Chapitre 15

Kurt et Blaine étaient en voiture depuis 10 minutes quand Kurt leva les yeux et réalisa dans quel mauvais état était Blaine.

« Arrête la voiture. »

« Quoi ? »

« Arrête la voiture. Je vais conduire. »

« Kurt, tu ne sais pas où nous allons. »

« Cette voiture de luxe n'a pas de GPS ? Entre l'adresse et je suivrais les instructions. »

« Là où nous allons ne se montrera probablement pas sur le GPS. »

« Où est-ce qu'on va ? »

Blaine soupira. « C'est l'endroit où j'allais t'emmener le week-end prochain. J'ai appelé le propriétaire et demandé si nous pouvions venir une semaine plus tôt. C'était libre donc… »

Kurt regarda par la fenêtre. Oh. Le week-end romantique que Blaine avait prévu. Tellement pour ça.

« Blaine, tu as une tête abominable et tu as l'air d'être sur le point de t'évanouir n'importe quand. Sors, je conduis. Je vais suivre le GPS jusqu'à ce que je ne puisse plus. »

Ils changèrent de place et en moins d'une minute, Blaine s'endormit.

Kurt agrippa le volant et essaya de calmer ses nerfs. Il faisait sombre et les routes de l'Ohio étaient célèbres pour ne pas avoir de lampadaires. Il suivit les instructions du GPS pendant presque 3 heures et à son soulagement, quand les instructions semblèrent s'arrêter, il remarqua un signe. Château de Silver Creek. Kurt renifla. Un château ? En Ohio ? Sérieusement ? Oh, ça devrait être bien.

Kurt continua de rouler le long d'une grande et sinueuse colline jusqu'à ce qu'il arrive à un chemin et un autre signe. Il continua de conduire jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'il était perdu et puis il la vit. C'était une large maison de campagne, au milieu des bois. Il s'arrêta devant et sortit.

Ils étaient au milieu de nulle part. Kurt n'était pas fan de camping ou du grand air mais, c'était magnifique. Il se demandait comment serait l'intérieur. La plupart des endroits comme celui-là avait toujours ce charmant décor d'auberge de campagne. Kurt détestait ça. Il regarda autour de lui. Comment étaient-ils supposés entrer ? Il essaya la porte d'entrée et, à sa surprise, elle était déverrouillée. Il entra à l'intérieur et fut époustouflé.

A l'intérieur, la maison était décorée et équipée comme une suite d'un hôtel moderne 5 étoiles. Il y avait un large salon avec un immense écran plat. La cuisine avait tous les meilleurs équipements. La salle à manger avait une table qui pouvait accueillir 12 personnes avec un magnifique lustre accroché au plafond. La salle de bain principale était fantastique. Il y avait un miroir et un immense jaccuzi. La chambre à coucher était immense avec un lit de roi et un autre écran plat au mur. Il y avait deux chambres plus petites, chacune avec un écran plat et une salle de bain privée, bien que pas aussi grande que la principale. Le décor était moderne mais, chaud et romantique.

Comment diable Blaine avait-il trouvé cet endroit ?

Kurt retourna à la voiture et prit tous leurs sacs. Il regarda Blaine. Il détestait le réveiller mais, il n'était pas sûr de pouvoir le porter.

« Blaine ? Chéri, réveille-toi. Nous sommes arrivés. »

Les yeux de Blaine s'ouvrirent d'un coup, pleins de peur.

« Chut. Blaine. Ça va. Allez, entrons. »

Kurt aida Blaine à marcher jusqu'à la maison et vers la chambre. Ce ne fut que lorsqu'il l'assit sur le lit et commença à le déshabiller, qu'il vit à quel point les choses étaient mauvaises. Il haleta quand il enleva la chemise de Blaine. Les bleus semblaient horribles. Et douloureuses. Il remarqua aussi l'énorme bosse sur le côté de sa tête. Les yeux de Kurt se remplirent de larmes.

« Blaine, qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

Blaine marmonna, toujours à moitié endormi. « Rien. Je vais bien. Papa juste en colère. En colère contre moi... »

Kurt ne demanda rien d'autre. Il l'allongea sous les couvertures et grimpa prudemment derrière lui. Puis il se rappela qu'il n'avait pas appelé son père. Il se leva et alla dans le salon avec son portable. Burt répondu à la première sonnerie.

« Kurt ? »

« Ouais papa. Nous sommes arrivés. »

« Où es-tu ? »

« C'est appelé le château de Silver Creek. C'est un… » Kurt s'arrêta. Dire à son père qu'il restait dans une maison, dans les bois, seul avec son petit-ami n'était probablement pas une bonne idée.

