Titre : Only Poisoned Your Mind

Auteur :Wolfin Hope

Bêta reader : veronicka

Origine :Twilight

Genre : Yaoi/Slash, Angst, Crime & Friendship/Romance

Couple : Jared/Embry pour l'instant, Jacob/Paul d'autres peut être à découvrir...

Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !

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Notes de début : Allez hop premier lime...

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Partie 3

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Finalement ce n'est que le lendemain matin que Paul répond par l'affirmative à l'invitation de Jacob. Il meurt d'envie d'aller à ce rendez vous et d'un autre coté il espère avoir rendu réponse trop tard et que l'autre n'ait pas pu se libérer. Son portable vibre sur le canapé, il le saisit rapidement.

1 nouveau message de Jacob : *Parfait. Je passe te prendre à 19h, prévois une tenue de soirée.*

Dit comme ça, il n'a plus tellement le choix. Il se demande tout de même comment l'autre sait où il habite parce que là, c'est sur, il va voir son immeuble miteux dans toute sa splendeur et en plus il n'a absolument pas le temps de faire le ménage chez lui... Tant pis il s'arrangera pour l'attendre à l'extérieur. Le 'tenue de soirée' le fait tiquer, rien qu'à voir la classe naturelle de Jacob c'est clair qu'il va finir dans un endroit ultra chic, où il n'aura certainement pas sa place.

Il décide quand même de faire de son mieux pour ne pas décevoir l'autre homme. Après s'être douché il trépigne dans sa chambre, il n'a jamais été très à l'aise en costard, mais par chance il a gardé celui du mariage d'Emmett et Rosalie. Très simple, noir avec une chemise blanche. Il se regarde dans la glace, c'est vrai que ça lui va plutôt bien, toutefois il aurait préféré une tenue un peu plus décontractée. Il se débat avec la cravate, ne parvenant absolument pas à la nouer convenablement. Non mais il va avoir l'air de quoi ?

Il abandonne l'idée de nouer la cravate qui pend piteusement à son cou et se passe un peu de gel dans les cheveux. Il se sent nerveux et n'arrête pas de se jeter des coups d'œil dans la glace, s'il avait été une fille il aurait mis des heures à se maquiller, ça c'est sur et ça lui semble très pathétique. Il est pitoyable ! De violents coups frappés à sa porte le font sursauter. il grogne avant de se dépêcher d'aller ouvrir. De toute façon pour tambouriner à casser la porte il n'y a que Jared !

"Waouh !"

S'exclame ce dernier en reculant d'un pas, il fait des gestes avec ses bras pour manifester son émerveillement. Embry soupire derrière lui tout en levant les yeux au ciel.

"Ta gueule Jared !" Fulmine Paul, exaspéré par l'exagération de son ami.

"Allez allez, tu t'es fait tout beau ! Il t'emmène où, Mr Black ?"

Paul distingue Embry qui donne un coup de coude à son compagnon.

"Au moins maintenant je sais comment Jacob sait où j'habite..."

"T'aurais pas pu nous le cacher très longtemps..." Conclut Embry.

Ça, c'était pas si sûr, songe leur hôte en les laissant entrer. Les deux intrus doivent partir au travail, à ce propos Paul se demande de quelle manière Jacob a pu y échapper, ça fait sans doute partie des avantages à être le fils du patron !

Embry a la bonté de lui faire un nœud de cravate présentable pendant que Jared s'est confortablement installé sur le canapé et affiche un sourire ravi en lançant :

"C'est pour ce soir ?"

Paul se retourne brusquement vers lui, agacé, et en ayant peur de comprendre le sens de cette phrase.

"De quoi ?"

Embry râle que s'il continue de bouger il ne pourra pas terminer le nœud de cravate. Paul est tendu, et ça amuse beaucoup son meilleur ami qui l'a rarement vu ainsi.

"Ben tu vas bien te le faire nan ?"

Seul un grognement et le soupir de son petit ami lui répondent. Paul n'en est pas aussi sûr lui... Enfin non pas que l'idée le repousse, loin de là, mais Jacob est tellement... spécial... et imprévisible. Embry se permet une remarque sarcastique, sa tâche terminée :

"En tout cas tu devrais ranger un peu si tu comptes faire ça ici."

"Ah mais je vais rien faire du tout à la fin !"

Paul admet tout de même mentalement que les vêtements essayés, éparpillés en pagaille, ne sont pas du meilleur goût. Jared pouffe puis se lève et attrape Embry par la taille.

"Bon nous on file et oublie pas de te protéger hein ! Ahah !"

Il se rue vers la porte avec son petit ami et la referme juste avant que le coussin envoyé par Paul n'arrive droit dessus. Le jeune homme resté seul, ne cesse de jeter des coups d'œil à sa montre. Il s'accoude à la fenêtre et son regard se focalise sur la rue, les voitures qui défilent dans un ronronnement continu, sous la pluie battante. A ce propos il se demande à quoi peut bien ressembler celle de Jacob, il aura sûrement honte de la sienne à coté... Quoique sa bonne vielle golf lui est si fidèle depuis de nombreuses années...

