Chapitre 4
Kurt était appuyé contre les casiers, regardant la porte intérieure très décorée de son casier. C'était un sanctuaire à Blaine. Et la mode mais, surtout à Blaine. Ça faisait depuis un peu plus de deux mois et Kurt était complètement et follement amoureux de Blaine.
Blaine.
La simple mention de son nom faisait vibrer Kurt d'une vague délicieuse et tourbillonnante d'excitation, désir et envie. Blaine. Tellement parfait de toutes les manières. Blaine faisait se sentir Kurt comme le garçon le plus intéressant, le plus magnifique, le plus désirable du monde. Il était tellement attentif, tellement aimant… juste tellement… parfait.
Et il voulait Kurt. Lui. Kurt Hummel. Comment diable était-ce arrivé ?
Kurt regarda une dernière fois les photos, soupira joyeusement et ferma la porte du casier. Il commença à marcher dans le couloir quand…
BAM !
C'était comme se faire heurter par une voiture. Son épaule claqua contre le casier. La force était assez forte pour que son corps rebondisse contre le mur de casiers et il tomba par terre.
Ho. Ho. Ho. Son épaule commençait à pulser de douleur. Il y aurait définitivement un bleu.
Karofsky baissa les yeux vers lui avec un sourire méchant.
« Passe une bonne journée, l'homo. »
Kurt retint des larmes. Son épaule pulsait vraiment maintenant. Il ne leva pas les yeux. Il ne laisserait pas ce connard le voir pleurer.
Il attendit que Karofsky se soit éloigné pour se relever du sol. Il alla aux toilettes et enleva sa chemise pour inspecter les dommages. Sa peau commençait à devenir d'une couleur bleu-violette. Il soupira tristement. Peut-être qu'un jour il pourrait juste être heureux et rien d'autre. Pas d'interruptions. Juste heureux.
C'était Vendredi donc, Blaine arriva chez les Hummel-Hudson juste à 17h30. Quand Kurt ouvrit la porte, Blaine lui jeta un regard et ne dit rien. Il prit simplement la main de Kurt et le guida à sa chambre. Il s'assit sur le lit et tendit les bras.
« Dis-moi ce qui s'est passé. »
Kurt était tellement ému par cet affichage de la connaissance innée de comment il se sentait et ce dont il avait besoin, qu'il courut en fait vers Blaine et plongea dans ses bras. Blaine se rapprocha de la tête de lit et s'appuya contre. Il enroula fermement ses bras autour de Kurt.
« Est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ? »
Kurt renifla et permit aux larmes de couler le long de son visage. « Oui. »
« Qui ? »
« Karofsky. »
Maintenant, à ce moment, si Kurt avait levé les yeux, il aurait pût être terrifié par ce qu'il aurait vu.
Les traits de Blaine étaient sombres. Ses lèvres fines et serrées, formaient une ligne très droite sur son visage. Ses yeux étaient d'un noir profond, sombre et froid.
Malgré le changement d'apparence, la voix de Blaine resta la même.
« Qu'est-ce qu'il a fait ? »
« Rien de nouveau. Il m'a juste… jeté contre les casiers. Je… je ne sais pas pourquoi je fais tellement mon bébé pour ça. Je ne sais pas… pour une quelconque raison… ça m'a juste vraiment fait quelque chose aujourd'hui. Et, maintenant mon épaule me fait mal. »
Le visage de Blaine redevint normal. « Laisse-moi voir ton épaule. »
Kurt hésita. Il n'était pas sûr de vouloir enlever sa chemise devant Blaine. C'était à moitié de la vanité et moitié de l'embarras de comment il se conduisait. Pourquoi est-ce qu'il faisait un gros truc à propos de quelque chose qu'il avait expérimenté plein de fois ?
« Ce n'est pas nécess- »
« Kurt, enlève ta chemise. Maintenant. »
Il y avait encore ce ton. Il y avait un ton dans la voix de Blaine qui obligeait Kurt à faire ce qu'il lui disait. Ça l'effrayait… et l'excitait un peu. Il enleva sa chemise. Blaine inspira profondément et ses yeux s'écarquillèrent. Il y avait un large bleu presque violet sur la peau habituellement sans défaut. Blaine le caressa tendrement avec un doigt, touchant à peine. Il se pencha et l'embrassa doucement. Kurt n'était pas sûr des raisons mais, il trouva le geste assez érotique.
