Titre : Only Poisoned Your Mind
Auteur :Wolfin Hope
Bêta reader : veronicka
Origine :Twilight
Genre : Yaoi/Slash, Angst, Crime & Friendship/Romance
Couple : multipairings
Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !
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Partie 13
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Il a beau se répéter des tas de scénarios dans sa tête, tous moins naturels et spontanés les uns que les autres, il ne franchit pas le pas. Il les imagine sans les réaliser. Tout est devenu compliqué et le dialogue semble presque rompu. Il n'ose plus affronter Sam en quelque sorte et se contente de se défiler, c'est juste au dessus de ses forces. Alors il subit, comme il sait si bien le faire, il accepte passivement les attentions de l'autre, ses baisers ou ses câlins réconfortants pour s'endormir le soir, ses paroles calmes et sa façon de maintenir une communication entre eux.
En l'absence de Sam il passe le plus clair de son temps avec Jared ou Rejo, c'est mieux que rester seul et surtout bien plus divertissant ! Il faut croire que son amie la solitude a fini par le lasser.
"Tu penses à quoi ?"
Il sort de ses pensées et tourne la tête en direction de l'hispanique avachi sur le canapé à ses cotés. Il sont dans l'appartement de ce dernier, le téléviseur faisant défiler toutes une série de pubs devant eux.
"Je me demande si le mec choisira la blonde ou la brune !"
"Il finira avec Lila j'en suis sur !" S'exclame Rejo, des étoiles pleins les yeux.
"Mon dieu !" Soupire Paul, amusé. "Je me demande comment tu peux regarder des émissions aussi gnangnan !"
"Pfff dis pas ça moi j'aime bien !"
L'espagnol lui adresse une petite moue faussement boudeuse, ils savent tous les deux que ce n'est pas le genre d'émissions que suit Paul, pourtant ce dernier adore regarder l'autre s'abrutir devant sa télé, hypnotisé par l'écran. Il le trouve mignon comme ça, on dirait un enfant devant un dessin animé. Il allait parler à nouveau mais son ami lui intime d'un geste de se taire, l'émission reprend. Et Paul sourit, parfois il suffit d'un rien pour se sentir bien et oublier le reste.
Et aux sons des commentaires de Rejo suivis de ses rires il donnerait cher pour rester dans ces instants précieux éternellement, à l'abri d'une réalité trop dure à vivre au quotidien. Son inquiétude et sa méfiance s'envolent au contact de son ami, ce n'est plus ce même sentiment de sécurité qu'il ressent en présence de Sam, c'est autre chose.
Le générique de fin de l'émission finit par emplir la pièce principale, indiquant la suite la semaine prochaine. C'est le moment que choisit Pirate, le chien, pour leur sauter joyeusement sur les genoux.
"Raaaaah non pas sur le canapé !" s'égosille vainement l'hispanique.
Le chien n'est nullement impressionné et continue de s'agiter jusqu'à ce que Paul le repousse plus fortement en grognant sévèrement.
"Au fait c'est toujours bon pour jeudi tu pourra emmener Bosco (le chien de Jared et Embry) chez le véto ? Je l'aurais bien fait mais j'ai mon rendez vous chez le psy !"
"Oui t'inquiète j'ai pas oublié ! Tu peux me faire confiance !"
"Oui !"
Paul se fige en fixant son vis à vis, qui lui ne semble pas comprendre. Cette réponse lui a paru naturelle, ce sentiment qu'il éprouve c'est de la confiance, il fait confiance à Rejo. Il se sent bien à ses cotés, sans besoin d'être quelqu'un d'autre que lui, faible ou non ! Parce que l'espagnol a toujours vu son âme à nu, sans artifice et n'a pas cherché à agir différemment avec lui, peu importe la situation. Il contemple ce visage qui perd son si beau sourire face à son air sérieux et concentré. Au fond Rejo est ce qu'il lui faut, il en est persuadé et c'est probablement cela qui le pousse à approcher dangereusement son visage du sien. Leurs lèvres viennent à s'effleurer, seulement Paul a conscience que c'est mal, les prunelles scintillantes de l'espagnol lui paraissent perdues et c'est de sa faute. À quoi ça mène ? Il est si faible que ça ? Il a beau déborder d'affection pour son ami il ne l'aime pas, ni ne le désire, c'est juste que c'est plus facile d'aller vers lui plutôt que Sam.
Durant la fraction de seconde où leurs bouches se touchent plus franchement il se sent ignoble, il s'empresse de se retirer. Il comptait faire quoi au juste là ? Et pourquoi surtout ? Tromper Sam et bafouer les sentiments de l'un de ses meilleurs amis ? Et tout ça au nom de la confiance ? Une chose est sure il n'est pas prêt de s'accorder sa propre confiance (à lui même)!
"Je suis qu'un con." Il lâche piteusement.
"Je..."
Mais en fait même l'autre ne parvient pas à dire quoi que ce soit, dans son extrême tolérance il met vaguement ça sur le compte du trouble émotionnel dont souffre Paul.
"Désolé."
Pour une fois, Rejo ne répond rien, trop troublé. Le plus vieux se sent coupable, il donne de faux espoirs à son ami au risque d'abîmer irrémédiablement leur amitié cette fois ci. L'incident est clos, car aucun des deux ne trouve à placer une remarque pertinente à ce sujet.
Au fil de la soirée l'esprit de Paul se tourne de plus en plus vers Sam, il jette des coup d'œil nerveux à son portable, il n'a aucune idée de l'heure à laquelle son compagnon va rentrer en fait. Réunion... Pffff ça l'a toujours rendu malade de voir son aîné rentrer au milieu de la nuit, avant... Et maintenant. Son coté jaloux semble refaire surface et il fronce les sourcils en fourrant rageusement son portable dans sa poche. Il a un soudain besoin de prendre l'air. Il jette un coup d'œil à Rejo qui est resté bien silencieux, ce dernier a beau lui adresser un petit sourire il sait qu'il l'a blessé, il faudrait être aveugle pour ne pas le deviner, et ça, ça le rend dingue. Il lui rend toutefois un sourire forcé avant de se lever sans un mot, juste un signe de la main, il a toujours été nul pour le dialogue, les explications et toutes ces choses là.