Coupant court à ses pensées il enfile sa veste de costume et quitte son appartement. Après avoir descendu les marches des escaliers quatre à quatre, il s'arrête dans le hall, l'air froid venant de l'extérieur lui tire un frisson. Il aperçoit Momo dehors au téléphone mais ce qui attire ses yeux admiratifs c'est une Jaguar XKR noire et brillante, s'engageant sur le parking, totalement décalée avec les autres voitures présentes. Aucun doute quant à son propriétaire.

Oubliant tout principe de retenue ou de fierté face à une merveille pareille, Paul franchit la porte transparente de l'immeuble précipitamment. Il prend le temps de détailler la carrosserie et adopte une marche qu'il espère décontractée jusqu'à la voiture. La vitre teintée côté passager est descendue et Jacob lui adresse un signe l'invitant à prendre place. Paul ne se fait pas prier, la pluie froide le convainc d'écourter la contemplation de la superbe voiture. L'intérieur est à l'image de l'extérieur, luxueux et impeccable. La sellerie est en cuir noir avec un liseré rouge, le tableau de bord est assorti, doté d'un écran de navigation et de toutes les dernières options. Le mécano savoure le fait de pouvoir rouler dans une voiture comme celle ci, ça ne lui arrive pas tous les jours, et en tant que passionné, c'est toujours un plaisir pour lui.

Bien sûr, l'autre jeune homme présent dans l'habitacle attire aussi son attention, mais il veille à rester concentré sur la voiture. Jacob le salue simplement en se penchant pour lui embrasser la joue, c'est chaste et même assez distant. Cependant l'autre ne s'en formalise pas, après tout, ils se connaissent depuis trois jours. La conversation part tout de suite sur la voiture, inévitablement ! En toile de fond la musique d'une fréquence radio actuelle les accompagne. Emporté par la discussion Paul a arrêté de se demander qu'elle pouvait être leur destination, toutefois quand le silence s'installe, un regard à travers la vitre lui indique qu'ils approchent des quartiers de Manhattan. La gorge serrée il s'autorise un petit :

"Dis moi Jacob on va où ?"

Le coin des lèvres de l'autre s'étirent et il évite habilement la question.

"Appelle-moi Jake !"

"Nmmpff"

"Je prends ça pour un oui."

Paul se retient de râler, après tout il ne voudrait pas faire mauvaise impression, même si son compagnon n'a pas répondu à sa demande. Il a l'art de jouer avec les mots apparemment et il ne peut rien faire contre ça, sa franchise et sa confiance habituelle sont quelque peu mises à mal par la présence de Jake. Il se complaît donc à la vue qui s'offre à lui, les établissements de Manhattan, tous plus lumineux les uns que les autres se dessinent. Il ne sait plus trop se situer à partir de là, il est rarement venu dans ce coin. L'inconnu, l'impossibilité à contrôler la situation, un sentiment confus prennent possession de lui. Jacob semble quant à lui tout à fait détendu dans son impeccable costume de grand couturier.

La voiture ralentit considérablement et Paul lève les yeux vers l'enseigne d'un restaurant 'Le Lys Blanc'. Voilà qu'en plus c'est écrit dans une langue étrange ! Perdu dans son étude de l'appellation il ne se rend pas compte que la voiture s'est arrêtée devant une allée décorée de fleurs et de petites lampes d'ambiance. Qu'elle n'est pas sa surprise lorsqu'on lui ouvre la porte : il se retrouve avec dans son champ de vision, un homme vêtu sobrement qui lui tient la porte.

La surprise passée et ses yeux ronds ayant bien dévisagé le bonhomme imperturbable, il se saisit de la dignité qu'il lui reste pour sortir de la voiture. Jacob l'a rejoint et tend aimablement les clés au voiturier avec un sourire pré fait qui dévoile sa rangée de dents parfaites.

Tandis qu'une sorte de maître d'hôtel les salue poliment avec des Mr Black par ci, Mr Black par là et les emmène dans établissement, en leur tenant la porte, bien entendu...Paul se demande s'il n'hallucine pas.

A vrai dire Jake est sorti de son esprit, le luxe qui l'entoure et ce lieu hautement guindé produisent un sentiment puissant de décalage. Bordel de merde qu'est-ce qu'il peut bien foutre ici ? Pourquoi ses putains de pas suivent son compagnon à la trace ? Fais demi-tour à la fin ! Mais sa volonté lui fait défaut, son corps est aimanté à celui du mec qui marche bien droit, à l'aise dans cet environnement ultra chic.

Le luxe s'étend dans les moindres recoins de la salle. Les tapisseries couleur abricot semblent brodées d'arabesques d'or, un parquet ciré impeccable s'étend jusqu'aux fenêtres insonorisées. Pas de nuisance extérieure, seulement l'ambiance envoûtante de cette pièce à la fois authentique et épurée.

