Titre : Only Poisoned Your Mind

Auteur :Wolfin Hope

Bêta reader : veronicka

Origine :Twilight

Genre : Yaoi/Slash, Angst, Crime & Friendship/Romance

Couple : Jared/Embry pour l'instant, Jacob/Paul d'autres peut être à découvrir...

Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !

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Notes de début : ATTENTION : lemon !

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Partie 5

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Après sa nuit avec Jacob il a bien fallu que chacun aille travailler, car telle est la dure réalité. Et c'est avec peine que Paul a passé l'après midi au garage, sa douleur aux reins ne l'a pas lâché, sans parler de l'ensemble de son corps courbatu. Fort heureusement il est parvenu à cacher les marques sur son cou avec une écharpe, il remercie le froid prenant qui plane sur la ville depuis plusieurs jours.

Le jeune homme n'est pas usuellement un tire au flanc mais l'absence de son patron a permis à ses collègues et lui même, d'avoir un rythme tranquille, de plus il y avait peu de clients pour les interrompre dans leurs tâches mécaniques. Il a donc pu réfléchir librement. Oui parce que si tout lui semble simple, impulsif et naturel quand il est avec Jake, après c'est le chaos. Un peu comme s'il était perdu sans lui. La constatation le rend hystérique intérieurement, il devient dépendant de ce mec alors qu'il le connaît depuis à peine deux semaines !

En même temps il sent entre eux un lien intense, paradoxal aussi. Par moment il est nerveux songeant presque qu'il n'a rien à faire avec quelqu'un comme Jacob, puis il suffit qu'il lui parle ou le touche et il bascule ; capable de tout dire, tout faire sans aucune crainte. C'est presque une relation qu'il définirait fusionnelle. Il a besoin d'être avec lui, un besoin irraisonné et absurde qui dépasse son propre entendement. A quoi bon lutter contre puisque à l'arrivée, l'autre l'accepte ?

Tout est à redécouvrir. De nouvelles perspectives et émotions colorent désormais ses sentiments, des ressentis jusqu'alors inconnus. Nouveau semble être le mot adéquat et si l'idée l'a effrayé un temps il a passé ce stade. Après tout il tourne une page de sa vie, de la même façon qu'il tournerait la page d'un livre. Sauf que, le cas échéant, il ne lit pas !

En dépit de sa fatigue et de la lassitude de ses muscles Paul décide d'aller faire un tour au 'Wolf' pour la simple et bonne raison que Jake y sera de ce qu'il lui a dit. Et un peu car ce sont ses habitudes, quitte à somnoler sur le comptoir.

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Il s'en doutait un peu mais dès son arrivée dans la salle encore dépourvue d'animation, seuls les employés s'affairent et il remarque que Jacob n'est pas encore arrivé ou bien il est dans les bureaux de la direction. Jared le prend immédiatement à partie, sûrement du fait qu'il n'ait pas pris la peine de répondre aux messages suggestifs que ce dernier s'est amusé à lui envoyer depuis la veille, à croire qu'il n'a pas de vie.

"Je le crois pas !"

S'excite bruyamment son ami en lui arrivant droit dessus telle une fusée nucléaire, ou un truc dans ce goût là. Paul gémit plaintivement quand l'autre le bouscule sans ménagement et il se dit que son meilleur ami ne va vraiment pas bien parfois.

"Ho putain j'en étais sur ! Il t'a sauté !"

A cet instant Paul désire plus que tout s'enfoncer dix pieds sous terre, c'est certain il n'aurait pas pu le cacher à Jared, il le connaît trop bien et a remarqué son léger défaut de marche, mais était-ce une raison pour balancer ça tout haut dans cette salle silencieuse ? La discrétion n'est décidément pas son point fort.

Il essuie donc le rire amusé d'Embry, le ricanement sournois d'Akira, le levé d'yeux au ciel de Leah sans parler du regard suspicieux que Sam pose sur lui. Il croit même entendre Jasper glousser de derrière ses platines inactives. Au moins c'est officiel maintenant ! Non pas qu'il eut voulu le cacher de toute manière. Il prend soin de fusiller du regard son ami qui n'y prête aucune attention.

"Bonjour Jared, quel plaisir de te voir..." Il ajoute d'une voix morne.

L'intéressé rit et poursuit joyeusement :

"Faut que tu..."

Il est coupé par un grognement distinct de Sam qui lui ordonne de se remettre au travail plutôt que de commérer, presque soulagé Paul le salue et échange deux trois mots avec lui avant qu'il ne soit repris par ses obligations et reparte du coté des bureaux.

Accoudé au bar il tend l'oreille et distingue clairement Leah se plaindre auprès d'Emmett :

"Bordel ce gosse me rend dingue ! Je sais pas avec qui il traîne en ce moment il va finir par filer un mauvais coton..."

Paul se garde de lui évoquer qu'il a cru distinguer Seth passer dans le couloir du luxueux hôtel de Jake, le jeune homme a toujours eu un penchant pour les hommes plus âgés et riches qui le couvrent de cadeaux. En rajouter une couche ne serait pas de bon augure et puis après tout il est majeur et peut bien faire ce qui lui chante !

La soirée s'écoule sans accroche, le club est bondé comme tous les samedis soirs et Paul parvient à échanger quelques baisers et paroles volés de ci, de là avec son cher et tendre, très occupé par ses responsabilités, à son plus grand désarroi.

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Paul et Jacob ont passé la plus grande partie de leur dimanche et lundi ensemble, ils se sont promenés dans les parcs de New York, profitant d'un soleil bien trop rare. Seulement voilà leurs moments n'ont été que fugaces tout ça à cause d'un nouveau viol venu perturber leurs flâneries. Léon un jeune qui fait partie de l'équipe de sécurité du club a été agressé le samedi soir et retrouvé le dimanche dans l'après midi, vivant toutefois. Bien entendu Paul n'en sait pas tellement plus, ce qu'il sait c'est que ça stresse Jacob et les empêche de passer la nuit ensemble...Chose qui n'est au final peut être pas plus mal pour son postérieur. Si l'équipe a de nouveau été perturbée, les policiers se sont montrés rassurants...

