Chapitre 5

Le dimanche matin, Elaine annonça que des membres clefs de l'équipe de campagne venaient pour diner après la messe et que Blaine devait y assister.

« Combien de temps est-ce que ça durera ? »

« Chéri, je ne sais pas. Tu sais comment sont ces choses. Prévoies juste d'être là. »

Merde. Dépendant de la longueur de ce truc, Blaine ne pourrait pas rendre visite à Kurt. Ça voudrait dire cinq longs jours avant qu'il ne puisse passer du temps dans son paradis. Le temps qu'il passait au paradis était la seule chose qui l'aidait à survivre à l'enfer.

Il envoya un rapide message à Kurt.

Un stupide truc de campagne de prévu. Je ne vais peut-être pas pouvoir te voir aujourd'hui. Ça fait mal à mon cœur.

Après l'église, les membres clefs de l'équipe commencèrent à arriver. Il y avait Megan qui s'occupait des relations publiques et de la communication. Jack était le médiateur social et l'expert en informatique. David, Janice et Tim étaient tous stratèges et conseillers. Et ensuite il y avait Phil Williams.

Phil Williams était le conseiller, le stratège et l'ami le plus proche de James. Il connaissait James depuis l'université et avait contribué à l'aider à lancer sa carrière politique. Blaine pensait que Phil était horrible. Même enfant, Phil était le seul adulte que Blaine n'avait jamais essayé de charmer ou de parler avec lui. La façon dont Phil le regardait l'avait toujours mis mal à l'aise. Après qu'il ait fait son coming-out, Phil avait été un super champion pour chercher à l'envoyer dans un camp de déprogrammation. Blaine ne l'avait jamais pardonné pour ça. De temps en temps, il attrapait Phil en train de le regarder, ses yeux pleins de répulsion.

Blaine trainait dans la cuisine, aidant sa mère à préparer les choses. Il espérait se cacher là aussi longtemps que possible. Phil entra.

« Bonjour Blaine. Je ne t'ai pas vu depuis longtemps. »

« Salut. »

« Où est-ce que tu te cachais ? »

« Juste occupé avec l'école. »

« Hm, hm. D'accord. »

Blaine le regarda. Phil avait un air suffisant. Est-ce qu'il savait quelque chose ?

« Tu sais Blaine, tu devrais t'arrêter au quartier général parfois pour aider. Peut-être passer quelques appels ou aider avec les mails. »

Blaine ne dit rien. Il n'avait fait aucun truc comme ça depuis qu'il avait 14 ans. Avant qu'il ne fasse son coming-out.

« Nous pourrions utiliser ton aide. Peut-être que je vais le mentionner à ton père. »

Blaine ne recula pas ou ne changea pas d'expression. Il resta silencieux. Il savait que c'était un leurre.

Phil attendit mais, rien ne vint.

« Ouais, je vais définitivement en parler à ton père. » Phil s'en alla.

Connard.

Blaine subit le diner et essaya de ne pas avoir l'air trop ennuyé quand la conversation de diner devint une conversation de campagne. Il voulait s'échapper mais il ne voulait pas amener l'attention vers lui. En plus, chaque fois qu'il levait les yeux, Phil le regardait avec cette expression suffisante. Blaine voulait lui mettre un coup de boule.

Enfin, quand il sut qu'il ne pouvait pas tenir une minute de plus, il se tourna vers sa mère.

« Est-ce que je peux sortir de table ? »

« Bien sûr, chéri. »

Blaine se fit une note mentale de lui acheter un cadeau très bien pour la fête de mères.

Puis Phil prit la parole.

