« Alors... Tu veux aller faire un tour ? »

Elle prit le temps de réfléchir un instant, mais il lui apparût assez rapidement qu'elle n'avait pas envie de refuser la proposition. Que pouvait-il bien lui arriver, après tout ? Dans le pire des cas, ils se faisaient prendre par le concierge et puis ? Qu'allait-il faire ? Envoyer une convocation à ses parents ? La tâche risquait d'être compliquée.

« D'accord, lâcha-t-elle en se levant de son fauteuil. »

Elle suivit James Potter dans ce qu'elle devina être son habituel parcours d'insomniaque chronique en discutant avec lui de tout et de rien, sans se disputer, sans même y penser, en se contentant de lui jeter des petites remarques piquantes une fois de temps en temps, juste pour le plaisir.

« Bon sang, Wayne serait tellement énervé s'il savait que tu te promènes avec moi en pleine nuit, jubila James.
_ Je te conseille de ne pas lui parler de ça, Potter, l'avisa Lily en lui jetant un regard inquiet.
_ Tu t'inquiètes pour moi, Evans ? Lui demanda-t-il, son habituel sourire en coin scotché sur le visage. »

Elle ne prit même pas la peine de répondre, pensant que son long soupir était assez explicite pour que le jeune homme saisisse le message. Elle ne doutait pas que si Wayne et Potter en venaient aux mains une deuxième fois, le joueur de Quidditch ne ferait qu'une bouchée de son petit-ami. Potter avait dû passer toute son adolescence à se battre avec Black ou à traîner dans des endroits douteux qui lui avaient donnés la faculté de prendre le dessus aisément sur tous ceux qui l'avaient cherché. Elle l'avait vu à l'œuvre plusieurs fois avec les Serpentards, alors elle avait la lucidité de ne pas vouloir que son petit-ami se retrouve confronté à lui.

« Franchement Evans, tu pouvais faire mieux que ça. Wayne. Ugh... Reprit James en faisant mine de vomir.
_ Ce n'était pas ce que tu disais en Novembre. A t'écouter, j'aurais eu de la chance si j'avais réussi à séduire le calmar géant.
_ J'étais stupide en Novembre, répliqua-t-il.
_ Tu l'es toujours.
_ C'est blessant, Evans.
_ Remets toi Potter. Et puis, tu peux critiquer mes choix, mais parlons un peu des tiens. Fanny Drake, franchement ? C'est juste... Merlin... C'est un coup à attraper toutes sortes d'infections. »

James éclata de rire. Lily n'avait pas tort sur ce coup là. Fanny Drake était loin d'être la charmante jeune fille avec qui sa mère aurait aimé le voir sortir, mais ça n'avait pas d'importance puisqu'il ne sortait pas avec elle. Ils avaient juste eu... Un petit truc sans grand intérêt.

« Tu ne l'aimes pas, hein ?
_ Personne ne l'aime, répondit Lily.
_ Mais toi, tu ne l'aimes vraiment pas, insista-t-il en la regardant avec amusement.
_ Potter, arrête, je ne suis pas jalouse de Fanny Drake, lui confia Lily en sachant très bien où le jeune homme voulait en venir. »

Le rouge était monté aux joues de la préfète et James s'efforçait de se retenir de rire de nouveau. Lily Evans était jalouse de Fanny Drake, et elle était également une terrible menteuse. Quand elle se rendit compte qu'il se moquait d'elle, elle le poussa légèrement et il manqua de renverser une armure en trébuchant.

« De toutes façons, je ne suis pas avec Fanny, reprit-il.
_ A t'entendre, tu n'es jamais avec personne. A entendre les rumeurs, tu es toujours avec tout le monde.
_ Depuis quand tu écoutes les rumeurs ?
_ Je ne les écoutes pas, je les entends, nuance, Potter !
_ Eh bien arrête de les entendre, Evans. Je ne suis avec personne... Pour le moment, rajouta-t-il en la fixant. »

Il souriait tout en continuant de marcher les mains dans les poches, espérant que son regard avait été assez clair pour qu'elle saisisse où il voulait en venir. Il ne l'avait pas été. Lily ne remarquait pas ce genre de choses, ou du moins, elle savait parfaitement les ignorer.

Elle l'observait discrètement. Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle venait de prendre conscience qu'ils étaient seuls dans les couloirs, et son cœur avait commencé à s'emballer sans prévenir. Elle se rendit compte que ce n'était peut-être pas l'alcool qui l'avait poussé à rejoindre James Potter dans son dortoir le soir de l'anniversaire de Fanny Drake, c'était autre chose.