« C'est un… un chalet. Tu sais, comme Hueston Woods. C'est un peu en-dehors de la ville. Il y a des gens autour mais, pas beaucoup. » Kurt grimaça tandis qu'il disait le mensonge.

« Est-ce que ça va ? »

« Ouais, je vais bien. Blaine… » Encore, il s'arrêta. Combien de mensonges devrait-il dire ce soir ? Il ne pouvait pas dire à son père que le père de Blaine l'avait tabassé.

« Blaine dort. Vraiment fatigué de toute la route. »

« Très bien Kurt. Tu devrais probablement te reposer un peu. Je suppose… que vous avez des lits séparés ? »

Mensonges. Mensonges. Mensonges. « Oui. »

« Okay mon pote. Va te reposer. Fais attention. Je t'aime. »

« Je t'aime aussi. »

Kurt regrimpa sur le lit à côté de Blaine et essaya de ne pas se sentir coupable d'avoir menti à son père. Son père devait savoir que la probabilité d'eux partageant un lit était plutôt haute. Après tout, ils étaient deux adolescents hormonaux amoureux.

Kurt regarda Blaine dormir. Il semblait paisible mais aussi… faible. Kurt n'avait jamais, jamais vu Blaine faible. Il était toujours si fort et puissant. Kurt trouvait son pouvoir intoxicant et attirant. Et un peu effrayant. Il détestait voir Blaine comme ça. Battu et blessé. Ça lui brisait le cœur.

~oOo~

Kurt se réveilla tôt le lendemain matin et se doucha et s'habilla silencieusement. Il voulait que Blaine se repose autant que possible. Quand il entra dans la cuisine, il réalisa qu'ils n'avaient rien à manger et, il était affamé. Devrait-il risquer d'aller en ville seul ? Il décida qu'il n'avait pas le choix. D'ailleurs, ce n'était pas juste. Il y a une semaine, il n'y aurait pas pensé à deux fois pour aller en ville. Ça ne faisait même pas 24 heures et déjà, l'article affectait ses actions. Il écrivit une note pour Blaine et prit les clefs de voiture.

La ville de Silver Creek était petite. Kurt s'arrêta pour de l'essence puis se dirigea vers la seule épicerie de la ville. Il fut agréablement surpris. Puisque Silver Creek était au milieu de la campagne, tous les produits et viandes étaient frais. Il appréciait en fait cette petite excursion jusqu'à ce qu'il rejoigne la caisse et voie le journal.

Et voilà. En première page. C'était assez choquant, le voir sur papier plutôt qu'un écran d'ordinateur. Pour une quelconque raison, il sentit qu'il devrait acheter un exemplaire. Il en saisit un du comptoir et le plia en deux, priant pour que la caissière ne remarque pas qu'il était le gars à la une. Elle ne remarqua pas.

Quand il revint à la maison, Blaine était toujours endormi. Kurt se mit à cuisiner. Il décida de faire des biscuits ainsi que du bacon et des saucisses. Peut-être une quiche. Blaine apparut enfin.

« Bonjour. »

« Salut. D'où vient la nourriture ? »

« Je suis allé en ville. Est-ce que tu as faim ? »

« Ouais, mais j'ai besoin d'une douche. »

« Okay. Qu'est-ce que tu veux ? »

« Des œufs brouillés et beaucoup de bacon et de saucisse. »

Kurt sourit. Carnivore. Blaine avait l'air mieux. Moins usé mais toujours fatigué.

Après sa douche, il eut l'air rafraîchi. Il goba tout ce que Kurt posa devant lui. Ils sortirent dans le jardin et s'assirent à côté l'un de l'autre dans des chaises longues. Le jardin était devant un bois. Ils restèrent assis en silence jusqu'à ce que le portable de Kurt ne sonne. C'était Burt. Il raconta à Kurt le cirque prenant place devant chez eux. Les yeux de Kurt se remplirent de larmes. C'était vraiment le bordel. Il raconta tout à Blaine.

« Qu'est-ce que nous allons faire ? »

« Rien, » répondit Blaine. « Il n'y a rien que l'on puisse faire. »

« Tu ne penses pas que tu devrais... je ne sais pas... faire une déclaration ou quelque chose comme ça ? »

« Pourquoi ? C'est le bordel de mon père, pas le mien. En plus, beaucoup de ce que cet article dit est vrai. Bien sûr, certains trucs étaient exagérés et embellis un peu, mais beaucoup était vrai. Je suis bien resté à écouter mon père publiquement déclarer qu'il me détestait. Que j'étais mauvais et /sinful/ et ne méritais pas de me marier ou d'avoir des enfants. Il n'a jamais publiquement dit, je déteste Blaine, mais il a dit, je déteste les gays, et je suis gay donc, la connexion était là. Et, j'étais seul pendant longtemps. Il a dit clairement que je ne pouvais pas avoir de petit-ami. C'est pour ça que Tyler était tellement énervé pour toi. On s'est amusé jusqu'à ce que je réalise qu'il tombait amoureux de moi. Je n'étais alors pas assez fort pour défier mon père. J'avais peur de lui donc, j'ai coupé le contact avec Tyler. »

La voix de Kurt était calme. « Qu'est-ce qu'il t'est arrivé hier soir ? »

Blaine était silencieux. Combien voulait-il lui dire ? Il ne se rappelait pas de tout lui-même.

