Bonjour à tous,
Je voudrais remercier darkwinterpoems et Letilableue pour leurs reviews qui m'ont fait grand plaisir.
Voici l'avant-dernier chapitre, en espérant qu'il sera à la hauteur de vos attentes.
Valentina maudissait sa mère pour avoir gâché ce qui aurait du être le plus beau jour de sa vie; elle la maudissait pour avoir hanté ses pensées durant ces trois semaines qui n'auraient du être qu'émerveillement et découvertes; elle maudissait James pour avoir oublié que c'était l'hiver dans l'hémisphère sud à cette période de l'année; elle maudissait les compagnies pharmaceutiques pour la pseudo-efficacité de leur baume à lèvres; elle maudissait ses amis pour leurs messages de félicitations qui s'accumulaient sur son répondeur – voilà à peine trois heures qu'elle et ses lèvres indubitablement gercées étaient revenues sur le sol anglais et lui semblait que la terre entière était responsable de son malheur.
Plongée dans un bain brûlant, elle écoutait d'une oreille distraite ses messages quand la voix d'Isadora réveilla son exaspération. Elle rajouta une généreuse dose d'huiles essentielles dans l'eau chaude, même si, de toute évidence, leur effet relaxant ne serait que de courte durée au vu du ton de sa sœur :
Je ne sais pas ce que tu as dit à maman et je ne veux même pas le savoir car venant de toi, je ne serais étonnée de rien! Franchement, Val, elle est complètement éteinte, ça fait peine à voir et même toi tu n'y serais pas insensible. J'espère que tu l'appelleras à ton retour. Sois sympa pour une fois.
La benjamine des sœurs Malfoy effaça rageusement le message avec la furieuse envie de retourner en Patagonie -qu'ils aillent au diable tous autant qu'ils sont ! Le message laconique de son père lui procura néanmoins une petite pointe de culpabilité :
Salut chérie, j'espère que vous avez fait bon voyage. Ta mère est revenue à Londres le temps de se trouver un logement. Je suis à l'hôtel Covent Garden pour un mois. Appelle moi quand tu rentres. Bye.
Elle soupira, la tête posée sur le rebord de la baignoire, le regard perdu quelque part entre le plafond repeint et les carreaux étincelants. Le décalage horaire commençait à se faire sentir et ses paupières s'alourdissaient au fil des minutes -plus qu'un message et elle serait libre de dormir, de tout oublier.
Val, je crois que tu reviens aujourd'hui, j'espère que vous avez bien profité ? J'ai aperçu papa la semaine dernière, il n'avait pas l'air très heureux. Tu crois vraiment qu'ils vont divorcer ? Je n'arrive pas trop à me faire à cette idée, Carl pense qu'ils se compliquent la vie pour rien, mais bon, je crois qu'il n'a jamais trop aimé maman. Ça pourrait être sympa qu'on dîne tous les quatre ce week-end ? Si tu veux, je réserve chez Petrus, dis moi vite. Je t'embrasse, bonjour à James!
Sacrée Diana. Elle avait beau avoir de l'affection pour sa sœur aînée, Valentina se demandait parfois dans quel monde elle vivait. La pire chose qui pouvait lui arriver, hormis une chute spectaculaire des cours de la bourse, c'était que Petrus affiche complet ou que Carl ait oublié un costume au pressing. Elle eut une bouffée de jalousie. Bien sûr qu'ils allaient divorcer et ce ne serait pas elle qui les en empêcherait.
Un doux soleil baignait timidement les toits de Londres en cette mi-juin, et Hermione, le visage renversé, s'abandonna quelques instants à cette quiétude inattendue.
Un jeune couple main dans la main se pressait à la terrasse du café d'en face, une femme entre deux âges arpentait le trottoir en vociférant au téléphone, une autre lisait un magazine derrière ses verres fumés; quelques tables plus loin, un homme jetait des coups d'œil répétés à la nouvelle serveuse tandis que des touristes visiblement perdus retournaient dans tous les sens un immense plan en demandant des conseils au gérant.
Bercée par les bruits assourdis et totalement indifférente au monde alentour, elle laissa ses pensées dériver, empreinte d'une étrange sérénité.
« Hermione? »
L'intéressée sursauta et ouvrit brusquement les yeux. « Je pensais que tu aurais du retard. » répondit-t-elle avec un sourire crispé.
