La Vérité Derrière la Porte…
Au Manoir des Malefoy, quelque part dans le Wiltshire
POV Externe
« Toujours le même rêve ! »
Le jeune homme marchait le long d'un couloir. Son ombre se reflétait de façon disproportionnée sur les murs de briques grises rendant l'atmosphère glaçante. Le son de ses pas résonnait dans le silence ambiant. Il avait l'impression d'être suivi lorsqu'il remarqua enfin les tableaux qui décoraient le couloir. Il se maudit d'avoir pris peur à cause de simples peintures.
POV Draco
Je jetais un œil mauvais à la jeune fille qui m'avait suivi de toiles en toiles qui cessa immédiatement de glousser et reparti en pleurant. J'eu un sourire satisfait et un regard hautain pour l'homme qui me jugeait sévèrement derrière ces lunettes.
- Vous semblez vouloir dire quelque chose l'ancêtre !
Mon aïeul me répondit d'un air pincé :
- Non, bien sûr que non, le jeune maitre va où bon lui semble !
- Effectivement, je fais ce que je veux !
Irrité, je détournais les yeux vers le bout du couloir.
« Draco, il faut vraiment que tu te calmes ou tu vas finir par faire rappliquer les sbires de l'autre taré ! Non, mais qu'est ce qui m'a pris de venir ici ! ».
Ma respiration redevint normale et je repris ma marche. Ça faisait maintenant presque un an que je faisais ce rêve.
« Tout ça depuis l'arrivée de l'autre timbré ! »
Ça commençait toujours de la même façon, je dormais profondément lorsqu'une voix masculine se mettait à m'appeler.
- Draco ! Draco !
De plus en plus fort, jusqu'à que j'ouvre les yeux et me dirige vers le deuxième étage sans avoir le moindre contrôle sur mon corps. J'avais beau vouloir retourner dans ma chambre, je n'y arrivais tout simplement pas.
Je m'arrêtais toujours au même endroit, devant le tableau d'un jeune homme aux cheveux blond presque blanc attaché en queue de cheval. Le portrait de mon grand-père, Abraxas Malefoy. Il devait avoir à peu près le même âge que moi lors de la création de la toile. La ressemblance était telle qu'on n'aurait pu nous prendre pour des jumeaux. Il me chantonnait alors :
- Mon petit Draco, comme tu me ressemble ! Méfies-toi ! Les regrets, les remords… Ils te rongeront toute ta vie !
Toujours de sa voix chantante et comme s'il s'amusait beaucoup, il ajoutait :
- J'ai fait beaucoup d'erreurs, mais crois moi je les ai faites pour le bien des Malefoy ! Toi aussi tu devras remplir le rôle que je t'ai choisi, tout comme mon incapable de fils !
Il riait alors d'un rire cristallin, une expression à la fois moqueuse et méchante collée aux lèvres. Le même sourire que j'arborais lorsque je faisais une crasse à Saint Potter et ses fans. Je me sentais mal à l'aise mais invariablement j'entrais dans le passage qu'il m'ouvrait et je marchais comme un somnambule le long du couloir descendant en pente douce.
- La survie de la famille passe avant l'honneur, petit Malefoy ! Je ferais n'importe quoi pour la famille. Ton destin m'appartient !
Le chemin semblait long et tout au bout, il y avait toujours cette même porte en bois. Dès que je posais ma main sur la poignée, je ne pouvais l'ouvrir car invariablement la scène basculait instantanément. Alors, aussi insolite que ça puisse paraître, je me retrouvais au milieu d'une étendue d'herbe balayée par un vent léger et tiède. Et non loin de là, une jeune fille m'observait. Son visage semblait comme caché par des ombres. Impossible d'en discerner les traits. Je ne voyais que ces yeux incroyables ! Vairons, l'un vert émeraude et l'autre or. Je ne cessais de fixer sa bouche qui souriait ironique et ses lèvres qui bougeaient étaient une terrible tentation. Elle susurrait de sa voix envoutant cette phrase, toujours la même comme une incantation, une vérité immuable.
- Tu ne me trahiras pas Dray, tu as promis !
Elle se mettait alors à chantonner la même mélodie que mon grand-père tout en tournant sur elle-même et riant. Magnifique tableau que de voir sa robe blanche et ses cheveux flottant autour d'elle. Elle me semblait très belle mais effrayante.