Il remit sa chemise et se rallongea contre Blaine.
« Ça ira. Je suppose que je suis juste émotif aujourd'hui. »
Blaine était silencieux.
Ça pris quelques jours à Blaine pour découvrir quoi faire à propos de Karofsky. Il voulait s'occuper du problème personnellement mais, il n'était pas stupide. Karofsky faisait deux fois sa taille et son poids. C'était impossible qu'il puisse s'en occuper seul. Il avait besoin d'aide.
La politique est vraiment louche. Bien sûr, il y a les scandales dont le public entend parler : des donations de campagne inconvenantes, des fonds de campagnes mal gérés, des récompenses illégales. Mais, le public n'entend habituellement pas parler du côté mauvais, physique de la politique. Les menaçants lieux de vote officiels, l'intimidation de ceux travaillant pour la campagne, les menaces contre le Directeur de la Commission des Elections. Oui, il y avait un côté plus sombre de la politique dont le public restait innocemment inconscient.
Blaine fouilla dans les dossiers de son père pour trouver le nom qu'il recherchait. Il appela. Ils se rencontreraient jeudi soir à 19h, derrière un parc abandonné.
Blaine prit le minivan de sa mère. Elle ne le conduisait plus du tout donc ça ne manquerait pas. Il se gara quatre rues avant et alla à pied. Il devait s'assurer que ça ne pourrait pas être relaté à lui ou la campagne. Non pas qu'il accordait raiment de l'importance à la campagne. Mais, si c'était relié à la campagne, ça pourrait être relié à lui.
Il vit un gars mince et nerveux attendant à l'endroit fixé. Il fumait une cigarette. Eurk. Maintenant Blaine allait devoir changer de vêtements et laver sa veste. Il ralentit et jeta un regard au gars. Le gars le regardait juste aussi attentivement.
« Everette ? »
« Ouais. Tu es Willy ? » demanda Blaine.
« Ouais. »
Willy regarda Blaine de haut en bas. « Tu ressembles à un gamin. »
« Je suis un gamin. »
Willy rit. « Assez jeune pour faire attaquer quelqu'un n'est-ce pas ? »
Les yeux de Blaine s'écarquillèrent et devinrent furieux. « Ce n'est pas une attaque ! Tu comprends ça ? Je ne veux pas qu'il soit tué. Tabasse-le juste. Fais-lui la trouille de sa vie. Ne le tue pas ! »
Willy fit un pas en arrière. « Ouais, ouais. Okay, okay. Calme-toi. Je ne voulais en fait pas dire une attaque. Je voulais juste dire… jeune pour faire ce genre de chose. Merde. »
Blaine réalisa soudain juste à quel point le gars était petit et mince. Il aurait plus de chance avec Karofsky que ce gars.
« Tu es le muscle de cette opération ? »
Willy rit. « Merde non. Regarde-moi. Je suis le cerveau. Tu ne vas pas rencontrer le muscle. C'est pour sa protection et la tienne. Tu me donnes juste les ordres et je m'assurerais que le job soit fait. »
« Très bien. » Blaine sortit un morceau de papier de sa poche. « Voilà tous les détails pour ce qui vous ait demandé. Rappelez-vous. Je le veux juste tabassé. Horriblement. Mais pas tué. Et assure-toi qu'il sache que s'il touche encore Kurt… la prochaine fois il perdra la vie. »
Willy scruta le papier et hocha la tête. « Um hum, um hum. Ouais, ouais. Compris, compris. »
« Ce gars est grand. Il est fort. Un joueur de football. Envoie quelqu'un de bon. »
Willy rit. « Je suis sûr que Lar – que mon gars peut s'occuper de ce lycéen. »
« Je suis sérieux, » dit Blaine. « Ne sous-estime pas ce garçon. Il est grand, fort et méchant. »
« Ouais, ouais. Compris, compris. Tu as l'argent ? »
Blaine prit une enveloppe de l'intérieur de sa veste mais il ne la tendit pas. Il se rapprocha de Willy. Les yeux de Blaine furent soudain froids et sombres. Un frisson maléfique sortit de son corps et s'attacha à Willy le faisant trembler. Sa voix était très basse.