Le mercredi après midi après les multiples supplications de Jared, Paul se décide à lui rendre visite, c'est vrai que Jacob prend beaucoup de place dans sa vie récemment mais il n'en oublie pas pour autant ses amis. Par ailleurs si la veille il n'a pas pu passer voir son meilleur ami c'est parce qu'il avait promis à Rejo de l'accompagner en ville. Oui, le charmant hispanique n'aime pas être seul surtout pour faire les courses de sa grand mère, cela dit Paul le comprend, ce n'est pas une activité des plus passionnantes ! Et puis sans qu'il ne l'admette les viols l'inquiètent un peu et la présence de Paul lui semble rassurante.

Lorsqu'il franchit le seuil de l'appartement de Jared et Embry après avoir frappé il constate que ce premier est seul, Embry a dû sortir. Bosco lui bave copieusement sur les chaussures et il grimace en rouspétant après le gros chien. Quelle drôle d'idée que celle d'avoir un chien, surtout que celui là ne monte même pas la garde. il évite de partager cette opinion.

La voix rauque de Jared s'élève :

"Yes vas y rentre !"

Une odeur de tabac embaume la petite pièce à vivre, des effluves de fumée sont même présentes, piquant les yeux du nouvel arrivant. A la vue de son invité Jared écrase le mégot dans le cendrier prévu à cet effet et balance la manette de sa console sur la table basse après avoir mis son jeu en pause. Il fixe Paul avec intensité et la malice brille dans ses yeux. Son vis à vis connaît trop bien cette tête et tant qu'il n'aura pas parlé l'autre ne lâchera rien ! Il se laisse tomber à coté de lui, sur le canapé et soupire.

"Quoi ?"

"Quoi quoi ?"

"Ben tu me fixes comme si j'avais un truc chelou sur la face !"

Jared tique et affiche un rictus indigné en clamant :

"A ton avis...Allez fait pas le difficile on sait tous les deux que tu finiras par me le dire."

Paul s'agace légèrement en marmonnant :

"Tu le sais déjà qu'il m'a sauté qu'est-ce que tu veux dire de plus ?"

"Ouais quand même...ça fait depuis des années que ça t'étais pas arrivé...Attend..." Il se stoppe et semble réfléchir avant de reprendre : "Depuis ce mec avec qui t'es resté plusieurs mois, et d'ailleurs j'ai jamais su qui s'était !"

Paul grogne, cette conversation risque de prendre un tournant déplaisant, mais Jared sait que son ami est assez réservé de ce coté et décide d'en rester là, tout au moins pour le moment.

"Je parie qu'il a une maison de fou en plus de sa voiture !"

"Non il est à l'hôtel."

Jared soupire, pensif en enchaînant :

"Lequel ? C'est comment ?"

"J'ai pas trop fait attention à la chambre figure toi ! Au Royal."

"Waaah putain ! Un mec comme ça garde le bien moi, je lui donne mon cul easyyyy." S'exclame Jared, avec une frénésie nouvelle.

Paul hausse un sourcil et sourit, amusé.

"Ben tiens c'est Embry qui va être content quand je vais lui répéter !"

Il reçoit une manette de console en pleine tête et c'est que ça fait mal ces trucs là !

"Hé !"

"T'as intérêt de la fermer et puis t'as compris ce que je voulais dire !"

Comprendre est un bien grand mot, Jared a la parole facile et une grande bouche, pour ainsi dire alors qu'en fait Paul sait pertinemment que jamais il ne tromperais Embry ! Encore moins avec Jacob, parce que ça, ça risquerait de ne pas lui plaire.

Les deux garçons finissent par jouer à la console, Embry ne tarde pas à les rejoindre, accompagné de Momo le voisin qui se tape l'incruste à cette occasion. Paul a cédé sa place à la console lorsque son portable vibre dans sa poche. Il s'en saisit immédiatement, dans l'espoir que ce puisse être Jake. Il pâlit à mesure qu'il lit le message et se sent obliger d'interrompre la joyeuse cohue du salon d'un ton grave :

"Les mecs..."

Son intonation porte immédiatement l'attention sur ces propos.

"Y'a eu un nouveau viol, Greg le videur."

"Putain Greg ?"

"C'est quoi ce bordel."

"Pfff"

Un silence pesant emplit la pièce, seule la musique du jeu vidéo le perturbe. Chacun mesure l'ampleur que prennent ces histoires.

"Y craint grave vot'violeur." crache Momo en premier.

"Putain le problème c'est que la police s'en carre le cul ! C'est la section criminelle qui devrait avoir repris le dossier on cherche un psychopathe là !" S'énerve Jared.

"Il vont le faire, t'inquiète" Tente de calmer Embry.

Paul est entre deux, s'il pense qu'il faut en effet laisser la police faire son travail sans s'en mêler le fait est qu'ils ne peuvent pas rester à se tourner les pouces tandis qu'un dérangé détruit le 'Wolf' petit à petit.

"On a qu'à prendre les choses en main, qui peut en vouloir au 'Wolf' ? Parce que y'a pas de doute c'est clairement le club qui est visé !" Poursuit Jared.

"On est pas dans un film..."

Les remarques d'Embry ne l'arrêtent pas et les deux autres interlocuteurs l'écoutent passivement, intrigués.

"C'est forcément la direction qui est visée ou l'un des employés attaché au club, ça peut venir de la concurrence, d'un client fou ou d'ennemis, des exs éplorés, des créanciers non remboursés ? En tout cas le violeur connaît bien le club puisqu'il attaque ses victimes à la sortie du lieu, ça implique qu'il nous fréquente souvent ou alors il est envoyé par quelqu'un qui connaît bien le club."

"Tu vas loin là !" Jared ne prête pas crédit aux mots de Momo ni même aux soupirs exaspérés d'Embry qui lève les yeux au ciel, l'air de se dire que son petit ami est complètement fou.

"Le truc c'est que pour avancer il nous faut les compte rendus des agressions..."

Trois mines horrifiées lui répondent, bouches closes.

"Et seuls les proches et la direction y ont accès."

"Ben ça règle le problème."

Conclut Paul, appuyé d'un hochement de tête du voisin. Il ne s'est jamais senti l'âme d'un Sherlock Holmes, et il juge qu'il est bon de laisser les autorités faire leur travail. Sauf que son ami possède un point de vue radicalement différent.

