Titre : Only Poisoned Your Mind

Auteur :Wolfin Hope

Bêta reader : veronicka

Origine :Twilight

Genre : yaoi/slash, angst, crimes

Couple : Multi

Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !

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Partie 15

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Rejo l'a confortablement installé sur le canapé, toutefois il n'a aucune envie de se laisser aller à un sommeil qu'il sait agité. Voyant son manque de bonne volonté l'espagnol s'est résigné à leur faire du café tandis que Pirate lui saute joyeusement sur les genoux. Paul sourit et caresse le chien, il est étrangement bien là. Il se sent à sa place, ça ne lui était pas arrivé depuis des lustres. Son esprit devient de plus en plus clair, les vapeurs d'alcool se dissipent, levant le voile sur ses pensées. Son regard fixe son ami qui s'active en lui jetant des coup d'œil nerveux, comme en doute sur sa santé mentale. Bon faut admettre aller à un rendez vous en tête à tête avec son violeur puis se bourrer la gueule dans un bar qui craint, y'a de quoi se poser des questions quant à son intégrité mentale !

Les deux tasses de café posées sur la table basse Rejo reprend place à ses cotés, sans décrocher un mot. L'autre sent qu'il est énervé, il le connaît suffisamment, l'hispanique est un jeune homme joyeux et souriant, si silence il y a c'est mauvais signe en général...

"T'es fâché ?" Il hasarde bêtement.

Un profond soupire lui répond, et la colère de son ami retombe comme un soufflé, à quoi ça servirait de s'exciter de toutes manières ?

"Des fois je me demande ce qui se passe dans ta tête de piaf !"

"Moi aussi !"

Reconnaît Paul en riant, il ne sait pas si c'est l'alcool mais il est particulièrement joyeux. En fait il doute que ce soit ça il a presque dessoûlé.

"Hé ça me fait pas rire !" S'indigne vivement l'espagnol.

Paul fixe les tasses de café fumantes sans pour autant s'en saisir. Il aimerait comprendre, la complexité du fonctionnement des sentiments humains et plus précisément des siens. Son regard se tourne vers son hôte qui n'a cessé de le fixer, suspicieux. Sa chance d'accès au bonheur c'était peut être lui finalement ? On lui a répété qu'il aimait les choses lui faisant du mal, et si, en parallèle il avait fuit celles qui auraient pu lui faire du bien ? Rejo a été son principal antidote face à son mal être, non il ne le laisse pas indifférent même s'il a voulu s'en convaincre. Il ne l'aime pas pourtant, ni ne le désire ? Alors c'est plus profond que ça.

"Tu vas me prendre pour un dingue mais je suis heureux là."

Rejo hausse les sourcils, intrigué.

"Tu crois que je suis fou ?"

L'autre rit en réponse, et les yeux brillants de malice il déclare :

"Probablement !"

Voilà c'est ça...Pas besoin de s'expliquer sur tout, ils se sont toujours compris, ou tout du moins l'hispanique a su accepter ce qu'il est devenu, il est lui simplement, et pour une fois c'est suffisant. Plus de masque, plus de peur, les gestes et les paroles sont naturelles et spontanés, à son image. Leur complicité s'est tissée au fil des années sans être dictée par des obligations ou des contraintes, juste libre. Peut être que ce qui va se passer est une suite logique à l'évolution de leur relation ? Et pas encore un truc qu'il doit planifier, qui lui provoque angoisse et inquiétude. Il n'y a plus rien d'autre pour Paul, en fait il a oublié ses amis qui s'inquiètent et même Sam. Ce ne sont que des grains de sable sur la plage de son cerveau, l'espace temps s'est arrêté.

Dire qu'il a perdu le contrôle afin de justifier ses actes serait mensonges. Il a parfaitement conscience de ce qu'il fait lorsque sa main attrape fermement le bras de son compagnon, qui s'il est surpris ne bronche pas. Ils se regardent, si l'aîné détaille le visage à la peau mate de son vis à vis ce dernier semble plongé dans le doute. Malgré ça son indéfectible sourire continue d'illuminer ce si beau visage, c'est ça qui plaît Paul : les traits de l'espagnol sont marqués par la joie de vivre. Si on juge seulement de l'apparence personne ne parierait sur la solidité de son ami, pourtant c'est un roc, un véritable pilier qui ne vacille jamais.

Il sait que Rejo l'a aimé silencieusement bien avant toutes ces histoires et il a continué après. Il trouve ça fascinant et il aimerait juste être capable d'aimer de cette façon là, sincère et irréfléchie. Se laisser aimer doit être si facile alors...Un instant de doute tandis qu'il force le corps de l'espagnol à se rapprocher du sien en tirant sur son bras. Sam l'aime non ? Oui mais...C'est différent pour sa défense. Tout est si calculé, retenu dans leur relation, elle n'a plus rien de spontané et il aurait tant voulu que les choses soient meilleures entre eux. Hélas il est trop tard. Ou alors il n'a plus la volonté de faire changer ça.

Si une quelconque force suprême lui offrait des droits sur sa vie il essaierait d'abord de remonter le temps, à l'époque de sa relation avec Sam, il s'exprimerait et il est probable qu'ainsi ils aient une suite heureuse ensemble. Si ce n'était pas possible il remonterait juste assez pour effacer Jacob Black de sa vie, et si ça aussi c'était trop demandé alors il reviendrait après son agression, mais il ne referait pas les mêmes mauvais choix, à défaut de les nommer erreurs. Il ferait tout pour être heureux et s'en sortir, il choisirait ce qui peut lui apporter le bonheur pas des solutions de dépit ou de facilité, celles qui vous offrent un semblant de sécurité et vous rassurent momentanément.

