Chapitre 31

James Anderson était assis à son bureau, un album photo et une bouteille de bourbon devant lui. Le directeur des pompes funèbres lui avait dit de choisir une photo de Phil pour la nécrologie. Ils pourraient utiliser la photo de campagne officielle mais, James voulait en utiliser une différente.

Tandis qu'il regardait les photos, des larmes coulaient sur son visage. Il n'arrivait pas à se rappeler de la dernière fois qu'il avait pleuré. Il n'avait pas pleuré à l'enterrement de son père. Il avait pleuré à celui de sa mère. Elle était morte exactement un mois après son père et le fait qu'elle voulait mourir, avait donné le sentiment à James d'être abandonné et pas aimé, malgré avoir presque 30 ans au moment de sa mort.

Qu'était-il supposé faire sans Phil ?

Phil avait été son roc. Son champion. Son soutien numéro un. Son meilleur ami. Il devait tout à Phil. Et maintenant il était parti, laissant James pour tout trouver tout seul.

Et pour s'occuper de Blaine.

James ferma l'album photo, prit une lampée de bourbon directement de la bouteille et alla vers la fenêtre. Il regarda le jardin expansif. Il vit Blaine, marchant avec un autre garçon. Un garçon mince avec des cheveux bruns. Ils se tenaient la main.

James les regarda marcher dans la partie boisée du jardin. Blaine avait construit un fort quand il était plus jeune. Il avait aussi une cabane dans un arbre.

James soupira. Il était trop déprimé pour même s'y interessé. D'ailleurs, il devait aller chez Phil et trouver un constume pour l'enterrement et voir quelle information de campagne Phil avait rangé là-bas.


« Oh, Kurt. Tu es une vraie fille ! »

« Je suis offensée par ça au nom de toutes les filles. Je suis sûr que Lauren Zizes pourrait faire ça sans problème. Je ne suis juste pas du type nature. »

Kurt avançait prudemment à travers les brindilles et les broussailles pour aller visiter la cabane de Blaine. Blaine était allé en avant, sautant facilement et courant à travers les bois. Il se retourna et rit de son magnifique petit-ami, marchant comme s'il mettait les pieds sur des œufs.

Kurt le rattrapa enfin.

« Tu sais. Je me suis fait tabassé hier. »

Le visage de Blaine s'assombrit immédiatement.

« Oh, merde. Kurt... je suis désolé. Je n'ai pas pensé à ça. »

« C'est pas grave. Montre moi ta magnique cabane. »

« Non. C'est bon. Retournons dans la maison. »

« Non. Ne sois pas idiot. Je suis déjà ici. Viens. Peut-être que je peux dessiner un plan de décoration d'intérieur pour toi. »

Blaine lui prit la main et le guida lentement sur un petit chemin.

Wow. Kurt était impressionné. C'était vraiment une maison dans un arbre. Complète avec des fenêtres et des escaliers, au lieu de ces échelles qui étaient dures à monter.

Blaine leva des yeux mélancoliques. « J'adorais monter ici quand j'étais gamin. Ma mère me faisait des sandwichs au beurre de cacahouètes et à la confiture et venait déjeuner avec moi. » Kurt pensa à la femme qui pleurait en face de laquelle il s'était assis plus tôt dans la journée. Oui, il pouvait la voir faire ça.

Blaine soupira. « J'ai en fait eu un enfance géniale jusqu'à mon coming-out. »

Ils se tinrent là pendant quelques minutes jusqu'à ce que Kurt ne demande, « Tu veux monter ? »

« Non. Je ne veux pas que tu grimpes là-haut. Nous pourrons y retourner quand tu iras mieux. Je n'aurais pas dû te trainer ici. »

Kurt lui prit la main et l'embrassa sur la joue. « C'est bon. Je suis content que tu l'ais fait. »

Ils retournèrent vers la maison, s'arrêtant pour s'asseoir sur un banc sous un arbre. Kurt posa sa tête sur l'épaule de Blaine, lui tenant la main. Il prit une profonde respiration.