"Non...Parce que ça veut dire que Sam et Jacob y ont accès !"

Embry rit sournoisement :

"Et alors Sam te les donnera jamais, il ne fera pas un truc qui ferait de lui un mauvais gérant et ce truc c'est pas légal en plus !"

"Il a raison Sam nous les passera jamais ! Et me regarde pas comme ça je n'irais pas même lui demander ! Hors de question !" Appuie Paul, son ami a l'air de considérer qu'il a un talent de persuasion particulier.

"Et justement il reste Jacob !"

Momo rit à l'entente de cette phrase et donne une claque sur l'épaule du mécanicien :

"Ben on dirait que ça va être pour toi ça !"

Facile, Jared le fixe avec des yeux brillants d'un enfant auquel on a promis des bonbons.

Après moult plaintes et supplications Paul finit par céder à la requête de son ami, il s'engage à soutirer les documents par le biais de Jake. L'idée ne lui plaît que moyennement mais les arguments cohérents soulevés par Jared éveillent sa curiosité et son désir d'arrêter ce massacre, qui sera le prochain ? Un de ses amis peut être !?

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La suite de la semaine n'a été qu'une succession de problèmes à gérer, l'ambiance au club a été des plus tendues, devenant presque désagréable. C'est presque avec soulagement que Paul a donc accueilli la proposition de Jake. Ce dernier ne travaille pas le samedi et souhaite qu'il l'accompagne à Santa Anita, en Californie. Au début Paul a refusé la proposition, trop gêné, parce que soyons lucides, il n'aurait pas les moyens de payer son voyage. Mais la persuasion de Jake a eu raison de son entêtement.

Paul n'a pas eu l'occasion de voyager auparavant, encore moins de prendre l'avion. La Californie il y a déjà pensé, en rêve peut être...à plus de 4000km de New York. Et tout ça parce que Jacob possède un cheval de course qui est resté dans l'état Ouest et qui prend part à une course d'envergure à Santa Anita. Inutile de préciser que son compagnon n'a jamais foulé un hippodrome, ni même approché un cheval de près, en fait ! Si la promesse d'un lieu sûrement guindé l'a premièrement rendu nerveux il y a ensuite vu une chance inouïe, une expérience unique et avec une personne qu'il apprécie énormément. Oui, il va s'en dire que Jacob est un jeune homme plein de surprise, non mais un cheval de course...

Telles sont les pensées ahuries de Paul alors qu'ils gagnent leur luxueuse chambre dans un charmant hôtel après avoir mangé dans un bar à sushis à l'initiative de Paul, qui a d'ailleurs tenu à payer le repas, histoire de garder une once de dignité. Le voyage en avion l'a lessivé et il se demande si Jacob va vouloir plus que...Rien du tout. Cette perspective l'angoisse légèrement, parce que son postérieur se souvient très nettement de la fois passée, même si la douleur a entièrement disparu. Et puis il est vraiment fatigué, les longs voyages assis à ne rien faire c'est pas fait pour lui !

La pièce est un peu moins grande que la chambre de Jacob à New York et confondue avec le salon, dotée d'un charme différent. Les tons sont plus clairs, sûrement pour profiter pleinement du soleil californien la journée. Leurs valises ont été déposées par le personnel au pied d'un sofa en cuir crème. Un halo de lumière tamisée éclaire discrètement la pièce, la rendant chaleureuse. Deux bras qui l'enlacent par derrière, le tirent de sa contemplation. Il se laisse porter par cette agréable étreinte et sa tête bascule en arrière alors que celle de son partenaire se pose sur son épaule.

"Alors ça te plaît ?"

La voix sensuelle de Jacob semble emplir la pièce et tout l'air que respire Paul, le reste devient secondaire. Il s'autorise un léger sourire en répondant, taquin :

"C'est pas mal, je préfère ta chambre de New York quand même..."

"Ho mais ça c'est parce qu'on a encore rien fait ici."

Sur ces mots les lèvres de Jake embrassent doucement la peau sensible de son cou, d'instinct il se mordille la lèvre. Cependant les deux jeunes hommes sont interrompus par une sonnerie de téléphone impromptue.

"Merde !"

Rage Jacob avant de se détacher avec un regard d'excuse.

"Je suis désolé, faut que je réponde, mets toi à l'aise..."

Paul se contente de grogner avant que son compagnon ne décroche le téléphone et salue son interlocuteur avec un faux ton poli. Paul sait d'instinct que Jake risque de passer une partie de la soirée pendu à son téléphone quand ce dernier va s'installer sur la terrasse, qui donne une vue imprenable sur Santa Anita avec au loin l'Hippodrome qui se dessine en toile de fond.

Le jeune homme soupire de dépit, finalement il aurait voulu que Jake lui accorde de l'attention, peu importe sa fatigue. Toutefois il se doute qu'avec la course de demain, qui semble-t-il est de grande envergure, il doit y avoir un tas de petits détails à régler avec différentes personnes, peut importe l'heure tardive. Sans parler des clubs à New York, nul doute qu'il ne manquera pas d'appeler Billy...Paul comprend tout cela mais ça lui parait fou pour un mec de seulement 22 ans.

Il distingue la voix claire et autoritaire par moment de Jacob, il croit même l'entendre parler en français ou quelque chose comme ça. Lassé de cette pourtant magnifique sonorité il finit par se diriger vers la salle de bain. Le marbre blanc est impeccable dans les moindres recoins, un bouquet de fleurs fraîches trône sur un petit meuble, une odeur fruité s'en dégage et embaume la pièce. Paul s'autorise un sourire en coin, non mais franchement, voilà qu'il prend le temps d'apprécier ce genre de chose, comme si c'était indispensable, ce n'est jamais que la décoration d'une salle de bain !

Il admire la chambre d'hôtel dans ses moindres recoins après sa douche, il découvre un jacuzzi derrière un demi pan de mur, sympa ! Cependant Jacob l'occulte totalement, emporté dans d'apparentes grandes conversations téléphoniques qui le font s'agiter en tout sens. Il soupire, trois tour de la chambre lui suffise, et puis à quoi bon attendre Jake ? Il est devenu transparent pour lui, et il faut admettre que ça le vexe quelque peu. Il se promène en boxer à travers les pièces et pas un seul regard sur son corps dénudé, non pas qu'il doute de son attraction mais quand même !