Toutes les personnes présentes se tiennent bien, leurs gestes sont trop calculés pour paraître naturels et tous dégagent une classe incroyable par leurs postures. A ce moment Paul déglutit, le plus discrètement possible et hésite à se jeter par la si belle baie vitrée insonorisée là bas au fond. Il est mal à l'aise et si Jake daignait lui accorder un regard rassurant, au moins peut être serait il plus enclin à s'asseoir sur cette maudite chaise qu'un mec tiré à quatre épingles, tire afin de l'inviter à s'y asseoir. Crispé, Paul s'assied tel un robot, pour le coup il doit manquer de grâce. A son tour son partenaire l'imite et adresse un signe au pingouin qui s'éloigne avant de lui sourire.

Non mais ? Paul bout intérieurement, il en veut à Jacob de l'avoir emmené dans un endroit tel quel, ça se voit qu'il ne fréquente pas ces établissements pourtant ? Et qu'il n'est pas plein aux as ? Il s'efforce pourtant de se tenir convenablement et il lui est impossible d'envoyer balader son vis à vis comme il aurait aimé, ou même dû, le faire. Ce mec a une force d'attraction intolérable sur lui, cependant il ne lui rend pas son sourire. Faut pas pousser non plus !

Le silence, Jake pince les lèvres, contrit, peut être qu'emmener son invité ici était une erreur ? Ce dernier se penche imperceptiblement vers lui et articule tout bas, afin de n'être entendu que par lui :

" C'est quoi ça ? "

" Un restaurant français " croit bon d'annoncer fièrement Jacob. L'autre soupire discrètement.

" Écoute j'ai vraiment pas les moyens de me trouver ici et...ça me gêne ! "

Le plus jeune a un rire contrôlé, comme s'il était soulagé.

" On m'a toujours appris que celui qui invitait se devait de payer l'addition vois tu. "

Paul grogne de mécontentement mais un serveur coupe son envie de répondre en leur tendant les cartes. De toute façon qu'est-ce qu'il pourrait bien dire ? Qu'il va payer ? La bonne blague...Qu'il se sent horriblement mal à l'aise ici ? Après tout il peut bien faire un effort, il a accepté l'invitation de l'autre homme. La prochaine fois il lui proposera un Quick !

La carte ne lui parle absolument pas, manger français, quelle idée ! Il demande son avis à Jake sur tout pour finalement laisser tomber, il n'aura qu'à prendre la même chose que lui et pour la multitude de couverts qui orne la table, il l'imitera. Pfff qu'elle galère ! Sans parler que les prix ne sont pas affichés sur cette maudite carte, ce doit être pour éviter que les clients ne se sauvent en courant avant d'avoir commandé !

L'aîné se sent clairement coincé, son nœud de cravate est trop serré et sa seule pensée c'est de quitter ce palace en courant. Ah oui, s'il reste c'est à cause du mec qui le dévore littéralement des yeux, bon allez il peut bien faire un petit effort.

Heureusement Jacob engage rapidement la conversation lui permettant un peu d'oublier cet environnement hostile, ou du moins collant si peu avec ce qu'il est. Ils parlent un peu de voiture, de la nourriture française quand les plats arrivent et du club, notamment de Gabriel qui n'a toujours pas donné signe de vie. Paul doit admettre qu'il déguste les meilleurs vins qu'il ne boira certainement jamais plus dans sa pauvre vie.

C'est paradoxal mais si le monde du plus jeune lui semble totalement incompatible avec lui, Jake en lui même l'attire, il suffit qu'il croise ses yeux noirs pour comprendre qu'il peut bien aller où il voudra, ça n'a pas vraiment d'importance. Tel un charmeur de serpent il l'apprivoise avec le doux son de sa voix, les mots qu'il manipule si bien et ses sourires éclatants qui lui donnent un coté enfantin.

L'atmosphère continue malgré tout de lui peser et au dessert même si les mets sont délicieux, il aimerait plutôt faire du pied à son compagnon, chose qui, à priori, ne doit pas se faire dans un lieu comme celui ci. Déjà qu'il doit faire tâche, il doit s'efforcer de se tenir droit sur sa chaise, ça paraît si naturel venant des autres ici présents. Lui doit plus ressembler à un piquet tout raide ou à un mec qui s'est pris un balai dans le cul. Il retient un rire à cette image.

La présence de Jake en face de lui ne l'apaise plus, l'ambiance devient trop oppressante. Il s'excuse poliment afin d'aller aux toilettes, autant ne pas attirer l'attention sur eux, il ne voudrait pas faire honte à Jacob mais lui et les protocoles de la haute société franchement ça fait deux...S'il avait su que Les Black disposaient d'une telle fortune, il aurait pris les devants et prévenu Jacob que ce genre d'endroit, ce n'est pas pour lui. Non pas que le luxe le rebute, c'est plutôt toutes ces manières autour.

Les toilettes sont à l'image du reste de l'établissement, splendides. Il s'adosse au carrelage froid en soufflant, il est prêt à exploser, trop de retenue nécessaire ici. Son compagnon joue si bien ce rôle, ce que lui ne sait pas faire. Il est mitigé, il veut rester le plus longtemps possible avec Jake, mais le moins en ce lieu. Et puis savoir que c'est Jacob qui va régler l'addition, premièrement parce qu'il n'en a pas les moyens et deuxièmement parce que l'autre homme y tient n'arrange pas son état de confusion.

