Entre Songe et Réalité…
POV Externe
L'homme flottait là, entre deux eaux, entre rêve et réalité, ni mort, ni vivant. Attendant simplement sa dernière heure. Le destin est parfois cruel.
Dans un premier temps vint le silence. Pesant, étouffant. Il n'y avait rien. Il eut beau ouvrir les yeux, tout ce qu'il vit se résuma au vide le plus total. Même le bruit de sa respiration était inexistant. Il attendit longtemps, que l'on vienne le sauver. Puis il cessa d'espérer, priant pour seulement mourir.
Alors que l'attente s'éternisait, l'homme se mit à penser et insidieux, les regrets apparurent. De ceux qui commencent inévitablement par « si seulement ou si j'avais su ». Encore et toujours les mêmes peines qui le rongent. La douleur emplie le vide. L'homme croit devenir fou. Qu'attend-t-on pour l'achever ?
Et alors qu'il se complaît dans le passé et ressasse inlassablement, il s'habitue peu à peu jusqu'à oublier la douleur. Les souvenirs l'envahissent. Ceux qui effleurent l'esprit, doux et mélancoliques. Il se rappelle d'un sourire malicieux, des soupirs d'une jolie blonde, de la douceur d'un été ou de la chaleur d'un foyer. A nouveau l'homme se souvient de pourquoi il aime tant la vie. Le silence et la douleur sont loin à présent. Les doutes ont laissé place aux certitudes. Ne reste plus que cette folle envie de vivre.
L'homme lutte, se débat et ouvre brusquement les yeux.
Quelque part dans un recoin de la mer de Chine
POV Homme mystérieux
Je venais de me réveillais dans la chambre miteuse de l'hôtel où je séjournais. J'étais essoufflé et les yeux me brûlaient à cause de la transpiration. J'avais encore fait ce rêve et je savais que je le referais souvent.
-Il fait trop chaud ! Qu'elle idée ce vieux fou à lunettes va-t-il encore me pondre !
Je râlais en me dirigeant vers le fond de la pièce tout en me frottant le ventre et me passant régulièrement la main dans les cheveux. Je jetais un regard dépité à ce qui aller servir à me laver, car ici point de douche ! Non messieurs dames, une superbe bassine en plastique à la propreté douteuse et un bidon contenant aux bas mots dix litres d'un liquide à la couleur légèrement jaune qu'ils osent appeler eau. « Maudits moldus ! »
Je rempli la bassine sur le fond et me rinçais vivement le visage. Je relevais la tête souriant à mon reflet dégoulinant. Mes yeux bleus affichaient une expression de défit. J'avais depuis les derniers mois repris du poids et mon voyage avait achevé ma remise en forme. J'avais cessé de ressembler à cet homme acariâtre et proche de la folie. Je pensais ne jamais retourner à une vie normale, mon calvaire avait pris fin du jour au lendemain et précisément, au moment même où je reprenais pied avec la réalité.
Un mois plus tôt
POV Externe
L'homme se rappelait très bien de cette rencontre. Il avait flotté, il ne savait combien de temps, dans une sorte d'espace clos parallèle à celui dans lequel nous vivons, à ceci près, que ce dernier était complètement vide. Il avait finalement pris conscience qu'il était bel et bien vivant et à ce moment précis, il avait été aspiré vers l'extérieur.
L'homme percuta brutalement le sol. Devant lui se dressait une arcade à l'architecture ancienne ornée de symboles étranges. En son sein, un voile opalescent et invisible pour ceux qui n'y prêtent pas attention.
-Il est bon de vous revoir mon cher M. Black ! Dit une voix calme et sûre d'elle.
Le sorcier se retourna et regarda étonné le vieil homme qui lui faisait face.
-Albus !? Que faites-vous ici ? Et d'abord, on est où là !?
Le vieux directeur passa sa main dans sa longue barbe blanche et haussa un sourcil.
-Allons, Sirius, vous savez très bien où nous sommes ! Le département des mystères ne s'oublie pas aussi facilement. La vraie question serait plutôt de savoir quelle date nous sommes ! Car, après tout, cela fait un an jour pour jour que le monde sorcier vous considère comme mort et enterré.