Dans un élan de puérilité qui ne lui ressemble habituellement pas il décide de bouder, à sa façon. Sans un mot à son compagnon, resté sur la terrasse, il se faufile sous les draps soyeux du grand lit et éteint la lampe au dessus de la tête de lit. Le matelas moelleux et la chaleur des couvertures ont vite raison de lui, épuisé par le voyage il commence à sombrer dans un sommeil paisible et profond. Ses débuts de réflexions s'échouent dans ses songes naissants.

A vrai dire il dort d'un demi sommeil, ce qui lui permet de suivre les déplacements de son compagnon. Il l'entend rentrer et fermer la porte vitrée qui donne sur la terrasse, puis l'eau de la douche se met à couler. C'est une sorte de rêve qui croise la réalité. C'est l'odeur délicieuse de Jake et le courant d'air qui passe sous les couvertures lorsqu'il le soulève qui lui fait reprendre pied. Il grogne en s'agitant de façon à s'éveiller, pour lui chaque moment passé avec son vis à vis est si précieux qu'il veux en profiter. C'est étrange et au fond il se sent stupide.

Il ne se reconnaît plus tellement, et pourtant il est transporté dans des sentiments qu'il n'aurait jamais cru connaître. Intenses, fusionnels, il a l'impression que Jake et lui se connaissent depuis des années, être ensemble leur semble si naturel, presque nécessaire. Et il s'y complaît, la douce sensation qui lui embaume le cœur est chaleureuse, accueillante, il en émane une impression de sécurité puissante. Paradoxalement il se trouve faible, soumis sans pouvoir l'éviter ou faire autrement et une légère angoisse prend place quand il se rend compte que Jacob aura peut être des attentes sexuelles.

Non pas qu'il ait peur à proprement parler. Premièrement c'est nouveau pour lui d'être ainsi dominé au lit et bizarrement il n'envisage pas les choses différemment. Deuxièmement et malgré ses nombreuses expériences il craint de ne pas être à la hauteur, de ne pas satisfaire son partenaire. Pour le coup c'est nouveau ça aussi, d'habitude il est plutôt sûr de lui. Jake fait ressortir des comportements qu'il ne se connaissait pas. Peut être que c'est ce que l'on appelle l'amour ?

Quand il soulève ses paupières il tombe directement sur le visage parfait de son compagnon, en partie masqué par la pénombre de la chambre.

"Désolé je t'ai réveillé ?"

Paul cligne des yeux et gémit doucement, son qui, à son insu, excite quelque peu l'autre garçon.

"Non je dormais pas vraiment."

La voix de l'aîné est basse et éraillée, engourdie par ce début de sommeil.

Les deux hommes sont face à face, yeux dans les yeux, plongés dans un échange silencieux qu'eux seuls comprennent, pas de mots pour exprimer leurs sentiments, naissants et toutefois si forts et sincères. Jacob caresse tendrement les cheveux de l'autre, un geste qu'il aime faire et que Paul apprécie. Le cadet souhaiterait plus mais il veille à ne pas brusquer son aîné, il a remarqué l'effet que sa présence a sur lui et s'il s'en délecte, ça l'oblige aussi à avoir une attention particulière.

L'atmosphère est détendue, calme, propice à la conversation et comme à l'accoutumée c'est le plus jeune qui élève la voix. Paul boit ses paroles, à ce propos il se sent stupide on dirait un enfant qui voit le père Noël, il apprend que le cheval de Jake a eu une petite baisse de forme juste avant la course mais qu'apparemment tout devrait être rentré dans l'ordre pour demain. D'où les coups de fils à répétition. Paul lui confie que tout se passe bien à New York, Jared n'arrête pas de lui envoyer des messages, Leah aussi. Rejo et Akira eux ont jugé plus utile de lui demander de faire des photos parce que Santa Anita Park ça a l'air trop 'cool' selon leurs dires.

De fil en aiguille ils en viennent à évoquer les viols successifs, Jacob a l'air préoccupé par ceux ci et Paul n'a pas oublié la promesse faite à Jared. Il ne reste plus qu'à savoir si son cadet va accepter de se procurer des copies des rapports de police...

"Tu en sais plus toi ? C'est pas la crim qui a repris le dossier ?"

Jake soupir, dubitatif, ou songeur peut être avant de murmurer :

"Si, ils sont passés hier soir déjà, j'espère que ça va donner quelque chose, si ça continue le club va finir par couler."

"Et tu penses pas qu'on devrait agir ?"

Jacob fronce les sourcils et retire sa main, Paul grogne afin de signaler son désaccord quant à ce retrait.

"Arrête...C'est pas notre boulot..."

L'aîné se redresse sur un coude sans lâcher l'autre du regard, sa voix est plus confiante, sure d'elle. Il reprend de l'assurance face au ton peu convaincu qu'a employé son partenaire.

"Ben si ! Tu l'as dit toi même le club risque d'avoir de gros problèmes voire même de fermer. Et ça, ça nous affecte tous ! Jusqu'à maintenant l'enquête, si y'en a une, n'a pas avancé. On peut bien essayer, au moins pour éviter un nouveau...Viol."

Le mot leur tire une grimace commune, un nouveau soupir de Jacob brise le silence.

"T'as peut être raison..."

"J'ai toujours raison !" S'enorgueillit Paul. L'autre rit spontanément.

"Pfff j'ai pas dit que j'approuvais. Et puis qu'est-ce que tu veux faire ?"

"Moi rien..."

"T'es têtu hein ?"

Paul sourit à la remarque, ça oui il peut l'être parfois !

"Tu as accès aux document liés aux agressions ?"

Jacob fronce les sourcils et hausse d'un ton.

"Je vois où tu veux en venir !"

"Et...?"

Paul se mord la lèvre, s'attendant à recevoir un refus clair et net.

"Pfff de toute façon tu vas insister jusqu'à ce que je cède mais j'aimerais que tu m'avoues que ton ex dont tu refuses de parler c'était Sam."

Paul manque de s'étrangler, d'abord d'avoir si facilement eu l'approbation de Jake et ensuite que ce dernier ait pu être au courant pour Sam et Lui. C'est un souvenir douloureux. C'est vrai qu'il y a un peu plus de 2 ans ils ont eu une relation.

