Titre : Only Poisoned Your Mind

Auteur :Wolfin Hope

Bêta reader : veronicka

Origine :Twilight

Genre : Yaoi/Slash, Angst, Crime & Friendship/Romance

Couple : Jared/Embry, Jacob/Paul, Sam/Paul

Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !

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Notes de début : ATTENTION CETTE PARTIE CONTIENT UN PASSAGE SENSIBLE J'EN INDIQUERAIS LE DÉBUT ET LA FIN POUR CEUX SOUHAITANT FAIRE L'IMPASSE.

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Partie 7

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Après avoir veillé Embry et être rentré chez lui Paul a peu dormi. Ses songes ont été agités. La colère coule dans ses veines, puissantes, empoisonnantes, il a eu du mal à se contenir face à Jared qui à plusieurs reprises lui a demandé s'il se sentait bien. Non absolument pas. Mais ça il ne pouvait pas le lui dire et risquer de le mettre en danger. Tout doit prendre fin, maintenant !

Le soleil est à peine sorti lorsqu'il claque la porte de son appartement, déterminé. Bien sûr qu'il a peur, c'est humain, un nœud à l'estomac ne le quitte pas depuis la veille et il a été incapable d'avaler quoi que ce soit pour le petit déjeuner. En dépit de ce sentiment il ouvre la portière coté conducteur de sa vielle golf, elle grince sournoisement, peut être veut-elle lui donner une dernière chance de faire demi-tour ?

Il s'installe et démarre dans un grand fracas, sans laisser le temps au moteur de chauffer. Il refait cette route qu'il connaît par cœur. S'arrête devant cet immeuble si familier. Franchit les marches quatre à quatre plutôt que de prendre l'ascenseur. Ici les murs et les sols bruns clairs sont impeccables, toutes les portes en bois cirés sont identiques avec de petits écriteaux dorés indiquant le nom des occupants. Il se stoppe, à bout de souffle, en face de cette porte, cet appartement dont il se souvient des moindres petits détails, où un jour il s'est rêvé de vivre.

Tout ça semble si loin, obscur même. La dernière fois qu'il y a mis les pieds c'était pour le réveillon qu'ils ont tous fêté ici. Une rage nouvelle se mêle à celle déjà présente dans son cœur. Il se perd, dominé par ses émotions. Son désir de justice est tel que toute sa peur s'évapore dans l'air ambiant.

Il s'entend tambouriner de toutes ses forces contre la porte close, s'il avait été en mesure de la défoncer il l'aurait fait, sans hésiter. Il restera ici à taper tant qu'on ne lui ouvre pas cette foutue porte, il le jure sur sa vie. Une voisine proteste à travers sa porte, il se contente de grogner en continuant de frapper. Ses poings s'égratignent sur le bois dur et ça lui est égal.

Il manque de tomber à l'avant, emporté par sa fougue quand la porte s'ouvre à la volée sur le propriétaire des lieux. Sam se tient devant lui, éberlué. Il a les cheveux en bataille, les yeux encore plissés de sommeil, un vieux t-shirt et son jean déboutonné témoignent qu'il s'est vêtu à la va vite, interrompu dans son repos.

"Non mais ça va pas bien dans ta tête ?"

Paul ricane sardoniquement en prenant une posture agressive.

"Ahah...Et c'est toi qui me dis ça ?"

"De quoi tu parles ?"

"Ho arrête, tu le sais très bien..."

Paul crie, son énervement l'essouffle et il tremble légèrement, il peine à se contrôler. Et l'air surpris de son interlocuteur n'arrange rien. Sam s'agace à propos du comportement qu'il juge grotesque de son cadet :

"Tu débarques chez moi aux aurores et tu manques de défoncer ma porte donc soit tu rentres me dire ce qu'il se passe, soit tu te tais avant d'avoir réveillé tous les voisins !"

A ces mots Paul bouscule son vis à vis et rentre dans l'appartement. Rien n'a bougé, son ex a toujours été maniaque sur les bords. Il se met à faire les cents pas et regarde de partout, cherchant le moindre indice confirmant la culpabilité du gérant. Ce dernier referme la porte et observe l'autre.

"Paul...Me dis pas que tu t'es drogué ?"

L'intéressé lâche un rire narquois, proche de la folie.

"T'aimerais bien hein ? Comme ça tu n'auras aucun mal à me violer moi aussi comme tu l'as fait avec les autres ? Mais hélas ce n'est pas le cas, j'ai tous mes moyens !"

Il le défie du regard.

"Non mais...Mais tu vas vraiment pas bien, qu'est-ce que tu dis ?"

Le jeune homme se perd, il ne maîtrise plus ses propos, ses nerfs l'ont lâché, il hurle de toutes ses forces :

"Putain fais pas semblant ! J'le savais t'as toujours été un salaud au fond ! Mais faire ça à tes amis ? Et juste pour que les Black te cèdent le club ? T'es dégueulasse Sam..."

Sa voix se brise sur la fin, les yeux injectés de sang il accuse, dans toute la démesure qui le caractérise à cet instant. Sam est interdit et il soutient le regard de son invité, il se racle la gorge et si lui se retient de crier sa voix n'en est pas moins agressive.