Incertains sur la conduite à tenir -lui faire la bise? - ils échangèrent un regard gêné tandis que Draco s'installait face à elle.
« Comment vas-tu ? » demanda-t-elle d'une voix douce.
« Eh bien, depuis que j'ai passé mon anniversaire à manger des sushis dans une chambre d'hôtel en regardant une quelconque émission télévisée -c'est fou, d'ailleurs, toutes les âneries qu'ils arrivent à produire- je suppose que je peux survivre à tout. »
Elle eut un léger rire devant sa tentative d'humour et leva la main en direction du serveur.
« Du thé ? » Elle désigna la carte des boissons. « Leur thé au jasmin est très bon. Enfin, il y a du thé noir de Ceylan, si tu préfères quelque chose de plus corsé. »
Draco la dévisagea une microseconde, incrédule.
« Hermione, on n'est pas ici pour disserter sur mes préférences en matière de thé. »
« Bien sûr, désolée. » s'excusa-t-elle à mi-voix.
D'un air affable, Draco commanda deux thés au jasmin pendant que sa femme l'observait à la dérobée, mais sitôt que le serveur se fut éloigné, elle retourna à la fascinante contemplation de ses ongles.
« Je peux savoir pourquoi tu sembles être en permanence sur la pointe des pieds avec moi, ces derniers temps ? » Elle releva la tête et leurs yeux se croisèrent. « Je pourrais presque croire que je t'intimide, ce qui est ridicule quand on sait qu'on se connaît depuis plus de trente ans. »
« Je..Désolée » murmura-t-elle en se saisissant de la théière.
« Ne sois pas désolée, je voudrais juste comprendre. Il y a pas mal de choses dans notre mariage qui m'échapperont toujours, mais ça, j'aimerais vraiment comprendre. » Il but une gorgée brûlante en la fixant, imperturbable. « Déjà, chez le notaire, je m'attendais à ce que tu sois plus...je ne sais pas, plus véhémente, sans doute. »
Elle réprima un rire et replaça un mèche derrière son oreille. « J'ai déjà été bien trop véhémente ces dernières semaines. Je ne voudrais pas que tu gardes de moi l'image d'une épouse hystérique... »
« Hermione... » soupira-t-il en esquissant un geste vers sa main. « Le notaire, tout ça...c'est ce que tu voulais, non?»
Elle acquiesça et sourit courageusement malgré sa gorge nouée. « Au fait, tu sais si Valentina est bien rentrée ? »
« Je l'ai eue au téléphone... » Il s'interrompit. « Elle est bien rentrée. Ne t'inquiète pas, ça finira par s'arranger entre vous. »
Draco sut à sa moue perplexe qu'elle n'en croyait pas un mot -lui aussi d'ailleurs, s'il était honnête.
La conversation connut un creux et ils burent leur thé en silence.
Après un long moment, Hermione se redressa et effleura l'avant-bras de son mari qui tressaillit imperceptiblement.
« Draco ? » Il haussa un sourcil. « Je voudrais te remercier pour...la pension, le pourcentage sur la vente de la maison, la voiture...c'est...c'est vraiment généreux de ta part. Je n'en attendais pas tant, je...Merci. »
Il déglutit. « Je suppose que c'est la moindre des choses, ce n'est pas comme si je ne pouvais pas me le permettre. Prends-le comme un dédommagement pour avoir partagé ma vie pendant trente ans. » déclara-t-il laconiquement.
« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire! » s'insurgea Hermione. « Même le notaire a eu l'air surpris de ta largesse, il doit tellement être habitué aux couples qui sont prêts à s'entre-tuer pour la garde du chien... !»
« Peu importe » coupa-t-il un peu sèchement. « J'ai un ami au tribunal qui va faire accélérer la procédure. On se reverra dans un mois pour la signature. » Il se leva, déposa quelques livres sur la table et récupéra sa veste du dossier de la chaise.
« Draco! » s'exclama Hermione. « Pourquoi es-tu si...si froid tout à coup ? »
Il la scruta en silence, la mâchoire serrée avant d'ajouter d'une voix neutre : « Je trouve incroyablement ironique qu'il faille divorcer pour que tes habituels torrents de reproches se muent en remerciements. Maintenant, si tu permets, j'ai du travail. »
Le salon des Richardson était meublé avec un goût certain, et malgré les jouets éparpillés aux quatre coins de la pièce, il s'en dégageait toujours une vive impression de raffinement.