"Comment tu sais ça ?"

Devant son air choqué la main de Jake prend place sur son avant bras et lui octroie de douces caresses, la voix de son propriétaire bourdonne dans les oreilles du plus vieux :

"Je le vois rien qu'à votre façon de vous comporter l'un envers l'autre et aussi au regard réprobateur qu'il a quand on est ensemble."

Paul est étonné, tourmenté. Tous les deux ont veillé à se comporter de manière tout à fait normale après leur rupture, comme de très bons amis, ce qu'ils étaient. Sont toujours ? ça, ça reste à définir pour lui, leurs liens ont été confus après cette histoire, qui est devenu une sorte de tabou. Et là, Jake ouvre la boîte de pandore. Personne, personne à sa connaissance, n'était au courant, pas même Jared...

Au départ cette histoire c'est un accident, une soirée un peu trop arrosée où ils ont fini tous les deux dans son appartement et accessoirement dans le même lit. Et puis ils s'y sont plus, ils avaient le même problème de stabilité dans leur relation, doublé d'un fort besoin d'indépendance. Leur relation a évolué en secret, parce que tous deux voulaient qu'il en soit ainsi, au début...Et puis il a appris à s'attacher à Sam, à ses mots, ses caresses, à leurs habitudes, leur secret. À un moment c'est devenu limite supportable, ils ne pouvaient pas vivre définitivement ensemble et lui aurait voulu, muré dans son silence, qu'ils arrêtent de se cacher. Qu'ils soient un vrai couple, seulement voilà, d'un point de vue engagement Sam est pire que lui et ça n'a pas loupé. Son travail passait avant tout, bien avant et ça a fini par le blesser. Sam était incapable de l'aimer en retour. Paul n'a pas protesté, s'est laissé porté par cette relation douloureuse et sans avenir, jusqu'à ce que tous deux se retrouvent face à face, sans rien à se dire.

Ils ont décidé d'arrêter là et sont restés amis en apparence. C'est ce que s'efforce de résumer Paul à son cadet, qui ne cesse d'effleurer son bras du bout des doigts pour finir par y crisper sa main.

"Je vais finir par être jaloux..."

"Dis pas n'importe quoi !"

Proteste énergiquement Paul, pour lui l'épisode Sam est enterré dans son esprit depuis longtemps et seul Jake y a une importance. Pour appuyer ses propos il se penche vers son vis à vis et dépose ses lèvres sur les siennes. Le plus jeune accueille le baiser et place une main sur sa nuque. L'échange est à la fois doux et intense, bref.

Paul se laisse retomber sur le matelas, rompant tout contact, il est vraiment épuisé, du voyage et d'avoir raconté tout ça à son compagnon, pour la première fois de sa vie il a parlé de son histoire avec Sam. Et ça ne le gêne pas d'avoir abordé ça avec Jake parce qu'il se sent libre avec lui. C'est un sentiment plaisant et quand celui ci lui dépose un dernier bisous sur le front en lui souhaitant bonne nuit, un sourire en coin affiché, il se dit que le paradis doit ressembler à cela.

Il s'endort avec la chaleur de Jacob à ses cotés, et avec lui seul dans ses rêves.

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Le soleil est à son zénith sur l'hippodrome. Paul est fasciné par les pelouses d'un vert éclatant, la bourgeoisie des beaux quartiers qui se mêle au bas peuple. L'agitation règne et la foule grouille tout autour d'eux, il veille à suivre Jake à la trace, histoire de ne pas ce perdre dans un lieu qu'il ne connaît pas. Ils ont pu accéder aux écuries et voir Flying Cat, le cheval de Jacob, numéro 6 au départ. Paul s'est tenu à distance, impressionné par les bêtes et il faut l'avouer peu intéressé par la conversation que Jacob a tenue à l'entraîneur.

Ils regagnent une tribune, jumelles autour du cou du plus jeune, qui semble absorbé par les courses à venir. La foule dense reste disciplinée et il est aisé de naviguer entre les personnes présentes. Pourtant un jeune homme le bouscule fortement faisant ressortir ses réflexes emportés.

"hé !"

Il se retourne et attrape le bras de la personne sans douceur, les deux orbes dorés qui le dévisagent de façon hautaine finissent de l'agacer.

"Non mais tu peux pas regarder où tu vas ?" S'énerve Paul.

L'autre reste de marbre, dédaigneux et affiche une légère grimace de dégoût. Il est vêtu d'un smoking bordeaux en velours, une cravate grise parfaitement nouée sur son col noir. Ses cheveux sont coiffés savamment en arrière sans paraître trop plaqué. Le jeune homme dégage de l'élégance mais aussi du mépris et son visage pâle et lisse n'a rien d'engageant en dépit de sa grande beauté. Bref Paul n'a qu'une envie en retourner une à ce petit insolent. C'est ce moment que choisit Jacob pour jeter un œil par dessus son épaule et finalement stopper sa marche, il se retourne et leur fait face.

"Ho tiens...Edward !"

Les deux hommes se fixent étrangement, le silence plane quelques secondes.

"Jacob."

La voix d'Edward est acide, venimeuse presque, il poursuit en détaillant le troisième garçon présent :

"Je pensais que tu avais meilleur goût. Enfin..."

Paul ne peut se retenir, seulement la poigne de Jake l'empêche de mettre une droite monumentale au petit prétentieux qui leur fait face. Son compagnon lui murmure tout bas :

"Laisse..."

Et il obéit et décontracte ses muscles, il est certain que faire un scandale au milieu de l'hippodrome pourrait poser des problèmes à son compagnon. Ce dernier sourit faussement à l'adresse d'Edward et articule poliment :

"A une prochaine fois peut être Edward."

Avant de tourner les talons en traînant Paul par le bras. Ils entendent l'homme pâle grogner dans leur dos :

"Un jour t'auras ce que tu mérites Black."

Paul se retient de faire taire définitivement ce con de bourge au yeux d'Or. Il se dégage de la prise de Jake devenue douloureuse en râlant.

"C'est quoi son problème ?"

Bien sûr il a fait le lien immédiatement : Edward Masen, l'ex petit ami de Jake, celui qu'il a abandonné à San Diego et qui, à priori l'a assez mal vécu.