Depuis quand il est devenu si docile ? Il a dû louper l'épisode où il suit un cours de dressage intensif tiens donc...De rage il tire violemment sur sa cravate, action qui détend considérablement le nœud. La seconde suivante il regrette son geste et se regarde dans le grand miroir, voilà, il ressemble à quoi maintenant ? Avec une cravate à moitié défaite et à laquelle il est incapable de redonner sa forme initiale ? L'homme prend appui au dessus du lavabo en marbre blanc et se passe un peu d'eau sur le visage, au point où il en est de toute façon. Pourtant il va bien falloir qu'il regagne la table et accessoirement Jake...Quoique, y'a pas une fenêtre qui donne dehors dans ces fichues toilettes ?

Il ferme les yeux et tente de se ressaisir une bonne fois pour toute.

"T'es sexy comme ça."

Paul sursaute légèrement et relève les yeux pour apercevoir Jacob dans le miroir. Cette voix chaude et caressante, il l'aurait reconnue sans même le voir. Il se retourne face à son vis à vis.

"Désolé Je..."

L'autre lui adresse son éternel sourire et il décèle une infime lueur brillante dans ses prunelles sombres.

"T"inquiète pas j'ai compris, j'ai pris les mesures nécessaires, on s'en va si tu veux bien."

"Désolé vraiment...C'est juste que...Je me sens mal à l'aise."

Paul est gêné, mais le fait que Jake est senti son malaise le rassure un peu et surtout la perspective de pouvoir enfin s'en aller !

"T'as pas à te justifier. Je voulais te faire plaisir, la prochaine fois je te laisserai m'emmener où tu veux."

En disant cela le plus jeune s'est rapproché de son aîné jusqu'à coller leur bassin, plaquant l'autre contre le lavabo, ses mains posées de part et d'autre de son corps. A ce moment précis Paul aurait bien évoqué l'idée de l'emmener dans son lit, par exemple, excité par cette proximité physique mais il s'en tient à un :

"J'espère que tu ne tiens pas trop au luxe alors."

Jake rit et ses lèvres effleurent celles de son compagnon sans aller au bout de son intention. Sa voix à diminuer d'un ton et s'est faite plus sensuelle :

"L'important ce n'est pas le lieu, mais la personne."

Paul n'a pas le temps de succomber aux troubles crées par ces mots et leurs deux corps si proches. Brusquement, il est tiré par la cravate et ses lèvres rencontrent leurs homologues. C'est brutal et surtout très bref, il profite à peine du goût sucré de Jake que déjà celui ci s'est retiré et l'a relâché. La chaleur contre son bassin a disparu. Pourquoi a t il l'impression de perdre tous ses moyens en présence de ce gamin ? Qui n'a d'ailleurs rien d'un gamin !

"Allez, on se casse !"

S'entend-il clamer, accompagné d'un rire du jeune homme qui le devance vers la porte.

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Au moment où le voiturier donne les clés à Jacob en s'inclinant, ce dernier les tend instantanément à Paul, qui se retrouve con, pour ainsi dire.

"Tu déconnes là ?"

"Non, emmène-moi où tu veux !"

Jake s'amuse un instant de la surprise affichée sur le visage de son vis à vis puis regagne la place passager de sa belle Jaguar. Il a une apparente totale confiance quant aux qualités de conducteur de Paul, qui, convaincu, décide de s'installer derrière le volant. Le voiturier, s'il a été agacé, amusé, interloqué, par la situation, n'en a rien laissé paraître.

La voiture démarre lentement et s'engage dans les faubourgs illuminés de Manhattan. Paul est enivré par les sensations, décuplées par la confiance que lui accorde Jake, assis sur son siège, détendu. Il regarde les immeubles défiler, gagné par l'euphorie silencieuse de son compagnon qui conduit avec de plus en plus d'aisance. Il note toutefois qu'il hésite à plusieurs reprises avant qu'ils n'aient quitté les quartiers de Manhattan.

Ils parlent peu et le silence est agréable, malgré l'épisode un peu mouvementé du restaurant. Le paysage se transforme, les quartiers deviennent sombres, les immeubles s'espacent laissant place à la verdure, aux arbres plantés à égale distance les uns des autres. Jacob connaît bien New York, pourtant il se demande où l'emmène le conducteur, par la fenêtre il distingue des ponts, des arbres, et plus de building, seuls brillent ceux au loin. Il n'est jamais venu ici.

C'est désert et mal éclairé, la voiture est engagée au bord d'un canal, quel drôle d'endroit ! Paul coupe le moteur et sourit mystérieusement.

"Voilà."

"Nmmh." Acquiesce l'autre, moyennement convaincu.

Les mains du plus vieux se crispent sur le volant, peut être que ce n'était pas une bonne idée de venir ici. Sa voix perd en assurance tandis qu'il se stoppe dans son intention d'ouvrir la portière :

"Je m'excuse encore et...J'ai pas pris le temps de te remercier pour le restaurant..."

Même si ça s'est plutôt assimilé à de la torture pour lui, il n'empêche que c'est la moindre des choses et puis à y réfléchir, le vin était vachement bon !