POV Sirius
Je n'en croyais pas mes oreilles ! « Mort !? Moi ? »
Je fixais un instant le vide en essayant de digérer ce que ce vieux fou venait de m'annoncer. « Ca y est, il devient sénile ! »
-Mort et depuis un an ! Dis-je soudain en prenant la parole. C'est impossible !
Dumbledore eu un petit sourire et ses yeux se mirent à briller derrière ses lunettes demi-lune. « Je rêve où il s'amuse ? »
- Voyons Sirius, nous sommes des sorciers, impossible n'est rien pour nous !
Il me regarda avant d'ajouter :
-N'êtes-vous pas celui qui s'est échappé de la prison la plus sécurisé de notre monde !
Je me relevais alors qu'il faisait un pas vers moi pour se placer à mes côtés, face au voile, les mains dans le dos. Je me retournais pour voir la même chose que lui.
-Ce voile n'est pas là par hasard vous savez ! Très peu connaissent son histoire. Avez-vous réussi à saisir son étonnant pouvoir ?
- Je ne suis pas sûr ! Répondis-je. « Est-ce vraiment le moment pour un cours vieux renard ! » Je me croyais perdu pour toujours dans un endroit vide, sans la moindre trace de vie, à flotter immobile. Mais… peut être un genre d'introspection. Je suppose que c'est seulement lorsque je me suis senti en paix avec moi-même que j'ai été libéré.
-Précisément ! Vous voyez ces symboles gravés dans la pierre, ce sont ceux qu'utilisaient nos lointains ancêtres. Ici on peut en faire une traduction approximative en latin : « Speculum humanae animae iter » soit dans notre langue « Miroir du voyage de l'âme». Il était utilisé pour faire passer une épreuve aux aspirants sorciers. La croyance voulait que lorsqu'ils s'acceptaient eux-mêmes, ils pouvaient s'ouvrir pleinement à la magie. Seulement, tout le monde ne revenait pas. Certains y restaient quelques minutes, d'autres plusieurs années et enfin, d'autres pour toujours. Le voile tomba en désuétude. Le département des mystères est en fait construit sur les vestiges d'un temple du rituel initiatique.
Comment le vieil homme avait découvert tout ça, je ne voulais pas le savoir mais une chose me taraudait.
-Comment saviez-vous que je reviendrais précisément aujourd'hui ?
-Oh ! Je ne savais pas. Je n'ai juste jamais douté que vous reviendriez et c'est pourquoi, j'ai lancé un petit sort de détection sur le voile. J'ai également pris soin de dissimuler deux portoloins. Un pour venir et l'autre pour repartir en toute discrétion.
-Je croyais qu'il était impossible de créer un portoloin une fois à l'intérieur du ministère ou d'en introduire à cause des détecteurs à l'entrée !? Et de toute façon, pourquoi auriez-vous accès au département des mystères ?
-Et bien, le Magenmagot donne certains avantages comme celui de se promener où bon me semble. Et il se trouve que le département des saisis possède de nombreux exemplaires de portoloins.
Il alla chercher le dit objet dissimulé au pied de l'arcade et me dit l'air de rien.
-Après vous mon cher Sirius…
Bien qu'hésitant, « Ce vieux fou est peut-être bel et bien sénile ! » je saisis ce qu'il me tendait et me sentit tirer par le nombril.
A Poudlard
Nous étions à présent dans le bureau du directeur que je connaissais si bien. J'y avais été convoqué plus souvent qu'à mon tour. Alors qu'il préparait un thé tout en m'invitant à m'asseoir, je pris le temps de réfléchir. J'essayais de voir où le professeur voulait en venir quand soudain je compris.
-Cette discrétion… Je dois rester mort n'est-ce pas ?
Il me tendit une tasse et l'œil brillant de malice me dit.
-Il se trouve qu'une certaine mission nécessite en effet une discrétion totale. Qui de mieux qu'un homme qui n'existe plus ? Vous en conviendrez, n'est-ce pas ?
