A piece of heaven

Cette idée de prendre des vacances était une merveilleuse idée. Pendant que Londres se noyait dans la grisaille de février, Sainte Lucie, sa plage de sable fin et sa mer de turquoise s'étendaient devant eux à perte de vue. Une brise rafraîchissante virevoltait autour d'eux en amplifiant les rires des personnes chères au cœur de John Watson. Sa famille, toute sa vie était là, s'égaillant joyeusement devant lui.

Greg resplendissait littéralement : la peau d'un bronze parfait sur un corps qui paraissait loin de la cinquantaine, les cheveux rendus brillants argentés par la lumière éclatante, un sourire presque aveuglant, accentué par ses petites rides autour des yeux, et le regard pétillant. Il était en ce moment dirigé vers leur fils, Noah, qu'il tenait sur une hanche. Lui et l'enfant s'esclaffaient devant le spectacle qu'offrait le fameux Sherlock Holmes, ou plutôt le grand échalas au dos rougi par le soleil et la chaleur, en train de s'ébattre et de pousser de drôles de cris dans 15 cm d'eau. Noah aussi était superbe, son rire cristallin résonnait comme la plus merveilleuse des musiques aux oreilles de John. Et le brun chocolat de sa peau au contact du bronzage de son père formait le plus adorable contraste que le blond ait eu l'occasion d'admirer.

- Greg ! s'exclama le médecin. J'ai besoin de ton aide, c'est urgent !

Et l'appel fut suivi du cri aigu d'une petite fille totalement excité de voir le sable sous ses petits pieds. L'interpellé détourna le regard pour voir un John Watson, habituellement rompu à tout contrôler, en total perte de moyens face à leur fille qui n'arrêtait pas de se débattre. Il ne put retenir un sourire devant une vision tellement charmante. En reposant son fils à terre, il n'oublia pas de lui adresser les recommandations d'usage :

- Surveille bien oncle Sherlock. Remets-lui de la crème solaire tout à l'heure. Ne vous éloignez pas trop et faites attention aux méduses, d'accord ?

- D'accord, répondit simplement le garçon, trop heureux de pratiquer son activité favorite : surveiller oncle Sherlock.

Greg rejoignit rapidement le père et la fille n'ayant toujours pas trouvé de terrain d'entente, à tel point que l'enfant gambadait à moitié nue autour de John qui essayait en vain de lui faire porter un vêtement.

- Alors, Gracie ?

- Papaaaaaaaa ! s'écria la petite turbulente en ouvrant ses bras.

- Je n'arrive pas à lui faire porter son maillot, marmonna John, légèrement piqué au vif par la docilité de sa fille pour son autre parent.

- Haha, nous avons une autre exhibitionniste dans la famille. Viens avec moi, petite sans culotte, dit Greg en riant de bon cœur.

Et il la souleva en la faisant tournoyer au bout de ses bras, ce qui provoqua un éclat de rire encore plus heureux et plus splendide à entendre pour les deux pères.

Le policier aida son enfant à enfiler d'elle-même son maillot comme une grande personne. En la voyant si appliquée, les yeux brillants, la langue légèrement sortie à cause de la concentration, Greg ne pouvait pas empêcher les pensées les plus douces de l'envahir. Il était certain à cet instant de verser dans l'insupportable sucre mielleux, mais peu lui importait, il était réellement comblé, se sentait à la maison avec ces magnifiques personnes, et le monde, l'espace d'une période paradisiaque, tournait dans le bon sens. Il leva les yeux pour faire part de son émerveillement et se trouva à rencontrer ceux de John qui l'observaient avec une tendresse infinie. Son John rayonnait de bonheur et aurait rendu le soleil jaloux. Le climat lui allait parfaitement, sa peau reflétait les plus belles nuances roses et dorées, et ses yeux de saphir brillaient de mille éclats. Greg avait presque peur de ressentir autant de bonheur, tant il redoutait qu'on le lui retirât.

- John ! Elle te ressemble tellement, déclara-t-il d'une voix enrouée par l'émotion, en soulevant sa princesse blonde dans les bras.

- Alors, j'ai du souci à me faire, j'ai de la concurrence, plaisanta son compagnon.

Puis ils partirent tous deux d'un rire insouciant. Grace, quant à elle s'extasiait une fois de plus sur les mèches argentées de son père.

- Viens ici, au lieu de dire des bêtises.

Et Greg l'attira à lui pour l'embrasser amoureusement. Leurs lèvres étaient douces et salées à la fois, les caresses, chastes, presque timides, de peur sans doute de rompre le charme, mais le bonheur d'être ensemble, toute la joie qu'ils ressentaient étaient presque palpables. Tenant l'amour de sa vie par la taille, sa précieuse petite fille sur l'autre bras, en train de gazouiller doucement, Noah, leur magnifique cadeau et Sherlock qui s'amusaient dans l'eau, Greg Lestrade se demandait si autant de bonnes choses pouvaient être possibles et supportables par son cœur vieillissant, ou ce qu'il pouvait demander de plus que de vivre ce moment pour l'éternité.

- J'ai besoin d'avoir mon cher mari pour moi tout seul, cette nuit. Tu crois que c'est possible ? lui murmura malicieusement John, l'air prometteur.

- Je ne sais pas. Comment on débarrasse notre lit de ces trois gros parasites ?