"Jamais ! Fouille mon appartement, retourne le, tu ne trouveras rien, parce que ce n'est pas moi bordel ! Comment toi tu peux croire ça ?"

Paul s'exécute, il ouvre chaque placard, balance des dossiers de rage et Sam le laisse faire. Avant il lui aurait fait une scène pour une figurine déplacée mais là rien. À mesure que ses gestes désorganisés sèment la pagaille sa certitude s'amenuise. Et il s'en veut, il lui en veut. Il râle entre ses dents.

"T'as un mobile et tu savais pour l'asthme d'Embry pourtant..."

"Jamais...Comment toi tu peux penser que je suis un violeur ? Tu sais que c'est faux."

Paul s'immobilise, la voix de son vis à vis s'est considérablement adoucie, il s'est accoudé à un meuble et ne le quitte pas du regard, suivant ses précédents va et vient agités.

"Raah j'en sais rien !"

"Vous êtes toute ma vie, je vous aime trop pour ça."

Encore un ricanement, le plus jeune se place face à son aîné et le fusille du regard, la tension dans son corps se renforce d'un cran.

"L'amour, c'est vrai que toi t'en connais un rayon sur ça tiens !"

"Arrête..."

"Ah ça non." S'excite Paul. "J'arrêterai pas c'est facile de dire des trucs en l'air la vérité c'est que t'en as rien à foutre des autres, y'a que toi et ton putain de club qui comptent."

A son tour Sam perd son calme :

"Si tu cherches des coupables tu devrais peut être regarder ton cher Jacob, celui que tu idolâtres tant est loin d'être aussi parfait que tu le crois. Ouvre les yeux un peu ! T'es qu'un pion comme les autres pour lui."

La remarque blessante pique Paul au vif.

"T'es mal placé pour la ramener à ce sujet, c'est pas lui qui m'a abandonné sans aucune explication parce qu'il n'a d'yeux que pour un club de merde et ses ambitions égoïstes, qui m'oblige à fermer ma gueule sur notre relation et tout ça sans rien laisser paraître. Ne lui reproche pas de m'aimer comme tu n'as pas su le faire."

La conversation dérape et vire aux règlements de comptes passés. Cette fois ci c'est l'incompréhension qui passe sur le visage de Sam.

"Tu me balances ça deux ans après ? Tu m'as jamais dit tout ça...Comment voulais tu que je le devine ? Tu m'as dit toi même qu'il était mieux qu'on en reste là !"

"Normal je passais après tout le reste !"

"Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé alors ?"

Le silence répond. Paul aurait sûrement aimé que l'autre comprenne de lui même, mais après coup peut-il lui reprocher de ne pas avoir deviné ce qui l'a blessé à cette époque ? Il n'en ont pas parlé jusqu'à maintenant. A la base ce n'est pas l'objet de sa visite, d'ailleurs il a un peu oublié la raison première de sa présence dans cet appartement. Ses émotions sont confuses, parfois on croit avoir tourné la page mais un coup de vent vicieux nous la remet sous le nez. Il ne sait pas quoi dire.

Sa rage mêlée à la confusion lui font perdre les pédales une fraction de seconde. Il se retourne et frappe violemment dans le mur, la force du coup résonne dans tout son bras et une douleur atroce suit, ses phalanges ont craqué bruyamment et il a l'impression qu'on les lui brûle à l'acide. Il sait d'emblée qu'il en a cassé au moins une ou deux, peu importe. Le mur, lui, n'a rien.

Ce qui suit n'aurait pas dû se produire. Sam s'est rapproché, près, trop près et il lit dans ses yeux bruns à quel point il peut regretter ces malentendus. Une main chaude saisit fermement sa nuque et le tire en avant, il sent les lèvres de son aîné s'écraser sur les siennes. À ce moment précis il bascule, incapable de repousser l'autre. Pourquoi les choses lui échappent-elles ainsi ? Trop de sentiments l'envahissent et il s'y perd, noyé.

Le baiser brusque et intense que lui donne Sam l'oblige à réagir, pas comme il aurait dû. Ses mains viennent se placer dans les cheveux de son partenaire tandis qu'il sent une langue glisser entre ses lèvres. Son faible gémissement se perd dans leur échange et il ne sait plus ce qu'il éprouve. Leurs langues s'enroulent ensemble sauvagement et leurs corps sont désormais collés, ils s'accrochent désespérément l'un à l'autre.

Paul frissonne au passage de la main de Sam dans son dos. C'est seulement quand cette main commence à défaire sa braguette qu'il prend conscience de ce qu'ils sont en train de faire. Il rompt brutalement le contact et repousse Sam avec de gros yeux choqués.

"Non !"

L'aîné recule d'un pas de lui même.

"Désolé..."

A vrai dire Paul ne lui en veut pas, du moins pas autant qu'il s'en veut à lui même, il a trahi Jake.

"C'est trop tard pour ça..." Il crache, parlant aussi bien du baiser que de la situation en elle même. Il sent son portable vibrer dans sa poche, il se permet un rapide coup d'œil : Momo lui demande s'il peut venir car il a des infos.