- C'est vrai ! Je comprends mieux. Mais, ça signifie aussi que je ne dois pas utiliser ma magie.
-Eh bien, il serait préférable pour tout le monde de ne pas vous faire repérer ! Mais ne vous inquiétez pas, vous aurez de quoi vous aider. Je ne voudrais pas vous renvoyer à la mort alors que vous venez justement d'en revenir.
-Et cette mission ?
-Il s'agit de retrouver une personne très importante aux yeux du Lord… et de moi-même. Voldemort -je grimaçais à l'entente de ce nom- a envoyé des hommes à sa recherche.
-Hormis le fait que je sois mort, il y a bien une autre raison pour me choisir moi, n'est-ce pas ? Je ne suis jamais le premier choix de personne.
-Vous avez toujours était très perspicace. J'apprécie particulière votre vivacité d'esprit. Il y a en effet une raison bien plus forte qui me pousse à me tourner vers vous. Cette personne à retrouver vous la connaissez très bien. Cette jeune fille se nomme Marianne et à le même âge qu'Harry.
Sous la surprise je lâchais ma tasse qui se brisa sur le sol en dizaines de morceaux. Le liquide commença à imbiber le parquet. J'étais furieux.
-Vous moquez-vous de moi ? D'où connaissez-vous l'existence d'Marianne ? Et puis de toute façon la fille de Lili et James est morte en même temps qu'eux. Personne, je dis bien personne ne connait son existence. Vous me devez une explication Albus !
-Eh bien, voyez-vous, Lili Potter, ne pouvait pas protéger ces deux enfants. Elle a jugé bon de donner à sa fille un ancien médaillon qui empêche de repérer sa magie jusqu'à sa majorité. Et lorsqu'elle a senti le danger approcher, elle a lancé un sort de téléportation aléatoire. Ainsi, ni elle, ni personne ne saurait où Marianne se trouve. Malheureusement, elle ne put faire de même pour Harry et la suite nous la connaissons.
-Oh par Merlin !
Je n'en revenais pas ma filleule était vivante !
-Quelque temps après la mort des Potter, j'ai reçu une lettre anonyme me mettant au courant de l'existence d'un deuxième bébé. Vous vous doutez de ma surprise lorsque j'ai su qu'Harry Potter avait une sœur jumelle. On me demandait dans cette lettre de tout faire pour retrouver la fille lorsque le sort ne ferait plus effet.
-Et je devine que c'est là que j'entre en course !
-Oui, lorsque le seau de protection a cessé de faire effet, une quantité de magie s'est relâché d'un coup. Le temps que je repère d'où ça venait, le sort de détection sur le voile s'était enclenché et vous voilà ! Ça fait un jour à présent, la source se trouve quelque part en mer de Chine. Voici les coordonnées.
Je saisi le document.
- J'avais prévue d'y aller mais vous êtes plus à même de remplir discrètement cette mission ! Une place vous attend sur le vol de 10h30 en direction de Jakarta. Voici vos papiers et de l'argent moldu. Vous vous appellerez Jack Ederland. Prenez aussi cet objet, il vous aidera dans votre démarche, c'est un traceur. Il permet, lorsque l'on part de la source, de suivre le chemin emprunté par la cible. C'est un objet précieux, il n'en existe que peu dans le monde alors faites y attention. Je vous souhaite un bon voyage…
De nos jours
POV Sirius
Je soupirais face à mon reflet. J'avais galéré pour rejoindre la source du signal qui se trouvait loin de la civilisation et arrivé là-bas, il n'y avait qu'un bâtiment brûlé et en ruine. De là, le traceur m'avait mené jusqu'à une petite île des philippines.
«J'espère bientôt pouvoir te rencontrer ! »
Lors de mon enquête, je n'avais quasiment rien découvert. Marianne était un vrai fantôme.
J'enfilais un t-shirt et me dirigeais vers l'extérieur. Le traceur me montrait que nous approchions.
« Bientôt Marianne ! Bientôt ».