Quelques minutes plus tard l'air frais lui fouette le visage, il inspire un grand coup et vérifie son portable encore une fois, pas de message. Il grogne avant d'ouvrir brusquement la portière de sa vielle golf qui grince sous le choc. Il n'a pas envie de rentrer, ni même d'aller voir quiconque. Machinalement il met le contact, le moteur rugit bruyamment quand il appuie sur l'accélérateur, il conduit sans même s'en rendre compte, de vieux réflexes le guident à travers le paysage New Yorkais. Les building d'abord, puis la verdure entre deux gratte-ciels et enfin le canal qui se dessine au devant, la ville le dominant au loin. Un violent crissement de pneu et son véhicule s'immobilise, il soupire et reste assis là, dans sa voiture garée à demi sur un bas coté, les yeux rivés vers l'horizon.
Peut être que la faiblesse humaine le pousse à croire qu'un jour tout ira mieux, alors il s'y raccroche de toutes ses forces. Au fond la vérité c'est que lui seul est en mesure de faire la démarche de sa guérison, attendre vainement n'y changera rien. Il peut bien essayer d'oublier Jake, parce que c'est plus facile de l'effacer totalement plutôt que de lui donner une place dans son esprit. Que ressent-il aujourd'hui pour cet homme ? L'homme qui l'a brisé, a anéanti sa vie et ses espoirs. La haine et le dégoût il les connaît bien mais ces sentiments sont tournés vers lui même et non directement braqués sur le réel fautif, il en a conscience. Comment apprendre à détester quelqu'un ? Non pas qu'il aime encore Jacob Black, sans parvenir toutefois à le haïr. Finalement, la haine n'est sans doute pas la solution. Oublier non plus ? Se venger non plus et puis ça, il en est incapable. Affronter ses démons, simplement, accepter, à défaut de comprendre, la façon dont les choses ont tourné en sa défaveur.
Ses mains sont restées agrippées au volant, il admire le canal qui s'écoule, brillant dans la nuit. Le sens de sa vie lui échappe et il sait qu'il en a perdu le contrôle. Les minutes s'écoulent lentement tandis qu'il reste là, spectateur du temps qui passe, comme le canal qui file sous ses yeux. Après avoir consulté à nouveau son portable il se décide à rentrer, après tout la réunion de Sam doit être finie depuis un moment, celui ci n'aura sans doute pas voulu le déranger, il savait parfaitement que Paul était avec Rejo, donc pas de raison de s'inquiéter. Comportement qui agace son compagnon, il soupire, décidément il est au comble de l'égoïsme ! Sam se préoccupe bien assez de lui et il n'est encore pas satisfait, c'est le monde à l'envers ! Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez lui ?
Lorsqu'il atteint la porte d'entrée de l'appartement l'heure est déjà bien avancée et il veille à faire le moins de bruit possible, n'étant capable de rien d'autre il s'applique à ne pas déranger le sommeil de son aîné. En effet il dort déjà et Paul pénètre dans la chambre sur la pointe des pieds. Un instant il s'arrête net et regard le corps endormi de Sam : Il est allongé sur le dos, le drap remonte jusqu'au dessus de son aine, laissant voir son torse puissant et son visage parait paisible, ses respirations soulèvent sa cage thoracique régulièrement. Paul plisse les yeux pour mieux le distinguer dans l'obscurité, en vain. Il retire ses chaussures et son jean qui tombe au pied du lit avant de se glisser sous les couvertures, veillant à ne pas perturber l'autre par son intrusion. Sam grogne vaguement cependant il ne semble pas se réveiller.
Inlassablement le cadet réfléchit, les yeux fixés au plafond, tout est noir dans la chambre (normal la nuit hein !). Il dors assez rarement avec Sam, enfin dans son lit. La plupart du temps ils s'endorment l'un contre l'autre sur le canapé, ou alors Paul s'y endort seul lorsque son compagnon travaille. C'est juste que dormir avec Sam vraiment, enfin faire la démarche d'aller dans SON lit, AVEC lui, serait déplacé dans l'état actuel des choses. Alors pourquoi l'a t il fait ce soir ? Peut importe, ça ne gênera personne, Sam dort profondément et lui reste précautionneusement de son coté du lit. Il repense à Rejo, à ce qu'il a bien failli faire et à Sam et leur relation. Jake aussi. Un sommeil sans rêve finit quand même par l'emporter.
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Voir le soleil briller et le ciel vierge de nuage ne lui a pas franchement remonté le moral. Il en est resté au même point avec en prime un geste déplacé envers l'un de ses meilleurs amis, il ne manquerait plus qu'il essaie d'embrasser Jared maintenant il songe avec amertume. Il se force à garder la tête vide et profite des doux rayons de soleil sur son visage. Il rentre de son rendez vous chez le psy, c'était assez agréable en fait. Son praticien affirme qu'une simple affection peut parfois déborder, surtout dans son état de confusion émotionnelle et lui espère que Rejo ne lui en tiendra pas trop rigueur. A force de tirer sur la corde elle finira par céder, l'hispanique à l'éternel bonne humeur a un cœur, un cœur qu'il blesse malgré lui...
Le jeune homme soupire et fourre les mains dans ses proches à la recherche de ses clés, il prend soin d'aller chercher le courrier en passant, il a pris l'habitude de le faire. Non pas que cela lui soit d'une quelconque utilité, personne ne sait qu'il habite ici officiellement et c'est tant mieux, ses créanciers ne peuvent plus le harceler. Ho son banquier lui a bien dit qu'il allait avoir des problèmes et être interdit bancaire mais bon ça n'a plus tellement d'importance à ses yeux, il se contente donc d'ignorer les appels émis par sa banque.
Une fois dans l'appartement il jette négligemment le tas de courrier sur le buffet placé à l'entrée avant de retirer sa veste. Soudain son propre nom attire son regard. Il s'étonne de voir une lettre lui être adressée, qui peut bien lui écrire parmi les personnes connaissant son lieu de résidence actuelle? A vrai dire la lettre a été adressée à l'adresse de Sam mais il est clairement indiqué "A l'attention de Paul Lahote". L'écriture est fine et régulière et ne lui rappelle rien. Il prie pour que cela ne soit pas l'un de ses créanciers déterminés à le harceler de bout en bout, il n'a franchement pas besoin de ça en ce moment !
