Un chapitre plus court qu'à l'habitude, mais on espère qu'il vous plaira tout autant.
Bonne lecture !
Chapitre 22. Un réveil douloureux
Emma se réveilla le lendemain avec pleine conscience de ce qui était arrivé. Elle se leva prestement et enfila ses vêtements, c'était une catastrophe et elle était en colère contre elle-même ; une fois de plus, elle avait tout foiré. Elle se jaugea dans le miroir avec un regard de colère, mêlé de haine contre soi. Elle avait honte. Comment avait-elle pu tout simplement dire à Regina qu'elle l'aimait, à moitié shootée et devant ses parents ?! Jamais elle n'avait imaginé un endroit moins romantique qu'un hôpital, il fallait qu'elle présente ses excuses. Alors qu'elle allait sortir de l'hôpital, Lumière l'interpella.
«- Emma ! Attendez. »
La blonde soupira et ne répondit pas.
«- Allons... Emma, qu'allez-vous faire ?
- Ça ne vous regarde pas » répliqua froidement celle-ci.
«- Écoutez, ça n'est pas aussi catastrophique que c'en a l'air. Réfléchissez-y, je vous le dis Emma, elle n'est pas en colère contre vous... Elle est juste perdue, elle a besoin de temps.
- Écoutez, vous aussi ! C'était votre idée, ces putains de bracelets ! J'aurais pu y passer... Mais pire que tout, j'ai humilié la femme que j'aime.
- Au moins il y a du progrès, vous verbalisez mieux vos sentiments.
- Je n'ai pas le temps pour vos délires, laissez-moi passer. » Répondit la blonde en le bousculant.
«- Emma, prenez du temps, réfléchissez... Ne vous précipitez pas. » La pria le brun.
«- Je verrais. » Dit-elle en s'éloignant.
Lumière voyait sa protégée filer vers sa voiture et s'engouffrer dedans, le laissant seul avec ses pensées. Qu'allait donc faire Emma face à cette situation ?
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Nul n'aurait alors imaginé qu'Emma préférerait la compagnie de son cheval, et pourtant ce fut le cas. Elle se rendit de bon matin aux écuries. Elle monta Princesse, elle avait envie de galoper un peu, de se sentir loin des ennuis et de la situation avec Regina.
La brune avait cependant eu la même idée, pensant qu'à sept heures, la Sauveuse ne serait pas sur son perron, elle avait également pris l'option de se changer les idées, afin de ne pas accumuler trop de pression.
Emma ne vit donc pas Regina qui, sur la colline, revenait de sa balade. Elle ne vit pas que celle-ci l'observait, qu'elle était tentée de se précipiter mais qu'elle se contenta de suivre Emma de loin. Quand la blonde s'arrêta pour prendre un moment et profiter du paysage, Regina prit un léger galop avec Rocinante pour la rejoindre.
«-Hey... » Lâcha-t-elle au niveau de la blonde, qui était étendue dans l'herbe à coté de son cheval.
«- Regina ! » Fit Emma en sursautant.
«- Bonjour Emma. Comment vas-tu ? » S'enquit la brune inquiète.
«- Bien... Mieux, j'ai été un peu shootée je crois... » Rougit Emma.
«- Oui, effectivement » répondit doucement Regina.
Cette dernière était descendue de son cheval et prit place à coté d'Emma.
«- Je voulais dire... Euh... » Commença Emma. « Je suis désolée, j'ai dû dire des choses qui-
- Chut. »
Regina la coupa en pressant le bras de la blonde naturellement, ce qui tout aussi naturellement déclencha une décharge magique chez l'une comme chez l'autre. Elles furent toutes les deux surprises, leurs regards se croisèrent à ce moment là, chargé d'électricité, c'était quelque chose au-delà du désir simple et du plaisir simple de se toucher. La magie les reliaient, la magie les guidait l'une vers l'autre. Regina laissa tomber sa main le long de son propre corps, surprise encore par cette connexion si spéciale. Emma était stupéfaite elle aussi, et voulait tellement s'expliquer sur ce qu'elle avait fait et dit. Il était plus que temps d'évaluer la situation les concernant, elle voulait savoir si elle avait sa chance, si au moins Regina lui laisserait la possibilité.
«- Je voudrais tout de même m'expliquer. » Reprit la blonde, prenant sur elle-même et sur sa peur d'être rejetée par la brune.
«- Emma... Profitons juste de ce moment. »
Au loin, le soleil montait et un air frais caressait leurs peaux. Regina voulait juste attendre un moment, avant de faire face, avant de se lancer, avant d'écouter Emma.
«- Viens en fin d'après-midi, on trouvera le temps... Je t'attendrai, d'accord ? » Demanda la brune en se relevant.
«- Tu pars déjà ? » Questionna Emma, désolée de déjà voir l'autre femme s'éloigner vers son cheval.
«- On se voit tout à l'heure Emma, j'ai des choses à faire... Avant... » Éluda Regina, se retournant à peine.
«- Okay. » Répondit-elle, s'essuyant les mains sur son jean.
Regina laissa la blonde seule avec elle-même, Emma pouvait admirer la fière cavalière s'éloigner avec sa monture. Elle était loin d'avoir ce niveau en équitation pensa-t-elle, mais peu-être que si... Que si elles étaient ensemble, Regina pourrait lui apprendre. Emma soupira et partit sur le chemin pour rentrer avec son cheval, quelques minutes après la brune.
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La journée se passa rapidement. Emma prit sa journée, esquiva soigneusement Lumière et Tink, mais aussi ses parents. Elle voulait être seule. Seule à affronter ses doutes, ses peurs, et surtout c'était sa décision de présenter ses excuses à Regina et peut-être, si cela tournait pas trop mal, elle pourrait lui dire ses sentiments. Elle avait mal au ventre, elle se sentait broyée par les émotions et sa respiration se faisait parfois anarchique.
Quand elle se décida à aller chez le père de Belle pour acheter des roses, elle crut qu'elle allait défaillir. Offrir des fleurs, voilà une action qu'elle n'avait pas fait depuis des lustres, et la dernière fois n'avait pas été un vif succès. Elle se mordit la lèvre inférieure, espérant conjurer le mauvais sort.
À dix-sept heures tapantes, elle se dirigea vers le manoir et gara sa voiture plus bas qu'à l'habitude, l'envie de se dégourdir les jambes avant de franchir l'allée de la brune lui semblait souhaitable. Elle s'essaya à sourire, prête à affronter le monde. Après tout, il est temps de se lancer après tout ce temps, ce temps gâché.
Alors qu'elle s'avançait vers la maison, une vision l'arrêta ; sur le porche du manoir se tenaient Regina et Robin, en pleine conversation. Emma fut prise d'une colère noire, mais froide. Évidement, l'homme était déjà là, aux pieds de Regina. Et le simple fait que cette dernière osait lui parler lui fit un haut-le-cœur, Robin l'avait frappé et même envoyé à l'hôpital. Et Regina osait lui parler. Il n'y en avait au final que pour ce pauvre type.
Emma jeta son bouquet dans une poubelle et fit demi-tour. Folle de rage et de tristesse, elle se trouvait tout aussi idiote que la fois où, dix ans auparavant, elle s'était retrouvée devant chez Melinda. Elle était toujours de trop, elle arrivait toujours trop tard dans la vie des gens. Elle démarra alors sa coccinelle et prit le chemin de chez ses parents.