« Tu penses à quoi ? L'interrogea-t-il.
_ A... Heu... L'année prochaine, mentit-elle au pied levé. Qu'est-ce que tu vas faire, toi ?
_ M'occuper de mes parents. C'est ma priorité pour le moment. Après, on verra. Peut-être que j'essayerais de rentrer dans une équipe de Quidditch. Et toi ?
_ Je n'en sais strictement rien du tout. »

C'était vrai, elle n'en avait aucune idée, et cela l'angoissait terriblement. Elle devait y penser, pourtant, parce qu'il était évident qu'elle ne pouvait pas retourner chez elle comme tous les autres étés. Sa maison était dévastée, ses parents n'étaient plus là pour l'aider en cas de besoin, il fallait qu'elle se débrouille toute seule. Il fallait qu'elle se trouve un appartement, qu'elle se trouve un travail, et cela la paniquait totalement.

« Et ce devoir qu'on a fait l'année dernière sur comment on se voit dans dix ans ?
_ Je... J'ai copié sur Alice en changeant les détails, admit-elle un peu honteuse.
_ Lily Evans ! Je suis scandalisé ! S'exclama-t-il, choqué. »

Elle lâcha un sourire penaud qui le fit se sentir étrange pendant une petite seconde. Des papillons, il avait eu des papillons. Sa condition était encore plus désespérée qu'il le pensait si elle réussissait à lui faire ressentir des choses dont il s'était toujours allègrement moqué. Qui avait des papillons, franchement ? C'était ridicule. Merlin. Il en avait. Il était ridicule.

« Ne t'en fais pas, Evans, si tu n'as toujours pas trouvé d'ici juin, tu pourras venir habiter avec moi, je suis sûr que Wayne sera parfaitement d'accord avec ça, plaisanta-t-il. »

Lily s'esclaffa en s'imaginant la tête de son petit-ami si elle lui annonçait une chose pareille. Son visage passerait par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et il se ruerait probablement sur Potter pour lui faire avaler sa baguette... S'il ne lui jetait pas d'abord un sort impardonnable.

« Potter...
_ Hmmm ?
_ Il... Il est quatre heures du matin ? L'interrogea-t-elle en faisant un signe vers l'horloge qui se trouvait juste au dessus de la porte de la Grande Salle devant laquelle ils s'apprêtaient à passer.
_ On dirait bien qu'on a traîné un peu plus que prévu, répondit-il, sceptique. »

Il n'avait pas vu le temps passer. Lily non plus, d'ailleurs, mais elle se garda bien de le lui confier. Elle fut presque déçue d'avoir pointée l'horloge lorsqu'elle constata que James faisait demi-tour. C'était la meilleure soirée qu'elle ait passé depuis que ses parents étaient morts. C'était la première fois qu'elle avait eu envie de rire et qu'elle n'avait pas tant souri pour prétendre aller bien que parce qu'elle allait réellement bien. Quand elle était avec Potter, elle n'avait pas besoin de faire semblant, même s'il lui arrivait de le faire de temps en temps pour sauver les apparences.

« J'espère que je n'ai pas trop gâché ton anniversaire. »

James se tourna vers elle, toujours aussi souriant. Elle n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il ressentait pour elle, vraiment aucune. Elle n'avait pas dû prendre au sérieux ce qu'il lui avait dit dans les cuisines quelques jours auparavant, sinon, elle n'aurait pas prononcé cette phrase.

« Tu plaisantes ?! S'exclama-t-il.
_ Oh, allez Potter, tu n'es pas obligé de faire semblant d'avoir passé une bonne soirée pour m'épargner.
_ Sérieusement Evans, c'était très bien. Merci.
_ Merci ? Répéta-t-elle, incrédule. Je crois que je ne t'ai jamais entendu dire merci avant.
_ Bien sûr que si. Je le dis tout le temps.
_ Non, tu ne le dis jamais, protesta-t-elle.
_ Eh bien alors tires-en les conclusions qui s'imposent. »

Lily s'était apprêtée à surenchérir mais elle referma la bouche et le fixa avec de grands yeux ronds. Que voulait-il dire par là ? Elle hésita à lui demander, mais la Grosse Dame qu'ils venaient de réveiller la coupa dans son élan en les réprimandant pour l'heure à laquelle ils rentraient dans leur Salle Commune.