Sam n'a pas bougé, il oscille entre regrets et inquiétude, il sait déjà que son cadet va repartir, continuer ce qu'il a commencé et risquer l'inévitable, l'irréparable. Mais Paul est libre et indépendant, pas la peine d'essayer de le retenir. Malgré tout il tente :

"Tu vas sortir d'ici et te mettre en danger, mais si je te demande de rester tu ne m'écouteras pas, n'est-ce pas ?"

Paul, la main valide sur la poignée ricane sans se retourner. Un jour il a rêvé que son ex le retienne, le supplie de rester, un jour oui...Et ce jour là il serait resté, sans hésitation. Pas aujourd'hui...

"Laisse moi rire, tu m'as jamais retenu."

Et il claque la porte sans attendre de réponse.

Durant le trajet en voiture il s'oblige à ne pas réfléchir et remet ses états d'âmes à plus tard. Il reste focalisé sur ses objectifs, il a la conviction qu'il se rapproche, que les pièces du puzzles vont finir par se mettre bout à bout. Et il s'obstine inutilement avec l'espoir de trouver au bout du tunnel une logique, une explication peut être même que tout cela ne soit finalement qu'une mauvaise blague.

Tout s'embrouille, un voile opaque recouvre ses pensées. Doit-il croire Sam ou non au juste ? Pourquoi de manière récurrente ses amis le mettent en garde contre Jacob ? Pour conclure combien de personnes cachent des éléments indispensables à la résolution de l'affaire ? Sa seule certitude c'est l'innocence des victimes et de Jared, il ne peut pas les impliquer plus qu'ils ne le sont déjà. Il est seul, sombrant à la recherche de la vérité.

Le trajet est rapide, la circulation est fluide. Il prend le temps de repasser chez lui afin de bander précairement sommairement sa main en se promettant d'aller consulter le médecin la semaine suivante. A vrai dire il s'est fracturé les phalanges à plusieurs reprises, ce qui explique qu'il ne soit pas inquiet en dépit de la douleur cuisante. Il avale un anti-douleur au passage et se dépêche de gagner l'appartement de Momo.

Il frappe précipitamment de la main gauche, l'autre étant inapte au service. Momoouvre la parte immédiatement et lui tape dans la main.

"Yo ! Mec on a taffé une bonne parte d'la night, Adel a trouvé quelqu'trucs dans des bases de données sécurisées...Yo Merde mec ta main ?"

"C'est rien !"

Affirme Paul en entrant, il salue un jeune homme installé devant un écran portable, il y a fort à parier qu'il s'agit du fameux Adel, surdoué en informatique. Le jeune homme semble timide et c'est Momo qui transmet les infos, en tendant une bière à Paul, qui l'accepte volontiers.

"Bella Swan elle est quasi-introuvable ta meuf là ! Bref, elle a été dans l'même université qu'ton Jacob et on a piraté ses réseaux sociaux bloqués, figure toi qu'y'avait des photos !"

A la vue des photos Paul se fige, plusieurs affichent Jacob, Edward son ex et la dénommée Bella, ils avaient l'air proche.

"Sinon elle vit t'jours en Californie donc bizarre qu'elle ait loué à son nom ici, c'est la seule dépense enregistrée hors de son état."

"Nmmmh Merci Momo...J'ai juste un service à te demander."

L'autre acquiesce nonchalamment.

"Ne dis rien à Jared, s'il te plaît, il est déjà assez mal comme ça."

"J'comprends man !"

Paul ferme fort les yeux, si seulement tout ça n'était qu'un long cauchemar...

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La journée et la nuit ont semblé longues à Paul, sans parler de la journée d'attente du lendemain. Cette histoire de Bella Swan lui reste carrément en travers de la gorge car Jake lui a affirmé ne pas la connaître. Et s'il veut bien croire qu'il n'est pas dit ça mal à propos il exige des explications. Il a harcelé son cadet par texto, pas tous très gentils mais l'autre a fini par lui promettre qu'ils pourraient se voir ce soir, il n'ira pas travailler.

Les minutes s'égrainent à une lenteur déconcertante, exaspérante et sa douce décadence continue, il s'y laisse porter sans résister. Il ne sait même plus quoi penser et inévitablement il se repasse les images du baiser qu'il a échangé avec Sam. Certes les circonstances étaient atténuantes, mais comment peut-il prétendre aimer Jake s'il s'est senti capable de céder à l'un de ses ex ?

Il est con, voilà tout. Sa conclusion est brève et radicale. Jake lui offre ce qu'il souhaite et lui il fait un truc pareil ? Il s'insulte mentalement mais, au fond, un petit doute s'installe, et si tout ça n'était qu'un mensonge ? Il préfère écarter cette idée, il en serait malade. Le bonheur est un met si délicat à acquérir et qui demeure fragile.

Jacob lui a demandé de ne venir qu'à 21h, il avait des papiers à terminer urgemment avant cela. Toutefois si jusqu'à maintenant le respect et l'adoration qu'il a envers son cadet l'ont soumis aux volontés de ce dernier sans problèmes la situation est différente. Et à 20h15 tapante il est dans sa voiture, énervé au possible, et très tendu.

Il ne lui faut pas plus d'un quart d'heure pour parvenir à proximité de l'hôtel de Jake. Il ne prête plus tellement attention au luxe qui l'entoure, ni au réceptionniste qui proteste en le voyant passer sans son consentement. Tant pis ! Et puis ce vieillard sait bien qu'il est avec Mr Black de toute manière, il ne lui posera pas de soucis.

