Une Baguette au Sombre Dessein…
POV Max
Sirius s'avança sur l'escabeau et le ruban de mesure réapparu pour recommencer son travail. Comme moi il essaya plusieurs baguettes sans succès.
-Eh bien ! Tel père, telle fille ! Pour vous, il semblerait que vous ayez une affinité particulière avec des bois comme l'ébène, l'if et l'orme. Des essences très précieuses. Mais je ne vous trouve aucune préférence pour le Phoenix, le Dragon ou la licorne. Curieux !
Il sembla réfléchir un moment avant d'ajouter.
-J'ai bien une idée mais…
-Mais ?
-Eh bien, c'est une baguette dangereuse. Je ne sais pas ce qui se passera si vous ne lui convenez pas.
-C'est-à-dire ?
Sirius avait levé un sourcil interrogateur.
-Connaissez-vous la famille des Black ?
Je vis mon parrain se raidir.
-Comme tout le monde j'imagine. Ils ont une sinistre réputation après tout !
-Oui en effet, mais leur histoire est ancienne et rempli de secrets. Une rumeur fait son chemin, on dit qu'ils sont maudits !
-Maudits !? Comme toutes les rumeurs, c'est proprement ridicule.
-Croyait le ou non, mais tous les malheurs qui frappe le nom des Black, ce n'est pas juste de la fatalité.
-Si vous le dites… mais dites-moi, quel est le rapport avec cette baguette.
Sirius transpirait légèrement à l'évocation de sa famille
-Disons que tout part d'un mythe. On dit que la très Noble et Ancienne Maison des Black puise son origine pendant le Moyen Age au fin fond de la France. Leur devise n'est-elle pas d'ailleurs « Toujours pur ! ».
-Peut-être, Et ?
-Ne soyez pas si impatient mon ami et écoutez plutôt mon récit.
Le vieil homme parla d'une voix encore plus mystérieuse :
« On raconte qu'aux frémissements de l'époque sombre de la chasse aux sorcières, vivait dans un petit village français, un jeune homme nommé Orion Black. Sang pur de son état, il tomba fol amoureux d'une jolie moldu du nom d'Adèle. Il courtisa la belle pour obtenir son amour tant et si bien qu'elle accepta de se marier. Afin de convaincre sa famille, Orion partit sans plus attendre.
Mais s'il aimait tant Adèle, ce n'était pas juste pour son bel esprit et sa façon de voir le monde. La grande beauté de la jeune fille attirait bon nombre de prétendants dont un certain Pierre de Voisins, Sénéchal de son rang. Furieux qu'elle se refuse à lui, le vil se fit l'inquisiteur de son procès. Il profita de l'absence de son fiancé pour faire arrêter la douce, l'accusant de non-respect du culte catholique. Adèle fût la première moldu d'Europe conduite au bûcher pour sorcellerie. Orion heureux d'avoir obtenu l'accord de ses parents revint alors que son amour agonisait sur le bûcher. Fou de douleur et de rage, il s'empara du corps d'Adèle avant qu'il n'en reste rien et disparu sous les yeux effrayés des villageois.
On raconte qu'il se serait isolé pour préparer sa vengeance, étudiant sans relâche les vieux édits, se plongeant dans la magie noire et de sang afin de créer une baguette unique. Il l'aurait taillée dans l'orme au pied duquel sont enterrés les restes de son amour. Pour l'ingrédient magique, on dit qu'Orion aurait passé dix ans de sa vie à la poursuite d'un mythe, le Sinistros. La bête, impressionnée par la ténacité de cet homme, aurait accepté de lui offrir un poil pour qu'il puisse assouvir sa vengeance. Mais il devait lui promettre que l'artefact serait pour toujours dans les mains d'un Black sous peine d'attirer le malheur sur sa famille. Orion accepta et fabriqua l'une des plus puissantes baguettes jamais créée. Il retourna au village et y jeta un sort affreux, décimant tout la population de la lèpre. Par la suite, on raconte que pour s'assurer que la baguette resterait à sa descendance et par haine des moldus il décréta que la devise familiale serait « Toujours pur ! ».
J'étais perplexe, Sirius, lui, semblait perdre patience.
-Où voulait vous en venir !