Ils s'arrêtèrent au milieu de la pièce, ne sachant trop quoi se dire, ne sachant trop quoi faire. Lily réalisa qu'elle n'avait aucune envie d'aller dormir, aucune envie de le quitter, et son cœur se serra. Elle était nerveuse, elle était perdue. Elle respirait rapidement, elle se sentait mal. Elle ne devait pas avoir ces sensations là, pas avec Potter. Et pourtant, elle les avait.

Il était debout devant elle, immobile, et elle le trouvait touchant parce qu'il semblait tout aussi gêné qu'elle. Il avait été gentil avec elle, agréable, il l'avait fait rire, il l'avait fait sourire, il n'avait rien demandé en retour. Il ne s'était pas moqué d'elle. Il était très sérieux et c'était déroutant. C'était attirant. Peut-être qu'elle perdait les pédales parce que ses parents étaient morts, peut-être que c'était juste le contre-coup, peut-être qu'elle avait juste envie de ficher sa vie en l'air parce que plus rien ne lui semblait important. Ou peut-être que c'était juste comme ça depuis un moment.

Peut-être qu'il l'attirait depuis longtemps et qu'elle n'avait jamais voulu se l'admettre. Peut-être qu'elle l'aimait bien, au fond, et peut-être que cela l'effrayait. Peut-être que James Potter était trop compliqué, trop insupportable. Peut-être que c'était ce qui lui plaisait, peut-être que c'était ce qu'elle voulait. Peut-être que c'était avec James Potter qu'elle pouvait l'avoir, cette relation irréfléchie, insensée, et complètement bancale qu'elle n'avait jamais pensé à rechercher parce que le calme de Daren lui avait paru sécurisant.

Il s'approcha d'elle, elle pria pour que ses genoux ne flanchent pas. Ses yeux accrochèrent les siens, elle avala sa salive. Elle devait l'avouer, il était beau. C'était juste ennuyeux parce qu'il le savait et qu'il en profitait. Pas ce soir là, pourtant.

« Bonne nuit Evans, lui lâcha-t-il à la figure avant de lui tourner le dos. »

Bonne nuit ? C'était tout ? Juste comme ça, il mettait fin à cette soirée ? Elle n'aurait pas dû être déçue, mais elle l'était, et il lui apparût qu'elle ne pouvait pas le laisser faire ça, monter dans son dortoir comme un voleur, comme s'il n'avait pas passé la soirée à s'imaginer qu'il pourrait y avoir une suite à tout cela, quelque chose de plus, quelque chose de plaisant qu'ils voulaient tous les deux, qu'ils l'aient admit ou non.

« Attends. »

Il se stoppa sur la quatrième marche de l'escalier pour se tourner vers elle et constater qu'elle se tordait nerveusement les doigts. Il sourit. Elle était rarement comme ça, craintive, et quand elle l'était, elle s'efforçait de ne pas le montrer. Peut-être qu'elle n'avait simplement plus la force de le faire, ou peut-être avait-elle finalement compris qu'il se fichait de ses faux semblants, qu'il voyait plus loin.

Quoi qu'il en soit, il ne s'attendait pas à la voir s'avancer vers lui après avoir poussé un long soupir qui sonnait comme un abandon. Elle monta la première marche, la deuxième, la troisième, et enfin lorsqu'elle se trouva à sa hauteur, elle approcha son visage du sien. Sans un mot, sans une explication, elle savoura juste un instant ce moment suspendu dans le temps où sa bouche était assez proche de celle de Potter pour sentir son souffle brûlant, ce moment où elle n'avait pas encore fait quelque chose qu'elle pourrait regretter.

Son estomac se tordit. Elle ferma les yeux. Elle avait mal. Elle faisait n'importe quoi, elle le savait. Elle avait déjà quelqu'un, et il ne méritait pas cela. Daren ne méritait pas qu'elle se sente aussi faible face à un autre, mais elle n'arrivait pas à faire autrement. James Potter était constamment dans sa tête, et elle le détestait autant qu'elle lui vouait un culte. La dure réalité était celle-ci : Elle avait des papillons, elle aussi, et elle ne pouvait plus le nier.

Elle déposa ses lèvres sur les siennes doucement sans se rendre compte qu'elle pleurait de nouveau, pas pour les mêmes raisons, cette fois-ci. James Potter répondait à son baiser et c'était terrifiant parce qu'aussi loin qu'elle s'en souvienne, c'était tout ce qu'elle avait toujours secrètement souhaité. C'était même complètement différent de ce à quoi elle s'était attendue. Ce n'était pas comme dans ses souvenirs de l'anniversaire de Fanny Drake. Ce n'était pas passionné, ce n'était pas violent, ce n'était pas précipité. C'était un baiser réfléchi, voulu, profond. C'était un vrai baiser.