"C'est rien. La prochaine fois on ira chez Quick chéri !" S'amuse Jacob en riant.

Décidément, ce mec est impossible à déstabiliser. Ils sortent de la voiture et immédiatement l'aîné est assailli par ses souvenirs. Il descend une bute et s'assied sur l'herbe fraîche, le temps est doux pour la saison, seule une brise légère le fait frissonner. Son vis à vis l'imite et ensemble ils contemplent l'horizon fait de tâches colorées. L'animation d'une partie de New York, de Times Square s'étend au loin, derrière le canal. D'ici ce n'est qu'un vague amas arc en ciel qui respire la vie, la joie presque. C'est un spectacle dont le coté flou et brouillon rend la chose unique, magnifique si l'on y regarde bien. Ils soupirent à l'unisson, en harmonie sans s'en rendre compte.

"Quand on a débarqué avec Jared, on a fait le tour de la ville, enfin on voulait tout voir, puis la nuit est tombée. On étaient paumés, alors on s'est arrêtés, ici. Et on y a passé notre première nuit, dehors comme des clochards, pourtant on se sentaient tellement chanceux à ce moment...Quitter la Push et arriver à New York, ça ressemblait à un rêve de gosse."

Murmure Paul. Il se demande pourquoi il déballe sa vie à un illustre inconnu, enfin inconnu pas temps que ça. Il n'a pas pour habitude de se dévoiler, mais de toute manière avec Jake, tout est différent, radicalement différent. Et ça, il ne peut rien y faire, la vague est trop puissante, elle l'emmène à son gré dans l'océan.

"Et toi t'as ressenti quoi en débarquant à San Diego ?" Il continue.

Son vis à vis ne se détourne pas de la vue qui s'offre à eux et son ton est monotone, désintéressé de ses propres mots :

"En réalité j'ai d'abord été au pensionnat à Sacramento. T'as raison, c'est magnifique ici..."

Sauf que, visiblement, ils ont assez parlé au goût du plus jeune. Ou bien il tente habilement d'éviter le sujet. Le fait est que Paul se retrouve soudainement allongé sur l'herbe, Jacob au dessus de lui, imprévisible. Il n'a pas eu le temps de réagir que déjà des lèvres s'écrasent sur les siennes et il ne parvient pas à retenir un gémissement, entre surprise et envie. Le baiser est intense et dur, Jake presse les lèvres de l'autre à lui en faire mal, ses mains maintiennent fermement ses épaules, même si c'est inutile.

Paul finit par répondre à l'échange, il relève un peu la tête et ses mains saisissent les bras de son compagnon. Il les serre fort, les lèvres qui appliquent des pressions variées sur les siennes, sont exigeantes et il s'efforce de leur rendre la pareille. Il est transcendé par l'intensité que donne le plus jeune à un simple baiser, il commence même à être excité.

C'est paradoxal. Il est indéniablement attiré par cet homme, pourtant il parvient à être avec lui sans ressentir un besoin de sexe incessant. Sauf quand il le touche, là c'est fini, un tsunami l'emporte loin de la raison. Une situation inhabituelle pour lui, parce que ça lui donne le sentiment d'être soumis à la volonté de l'autre. Il le désire si fort à cet instant, complètement submergé, alors que tout à l'heure sa présence platonique lui suffisait amplement.

Alors il n'a pas juste envie de coucher avec lui n'est ce pas ? C'est si confus. Jake remue en lui des choses et des émotions qu'il aurait préféré enterrer au fond de son cœur et ne plus avoir à vivre. Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore, dit-on.

L'air leur manque et Paul est à bout de souffle, proche de l'asphyxie. Une seconde de plus il il aurait été contraint de se dégager de force, heureusement son compagnon brise le baiser brutalement, essoufflé. Sa prise sur ses épaules ne se ramollit pas pour autant, seule celle de Paul sur ses bras se desserre considérablement. Leurs visages sont restés proches, leurs respirations erratiques se mélangent. Après deux grandes inspirations Paul s'exclame :

"Merde, tu prends toujours les gens par surprise comme ça ?"

Les yeux de son vis à vis brillent, derrière la couleur brune de ses prunelles c'est un feu qui prend foyer. Il affiche un sourire en coin en murmurant d'une voix amusée, teintée d'une touche de sensualité. Tout ce qui vient de Jacob semble complexe pour Paul.

"En général j'avertis, ça évite beaucoup de désagrément. Mais je ne t'ai pas pris...Pas encore..."

Au moins il a été prévenu et pour le coup Paul en reste sans voix, aucune réplique cinglante ne lui vient à l'esprit. A défaut il donne un coup dans l'épaule de l'homme au dessus de lui, qui grogne en retour.

"Violent..."

"Ho ta gueule."

Marmonne Paul, agacé d'être déstabilisé de la sorte et en position d'infériorité. L'autre n'a pas desserré sa prise qui le maintient au sol, non qu'il s'en plaigne.

"Et vulgaire en plus..."

Jacob sourit en disant ça. Mais pas un sourire aimable ou séducteur, c'est un rictus qui lui donne un air sauvage.

"Et j'aime ça."