Au détour d'un couloir, ne prêtant nullement attention à regarder devant lui il bouscule fortement une personne. Il relève des yeux contrariés, contrariété qui se transforme en demi-surprise. L'homme s'avère être Seth, ça confirme ses doutes, le gamin traîne bien ici surtout qu'il devrait déjà être au Wolf à cette heure ci pour la mise en place !

"Seth..."

"Désolé je vais être en retard !"

Le jeune homme sourit et continue sa route l'air de rien, Paul n'a pas le réflexe de le retenir. Il faut dire qu'il a une autre priorité répondant au nom de Jacob, il s'occupera de savoir ce que Seth faisait ici plus tard. Emporté dans un élan de détermination il appuie sur la poignée de porte de la chambre de Jake, bien entendu celle ci est fermée et il ne dispose pas de la carte magnétique. Il toque donc en tapant du pied, impatient.

La poignée tourne et la porte s'ouvre rapidement, Jacob a un air contrarié et s'apprête à dire quelque chose. Mais s'apercevant que c'est Paul il fait un pas en arrière et se radoucit. L'aîné n'a pas loupé cette attitude et il remarque aussi la liasse de billets en grosses coupures que Jake a dans la main et qu'il s'empresse de dissimuler dans un placard ouvert, ne prêtant plus crédit à son invité. Paul rentre donc, interdit.

"Je t'attendais pas si tôt..."

Murmure le plus jeune, la voix légèrement crispée malgré son grand sourire. Paul hésite entre fondre devant ce sourire parfait ou rester sur sa ligne de conduite soupçonneuse.

"Nmmh c'est quoi cet argent ?"

"Ben rien, j'aime bien avoir du liquide avec moi."

"M..."

Jake lui coupe la parole :

"D'ailleurs tu veux sortir manger dehors ou j'appelle le service d'étage ?"

"Service étage."

Répond mécaniquement Paul. Et le repas se fait dans un silence presque total, seul l'échange de quelques banalités le rompt. Paul sent que Jake est distant, il ne l'a pas touché une seule fois et ses prunelles sombres affichent la méfiance. Cette situation le met mal à l'aise parce que leur complicité habituelle n'est pas présente et Jacob ne mène pas agréablement la conversation comme il sait si bien le faire. Un gouffre sans fond l'aspire sous un voile noir.

Et puis il brise le silence :

"Pourquoi tu m'as rien dit à propos de Bella Swan ?"

L'autre regarde sa main bandée fixement et évite peu subtilement sa question :

"C'est quoi ça ?"

"Rien de grave."

"Tu devrais consulter quand même."

La voix de son cadet est monotone, détachée, il aurait même dit détendue si son compagnon n'avait pas serré la mâchoire à l'évocation de Bella Swan. Il ressent des émotions contradictoires, d'un coté il veut juste que Jacob le serre dans ses bras en lui disant que tout ça n'a pas de sens, de l'autre...Il est contraint de se résigner, ça n'arrivera pas et puis, il n'est pas assez naïf pour y croire.

Mais au juste où se situe donc la cruelle vérité ? Au milieu de ses divagations, probablement. Et cette vérité il est prêt à beaucoup dans le but de l'obtenir, quitte à dégrader ses relations avec Jake ? Une minute ces souvenirs défilent dans ses prunelles, ils ont construit sa vie, si imparfaite soit elle. Et lui serait capable de tout occulter pour une seule personne qu'il connaît depuis deux mois à peine ?

Oui il aime Jake, mais il se doit de passer au dessus, pour eux et si la peur prend place dans chaque centimètre carré de ses pores il se force à articuler à nouveau sa question :

"Pourquoi tu n'as rien dit sur Bella, tu la connaissais."

"Je t'assure que non !"

Et Paul se soumet en un sourire d'excuse, pourtant l'autre ment, c'est certain. Les mots de Jared et Sam résonnent dans sa tête 'On dirait un petit chiot à la botte de son maître', 'Si tu cherches des coupables tu devrais peut être regarder ton cher Jacob, celui que tu idolâtres tant est loin d'être aussi parfait que tu le crois. Ouvre les yeux un peu ! T'es qu'un pion comme les autres pour lui.' peut-il ignorer ses meilleurs amis ? Son cœur se fend en deux partie égale.

Sa raison finit par l'emporter mais il garde un ton poli et bas :

"Je sais que tu mens. Parle moi !"

Le plus jeune soupire puis se rapproche de lui, ils sont assis sur le bord du grand lit. Jake passe doucement sa main sur la joue de son partenaire puis lentement ses lèvres effleurent son cou.

"Jake..." Gronde Paul.

Peu impressionné, l'intéressé continue et embrasse pleinement la mâchoire, sa main remonte dans les cheveux de son aîné. Il ignore la remarque visant à le stopper et tente d'esquiver les questions.

"Arrête...J'ai posé une question."

Le grognement de son compagnon n'empêche pas Jacob de poursuivre, il raffermit sa prise sur le crâne et mord la peau fragile du cou. Paul frissonne, pris d'un mauvais pressentiment.

"J'ai pas envie d'en parler j'ai dit !"