Quand mon père a découvert l'article… il m'a tapé dessus. »

« Est-ce que tu t'es défendu ? »

Blaine regarda Kurt. C'était une question étrange.

« J'ai essayé… pourquoi ? »

Kurt ne savait pas s'il voulait vraiment descendre cette route. Dernièrement, il avait pensé à Blaine et comment il semblait parfois exercer un contrôle sur les actions de Kurt. Kurt pensait qu'il imaginait des choses mais… dernièrement, le contrôle semblait plus fort et plus seulement une partie de son imagination. On dirait juste que Blaine avait l'habileté de… faire des choses. De faire faire des choses à Kurt. Pouvait-il contrôler les autres ?

Kurt le regarda. Blaine ne détourna pas le regard.

« Rien. Je me demandais juste. »

Blaine continua de le regarder.

« Tu me mens. »

« Quoi ? Non… »

« Tu me mens, Kurt. Qu'est-ce que tu penses vraiment ? »

« Je… rien… juste je… rien. »

Les yeux de Blaine furent soudain calme. Il avança vers Kurt et s'assit doucement au-dessus de lui, le chevauchant. Il caressa son visage.

« Tu n'as pas la permission de me mentir. A quoi est-ce que tu penses ? »

Kurt le regarda. Il se sentit soudain effrayé.

« Blaine… ne parlons pas de ça maintenant. Il y a déjà… »

« Kurt, dis-moi à quoi tu penses. »

Ah, ce ton.

« Parfois… j'ai le sentiment que tu peux… contrôler les gens. Ou, du moins, me contrôler. »

Les yeux de Blaine devinrent chaud mais, ils prirent une nuance plus profondes. Cette fois, Kurt le vit clairement. Il savait qu'il ne l'avait pas imaginé. Il le vit. Juste devant ses propres yeux. Sa respiration s'accéléra un peu et son corps se tendit. Blaine se rapprocha de son visage et déposa lentement de petits baisers sur ses joues, son nez, son front et ensuite, ses lèvres. Il regarda ensuite droit dans les yeux de Kurt.

« Oui, Kurt. Je peux te contrôler. Je peux te contrôler parce que tu me permets de te contrôler. Est-ce que tu sais pourquoi tu me permets de te contrôler ? C'est parce que tu m'appartiens. Tu es à moi. Je te possède et donc, je peux te contrôler. »

Kurt sentit un petit tremblement de peur le traverser. Pourquoi devenait-il excité par ça ?

« Et, tu sais quoi d'autre ? » continua Blaine. « Une fois que j'irais mieux, je vais te faire l'amour, et puis je vais te baiser tellement, tellement fort Kurt. Tu vas crier tellement fort et tu vas jouir très, très fort et ensuite… ensuite Kurt, tout sera complet. Nous serons complets. »

Blaine se leva et entra dans la maison.

Les yeux de Kurt s'ouvrirent. Dans quoi s'était-il mis ? Mais plus important… pourquoi n'essayait-il pas de partir ?

~oOo~

Les garçons passèrent le reste du vendredi, se prélassant dans la maison. Blaine dormit beaucoup pendant que Kurt le regardait. En réfléchissant. Longtemps.

Il était amoureux de Blaine. Totalement et complètement amoureux. Il voulait Blaine. Avait besoin de lui. Mais… il le craignait aussi. Est-ce que la peur était une partie saine d'une relation ? Kurt était plutôt sûr que la réponse était non. Il n'avait pas peur que Blaine lui fasse du mal. Il avait juste peur de ce qui vivait en lui. L'obscurité qui semblait émaner de lui. La façon dont ses yeux changeaient de couleur. La façon dont il pouvait faire faire à Kurt ce qu'il disait. Ce qu'il voulait. Qu'est-ce que c'était que ça ? Comment faisait-il ça ? Qu'est-ce qu'était Blaine.

Voulait-il vraiment savoir ? Est-ce que ça importait ? Du moment qu'il était heureux, est-ce que ça importait ?