Après de longues minutes d'hésitations et de réflexions il se décide à saisir l'enveloppe en papier recyclé de mauvaise qualité et la tourne entre ses doigts, suspicieux. Rien n'indique sa provenance. Il prend son courage à deux mains, ma foi il ne va pas rester là comme un abruti à retourner la lettre dans ses mains ! Une légère appréhension le saisit, il s'assied sur un fauteuil et inspire un grand coup avant de déchirer l'enveloppe sans précaution. Les lettres en caractères inclinés sont dessinées finement, avec grâce et sans aucune rature.
"Mon Cher Paul,
J'ai cru ne jamais trouver le moyen de t'écrire et pour être tout à fait honnête te faire parvenir cette lettre n'a pas été facile. Mais il est clair que je ne t'apprendrai rien en te disant que l'argent achète tout, même en prison !
Je me doute que la présente lettre doit te perturber, sache que je n'écris nullement dans le but de te torturer. Comme je te l'ai déjà dit, ce qui s'est produit était un accident, ça n'aurait pas du se passer ainsi et aujourd'hui je crois même que je le regrette un peu. Parce qu'en aucun cas je n'ai souhaité briser ta vie, le seul visé était mon père et je suis navré que d'autres aient du en faire les frais. A y repenser ce que j'ai fait est injuste, tout comme la non condamnation de mon père... Ou Seth...
Ici on m'oblige à voir un psy régulièrement, parait que je suis taré, déviances psychotiques ! Tu sais toi même que je suis loin d'être fou, mais bon ça occupe mes journées, quand je ne pense pas à toi. Et mon cher médecin prétend qu'il est important de demander pardon et pardonner, bof je ne vois pas tellement ce que ça pourrait changer, je ne tiens pas à pardonner qui que ce soit mais sache que si ça peut te soulager je te demande pardon.
C'est drôle, je suis presque sûr que tu lis encore ma lettre à cette ligne, c'est plus fort que toi. Je sais pertinemment que je t'attire, malgré toi tu m'es soumis et j'aime ça. C'est peut être dégueulasse mais je suis heureux de me dire que je t'ai laissé un souvenir indélébile, mauvais sans doute mais tu ne m'oublieras pas et c'est le plus important.
Je ne vais pas te raconter ma vie ici, elle est sans intérêt. Je suis désolé des dommages collatéraux que tu as subi, notamment la perte de ton emploi et les soucis financiers. Sache que j'en ai endossé l'entière responsabilité et à l'heure où tu lis ces lignes les choses doivent avoir été remises en ordre (au moins coté financier !). De même j'espère que le Dr Darroze te convient, le meilleur de l'état ! J'avais peur qu'il ne soit trop efficace et qu'il parvienne à m'effacer de ta mémoire, cela étant c'est quand même préférable à ton éventuel suicide, déjà en apprenant celui d'Edward j'ai été bouleversé, je tenais beaucoup à lui malgré tout.
Je sais c'est étrange d'écrire à l'une de ses victimes (enfin j'aime pas ce mot !) et surtout interdit mais je veillerai à t'écrire régulièrement autant que faire ce peut.
Jake.
Ps : Je tiendrai ma promesse, un jour, je t'emmènerai à Paris, quand tu aura mis de coté les mauvais souvenirs..."
Son cerveau ne fonctionne plus, il s'est mis sur pause. Impossible de définir quel sentiment prône sur le reste. La lettre le bouleverse, clairement. Et il lui apparait sans conteste que Jacob ne mesure pas la gravité de ses actes ou tout du moins n'a pas l'air de vouloir y accorder de l'importance : ce gars est un psychopathe dépourvu d'empathie, celui là même qui le hante dans ses rêves lorsqu'il revit son viol. Au final Jacob Black est cet homme là : cruel et manipulateur, celui qui croit pouvoir le garder sous son emprise prison ou non. Il ne parvient pas à le détester cependant les mots écrits délicatement sur la vielle feuille jaunie lui donnent la gerbe. L'homme qu'il a cru connaître n'était donc bien qu'une illusion.
Il revoit des brides de son agression et ferme les yeux sous la douleur imaginaire. Le pire c'est qu'il se rend compte que Jake ne le laissera pas se délivrer de ses horribles griffes, lui aussi est prisonnier. Et voilà qu'en plus, et c'est bien ça qui le traumatise le plus, Jake paie ses factures impayées et lui offre le suivi chez le psy. Trop c'est trop, il refuse d'être dépendant à la base et encore plus de l'origine de son mal ! Il va retrouver un travail et rembourser son bourreau jusqu'au dernier centime, il est hors de question qu'il lui soit redevable de quoi que ce soit. Ensuite il ne retournera plus jamais chez son psy, puisque les séances sensées l'aider à aller mieux sont financées par son violeur : quelle ironie ! S'il avait su...
Il bouillonne intérieurement, sa rage se dirige vers Jake mais surtout envers lui même, son estime de soit est au niveau 0, il est définitivement pathétique. Ses mains tremblantes replient la lettre et la glissent dans l'enveloppe à moitié déchirée. Il aurait pu rester tout l'après midi à se lamenter et s'insulter mentalement en évitant à tout prix de croiser son reflet ne serait-ce que dans une fenêtre mais pris d'une détermination soudaine il sort de l'appartement. Les garages à New York il y en a des tas et sinon il n'aura qu'à accepter la proposition d'emploi de Sam, après tout ce serait peut être la meilleure solution pour affronter enfin ses démons. Un jour il aura la force et la volonté suffisante pour regarder Jacob Black dans les yeux et lui dire qu'il s'est libéré définitivement de son emprise malsaine. Il se le jure.
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Le soir ses yeux sont attirés à nouveau par la lettre qui trône sur le buffet, il s'empresse de la ranger dans un tiroir et s'autorise une dernière fois à pleurer silencieusement avant le retour de Sam. Il se promet que les larmes ne couleront désormais plus pour Jake. Il veut s'en échapper, effacer les traces sales laissées sur son corps et son âme, à jamais. Espérer voir son reflet dans le miroir un jour sans éprouver une puissante envie de vomir, vivre simplement.
Il décide d'attendre sagement Sam devant la télé ce soir là, il n'a pas eu l'occasion de le voir de la journée et en plus il n'a absolument pas sommeil, il espère seulement que son aîné ne s'attardera pas trop au club, il lui a envoyé un message vers midi, auquel Paul n'a pas daigné répondre, trop perturbé et accaparé par sa propre journée, de même il a décliné l'invitation de Jared à passer le voir.