La voix autoritaire du cadet résonne telle une menace tandis qu'il poursuit ses traitements. L'autre s'énerve et perd de son calme, il hausse le ton en le repoussant de la main gauche.

"Putain arrête ça tout de suite !"

Le monde tourne autour de lui et une gifle puissante l'envoie contre le matelas moelleux, il ne s'y attendait sûrement pas et il reste choqué, la bouche entrouverte.

"C'est pas toi qui décides !" Proclame Jake.

Puis il sent le poids de son corps sur le sien et il est pris d'assaut, l'autre lie leurs lèvres en enserrant fortement son bassin entre ses jambes. Paul ne répond pas au baiser et tente de se dégager, il repousse une nouvelle fois son amant de sa main valide en protestant énergiquement :

"Non !"

"C'est pas toi qui décide !" Répète Jake.

DÉBUT DU PASSAGE VIOLENT

L'aîné se met à hurler de douleur, l'autre a saisi sa main blessée et l'a broie littéralement dans la sienne, ravivant les phalanges fracturées. Esclave de sa souffrance soudaine il voudrait se recroqueviller sur lui même, seulement le corps qui le domine l'en empêche. Il s'agite plus vivement, sa seule volonté étant de se libérer.

Grave erreur, il aurait dû réagir avant car lorsqu'il comprend, c'est déjà fini pour lui. Il reçoit plusieurs coups au visage, son nez craque et le sang dégouline associé à une douleur qu'il connaît trop bien pour s'être déjà cassé le nez. Il est séché, sa vue se brouille un instant. C'est suffisant pour qu'il se retrouve la main valide attachée solidement à un montant du lit, il tire vainement. L'incompréhension teint son visage effrayé.

"Arrête...Arrête...Bordel Jake..."

"C'est pas toi qui décides !"

Et il se prend un nouveau coup dans l'arcade, le sang lui dégouline dans l'œil, rendant sa vue difficile. Suffisante pour distinguer l'horrible lueur animale qui hante les pupilles de son désormais agresseur. Son visage aux traits si proches de la perfection est déformé par la haine, la violence et de son aura émane un désir de domination fanatique.

Un mot, plus qu'un seul : peur. L'angoisse plane dans l'air humide et les secondes deviennent interminables, Paul transpire à cause des multiples coups douloureux et surtout la terreur qui a formé une boule dans sa gorge sèche. Il est réduit à l'état d'impuissance, raisonner Jake ne lui apportera que de nouveaux coups et il ne se fait pas d'illusions quant à ce qui l'attend. Un deuxième mot s'impose : pourquoi ?

Et il se trouve bien naïf d'avoir pu croire à tout ça, ce rêve surréaliste qu'un mec comme Jacob puisse s'intéresser à lui, qu'il aurait pu être heureux avec. Finalement il mérite sans doute ce qui va suivre. C'est avec cette intime conviction qu'il ferme les yeux de toutes ses forces, un mal de crâne le prend et machinalement sa main blessée essaie de se débarrasser du corps envahissant au dessus du sien. Inutile.

Il gît sur le matelas pareil à une loque après un nouveau coup, l'autre l'a saisi à la gorge et l'étouffe à moitié, rendant sa respiration délicate. Il peine à trouver de l'air et se demande même si finir ainsi ne serait pas plus simple et moins douloureux quand il entend Jake défaire sa braguette puis la sienne. Il agite vainement les jambes, empli d'une énergie nouvelle mais plus il se débat, plus la sensation de suffocation se fait sentir.

Son horreur grandit encore lorsqu'il sent le sexe dur de Jake contre son bassin, la situation l'excite apparemment au plus haut point et lui, il a une brusque envie de vomir. A nouveau il veut hurler, mais les sons s'étouffent dans sa gorge compressée, son agresseur a fait pression sur sa main fracturée et durant ce laps de temps où il a perdu tout contrôle, focalisé sur la souffrance, sa seconde main a été attachée. De toute façon c'était déjà terminé.

Jake relâche sa gorge et saisit ses hanches, un rictus déforme son si beau visage. Paul se satisfait mentalement d'être un peu sonné par les coups qui lui ont été portés, il n'a plus le choix que de subir et donnerait cher pour perdre connaissance et ne pas vivre la suite.

Un hurlement déchirant fend l'air et Paul tire de toutes ses forces sur ses liens, son corps entier se crispe à la pénétration violente du membre en lui. Sans répit, Jake pousse sans précautions dans son corps sous ses cris et ses supplications.

"Tu peux crier autant que tu veux, les murs sont insonorisés ici." Halète Jake.

Paul est à bout de souffle et sa voix se brise. Il ressent une brûlure de plus en plus forte en lui et il a l'impression que son corps a été scindé en deux morceaux distincts. Jamais il n'a ressenti souffrance aussi grande et prenante. Ses cris s'amenuisent et les larmes silencieuses coulent sur ses joues, se mêlant à son propre sang.

Il a mal et au delà de l'affreuse lacération de son intimité c'est son cœur qui s'éteint, ses battements sont devenus irréguliers. Il est blessé, au plus profond de son âme, il a été bafoué, trahi, violé...Mais ne l'a t il pas cherché ? lui susurre une petite voix sournoise. La chaleur de la chambre est insupportable et il asphyxie, son corps est poisseux, couvert de transpiration et colle aux draps, il a mal partout.

