Une Baguette Peu Ordinaire

POV Max

-Hmmm….

Je remuais paresseusement. Un rayon de soleil chauffait doucement ma peau. J'ouvris lentement les yeux et m'étirais paresseusement. Je me trouvais dans une pièce couleur crème. Ma chambre, celle que j'avais occupée pendant ce merveilleux mois d'août.

Mon ancienne vie ne semblait jamais avoir existé ! J'avais pris cinq bon kilos et ce n'était pas plus mal ! Finit le squelette androgyne. Bon d'accord, si je n'avais pas les cheveux longs tout le monde me prendrais encore pour un garçon. « Bah au moins je n'avais plus l'air de mourir de faim ! » Je me forçais à sortir du lit pour me traîner sous la douche. C'est fou comment on s'habitue au confort qu'amène l'eau courante ! « Que demande le peuple hein !? »

Je passais de longues journées à étudier tout en paressant sous le soleil d'été. Et pour ne rien gâcher, je ne faisais presque plus de cauchemars. Demain c'était le jour j ! J'irais à Poudlard et pour la première fois de ma vie, je serais comme n'importe quel enfant de mon âge qui se rend en cours. « Bon, sauf que je suis une sorcière ! On ne peut pas tout avoir ! ».

Les premières semaines avaient été relativement difficiles. Le danger passé, je réalisais que j'avais du mal à accepter mon changement d'univers. Il avait fallu à mon parrain une bonne dose de patience et de tolérance, qu'il ne semblait pourtant pas posséder, pour me supporter. Je passais par des phases de colère à un manque total de réaction. Mais à force de discutions, de tout et de rien, du passé, de mes parents, de mon frère ou du monde sorcier, je m'habituais peu à peu à l'idée de cette nouvelle vie et à l'avenir qui s'offrait à moi. Sirius avait su me laisser le temps d'apprécier suffisamment l'homme, pour partager avec lui les souvenirs de mon enfance. Peu à peu un lien de complicité se formait entre nous.

J'ai été trouvé dans la rue, apparue comme par enchantement. Un avis de recherche fût lancé mais c'est bien connu, personne ne vient réclamer les enfants perdus. On me confia donc aux bons soins de l'orphelinat local, construit par une association européenne. J'ai reçu une bonne éducation. J'appris à lire, à écrire et à compter, chose plutôt rare dans la région. Les enfants ne vont pas à l'école, ils travaillent. Comme j'avais beaucoup de facilité, j'étudiais même l'anglais et le français. En somme, le genre d'endroits que les riches bâtissent pour redorer leur image !

A mes douze ans, l'orphelinat a disparu emporté dans un glissement de terrain. Ce genre de catastrophes étant monnaie courante, personne ne s'en est soucié et du jour au lendemain je me suis retrouvée à la rue. Et là, c'est marche ou crève !

J'ai rencontré Dara à cette période. Le souvenir de notre rencontre est gravé dans ma mémoire. Je mourrais de faim dans la rue sans que personne ne s'intéresse à moi. Et puis un jour, ce gamin d'un an ou deux de plus que moi, le visage couvert de crasse se tient devant moi les deux mains sur la taille. Il me souriait de toutes ses dents. Alors que je regardais dans le vide il me demanda.

-Hé gamin, tu attends de mourir ?

J'aurais pu refuser de prendre sa main mais je m'y agrippais de toutes mes forces. Nous avons fait les quatre cents coups ensemble.

Sirius était quelqu'un de très expressif, adorant monopoliser l'attention et râler. Pourtant il possédait cette capacité d'écoute extraordinaire. Il ne fit aucun jugement ni commentaire sur mon passé. Lui-même ne pouvait se vanter d'avoir eu une vie facile. Renié par sa mère, accusé d'avoir trahi son meilleur ami, il avait passé plus de dix ans dans la prison des sorciers, accusé à tort de l'assassinat d'une dizaine de moldus. Sirius ne semblait pas s'en être totalement remis. Et pour cause ! Une prison gardée par des aspirateurs de bonheur, il y a de quoi faire une dépression ! Outre son passé sombre, j'appris qu'il pouvait se changer en animal et j'avais adoré le voir se transformer en un énorme chien noir.