Le jeune homme a hésité pour finalement renoncer à passer dans l'ancien garage où il a bossé, ses collègues savent parfaitement ce qu'il lui est arrivé et il a envie et besoin de prendre un nouveau départ sans se sentir jugé ou pris en pitié. Il se doute que retrouver un travail définitif sera délicat, si ses capacités sont excellentes il est devenu peu sûr de lui et un peu asocial, ça n'aidera pas sa démarche...
Il grogne en se repassant le film de sa journée, au moins il a fait quelque chose aujourd'hui, plutôt que de rester là à ne rien faire, se morfondre et attendre que l'on s'occupe de lui. Il a beau être éreinté il refuse de s'endormir, une certaine excitation le maintient éveillé. Il a une légère chaleur dans l'estomac, ce sont des sensations qu'il avait presque oubliées, il n'a qu'une hâte, voir Sam franchir le seuil de l'appartement, pour faire quoi au juste ? ça il ne sait pas encore. Enfin il a une petite idée mais celle ci refuse de prendre forme distinctement, ça lui évite d'anticiper la peur.
Il est encore bien réveillé, les deux yeux grands ouverts fixés sur l'écran de télévision quand il entend des pas dans le couloir et le tintement des clés. Son corps entier réagit à ce signal en se contractant, indépendamment de sa volonté et sa gorge semble se resserrer.
Il regarde son aîné franchir le pas de la porte et accrocher veste et clés au porte manteau avant de l'apercevoir, surpris qu'il soit encore réveillé aussi tard. Paul répond à peine à son salut, ses orbes brunes se perdent sur le corps de l'autre, le détaillant. Sam porte une chemise noir près du corps et un jean foncé surmonte ses chaussures en cuir italien, en fait il s'habille ainsi pour travailler mais jusqu'à maintenant le cadet n'y prêtait pas tellement attention, il sait que Sam est beau et à quoi ressemble son corps c'est juste que depuis des mois il s'interdisait de le contempler.
"J'étais inquiet tu n'as pas répondu à mon message et à Jared non plus..."
Paul s'oblige à reprendre une certaine contenance tandis que Sam saisit le courrier restant sur le buffet pour y jeter un rapide coup d'œil.
"Mmmh j'ai fait le tour des garages en ville."
L'autre le fixe intensément, son regard est impénétrable mais un sourire discret étire ses lèvres.
"Tu sais mon offre tient toujours au club."
"Ouais mais... J'aimerais bien reprendre un poste de mécano."
"Je comprend." Conclut Sam tout en se rapprochant.
"Au juste t'as foutu quoi toute la journée dehors ?" L'accuse à son tour Paul, agacé.
"Je te l'ai dit j'ai dû faire le tour des fournisseurs du coin !"
"Mouais..."
Acquiesce Paul, moyennement convaincu, sûrement un coté paranoïaque développé après son agression ou...
"Jaloux ?" S"amuse le plus âgé.
Pas de réponse mais l'autre détourne le regard vers la fenêtre, il grogne quand Sam s'assied à ses cotés. Peut être que sa jalousie naturelle a repris le dessus, seulement il se trouve mal placé pour avoir ce genre de comportement. Puis l'excitation le reprend, la proximité de Sam, sa voix chaude et son souffle régulier, ces choses là le font réagir. Il n'est obligé de rien et c'est rassurant mais au fond, sauter le pas ce serait un peu comme tourner la page, effacer le souvenir laissé par Jacob, se purifier.
Il accepte volontiers le contact de la main de Sam avec sa joue, il l'effleure doucement avant de la placer délicatement au niveau de son cou. Il ferme les yeux par réflexe, anticipant le baiser qu'ils vont sans doute échanger. L'instant suivant leurs lèvres se lient, l'échange est doux, à peine une légère pression alors Paul ré-ouvre prudemment ses paupières tout en passant ses mains derrière la nuque de Sam de manière à lui réclamer plus. L'autre ne se fait pas prier et s'empresse d'accéder à la requête de son cadet, la pression de leurs lèvres devient plus forte, plus passionnée et Sam rapproche leurs deux corps, les mains glissant le long du dos de Paul.
Le baiser s'approfondit et la langue prudente de Sam quémande une entrée, qu'il lui accorde, emmenant la sienne danser avec. Un putain de vrai baiser, enfin ! Toutes les parcelles de son corps réagissent, son bas ventre s'échauffe agréablement mais cette fois ci il sait ce qu'il veut. Il rompt brièvement le baiser et prend une grande inspiration. A partir de maintenant et dès que Sam aura compris ce qu'il attend de lui il se refuse à faire marche arrière. Pour autant il ne parvient pas à soutenir le regard fiévreux de son vis à vis et détourne les yeux.
Il ne laisse pas le temps à l'autre de réagir, il incline la tête et reprend possession de ses lèvres, les mordillant doucement tout en caressant sa nuque avec plus d'insistance. Les mains de Sam se crispent sur ses hanches, il comprend que son cadet ne lui réclame pas de simples câlins innocents. Il en crève d'envie bien entendu, il a terriblement envie de lui mais une interrogation persiste, est-ce bien ce que Paul veut ?
Pourtant le corps ne trahit pas et les leurs sont semblables à des brasiers, ils s'enflamment parce qu'ils ont trop attendu ce moment et que les caresses de l'autre les rendent dingues et avides de plus. Paul tire le corps de Sam au dessus de lui sans cesser de l'embrasser langoureusement, pour l'instant il ne pense qu'au corps chaud contre lui et à sa propre excitation et c'est bon, l'esprit vide et le cœur en feu.
Ils finissent par cesser le baiser afin de respirer, le cadet ne s'en était pas rendu compte mais il a frôlé l'asphyxie, c'est sans doute pour cette raison que sa tête commençait à tourner.
"Doucement..." Rit Sam, complètement essoufflé.
L'autre n'étant pas prompt à la conversation il grogne indistinctement en s'efforçant d'égaliser ses respirations. Un gémissement lui échappe lorsque les lèvres de Sam descendent habilement taquiner la peau de sou cou, tellement de sensations qu'il croyait avoir perdues, d'une certaine façon. Ses mains remontent dans les cheveux du plus âgé qu'il ébouriffe en les fourrageant en tout sens, perdu dans son début de plaisir.