"Bah il a mal pris mon départ et il le digère mal, enfin je suppose."

Répond négligemment le cadet, la voix calme et neutre, peu émoustillé par l'échange précédent. Son aîné se contente de cette réponse vague tandis qu'ils rejoignent enfin leur tribune. Jake se saisit des jumelles, la première course de l'après midi vient de démarrer, mais Flying Cat ne court que la troisième.

Certes ce monde qu'il découvre est à l'opposé de ce que fréquente habituellement le garagiste mais il apprend et apprécie. L'ambiance sur le champ de course est unique, les gens emplis de passion, ça lui rappelle le sentiment qu'il éprouve entre les murs du Wolf. Les cris de joie et manifestations de déception se font échos à chaque arrivée. Jacob lui explique plusieurs points techniques et pourquoi il a parié sur tel ou tel cheval, car oui, il mise pour toutes les courses. Au final il ne retient pas la majorité des informations pris d'une fascination pour les chevaux de course lancés au plein galop, leurs muscles s'étendent au maximum de leurs capacités, un peu comme une voiture de course, pour lui en tout cas. Il se sent à l'égal d'un enfant auquel on aurait offert un nouveau jouet hors d'atteinte en temps normal. Il se crée des souvenirs originaux avec une personne qu'il...Aime, sans doute.

Le départ de la 'Breeder Cup' troisième course est sur le point d'être donné. Paul rend les jumelles que Jake lui avait passées, tous les chevaux sont dans les boîtes de départ.

"Tu as misé sur ton cheval alors ?"

Son compagnon éclate d'un rire clair et bref.

"Non c'est celui d'Edward qui va gagner, le n°2 au départ."

L'autre n'en croit pas ses oreilles, non mais à San Diego c'est la mode les chevaux de courses ou quoi ?

"Lui aussi en a un ! J'le crois pas !"

"Pas qu'un...Enfin c'est plutôt son père, Carlisle Masen, il en a une dizaine, il en fait même naître chez lui. En fait c'est Edward qui m'a offert Flying Cat pour nos un an."

Paul manque de s'étrangler, le voilà bien !

"Euh...T'attends plus à ce genre de cadeau." Il réplique, mi gêné, mi contrarié.

Jake prend la peine de détourner les yeux de ses jumelles, malgré le fait que la course ait débuté et il sourit.

"Ho...Tu comptes rester avec moi au moins un an ?"

L'intensité du regard qui pèse sur lui rend Paul inapte à l'élocution, paralysé. Il ne s'est pas rendu compte du double sens de sa phrase. Secrètement il l'espère, en dépit de tout bon sens. Seul face à lui même une fraction de seconde il constate : il est fou amoureux d'un type qu'il connaît depuis quelque semaines seulement, qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez lui au juste ? Il est coupé dans ses tribulations par la voix douce de son partenaire :

"Moi oui."

Sans un mot de plus le cadet retourne à ses jumelles et reprend ses commentaires concernant la course. L'aîné est entraîné dans un tourbillon violent, son cœur s'emballe bien malgré lui et il ne peut pas lutter contre. Ce qu'il éprouve est trop fort, ça dépasse l'entendement. Si à cet instant il fallait qu'il se jette dans le vide pour lui il le ferait. Tenir à quelqu'un plus qu'à sa propre vie fait partie d'un mythe, et pourtant. Il a la sensation d'être hors de son corps, spectateur de sa douce décadence.

La voix de son homologue résonne en arrière plan. Il comprend que son cheval a pris au mauvais départ mais est finalement remonté à la 4ème place après un sprint incroyable et que le n°2, celui d'Edward donc, a comme prévu dominé de bout en bout. Les explosions d'émotions dans les tribunes le reconnectent à la réalité. Jacob lui donne une étreinte et l'embrasse sur la joue sous l'impulsion du moment, Paul en reste con pour ainsi dire, encore trop remué par ses réflexions.

Jacob est ravi de sa journée, il a amassé pas mal en pariant sur les bons chevaux et il juge que Flying Cat a bien couru au vu des précédents jours où il a été moyennement bien. C'est prometteur pour l'avenir il conclut à son amant avant d'appeler rapidement son père. Paul en profite pour relever ses messages, et ça vaut le coup d'œil.

3 messages de Jared : *Tu me manques :'( ! La prochaine fois emmène moi fais pas le crevard ! =D*

*Au fait passe par Hollywood je veux un autographe de Sharon Stone.*

*Et vous avez baisé au juste ?*

1 message d'Akira : *Hé BG ça se passe bien ? Oublies pas d'me ramener une bouteille de screaming eagle (vin californien) ;-)*

1 message de Rejo : *Coucou ça va ? C'est bizarre de plus te voir au Wolf...Oublie pas les photos de Santa Anita Park hein !*

1 message de Leah : *Sale branleur va pfff je suis jalouse...*

1 message d'Emmett : *Alors il a gagné ce cheval ?*

1 message de Sam : *Dis à l'autre abruti de me rappeler. Merci.*

Oui décidément tout le monde est au courant...Il commence à pianoter sur les touches pour répondre quand Jake l'attrape par la main, leurs doigts s'entrelacent et Paul éprouve un sentiment inconnu, il n'a pas pour habitude de faire cela.

La Californie est un état hétéroclites où se mêlent toutes les cultures et les styles, sans jugement. Main dans la main ils se promènent un peu, le soleil se couche à l'horizon dans une déclinaison de couleurs rosées. C'est magnifique et Paul s'y ferait bien. Jake insiste pour l'inviter dans un restaurant chic, mais moins que celui de New York il lui assure, une fois n'est pas coutume il finit par céder.

"Après on va fêter tout ça comme il se doit à l'Hôtel !"

Lui assure le plus jeune, il ne sait pas trop ce qu'il doit comprendre...Même s'il doit avouer qu'il en a une petite idée, du genre chaude, très chaude et pour le coup il en a vraiment, vraiment envie. Son corps s'embrase rien qu'à y penser.

.

.

Ils ont traîné dans un bar et bu quelques verres de trop, sûrement. Un champagne de grand cru ne se refuse pas, voilà ce qui constitue la défense de Paul.