Bien sur, et à moins qu'il ait loupé un épisode, il n'est doté d'aucun super pouvoir afin de remonter le temps. Mais il peut décider de ce qu'il fait et de ce que sera demain ou encore faire et réfléchir à la suite après coup. Ce sont ces dernières pensées avant que sa seconde main ne glisse rapidement contre la nuque de son compagnon, l'autre tenant fermement son bras. Leurs visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre et avant que son ami n'ait pu esquisser la moindre réaction il lie leurs lèvres.

Le baiser se prolonge en surface et si Rejo ne réagit pas extérieurement ses yeux s'agrandissent telles des soucoupes, le reste de son corps est immobile, il est trop choqué pour répondre à l'échange et en même temps incapable de repousser Paul. Ce dernier a parfaitement conscience que son geste est inattendu et troublant. C'est seulement lorsqu'il se recule doucement, brisant ainsi le contact, que l'autre semble sortir de sa torpeur. Son visage affiche un air choqué, mais ça ce n'est rien, rien comparé à la gifle magistrale qu'il envoie à Paul.

Non vraiment il ne s'y attendait pas ! La main a violemment claqué sur sa joue, sans retenue, ce n'est pas un geste commandé, plus un réflexe. C'est vexant et un peu douloureux il doit bien l'admettre, cela dit il l'a un peu cherché...La seconde suivante Rejo a plaqué ses mains sur sa bouche en se reculant, mortifié, regrettant son geste.

"Oups..."

C'est tout ce qu'il trouve de pertinent à dire, pourtant Paul voit dans ses yeux qu'il est désolé et un peu perdu. Il doit le prendre pour un dingue cette fois ci c'est certain ! Il hausse les épaules en cessant de frotter sa joue, inutile de culpabiliser son ami davantage.

"Je suppose que je l'ai un peu mérité..."

Son vis à vis se mord la lèvre et lâche, un peu dépité :

"Écoute je pense que t'as trop bu, tu devrais dormir, histoire de retrouver tes esprits."

Ho c'est donc ça ? Paul ne peut s'empêcher de sourire et vu l'air perdu de son compagnon il doit carrément passer pour un fou. Il ne ressent plus les effets de l'alcool depuis un moment déjà et demain il se souviendra très clairement de ce qu'il a dit ou fait.

"Alors c'est ça...Tu crois que je te fais des avances parce que je suis bourré ?"

"Ou peut être que tu perds juste l'esprit !"

Bien sûr, la légère inquiétude dans cette jolie voix, l'espagnol n'a nullement envie d'être utilisé ou que Paul lui donne encore de faux espoirs. Et il aime à penser que pour une fois il doit rassurer quelqu'un et non l'inverse !

"Je perds rien du tout, tu dois croire que je suis fou mais je peux te jurer que je suis en pleine possession de mes moyens."

L'autre hésite, il a un faible pour Paul alors forcément il finira par lui céder, ça il le sait bien...

"Et Sam...? Et les autres...?"

"Shhh Je m'en fous, vraiment ! Je suis bien là."

Il n'a pas besoin de lui expliquer en long en large et en travers, ici il est à sa place, il a envie de l'avoir près de lui, intimement. Parce qu'au fond il est persuadé que ça lui donnera un peu de bonheur. Il n'a pas la nécessité de lui faire de grands discours, de chercher ses mots, de tenter de communiquer de façon hasardeuse, l'autre comprend ses mots maladroits, ses gestes et ses attitudes, même si là c'est un peu surprenant.

L'hispanique demeure perplexe, il ne peut effacer ses doutes. Malgré ça quand la main de Paul reprend place contre sa nuque il ne bronche pas, il réduit de lui même la distance entre leurs lèvres qui s'effleurent. Ses mains se posent sur les épaules de son aîné tandis qu'il s'amuse à esquiver tout vrai contact entre leurs bouches. Il sourit, amusé face à l'énervement palpable de son partenaire qui finit par enrouler ses bras autour de sa taille pour l'attirer contre sa poitrine en grognant. Rejo rit, simplement, au fond le sexe, l'amour et ces choses là ne sont que des jeux, autant en profiter sans songer aux conséquences, sinon on ne vit plus.

Paul le garde serré contre lui tout en cherchant à nouveaux ses lèvres fuyantes et cette fois ci il se montre beaucoup plus direct et persuasif. Son partenaire gémit, incapable de résister à ce délicieux contact. Le baiser devient très langoureux et leurs langues participent activement, se caressant l'une et l'autre sensuellement. C'est à la fois excitant et libérateur d'une certaine manière, ils extériorisent clairement leur affection commune, qui va un peu au delà du raisonnable, force est de l'admettre.

Paul adore sentir le sourire de Rejo lorsqu'il mord doucement sa lèvre inférieure, les gémissements à peine audibles qui filtrent entre leurs lèvres commencent à lui donner chaud. D'ailleurs sa veste est vraiment de trop, il crève avec toutes ces couches de vêtements. Son partenaire a l'air de s'en rendre compte, il rompt leur baiser, non sans un grognement de désaccord de la part du plus âgé, et s'éloigne légèrement, retenu par les mains de Paul dans son dos. Celui ci le maintient fermement assez proche, drôle d'idée, Rejo ne risque pas de s'enfuir !

"Tu dois mourir de chaud..."

Les yeux malicieux de l'hispanique et son accent sont horriblement sexy, Paul se mord la lèvre en le fixant. Il devine que l'autre a envie de jouer à ce petit jeu là et ça ne lui déplaît pas...

"Tu crois ?"

"MMMMh laisse moi réfléchir..."

