14.

- Qu'est-ce qui te fait croire que tu nous avons une chance ? interrogea Marina alors qu'ils étaient sur le point de partir en navettes camouflées pour l'opération de récupération. Ils sont cinq fois plus nombreux que nous !

- La trop grande confiance en lui de Khoor justement, répondit Warius, sombre et concentré. Il a pris bien des précautions, tout en croyant fermement au fond de lui-même que sa forteresse est imprenable ! Ses forteresses !

La Mécanoïde inclina la tête en signe d'assentiment.

- Je vois. C'est pour une diversion que tu as envoyé le gros de notre petite troupe sur la base de l'étoile morte, te réservant le sauvetage d'Alguérande sur la Géode.

- Oui. En espérant que c'est un service minimal qui est assuré sur la Géode, poursuivit Warius, Khoor confiant dans ses moyens de contrôler Algie qui ne représente aucune menace pour ses plans. Dès lors à quoi bon une garnison pour le garder ?

Marina fit la moue.

- Bien que tu me surprennes, j'ai l'impression que tu as omis un point important dans ton plan, remarqua-t-elle, soucieuse. Nous ignorons dans quel coin de cette monstrueuse Géode se trouve notre ami ! ?

- Disons que je vise la section des cellules de ce cuirassé. Toshiro m'a avait transmis les plans à l'époque.

- J'espère que tu ne te trompes pas… Toujours la logique, mais nous avons affaire à un tordu !

- Alguérande est un Dragon au fond de lui. Je le trouverai sans coup férir. Je traque les dragons comme personne !

- Et vous êtes ? tressaillirent Warius et Marina à la vue de celui qui était apparu, très blond et en armure étincelante.

- Mais, Siegfried, bien sûr !


Bien qu'il ait mis son équipage militaire sur pied d'intervention, Warius avait pris la peine de s'entretenir avec le dernier venu.

- J'ai entendu parler de vous, Siegfried. Mais, n'étiez-vous pas retombé dans un sommeil éternel ?

- Oui, c'était ma légende, la théorie. Je suis sensible à tous les dragons, pas uniquement Fafnir ! Et puis un ami réclamait que je tente quelque chose pour lui !

- Tous ceux de votre monde n'osent même pas dire qu'ils désapprouvent les projets des dieux d'Unyversium, intervint Marina. Et vous, vous vous présentez sans être sollicité…

- Je suis bien Siegfried !

- Je n'en doute pas, au vu de votre arrivée, assura la Mécanoïde. Je ne voulais pas vous offenser sur ce point. C'est juste que nous n'espérions aucune aide, tout comme nos amis depuis bien trop longtemps, leurs enlèvements.

- Je comprends. En réalité, je ne suis ni mort ni vivant, je ne risque donc rien. Et Algie est dans un sacré pétrin !

- Que savez-vous du reste de l'histoire, pour son fils, son père et son grand frère ? jeta précipitamment Warius, fébrile, entre espoir et toujours désespoir.

- Chaque chose en son temps. Nous reprendrons cet échange, si nous revenons saufs, et avec Alguérande ! Donnez vos ordres, colonel Zéro !

- Bien, allons-y. Et la priorité absolue va à l'extraction d'Alguérande, vivant. Nous avons à tout faire en ce but, quitte à y laisser la vie, moi le premier !

- Non, ne mourrez pas encore, Zéro, votre rôle est loin d'être fini ! sourit Siegfried le Guerrier Divin Tueur de Dragons.


Pendant que plusieurs escouades de ses Mécanoïdes commandos investissaient la base de Khoor sur l'étoile morte, une autre navette occultée s'était arrimée à un sas à ordures de la Géode.

Siegfried, Warius et Marina, accompagnés de Doc Machinar, s'étaient alors précipités, sous bouclier occulteur individuel, sachant qu'ils ne tromperaient pas longtemps un être aussi roué que leur ennemi qui bien qu'âgé semblait disposer de l'éternel retour !

Le colonel du Karyu et son épouse s'étaient plutôt contentés de suivre Siegfried qui évitait soigneusement les coursives principales, et la rencontre avec des membres d'équipage qu'il n'aurait pu éviter sans les toucher et ainsi révéler sa présence.

Le guerrier blond avait fini par s'arrêter devant la porte d'une cellule, la désignant de sa lance.

- C'est là. Je suis irrésistiblement attiré ici ! Et comme rien n'indique que Khoor est pote avec un dragon, uniquement un Thanatos écarlate, il ne peut s'agir que d'Algie !

Marina ayant posé une micro-bombe sur le clavier de commandes de la cellule, les portes s'ouvrirent.

- Algie !

Warius se précipita vers le lit où Alguérande était sanglé.

- Algie ?

Mais repoussé par Machinar, il ne put que laisser ce dernier examiner quelques instants le jeune homme, avant de le détacher et de le charger sur son épaule.

- Nous ne pouvons nous attarder ici, colonel. Retour au Karyu, et filons au plus loin d'ici !

- Faut pas me le dire deux fois, rugit Warius tandis qu'ils battaient tous en retraite.