Chapitre 26. Avec ou sans magie
Regina fixait de ses pupilles dilatées par l'angoisse la blonde, qui tenait le chaton trempé par la peau du cou, ne sachant plus quoi faire réellement. La brune scruta le petit animal détrempé comme la blonde, puis fit demi-tour sur elle-même et attrapa un carton vide qui avait contenu du petit bois pour la cheminée, prit une couverture qu'elle y enfourna et elle le tendit à la blonde qui était sans voix et pétrifiée.
«- Et bien, met-le dedans non ? Il faut le sécher aussi.
- Oui. » Répondit simplement Emma, déposant le chaton dans son nouveau logis.
Regina s'attela à sécher l'animal, tandis que la blonde la regardait agir silencieusement. Emma sortit de sa torpeur et s'approcha de la brune, qui avait posé la caisse avec l'animal qui séchait et se remettait de ses émotions.
«- Tu fais quoi ici ? » Demanda-t-elle plus sèchement qu'elle l'aurait voulu.
La question était légitime mais tomba de façon si abrupte, que quand Regina releva la tête, ce fut pour croiser deux orbes vertes qui partageaient un état d'esprit perturbé par sa présence. Elle chercha ses mots. Elle s'était agenouillée devant l'animal mais elle se releva, cherchant dans sa posture un peu de contenance, après tout elle fut Reine.
«- Je... Je suis venue pour toi. » Tenta-t-elle.
«- Et... ? » Interrogea la blonde.
Cette dernière serrait les bras sur la poitrine, ses cheveux étaient trempés et commençaient à goutter sur le sol, le pull se faisait désagréable sur sa peau, mais elle n'en avait que faire. Elle n'était pas à proprement dire belle dans cet état, mais sa présence suffisait à faire battre le cœur de Regina, plus rapide, toujours plus rapide.
«- Et bien, je sais que tu t'es imaginée des choses... » Commença la brune.
«- Imaginé ? Ce que j'ai vu ? Pourquoi tu es là ?! » Dit Emma sèchement, « pourquoi tu n'es pas avec Robin ? Je ne sais pas ce que j'ai espéré mais ce que j'ai vu... M'a suffit !
- Emma... » Fit Regina, tentant de rester calme.
«- Oh oui... « Emma », c'est si facile maintenant, hein, de m'appeler par mon prénom, pour m'amadouer.
- Silence à la fin ! » S'emporta la brune.
Emma la fixa abasourdie.
«- Je n'ai rien fait de mal, il est venu te voir, toi, pour s'excuser de son geste, il pensait que tu étais chez moi, ça aurait pu être le cas ! Je l'ai suivi pour parler avec Marianne. »
Bien que loin de toute magie, Emma savait que l'autre femme ne mentait pas.
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A Storybrooke, Lumière était penché sur le dreamcatcher et regardait ce qui se passait. Tink soupira alors.
«- Arrête de les espionner via ce chat, c'est vraiment ridicule.
- Non, c'est génial ! Tu ne reconnais pas mon génie ma chère.
- Je reconnais que c'est de l'espionnage !
- Avoir réussi à occuper l'esprit de cet animal par la magie à distance, je n'avais jamais fait ça ! Il y a si peu de magie dans cet autre monde.
- Ça suffit. Laisse leur intimité.
- Je veux savoir si elles vont- »
Tink s'approcha, prit le dreamcatcher des mains du brun et le fit disparaître.
«- Rends-le moi !
- Sûrement pas ! C'est pas parce que tu es obsédé par ta mission et que nous sommes des fées renégates qu'on doit tout se permettre, il y a des règles !
- Mais on s'en fiche des règles... Donne-moi ça !
- Je ne l'ai plus !
- Où est-il ?! »
Le couple de fées se chamailla, tandis que Neal avait un nouveau mobile très amusant au-dessus de son berceau.
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Dans le chalet, les regards s'accrochèrent, emportés par un torrent de questions sans réponses. Emma sentait son cœur battre à tout rompre, elle était vraiment là pour elle. Devant elle, Regina la regardait interdite, se demandant si elle n'avait pas fait une erreur en poussant cette porte.
«- Alors tu es là pour moi ? »
Regina ne répondit rien et se contenta d'écarter les bras et les mains, impuissante à répondre à ce qui semblait maintenant être d'une évidence rare.
