Chapitre 25. Juste un instant

Regina se réveilla avec un mal de tête horrible, elle se sentait pourtant au chaud sous une espèce de couette blanche recouverte d'une couverture patchwork qu'elle aurait qualifiée d'horrible si cette chose était posée sur son lit. Elle cligna des yeux et sentit des odeurs qu'elle ne connaissait pas vraiment mais qui lui rappelait quelqu'un. Elle ouvrit vraiment les yeux et se rappela sa prestation de la soirée précédente. Elle voulut bouger mais elle était bien, malgré le mal de tête qui tambourinait sur ses tempes. L'odeur était celle d'Emma, un espèce de mélange entre une odeur de cèdre, de cannelle et d'autre chose, peut-être son parfum. Elle réalisa alors qu'elle était chez les Charming. Elle se releva prestement, se tenant la tête. Regina se dirigea vers la cuisine où le couple prenait de façon nonchalante son petit-déjeuner.

«- Salut Man ! » Fit Henry passant rapidement et embrassant sa mère au passage.

«- Henry... » L'appela la brune.

«- Oui ?

- Tu ne veux pas venir avec moi chercher Emma ?

- C'est ton problème Man, pas le mien... Cette fois-ci, c'est l'opération « Emma » et là je peux rien pour toi. »Sourit-il, attrapant son sac à dos et disparaissant alors de la pièce.

« - Un café ? » Demanda Charming, assis.

«- Deux, voire trois » répondit Regina en se tenant la tête.

«- Je vais faire des œufs brouillés, ça ira ? » Questionna Mary.

«- Oui, oui... »

Regina prit alors une chaise, consciente que les choses étaient terriblement différentes maintenant.

«- Bon... » Commença David. « J'attends ta demande.

- David ! » Cria presque Mary.

«- De... Quoi ? Ma demande ? » Interrogea la brune qui se tenait la tête.

«- Et bien quoi... Tu vas pas demander la main de ma fille ? » Sourit le blond.

«- Je... Et bien pas tout de suite ! Je vais d'abord la retrouver et discuter... » Dit la brune fixant son assiette, très gênée.

«- Arrête de te moquer d'elle » réprimanda Mary.

David avala une gorgée de café, se retenant de rire.

«- Ce n'est pas drôle ! » Tempêta Regina.

«- Hey ! Un petit peu de respect pour ton futur beau-père ! » Fit David en riant franchement cette fois.

«- Vous êtes fous ! Je vais rentrer chez moi, prendre une douche et oublier ce petit-déjeuner ! » Fit Regina finissant ses œufs et son café.

«- Tu vas au chalet alors ? » Demanda Mary.

«- Bien sûr ! » Acquiesça Regina, tournant le dos et prenant sa veste.

La vérité était que Regina était pétrifiée par la peur d'échouer, d'aller chercher Emma dans ce domaine sans magie, elle se sentait vulnérable et elle savait que passée la ligne, elle serait terriblement seule et exposée à un monde qu'elle ne connaissait pas tant que ça. Le pire ce serait de dire à Emma des choses elle n'était pas en position de force, expliquer que son entrevue avec Robin n'était pas ce qu'elle croyait, la convaincre, la séduire, lui dire ses sentiments...

Elle se posa quelques minutes chez elle, elle avait pris une douche, fait même un sac de voyage. Assise sur son canapé, elle tournait les doubles des clefs du chalet dans ses doigts, elle se sentait nerveuse et c'était un euphémisme. Elle soupira et pensa à Emma, à toutes ces fois, toutes ces choses qu'elles avaient fait ensemble, comment leur relation avait évoluée et combien elle s'était cachée les choses à ce sujet.

Elle soupira puis se leva, elle ouvrit la porte de sa Mercedes et jeta son sac sur le siège arrière. Elle démarra alors sa voiture, elle croisa Robin sur le trottoir qui lui fit signe, mais cette fois elle ne s'arrêta pas, elle ne ferait pas deux fois la même erreur. Elle accéléra même et arriva à la frontière. Elle avait récupéré le petit miroir qui leur avait permis de contacter Henry à Neverland, qu'elle avait imprégné de la potion nécessaire. Elle glissa le petit miroir dans sa poche de veste, elle souffla et passa alors la frontière avec sa voiture. Elle ferma les yeux comme si c'était la première fois qu'elle passait d'un royaume à un autre. Une fois de l'autre coté, elle roula laissant le GPS la guider, chose aussi toute nouvelle pour elle. Le chalet n'était qu'à deux heures de route, elle pria pour qu'Emma y soit resté.

.~.~.~.