Son calvaire lui semble interminable et chaque coup de bassin est plus puissant que le précédent, déchirant ses entrailles. Il sent un liquide chaud s'écouler entre ses jambes et malheureusement pour lui ce n'est pas du sperme mais son sang. Déchiré il l'est, autant au sens propre qu'au figuré et il se sent pathétique pour l'image qu'il se renvoie à lui même, dépourvu de toute sa dignité.

Et ça continue, inlassablement, comment est-ce possible d'avoir aussi mal sans perdre connaissance ? Il regrette sa résistance à la douleur. Il rêve que tout s'efface, que Jake sorte de sa vie, ou plutôt n'y soit jamais entré. Il prie tous les dieux dont il a connaissance et ses larmes redoublent, incontrôlables. Évaluer laquelle de sa souffrance physique ou morale est la plus forte lui est impossible, il est brisé, anéanti.

L'odeur de sexe présente le répugne, le corps de Jake qui le tient à lui faire des bleus et claque sourdement entre ses cuisses le dégoûte au plus haut point. Il a honte, tellement honte. Tout ce qu'il souhaite c'est échapper à son sort, hélas ça continue. Les minutes rallongent et il n'ose plus ouvrir ses yeux larmoyants, de peur de voir l'horreur en face.

Un va et vient déchirant le brûle de l'intérieur à chaque passage, associé à un mensonge qui met son cœur à vif et le laisse saigner, goutte à goutte, afin qu'il profite pleinement de ce mal être. C'est long, si long, pitié qu'il en finisse...Mais ça continue. Tiens bon, tiens bon, il va venir...ça ne s'arrête pas.

Il commence à perdre connaissance, le décor tournoie, un voile sombre obscurcit sa vue quand une violente et ultime pénétration le ramène à la dure réalité. Le corps au dessus du sien s'arque et Jake gémit. La sensation tandis qu'il se retire est purement affreuse et lui tire un hoquet. Inlassablement il tire sur ses liens, les poignets ensanglantés. Un liquide chaud brûle son intimité et se mêle à son sang. Il geint piteusement.

FIN DU PASSAGE VIOLENT

Jacob lui relève le pantalon sans douceur, malmenant encore son corps meurtri puis il se redresse et remet son propre pantalon convenablement. Paul a peur à nouveau. Jake va le tuer non ? Après tout il est le seul à savoir que le violeur c'est lui, il en frissonne. Dans son état semi conscient et de terreur intense il ne réagit pas au fait qu'une personne défait ses liens.

"Va te laver."

La voix de Jake, calme et autoritaire, le fait sursauter. Soumission, que ce joli mot le définit bien. Toutefois c'est un maigre sursis qui lui est offert et puis à vrai dire c'est un ordre, pas une demande.

Il se relève avec toutes les peines du monde, Jacob lui tourne le dos, il ne le regarde pas, mais tape nerveusement du pied, indiquant qu'il a plutôt intérêt à se dépêcher. Dans un fracas monumental Paul tombe du lit en gémissant, aucune réaction de son agresseur et son crâne bourdonne. Il ne parvient pas à se redresser et décide de ramper lamentablement jusqu'à la salle de bain, quelques mètres plus loin.

Le chemin lui semble long et son manque d'énergie grandit à chaque centimètre qui le rapproche du but. La porte de la salle d'eau entrouverte lui permet de s'agripper fortement à l'encadrement de la porte afin de franchir celle ci, tant bien que mal. Une fois à l'intérieur il referme la porte et s'écroule contre, assailli par la fatigue et la lassitude. Il se demande s'il a un intérêt quelconque à se battre, s'accrocher à sa vie pitoyable d'humain pathétique qu'il est. Et les larmes cuisantes dévalent ses joues, le souillent davantage encore.

Puis un éclair de lucidité, ce courage qui le caractérise et cette rage. Ou juste l'instinct de survie. Il s'agrippe au lavabo et en grimaçant se redresse, évite soigneusement son reflet sanguinolent affiché dans le miroir. Il prend appui sur le carrelage froid, ignore en serrant les dents sa main fracturée et ses reins douloureux pour atteindre le robinet de la douche. Il le tourne et l'eau gicle bruyamment, mouillant en partie son bras valide. Cela fait il retourne à la porte qu'il verrouille avec des gestes lents et silencieux.

A nouveau il s'écroule dos à la porte, presque soulagé. Ainsi Jake croit qu'il se douche et il a une petite chance d'espérer s'en sortir. Dans ce soudain élan de clairvoyance il se rappelle que son portable est resté dans la poche de son jean, il l'en extirpe. Le mouvement simple lui prend d'interminables secondes. Il a l'impression que son crâne est pris dans un étau compresseur, malgré ça, son cerveau fonctionne à plein régime.

