Sein, Bassim et Sirius !? …
POV Max
Je devais appeler Sein. Maintenant c'était à lui de remplir sa part du marché et de m'expliquer ce merdier. Il était dans son intérêt d'avoir une bonne explication et de tenir parole. « Après tout, il a une dette de sang envers moi ! »
Et maintenant, j'étais bien décidée à boire un coup chez Bassim. « Il sera sans doute heureux de me voir vivante mais un peu moins de savoir que Dhul et ses hommes vont tout mettre sans-dessus-dessous pour me retrouver. Bah tant pis ! »
Je rangeais les objets et documents volés dans la doublure de mon sac à dos et me dirigeais vers le bar. Il faisait chaud.
-Toujours aussi miteux murmurais-je en jetant un regard désabusé au bâtiment décrépie.
Je pénétrais dans la gargote en demandant d'une voix forte mais dans laquelle perçait l'anxiété.
-Et Bassim ! J'ai besoin d'un mojito !
POV Sirius
Je commençais sérieusement à m'impatienter lorsque la porte du bar s'ouvrit pour la énième fois. Je me retournais au son féminin de la voix et la vit pour la première fois. Il n'y avait pas d'erreur possible. Elle portait un pantalon ample et une sorte de marcel à capuche. On aurait pu la prendre pour un garçon si elle n'avait pas eu les cheveux longs. Ces derniers étaient noirs ébènes et ondulaient dans tous les sens autour de son visage. « Les mêmes cheveux qu'Harry ». Des jumeaux sans aucun doute. J'étais subjugué par sa ressemblance avec James. Mais le plus impressionnant était ses yeux. L'un vert émeraude et l'autre doré.
Elle se tourna vers moi et vit que je la fixais. Elle semblait sous tension et haussa un sourcil interrogateur.
-Marianne ? dit je hésitant
-Qui êtes-vous ? répondit-elle méfiante.
-Je suis ton parrain.
POV Max
J'avançais d'un pas pressé en jetant un clin d'œil nerveux aux habitués quand je remarquais soudain l'homme assis au comptoir. Il devait avoir la trentaine, était brun et avait les yeux gris bleu. Un regard dur. Il avait vécu des moments difficiles et ça se voyait. Pourtant, je pouvais voir une lueur d'amusement dans ses yeux. L'homme devait sûrement aimer rire. Mais pour l'heure, il affichait une expression ébahit et me reluquait de la tête au pied. « Gênant ! » Il était bel homme sans aucun doute.
-Marianne ?
L'homme avait prononcé, d'une voix hésitante marquée d'un accent… écossais peut-être… mon prénom. Ce prénom que je n'avais révélé à personne. Personne, sauf à Dara. Je devins immédiatement méfiante et demandais d'un ton brusque en anglais.
-Qui êtes-vous ?
-Je suis ton parrain.
Mon cœur eut un raté. « Dhul, une téléportation et maintenant ça ! C'est ma fête où quoi ! »
Je me sentis blêmir. Bassim, qui jusqu'alors s'était tu, parla.
-Et Max soit cool ! Il est arrivé ici avec une photo d'un garçon qui te ressemble. Il dit qu'il cherche sa filleule Marianne. Avec un tel prénom étranger, il ne fallait pas être un génie pour penser à toi ! Du coup, je lui ai dit d'attendre ici, je savais que tu viendrais me voir pour te venter. Tu ne m'en veux pas ?
Je regardais le barman avant de lâcher avec un sourire de bonne grâce accompagné d'un rire nerveux presque hystérique. Je pris le temps de respirer profondément avant de répondre.
-Non, je comprends ! Tu as eu raison. « Reste à savoir si l'homme dit la vérité ».
Je m'adressais alors au sois disant parrain.
-Pour l'instant, j'ai besoin de téléphoner on parlera ensuite.
-Mais…
Je l'ignorais pour m'adressais à Bassim.
-Tu vas être heureux j'ai de quoi régler mes dettes et avec les intérêts !
Je lui tendais une liasse de billet local à couvert des regards.
-Je ne peux pas accepter !
-Mais si ! Et crois-moi il risque d'y avoir du grabuge d'ici quelques temps.
-Qu'as-tu fais Max ?
-Rien… J'ai… je veux juste téléphoner Bassim !
Inquiet le barman me passa finalement le combiné. Après deux sonneries seulement Sein décrocha.
-Sale raclure tu m'as vendue !
J'essayais de parler doucement pour que l'écossais n'entende pas car si Bassim ne comprenait que peu l'anglais lui ce n'est pas son cas.
-Mais de quoi tu parles !
-J'ai trouvé tes …
Je venais de réaliser que j'allais dire parchemins. Pourquoi Sein aurait-il écrit sur ce genre de papier et qui plus est, à la plume. En plus, Dhul voulait connaitre mon employeur. Non ça ne tenait pas la route.
-Non… rien oubli ! Quelqu'un qui signe S.T. a prévenu que je viendrais. J'ai cru que c'était tes initiales mais pourquoi tu écrirais en prose. Laisse tomber, de toute façon j'ai le carnet.
-Humm… S.T. tu dis ? J'ai entendu une rumeur dingue à ce propos. Dhul aurait passé un contrat avec un diseur d'avenir. Tu vois n'importe quoi ! Des prévisions contre rémunération ! C'est comme ça qu'il saurait où passent les bateaux d'armes. Mais c'est stupide, sûrement juste un indique quelconque mais haut placé dans les affaires maritime. « Stupide !? Ce n'est pas toi qui vient de téléporter alors lire l'avenir, pourquoi pas ! »
-Peut-être… Euh…Je déposerais le bouquin à l'endroit prévu. Fais le virement et tu ne me verras pas de sitôt.
-Très bien et n'oublie pas, à jamais !
Je lui raccrochais au nez pour le moins déconcertée par cette histoire de voyant. Je saisis le mojito et le bu d'une traite.
-Tu es dans la merde n'est-ce pas Max !?
-Non, pas exactement mais comme tu te doutes, je vais devoir disparaître de la circulation pour un bon moment. Je ne pense pas que je reviendrais.
Je levais la tête et soutenais son regard à la fois inquiet et sévère.
-Donc, c'est sûrement la dernière fois qu'on se voit ! Bassim, si on me demande tu ne connais pas ! Je ne veux pas que tu t'impliques dans mes emmerdes. Je te dois trop !
-Je suis assez grand pour savoir si je veux ou non m'impliquer !
-Je sais mais fais le pour moi, reste vivant.
Je sautais du tabouret sur mes pieds et ajoutais,
-J'ai vraiment été ravie de te rencontrer.
Je fis le tour du comptoir et enlaçais l'homme qui m'avait tant aidé. Je murmurais à son oreille :
-Fais attention à toi, Dhul est en colère et cherche son voleur.
-J'espère que tu trouveras le bonheur et prends au moins la peine de m'écrire Marianne!
Il insista sur ce nom que je ne lui avais jamais dit et me fit un clin d'œil. L'entendre prononcer mon prénom me fit un effet bizarre pourtant je souris à sa remarque avant de saisir le bras de mon soit disant parrain.
-Suivez-moi !
Je trainais l'homme vers la sortie et lançais d'une voix haute :
-L'Europe doit être jolie en cette saison !
Bassim ria.