L'espagnol se rapproche à nouveau, près très près. A tel point que Paul a une bouffée de chaleur soudaine, qui ne s'arrange pas tandis que son compagnon se met carrément à califourchon sur lui, les bras enroulés autour de son cou. Ses mains descendent sensuellement sur ses épaules dans une caresse légère et il saisit la veste devenue gênante, la faisant glisser le long de ses bras. Ce simple geste qui conduit la veste à être balancée négligemment le sol fait monter l'excitation de Paul d'un cran, et tire un sourire à son partenaire.

"Oui t'as chaud...Et je dirais même que tu es...Excité ?" Susurre l'hispanique à son oreille, Paul frissonne.

Dans cette position où leurs corps se retrouvent plaqués l'un contre l'autre impossible de mentir sur ça, ce qui ne l'empêche pas de repousser un peu l'autre homme.

"Je pourrais l'être beaucoup plus..." Il murmure.

Ce jeu l'amuse autant qu'il attise son envie, c'est grisant. Son corps est tendu, dans l'attente, tous ses sens en éveil.

"Et je peux t'y aider."

L'espagnol s'est à nouveau penché à son oreille où il laisse traîner sensuellement sa langue dans une brève caresse. Déterminé à continuer sur ce terrain là Paul se force à inspirer discrètement, l'idée de coller directement son corps à celui de son futur amant, nus de préférence est bien présente, mais en venir directement aux faits serait probablement bien moins passionnant...Il déclare d'un ton qui se veut détaché, taquin :

"Je suis curieux de voir comment un espagnol va m'exciter...Moi..."

"T'es trop sûr de toi !"

Reproche malicieusement son vis à vis tout en se relevant, Paul ne tente pas de le retenir, même s'il est surpris. Drôle de façon que d'entamer des préliminaires à distance.

"Mais puisque tu me provoques..."

Une fraction de seconde Paul doute d'avoir pu vexer son ami et (ex ?) futur amant. Son doute s'efface bien vite lorsque l'autre commence à bouger le bassin lentement devant lui. Il suit ses mouvements de hanches, il aurait du s'en douter, il a à faire à un danseur après tout ! S'il a l'habitude de voir danser Rejo et Jared au club là c'est différent. Bien sûr il les a déjà regardés mais le contexte n'était pas le même. Là ils sont seuls, dans le salon d'un appartement et les pleines lumières dudit salon éclairent parfaitement ce qui se passe juste sous son nez.

Le danseur se meut souplement, en rythme avec une musique imaginaire, seulement présente dans leurs têtes. Cette musique est traduite sensuellement et sexuellement par le corps qui bouge de plus en plus suggestivement. Rejo retire son polo d'un geste précis et outrageux, l'habitude. Il faut avouer que retirer un pull en étant classe et sexy demande un peu de pratique ! Quand le danseur commence à toucher son torse fin et bien dessiné pour descendre jusqu'à la ceinture de son jean Paul écarte les jambes sur le canapé. Son érection devient carrément inconfortable et le corps de l'hispanique qui se dandine sous son nez n'arrange rien : il a de plus en plus envie de le toucher et même de se toucher, il déglutit.

Son attitude et son regard insistant n'échappent pas au danseur qui joue allégrement avec la boucle de sa ceinture en se mordant les lèvres avant de passer sa langue dessus. Il l'allume et c'est le petit geste de trop :

"Allez viens, approche." Propose Paul.

Un haussement de sourcil et un sourire coquin lui répondent.

"Tu crois ?"

"Tu as l'air d'avoir du mal avec cette ceinture..."

Guidé par son désir de plus en plus pressant et la forte gêne causée par son entrejambe Paul se penche en avant et le saisit par la ceinture l'obligeant à se replacer à califourchon sur lui. Il gémissent tous les deux au contact. L'espagnol enfouit ses doigts dans les cheveux courts de Paul qui parcourt le torse fin et musclé tout en se saisissant des lèvres pulpeuses de son partenaire, qui n'attendait visiblement que ça. Ils échangent un baiser un peu plus brusque qu'auparavant, leurs langues se mêlent violemment à l'intérieur puis à l'extérieur, ce n'est plus qu'un chaos frénétique qui rythme leurs mouvements de bassins communs. Ils peuvent estimer le niveau d'excitation de l'autre, qui ne fait qu'augmenter leur propre avidité.

La pièce est silencieuse, seuls quelques soupirs échappent de leur baiser. Leurs lèvres ne veulent plus se quitter, quitte à suffoquer sous la pression écrasante dont elles font preuves. C'est tellement bon ! A bout de souffle Paul finit quand même par rompre brusquement le contact avant de le reprendre brièvement, il se contente finalement de mordre les lèvres remplies de son partenaires, il laisse parfois glisser sa langue contre, le toucher est agréable, légèrement rugueux et les soupirs non retenus sonnent merveilleusement bien à ses oreilles.

Leurs peaux deviennent moites, Paul a la désagréable sensation des vêtements collants à la sienne pourtant il ne s'en préoccupe pas, ses sens sont occupés à bien d'autres choses. Désireux d'accélérer le déroulement logique des événements sa main glisse jusqu'à la ceinture de l'espagnol qu'il n'a aucun mal à défaire, il glisse ses doigts à l'intérieur du caleçon sans plus de préambule. Rejo rejette la tête en arrière et gémit allègrement. Paul profite de cette vue, les traits qui se déforment sous l'influence du plaisir. Pour lui son ami n'a jamais été aussi beau qu'à cet instant ni aussi désirable : un ensemble de choses qui rendent son érection douloureuse. La main plongée dans le caleçon il cajole comme il peut le membre tendu de son partenaire, sa seconde main descend directement dans son propre caleçon pour se masturber. Le contact lui procure une vague de soulagement.

Il applique des caresses similaires à leurs deux sexes érigés en gémissant, il ferme les yeux, il tente de se retenir voulant profiter de la vue de Rejo frémissant de plaisir mais impossible. Il sent des ongles s'enfoncer dans ses épaules, malgré ça aucune douleur, sûrement que son excitation lui empêche de la ressentir, il parie qu'il aura pourtant des marques...