« Tu sais James, Blaine et moi parlions plus tôt de lui venant aider à faire des trucs au quartier général. »

Blaine se figea. Pourquoi ce fils de p-…

James renifla. « Vraiment ? »

Blaine décida de juste continuer à bouger. Il se dirigea vers les escaliers. Derrière lui, il put entendre Phil continuer. « Bien sûr. Sois proche de tes amis et plus proches de tes enfantes et tes ennemis. Les mains inoccupées sont le terrain de jeu du diable. »

Blaine courut pratiquement à sa chambre. Il ne voulait rien entendre d'autre. Son esprit devenait sombre. Phil ferait mieux de faire attention. S'il se mettait en travers de lui et son temps avec Kurt… et bien, Phil devrait partir.

Pendant que Blaine prenait une rapide douche et changeait de vêtements, les membres de la campagne s'étaient séparés dans la maison, travaillant sur différentes choses. Il se glissa silencieusement devant le bureau de son père et dehors mais Phil le vit. Il se tourna vers le père de Blaine.

« On dirait que Blaine est ailleurs horriblement beaucoup ces jours-ci. »

« Mmm. » James ne leva pas les yeux du rapport qu'il lisait.

« Où est-ce qu'il va ? »

« Hmm ? Quoi ? »

« Où va Blaine quand il n'est pas là ? »

« Oh, je ne sais pas. des trucs de l'école, le club de tennis. Je ne sais pas et j'en m'en fiche un peu. Du moment qu'il n'est pas là à avoir l'air ennuyé, à m'embêter et me taper sur les nerfs. »

« Es-tu sûr que c'est là où il va ? »

James regarda Phil d'un air confus « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Je veux dire, tu dois savoir ce qu'il fait exactement. »

James réfléchit une minute. « Je suppose que tu as raison. »

« Est-ce que tu aimerais que je le découvre ? »

« Oui, fais ça. Je n'ai besoin d'aucune surprise au milieu de la campagne. »


L'affaire avec Phil avait laissé Blaine se sentant sombre et désespéré. Il avait besoin de voir Kurt. De le tenir, le sentir, le toucher. Il se sentait comme un accro en besoin d'une dose.

Quand Kurt ouvrit la porte, Blaine entra et enroula ses bras autour de lui.

« Et bien, salut à toi aussi, » dit Kurt.

Tout le monde était à la maison donc ils laissèrent la porte de la chambre de Kurt ouverte tandis qu'ils s'asseyaient sur le lit.

Blaine était appuyé contre la tête de lit, Kurt était à côté de lui, sa tête posée sur son épaule. Blaine tenait fermement sa main. Kurt ne remarqua pas à quel point ses yeux étaient sombres. Il écoutait juste les mots de Blaine.

« Je t'aime Kurt. Je t'aime tellement. J'ai besoin de toi… plus que tout. Sans toi… je ne sais pas ce que je ferai. Etre avec toi est la seule chose qui m'aide à traverser des journées comme celles-ci. »

Blaine s'assit soudain, le faisant s'asseoir aussi. Blaine regarda dans les yeux de Kurt. Kurt se sentit hypnotisé par l'expression de Blaine. Mais pourquoi est-ce que ses yeux étaient si sombres ? Comment les yeux de quelqu'un pouvaient changer presque complètement de couleur ? La voix de Blaine était calme mais le ton autoritaire était là.

« Tu es à moi Kurt. Tu m'appartiens. Je t'aime. »

« Oui, Blaine. Je sais. »

« C'est vrai Kurt ? Tu comprends ? »

« Oui, Blaine. Bien sûr. Je t'aime aussi. »

Blaine se relaxa contre la tête de lit, amenant la tête de Kurt vers sa poitrine, le tenant, presque trop fermement.

« Du moment que tu comprends que tu m'appartiens. »

« Oui, Blaine. Je comprends. »

Derrière la porte, Burt s'en alla rapidement avant que les garçons ne réalisent qu'il se tenait là. En écoutant.


Le jeudi matin, le lycée McKinley jasait. C'était tout ce dont tout le monde voulait parler.

Quelqu'un avait tabassé David Karofsky.

Genre, vraiment tabassé.

Genre, l'avait tabassé tellement fort qu'il était à l'hôpital et qu'on ne s'attendait pas à le voir partir de sitôt.