Son portable affiche près de minuit. Tous ses amis travaillent au Wolf et n'ont pas leur portable ou ne pourront pas quitter leur travail ainsi, de plus s'il téléphone Jacob l'entendra...Ses collègues de boulot et Momo n'ont aucune idée d'où Jake habite et ne connaissent sans doute même pas cet hôtel...Résigné, une seule personne sera à même de l'aider, du moins il ose le croire. Au point où il est rendu, ça n'a plus d'importance. Ses doigts tremblants pianotent sur les touches salies :

*Aide moi hôtel Jake*

Il clique sur la touche 'envoyer à Sam'. Lui sait parfaitement où vit Jacob et quel est le numéro de la chambre, il saura convaincre le réceptionniste de le laisser entrer et il est physiquement capable de tenir tête à l'agresseur. De plus il avait des soupçons sur lui, donc il devrait se montrer méfiant et prudent.

Il lâche son téléphone qui s'écrase ausol et il bascule sa tête en arrière, ses sanglots reprennent, interminables, il se demande comment il est possible d'avoir une telle réserve d'eau en soi, ou est-ce des larmes venues tout droit de son cœur ? Pourquoi hein ?

Inévitablement Jacob se rend compte qu'il ne se douche absolument pas, il ne parvient pas à masquer ses sanglots et ses hoquets.

"Paul ! Paul ?"

L'aîné l'entend toquer à la porte et se rendre compte qu'elle est fermée puis plus rien...Ah si, il distingue des bruits de pas nerveux et précipités, puis des objets qui se brisent. Enfin, un brusque choc contre la porte qui en tremble et des sons étouffés. Paul se calme assez pour comprendre que dos à dos avec lui son violeur pleure à son tour en murmurant.

"Je suis désolé, tellement désolé. Le choses n'auraient pas dû se passer comme ça. C'était pas prévu..."

Ils sanglotent ensemble jusqu'à ce que Paul parvienne à un contrôle partiel, submergé par sa fatigue aidant au processus, il chuchote la voix brisée :

"Pourquoi ?"

Un rire amer lui répond, puis la voix enrouée, sombre mais calme du cadet s'élève clairement.

"A chaque fois je pleurais mais ça ne s'arrêtait pas, je suppliais, priais, tout ce qu'il disait c'était 'C'est pas toi qui décide.', et tous les maudits jours de mon enfance c'était pareil...Jusqu'à ce béni accident il y a dix ans. Mon père en fauteuil à vie je savais que plus jamais il ne pourrait me faire du mal alors j'ai fait ce que j'aurais sans doute dû faire avant, je suis parti. Toutes ces années j'ai tu ma douleur, mais qu'y a t-il de plus atroce que d'être violé par son propre père ? La chair de sa chair, le sang de son sang ? J'ai gardé ces affreux souvenirs en moi, me jurant de le tuer à mon tour un jour. J'ai repris contact cette année, il a cru que j'avais pu oublier, bercé par ses excuses. Et je me suis attaqué à ce qu'il a de plus cher, ce putain de club, à tous ceux qui l'idolâtrent et ne voient pas le monstre qu'il est, j'ai fait ressentir ma douleur. Mais crois moi, c'est un moindre mal, j'ai vécu bien pire, vous survivrez, lui non quand il apprendra la vérité."

Paul sent un goût acide remonter dans sa bouche, à ce stade il n'est plus en mesure de maîtriser ses réactions et il régurgite le dîner en se penchant sur le coté. L'histoire est affreuse, et le mal commit pour cette vengeance irréversible, ses entrailles se tordent et lui brûlent l'estomac. Les pleurs de Jake sont terminés et sa voix égale poursuit, plus cynique :

"Tu ne faisais pas partie du plan...Je suis tellement désolé, j'ai été sincère avec toi Paul mais parfois je perds le contrôle. Au fond c'est de ta faute, après tout tu l'as bien cherché, tu m'as provoqué et puis habituellement on couchait ensemble alors..."

Une seconde fois les boyaux de l'aîné se tordent et il vomit bruyamment, il ne sent pas l'odeur nauséabonde, proche du malaise. Il se dégoûte, et il ne peut s'empêcher de ressentir une forme de compassion pour son agresseur et de la culpabilité. C'est vrai, tout est sa faute, il n'en a fait qu'à sa tête, n'a pas écouté ses amis, pas fait attention au mal être de son compagnon...À bout de force il s'entend souffler :

"Comment ?"

Jake soupire et répond machinalement :

"Ben ça a été facile de convaincre Billy de me reprendre à ses cotés, il était trop content que je crois en sa rédemption, bien sûr tout seul je ne pouvais pas assurer tout ça. Seth m'a rapidement semblé être l'informateur idéal au vu de son goût pour l'argent, ce gosse fait tout ce que tu veux pour une bonne liasse de billets ! Il est au courant de tout même si acheter son silence m'a coûté une blinde...Puis ce jeune latino, je lui ai donné de faux papiers en échange il devait surveiller Rejo, puis quand Akira s'est intéressé à lui par hasard l'occasion m'a semblé idéale. Le gamin a pris peur en comprenant ce que je faisais et a disparu, quelle petite merde ! Oh et pour Bella Swan c'est une ancienne amie de San Diego, je lui ai juste demandé de me louer une chambre, ce qu'elle a généreusement accepté, bah elle pouvait pas se douter des conséquences ! Vous êtes tous si naïfs..."

Paul est proche de la rupture, ses paupières se ferment toutes seules, il ne pense plus. La douleur le berce tendrement. Son cœur rate un battement à cette phrase que l'autre prononce distinctement :

"Mais je serais incapable de te tuer."