« Joyeux anniversaire ?! S'exclama Alice avant de glousser. »

Oui, c'était tout ce que Lily avait trouvé à dire à James Potter après l'avoir embrassé dans l'escalier menant au dortoir des garçons, et elle était déjà assez mortifiée comme ça sans qu'Alice vienne en rajouter une couche. Elle fit les gros yeux à sa meilleure amie pour lui signaler de parler moins fort alors que le professeur de Sortilèges venait de leur lancer un regard dissuasif. D'autant que Potter avait également posé les yeux sur les deux jeunes femmes et qu'il souriait comme s'il avait parfaitement entendu le sujet de leur conversation.

« Qu'est-ce que tu vas dire à Wayne ?
_ Je n'en sais rien ! Qu'est-ce que je suis censée lui dire ? Tu es parfait, mais Potter est tellement insupportable que je ne peux visiblement pas résister à l'envie d'aller fourrer ma langue dans sa bouche dès que tu n'es pas dans les parages ? Ironisa Lily en se prenant la tête entre les mains. »

Une nouvelle fois, sa meilleure amie éclata de rire au détriment de la préfète qui ne savait réellement pas quoi faire. En toute logique, elle aurait dû rompre avec Wayne, mais c'était tellement effrayant... Trop de choses venaient de changer dans sa vie pour qu'elle parvienne à prendre une décision comme celle-ci sans y réfléchir un minimum.

« Le professeur Flitwick nous surveille, on en parlera plus tard, décréta Lily en reportant son attention sur son livre de Sortilèges. »

En fait, cela lui donnait juste plus de temps pour réfléchir calmement. Elle ferma les yeux en repensant un instant à la Lily misérable et à ce James qui lui avait tourné le dos dans l'escalier des dortoirs. Elle avait l'impression de se rapprocher de plus en plus de cette vision alors qu'il fallait qu'elle s'en éloigne. Il fallait qu'elle fasse autrement, il fallait qu'elle trouve une solution pour tout changer.

En fait, il fallait juste qu'elle soit une Gryffondor. Il fallait qu'elle soit courageuse et brave, il fallait qu'elle agisse de la bonne manière, il fallait qu'elle arrête de faire la girouette. Ni Wayne, ni Potter ne méritaient cela. Elle devait choisir, et c'était compliqué.

« Evans ! Mademoiselle Evans ! »

Elle releva brutalement la tête et se frotta les yeux un instant avant de les ouvrir devant le professeur Flitwick qui avait passé cinq bonnes minutes à la secouer dans tous les sens. Bon sang, elle s'était endormie pendant le cours de Sortilèges, et il n'y avait plus personne dans la salle de classe.

« Miss Evans, est-ce que vous allez bien ? Lui demanda-t-il, inquiet. »

Elle poussa un profond soupir. Elle n'en pouvait plus de cette question. Non, elle n'allait pas bien, mais dans quel monde était-ce correct de répondre non ? Ce n'était pas ce que les gens attendaient. Elle n'était en plus pas du genre à vouloir qu'on la plaigne, alors elle répondait oui à chaque fois.

« Oui, je... Je suis désolée, s'excusa-t-elle en se hissant hors de sa chaise.
_ Miss Evans... Vous savez que si vous n'arrivez pas à dormir la nuit, le professeur Slughorn peut vous concocter des potions ? Je peux lui demander.
_ Non... Non merci, professeur, ça va aller. Encore une fois je suis réellement confuse.
_ Je m'en doute, je m'en doute. Au revoir, Miss Evans.
_ Au revoir. »

Tous ses professeurs étaient désolés pour elle, et cela l'épuisait autant que cela la touchait. Elle avait toujours su que la plupart la portait dans leur cœur, mais elle ne s'était pas attendue à tant de soutient de leur part. Elle ouvrit la porte de la salle de classe à toute volée pour sortir et sursauta lorsqu'elle se retrouva nez-à-nez avec James Potter. Toujours là où elle ne l'attendait pas.

« Qu'est-ce que tu fiches ici ? S'exclama-t-elle alors qu'elle était beaucoup trop proche de lui pour avoir des pensées raisonnables.
_ Je me disais qu'on pourrait peut-être aller se bécoter dans un coin sombre avant la Botanique, lui souffla t-il avec un sourire espiègle. »

Elle resta figée un instant, fronça les sourcils, et le bouscula pour continuer sa route après avoir soupiré bruyamment. Potter était vraiment un crétin, peu importe les choses qu'il lui faisait ressentir.