Après la phrase du plus jeune, la tension monte d'un cran et l'aîné frissonne d'anticipation avant que leurs bouches ne se lient à nouveau. Il n'a aucun contrôle sur le baiser et les doigts de Jake lui broient littéralement les épaules. Mais bordel ce que c'est bon ! Les dents de l'autre entament la chair tendre de ses lèvres, le goût du sang se répand contre son palais, d'instinct ses mains passent derrière la nuque de son compagnon et intensifient encore l'échange si cela est possible.

Les corps tremblent et les gestes sont désordonnés, comme mus par trop d'impatience, emportés dans un tourbillon de désir pour l'autre où la démesure prend peu à peu place. Les esprits deviennent confus puis se centrent sur l'autre, exclusivement sur le corps chaud et vibrant de l'autre.

Jacob presse un genou contre le sexe de son vis à vis qui a déjà réagi à sa proximité. Il lèche une dernière fois les lèvres meurtries sous les siennes avant de dévier sur la mâchoire crispée de Paul qui à ce moment là enfonce ses ongles dans sa nuque. Jake soupire légèrement de contentement en embrassant la jonction de la mâchoire puis le creux du cou, où la peau est si sensible. Sous ses attentions l'aîné laisse échapper de faibles râles, ses sens semblent réagir à chaque attouchement de manière excessive, et ça il a beau serrer les dents il ne le contrôle pas. Il abandonne la lutte et accepte le plaisir que lui procure l'autre, incapable de penser.

Apparemment ravi de son petit effet Jacob prend confiance et mord doucement le cou de son partenaire, geste qui provoque une vive réaction : Paul gémit en fermant les yeux, un courant électrique parcourt sa colonne, et ça recommence, à chaque fois que l'autre plante ses dents plus ou moins forts dans sa chair. Son sexe durci contre le genou de Jake, s'en est douloureux, ses vêtements frottent désagréablement et il donnerait n'importe quoi pour sentir les doigts de son compagnon à la place.

En dépit de son excitation grandissante et de l'attirance presque magnétique que produit l'autre homme sur lui le plus jeune garde un comportement relativement calme, refoulant l'incendie qui s'est allumé dans son bas ventre. Il tient à s'occuper correctement de son futur amant, il va bien falloir lui donner envie s'il veut l'amadouer et le rendre assez docile pour la suite des événements. Oui, il a toujours été pragmatique, à la limite d'en devenir calculateur. Le sexe est un vice qu'il faut savoir manier avec dextérité.

Dans cette optique il relâche sa prise sur les épaules de Paul, qui ne bouge pas pour autant, si ce n'est qu'il enroule ses bras entièrement autour de son cou. Ils se forment un cocon où il n'y a plus qu'eux et leur excitation commune, au bord du canal, en face de Times Square. L'aîné ressent tous ces sentiments étranges, il a l'impression de connaître Jake depuis des années, pourtant le désir insolent qu'il éprouve est nouveau. Son membre dur est à l'étroit et la douleur le fait grogner.

Les mains de Jacob passent sous sa chemise qu'il a défaite à moitié, caressent avec ferveur son torse et son ventre. Ses lèvres ont délaissé son cou et il regarde l'expression mélangée de frustration et d'envie peinte sur les traits de son aîné qui grogne, presque agressivement. Comportement qui amuse Jake, il affiche un sourire en coin quand l'une de ses mains descend à hauteur de la bosse qui déforme le pantalon de Paul. Ce dernier ferme les yeux en sentant la main horriblement lente qui effleure son membre tendu. Les mouvements trop lents et légers du plus jeune l'exaspèrent, sa frustration monte en flèche, et à ce petit jeu là il n'a jamais été très patient.

"Tu veux que je t'aide ou quoi ?" Il gronde, sa voix basse et autoritaire sonne tel un aphrodisiaque pour l'autre et le fait s'exécuter.

Le pantalon est vite dégrafé et c'est presque un soulagement qui envahit Paul lorsque sa virilité dressée est libérée de son pantalon, tenue entre les doigts habiles de Jacob. Ce dernier émet un sifflement :

"On dirait que t'es vraiment...Vraiment excité."

"Si tu te bouges pas je m'en occupe tout seul !" rétorque Paul, à bout de patience.

"Ce serait pas aussi bon."

Conclut Jacob, une lueur perverse dans ses orbes brunes accompagne sa voix douce et suave. Comment ne pas céder à ça ? Par pure fierté et afin d'avoir le dernier mot Paul murmure :

"C'est toi qui le dit..."

L'autre ricane discrètement mais ne répond pas, quel meilleure façon que de lui prouver par la pratique la véracité de ses dires ? Ses doigts caressent le membre de Paul sur toute sa longueur le rendant plus fou encore, il tente de bouger son bassin pour presser Jake, mais celui ci ne se hâte pas. Il savoure le toucher de sa main sur la hampe humide, son pouce passe à plusieurs reprises sur le gland et il s'amuse des sursauts que cela produit chez l'autre.