Emporté dans un tourbillon violent il prend rageusement la bouche de l'hispanique qui ne se fait pas prier pour participer au baiser, les gémissements qui s'écrasent contre leurs lèvres ont quelque chose d'érotique. Rejo finit par articuler difficilement dans le baiser :

"C'est quand qu'on passe aux choses sérieuses ?"

"Ah.."

Les mots le rendent fou alors il cesse les caresses sur leurs virilités. Il aurait voulu continuer de jouer, il n'en est plus capable, à l'égal de son compagnon.

"Quand tu veux."

Pas besoin de le dire deux fois. Après un dernier baiser furtif le concerné se lève et lui fait dos. Paul contemple, le jean déboutonné tombe sur ses hanches, laissant entrevoir sa chute de reins et c'est pire lorsque l'espagnol se penche sur la table basse, il ouvre un tiroir et en extirpe quelque chose. Il retire stratégiquement son pantalon dos à Paul, lui laissant le loisir d'admirer son corps dénudé.

"Allez viens..."

S'entend geindre l'aîné. Il devine le sourire de Rejo à cette demande avant que ce dernier ne se tourne, il arrache l'emballage du préservatif à l'aide de ses dents et l'image est terriblement jouissive pour son partenaire qui a déjà baissé son pantalon sur ses cuisses. Rejo se tient entièrement nu devant lui, sans pudeur, cela étant un danseur est rarement pudique et puis avec lui ça aurait été ridicule, tout comme la réciproque. Il bloque sur la virilité dressée, forcément après le magnifique cul de son partenaire c'est le second point stratégique, soyons honnêtes !

L'hispanique se replace à califourchon sur lui et ses mains qui touchent doucement son sexe l'électrisent, c'est différent parce que lorsqu'il se touche lui ça ne lui fait pas le même effet, c'est beaucoup moins puissant. Il sent le préservatif glisser le long de son membre, précédé de la caresse habile des doigts. Il gémit fortement et ses mains prennent place en bas du dos de son compagnon qui se frotte allègrement à lui.

"Ah putain..." Il ne peut retenir l'expression de ses sentiments.

Rejo rit doucement, lui aussi troublé par le désir qui monte au fur et à mesure qu'il effleure son entrée contre le sexe gonflé.

"Tinquiète...nMMH...Aaah...J'arrive..."

Il reçoit juste un sourire complice en réponse, Paul n'est plus tellement en mesure de faire des phrases cohérentes, son esprit s'emmêle joyeusement. Il n'a plus qu'une envie : faire l'amour. Le sexe lui semble être la meilleure chose du monde, ça fait tellement longtemps qu'il n'a plus eu ce sentiment...Et le retrouver est jouissif.

Un puissant râle de satisfaction lui échappe et il contracte les muscles de son visage afin de garder les yeux bien ouverts, ses mains serrant fortement la taille mince de Rejo. Le plus jeune s'empale délicatement sur son sexe, aidé d'une main il a les yeux rivés sur ce qu'il fait, quelques mèches de cheveux tombées sur son visage. Quelle vue affriolante et ce n'est rien comparé à l'image purement érotique qui suit : l'espagnol fait rentrer le reste du sexe en lui d'un seul coup en rejetant la tête en arrière, il se mord les lèvres et gémit. Ses paupières se ferment et sa bouche reste entre-ouverte.

Paul a horriblement chaud, ses yeux sont hypnotisés, ils ne quittent pas le visage déformé par le plaisir. Il se sent lui même quitter la terre ferme, emporté par de douces sensations qui réchauffent son corps et son cœur. Il gémit en accord avec le rythme que lui impose son partenaire, il sent son sexe glisser contre la chair chaude, comment il a pu oublier l'extase de ce genre de rapports ? Son regard descend le long du torse imberbe de l'hispanique jusqu'à sa verge qui entre et sort de l'orifice, il déglutit à cette vue. ça ne fait qu'augmenter son excitation.

Les ongles de Rejo s'enfoncent dans ses épaules sur lesquelles il prend appuie, il tente de l'aider du mieux qu'il peut dans ses mouvements. Son jean baissé sur les cuisses commence à le gêner. Il n'a aucune liberté de mouvements ainsi. Il grogne rageusement. Il a besoin de sensations plus fortes et il souhaite donner plus à son compagnon et cette position ne le lui permet pas. Il doit rassembler toute sa force psychique pour repousser le jeune homme et l'inciter à se retirer. Rejo stoppe ses ondulations de bassin et fait la moue, peu convaincu.

"Mon jean me gêne, aide moi à le retirer..." Se justifie l'autre.

L'argument semble convaincre l'espagnol qui se retire, leur octroyant un soupir de frustration. Paul le repousse encore de façon à pouvoir se lever, et accessoirement faire tomber ce morceaux de tissu gênant aidé de son partenaire qui se retrouve bien vite dans une position équivoque, la bouche à hauteur de son sexe, les mains ayant tiré le jean jusqu'au sol. Paul se mord la lèvre pourtant il ne demande rien, curieux de savoir ce que va faire l'autre. Puis il a finalement la sensation d'une langue brûlante à travers le préservatif qu'il préférerait ne pas porter a cet instant. Il baisse les yeux pour voir son compagnon grimacer d'un air contrarié après plusieurs caresses linguales.

Paul consent à lui attraper un bras afin de l'inciter à se redresser. Leurs visages se rapprochent jusqu'à ce qu'ils puissent sentir le souffle irrégulier de l'autre.

"Je croyais qu'on passait aux choses sérieuses ?"