Le vieil homme eu un sourire malicieux.
-Et bien vous connaissez surement Sirius Black ? Ce n'était pas le seul à s'appeler ainsi. Le premier naquit en 1845, aîné de sa famille, il reçut à l'âge de raison et comme le voulait la coutume, la baguette. Le jeune garçon disparu dans des conditions mystérieuses et on ne retrouva plus tard que son corps. Nulles traces de la baguette. Des années plus tard, un homme est venu voir mon arrière-grand-père voulant se débarrasser d'une baguette amenant le malheur à sa famille. Mon aïeul était persuadé qu'il s'agissait de celle des Blacks. Voilà pourquoi j'hésite à vous la faire essayer.
-Je ne suis pas superstitieux, finissons-en !
-Certes….
Ollivander partit fouiller ses étagères et revint avec une boîte toute moisie. Lorsque mon parrain se saisie de la baguette, se fût la bonne.
-Étrange… très étrange…
En regardant de plus près, sur le bois on pouvait lire La Noble et Ancienne Maison des Black. « Tu parles qu'il en était sûr l'aïeul ! »
Nous remerciâmes l'homme et lorsque Sirius eut payé nous retournâmes dans la rue.
POV Sirius
-Et bien, ce fût intense ! Lâchais-je une fois dehors. Bien joué pour le sort ! Je suis impressionné, réussir du premier coup. Je vais devoir veiller à ne pas contrarier la future impératrice du monde.
Elle ria à ma remarque.
-Je ne suis pas sûr d'apprécier ma baguette !
Je lâchais un rire nerveux.
-On ne choisit pas sa famille Sirius, ni le poids de son passé. Mais on peut écrire son avenir. Fais en sorte que tout le monde se souvienne de cette baguette pour tes exploits!
Cette gamine avait une façon de relativiser ! Enfin… elle avait le mérite de m'avoir remonté le moral. Le reste de la journée fût calme et d'une humeur bonne enfant. J'insistais pour lui acheter un animal de compagnie. Elle opta pour un chiot sous mon regard boudeur. « Moi qui voulait lui offrir une chouette ! »
-Je ne suis même pas sûre que tu ais le droit d'avoir un chien ! « En fait j'en suis sûr ! Mais ça fera surement rager Servilus ! »
-Bah ! Ce n'ai pas comme si j'aimais les règlements non plus. Tu vas me dénonçais, professeur ?
-Non ! - Je rigolais bruyamment.- Si Harry rassemble d'avantage physiquement à votre père, toi, tu es son portrait craché, niveau caractère. Harry lui, est bien plus doux, comme Lily même si il aime les ennuis autant que James !
Elle me sourit, insolente. « Sale gamine ! » Je soupçonnais le vendeur de nous avoir arnaqués. Le chien ressemblait d'avantage à un loup. Il était noir avec des yeux gris bleu.
-Et en plus, je paris qu'il va devenir gros, râlais-je
-Sinon quel intérêt !
-Comment vas-tu l'appeler ?
Elle me donna le chiot à porter et sortit d'un sac le livre d'histoire qu'elle ouvrit au hasard et lu :
-Alors, « Falco Aesalon est un sorcier célèbre. Il est le premier exemple connu d'Animagus et pouvait se transformer en faucon. » Bon bin voilà, il s'appellera Falco. Il est beau mon Falco.
Elle me reprit le chiot et frotta son nez contre son museau. « J'hallucine ! »
Le reste de l'été se passa rapidement et sans autre surprise d'un ancêtre douteux ! Lorsqu'il faisait beau nous étudions les sorts de bases dehors pendant que Falco coursait les papillons et les oiseaux dans le jardin. J'avais réussi à lui faire rattraper la plupart des sorts qui lui étaient indispensables. Elle apprenait très rapidement, comme Lily, et dévorait les livres. Elle avait un don, c'était indéniable. Il lui faudrait tout de même des cours de remise à niveau, six années ne se rattrapent pas aussi facilement. Pendant qu'elle étudiait, je préparais mes cours pour la rentrée. Si on m'avait dit qu'un jour je serais prof, j'aurais ri.
Demain c'était le grand jour. Nous nous rendrions à la gare. J'étais impatient !