« Relax, Evans, je rigolais. Je voulais juste rester pour vérifier que Flitwick ne te mettait pas de retenue, lui expliqua-t-il lorsqu'il l'eût rejointe.
_ Tu aurais fait quoi ? Tu lui aurais lancé ton stupide regard de charmeur pour le faire revenir sur sa décision ? Ironisa-t-elle.
_ Tu trouves que j'ai un regard charmeur ? Nota-t-il en jubilant.
_ J'ai dit charmeur, Potter, pas charmant, répondit-elle sur un ton acerbe. »

Il ne se vexa pas le moins du monde, au contraire. Il souriait largement. Le jeu continuait. Lily Evans lui envoyait ses piques à la figure, elle aimait ça, et elle ne s'en rendait même pas compte. Elle se battait avec ses armes, il se battait avec les siennes : Son physique de charmeur... Charmant.

« Je voulais savoir, Evans...
_ Quoi encore ?
_ Le truc qu'il s'est passé hier soir... Est-ce qu'il est possible que ça se reproduise ? »

Elle lâcha le fond du couloir des yeux pour les poser sur lui. Evidemment qu'il se posait la question, la chose était déjà arrivée tellement de fois... Cependant, elle n'avait aucune idée de la réponse qu'elle devait lui fournir. Alors, aucun son ne sortit de sa bouche entrouverte, et elle se retrouva comme une idiote à bégayer des syllabes sans parvenir à former un seul mot.

« Si tu ne sais pas, ce n'est pas grave. Moi, je sais ce que je veux, lui glissa-t-il avant de la semer au beau milieu de l'entrée du château pour aller rejoindre ses amis. »

Devant la serre, Daren Wayne n'avait pas manqué la scène. Il se demandait où était passée Lily depuis dix bonnes minutes, et il la voyait surgir du château avec Potter. Encore lui, toujours sur son dos, toujours à essayer de l'embobiner. Ça n'allait pas se passer comme ça. Pas cette fois-ci. Il allait lui faire comprendre une bonne fois pour toutes qu'il fallait qu'il arrête de tourner autour de sa petite-amie. Lily n'était pas comme les autres, ce n'était pas une fille qu'on baratinait et qu'on lâchait du jour au lendemain, or, c'était ce que Potter avait toujours fait jusque là.

« Potter ! »

Le maraudeur se retourna et il n'eût le temps de rien faire, le poing de Daren lui avait déjà atterrit en pleine figure. Il se recula légèrement et esquiva un deuxième coup, puis un troisième tout en essayant de s'expliquer avec le petit-ami de Lily qui n'était vraiment pas d'humeur à l'écouter.

« Daren ! S'écria Lily. Arrête, bon sang, arrête ça !
_ C'est lui qui doit arrêter ! Qu'est-ce qu'il a, à te tourner autour, hein ?
_ Ça me semble plutôt évident, répondit James avec impertinence. »

Tous les élèves s'étaient attroupés autour d'eux et James esquiva un nouveau coup de poing de Daren Wayne que Lily essayait de retenir avec grand mal pendant que Sirius prenait les paris autour d'eux.

« Qu'est-ce que tu veux, Potter ?
_ Ta copine, répondit James en riant. »

Merlin. Il provoquait. Lily ne pouvait rien faire pour lui s'il narguait son petit-ami de cette manière. Cette fois-ci, Daren Wayne dégaina sa baguette et envoya une dizaine de sorts en direction de James qui les para tous un par un sous le regard impuissant de Lily qui tentait toujours de les raisonner.

« Potter, s'il te plaît, n'envenimes pas la situation, lui dit-elle en se plaçant entre eux deux.
_ Ecoute Evans, je veux bien faire tous les efforts du monde pour tes beaux yeux, mais je vais incontestablement devoir démolir ton petit-ami s'il ne se calme pas, lui expliqua-t-il de façon étonnamment posée compte tenu de la situation.
_ Diffindo ! »

La voix de Daren Wayne précéda le cri de Lily qui venait d'être atteinte par le sort de son petit-ami. Tout à coup, tous les élèves autour de la jeune femme poussèrent un cri d'effroi, et bientôt James se rua sur elle, puis Alice et Lily n'entendit plus aussi distinctement les voix autour d'elle. Il y eût de vagues excuses, au loin, des « ça va ? », des « tu m'entends ? » mais tout cela s'effaça lorsqu'elle osa poser les yeux sur son abdomen sur lequel ses mains s'étaient instinctivement posées. Oh Merlin. Elle n'avait jamais vu autant de sang de sa vie.