L'aîné ne répond pas, ou tout au moins pas par la parole. Une main saisit fermement la nuque de son partenaire et il appuie ses lèvres contre les siennes, passionnément, il approfondit rapidement le baiser. La tension déjà présente dans leurs corps surchauffés augmente encore d'un cran. Ils ont du mal à se lâcher, les mains de Rejo se promènent sur les pectoraux de Paul tandis qu'il mord ses lèvres, l'empêchant de rompre définitivement l'échange buccal. Il stoppe son petit manège pour chuchoter dans l'espace étroit entre leurs bouches :

"La vérité c'est qu'avec le préservatif j'ai l'impression d'être chez le dentiste."

Le sourire qui accompagne cet aveu fait craquer Paul, pour lui l'hispanique est sexy même en parlant de son dentiste en plein ébat sexuel !

"T'es con...On s'en fout, tu voulais passer aux choses sérieuses non ? Enfin sauf si tu préfères parler de ton dentiste ?"

Rejo rit et l'autre fond littéralement face à ce rire, un rire joyeux et sincère mais non dépourvu de sensualité.

"Mmmmh non ça ira...Allez prends moi je sais que t'en a envie !"

"Et comment." Déclare sauvagement Paul avant de se jeter sur les lèvres offertes. Il dévore littéralement la bouche de son amant avant de s'écarter légèrement.

"Tu le prendras pas mal si je suis cru ?"

L'hispanique hausse un sourcil amusé, ses bras toujours entourés autour du cou de son vis à vis. Il hoche la tête en souriant. Paul se fascine de cette capacité à sourire constamment, et que cela puisse sonner juste à chaque fois. Toutefois il a autre chose à penser, comme son sexe bandé qui le brûle affreusement et lui réclame son attention.

"Mets toi à genou sur ce putain de canapé..."

Un rire volatile, une dernière caresse contre sa nuque frémissante et son compagnon s'exécute, les coudes posés sur le dossier dudit canapé. Paul se positionne derrière lui et se penche à son oreille :

"...Je veux voir ton cul quand je te prendrai par derrière..."

Il n'obtient qu'on grognement en réponse, il n'est vraisemblablement pas le seul à attendre ça. Aidé d'une main il place sa queue contre l'anneau de chair étroit. Il pousse lentement, le passage se fait facilement, les parois déjà dilatées par la première pénétration. Un profond soulagement se traduit dans leurs soupirs suivis du plaisir qui s'amplifie à chaque coup de reins un peu plus fort, plus profond.

Paul est obnubilé par sa verge qui rentre et sort, puis le bruit de claquement lorsque ses mouvements se font brusques, irréguliers. Il transpire abondamment dans son putain de pull qu'il n'a pas retiré, la peau humide de son partenaire s'y colle aussi lorsque leurs corps se touchent.

Il est sexuellement comblé, cependant il lui manque un truc, la peau de Rejo, la tendresse et un peu de douceur même si ça fait cliché, il s'en fout personne ne le saura ! Il stoppe ses mouvements et murmure à l'adresse de son partenaire qui gémit, frustré :

"Attends.."

Il lui faut à peine trois secondes pour retirer son pull. Immédiatement il colle son torse au dos de l'espagnol, ses bras s'enroulent autour de ses épaules dans une étreinte possessive et ses va et vient reprennent, plus lents et accompagnés par les ondulations de bassin du danseur. C'est délicieux, jouissif, il enfouit sa tête dans la nuque de son partenaire, étouffant ses gémissements et s'imprégnant du même coup de cette odeur : un mélange de sueur et d'un parfum doux et sucré. Ce n'est ni musqué ni agressif comme la plupart des fragrances pour homme, à moins que ce ne soit la peau de Rejo qui adoucisse le parfum d'origine. Il embrasse la peau mate en resserrant son étreinte leur donnant plus chaud encore.

"Nmmmh Paul..Ah Paul..."

Les plaintes prononcées d'une voix plus rauque que d'habitude rendent le prénommé fou, le son résonne à merveille dans sa tête, le rendant tout bêtement heureux. Soumis à son plaisir il doit se concentrer et stopper une seconde ses mouvements de bassin pour répondre :

"Dis le encore..."

L'autre ne se fait pas prier, ses gémissements déforment le prénom qu'il récite en litanie, tous ses muscles se contractent progressivement, ce qui n'échappe pas à son partenaire. S'il garde un bras enroulé autour de ses épaules, l'aîné laisse l'autre glisser jusqu'au sexe bandé de l'espagnol qu'il caresse délicatement, imitant ses allés et venues en lui. La sensation d'extase se répand lentement dans chaque pores de sa peau et elle devient plus prenante lorsque Rejo rejette la tête contre son épaule en gémissement fortement. La chair autour de son membre se contracte et du sperme coule sur ses doigts. Il n'en faut pas plus pour qu'il jouisse à son tour dans un râle venu du fond de sa gorge. Il resserre encore son étreinte, manquant d'étrangler son compagnon qui n'est pas en état de protester.

Leurs souffles erratiques résonnent en chœur dans la pièce silencieuse, l'atmosphère est rendue lourde par les odeurs de sexe et de sueur. Paul a du mal à se décoller de son amant, il est si bien ici, là et maintenant. Il se retire tout de même en s'écartant pour s'asseoir à coté de l'hispanique. Il retire le préservatif avec le plus grand soin et hygiène oblige (oui le préservatif s'il peut s'avérer relou à utiliser dans les fics est pourtant primordial afin de vous protégez ne l'oubliez pas !) il se lève pour le jeter dans la poubelle de la cuisine, à quelques mètres de là.

