de sa voix montrait à quel point il regrettait de ne pas avoir pu être présent pour voir Draco ou Harry grandir…et ne pouvait empêcher ce sentiment de rage de monter en lui à chaque fois qu'il songeait à la manière dont ces deux-là avaient dû grandir.
« Il était calme et obéissant… » chuchota Severus, donnant l'impression de parler pour lui-même, mais il avait dû entendre quelque chose dans la voix de l'Animagus qui l'avait poussé à partager ses souvenirs «… et très persévérant… Ses précepteurs avaient des standards bien trop élevés pour quelqu'un de l'âge de Draco et ils ne semblaient même pas reconnaitre son intelligence ou ses efforts… Ses imbéciles pensaient que Draco était une sorte de génie qui les prenait de haut… Mais je me rappelle de la première fois où Draco est venu me voir en pleur, un livre sur les manières qui semblait bien plus gros que lui dans les mains, et qu'il m'avait demandé s'il était quelqu'un de si stupide que ça pour ne pas avoir réussi à faire ce qu'on lui avait demandé.
Mais les choses ont commencé à aller mieux de ce côté-là lorsqu'il s'est fait son premier ami.
Et j'essayai de venir le voir aussi souvent que possible pour lui apporter mon soutien… Il n'était véritablement détendu que lorsqu'il était en ma présence ou celle de ses amis – en tout cas loin du Manoir…
Puis il est arrivé à Hogwarts et a commencé à se mêler des problèmes de ton filleul et à s'attirer ses propres problèmes.»
« Est-ce que tu essayes d'insinuer qu'Harry a une mauvaise influence sur Draco ? »
« Je n'essaye pas d'insinuer, je le clame haut et fort. » répliqua Severus, d'un ton moqueur, « Non seulement il se mettait en danger pour Potter mais au fil des années il a fini par ramasser un chien errant, pendant que j'avais le dos tourné, qui refuse de s'en aller maintenant et qui a encore plus mauvaise influence sur lui. »
Sirius lui jeta un regard noir pour la remarque sur le chien errant, mais avant qu'il n'ait le temps de répliquer vertement, le maître des potions reprit, sa voix guère plus haute qu'un murmure tandis que ses yeux étaient résolument fixés sur un point sur la gauche, évitant celui de l'Animagus, « Mais je dois avouer que depuis que ce fichu clébard est là, Draco a commencé à sourire et rire de plus en plus… Alors je suppose que le sac à puce peut potentiellement être utile. »
Sirius devait très sincèrement avoir un grave problème mental pour se sentir si stupidement touché par les paroles du maître des potions… Il comprenait ce qu'essayait de lui dire Severus, peut-être que Sirius n'était pas présent pour l'enfance de Draco, cependant il était là maintenant, c'était l'occasion pour lui de se rattraper et c'était ça l'important.
Et il décida que c'était particulièrement injuste de la part du bâtard graisseux de lui faire ressentir ce genre de chose.
« Hey… faisons-le. »
Il vit Severus cligner des yeux et savoura le rougissement qui effleura le visage du maître des potions pendant un très court instant et juste au moment où il sentait que ce dernier allait répondre, il précisa, « … le rituel. Je me fiche de ce que Dumbledore pense… Draco est très compatible avec ma magie alors il n'y a pas de raison pour laquelle cela échouerait.»
« Il n'y a pas de raison. » répéta Severus avec sarcasme, « Sauf pour la partie où personne n'a plus utilisé un tel rituel depuis très longtemps, où c'est considéré comme de la magie noire à présent et surtout si l'on considère l'endroit où tu as trouvé tes informations. »
« Excuse-moi ?! » répliqua Sirius, d'un ton sidéré, « Je te signale que mes sources sont extrêmement fiables. Et tu le sais très bien.»
Le maître des potions se renfrogna, mais n'ajouta rien.