Un violent frisson lui remonte tout le long de la colonne vertébrale lorsque les doigts de Sam frôlent son ventre, à même sa peau. Il se force à porter son attention sur la bouche qui embrasse lentement sa peau nue, il sait bien ce qui va se passer du reste, mieux vaut ne pas trop y réfléchir. Et les mains de Sam remontent sous son sweat, jusqu'à ses pectoraux qu'il prend le temps de caresser. Paul gémit, de désir et d'anticipation. Les baisers dans son cou s'espacent et il peut sentir le souffle désordonné de son vis à vis, témoin de sa frénésie.
Ses propres mains se sont crispées sur le crâne de l'aîné alors que ce dernier pince doucement un de ses tétons, le visage toujours perdu contre son cou. Puis des mains agrippent fermement son sweat, Paul se crispe avant de consentir à relâcher les cheveux de l'autre, le laissant ainsi se redresser et levant les bras pour l'aider à retirer son sweat. Il esquive les regards insistants de Sam, c'est trop pour lui, pour le moment. Toutefois il se ressaisit de sa nuque et l'embrasse avec force, histoire de lui indiquer que ses intentions n'ont en rien changé. Il n'en faut pas plus à son partenaire dont les mains regagnent la peau nue et dorée, il la chérit et la caresse inlassablement, prenant le temps de l'exciter au mieux.
Plus de marche arrière possible, le plus jeune sens clairement l'érection de son compagnon qui frotte la sienne par intermittence, il se sent durcir au fil des secondes, à mesure que son appréhension monte elle aussi, inévitablement. Il lui est pourtant facile de demeurer focaliser sur les caresses et les baisers de son tendre amant, oubliant presque les raisons de son inquiétude tandis qu'il commence à défaire les boutons de chemise de Sam. Il prend le temps de les défaire les uns après les autres sans abîmer le précieux tissus, sous les yeux fascinés de l'autre homme qui finit par lui saisir les mains. Il se laisse docilement faire, évitant toujours ses orbes incandescentes, passionné par la peau qui apparaît sous la chemise clairement ouverte.
Sam lui dépose un baiser sur les mains pour n'en garder qu'une à laquelle il emmêle ses doigts, la prise est délicate et rassurante, Paul soupire, de bien être peut être ? C'est en tout cas ce qu'il ressent. Il serre plus fort la main liée à la sienne, confirmant ses pensées. Il sait que Sam le regarde, regarde son corps ou son visage, il ne peut pas en faire abstraction mais étant lui même absorbé par la contemplation de l'autre il parvient à le supporter.
La seconde main de son partenaire glisse jusqu'à son jean, leurs respirations s'accélèrent et la chaleur grimpe dans le salon, inutile d'attendre plus. Parfois si tout s'enchaîne on a pas vraiment de temps d'y réfléchir et c'est plus simple ainsi, c'est ce que se dit Paul quand il constate que l'autre à défait sa braguette et plongé la main dans son boxer. Le sexe devient son obsession, une douce litanie qui résonne agréablement dans son cerveau. Il se mord violemment les lèvres. Le contact des doigts habiles de Sam sur sa verge tendue l'électrise. Tout son corps est pris de frémissements et il s'efforce à son tour de caresser son compagnon, descendant sa main vers sa ceinture qu'il défait rapidement. Certaines choses ne se perdent pas...
La semi obscurité dans laquelle beigne la pièce, éclairée uniquement par les lampadaires extérieurs forme un cocon rassurant pour Paul. Il se sent un peu protégé, moins exposé au regard insistant de son aîné. Il s'applique à le masturber à son tour, retenant ses propres gémissements en se mordant les lèvres jusqu'au sang. Il écoute les sons rauques qu'émet son partenaire en commençant à s'agiter, lui aussi attend ce moment depuis longtemps et le plus jeune ressent une certaine satisfaction à lui provoquer cet effet. Non, l'appréhension ne le quitte pas et il sait qu'elle n'est pas prête à le laisser profiter librement de ces instants de plaisir, toutefois il est un peu plus fort qu'elle, pour cette fois. C'est avec fougue qu'il continue d'embrasser son vis à vis en caressant son sexe plus franchement. Sam rejette la tête en arrière tout en plissant les yeux, les soupirs de plaisir qui lui échappent excitent Paul qui s'applique à continuer tandis que l'autre a relâché son membre, trop pris par sa propre luxure.
Paul grogne doucement mais ne lui en tient pas rigueur, son envie augmente en même temps que la queue de Sam se raidit de plus en plus sous ses doigts. Il devine au visage torturé de son aîné que celui ci veut parler, seulement voilà, ils ne se sont jamais fait de grands discours dans leurs moments intimes, alors au fond les gestes sont sans doute plus à même de combler les derniers doutes de Paul. Avec tendresse et prudence Sam saisit la seconde main de Paul, l'autre étant toujours liée à la sienne, et la retire de son boxer. Un long soupir de frustration après il lui caresse le cou, puis la joue et l'oblige à croiser son regard presque noir. Paul déglutit difficilement et ne parvient pas à soutenir l'échange oculaire. C'est trop à la fois et il aimerait que son compagnon accepte et comprenne cela. Se donner à lui c'est déjà délicat, l'excitation n'empêche pas la peur qui le guette sournoisement, prête à se transformer en panique.
Pourtant les gestes et les caresses pleines de précautions qu'il reçoit de la part de son amant la lui font oublier, l'espace de quelques secondes, minutes... Un bref regard, très bref, puis il choisit de clore les paupières en attirant à nouveau Sam à lui. Leurs lèvres se rencontrent un peu plus brusquement, faisant s'entrechoquer douloureusement leurs dents avant qu'ils ne contrôlent à nouveau leurs pulsions, ralentissant considérablement le rythme et rendant ainsi l'échange plus doux. Sam s'amuse à mordiller gentiment sa lèvre inférieure avant de se retirer. Sa voix grave et basse tire un frisson à l'autre homme en dessous de lui, les mots chuchotés à son oreille l'électrisent.
"On sera mieux dans la chambre ?!"
Question ou simple constatation, peut importe, Paul acquiesce et daigne rouvrir prudemment les yeux.
"Ok..."
Son aîné s'est déjà redressé et sa main emmêlée à la sienne le tire à sa suite, le cadet s'efforce de ne pas réfléchir durant le court trajet, pour ça il a une solution bien pensée : il détache sa main de celle de son compagnon et lui retire sa chemise par derrière, elle tombe silencieusement au sol et lui a tout le loisir de se coller à la peau nue et chaude de son amant désormais. A peine a t il eu le temps d'en profiter qu'il se retrouve déjà dans la chambre de Sam.