Quand il revient Rejo est assis et il échange un regard, juste complice, pourquoi tout est si naturel, si simple sans besoin d'y réfléchir ? La question n'a même pas lieu d'exister...Paul se rassied à ses cotés et attrape doucement son menton pour lui déposer un doux baiser sur les lèvres, l'autre lui sourit tendrement avant de se blottir contre lui comme un petit chien. Le chien lui, par ailleurs est sagement resté dormir dans son panier...

"Maintenant il va se passer quoi ?" Demande presque inaudiblement l'espagnol lové dans ses bras, les yeux fermés et le visage paisible. Paul soupire :

"J'en sais rien...Je vais te serrer dans mes bras et dormir, sans penser à demain..."

"Tu sais que ce ne sera pas éternel."

"Je sais mais laisse moi rêver." Conclut l'aîné en embrassant son crâne.

Face au silence et au souffle redevenu régulier de son compagnon il ferme les yeux à son tour et se laisse submerger par cette vague de bien être éphémère. Demain il faudra affronter la dure réalité. Il se promet d'assumer ses actes, pas uniquement pour lui. Peut être qu'il ne peut pas dire aimer Rejo cependant il a voulu ce qu'il s'est passé et il aime l'avoir près de lui, il se sent heureux et utile d'une certaine façon. L'amour doit il jouir d'une définition restrictive ?

Il ne sait pas s'il pourra rendre à l'hispanique ses sentiments, mais il a le devoir d'être honnête, avant tout avec lui même mais aussi avec les autres, ses amis et ...Sam. Ce n'est pas comme si ce dernier était fidèle. Paul n'est pas naïf, il connaît bien Sam et si ce dernier prend sans cesse des pincettes avec lui il n'en est pas rendu aveugle. Bien sûr qu'il ne le satisfait pas sexuellement, il ne parvient pas à retrouver ce qu'ils avaient avant parce que lui n'y arrive plus. Faire l'amour dans le noir, le vivre presque comme une obligation ce sont des choses nocives pour tous les deux. Rien n'est naturel, même leur conversations sont prudentes et mesurées parce que lui, il a changé, et pas Sam.

Il se sent coupable mais ça n'avance à rien alors autant épargner ceux qui peuvent encore l'être et aimer les choses qui lui font du bien. Il n'a pas sa place chez Sam. S'il avait le courage il partirait, loin, dans un autre état, peut être un autre pays et il reconstruirait sa vie en laissant son passé derrière lui. Il ne peut pas faire ça, trop d'attaches et un peu de lâcheté il doit bien l'avouer. Ses pensées se font plus vastes, denses et il en perd le fil, emporté dans un sommeil étrangement calme et reposant.

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Ce sont des coups frappés à la porte sans retenue qui les réveillent en sursaut, ils grognent de concert et c'est finalement Rejo qui se relève et s'étire le premier, s'extirpant à regret des bras de Paul. Ce dernier demande la voix encore empâtée de sommeil :

"T'attends quelqu'un ?"

"Non...Mais je te rappelle que tout le monde se demande où tu es passé..."

Paul se frotte les yeux en soupirant avant d'imiter son compagnon en remettant son jean péniblement, il aurait bien dormi une heure de plus, le canapé lui a laissé des courbatures et il tente d'étirer ses muscles endoloris. Rejo est déjà rhabillé, débraillé certes mais habillé, il balance un plaid sur le canapé souillé et ouvre la fenêtre en s'exclamant gaiement :

"J'arrive !"

Les coups de poings contre la porte ne se sont pas calmés. La porte s'ouvre sur un Jared fulminant, Paul se tient derrière l'hispanique, un peu en retrait.

"Vous !"

Jared les dénonce en les montrant d'un doigt accusateur. Ils déglutissent en chœur.

"Non...Non...Je le crois pas !" Il se prend la tête entre les mains en rentrant dans l'appartement. "Vous avez pas fait ça ? Quelle question ! Bien sur que si ! En même temps je peux pas vous en vouloir...ça veux pas dire que je cautionne hein ! Non mais vous auriez au moins pu répondre à nos messages hier ! Non mais...Imaginez que ce soit Sam qui débarque ?!"

Il a tourné en rond durant son monologue, il finit par s'immobiliser face à ses amis qui échangent un regard rapide.

"Oups ?"

Tente lamentablement Rejo, ce qui fait discrètement sourire son acolyte. Jared lève les bras au ciel, indigné.

"Oups ? Vous êtes vraiment graves! Bon je le savais déjà que dans vos petits cerveaux ça tournait pas rond, pourquoi je suis surpris ? En fait pas tellement mais bon...Bref !"

"C'est quoi le vrai problème ?" Tranche Paul.

"Jacob est revenu n'est-ce pas ?"

Les deux autres soupirent avant de s'asseoir tous les trois sur le canapé. Ils finissent par raconter la journée de la veille à leur ami et Paul tente de le convaincre que Jake ne leur fera plus aucun tort, en tout cas c'est ce qu'il espère. Parce que oui, il est assez inspiré pour croire que l'homme ayant détruit sa vie va leur foutre la paix. Fin de l'histoire ! Pour le reste Jared n'est pas franchement choqué, il était sûr de les trouver ici et il connaît depuis toujours les sentiments de Rejo à l'égard de Paul, tout comme il sait que ce dernier est très proche de l'espagnol. Selon lui ce n'est pas plus mal pour tout le monde, il se permet toutefois une remarque :

"Et pour Sam, tu devrais lui parler..."

"Ouais je vais y aller..."

Jared plisse les yeux, suspicieux. L'autre ajoute :

"Tout de suite !"

Paul se relève pour corroborer ses propos. Rejo ne peut retenir un léger rire et Jared grogne :

"Tu devrais te laver et te rhabiller entièrement avant ! Enfin je dis ça, je dis rien !"

Une fois douché et présentable Paul est surpris de trouver son meilleur ami encore là, assis une tasse de café à la main.