Il a déjà extrêmement chaud quand Jake le plaque contre le mur après avoir franchi le seuil de leur chambre d'hôtel, son dos claque durement sur le mur et il geint faiblement. L'autre se rue littéralement sur ses lèvres tout en pressant son corps au plus près du sien. Leurs haleines alcoolisées se mélangent dans un échange sauvage et désordonné. L'aîné sent la langue de son cadet glisser entre ses lèvres et taquiner la sienne, il répond avec ardeur et envie.

Encouragées par l'entrain que met Paul dans le baiser, les mains de Jake se glissent sous sa chemise et caressent délicatement ses abdominaux, restés marqués malgré le manque d'entretien. Paul saisit brusquement la nuque de son partenaire et l'amène à se coller plus encore à lui si cela est possible, l'échange buccal s'intensifie du même coup. Ils étouffent un gémissement commun, une attraction dévorante les a saisis, inexplicablement ils ont un besoin vital de sentir et toucher l'autre.

C'est le plus vieux qui brise le baiser de manière brutale et laisse sa langue descendre contre la joue de son cadet, puis sur la peau parfaite de son cou, son partenaire rejette sa tête en arrière et ses doigts se crispent sur ses pectoraux, le geste inconscient envoie des décharges électriques dans tout le corps de Paul.

"J'ai chaud..."

Se plaint Jacob d'une voix horriblement sensuelle. L'autre effleure son cou de ses dents en chuchotant :

"Alors déshabille toi."

L'alcool l'aide en partie à se sentir plus à l'aise face à ce compagnon si particulier, capable de l'intimider et réduire à néant son assurance. Jake, lui, ne se fait pas prier à cette demande, ses mains gagnent son pantalon qu'il s'empresse de dégrafer. Il est obligé de ce fait de se décoller du corps brûlant de son amant, qui grogne à l'occasion.

Jacob sourit face à cet air contrarié tandis qu'il finit de faire glisser au sol son pantalon et son boxer. Le regard de Paul est forcément attiré vers une partie bien précise de l'anatomie de son partenaire : son sexe bandé fièrement. Le plus jeune poursuit sur sa lancée et retire lui même le reste de ses vêtements, sans aucune pudeur il se retrouve nu, exposé au regard désireux de Paul, qui profite pleinement du spectacle. Il détaille de haut en bas Jacob et en toute honnêteté il pense que ce mec est parfaitement parfait.

Il a aussi le loisir de constater que lui n'en est pas au même stade que son partenaire, bien qu'il soit très excité. C'est presque par réflexe qu'il s'agenouille devant Jake, ou plutôt face à sa virilité. Il sait ce qu'il a l'intention de faire, après tout sucer un autre gars il l'a fait des centaines de fois. Alors pourquoi ses mains tremblent-elles ? Il doute que ce soit lié à la consommation d'alcool, cela ne peut donc être que l'effet produit par la présence de Jake. Il est nerveux à l'idée de lui donner une fellation, il se traite mentalement d'idiot. Comme si l'autre pouvait ne pas aimer ça !

"Allez suce moi."

C'est la voix provocatrice et les mains de Jake qui appuient avec insistance sur son crâne qui coupent ses réflexions. Obéissant il s'exécute, ses doigts frôlent les cuisses chaudes de son amant et ses lèvres se posent doucement sur son gland. Il sent nettement les mains qui se crispent dans ses cheveux puis le poussent à continuer. Il embrasse le bout du sexe sensible et s'amuse à sentir Jake qui tire désespérément ses cheveux en haletant, lui aussi a trop chaud, beaucoup trop.

La douleur de la pression appliquée sur son crâne le fait gémir et l'oblige à accéder à la demande de Jacob. Ses lèvres s'écartent et il prend une grande partie du membre gonflé en bouche. Il s'applique à effectuer un va et vient lent et appuyé, ses mains effleurent les cuisses puis se rapproche des bourses qu'il masse avec douceur.

Rapidement sa propre envie augmente d'un cran tandis qu'il donne du plaisir à son compagnon, il accélère la cadence et pompe énergiquement la verge dure, ses lèvres varient la pression exercée à chaque passage. Également la prise des mains de Jake sur sa tête augmente, il accompagne avec insistance ses mouvements tout en gémissant son prénom et des petits 'Suce' érotiques.

Bientôt Paul est condamné à être plus passif, ce sont les mains exigeantes de son partenaire qui dictent son rythme et l'encouragent à enfoncer un peu plus profondément le sexe dur à chaque entrée. Il incline un peu la tête de façon à rendre l'accès plus facile et se laisse guider, la sensation du membre gorgé de plaisir qui pénètre sa bouche jusqu'au fond de sa gorge contraint ses paupières à se fermer durement.

Dominé, il l'est totalement, quoi qu'il fasse, mais le pire est le sentiment de satisfaction que cela lui procure, il se sent aimé et désiré et au fond c'est ce qu'il a toujours voulu. Ses doigts se crispent sur les hanches de son compagnon alors que le membre de ce dernier est enfoncé au maximum dans sa gorge. Il est incapable de faire mieux, Jake semble le comprendre car il relâche la prise sur ses cheveux et le laisse libre de reprendre les mouvements à sa guise.

Il poursuit sa fellation avec application, l'une de ses mains porte secours à ses lèvres et accompagne les allés retours rapides. Paul a l'impression de sucer son partenaire pendant des lustres et si celui ci geint plaintivement et murmure son prénom sur un ton équivoque il doute de réussir à la faire jouir de cette façon. Un léger doute l'envahit, en temps normal il est plutôt doué avec sa bouche...

Ce sont les mains de Jake qui saisissent sa nuque et lui intiment de se redresser. La mâchoire engourdie il répond comme il peut au baiser ardent que l'autre lui donne, les mains enserrant durement sa nuque. L'échange brisé le souffle erratique se Jacob s'écrase délicieusement sur ses lèvres gercées.

"Désolé. J'éjacule seulement avec une pénétration..."

"Ho..."

La mine d'excuse qu'affiche Jake déboussole Paul un instant, mais après tout si c'est la première fois qu'il se retrouve face à cette situation ça ne veut pas dire que le problème vient forcément de lui. Et puis au final il se doutait que son amant voudrait plus qu'une simple fellation, capable de se vider dans sa bouche ou pas...