«- Mais ici... » Commença Emma en s'approchant d'elle, l'esprit embrouillé par le désir très présent, « il n'y a pas de magie, ici... Il n'y a que toi et moi.
- Je le sais, Emma.
- Tu ne comprends pas... Il n'y a pas de magie pour dire ceci ou cela, pas de magie du vrai amour, il y a juste que des incertitudes... Ici dans ce monde, les gens avancent avec juste l'espoir que leur amour soit réciproque et la seule magie qu'il y a est dans notre imagination. »
Regina fixa Emma intensément.
«- Si je suis d'accord sur le principe, je ne dirais pas qu'il n'y a pas de magie ici, elle est juste très rare... Elle est libre... Comme toi. » Tenta la brune en esquissant un sourire.
Emma s'approcha encore plus près et la saisit par sa veste, elle posa ses lèvres sur celles de Regina qui sur le coup ne réagit pas, comme si elle était assommée. Puis son corps se détendit, elle avait envie d'Emma plus qu'elle ne le pensait. Elle sentait le corps mouillé de la Sauveuse contre elle, les lèvres si douces de l'autre femme sur les siennes. Elle ferma les yeux, elle ne connaissait pas de sensation plus enivrante. Sa respiration se fit difficile, mais quand leurs bouches s'entrouvrirent, ce fut une cascade de douceurs et caresses. Puis les mains s'égarèrent, un pull fini par tomber par terre, après, elles ne savaient plus très bien ce qu'elles faisaient ou non. Emma souleva Regina, qui entoura le bassin de la blonde de ses jambes, il y avait comme une nécessité à partager quelque chose de fort, ce qui était doux se transforma en une passion plus puissante, les emportant.
Emma libérait en elle quelque chose d'animal, et elle n'attendit pas ; elle déshabilla sa Reine avec empressement, faisant sauter les boutons de son chemiser, libérant cette poitrine qui avait fini par l'obséder, et la poussa sur une table dans l'entrée. Elle embrassa la naissance des seins de Regina qui soupirait sous le contact des lèvres d'Emma, puis de sa bouche qui vint à la conquête de chaque parcelle de sa peau dans son cou, léchant jusqu'à la mâchoire, poussant Regina contre le mur. Celle-ci n'avait jamais autant ressenti le désir de quelqu'un, même pas celui de Robin, qui lui apparaissait alors bien dérisoire. Son corps réagissait au moindre caresses ou attaques douces d'Emma, elle pliait devant ce désir qui allumait dangereusement le sien.
La blonde savait et a toujours su, finalement, réveiller cet aspect là en elle. Elle mordit les lèvres d'Emma quand elle s'attarda sur sa bouche, et griffa le dos de la blonde qui gémit, plaisir et souffrance mêlés. Elle saisit à nouveau Regina pour l'emporter dans la chambre, convenant quelque part que la brune méritait mieux que le sol d'un chalet ou un vague canapé usagé. C'était sa Reine et elle ne voulait en aucun cas la décevoir, jamais elle ne lui ferait l'outrage de la prendre comme une servante. Il n'y avait peut-être pas de magie, mais si les cours de Lumière lui avaient appris quelque chose, c'était que Regina méritait bien mieux que tout ce qu'elle avait connu jusqu'à maintenant. Loin de Storybrooke, il n'y avait plus de barrières, d'interdits ou de doutes.
L'atmosphère tamisé et douce du chalet suffit à leur simple bonheur ; si c'était un romantisme bon marché, il était sincère et inattendu. Emma avait envie de pleurer de bien-être et de joie de retrouver celle qu'elle aimait, mais à cet instant, elle suivit son instinct. Et celui-ci lui indiquait que la femme à ses cotés la désirait autant qu'elle, et que toute cette souffrance emmagasinée depuis des mois, des années, avait besoin de servir de combustible à leurs ébats. Regina passa sa main dans ses cheveux l'attira plus à elle. La blonde se refusa et attendit l'impatience de la brune, c'était un jeu, un jeu qu'elles connaissaient bien. Emma la fit basculer sur le lit, il était vieux et faisait du bruit ; elles rirent, car elle savaient combien ce pauvre lit n'allait pas être très discret.