Les tempes grisonnantes et les yeux voilés par la fatigue, Draco observait d'un air attendri sa petite-fille qui babillait gaiement depuis son parc – Livie venait à peine de fêter ses neuf mois qu'elle commençait déjà à faire quelques pas, pour la plus grande fierté de ses parents.
Le sourire aux lèvres, sa fille apparue sur le pas de la porte et vint s'asseoir à ses côtés, dans le grand canapé d'angle qui faisait face à la baie vitrée.
Ils n'avaient pas eu l'occasion de se revoir en tête-à-tête depuis son emménagement; ainsi, derrière ses dehors réservés, Diana se réjouissait de cette proximité retrouvée, elle qui avait toujours envié la complicité qui semblait unir Val' et son père.
« Tout va bien ? » demanda-t-elle devant sa mine pensive.
Draco haussa les épaules. « Ma foi, oui, ça peut aller. »
« Je veux dire, la procédure avance comme tu veux ? » insista-t-elle.
Il eut un petit rictus narquois : « L'avantage d'avoir des contacts dans ce milieu, c'est que l'on gagne un temps considérable. La signature est prévue pour la semaine prochaine. »
Elle lui tapota gentiment la main avant de se diriger vers le buffet de merisier sur lequel trônaient de nombreuses photos de famille encadrées.
« Je te sers un petit digestif? » s'enquit-elle en désignant une bouteille d'eau-de-vie.
« Ce ne serait pas de refus » répondit-il en réprimant un bâillement. « Au fait, tu as des nouvelles de ta mère ? » Son air détaché ne laissait rien transparaître; ni curiosité, ni inquiétude.
Il aurait pu faire un commentaire sur la fine pluie qui persistait à tomber depuis quelques jours, il aurait eu exactement le même ton.
Diana se retourna, le verre à la main, et le dévisagea, surprise. « Elle ne t'a rien dit ? »
« Non, on ne s'est pas vu depuis notre rendez-vous chez le notaire. » l'informa-t-il brièvement. « Enfin, si » rectifia-t-il, « on a pris un café le lendemain mais cela remonte à trois semaines, déjà. »
« Eh bien, elle a trouvé un appartement à Eastbourne. Deux pièces avec vue sur la jetée. Ça va lui faire du bien de changer d'air. » énonça platement sa fille.
Draco acquiesça. « Je l'ai trouvée étonnamment... sereine chez le notaire. Rien à voir avec la furie qu'on a eue au mariage de Val'.» soupira-t-il. « Elle me surprendra toujours. »
« Isadora m'a dit qu'elle avait été très abattue pendant les deux semaines qui ont suivi le mariage. » précisa Diana. « Elle ne parlait pas, ne sortait jamais, c'est tout juste si elle mangeait... Isa m'a appelée plusieurs fois tant elle était désemparée. »
« C'est pourtant elle qui a demandé le divorce, me semble-t-il. » murmura Draco.
« Je sais » répliqua Diana. « Mais ça ne veut pas dire que c'est indolore. » Elle lui offrit un sourire réconfortant.
« Apparemment, un beau matin, elle a déclaré que ça ne pouvait plus durer et qu'elle retournait à Londres pour chercher un logement. Que si elle devait divorcer, elle le ferait la tête haute. »
Draco haussa un sourcil, interloqué.
« Tu sais, Maman est plus forte qu'on ne le croit. » affirma Diana perspicacement. « Elle s'en sortira. » L'expression de son père demeurait impénétrable. « Je suis plus inquiète pour toi, en revanche.» ajouta-t-elle à mi-voix.
Il soupira, un soupir empreint de lassitude – voilà deux mois que toute cette histoire avait commencé et jamais, de toute sa vie, il ne s'était senti aussi fourbu.
« Je dois t'avouer qu'une part de moi était terriblement blessée de la voir aussi... calme chez le notaire. » Il inspira vivement. « Et puis, en rentrant à l'hôtel, je me suis senti...je ne sais pas, d'une certaine façon, j'étais différent. Quelques jours ont passé et j'ai compris que c'était ça, la liberté. »
Draco sourit à sa fille.