Du jour au lendemain, pour une personne sans identité je me retrouvais avec des parents et une famille vivante. Le plus dur finalement fût de devoir obéir à leurs attentes. J'avais bien fait comprendre à Sirius que si j'acceptais d'aller à cette école, c'est seulement parce que je l'avais décidé. J'ai grandi sans autorité et je comptais bien garder mon indépendance. « S'ils pensent que je suis une gentille fille obéissante… ». C'était la condition pour que je reste. Étrangement, il accepta. Je réussis même à avoir internet !« Non je ne suis pas capricieuse ! » Je pus contacter Sein même s'il ne fût pas très heureux d'entendre à nouveau et si vite ma voix. Je le laissais mariner quelques minutes avant de lui indiquer finalement l'endroit où j'avais planqué le carnet de compte et lui rappelait de me payer.

La vie avait continué son cours. Une semaine après notre arrivée, nous nous rendîmes, sous une apparence modifiée, au chemin de traverse pour acheter mes affaires. Sirius n'ayant pour l'instant plus accès à son coffre en banque, Dumbledore, nous avait donné de quoi satisfaire nos besoins jusqu'à la rentrée. Personne ne devait savoir que j'existais ni que Sirius était en vie.

Ce premier contact avec le monde des sorciers fût pour moi comme un retour en enfance. J'étais émerveillée par tout ce qui m'entourait ! Sirius n'arrêtait pas de rire à chaque fois que j'ouvrais des yeux ronds comme des soucoupes devant tel ou tel objets. Et puis, il y eu la vitrine contenant les balais de courses. Au début je l'avais charrié. Voler sur des balais ? Trop ridicule ! Mais lorsque je les vis, je ne pus m'empêcher de vouloir les essayer. Sirius rigola de plus belle.

La matinée se déroula en douceur au rythme des sorciers déambulant dans la rue marchande et du rire exubérant de mon parrain. Un bonheur calme et simple auquel je n'avais que rarement goûté. Je commençais à apprécier la compagnie de cet homme simple, franc et sa joie de vivre nouvellement retrouvée.

Il ne nous restait plus qu'à acheter une baguette. Nous arrivâmes devant une façade aussi délabrée que le bar de Bassim et sur lequel on pouvait lire en lettre dorée

-Ollivander, Fabricants de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C. Rien que ça !

-Les meilleures baguettes sans hésitation ! D'ailleurs, je dois aussi m'en acheter une nouvelle ! La mienne est enterrée dans mon cercueil ! Heureusement, car si Ollivander l'avait vu il m'aurait reconnu !

-Vraiment !?

-Et bien, il se souvient toujours des baguettes qu'il a vendues.

Sur cette remarque, Sirius ouvrit la porte et je le suivis à l'intérieur.

La boutique sentait le renfermé et toutes sortes d'essences de bois. Un curieux mélange respirant le mystère. Sur les murs, on pouvait voir des dizaines de boites alignées en fouillis, sur de grandes étagères. A l'entente de la clochette, un homme arriva de l'arrière-boutique. C'était un vieillard aux yeux pâles brillants de malices.

-Vous n'êtes pas de la région ! demanda-t-il de but en blanc. Vos visages ne me semblent pas familiers !

Comme Sirius l'avait dit, il fallait être prudent, sinon l'homme découvrirait notre identité. Mon parrain répondit d'un ton naturel.

-Non, en effet ! Moi et ma fille venons de nous installer ! J'ai obtenu un poste au ministère de la magie !