Jake se met à lui tourner autour comme un Lion qui a repéré sa proie. Il le touche du bout des doigts, l'effleure à peine et pourtant ses contacts rendent Paul fou, désireux de plus. La tension qui émane de leurs corps puissants est palpable. Passivement l'aîné attend que son cadet veuille bien faire quelque chose ou lui indiquer la marche à suivre, hypnotisé par ses respirations irrégulières, synonymes de son désir mal contenu.

Jacob s'amuse à défaire lentement les vêtements de son partenaire, un à un, du bout des doigts et sans cesser son petit manège de lui tourner autour. Leurs deux corps nus il consent à l'enlacer par derrière, avec une tendresse nouvelle, comme un besoin d'une parenthèse affectueuse. Paul comprend immédiatement, connecté à un fil invisible à son homologue, il relève le bras et passe une main dans les cheveux courts et doux du plus jeune. Ce dernier dépose de petits baisers humides sur sa nuque, il en frissonne.

"Tu veux prendre un bain ?"

"Hein ?" S'étonne Paul tandis que Jake se détache de lui et se positionne face à lui en riant, tel un enfant et ça le fait fondre, il trouve ça trop craquant. Son partenaire lui saisit les mains dans les siennes et ajoute en souriant :

"Je parlais du Jacuzzi !"

Évidemment ! Paul se laisse conduire, l'excitation toujours présente malgré leur interlude. Au passage il note que la chambre a été rangée durant leur absence et qu'une agréable odeur de lavande l'embaume même si elle est étouffée par celle plus prenante de Jacob.

Dans l'eau tiède du jacuzzi il est vite attiré contre Jake, leurs peaux nues se touchent franchement, enfin, c'est presque un soulagement. Jake l'a emmené entre ses jambes et il peut aisément sentir le sexe durci de son amant frotter le bas de son dos. Il contracte involontairement ses muscles fessiers.

Les bras de Jacob entourent ses épaules et il se balance de façon à se masturber contre ses fesses, Paul se berce dans cette étreinte à la fois tendre et sexuelle. Il en vient même à encourager son partenaire, la voix brisée par le plaisir délectable de ces attouchements.

"Continue..."

Une chaleur rassurante s'installe au creux de ses reins, et au fond de son cœur. L'autre s'essouffle derrière, à bout de résistances.

"J'ai besoin de plus !"

Seul un gémissement répond à la plainte de son cadet qui poursuit d'une voix rauque et autoritaire :

"Penche toi en avant."

Pour le coup Paul ne voit pas trop où veut en venir son compagnon. Peu importe ce dernier l'accompagne, il le fait basculer sur ses genoux et se positionne derrière lui, ses mains glissent de ses épaules à ses hanches. Sa queue tendue taquine son entrée. L'aînée ferme les yeux et s'agrippe au rebord du jacuzzi anticipant facilement la suite des événements.

Jacob lui mord fortement la nuque tout en poussant d'un coup à l'intérieur de lui. Dire qu'il ressent une certaine douleur serait un euphémisme, si la morsure lui a laissé une trace brûlante il a la désagréable perception d'une déchirure. Heureusement Jake s'immobilise à l'attente de ses grognements protestataires, il serre les rebords du jacuzzi à s'en faire blanchir les phalanges.

"Putain t'es bon."

Gémit Jake en serrant les dents, luttant contre son envie puissante de le pilonner. Paul se force à respirer le plus calmement du monde et se détend assez rapidement, aidé par sa confiance accordée à l'actif.

"Nmmh Jake..."

Un long et lancinant gémissement accompagne la première poussée du dominant, qui continue, encouragé. L'eau berce paisiblement les allés et retour mesurés. La brûlure fait place à une sensation aussi forte qu'indescriptible. Et à mesure que Jacob le pénètre de plus en plus sauvagement, devenant à la limite animal son corps se contracte sous l'effet des coups de reins déchaînés.

Son esprit, lui, déconnecte totalement de la réalité, plus rien n'a d'importance. Sa vue se trouble, un voile opaque recouvre sa vision, ses mains serrent les rebords au delà de toutes ses forces. Le sentiment de ne faire plus qu'un avec l'être tant désiré suffit à le combler. Il pourrait mourir heureux maintenant.

Une nouvelle vague de plaisir plus intense lui tire un râle, la main de son partenaire vient d'entourer son membre et il y applique un va et vient rude, en concordance avec ses coups de bassins.

L'acte est bref et violent. Paul se surprend de sa propre jouissance, il se délivre dans la main et l'eau de ce bain si particulier. Dans un état second son corps est secoué par des pénétrations encore plus profondes que les autres. Tout le corps de son amant se tend quand il éjacule en lui et un son étouffé franchit ses lèvres. Combien de temps restent-ils ainsi ? Paul ne s'en souvient pas, c'est la vive douleur lorsque Jake se retire qui l'oblige à s'extraire de sa douce torpeur.

"Mmmmh Ah..."

Jacob gémit une dernière fois et ferme les yeux en s'écartant. Paul se retourne et appuie son dos contre la paroi, l'eau chaude relaxe ses muscles.

"Je verrai ce que je peux faire pour les rapports d'enquête." Affirme Jake, la voix à nouveau calme.

"Merci."

Le silence prend sa place alors que Paul lutte pour ne pas s'endormir tout de suite, le corps fatigué et l'esprit épuisé. C'est connu, l'après coït fait dire des choses plus ou moins absurdes.

"Tu parles français ?"

"Oui..."

"Je t'ai entendu au téléphone. Tu est déjà allé en Europe ?"

Le ton de Paul est rêveur, l'évasion passe furtivement dans ses prunelles sombres.

"Oui."

Le plus jeune se rapproche et place ses bras sur les rebords, encadrant ainsi le visage de son aîné. Il effleure ses lèvres de la manière la plus langoureuse qui soit avant de les mordre prudemment. Il s'écarte et poursuit, d'un timbre enjôleur :

"Je te promets de t'emmener à Paris si tu veux bien."

L'autre acquiesce silencieusement en entourant ses bras autour du corps chaud de son amant qui accepte bien volontiers l'étreinte. Dans ce moment d'affection où ils se manifestent leur attachement mutuel la fusion de leurs âmes parait évidente, comme inévitable.

« Les plus belles passions ne sont que la rencontre de deux égoïsmes. » Jean-Yves Soucy