Mercedes dansait devant le casier de Kurt quand il arriva ce matin-là.

« OMD ! Est-ce que tu as entendu ? »

Kurt n'avait pas entendu. Son monde se résumait surtout autour de Blaine ces jours-ci. Si ce n'était pas relié à Blaine, il avait tendance à ne pas y faire attention.

« Quelqu'un a tabassé Karofsky hier soir. »

« Quoi ? Quand ? Où ? »

« Et bien, la version de l'histoire que je crois est que Karofsky est parti de l'école hier pour rentrer chez lui. A mi-chemin, quelqu'un a couru sur la route. Puis ils ont sauté, l'ont tiré de sa voiture, l'ont trainé dans les bois et l'ont tabassé horriblement. »

Kurt avait l'air horrifié.

« Mais... pourquoi ? »

Mercedes eut l'air incrédule. « Je sais que tu ne viens pas de me demander pourquoi ? Pourquoi à ton avis, Kurt ? Parce que c'est un con ! La façon dont il te traite et dont il traite les autres gens ici. Il a enfin reçu ce qu'il méritait. »

Kurt savait qu'il devrait guider la parade de fête mais, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il se sentait mal. Bien sûr, il était content que quelqu'un lui ait enfin appris une leçon mais… le tirer de la route ? Le tabasser dans les bois ? Tout ça semblait si horrible.

Ce soir-là au diner, Finn fit un rapport complet de juste à quel point c'était horrible. Le coach Bieste avait parlé aux parents de Karofsky et partagé les détails avec l'équipe.

La jambe gauche de Karofsky était cassée tout comme son bras droit. La plupart des côtes étaient fendues. Il avait deux yeux au beurre noir, une mâchoire brisée et ils avaient cassé deux dents. Il avait une hémorragie interne qui était critique mais pas mortelle. Il ne pouvait pas entendre de son oreille gauche. Les docteurs pensaient que l'audition pourrait revenir mais ne pouvaient pas être sûrs.

Ils ne savaient absolument pas qui avait fait ça ou pourquoi.

Kurt regarda son assiette. Il avait toujours rêvé de vengeance contre Karofsky mais ça… c'était effrayant.

« Ça va, mon pote ? » Burt pouvait voir le conflit intérieur de Kurt. Même Burt se débattait avec les nouvelles. En tant que parent de Kurt, il était heureux mais, aussi en tant que parent, il ne pouvait pas imaginer par quoi les Karofsky passaient.

« Oui. C'est juste… assez triste. »

« Quoi ? » cria Finn. « Est-ce que tu fais une blague ? Toi parmi tout le monde devrais être heureux ! »

Kurt ne dit rien.

Ce soir-là, il en parla à Blaine.

« Wow Kurt. C'est quelque chose. Et bien, il le méritait. »

Kurt resta silencieux.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Kurt soupira. « Tout le monde continue de dire qu'il le méritait et… je suppose que peut-être oui mais… »

Blaine se sentit paniqué. Ce n'était pas la réponse qu'il attendait.

« Mais quoi ? »

« Ça a juste l'air tellement horrible. »

« La façon dont il t'a traité était horrible. »

« Je sais mais… je ne sais pas. »

Blaine pût sentir son amour pour Kurt grandir dix fois plus. Le garçon était vraiment l'incarnation du paradis. Seulement une créature céleste pouvait ressentir de la compassion pour quelqu'un qui l'avait rendu malheureux.

« Et bien Kurt, je pense qu'il le méritait. Tout ça et je suis content que quelqu'un lui ait enfin appris une leçon. Maintenant, peut-être qu'il te laissera tranquille, en supposant qu'il revienne à l'école. »

« Ouais, je suppose. A moins qu'il ne revienne plus furieux et en cherchant quelqu'un pour se venger. Alors j'aurais des problèmes. »

« Nan, ça n'arrivera pas. »

« Comment le sais-tu ? »

« Fais-moi confiance. Il ne te touchera plus jamais. »