Dans un monde parfait, féerique et utopique, Sirius Black aurait savouré cette petite victoire personne en silence…
« Et bien sûr tu seras sa mère. »
Mais c'était un fait établi que ce monde était loin d'être parfait.
« Va crever ! »
« Bah quoi ? Tu le couves déjà comme si tu étais sa mère et t'inquiètes à chaque fois qu'il s'éloigne de quelques mètres de toi… Sans compter que tu le reprends parfois sur ses manières, tu le punies lorsqu'il fait des conneries… Bon, niveau émotionnel ce n'est pas encore ça, mais bon on ne peut pas être parfait, huh ? Ton instinct maternel doit aussi avoir ses limit–»
Il se reçut l'un des coussins, qui était placé sur le canapé en guise de décoration, en pleine figure avoir d'avoir pu terminer sa phrase.
« Répète ça encore une fois et je t'assure que tu n'auras plus rien à montrer pour prouver que tu ne peux pas avoir d'instinct maternel. » siffla Severus, d'un ton dangereux.
Sirius grimaça malgré lui face à la grimace et décida qu'il valait peut-être mieux ne pas continuer sur cette voie-là pour le moment.
« De toute façon je n'ai pas besoin d'un fichu rituel pour considérer Draco comme mon enfant. » chuchota Severus, si bas que ses paroles n'étaient certainement pas destinées à être entendues, mais elles atteignirent tout de même les oreilles de l'animagus.
« Oooh… Tu dis des choses adorables parfois.» se moqua-t-il gentiment.
.
Draco bougea légèrement dans son sommeil, dans son état de mi-sommeil, il pouvait entendre deux personnes se disputer violemment et pourtant au lieu de le réveiller cela ne fit que répandre en lui un sentiment de sécurité et de bien-être, comme si, là allongé sur ce canapé peu confortable lui permettait d'être à sa place, d'être chez lui.
Et bercé par les 'Bâtards graisseux' et 'Clébard' qui s'envoyaient dans tous les sens, Draco s'endormit encore plus profondément, un sourire paisible fleurissant sur ses lèvres.
~Fin du Souvenir ~
Merlin que ce chapitre étant loooooong... est-ce que ça commence pour les 4 mois d'absence ? -_- En tout cas j'espère qu'il vous aura plu et que l'attente en valait la peine...
Non seulement le chapitre était énorme, mais ma note d'auteur risque d'être plus longue aussi, toutes mes excuses d'avances, vous êtes libre de ne pas lire si ça vous ennuie...
Alors d'abord je tiens à préciser que j'ai pris des libertés avec la chronologie du tome 6... D'après HP encyclopédie, il n'y a pas de date précise pour le moment où Narcissa va voir Severus, mais vu que c'est au début du tome 6... je suppose que c'est censé se passer avant que Dumbledore n'aille chercher Harry, donc juin/mi-juillet... Mais ça n'aurait pas collé avec la fic, du coup je l'ai décalé à début Août...
Ensuite j'ai ajouté le "avec compliment du jury" qui fait office de 'mention' dans les résultats de OWLs... C'est une mention qui n'est seulement donnée que lorsque le candidat a vraiment, vraiment impressionner l'examinateur... (J'ai ajouté à Harry la mention en DCFM)...
Après concernant Dray... ça doit être l'un des chapitres que j'ai le plus attendu parce que c'est l'un de ceux où je pouvais enfin faire son chara-developpement. Celui de Mini-Harry a été totalement imprévu par contre... J'avais prévu qu'il soit le petit perso 'mignon'... et il a fini par devenir 'ça'...
Par contre j'ai l'impression d'avoir fait passé Draco dans un peu prêt toutes les nuances de Angst et de dépression, et qu'il n'a pas cessé d'avoir des sauts d'humeurs durant tout le chapitre xD (d'ailleurs celui du présent commence très sincèrement à me souler)
Bref...
Merci énormément pour toutes vos reviews et de continuer à suivre cette fic malgré l'attente !
See Ya !