« C'est comme si, brusquement, on m'avait offert un nouveau jeu de carte, avec des possibilités infinies. À côté, tout paraissait désespérément étriqué et étouffant. » Il se passa une main dans les cheveux et ses yeux clairs cernés de rides se posèrent sur Diana : « J'ai compris alors ce que ta mère pouvait ressentir. Ça m'a rendu triste, bien sûr, mais en définitive, j'ai fini par la comprendre. »
Une fois n'est pas coutume, je voudrais attirer votre attention sur un point : durant ce mois d'août, Douce Déliquescence a totalisé 1350 vues et 382 visiteurs -ce qui, en soi, n'a rien d'extraordinaire.
Ce qui est assez incroyable en revanche, c'est le nombre de reviews postées durant ce même mois, trois en tout et pour tout - nombre, vous en conviendrez, qui est suffisamment bas pour m'interpeller.
Soyons clairs, il est hors de question de faire ici du « chantage à la review », méthode que je trouve totalement contre-productive.
Si j'écris cette histoire, c'est évidemment parce que cela me fait plaisir; néanmoins, si je prends le temps de la publier c'est parce que j'ai (naïvement?) cru qu'un lecteur pourrait potentiellement être intéressé.
Dans ma tentative pour comprendre les lecteurs fantômes, j'ai donc dressé la liste des principales raisons qui, personnellement, m'ont poussée par le passé à quitter une fic, généralement au bout d'un ou deux chapitre(s), sans laisser de traces :
1/ Le pitch ne me plaît pas, – Hermione Sang-Pur, Ron transformé en violeur ; bref, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas et c'est tout à fait votre droit de ne pas accrocher à une histoire.
2/ C'est truffé de fautes d'orthographes, de syntaxe, de conjugaison et j'en passe : Hermione manger dans la grande sale/ Elle est passer dans la court/ La baguette à Ron est tombait parterre etc. c'est épidermique, chez moi ça ne passe pas, et plutôt que de laisser une review qui risquerait d'être extrêmement désobligeante, je préfère cliquer sur la petite croix.
3/ C'est truffé de clichés, du genre : Hermione et Draco préfets-en-chef-qui-partagent-un-appartement Hermione (mannequin lingerie 95C) et Severus (Don Juan ténébreux) se percutent au détour d'un couloir et se transforment en chauds lapins. Là encore, je fais la grimace et je quitte la page sans bruit.
4/ L'orthographe est potable mais la ponctuation est quasiment inexistante, autrement dit, mes yeux rendent l'âme au bout de trois lignes, car ne pas pouvoir repérer le début des phrases ou des dialogues, c'est fichtrement fatiguant.
Il m'est arrivé une fois d'envoyer une petite recommandation à ce sujet par MP (je peux comprendre qu'on ait pas envie de recevoir une review de ce genre) et la réponse a été suffisamment incendiaire pour que l'on ne m'y reprenne plus.
5/ Le texte est composé de phrases simples juxtaposées, ce qui n'est pas vraiment du meilleur effet : Hermione marchait. Il faisait froid. Les Mangemorts avaient envahi Pré-au-Lard. Elle avait peur. Où pouvait être Harry ?
(Bien sûr, dans certains cas, les phrases courtes peuvent donner un effet stylistique tout à fait convaincant, là n'est pas la question.)
So...
Vous pouvez à présent imaginer mes interrogations et mes doutes; je pense d'ailleurs que si des auteurs passent par là, ils comprendront aisément ce dont je parle.
Si votre silence s'explique par les raisons que j'ai citées précédemment, alors, vous êtes sacrément courageux; sans blague, vous avez presque lu entièrement une histoire qui vous ennuie ou qui vous indiffère.
Si, en revanche, l'histoire vous plaît -ce que j'ai l'audace de croire vu le nombre de lecteurs qui ont mis cette fic en alerte- pourriez-vous, s'il vous plaît, prendre trente secondes pour me dire ce qui vous a motivé à lire jusque-là, ce que vous avez aimé/ ce qui vous a déplu/ ce qui vous interpelle, etc.
Bref, inutile de faire un roman, me dire simplement vos ressentis représente déjà beaucoup, et je pense qu'aucun auteur sur ce site ne prétendrait le contraire.
Un dernier point, il ne s'agit pas de faire du chiffre : si vous préférez m'envoyer un MP, libre à vous, je ne mords pas!
Sans rancune pour cette petite mise au point ?
À mercredi pour le treizième et dernier chapitre,
Ilda