« Si je te donne cet argent et que le job n'est pas fait, ou s'il est relié à moi ou un de mes proches, je vais te trouver, minable. Je vais te trouver et tu vas regretter de m'avoir doublé. Ne sous-estime pas ce dont je suis capable. Je suis peut-être un gamin mais, je suis un gamin maléfique et méchant. »
Les yeux de Willy s'écarquillèrent et il trébucha un peu en arrière. « Ne-ne t'inquiètes pas. Le job sera f-fait. C'est promis. » Est-ce que les yeux de ce gamin venaient de changer de couleur, Ils n'avaient pas l'air noirs avant…
Blaine recula d'un pas et son apparence redevint normale devant les yeux de Willy. Willy voulait foutre le camp d'ici. Ce gamin lui faisait peur.
« Euh, est-ce que tu veux que je t'appelle après que ce soit fait ? »
« Non, » répondit Blaine. « Crois-moi, j'en entendrais parler. » Il tendit l'enveloppe. « Tu peux compter si tu veux. »
Willy ne regarda même pas à l'intérieur. Il voulait juste s'éloigner de ce gamin. Quelque chose n'allait pas chez lui. Quel genre de gamin engagerait un professionnel pour tabasser un autre gamin ?
« Nan, nan. Pas nécessaire. J'te fais confiance. »
« Et, je te fais confiance. »
Willy sourit faiblement. « Très bien alors… je suppose que c'est bon. »
« Oui. C'est bon. » Blaine le regarda, ses yeux durs mais toujours leurs couleurs naturelles. « Oublie que nous nous sommes rencontrés. »
« Bien sûr, bien sûr. »
Blaine se tourna pour partir mais s'arrêta. « Quand est-ce que ça va exactement arriver ? »
Willy eut l'air pensif pendant un moment. « Probablement jeudi ou vendredi. Nous avons d'autres… jobs prévus donc probablement pas avant. »
Blaine hocha la tête et s'éloigna.
Willy le regarda partir. Merde. Quels genres de gamins on faisait de nos jours ?
Vendredi soir, Blaine et Kurt se câlinaient sur le canapé, regardant un film. Bon, Kurt regardait. Blaine appréciait juste la proximité de Kurt. Sa chaleur, son odeur. Mon dieu, il l'aimait tellement. Son propre morceau de paradis dans l'enfer qu'était sa vie. Kurt était allongé entre les jambes de Blaine, sa tête posée sur l'estomac de Blaine. Blaine caressait ses cheveux et regardait dans le vide.
« Kurt ? »
« Hmm ? »
« Je veux juste que tu saches que ça va aller. »
Kurt mit le film en pause. « Qu'est-ce qui va aller ? »
Blaine le regarda. « Tout. Tout va aller. Tu vas bien aller. »
Kurt le regarda d'un air confus mais Blaine continua juste.
« Je vais tout faire pour que tout aille bien pour toi Kurt. Je vais toujours prendre soin de toi. Tu ne dois pas t'inquiéter. Plus jamais. »
Kurt ne savait pas ce qui avait amené cette humeur, mais il aimait quand Blaine s'exprimait comme ça. L'idée de Blaine prenant soin de lui, prenant soin de tout. Ça le rendait heureux et le faisait se sentir tellement aimé. Cependant, Kurt avait remarqué que l'apparence de Blaine changeait légèrement quand il parlait comme ça. Sa voix devenait tellement sérieuse. Ses yeux s'assombrissaient et son corps entier semblait frémir un peu. Kurt était sûr que c'était juste son imagination mais quand même… c'était un peu effrayant et sexy en même temps.
« Je t'aime Blaine. »
« Je t'aime Kurt. »
Plus que tu ne le sais.