« Blaine... que s'est-il passé hier... après que je sois parti ? »

Il sentit le corps de Blaine se tendre. « Pourquoi est-ce que tu demandes ? »

« Blaine... je veux savoir. »

« Pourquoi ? »

« Parce que... j'ai besoin de savoir. »

« Non tu n'as pas besoin. Sâches juste que Phil est... parti et tu es en sécurité. »

Kurt resta silencieux quelques minutes. Sa voix resta calme.

« Est-ce que tu l'as tué ? »

Blaine se tourna et regarda Kurt dans les yeux.

« Oui. »

« Comment ? »

« Comment ? »

« Oui, comment ? »

Blaine soupira. Il ne voulait vraiment pas entrer là-dedans.

« Ecoute, il est mort, okay ? Je l'ai tué. Fin. »

La voix de Kurt était calme mais, ferme.

« Comment exactement l'as-tu tué ? »

Blaine regarda dans le jardin.

« Blaine... comment exactement est-ce que tu l'as tué ? Dis-moi. »

« Non. »

« Blaine... »

« Kurt ! Assez ! Je l'ai tué ! Ça n'a pas d'importance comment. »

« C'est important pour moi. »

« Pourquoi ? »

Kurt hésita. Il n'était pas prêt pour parler à Blaine de la sensation qu'il avait ressenti quand il avait repoussé Phil de lui. Comment ses mains avaient semblé chaudes. Chaude de la façon dans le corps de Blaine était souvent. S'il se faisait infecté par Blaine, il voulait en savoir plus sur son pouvoir.

« J'ai juste... j'ai besoin de savoir. »

Blaine soupira. Il ne pouvait rien refuser à Kurt. Il le regarda dans les yeux.

« Je l'ai poignardé. Je l'ai brûlé. Je l'ai étranglé. Je l'ai torturé. Et puis je l'ai laissé brûler. »

« Est-ce que c'est toi qui l'a fait ou l'obscurité ? »

« C'est pareil. J'ai abandonné le contrôle et l'ai laissé prendre le dessus... oui, je l'ai fait. »

Ils restèrent assis en silence. Kurt ferma les yeux et essaya de réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. L'homme dont il était follement amoureux avait torturé et tué une autre personne. L'homme qu'il voulait épouser était un meurtrier. Il pouvait sentir les yeux de Blaine sur lui. Une autre question surgit dans sa tête.

« Comment est-ce que tu m'as trouvé ? Comment est-ce que tu as sû que j'étais là ? »

« Je t'ai entendu crier mon nom. »

Kurt hocha lentement la tête. « Et je t'ai entendu me dire te dire où j'étais. »

Blaine se mit soudain à genoux devant Kurt. Il le regarda dans les yeux et relâcha le contrôle. Il était serré. Tellement serré, Kurt lutta pour respirer un peu.

« Blaine... » il haleta.

« Kurt, je t'aime. Je t'aime tellement que ça fait mal putain. Je t'ai toujours demandé si tu comprenais parce que... j'ai besoin que tu comprennes Kurt. De vraiment, vraiment comprendre ce que je te dis. Ce n'est pas des conneries. Ce n'est pas un amour de lycée. Je. T'aime. Je tuerai pour toi. J'ai tué pour toi. Tu es à moi et ça ne changera jamais, jamais. J'ai besoin de savoir que tu comprennes vraiment ça, Kurt. Je t'épouserai et je prendrai soin de toi pour toujours. Oui, j'ai torturé et tué Phil et tu sais quoi Kurt ? Je ne me sens pas mal pour ça. Je suis content de l'avoir fait. Il le méritait. Il voulait te violer Kurt et je ne pouvais pas avoir ça. Je ne peux pas supporter que quiconque te fasse du mal. Donc, oui, je l'ai tué et je le ferai encore, et encore, et encore. Est-ce que tu comprends ? Tu comprends, Kurt ? Hein ? »

Blaine relâcha le contrôle et regarda Kurt dans les yeux. Pour la première fois, les yeux de Blaine étaient désespérés et suppliants. Kurt ferma les yeux et comme autant de fois avant, il se demanda si c'était ce qu'il voulait. L'amour fou, effrayant, passionné, chaud, dangereux, le consumant, possessif d'un garçon qui pouvait le baiser jusqu'à le mettre en morceau, le contrôler avec un simple contact et apparemment, perdre son esprit et assassiner ceux qui menaçaient de le blesser.