La brusque luminosité lui pique les yeux et il grogne en se détachant brusquement du corps chaud, d'un coup il se sent mal à l'aise, trop exposé. Quelle idée merdique a eu Sam d'appuyer sur ce fichu interrupteur ? D'un geste vif et quelque peu rageur il le réenclenche et l'obscurité reprend ses droits, il parvient bien entendu à distinguer la silhouette de son partenaire, mais plus dans le détail. Il croit d'ailleurs l'entendre soupirer doucement, toutefois ce dernier ne souhaite pas le heurter ou rendre les choses plus compliqués qu'elles ne le sont déjà alors il enlace tendrement les épaules de Paul en chuchotant :
"Comme tu préfères."
C'est agréable d'avoir une personne attentionnée et compréhensive à ses cotés, alors le plus jeune se laisse totalement aller dans les bras de l'autre. Ils échangent de brefs baisers puis Sam lui lèche le cou amoureusement tout en le poussant jusqu'au matelas, Paul inspire et se laisse à nouveau aller en arrière, sur le matelas moelleux. Le corps de Sam se dresse au dessus du sien, la scène lui rappelle vaguement ses pires cauchemar, pourtant rien ne l'oppresse et la panique ne lui serre pas encore la gorge au point de l'étouffer.
C'est avec soulagement qu'il accueille les lèvres sur les siennes, il se noie dans cet échange fougueux, occultant le reste, notamment les mains de Sam qui parcourent ses flancs, puis ses cuisses qu'il saisit, l'incitant à les plier. Il déglutit dans le baiser parce qu'il sait parfaitement où veut en venir l'autre. Non pas que ce ne soit pas ce qu'il voulait, parce qu'il aurait pu le lui signifier dès le début et ils se seraient contentés d'autres choses, mais non il a fallu qu'il veuille ça et que Sam le comprenne. Finalement, il doute, mais ça il s'interdit de l'exprimer, alors il gémit entre leurs bouches et embrasse de plus bel les lèvres charnues de son partenaire... Et futur amant... Ex amant au passage aussi.
Tout semble compliqué dans son esprit, il se laisse donc guider, les mains crispées sur les épaules musclées du plus vieux. Il doit oublier ce qu'il a vécu, oublier son viol, oublier comment leurs rapports étaient avant, car tout est différent et l'inconnu fait peur. Sam effleure lentement l'intérieur de ses cuisses sans cesser d'embrasser chaque partie de son visage les unes après les autres, amoureusement. La spirale de l'enfer l'avale à mesure que les doigts de l'autre se rapproche d'une zone particulièrement sensible, sa gorge se noue et son estomac avec, il ne parvient plus à avaler sa salive et malgré lui, il a beau lutter, de piteux gémissements de détresse lui échappent. Les sons n'échappent pas à la vigilance de l'aîné qui stoppe ses attouchements et se redresse légèrement.
"Tu sais t'es pas obligé."
"Je sais."
Paul détourne le regarde, instinctivement.
"On est pas obligé d'aller jusqu'au bout si c'est trop dur pour toi !" Insiste Sam. L'autre soupire en fixant le mur à sa droite.
"Maintenant ou plus tard ce sera forcément difficile pour moi... Je veux le faire... Même si j'ai... j'ai peur."
De toute façon il n'a déjà plus de fierté alors un peu plus ou un peu moins, se confier à son partenaire le décharge de son trop plein d'émotions confuses. Face au visage hésitant de Sam qu'il distingue en lui jetant un rapide coup d'œil il insiste doucement en lui caressant le bras :
"S'il te plaît... Sammy."
La voix relativement calme et l'emploi du surnom affectif terminent de le convaincre, l'intéressé embrasse prudemment le jeune homme en dessous de lui et caresse longuement sa joue en admirant son visage aux expressions masquées par l'obscurité de la chambre, puis il se détache a nouveau, son souffle rendu irrégulier par l'excitation :
"Ok, allez détends toi..."
Paul ricane discrètement, son corps se contracte tout seul, indépendamment de sa volonté, comme un réflexe de défense acquis, il inspire longuement et ferme les yeux, sans lâcher sa prise sur le dos de Sam. Heureusement qu'il n'a pas les ongles longs !
Les doigts de son aîné voyagent sur son ventre, puis ses hanches, il frémit lorsqu'ils entre en contact avec son sexe tandis que dans le même temps Sam baisse son jean et boxer, il soulève les hanches pour l'aider. Il se sent très mal en constatant qu'il est nu et exposé...Cependant les lèvres humides qui entourent soudainement son membre le font penser à tout autre chose, il laisse sa tête s'enfoncer dans le matelas, soumis à son plaisir. Son partenaire s'applique à le sucer, il joue avec sa langue contre la peau sensible, faisant réagir Paul qui se tortille et halète, oubliant presque ses inquiétudes. C'est un peu frustrant pour lui de ne pas être en mesure de s'abandonner totalement au traitement de son compagnon, guetté par ses propre fantômes.
Les deux mains sur le crâne de Sam, dont l'une empoignant comme il peut ses cheveux courts, Paul l'encourage à continuer. A mesure que l'autre engloutit son désir monte en flèche et petit à petit il ne pense à rien d'autre. Juste la bouche qui entoure son membre et y applique de délicieux va et vient, plus de viol, plus de peur, même pas un parallèle avec Jacob... Non, son imaginaire est porté par les délices des sensations qui parcourent son corps embrasé.
A tel point qu'au départ il ne se rend à peine compte des doigts qui effleurent son entrée, son souffle s'accélère seulement. Difficile de définir si cela vient d'une inquiétude ou du plaisir ressenti par la fellation. Son stress prend le dessus lorsque les doigts humides pressent plus franchement son intimité. Paul s'efforce de garder son calme, il se concentre sur sa respiration et la bouche de Sam qui entoure voluptueusement sa queue. Ne pas se souvenir de la douleur, ni même de cette impression terrible de soumission, de dégradation, il lutte en fermant fort les yeux, espérant altérer le cours de ses pensées insidieuses.