Et lorsqu'elle s'arrêtait, elle se rapprochait de moi en sautillant tout sourire et se penchant, me murmurait à l'oreille, menaçante :
- Toi et moi, c'est à la vie à la mort ! Alors Dray, pourquoi tu m'as laissée mourir ?
Puis sans aucune pitié, elle enserrait mon cou de ses mains, me regardant dans les yeux alors que je commençais à suffoquer.
Et c'est à ce moment-là que je me réveillais, en règle générale dans ma chambre. Mais il m'arrivait d'ouvrir les yeux, hors de mon lit, devant le tableau et même de convulser ou de faire des crises d'hyperventilation.
« J'ai tout essayé, des potions de sommeil aux sorts anti-intrusion de l'esprit. Rien n'y fait ! Les seules fois où je dors, c'est loin du manoir. »
Ce matin-là, je m'étais réveillé avec le rire strident de Bellatrix résonnant dans l'aile du deuxième étage.
- Eh bien mes félicitions, mon très cher neveu ! Je vois que tu as compris où est ta place ! Quelle bonne initiative ! Nettoyer le manoir en rampant comme le veracrasse que tu es !
D'un air que je voulais digne, je me relevais et époussetais mon pyjama avant d'ajouter :
- Ma TRES chère tante ! Mais, que voulais-vous ? Je n'en serais pas là si vous et vos chers amis n'étaient pas aussi idiots et salissants que des trolls. Bien que vous êtes très en beauté aujourd'hui… - je murmurais la suite à moi-même - …sûrement pour le maître !
- Tu es bien insolant petit Lucius junior ! Mais peut-être aimerais-tu rejoindre ton père et pourrir avec lui dans les cachots.
Puis s'adressant à moi comme à un enfant de cinq ans capricieux.
- Je suis obligée de te punir, tu comprends n'est-ce pas ?
Elle me lança l'air de rien un petit doloris et partit tout sourire en chantant horriblement faux. Je décidais alors qu'il était temps de mettre un terme à ces rêves.
D'un sort, je m'étais habillé puis tourné vers le portrait. Il m'attendait affichant déjà son sourire de biais qui m'énervait au plus haut point.
- Euh… commençais-je pris d'une très grande inspiration, euh, je…euh…
- Petit Draco ! Je me demandais si tu allais venir me voir. -petits rires-
- Oui et bien il faut dire que dans le genre insistant vous vous posez là ! Oh très cher grand-père ! Dis-je d'un ton cinglant n'appréciant pas le "petit". Pourquoi ces rêves ? Je n'aime pas trop qu'on entre dans ma tête.
-Tu es bien pressé ! Prouves moi que tu es prêts et peut être que j'ouvrirais le passage.
« Bien entendu de la part d'un Malefoy ! Rien n'est jamais simple. Toutes ces mises à l'épreuve me fatiguent !».
Mon père faisait toujours pareil.
-Draco, tu dois être digne de ton nom, tu comprends ! disait-il.
«Tu parles si je comprends ! Regardes-toi à ramper devant l'autre taré ! Maître ! Maître ! Et maintenant tu croupis dans ton propre cachot ! Pfff… »
Je pourrais mourir pour de telles pensées. Heureusement, je devais beaucoup à mon parrain et l'occlumancie faisait partie de la liste.
J'avais gardé mon masque impassible le temps de réfléchir puis toujours avec la même expression froide, je dis :
- Douteriez-vous à ce point de votre capacité à juger, pour me demander de faire mes preuves ? Cher grand-père ? N'oubliez pas que je suis un Malefoy ! Nous obtenons toujours ce que nous voulons !
Le jeune homme me sourit et le tableau bascula pour me laisser entrer.
«Tu parles d'un tordu fallait juste que je lui rappelle à quel point l'orgueil des Malefoy est démesuré !».
J'étais donc entré dans le couloir et l'avais longé, stressé par ce qui m'attendait au bout. J'agitais la main devant moi comme pour chasser mes idées noires et me concentrais sur la porte qui se dressait devant moi. J'eu un sourire ironique en posant ma main sur la poignée.
« Ma dernière heure est peut être arrivée mon PETIT Draco ».