Soulagement, déception, dégoût, honte, tristesse, haine, rancœur, compassion, sentiments trop lourds à porter pour ses épaules affaiblies. Il respire avec peine et ses larmes qui avaient cessé reprennent tandis que Jake tambourine sur la porte en lui ordonnant d'ouvrir. Il est en panique, complètement terrorisé, l'inconscience lui tend ses bras réconfortants.

La suite ressemble à un grand fracas. Les Dieux tout puissants ont entendu ses appels désespérés : la voix contrariée de Sam résonne dans ses oreilles. Un boucan infernal s'en suit, des protestations et une violente dispute. Les meubles qui craquent et autres bruits affolent Paul d'un seul coup. Guidé par des réflexes indépendant de ses commandes cérébrales son corps endolori se redresse contre la porte et il la déverrouille.

La scène le fige, Sam se tient debout devant Jake, acculé contre un mur, apparemment sonné, la tempe ensanglantée. Et surtout il tient un 22 (pistolet) dans sa main tremblante de rage tandis qu'il hurle à l'autre de lui dire où est Paul. Pourquoi ? Lui même ne comprend pas pourquoi il a besoin de protéger Jake, d'éviter que Sam ne lui tire dessus, il hurle :

"NON !"

Et sous la force du cri ses poumons manquent d'oxygène et il s'écroule lamentablement en avant, étalé sur le sol dur, en gémissant.

C'est vrai que de voir son état met Sam dans une colère plus noire encore et le désir de transpercer Jacob sur place se fait sentir, toutefois l'état de son cadet lui semble plus important. Il doit les sortir d'ici le plus rapidement possible. Aucune nécessité de paroles aussi inutiles que gênantes. Il relève le corps proche de l'inertie de Paul. Ce dernier gémit et grimace à chaque geste, tentant pourtant de s'appuyer sur son aîné afin de trouver une certaine stabilité.

Ils sortent de la chambre, traversent le couloir, le réceptionniste s'excite, le portier puis le voiturier. Et Paul pleure de plus belle en répétant :

"Pas l'hôpital. Pas l'hôpital. Pas l'hôpital."

Il a bien trop honte, refuse d'être confronté à qui que ce soit. Sam l'installe dans sa voiture et tente de le raisonner gentiment, mais quand le plus jeune est pris d'une violente crise de panique, il se voit obligé de céder, l'affolement que Paul affiche est déroutant. Et face à ça il ne sait comment réagir, dire que c'est terminé n'a pas l'air de le calmer le moins du monde.

Paul finit par perdre connaissance devant l'immeuble de Sam, et de toute façon la police, alertée, les attend déjà devant celui ci.

Et son cauchemar se prolonge, contraint de détailler les faits à deux policiers, examiné sous toutes les coutures à l'hôpital, même les plus gênantes. Il n'y reste qu'une nuit avant de regagner son appartement, contre l'avis des médecins et sans leur accord, seul. Jacob et Seth ont été interpellés, Leah est effondrée, mais moins que lui ça il est prêt à le parier !

Il n'a plus de larme, juste un profond dégoût, il ne sait pas comment il se sent, ni même pourquoi, ni même comment. La vie prend une teinte amère et sombre, aussi glauque que les lambeaux de son cœur.

In My Remains - Linkin Park

Separate
Sifting through the wreckage I can't concentrate
Searching for a message in the fear and pain
Broken down and waiting for the chance to feel alive

Now in my remains
Are promises that never came
Set the silence free
To wash away the worst of me

Come apart
Falling in the cracks of every broken heart
Digging through the wreckage of your disregard
Sinking down and waiting for a chance to feel alive

Now in my remains
Are promises that never came
Set the silence free
To wash away the worst of me

Like an army
Falling
One by one by one

Like an army
Falling
One by one by one

Like an army
Falling
One by one by one

Like an army
Falling
One by one by one

Now in my remains
Are promises that never came
Set the silence free
To wash away the worst of me

Like an army
Falling
One by one by one

Like an army
Falling
One by one by one

(Séparé
Passant au crible les décombres, je ne peux me concentrer
Cherchant un message dans la peur et la douleur
En morceaux et attendant la chance de me sentir vivant

A présent dans mes vestiges
Gisent des promesses qui ne se sont jamais réalisées…
Libère le silence,
Pour purifier le pire de moi-même…

Laissé à l'abandon,
Tombant dans les fissures
De chaque cœur brisé,
Fouillant dans les ruines
De ton mépris,
Sombrant et à la recherche
D'une chance pour me sentir en vie

A présent dans mes vestiges
Gisent des promesses qui ne se sont jamais réalisées…
Libère le silence,
Pour purifier le pire de moi-même…

Telle une armée, s'effondrant
Un à un à un
Telle une armée, s'effondrant
Un à un à un
Telle une armée, s'effondrant
Un à un
Telle une armée, s'effondrant
Un à un

A présent dans mes vestiges
Gisent des promesses qui ne se sont jamais réalisées…
Libère le silence,
Pour purifier le pire de moi-même…

Telle une armée, s'effondrant
Un à un à un
Telle une armée, s'effondrant
Un à un à un…)

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