Il entend nettement Sam lui murmurer un tas de paroles rassurantes, avec cette voix douce et conciliante, propre à un manager à la fois encourageant et ferme, qui ne laisse pas la place aux doutes. Quant aux propos, de simples mots affectueux tels que : "Shhh bébé." "Tout va bien." "T'inquiète pas Mingan." peut être même un truc du genre "Je t'aime.", il n'est pas sur de la fiabilité de ses oreilles à ce moment là. Lui se contente de gémir plaintivement, affirmant par intermittence à Sam que ça va, qu'il peut continuer. Il veille à maintenir l'absence d'échange visuel, voir le désir illuminer les pupilles de son partenaire serait de trop.
Ses mains tremblent contre les cheveux noirs de Sam, il les aurait bien tirés mais ceux-ci sont trop courts ! Il se concentre sur ses inspirations et la langue qui s'enroule activement autour de son pénis d'où s'échappe déjà le liquide pré-éjaculatoire. Bien sur ce serait trop facile si cela lui permettait d'oublier le doigt qui s'immisce lentement en lui, il se contracte fortement, impossible de réagir autrement. Après plusieurs grimaces et sons de désapprobation l'aîné abandonne cette idée. Paul lui se taperait bien la tête contre les montants du lit, si déjà un doigts ça ne passe pas, qu'est-ce que ce sera après ? Non en fait il préfère ne pas y songer ! L'échec cuisant et honteux lui pend au nez !
Sam arrête la fellation et remonte son visage à hauteur du sien en soupirant, soupir où se mêlent excitation, lassitude et impatience. Paul se rend bien compte des efforts de son amant, il souhaite juste disparaître sous terre et se faire oublier, lui pauvre imbécile incapable de se faire baiser ! Déjà qu'il contraint son partenaire à faire ça dans le noir alors qu'il sait pertinemment que Sam adore les scènes bien lumineuses... Sans parler qu'il évite soigneusement son regard, pas très sexy quoi... Il se sent lamentable, pour ne pas changer.
Un tendre baiser de Sam le reconnecte aux faits réels, au corps chaud au dessus du sien, à la douceur des lèvres qui prolonge le contact sur les siennes.
"Tu me fais confiance bébé ?"
Souffle Sam sur ses lèvres. Paul ferme les yeux, prend une grande inspiration intérieure et se lance :
"Oui..."
En tout cas il veut le croire !
"Alors détends toi et juste, laisse moi faire ok ?"
"Ok..." Acquiesce le plus jeune, le corps frémissant après un autre baiser.
Clairement il se voit différemment aujourd'hui. Il n'a jamais été comme ça, le sexe c'était un jeu avant, avant Jake en fait... Il était passionné et participatif, hyper-actif et à vrai dire il ne se souvient pas s'être ennuyé au pieu, parce qu'il y a toujours eu un échange entre son partenaire et lui, une certaine complicité. Là il plaint un peu Sam, il doit être le pire partenaire au monde en ce moment. Mais bon il est incapable de faire quoi que ce soit de toutes manières ! Ses pensées s'entrecoupent de gémissements sonores, il s'accroche aux draps et son corps gigote, tordu de plaisir. Si lui est nul c'est loin d'être le cas de Sam au vu de l'effet qu'il lui produit avec sa langue. Langue qui joue allègrement avec son intimité, l'humidité du petit muscle permet une pénétration facile. Sam insiste avec sa langue, léchant le contour et malaxant ses fesses avec les mains, le détendant progressivement. Assez pour bientôt introduire un doigts aisément à la place de la langue : Paul étouffe un grognement et ses doigts resserrent la prise sur les draps, il n'a pas tellement mal en réalité.
Sam surveille attentivement les réactions de son cadet, bien que masquées par cette foutue obscurité. Il applique un va et vient régulier avec son doigts, il ré-humidifie soigneusement l'entrée avant de rentrer un second doigts, lentement. Un geignement d'inconfort, mais les caresses de Sam ont raison de ses appréhensions et Paul parvient à demeurer à peu près détendu et l'esprit vide, pleinement tourné vers les sensations reconnues par son corps. L'autre le pénètre longuement de ses deux doigts, effectuant des mouvements de plus en plus vifs, à travers lesquels se traduit son impatience. Il finit par les retirer et Paul constate que sa respiration est hachée et irrégulière et un coup d'œil vers son érection lui fait clairement comprendre que Sam est à bout.
Une nouvelle fois l'aîné embrasse chastement les lèvres de son cadet en le fixant. Et cette fois Paul est contraint de le regarder, non sans cligner des yeux, gêné. Il déglutit et sa voix chuchote, à moitié étranglée :
"Doucement...S'il te plaît..."
"Hé je suis pas un bourrin ! "
Sam sourit et Paul tente de lui rendre un sourire crispé. Il saisit vivement le bras de Sam en sentant ce dernier commencer à lui saisir les cuisses.
"Attends ! Pas comme ça."
Il repousse son partenaire et se retourne, se positionnement à quatre pattes, non pas qu'il souhaite à tout prix se faire prendre en levrette, non, mais il préfère ne pas voir son amant, ça lui évite de repenser à Jake au dessus de lui, le pilonnant violemment, les yeux emplis de folie.
"Je préfère..."
"Comme tu voudras." Approuve Sam en embrassant son épaule.
Ouais c'est sûr et puis Paul ne tient pas à ce que Sam voit ses expressions, il a trop peur d'encore foirer, comme d'hab ! Il sent les mains qui caressent son dos avec adoration, la bouche de Sam au creux de son cou, puis le membre gorgé de désir qui se positionne entre ses fesses, frottant gentiment son entrée. La peau à nue de son aîné contre son intimité l'excite et le rend avide de plus. Il distingue des petits bruits et Sam bouge derrière lui, stoppant ses caresses. Il comprend que l'autre a mis un préservatif et du lubrifiant lorsqu'il étale les restes directement autour de son entrée.
Paul ferme les yeux et serre les dents de toutes ses forces, contractant ses épaules, prêt à acquiescer la pire douleur de sa vie : un, deux, trois... Mais rien, Sam frotte toujours son gland contre l'anneau de chair tout en mordillant sa nuque. Bon ok, Paul consent à se décontracter, conscient que son partenaire ne tentera rien s'il ne maîtrise pas mieux ses montées de stress.
Le temps semble long, Sam le pénètre millimètre par millimètre, s'arrêtant à la moindre manifestation de douleur ou de contraction. Le lubrifiant aidant, Paul n'a pas aussi mal que ce à quoi il s'attendait, bon il a un peu mal quand même mais les mille et unes précautions de son amant le rassurent, ses caresses maintiennent son niveau d'excitation et finalement il se dit que ce n'est pas si terrible. Un gémissement rauque lui échappe tandis qu'il sent enfin toute la longueur de son aîné en lui, il distingue un profond soupir de soulagement dans son dos.