Est-ce que Kurt Hummel voulait ça ? Pourrait-il vivre avec ce genre d'amour dangereux ?

Kurt ouvrit les yeux.

« Oui, Blaine. Je comprends complètement. »

Blaine se détendit.

« Mais... »

Blaine se tendit encore.

« Je ne t'épouserai pas à moins que tu ne comprennes quelque chose et que tu acceptes de faire quelque chose pour moi. »

Blaine prit les mains de Kurt dans la sienne et les embrassa doucement.

« N'importe quoi magnifique, n'importe quoi. »

Kurt haussa un sourcil. « Ne sois pas trop rapide à accepter. Tu pourrais ne pas aimer ce que je suis sur le point de dire. »

Blaine prit note du ton sérieux de Kurt. Il se leva du sol et s'assit à côté de lui sur le banc.

« Okay. Entendons ça. »

« D'abord, j'aime que tu veuilles prendre soin de moi mais, je ne suis pas sur le point de rester à la maison, à attendre que tu reviennes du bureau. Je ne serai pas un mari qui reste à la maison. »

Blaine fronça les sourcils. « Qu'est-ce que tu veux faire ? »

Kurt devint tout excité. « La maison de Hummel. Ou, Kurt Hummel Designs. Je n'ai pas décidé. J'ai plusieurs schémas du logo K&H que je prévoie d'utiliser. »

Blaine continua de froncer les sourcils. Une maison de mode. Beaucoup de beaux modèles mâles se baladant. Il allait devoir leur mettre une peur du diable pour s'assurer qu'ils restent loin de Kurt, sauf dans une manière strictement professionnelle.

S'il y avait une version mâle gay d'un sexiste, Blaine l'était. Il voulait Kurt pied nu et dans la cuisine. Ou peut-être en talons. À cuisiner des cupcakes. Avec son tablier. À attendre que Blaine rentre à la maison.

Mais, il savait que Kurt était intelligent et talentueux. Il devrait avoir sa propre carrière.

« Okay. Tu travailles au lieu de m'attendre. Quoi d'autre ? »

Kurt bougea nerveusement. Cette prochaine requête n'allait pas être aussi facile.

« Je veux que nous découvrions ce qu'est l'obscurité. »

« Quoi ? »

« Je veux que nous le découvrions... faire des recherches. Essayer de trouver ce que c'est et d'où est-ce que ça vient. »

« Je sais déjà ce que c'est. C'est ma protection et je l'ai eu de mon grand-père. »

« Mais, est-ce que tu ne veux pas savoir... comment ça marche ? Si le sexe affaiblit l'obscurité, pourquoi est-ce que tu es devenu si fort durant les dernières semaines ? Nous avons couché ensemble comme des lapins et, tu n'as pas devenu plus faible, Blaine. S'il y a quoi que ce soit, tu es plus fort et plus puissant que jamais. Nous avons besoin d'apprendre comment ça marche. »

Blaine était curieux mais, à qui était-il supposé demander ?

« Kurt, ça ne m'embête pas qu'on essaye de... découvrir des choses mais, franchement, je ne saurais pas où commencer. Mon père ne va pas aider. Surtout après tout ce qui est arrivé. »

« Je sais. Je ne suis pas sûr de quoi faire mais, je veux que tu acceptes que nous essaierons au moins. »

Blaine soupira et regarda Kurt. Comment est-ce qu'une personne pouvait en aimer une autre personne si fortement ? Tellement violemment, avec un désir et un besoin pour l'autre que ça touchait l'obsession ? Est-ce que Kurt comprenait ce qui avait transpiré hier ? Son petit-ami, son fiancé, son amant avait tué pour lui. Tué pour lui. Quelque chose que des hommes et des femmes ont fait pendant des siècles. Tuer un autre par amour. Est-ce que Kurt comprenais juste combien c'était profond et ce que ça voulait dire ?

S'il n'appartenait pas à Blaine avant, maintenant c'était certainement le cas.

« Okay magnifique. Tout ce que tu veux. »