Emma quant à elle, avait émergé entre deux verres posés au sol et sa personne avachie sur le canapé. Elle n'était à vrai dire même pas motivée pour prendre une douche. Elle attrapa des bottes dans l'entrée, une balade lui conviendrait peut-être mieux. Prendre l'air et oublier quelques minutes Regina et ses problèmes en regardant la nature et le temps passer probablement. Emma s'enfonça dans la forêt tout en mangeant une barre chocolatée, elle portait son pull blanc préféré et elle se dit que ça n'était pas une bonne idée du tout car elle allait se salir. Elle soupira de sa pensée superficielle. Elle se sentait alourdie par l'alcool ingurgité la veille, mais par miracle elle l'avait digéré. Elle s'enfonça plus encore, elle savait que sur la rive du lac se trouvait un camping vidé de ses locataires depuis peu et quelques maisons de vacances sans doute.

.~.~.~.

Regina arriva dans le début de l'après midi à RiverBridge, si bien nommée, une petite ville tout à fait commune, qui avait bien une rivière et un pont. La brune s'y arrêta pour faire quelques courses, dans l'idée qu'un repas fait par elle serait déjà une façon d'apprivoiser la blonde. Elle n'osa pas penser qu'Emma l'empêcherait de rentrer, il fallait qu'elle pense à aller dans la maison sans que la jeune femme soit là, sinon elle risquait de se prendre la porte en pleine figure et elle n'y tenait pas.

Elle se stationna alors un peu plus loin et approcha la maison tout en restant à distance et vit Emma en sortir. Son cœur battait vite à la vue de la blonde, elle avait tellement envie de lui parler, de la presser contre elle, et surtout de la rassurer. Emma partait droit devant elle dans la forêt, et au bout de quelques minutes, la brune s'approcha de la maison et ouvrit la porte. Il y régnait un capharnaüm sans nom : des verres posés sur le sol, un livre jeté plus loin, et une musique lancinante était en sourdine, elle reconnut Erase and Rewind de The Cardigans. Elle soupira et commença à ramasser les vêtements jetés ici et là son cœur palpitait, elle pouvait sentir toute la détresse d'Emma. Elle l'avait visiblement blessée profondément, et ça n'était pas que l'histoire avec Robin, c'était un tout qui ressortait là. Elle se demanda alors s'il n'était pas trop tôt pour elle de venir vers Emma. Les mains sur les hanches, l'air perdu, elle finit par s'atteler à préparer un repas.

.~.~.~.

Pendant ce temps là Emma, marchait toujours et sifflait de façon insouciante le long du lac, elle prit alors le temps de s'asseoir auprès d'un arbre. C'était si reposant de se dire qu'il n'y avait rien qui allait lui tomber dessus, pas de monde à sauver, personne qui attendait quelque chose d'elle, mais la solitude lui serra le ventre. Elle ne pouvait pas vivre toute seule toute sa vie non plus. Elle entendit soudainement un couinement incertain, un animal était visiblement en détresse. Elle sauta sur ses pieds et ce fut alors que la pluie commença à tomber par petites gouttes puis de plus en plus fort. Elle chercha alors d'où provenaient les cris de l'animal. Elle s'approcha du bord d'une falaise surplombant une chute d'eau. Là se tenait un chaton, suspendu dans le vide et dans une forte mauvaise posture. L'animal miaulait, désespéré. Emma se pencha tant qu'elle put et au risque de se rompre le cou, elle rattrapa l'animal in-extremis.

«- Putain sale bête ! » Jura-t-elle quand l'animal commença à la mordre et à se débattre. « Calme-toi ou je te jette dans le vide ! »

Le chaton de couleur incertaine cessa de bouger quand elle le suspendit par la peau du cou en le regardant droit dans les yeux. Emma prit le chemin du chalet. L'orage commença à gronder, laissant des rafales d'eau tomber sur elle et l'animal qui ne bougeait pas, accroché à son pull. Emma, la tête penchée, ne vit pas la lumière dans le chalet, ni que la cheminée était en route. Elle ouvrit la porte qui se trouvait d'un coup déverrouillée, elle leva un sourcil était-elle totalement saoule quand elle était partie plus tôt ? Elle dit alors au chaton :

«- Nous voilà à la maison, tu n'as plus rien à craindre. »

Les cheveux dégoulinant d'eau, elle décrocha le chaton de son pull.

«- A qui parlez-vous ? » Demanda une voix derrière elle.

Cette voix, elle la reconnaîtrait entre toutes c'était celle qui l'avait brisée à nouveau. Regina Mills se tenait derrière son dos. Elle se retourna doucement et fixa ses yeux verts dans les pupilles marrons qui la scrutaient également.