Les bras tremblants Paul a du mal à se porter dès les premiers aller-retour pourtant très lents de son compagnon, qui s'empresse de le soutenir, maintenant sa taille et redressant son haut du corps afin de ne plus peser sur les épaules de Paul. Celui ci grogne par moment, il serre les dents et se force à ne pas protester quand Sam s'enfonce un peu plus profondément en lui, déjà que son amant se retient énormément... Chaque coup de reins est contrôlé et au vu des gémissements légèrement frustrés de Sam il devine son envie de plus, beaucoup plus. Toutefois l'aîné se calque sur le rythme de son cadet, ses mouvements sont lents et cadencés, il lui murmure sans cesse des mots rassurants, mots qui transportent Paul, qui pourtant commence à avoir du mal à tenir la distance, ses bras ne le portent plus du tout et c'est Sam qui le maintient fermement par les hanches, son corps tremble faiblement.
Conscient de l'état de fatigue physique et psychique du plus jeune, l'autre accélère modérément ses coups de bassin, se mordant la lèvre au sang en grognant. Paul ne parvient plus tellement à respirer et encore moins lorsque la main de Sam s'enroule autour de son sexe. Il a un peu mal mais surtout il ne sait carrément plus ou donner de la tête, entre Sam qui le pénètre avec des coups lents et profonds et sa bite palpitante sous ses doigts, trop c'est trop. Il sait que Sam va faire en sorte de jouir avant lui afin de lui éviter des douleurs supplémentaires et il distingue un grognement sourd. Soulagé, dans tous les sens du terme quand sa semence se répand sur la main de son amant. Il s'écroule piteusement face contre le matelas, épuisé. C'est peut être pas encore ça, mais au moins il l'a fait. Et puis Sam est moins frustré, enfin il espère, même rien qu'un peu.
Il sent le matelas bouger, signe que Sam se lève, probablement pour jeter le préservatif usagé à la poubelle. Paul utilise ses dernières forces pour rouler sur le coté et se placer sur le dos, rassuré de constater que l'aîné se dirige à nouveau vers le lit, et accessoirement lui ! Le genre de choses qui lui importait peu avant, quand il n'était pas encore dépendant des autres, ou bien peut être qu'il se voilait la face et que ces 'choses' ont toujours compté au fond. Il se force à chasser ses réflexions.
C'est agréable de se sentir chouchouté comme ça, bien que Paul ne pense pas le mériter... Sam essuie les restes de semences sur son sexe avant de lui embrasser la joue en souriant.
"Merci."
Le plus jeune manque de s'étrangler de stupeur, non décidément il ne pige pas ce qui lui vaut des remerciements, l'inverse à la limite.
"Pfff tu parles..." Il marmonne entre ses dents.
Un soupir excédé lui répond. Sam met son visage au dessus du sien et lui saisit le menton, obligeant leurs regards à se croiser.
"Pourquoi tu fuis sans cesse mon regard ?" Il demande doucement.
"Putain mais j'arrive même pas à me regarder dans une glace, comment tu veux que je supporte ton regard sur moi ? Je suis sale, j'ai honte, alors ouais j'arrive pas à affronter ton regard, j'ai la trouille et je t'oblige à faire ça dans le noir alors que..." Il crache avant de se calmer. "Je suis pathétique, comment tu peux me désirer ? J'en vaut pas la peine."
Il est sûr que ces propos choquent son vis à vis, il faut dire que l'ancien Paul était arrogant et sûr de lui, pas en pleine crise de confiance en soi, bref, moins lamentable quoi ! Plus sexy et désirable aussi au passage. Sam soupire encore, agacé.
"C'est pas parce que toi t'as une sale image de toi que j'ai la même. Y'a peut être des trucs qui me dérangent, mais merde on a le temps non ? Rien ne sera comme avant mais si ça tu l'accepte pas, comment tu veux avancer ?..." Il marque une pause. "...Et puis moi je te trouve attirant, en fait tes 10kg de muscles en moins c'est pas mal je me sens fort comme ça !"
Face au sourire débile qu'affiche son aîné Paul rit doucement.
"T'es con !"
L'autre grogne avant de l'attirer dans ses bras et rabattre les couvertures sur leurs corps nus. Sam a en partie raison et ça rassure Paul. Tant pis pour ce qu'il pense, il ne peut plus sans cesse comparer ce qu'il est avec ce qu'il était, ainsi va la vie ! Le silence apaisant les entoure quand le plus jeune le brise, la voix éraillée par la fatigue :
"Je peux te demander un truc ?"
"Nmmh" Grogne Sam, à demi endormi.
"Il m'a écrit..." Paul sent le corps collé au sien se tendre, signe que son compagnon est pleinement réveillé par cette annonce. "Je sais pas comment c'est possible mais je n'irai plus chercher le courrier et je voudrais que tu brûles les lettres qu'il m'adresse."
"Je...T'es sûr que c'est la bonne solution ?"
Paul se tourne et ancre son regard dans les prunelles noires désormais bien ouvertes.
"Je veux me libérer définitivement de lui."
"D'accord Mingan."
Ouais, c'est la meilleure solution.
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Tout recommence Mais rien ne se répare, Quand les cœurs sont en faïence C'est foutu, c'est trop tard. Christophe Miossec ('Tout recommence')
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Note : Je crois que, je voulais écrire une note mais je ne trouve pas. En fait expliquer le fondement du déroulement de cette histoire serait devoir justifier le mal être de mon personnage, qui ne se justifie pas. En voulant traiter du viol de façon sérieuse je me suis embarquée dans la décortication psychologique de mes personnages et cela m'a parfois menée autre part que là ou la trame de départ aurait du se trouver. La souffrance du personnage ne peut se compter en nombre de mots, ni même en chapitre pré-organisés, alors si je vous disez le nombre d'éventualité que j'ai en tête avant chaque partie mais qui s'efface quand je reprend Paul là ou je l'avais laissé, vous je me croiriez pas ! Parfois l'écriture de cette fiction se révèle longue et fatigante, mais je l'ai bien voulu ! Merci à ceux qui me suivent.
Note 2 : Je vais pas tarder à poster une mini fiction slash ,plus légère que celle ci et dans l'univers originel de Twilight !