Le visage de Jacob descend lentement dans le but de rejoindre sa main qui manie avec dextérité le sexe de son partenaire. Ses lèvres embrassent chaque parcelle de peau libre sur leur passage, tirant des frissons à Paul qui a maintenant passé ses doigts dans les cheveux impeccablement coiffé de Jake. Si au début il tente de ne pas s'y accrocher désespérément, sa volonté vole en éclat sous la torture qu'il subit et ses mains font pression sur la tête du plus jeune, qui pour autant continue de titiller son gland du bout de la langue en passant ses doigts sur la longueur. Juste des effleurements, il a tellement besoin de plus. La sueur perle sur son front et il se force à rester au sol, à ne pas saisir lui même sa virilité douloureuse afin de se soulager.

La frustration atteint des sommets, maîtrisée par la langue de Jake qui taquine inlassablement son bout. Paul se dit que ce mec est un professionnel de la torture, ou qu'il veut tester ses limites, sauf que là, il est à cran, son corps entier réclame la délivrance, tous ses muscles sont crispés. Comble de la provocation, Jacob prend le temps de lui lancer des œillades chaudes.

S'en est trop pour l'aîné qui appuie brutalement sur la tête de son partenaire en grognant sauvagement.

"Bordel fais quelque chose."

Sa voix rendue rauque par l'excitation se brise, ça sonne comme une supplique. Satisfait de s'être fait désirer et conscient qu'il est arrivé au bout de la résistance de son compagnon Jake décide enfin d'entourer ses lèvres autour du sexe gonflé. Le goût du liquidé pré-éjaculatoire qui coule sur sa langue et la chair palpitante qui glisse dans sa bouche le transcendent. Il sait qu'il est doué pour ça et il se délecte des gémissements de contentement que ne peut retenir son partenaire, qui, au demeurant, s'accroche fortement à ses cheveux.

Jacob s'applique à donner un maximum de sensations à Paul, il pousse le membre au fond de sa gorge à plusieurs reprises en variant la pression de ses lèvres. Ses mains caressent l'intérieur des cuisses qu'il griffe par moment, emporté dans l'aura de sexe qui se dégage, de plus en plus prenante. Et il commence à ressentir le besoin de plus, celui de faire jouir son partenaire, mais aussi de se soulager. Toutefois il reste appliqué à sa tâche, l'une de ses mains va malaxer doucement les bourses humidifiées par sa salive tandis qu'il continue de pomper vigoureusement le membre sur toute sa longueur.

Paul est complètement submergé à ce stade, incapable de prononcer un seul mot. La bouche, la langue et les mains de Jake, il ne sent plus que ça. Ses yeux sont à demi clos quand il se redresse pour distinguer le traitement que l'autre lui inflige. Ses mains se resserrent sur les cheveux noirs de son partenaire à mesure qu'une vague de chaleur plus forte semble monter jusqu'à son cerveau. Puis plus rien il a beau essayer de lutter, de durer plus longtemps, tout s'éteint dans un violent feu d'artifice. Pourtant aucun son ne parvient à franchir ses lèvres entrouvertes.

Le corps de Paul s'arque et il tire sur les cheveux de Jacob qui émet un son étouffé par le sexe qui cogne au fond de sa gorge au même moment. Le sperme y coule directement et il se retire lentement avant d'avaler et de se redresser, laissant son partenaire se remettre de ses émois.

L'aîné est, au sens littéral du terme, cloué au sol. Il est en train de vivre un puissant orgasme rien qu'avec une fellation et qui plus est d'un mec de 22 ans ! Les images repassent dans son esprit, il a du mal à retrouver de l'air, sa respiration est hachée et difficile. Il se rend compte avec ahurissement que c'est la meilleure fellation de sa vie, jamais il ne se serait attendu à ça, que Jacob puisse lui faire un truc pareil. Soit ce mec à une pratique hors du commun pour son âge ou bien c'est un ovni. Ou les deux.

Le trouble que produit le jeune homme en lui, augmente encore d'un cran, ou alors c'est l'effet du plaisir intense qu'il vient de lui faire ressentir. Dans l'au-delà de son petit monde de la jouissance où Jake est devenu roi, il distingue vaguement une sonnerie de téléphone. Il s'efforce de recouvrer ses capacités motrices tandis que le plus jeune parle d'une voix rapide et agacée dans son mobile.

Paul parvient à se redresser sur ses coudes, encore un peu sonné. Les yeux sombres de l'autre s'ancrent dans les siens, il vient de raccrocher le téléphone.

"Putain c'était bon..."

Jacob sourit à cette conclusion puis met fin à l'échange visuel en se relevant abruptement. Paul le considère surpris. Ils n'ont pas déjà fini au juste ? A priori il n'y a que lui qui ait été libéré, à moins qu'il ait loupé un épisode ! Jake se tortille, gêné par son érection et grogne tout en essayant mentalement de se calmer. Son compagnon fait le lien entre le coup de fil et l'attitude soudain pressante du jeune homme, il se lève à son tour, les jambes un peu instables et tente de se rendre présentable. Il soupire, dépité, il ressemble sûrement à rien alors que Jake est impeccable, personne ne se douterait qu'il vient de le sucer comme il l'a fait... Décidément, ce mec a une classe à toute épreuve.