"Je reste là pour être sûr que vous ne vous enfuyez pas à l'autre bout du monde en secret !"

"T'es fou !" S'exclame Rejo, amusé.

"Non pas moi !" Ironise Jared.

Paul sourit, adresse un dernier regard à ses amis avant de franchir la porte, déterminé.

Sur le trajet jusqu'au bar à proximité duquel il a garé sa voiture la veille il n'a pas la volonté de consulter les appels en absence ou les messages sur son portable, ça s'annonce suffisamment délicat comme ça. Il manque de perdre son chemin à plusieurs reprises avant de distinguer sa voiture en bord de route, un magnifique PV de stationnement trônant sur son pare-brise. Il jure tout haut, ignorant le regard surpris de la vielle dame qu'il croise.

C'est quand les rangées d'immeubles lui apparaissent de plus en plus familières que l'angoisse monte d'un coup. Pourquoi il est obligé de faire ça ? Il se sent coupable et un peu naze, Sam a du s'inquiéter toute la nuit et lui il va débarquer , lui annoncer qu'il souhaite en rester là et en option qu'il s'est envoyé en l'air avec leur ami commun... Pathétique ! Il se trouve lamentable à l'instar de d'habitude sauf que là c'est pour la bonne cause. Il épargne Rejo et est honnête envers lui même, et Sam. Ce n'est pas juste pour ce dernier c'est vrai, mais la vie est faite ainsi : chaque décision engendre des dommages collatéraux. Il espère juste qu'ils seront moindres, son cœur se serre d'avance.

Il va sans doute blesser Sam mais c'est difficile pour lui aussi, il n'est peut être pas heureux ou à l'aise avec son aîné il n'empêche qu'il ressent des choses pour lui, des sentiments nocifs à son bien être, qu'il ne peut toutefois effacer d'un coup de baguette magique. Hier, en présence de Rejo il n'a pas songé directement aux conséquences, maintenant il a mal et il doit assumer cette douleur, prendre sur lui et faire preuve de courage. Le mensonge ne serait qu'ajouter des problèmes dans sa vie déjà assez compliquée.

Il gare sa voiture avec une lenteur exagérée, histoire de retarder le moment fatidique, le ciel est clair, une légère brise fait osciller les buis dans la cour de l'immeuble. Il inspire un grand coup et fait claquer la portière, plus de retour arrière possible. Il prend son temps pour atteindre la porte de l'appartement, hésite une dernière fois avant de toquer trois petits coups.

Aucun répit, Sam ouvre immédiatement. Il est déjà habillé, les traits rongés par l'inquiétude qui se transforme en stupeur. Il reste ainsi de longues secondes durant lesquelles Paul se mord nerveusement la lèvre inférieure, appréhendant ses réactions.

"Putain Paul !"

Il s'exclame rageusement, il ne crie pas mais sa voix est chargée de colère. Il fait claquer violemment la porte contre le mur en l'ouvrant en grand. L'invitation à rentrer est peu tentante mais Paul avance tout de même.

"Je...Désolé."

Les mots se coincent douloureusement dans sa gorge, ça s'annonce plus difficile encore que ce qu'il avait imaginé.

"Désolé ?" S'énerve son protagoniste. "J'étais mort d'inquiétude et personne ne savait où tu étais passé, t'as un portable non ?!"

"Je...Oui...Mais je..."

"Mais tu quoi à la fin ?"

Sam frappe rageusement le poing sur un meuble. Paul panique intérieurement, c'est la première fois que son vis à vis s'énerve ainsi à son encontre. Il l'a déjà vu comme cela au club, et il n'a pas peur de lui mais...La situation ne lui plaît pas. Il veut à tout prix éviter le conflit, pourtant inévitable. Il s'attend baragouiner maladroitement :

"Je...C'est que...Pardon."

"Pardon pardon ? Merde." Sam prend une grand inspiration visant à le calmer avant de reprendre, plus mesuré : "J'en ai marre de t'entendre t'excuser sans cesse et pour n'importe quoi, de devoir faire attention à comment je vais réagir ou ce que je vais dire. Soit honnête pour une fois au lieu de baisser les yeux et te répandre en excuses inutiles !"

Piqué au vif Paul relève les yeux et soutient avec peine le regard noir de son aîné.

"J'ai revu Jacob."

"Je sais. Et ? Il t'a pas volé ton portable que je sache ?"

Paul en oublie de se demander comment Sam l'a su, si Embry a dit à Jared qu'il était revenu (Jake) il a pu le faire au vu et au su de tous. Pour le reste il a raison Jake n'a pas volé son portable et il aurait du prévenir Sam.

"Et je suis allé chez Rejo."

"Et donc ? A deux vous n'avez pas eu la présence d'esprit de nous avertir non ? Tout le monde s'est inquiété !"

Ils étaient trop occupés à faire l'amour mais ça impossible de le placer dans la conversation.

"Je sais pas j'en sais rien...Me regarde pas comme ça, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?"

"C'est ça le problème ! T'as jamais rien à dire ! La vérité peut être ?"

La vérité la cruelle vérité, celle qui lui échappe si souvent. Sam est énervé et puis il a le droit de savoir, dans un murmure il lâche :

"C'est fini Sam..."

"Fini fini ?" S'étonne ce dernier. Bien sûr qu'il l'a vu venir, pour autant ça fait mal.

"Oui fini."

"Pour une fois t'as l'air bien sûr de toi."

Ricane amèrement Sam. La gorge de Paul est sèche, nouée. Que dire maintenant ?

"Je me sens pas à ma place...Je...Sam...Tu es quelqu'un de spécial pour moi mais..."

"Stop !" l'interrompt brusquement l'autre, visage fermé. "J'ai pas besoin d'entendre ça, j'ai compris."