Je tiquais, lorsque l'on mentait il valait mieux rester dans le vague et ne dire que des semis-vérités, de peur de s'enliser dans ses propres mensonges et de se trahir soi-même.

-Et bien votre fille va certainement suivre sa scolarité à Poudlard ! Mais vu son âge je suppose qu'elle possède déjà une baguette.

-Eh bien oui ! Mais une baguette de chez Ollivander serait de bien meilleure qualité. La sienne à rendue l'âme en début d'été. Un sort mal maitrisé. Quant à la mienne… Disons que nous vivons une époque dangereuse !

-Oui, en effet…Nous allons voir ce que l'on peut faire !

Il me désigna un escabeau sur lequel je montais. Un ruban de mesure apparu flottant autour de moi et commença son travail par la longueur de mon bras.

-Etes-vous droitière ou gauchère ?

-Droitière

L'homme se dirigea vers ses étagères et revint avec plusieurs boîtes poussiéreuses.

-Bois de saule, 20,7 cm, Brin de licorne

Au moment où je me saisis de la baguette, le miroir explosa en mille morceaux.

-Visiblement non ! Dit Ollivander en reprenant la baguette.

J'essayais ainsi une bonne dizaine de combinaisons sans trouver. Et après l'énième objets cassés le sorcier leva un regard de vif intérêt vers moi et dit :

-Vous savez jeune fille, la baguette choisit son propriétaire. J'ai eu beaucoup de clients dont quelques-uns très difficiles mais vous, vous atteignez des sommets ! Je pense que les ventricules de Dragon vous correspondent le mieux. Mais pour le bois… Nous avons essayé l'if, le saule, l'ébène et j'en passe. Il ne reste presque plus d'essences à tester. Tout ceci est très édifiant et fascinant !

L'homme réfléchissait depuis une éternité lorsqu'il murmura de manière à peine audible :

-A moins que… non c'est impossible !

Il partit précipitamment dans les étagères tout en continuant de murmurer. Il revint cette fois ci avec un vieux coffret en bois richement décoré. Il ouvrit la boite précautionneusement et me tendit la baguette. Elle était couleur bronze et d'étranges symboles étaient gravés dessus. Un ouvrage sublime.

Je la pris dans ma main. Une chaleur à la fois douce et intense me traversa.

-Et bien, lancez donc un sort ! dit le sorcier.

Sirius leva vers moi un regard inquiet. Nous étions piégés. Je ne connaissais pas le moindre sort. A moins que… Je pensais me souvenir du sort utilisé par Sirius le matin même pour allumer un feu. J'avais pris la poudre de cheminette pour la première fois.

Je tendis le bras vers la cheminée du magasin et lançais d'un murmure

-Incendio !

Un feu ardent s'alluma dans la cheminée.

-Bravo applaudit le vieux sorcier. Joliment exécuté !

Mon parrain affichait un visage à mi-chemin entre le soulagement et la curiosité. Quant à moi je n'y croyais pas ! Le vieillard continua :

-Vous me rappelez le jeune Potter. Lui aussi avait été très difficile à servir. Voyez-vous, cette baguette est unique comme chacune de celles que je vends. Mais celle-là, plus qu'une autre. Elle est très ancienne et a été fabriquée selon de vieilles traditions. Elle n'est pas en bois mais sculptée dans une corne de Magnard à pointe. Et le ventricule qu'elle contient appartenait au même Dragon. Elle mesure 31,8 cm. D'après mon grand-père, l'inscription gravée peut être traduite dans un latin approximatif par

«Qui dominatur. Fiat voluntas tua »

«Qui gouverne. Ta volonté soit faite ».

-C'est une baguette puissante à n'en pas douter. Vous êtes amenée à réaliser de grandes choses.

-Je n'ai surement pas les moyens de me payer quelque chose d'aussi précieux.

-Toutes nos baguettes ont le même prix car elles sont toutes uniques. Maintenant c'est votre tour mon cher monsieur !