Ils se dirigent vers la voiture lorsque Paul se décide à chercher la cause de ce qui a interrompu leur intimité si brutalement :

"Y se passe quoi au juste ?"

Jacob s'immobilise, se retourne et lui fait face. Son regard à cet instant est indéchiffrable. Il saisit le nœud de cravate détendu de Paul et fait entrer en contact leurs lèvres, un contact brut et bref.

"Désolé."

Il le relance et s'installe dans la voiture, coté conducteur, perturbé l'autre l'imite, il aimerait bien savoir le pourquoi du comment. Dans la voiture le plus jeune reprend :

"Je dois aller au club, y'a un problème avec Gabriel."

"Je viens avec toi. Qu'est-ce qu'il a ?"

"Il est décédé." La voix neutre de Jake résonne aux oreilles de son aîné. Un frisson lui parcourt l'échine, il a le sentiment que cette histoire ne présage rien de bon (c'est vrai que souvent un décès présage du bon tiens !).

Et c'est le silence qui accompagne la voiture qui file à vive allure le long du canal, seulement coupé par quelques indications de Paul pour les remettre sur la bonne voie. Passer d'un plaisir jouissif à une annonce morbide, ça fait beaucoup en l'espace d'une seule soirée !

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Au club c'est une agitation qui règne, les clients ont été sortis, la soirée écourtée. La police est venue annoncer la nouvelle après la découverte du corps, dans une chambre d'hôtel. Tout le personnel semble bouleversé, Sam est aux prises avec plusieurs enquêteurs présumés et dès son entrée Jake s'excuse et se dirige vers le petit groupe. Paul distingue Leah et Emmett qui s'assurent que tout le monde soit sorti, Seth aide Embry et Akira à nettoyer le bar et la salle. Jared et Rejo, eux, sont accoudés au bar, plus touchés encore que les autres par la disparition de leur collègue.

Dès qu'il approche, Paul prend la mesure de l'atmosphère lourde qui plane, Jared lui adresse un pauvre sourire et une fois à leur hauteur, Rejo se jette dans ses bras, parfois le petit hispanique devient très expansif lorsqu'il est débordé par ses émotions, par exemple. Après l'avoir serré contre lui, il le relâche et les considère, ayant du mal à mesurer la situation telle qu'elle est.

"Bordel mais... Qu'est-ce qui se passe ici ?"

Rejo essuie ses yeux humides et Jared peine à parler. Les faits évoqués par ses amis mis bout à bout, Paul finit par pouvoir retracer les événements, entre ce que Sam leur a dit et ce qu'il on entendu du rapport de police.

Gabriel est décédé la nuit dernière, dans une chambre d'hôtel, attaché aux montants du lit où il a été violé, apparemment ce serait le même suspect que celui de l'affaire de viol de la semaine passée. Les policiers pensent que la sécurité doit redoubler d'attention, le violeur se sert du 'Wolf' pour repérer ses proies. Pour eux, sa première intention n'était pas le meurtre, il est même probable qu'il ait laissé Gabriel pour inconscient, ne sachant pas qu'il était mort. La violence des coups portés et de l'agression couplée au fait que le danseur s'est apparemment beaucoup débattu, laissent penser que son cœur aurait lâché. Le suspect présenterait une force physique conséquente pour être parvenu à maîtriser Gabriel, qui n'était pas à priori, un pauvre agneau sans défense...

Si Jared et Rejo sont clairement bouleversés, Paul lui reste choqué. Pourquoi ? Forcément, ces choses là, on ne les calcule que lorsqu'elles nous touchent de plus près. Le jeune homme se demande s'il doit continuer à faire comme si de rien n'était, et de toute façon, que faire d'autre ? Il n'a plus qu'à soutenir au mieux ses amis, impuissant à être efficace autrement. Une sensation d'insécurité se fait pourtant sentir, elle domine toute la large pièce principale du club. Un psychopathe rôde, voilà ce que semble hurler les murs qui les entourent.

Paul quitte du regard l'espagnol serré contre Jared. Les enquêteurs sont partis, Jacob est au téléphone, certainement avec son père. Leah enlace Sam en lui caressant tendrement le dos. Tout le monde a conscience qu'il est particulièrement affecté par les événements, ça plus les soucis liés à la perte d'un danseur, à gérer. Paul est amené à conclure avec amertume que son beau brun risque de ne pas être super disponible pour lui dans les jours à venir, surtout avec l'arrivée du week-end.

L'ambiance est morose et silencieuse, lourde. Chacun reste dans sa bulle, hermétique aux autres. Les yeux dans le vide Paul attend patiemment qu'Embry et Jared ne décident de rentrer afin d'aller avec eux, Jake est toujours collé à son téléphone et puis, ce n'est sûrement pas le moment de jouer les mecs envahissants. Lui même ressent le besoin d'être seul, au calme. Dormir et croire que c'est un mauvais rêve et revoir les sourires éclatants des membres du 'Wolf' quand il débarquera demain soir. Mais il n'aura que des regards bouleversés en réalité.

'Les hasards de notre vie nous ressemblent.' Elsa Triolet

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Note : Bon et bien voilà, les choses intéressantes peuvent commencer maintenant...MWAHAHAHA