Et c'est tout ? C'est encore plus douloureux que si Sam avait hurlé ou l'avait frappé. Là rien, juste ce regard noir l'invitant à partir. Le temps adoucira les choses, probablement, Sam n'est pas irréprochable dans cette histoire et il le sait. Si Paul finira par revenir ? Il l'espère et en même temps il sait que ce serait une mauvaise chose.

"Pars; on en reparlera plus tard."

"Je..."

"J'ai besoin d'être seul."

La voix autoritaire est sans appel alors Paul recule jusqu'à la porte, il sent les larmes monter et il s'oblige à les contenir, au moins jusqu'à être hors de vue. Il accuse le rejet cependant c'est bien lui qui a voulu quitter Sam. Ce dernier ne l'a jamais retenu, avait-il secrètement espéré que ce soit différent ? On met des mois à construire quelque chose et en une seconde on peut tout détruire, laissant seulement des ruines tristes à mourir. Nos choix ne nous permettent pas de tout sauver ou préserver.

Oui c'est dur, est-ce le prix à payer pour espérer effleurer du bout des doigts le bonheur ? La porte lui claque violemment au nez, il aurait voulu dire un mot, une phrase, mais rien ne sort, il retient juste ses larmes. Rien, plus rien, il se sent vide, tellement seul d'un coup. Il regagne péniblement sa voiture en traînant les pieds. La vie est elle une succession d'échecs ?

Assis là, immobile face à son volant, il veut disparaître, s'enfoncer sous terre et échapper à sa propre vie. Pourtant n'a t il pas fait des choix ? Il doit assumer les conséquences de ses actes, il se l'est promis. Il faut qu'il pense à l'avenir, à ce qu'il va faire. Aujourd'hui, demain et les autres jours qui vont suivre...

On s'accorde souvent à regarder le coté sentimental d'une rupture mais quid du coté pratique ? Paul va devoir récupérer ses affaires chez Sam et ça le stresse, forcément. Lui faire face dans les jours à venir, à lui et à leurs amis communs. Ça peut sembler ridicule mais ça le perturbe. Que va t il se passer maintenant ? Il n'est pas tellement plus libre qu'avant. Sa seule vraie prison c'est lui même.

Il démarre la voiture sans s'en rendre compte, pas plus qu'il ne prête attention aux immeubles qui défilent tandis qu'il conduit au hasard des rues. Il va être midi alors le trafic est très dense, il passe plus de temps arrêter qu'à rouler, les yeux rivés droit devant lui. Ses songes se perdent dans un labyrinthe aux formes abstraites. Il roule, quitte peu à peu les embouteillages et les rues fréquentées, laissant place à plus de verdure.

Il finit par arriver au canal. Il ne quitte pas l'habitacle de sa voiture, il contemple l'eau foncée de loin puis les fines gouttes de pluie qui s'abattent sur son pare-brise dans un cliquetis irrégulier. Il réfléchit. Il ne tire qu'une conclusion de tout cela : pourquoi se poser la question de notre avenir puisqu'il est insaisissable, virant à chaque choix et dépendant de ceux que les autres feront face aux nôtres. Au fond il n'y a pas d'erreur possible, juste des chemins plus doux que d'autres, peut être...

Le ciel s'est assombri sous ses yeux. Il est devenu gris, menaçant et humide. Le jeune homme se demande un instant s'il finira ainsi, froid et sombre, imperméable aux sentiments. C'est peut être une façon de survivre, la même qui a transformée Jacob Black en monstre. Son cœur se serre brusquement, il pourrait asphyxier, là, maintenant et oublier à jamais. Son portable vibre dans sa poche, le tirant de sa torpeur. Il s'en saisit, il aurait tout aussi bien pu l'ignorer...

1 nouveau message de Rejo : *Dis tu ne veux pas venir promener Pirate avec moi ? J'ai peur de l'orage...*

Le message est suivi d'un tas de smileys que Paul ne parvient pas à décrypter mais qui le font sourire. Bien sûr c'est un prétexte, comme lorsque Rejo le traînait aux courses avec lui le soir, soit-disant par peur. En réalité l'espagnol peut très bien le faire seul, maintenant il le sait, il a toujours été question de prétextes. Il a le choix de rester aveugle, ou ouvrir les yeux et espérer un peu de bonheur.

*Il pleut mais y'a pas d'orage...J'arrive !*

Il appuie sur la touche envoyer et redémarre lentement le moteur de sa vielle golf. Au fond sa chance à lui c'est d'être aimé, simplement. Il a au moins une conviction tandis qu'il roule afin de rejoindre Rejo : il ne deviendra pas froid et insensible, il ne sera pas un monstre. Et ça c'est déjà une victoire sur la vie, un petit bonheur dans son perpétuel malheur.

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"Le bonheur naît du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur." Lao-Tseu

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fin

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Note : Et voilà...En fait j'aurais pu continuer indéfiniment à narrer la vie de mon Paul torturé, parce qu'elle ne s'achève jamais finalement, j'ai choisi pour le moment de l'arrêter ici, me laissant l'occasion d'un jour peut être poursuivre son histoire. Pour le moment je l'ai assez torturé il me semble...Et il a des perspectives de bonheur qui s'offre enfin à lui ! J'ai hésite à faire se suicider Jacob (parce que bon d'après son profil lui n'a pas vraiment de bonheur devant lui...) mais ça aurait fait souffrir Paul inutilement !

Je remercie avant toute chose ma bêta, veronicka ! Mes lecteurs et particulièrement ceux qui prenne le temps de reviewer. Bien sûr je ne m'arrête pas là, prochainnemen tje postrais la dernière partie de Seul à Deux (Pual/Embry) et j'ai déjà commencé la rédaction d'une nouvelle fiction yaoi !

Bonne nuit à tous/toutes !